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  • il y a 2 jours
Jean-François RIAUX, Philosophe, docteur ès lettres, maître de conférences émérite à la faculté du Collège des Bernardins, Paris.
Mercredi 7 octobre 2026, LE LIEU Verdun.

Les traités culinaires à l'aube de l'âge classique.
Avant 1650, seul Le Viandier de Taillevent constitue l'ouvrage de référence en matière de recettes. C'est en 1651 que François Pierre de la Varenne, cuisinier du gouverneur de Chalon-sur-Saône propose un premier traité culinaire digne de ce nom : Le Cuisinier Français. Dans son sillage paraîtra l'ouvrage de Nicolas de Bonnefous, Les délices de la campagne (1654). Ces deux traités donnent le coup d'envoi d'une tradition gastronomique dépassant les pratiques culinaires réservées à la seule aristocratie. On s'attachera à en souligner toute l'originalité.

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Éducation
Transcription
00:00:08Pour cette dernière conférence de la deuxième journée de la fête de la science, ici au lieu à Verdun,
00:00:17nous avons invité Jean-François Rillaud, qui est philosophe et qui enseigne au Collège des Bernardins à Paris,
00:00:28et qui va nous parler des livres de cuisine de la fin de l'Arnaissance, depuis l'époque moderne, de
00:00:34l'âge classique.
00:00:36Voilà. Jean-François, c'est ça quoi ?
00:00:38Merci. Bon, d'abord, merci au public d'être, peut-être pas très nombreux, mais d'être au moins présents,
00:00:46c'est très agréable.
00:00:49Donc, je voudrais, à la suite de ce qui a déjà été amorcé en début d'après-midi,
00:00:55revenir sur des questions culinaires, en me plaçant cette fois autour de l'âge classique,
00:01:03et m'arrêter sur la présentation de certains traités culinaires qui ont eu un lustre majeur,
00:01:12pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, surtout.
00:01:14Je voudrais vous en faire découvrir l'esprit et la forme aussi, avec un maximum de soins,
00:01:24sans détailler à l'extrême, puisqu'on n'a pas un temps immense devant nous.
00:01:27Je voudrais dire, parce qu'il est bon de saluer ceux grâce auxquels on peut parvenir un tel travail,
00:01:35ces réflexions sont le fruit pour partie d'un séminaire qui s'est tenu à Paris IV,
00:01:41sous la direction de Jean-Christophe Abramovitchi, avec lequel j'ai eu le plaisir de travailler.
00:01:47Donc, c'est un peu le fruit de ces différents moments qu'on a passé dans ce séminaire,
00:01:52que je voudrais vous proposer.
00:01:54On a pu travailler sur des traités culinaires assez peu connus,
00:01:58mais qui, en leur temps, l'ont été.
00:02:01Donc, il faudrait peut-être partir de l'idée suivante,
00:02:04selon laquelle ce type de développement, pour éviter toute confusion,
00:02:08suppose qu'on ait en tête la distinction, si vous voulez,
00:02:11entre une histoire de l'alimentation et les discours sur l'alimentation.
00:02:17Déjà, un distinguo peut être à avoir en tête.
00:02:20Et quand on lit ce qui relève de l'histoire de l'alimentation,
00:02:24à partir de ce qui est produit dans les différents terroirs,
00:02:29ou qui circulent d'une province à l'autre,
00:02:32on a le sentiment que s'alimenter exige des produits relativement identiques.
00:02:37On nous parle beaucoup de vin, de céréales, de légumineuses, fruits, viandes, etc.,
00:02:42qui, effectivement, sont connus de longue date et depuis la plus haute antiquité.
00:02:46Cependant, quand on se tourne vers les récits plutôt de voyageurs,
00:02:52on constate à quel point il y a une conscience, si vous voulez,
00:02:56de nouvelles saveurs qui s'affichent.
00:02:59Et ainsi, bon nombre de voyageurs français, dès le XVIe siècle,
00:03:04sont surpris par les saveurs fortes des pays lointains et y prêtent attention.
00:03:09Et donc, ce qui fait que se dessinera dès lors, même assez vite,
00:03:15une promotion de la délicatesse gustative,
00:03:19d'où, un peu plus tard, des traités où l'on invite à des cuissons nouvelles,
00:03:25à faire le choix d'épices méconnus.
00:03:28On commence par exemple à privilégier l'emploi du safran, de la muscade, etc.
00:03:33Et ces traités voient véritablement le jour,
00:03:36il faut être assez clair du point de vue date,
00:03:38autour de 1650.
00:03:39Donc, qu'est-ce qui se passe avant 1650 ?
00:03:44Il y a un ouvrage canonique,
00:03:46dont certains ont pu entendre parler,
00:03:48en matière de recettes,
00:03:49qui reste le Viandier de Taïvan,
00:03:53livre de la fin du Moyen-Âge,
00:03:55qui a été conçu par un maître cuisinier,
00:03:57des rois Charles V et Charles VI,
00:04:01donc milieu du XIIIe siècle.
00:04:02Ouvrage qui connaîtra d'ailleurs des rééditions jusqu'en 1604.
00:04:06Mais c'est surtout en 1651
00:04:09qu'un certain François-Pierre de la Varenne,
00:04:14date 1618-1678,
00:04:17il était né à Tijon d'ailleurs,
00:04:19cuisinier du gouverneur de Charles-sur-Saône,
00:04:22lui-même Marquis Lucet,
00:04:23il propose un premier traité digne de ce nom
00:04:26sur lequel je vais revenir,
00:04:27qui s'appelle le Cuisinier Français,
00:04:29traité qui deviendra un genre en soi,
00:04:31envahissant bientôt toutes les librairies.
00:04:33Et dans son sillage, on repère d'autres choses,
00:04:36mais notamment l'ouvrage,
00:04:38j'en parlerai aussi un petit peu,
00:04:40de Nicolas Bonnefou,
00:04:41qui a écrit Les délices de la campagne,
00:04:43en 1654.
00:04:46La Varenne d'ailleurs lui-même publiera d'autres ouvrages,
00:04:49notamment Le pâtissier français,
00:04:51en 1653,
00:04:53Le parfait confiturier,
00:04:55en 1664.
00:04:57Et notons que la récurrence de l'épithète français
00:05:01est évidemment à mettre en parallèle
00:05:03avec le rayonnement de la France à cette époque,
00:05:05avec le rayonnement de la langue française,
00:05:08et finalement d'un art de vivre à la française,
00:05:11tout cela commençant à s'imposer à cette époque.
00:05:13Voilà.
00:05:14Et remarquons aussi que les titres des traités
00:05:17font aussi valoir des rangs sociaux flatteurs,
00:05:21comme certains ouvrages,
00:05:23notamment celui d'un officier de bouche
00:05:26à certains Maschialio,
00:05:28connu donc à la fin du XVIIe siècle,
00:05:31avec le titre un peu ronflant,
00:05:33le cuisinier royal et bourgeois.
00:05:38Donc, c'est un titre d'ailleurs assez habile,
00:05:41car il indique qu'on efface,
00:05:42on essaye d'effacer une radicale distance
00:05:44entre aristocrates et élites bourgeoises.
00:05:48Donc, en gros, on sent bien que la grande cuisine
00:05:52n'est plus tout à fait réservée à la seule noblesse,
00:05:56et par ailleurs, une telle publication,
00:05:58c'est à retenir,
00:05:59porte un coup au privilège professionnel
00:06:02qui consiste donc à garder pour soi,
00:06:06à l'intérieur de l'univers, dirais-je,
00:06:08curial de la cour,
00:06:10les recettes propres à la confection
00:06:11de certains Maschiali.
00:06:13Donc, on a un succès éditorial de ces diffusions
00:06:16qui n'exclut pas qu'il faille contourner
00:06:20un certain nombre de freins
00:06:21dus au secret de fabrication
00:06:24jalousement gardé par les corporations.
00:06:26Un énorme problème,
00:06:28c'est la résistance des corporations
00:06:29par rapport à ces différents ouvrages.
00:06:32Et donc, toute l'habileté éditoriale
00:06:34consiste donc à contourner ces difficultés
00:06:37en servant un même plat
00:06:39sous un nouveau titre,
00:06:41voire, dans certains cas,
00:06:43à produire une contrefaçon.
00:06:45Donc, voilà pour ces quelques mots d'introduction,
00:06:48mais quelles questions majeures à se poser ?
00:06:50Tout simplement,
00:06:51quelle fut l'audience réelle de ces traités ?
00:06:55Question d'autant plus délicate
00:06:56qu'il ne s'agit pas d'ouvrages nobles,
00:06:59donc assez peu présents,
00:07:01d'ailleurs, dans les inventaires des bibliothèques,
00:07:04alors qu'ils sont paradoxalement largement,
00:07:07assez largement diffusés.
00:07:08Donc, pour cela,
00:07:09on va examiner ces ouvrages
00:07:12et je voudrais entreprendre l'examen
00:07:15de l'un d'entre eux,
00:07:16le fameux cuisinier français
00:07:17de François-Pierre de la Barrette,
00:07:20comme vous l'avez compris,
00:07:22donc cuisinier de ce personnage,
00:07:26Marquis du Sel,
00:07:27lui-même gouverneur militaire
00:07:28de la région du sud de la Bourgogne,
00:07:31donc de Chalons-sur-Saône,
00:07:32et installé, donc,
00:07:34au fameux château de Cormatin,
00:07:36qui est dans le Clunisois,
00:07:38alors actuel,
00:07:39et qu'on peut visiter, d'ailleurs,
00:07:40sans d'ailleurs que les guides
00:07:42ou les commentateurs fassent référence,
00:07:44c'est un peu dommage,
00:07:45j'ai déjà écouté le laïus
00:07:46de ces messieurs qui présentent le lieu,
00:07:50sans faire référence à la Varelle,
00:07:52je l'ai signalé,
00:07:54donc c'est une déficience un peu affigeante.
00:07:58Donc,
00:07:59un des impréciables intérêts de ce livre
00:08:03est d'apprendre ce qui est servi à la table,
00:08:05évidemment d'abord à la table des grands,
00:08:07c'est plus qu'un livre de recettes,
00:08:09et par ailleurs de faire concurrence
00:08:10à la pratique,
00:08:11on pourrait dire,
00:08:12de la rétention,
00:08:14donc tout ce qui est proche
00:08:15des cercles du pouvoir,
00:08:16puisqu'enfin,
00:08:17est mis à la portée de la ville,
00:08:20pourrait-je dire,
00:08:21c'est-à-dire des élites urbaines,
00:08:23et provinciales et bourgeoises,
00:08:25ce qui, d'habitude,
00:08:27est confidentiel ou ignoré.
00:08:29Il y a une volonté, donc,
00:08:30de diffusion marquée
00:08:34de la part des éditeurs
00:08:37du cuisinier français,
00:08:38de ce monsieur de la Varelle.
00:08:41Donc, on constate que la Varelle
00:08:43se présente comme écuyé de cuisine,
00:08:46c'est dans la préface de l'ouvrage,
00:08:49ou officier de bouche.
00:08:52Il faut bien noter qu'il s'agit
00:08:53d'une charge donnée à un tiers
00:08:55pour se trouver installé
00:08:58au service d'un gentilhomme,
00:08:59ici le marquis du Seigneur de Cormatin,
00:09:03et il est certain qu'exhibé ce titre,
00:09:05c'est une façon de marcher
00:09:07dans les pas du célèbre Taïvan
00:09:09que j'évoquais il y a quelques secondes.
00:09:11Donc, il se présente lui-même
00:09:13comme un maître-queu du roi de France,
00:09:16mais il y a une manière
00:09:16de se faire valoir
00:09:18dans la proximité aussi
00:09:19d'un maître appartenant à la noblesse.
00:09:22On dit en philosophie
00:09:24qu'il s'agit de distinction ostentatoire.
00:09:27Autrement dit,
00:09:28il laisse entendre par là
00:09:30« je suis écuyé de bouche »
00:09:31que je n'exerce pas
00:09:33dans n'importe quelle cuisine,
00:09:34en quelque sorte.
00:09:36Et c'est également un geste d'émancipation
00:09:39au cadrage des métiers
00:09:41par les corporations.
00:09:43Une manière de dire aux corporations
00:09:45« je suis, j'existe,
00:09:46je suis monsieur écuyé de roi »
00:09:48et ça vaut la peine
00:09:51d'écouter ou de lire
00:09:52ce que je vous propose.
00:09:53Donc, le corps du texte
00:09:55est précédé par trois avant-textes
00:09:57ou trois adresses
00:09:58comme on dit à l'époque.
00:09:59La première commence par
00:10:00« à mon seigneur,
00:10:02bien que ma condition, etc. »
00:10:04En bref, la Varenne expose
00:10:05ses titres de gloire,
00:10:07rappelle l'approbation de son maître,
00:10:09évoque les grands
00:10:09qui sont venus à sa table
00:10:11et non l'inverse.
00:10:13Ils sont venus à lui,
00:10:14finalement,
00:10:14et non l'inverse.
00:10:15Formule qui souligne déjà
00:10:17peut-être l'affaiblissement
00:10:18des liens féodaux.
00:10:19Et il écrit
00:10:20« j'ose dire que j'ai cette profession
00:10:22avec grande approbation
00:10:23des princes,
00:10:24des maréchaux de France
00:10:25et d'une infinité de personnes
00:10:27de conditions
00:10:27qui ont chéri votre table dans Paris. »
00:10:30Donc, il souligne le poids
00:10:31tout simplement
00:10:32de son expérience personnelle.
00:10:34que cette œuvre écrite
00:10:35va donc perpétuer.
00:10:37Et il écrit
00:10:38« j'ai donc rédigé par Écriste
00:10:39que j'ai mis si longtemps en pratique
00:10:41dans l'honneur de votre service. »
00:10:43Ça, c'est la première adresse.
00:10:45Le texte imprimé est donc perçu
00:10:47comme une médiation
00:10:49permettant de livrer
00:10:50ses propres secrets
00:10:51de chef accompli,
00:10:54nous laissant d'ailleurs,
00:10:55tont d'ailleurs, pardon,
00:10:56laissant supposer
00:10:58malheureusement que les femmes
00:11:00sont infériorisées
00:11:01car elles restent liées,
00:11:02elles, à la seule transmission
00:11:03orale.
00:11:04C'est une affaire d'hommes,
00:11:06effectivement,
00:11:07des femmes
00:11:07dont guère de place
00:11:08dans les propos de ce monsieur.
00:11:10Donc, la seconde adresse
00:11:12concerne aussi
00:11:13la vie
00:11:14à l'ami lecteur.
00:11:16Il fait là apparaître
00:11:17un objectif professionnel.
00:11:19En effet,
00:11:19il dit
00:11:20écrire pour ceux
00:11:21de sa profession,
00:11:22il écrit ceci,
00:11:23« Mon dessin,
00:11:24eh bien,
00:11:25non de choquer
00:11:26ni d'offenser personne,
00:11:28mais bien de servir
00:11:28ceux qui en auront besoin,
00:11:30dont plusieurs
00:11:31n'ayant pas
00:11:31l'expérience,
00:11:33etc.
00:11:33car beaucoup sont employés,
00:11:35dit-il,
00:11:36sans être vraiment cuisiniers.
00:11:37C'est pourquoi,
00:11:38chérissant particulièrement
00:11:40ceux de ma profession,
00:11:42j'ai pensé
00:11:43leur devoir
00:11:45faire part
00:11:46de si peu
00:11:47que j'en sais. »
00:11:49à ce propos,
00:11:50on s'attrait
00:11:50dans la suite
00:11:51de l'ouvrage
00:11:51« Combien il emploie
00:11:52des termes
00:11:53qui ne circulent
00:11:54d'ailleurs que
00:11:54dans le cercle
00:11:55des cuisiniers. »
00:11:56Donc,
00:11:56la troisième adresse
00:11:57est intitulée
00:11:59« Le libraire
00:12:00à l'ami lecteur. »
00:12:02Là,
00:12:02il s'agit là
00:12:02d'élargir
00:12:03l'audience potentielle.
00:12:05On y décèle
00:12:05d'être intéressant
00:12:07concernant l'économie
00:12:08et la santé.
00:12:09Je vais en dire
00:12:09un mot,
00:12:09d'ailleurs.
00:12:10Il y a là
00:12:10donc du marketing,
00:12:11pourrais-je dire,
00:12:12avant l'heure.
00:12:13L'ouvrage
00:12:13est présenté
00:12:14comme ce qui peut
00:12:15assurer une bonne santé
00:12:16à peu de frais.
00:12:17En bref,
00:12:18mieux vaut prévenir
00:12:20que guérir
00:12:20en consommant,
00:12:22dit-il intelligemment.
00:12:23Guérisson,
00:12:24il écrit ceci,
00:12:25des maladies
00:12:25à peu de frais
00:12:26et sans avoir recours
00:12:27aux apothicaires.
00:12:29Mon livre
00:12:30est comme
00:12:31un médecin charitable.
00:12:33Celui-ci,
00:12:34mon ouvrage,
00:12:35ne tant qu'à conférer
00:12:36et à maintenir
00:12:37la santé
00:12:38en bon état
00:12:39et en bonne disposition,
00:12:41enseignant à corrompre
00:12:42les vicieuses qualités
00:12:43des viandes
00:12:44par les assaisonnements
00:12:45contraires
00:12:46donner à l'homme
00:12:47une nourriture solide,
00:12:49bien apprêtée
00:12:50et conforme
00:12:50à ses appétits.
00:12:52Donc,
00:12:52on a un texte
00:12:54en outre
00:12:55qui est un texte
00:12:56finalement de prévention
00:12:57aussi contre
00:12:58les charlatans,
00:12:59ceux qui dispensent
00:13:01des régimes,
00:13:02qui se retournent
00:13:03contre ceux
00:13:03qui en usent,
00:13:05prévention également
00:13:06contre l'hémodigestif.
00:13:07Et à ce propos,
00:13:08on remarque,
00:13:09suite à la citation
00:13:10que je ne reprends pas,
00:13:11mais l'allusion
00:13:12à cette habileté
00:13:14de la part
00:13:14de certains cuisiniers
00:13:15et à camoufler
00:13:16les viandes avariées
00:13:18par l'emploi
00:13:19des épices.
00:13:20Et ceci,
00:13:21on sent qu'on est
00:13:22dans une épreuve cartésienne,
00:13:23si j'ose dire,
00:13:24où la santé compte beaucoup.
00:13:26Ceci est donc
00:13:27à mettre en parallèle
00:13:28avec les traités
00:13:29de médecine de l'époque,
00:13:30avec les différentes techniques
00:13:32pour tenter
00:13:32de faire disparaître
00:13:33ce qu'on appelle encore
00:13:35les mauvaises humeurs,
00:13:36médecines dites
00:13:38évacuatives,
00:13:39en mettant notamment
00:13:40à la diète,
00:13:42le vin étant accepté.
00:13:44Donc,
00:13:44il semble également
00:13:46que la varine
00:13:47soit sensible
00:13:47à ce qu'on nomme
00:13:48le visuel désormais,
00:13:50et clairement
00:13:50le souci
00:13:51du savoir acheté.
00:13:54Il dit,
00:13:55l'ouvrage
00:13:56vous donne
00:13:56des précèdes
00:13:57des choses
00:13:58les plus communes
00:13:59et les plus ordinaires
00:14:00qui se débitent
00:14:02dans la nourriture
00:14:02des ménages,
00:14:03qui ne font
00:14:04qu'une dépense
00:14:05réglée
00:14:05et modérée
00:14:06et dans l'aspect
00:14:09visuel.
00:14:10Et donc,
00:14:11il sait
00:14:11qu'on peut se faire
00:14:12prendre à l'aspect
00:14:13flatteur
00:14:13de certains produits,
00:14:14donc,
00:14:15desquels
00:14:16beaucoup de personnes
00:14:16pêchent en trop
00:14:18ou trop peu.
00:14:19Donc,
00:14:20la varine
00:14:20nous rappelle aussi
00:14:21que notre pays
00:14:22fournit à foison
00:14:23tout ce que l'on peut désirer.
00:14:25Il écrit ceci,
00:14:26il vous enseigne
00:14:26les façons
00:14:28de cuisiner
00:14:29de mille sortes
00:14:30de légumes
00:14:32et autres victoires
00:14:33qui se trouvent
00:14:33dans la campagne à foison
00:14:35où la plupart
00:14:36ignorent la façon
00:14:36de les accommoder
00:14:37avec honneur
00:14:38et contentement
00:14:39et par ce moyen,
00:14:40il se trouve
00:14:41que j'ai eu
00:14:42grande raison
00:14:42de faire ce service
00:14:44au public,
00:14:45non seulement
00:14:45pour la délicatesse,
00:14:47art de vivre,
00:14:48mais aussi
00:14:49pour la nécessité,
00:14:50c'est-à-dire
00:14:50se nourrir.
00:14:51Donc,
00:14:52cette délicatesse
00:14:53procède,
00:14:54dit-il,
00:14:54d'une nation
00:14:55qui l'incarne
00:14:56et vante
00:14:58notre pays
00:14:59comme un modèle
00:14:59estimable
00:15:00en rappelant
00:15:02que Paris
00:15:02en reste le symbole
00:15:04et la ville
00:15:05de Paris
00:15:05l'emportant
00:15:06éminemment
00:15:06par-dessus
00:15:07toutes les provinces
00:15:08du Royaume.
00:15:09Toujours un petit coup
00:15:10de trompette
00:15:10donc,
00:15:11du côté de Paris.
00:15:13Donc,
00:15:13chacun
00:15:15particulier
00:15:15ou pays
00:15:16se doit de limiter
00:15:17et cet ouvrage
00:15:18se doit également
00:15:19d'emporter témoignage.
00:15:20Donc,
00:15:21on a un lavarène,
00:15:22c'est intéressant aussi
00:15:22au plan philosophique
00:15:23qui se montre conscient
00:15:24de l'écart culturel
00:15:25entre Paris
00:15:26et les provinces,
00:15:28écart évidemment
00:15:28difficile à combler,
00:15:29ce qu'on vérifiera
00:15:31par la suite
00:15:31où l'on s'apercevra
00:15:33que bien des aliments
00:15:34sont désignés
00:15:35selon des idiomes locaux
00:15:36forcément méconnus
00:15:37dans la capitale.
00:15:39Donc,
00:15:39en résumé,
00:15:41l'art de cuisiner
00:15:42est censé être mis
00:15:43à la portée
00:15:44d'un large public
00:15:45par cet ouvrage
00:15:46et il est d'ailleurs
00:15:48sur le point
00:15:48de devenir
00:15:49ce qu'on pourrait
00:15:49nommer une pratique
00:15:50bourgeoise
00:15:51donc touchant
00:15:52les habitants des villes
00:15:53disons les élites urbaines
00:15:55et qui vont
00:15:56donc apparaître
00:15:57et ça c'est intéressant
00:15:58comme parce qu'il dit
00:15:59vous êtes de plus en plus coupé
00:16:01de vos racines rurales
00:16:02ou paysannes
00:16:03et mon ambition
00:16:05est de vous intéresser
00:16:07à ces racines
00:16:08par le biais
00:16:09de mon ouvrage.
00:16:11Donc,
00:16:12et d'ailleurs
00:16:12le texte est extrêmement
00:16:13intéressant à lire
00:16:14parce qu'il fait allusion
00:16:15au fait que les urbains
00:16:16ne savent même pas
00:16:17comment poussent
00:16:18la plupart des légumes.
00:16:19Bon,
00:16:20mais comme quoi
00:16:20c'est pas nouveau
00:16:22ce genre d'interrogation.
00:16:24Donc,
00:16:25la Varenne notera également
00:16:27l'opposition
00:16:27entre une cuisine rustique
00:16:29sans après
00:16:30des campagnes
00:16:31où cependant
00:16:31poussent de bons produits
00:16:32et c'est au cuisinier
00:16:34bien formé
00:16:35en milieu urbain
00:16:36de transformer
00:16:37ces bons produits.
00:16:38Autrement dit,
00:16:39c'est à lui
00:16:40que revient
00:16:40d'assurer la valeur ajoutée
00:16:42en donnant aussi
00:16:43plaisir visuel
00:16:45et gustatif
00:16:46aux consommateurs.
00:16:48Il y a un problème
00:16:49que je voudrais poser
00:16:50mais que je ne saurais
00:16:51résoudre.
00:16:51On ne sait pas
00:16:52si vraiment le texte
00:16:53est pleinement
00:16:54à tout coup
00:16:54de la plume
00:16:55de la Varenne
00:16:55parce qu'on a affaire
00:16:57à ces maîtres que
00:16:59sont tous très experts
00:17:01dans leurs pratiques
00:17:02mais ne sont pas
00:17:02des gens à l'aise
00:17:03avec la plume
00:17:04si vous voulez.
00:17:05Ça fera tellement écrire.
00:17:07Alors,
00:17:07il est possible
00:17:07que la Varenne
00:17:10n'ait pu passer
00:17:12par la main
00:17:14pourrais-je dire
00:17:15d'un académicien
00:17:17qui aurait donc
00:17:19épaulé
00:17:19l'écriture,
00:17:20la rédaction.
00:17:21Maintenant,
00:17:22tout ce qui me semble
00:17:22issu des idiomes locaux
00:17:24sont bien de la Varenne
00:17:26parce que l'académicien
00:17:27en question
00:17:27n'a pas de raison
00:17:28de se les approprier aisément.
00:17:31Donc,
00:17:31il y a une certaine équivoque
00:17:32dans la rédaction
00:17:33indiscutablement.
00:17:34Surtout qu'il y a
00:17:35des propos à porter
00:17:37éthique,
00:17:37voire politique,
00:17:38voire philosophique
00:17:39qui ne sont
00:17:40pas tellement
00:17:41dans le mental
00:17:42d'un cuisinier,
00:17:43disons-le.
00:17:45Donc,
00:17:46en tout cas,
00:17:46petite remarque,
00:17:48n'oublions pas
00:17:49de signaler
00:17:50que ce traité
00:17:51de la Varenne
00:17:51est également
00:17:52contemporain
00:17:53de traités
00:17:54de jardinage
00:17:55qui incite
00:17:56à promouvoir
00:17:56la bonne agriculture
00:17:58des produits
00:17:59de la terre.
00:18:00Et comme je l'indiquais
00:18:01au début
00:18:01de ce développement,
00:18:02je ferai référence
00:18:03rapidement
00:18:04à un autre ouvrage
00:18:06de jardinier français
00:18:07traité
00:18:08de Nicolas de Bonnefond
00:18:10suivi
00:18:11des délices
00:18:12de la campagne
00:18:13qui s'ouvrent
00:18:14d'ailleurs
00:18:14sur un épitreau d'âme
00:18:16s'adressant
00:18:17d'évidence
00:18:17à un lectorat urbain
00:18:19auquel on laisse
00:18:20entendre
00:18:20qu'il a perdu
00:18:21encore une fois
00:18:21le contact
00:18:22avec ses origines
00:18:22campagnères,
00:18:23ce qui doit être
00:18:24comblé.
00:18:25On dirait désormais
00:18:26que tous ces ouvrages
00:18:26sont bien significatifs
00:18:28d'une attention
00:18:29à ce qu'on pourrait
00:18:30nommer maintenant
00:18:30au terroir
00:18:31ou au territoire,
00:18:32si vous voulez.
00:18:33Donc,
00:18:35voilà ce qu'on peut dire
00:18:38de tous ces ouvrages,
00:18:39je voudrais partir
00:18:40pour gagner un peu de temps
00:18:41quitte à y revenir ensuite,
00:18:43mais partir tout de même
00:18:44du jardinier français
00:18:46de Nicolas de Bonnefond
00:18:48dont je viens de donner le nom,
00:18:501654,
00:18:51lequel fait suite d'ailleurs
00:18:53à ses tout ouvrage
00:18:54« Les délices de la campagne ».
00:18:56Bon,
00:18:57un mot
00:18:58de ces deux ouvrages
00:18:59rapidement,
00:19:01allons vite
00:19:02parce que nous avons
00:19:02de temps
00:19:03et cette titre
00:19:04était assez complète
00:19:05alors j'essaye
00:19:05de calibrer les choses.
00:19:07Le livre
00:19:08« Délices de la campagne »
00:19:10est dédié
00:19:12aux dames
00:19:13et plus particulièrement,
00:19:15disait-on déjà,
00:19:16aux ménagères.
00:19:17Donc,
00:19:18l'ouvrage
00:19:18rappellera
00:19:19que les femmes,
00:19:21ça c'est sympathique
00:19:22de la part
00:19:22de Nicolas Bonnefond
00:19:23et ça on ne trouve pas ça
00:19:25sous la plume de la marraine.
00:19:26Il n'hésite pas à dire
00:19:27que les femmes
00:19:27ont des goûts aiguisés.
00:19:29Il rappelle
00:19:30qu'elles sont sensibles
00:19:31aux parfums,
00:19:32aux couleurs,
00:19:33à la peinture
00:19:33plus que les messieurs.
00:19:35Et donc,
00:19:36cet ouvrage
00:19:37dit-il devrait leur plaire.
00:19:39Nicolas Bonnefond
00:19:40vante son ouvrage
00:19:41de sa façon
00:19:42puisqu'il est censé
00:19:43satisfaire tous les sens.
00:19:45Odorat,
00:19:46goût,
00:19:46touché,
00:19:47vu,
00:19:47oui,
00:19:48avec tout de même
00:19:48une prééminence
00:19:49accordée à la culture
00:19:50du goût.
00:19:51Je vous ai dédié
00:19:52ce petit livret
00:19:53qui s'intitule,
00:19:54dit-il,
00:19:55les délices de la campagne
00:19:56à cause de tous les sens.
00:19:57Il n'en a point
00:19:58de plus délicieux
00:19:59ni de plus nécessaire
00:20:00à la vie
00:20:01que celui du goût
00:20:02où il se trouve
00:20:03plus de diversité.
00:20:04Donc,
00:20:05au tout début,
00:20:05on a donc un texte
00:20:06qui s'amorce
00:20:09par cet épître aux dames
00:20:11rendant hommage
00:20:12à leur travail
00:20:13de ménagère.
00:20:15Il les félicite
00:20:16pour la conduite
00:20:17de leur gouvernement
00:20:18de la maison
00:20:20précisant,
00:20:21dit-il,
00:20:22que c'est par votre économie,
00:20:23mesdames,
00:20:24que les maisons
00:20:24n'ont ce qu'en subsiste
00:20:26dans la splendeur
00:20:27de leur lustre
00:20:28mais encore augmentent
00:20:29de beaucoup
00:20:30par le bon ordre
00:20:31que vous y apportez.
00:20:32Donc,
00:20:33en bref,
00:20:34bonne forme,
00:20:35c'est flatter
00:20:35les dames ménagères
00:20:37en rendant hommage
00:20:38à leur sens
00:20:39de l'économie
00:20:40dans l'emprunt
00:20:40des subsistances,
00:20:41à leur ménagement,
00:20:43d'où le mot
00:20:43ménagère
00:20:44elles ont le sens
00:20:49de l'épargne
00:20:50car elles savent
00:20:51tirer profit
00:20:51de tout ce qui se recueille
00:20:53à la campagne,
00:20:54c'est-à-dire
00:20:55de ce qui est immédiatement
00:20:56disponible
00:20:57en y joignant aussi
00:20:58une quête,
00:20:59dit-il,
00:20:59de volupté.
00:21:01Autrement dit,
00:21:01avec des produits
00:21:02qu'on dirait naturels,
00:21:03elles savent faire
00:21:04de bonnes choses.
00:21:05Voilà.
00:21:06Donc,
00:21:06une manière de saluer
00:21:07ces dames,
00:21:08leur façon de travailler.
00:21:09Donc,
00:21:11comme l'ouvrage
00:21:11de la Varenne,
00:21:13on peut mettre
00:21:13mon comparalète
00:21:14parce qu'on trouve
00:21:14à peu près
00:21:14les mêmes thématiques,
00:21:15c'est pourquoi
00:21:16je vais un peu vite,
00:21:17mais les délices
00:21:17de la campagne,
00:21:18après cet épiétro d'âme,
00:21:20comportent alors
00:21:21à nouveau
00:21:21une préface au lecteur
00:21:23qui à nouveau
00:21:23insiste sur tous
00:21:25les bons usages
00:21:26qu'on va pouvoir
00:21:27faire de son livre,
00:21:28en particulier
00:21:28en mettant en avant
00:21:29la modération
00:21:30des dépenses
00:21:31à laquelle
00:21:32le temps
00:21:32se peut y livrer,
00:21:34qui s'oppose,
00:21:34ça c'est politique,
00:21:36qui s'oppose
00:21:36aux pratiques
00:21:37dispendieuses
00:21:37des grands.
00:21:38On voit bien
00:21:39le coup de
00:21:42donner
00:21:42un petit peu
00:21:43aminement
00:21:43par notre
00:21:45auteur,
00:21:46il reproche
00:21:46aux grands
00:21:47donc
00:21:47ses cuisines
00:21:48dispendieuses,
00:21:49manifestement,
00:21:50alors que
00:21:50les ménagères
00:21:51des élites urbaines
00:21:52et bourgeoises
00:21:53savent
00:21:54bien travailler
00:21:55avec assez
00:21:56peu de choses
00:21:57et surtout
00:21:58en utilisant
00:21:59les produits
00:22:00frais
00:22:00des campagnes
00:22:02et sans chercher
00:22:03des mecs
00:22:04qui viennent
00:22:04du bout du monde.
00:22:06Donc,
00:22:06et il dit
00:22:07d'ailleurs
00:22:07je veux
00:22:08épargner
00:22:08votre bourse
00:22:09dit le texte.
00:22:11Toujours
00:22:11l'affirmation
00:22:12on pourrait dire
00:22:13bourgeoise
00:22:13du sens
00:22:14de l'économie
00:22:14et on devine
00:22:15donc à partir
00:22:16de là
00:22:16à quel lectorat
00:22:17ce livret
00:22:18s'adresse.
00:22:19L'autre ouvrage
00:22:20dont je parlais
00:22:21il y a quelques minutes
00:22:22son premier ouvrage
00:22:24enfin puisqu'ils sont
00:22:25quasiment écoutés
00:22:26en même temps
00:22:27son autre ouvrage
00:22:28dit la même chose
00:22:28dans le jardinier français
00:22:30il procède de même
00:22:31là où
00:22:32là à nouveau
00:22:33il est dédié
00:22:34aux dames
00:22:34avec épîtres
00:22:36aux mêmes dames
00:22:37là encore
00:22:38il y flatte
00:22:39les ménagères
00:22:40dames de l'élite
00:22:41urbaine
00:22:41il dit que
00:22:43alors il
00:22:44il en rajoute
00:22:46peut-être
00:22:46il dit qu'elles sont
00:22:47tout à fait appréciables
00:22:48parce qu'elles pratiquent
00:22:49la musique
00:22:49elles lisent des romans
00:22:51elles vont à la comédie
00:22:53donc c'est des dames
00:22:54de l'élite
00:22:54indiscutablement
00:22:55et pour ces dames
00:22:56ils vantent l'intérêt
00:22:57de fréquenter
00:22:59les jardins
00:22:59il est reprise
00:23:01dans les délices
00:23:01parce que
00:23:02là les cinq sens
00:23:03ils sont en éveil
00:23:04d'une manière
00:23:05ou d'une autre
00:23:05ils sont satisfaits
00:23:07de notre sens
00:23:08de la beauté
00:23:10beauté des fruits
00:23:11qu'on aperçoit
00:23:12parfum des fleurs
00:23:13chant des oiseaux
00:23:14le toucher aussi
00:23:15trouve à être récompensé
00:23:17il y a même des
00:23:19je dirais
00:23:20des propos
00:23:22légèrement
00:23:25libertins
00:23:26bon
00:23:28il faut apprendre
00:23:29à tâter
00:23:29des beaux fruits
00:23:31et quand on lit le texte
00:23:33on voit bien
00:23:33qu'il y a des abusures
00:23:35un peu coquines
00:23:35derrière tout cela
00:23:36donc insistance
00:23:38sur les profits
00:23:39qu'on peut tirer
00:23:39des récoltes
00:23:40ou des beaux fruits
00:23:41soucis d'économie
00:23:42en faisant aussi
00:23:43des confitures
00:23:43nous sont traités
00:23:44des confitures
00:23:45en bref
00:23:46vous avez
00:23:46un constant souci
00:23:48d'économie
00:23:48et d'épargne
00:23:49dans ces livres
00:23:51et on devine
00:23:53qu'on a évidemment
00:23:53intérêt à vendre
00:23:54les fruits
00:23:55qu'on ne consomme
00:23:55pas aussi
00:23:56à les donner
00:23:57à des gens
00:23:58de conditions modestes
00:23:59autrement dit
00:24:00faire oeuvre
00:24:00de charité
00:24:01et dans l'adresse
00:24:03au lecteur
00:24:04il est clairement
00:24:04indiqué
00:24:05qu'on peut offrir
00:24:06ce livret
00:24:07à ces gens
00:24:08c'est-à-dire
00:24:08à son personnel
00:24:10lequel
00:24:11dit-il a un savoir
00:24:12assez grossier
00:24:13et ils sont trop souvent
00:24:13ignorants
00:24:14d'un savoir fécond
00:24:15et il faut leur permettre
00:24:16de tirer profit
00:24:17des conseils formulés
00:24:19quitte à leur lire
00:24:20le texte
00:24:20d'ailleurs
00:24:21comme on pourra
00:24:23le rappeler
00:24:24un peu plus loin
00:24:25et on va pouvoir
00:24:26les conseiller
00:24:26par exemple
00:24:27vos gens
00:24:27quant à la taille
00:24:28des arbres
00:24:29souvent mal assurés
00:24:30on doit apprendre
00:24:31à leur donner forme
00:24:32en particulier
00:24:33et recommander
00:24:34la taille
00:24:34en éventail ouvert
00:24:36d'ailleurs
00:24:37il y a une gravure
00:24:38qui fait suite
00:24:38à l'adresse
00:24:39au lecteur
00:24:40qui présente
00:24:41donc un arbre
00:24:43taillé en éventail
00:24:44pour garantir
00:24:45un ensoleillement
00:24:45efficace
00:24:46ce qui dit-il
00:24:47ne s'apprend pas
00:24:48chez les planteurs
00:24:49de choux
00:24:49terme banal
00:24:50à l'époque
00:24:51pour désigner
00:24:52le simple paysan
00:24:53le simple paysan
00:24:54était dénommé
00:24:55planteur de choux
00:24:56dans la plupart
00:24:57des textes
00:24:57à l'époque
00:24:58et c'est noté
00:24:59par Furtière
00:24:59ceci
00:25:00dans son dictionnaire
00:25:01donc
00:25:02l'article paysan
00:25:04vous avez
00:25:04planteur de choux
00:25:06donc
00:25:06à sa manière
00:25:07donc l'ouvrage
00:25:08insiste sur la distinction
00:25:10entre le côté noble
00:25:11de la culture
00:25:12des fruitiers
00:25:12par rapport
00:25:13au vulgaire légume
00:25:14l'arbre est propre
00:25:15à être gouverné
00:25:16à ménager aussi
00:25:18avec économie
00:25:19on remarque
00:25:20d'ailleurs que
00:25:20tous les termes techniques
00:25:21sont mis en majuscule
00:25:22notamment le langage
00:25:24de la greffe
00:25:24et on voit
00:25:26que se dessine
00:25:27une coupure
00:25:27entre la culture
00:25:28d'une élite
00:25:29qui reste urbaine
00:25:30avec des intérêts
00:25:31à la campagne
00:25:31et la culture rustique
00:25:34il y a des conseils
00:25:34très pratiques
00:25:35qui sont formulés
00:25:36si vous voulez remarquer
00:25:37les espèces
00:25:38vous le pourrez
00:25:39en deux façons
00:25:40l'une
00:25:40en pendant des petites
00:25:42ardoises
00:25:43où le nom
00:25:44de l'arbre
00:25:44sera écrit
00:25:45et l'autre
00:25:46en y mettant
00:25:47des bouts de laine
00:25:48teintes
00:25:48de plusieurs couleurs
00:25:49il donne des conseils
00:25:50pour bien organiser
00:25:51son verger
00:25:52ou son jardin
00:25:53donc
00:25:54ces connaissances acquises
00:25:55évidemment
00:25:56on pourra plus sûrement
00:25:57briller dans les conversations
00:25:58et pour conforter
00:26:00ces puits en avant
00:26:01d'un savoir
00:26:02anticole
00:26:02l'auteur présente
00:26:04les catalogues
00:26:05des fruits
00:26:05les plus appréciés
00:26:06alors je note
00:26:07dans ses livres
00:26:09en particulier
00:26:11la poire
00:26:12considérée comme
00:26:13le plus précieux
00:26:14des fruits
00:26:15à cette époque
00:26:16plus de 150 noms
00:26:18défilent
00:26:19150 noms
00:26:20on découvre
00:26:21un lexique culinaire
00:26:22incroyable
00:26:22étonnant
00:26:23avec des appellations
00:26:24cocasses
00:26:25voire coquines
00:26:25comme par exemple
00:26:26la couille
00:26:27soif
00:26:27la double pucelle
00:26:29la grosse queue
00:26:30cuisse madame
00:26:32grosse musée
00:26:33chair de fille
00:26:34pute
00:26:35pucelle
00:26:36cuillée
00:26:36trompe coquin
00:26:37etc
00:26:38tout ça
00:26:38c'est les noms
00:26:39de poire
00:26:39voilà
00:26:40on s'amuse beaucoup
00:26:41à lire tout cela
00:26:42donc il y aurait là
00:26:43tout un travail
00:26:44de la langue
00:26:44à entreprendre
00:26:45dans cette dénomination
00:26:46des fruits
00:26:47il faut savoir
00:26:47qu'à l'époque
00:26:48il n'y a aucune
00:26:50uniformisation
00:26:50des semences
00:26:51d'où cette infinie
00:26:52variété
00:26:52d'où de multiples
00:26:54néologismes
00:26:55sans compter
00:26:55les différentes
00:26:56appellations
00:26:57propres à chaque
00:26:58carouard égalé
00:26:58on compte en gros
00:27:00à l'époque
00:27:003000
00:27:013000 variétés
00:27:02de poires
00:27:03vous voyez ce qui reste
00:27:04sur nos étals
00:27:05à l'heure actuelle
00:27:06dans les supermarchés
00:27:08entre parenthèses
00:27:093000 variétés de poires
00:27:10incroyable
00:27:11donc
00:27:12Furtier fera écho
00:27:13à tout cela
00:27:14dans son article
00:27:15poire
00:27:16il consacre
00:27:174 colonnes
00:27:18dans son dictionnaire
00:27:19à l'article poire
00:27:20Furtier
00:27:20avec une dimension
00:27:21éclairante
00:27:22quant à la portée
00:27:23poétique de ces noms
00:27:24notant leurs dimensions
00:27:25olfactives
00:27:26comme dit-il
00:27:27la musquée
00:27:28ou gustative
00:27:29la beurrée
00:27:30topographique
00:27:32aussi
00:27:32sans oublier
00:27:33de curieuses personnifications
00:27:35il y a une poire
00:27:36qui s'appelle
00:27:37la bellissime
00:27:38l'autre
00:27:38la belle à peindre
00:27:40repérant les analogies
00:27:41entre la texture
00:27:43les formes des poires
00:27:44et la femme
00:27:44alors la chair à croquer
00:27:46la cramoisine
00:27:47relevant les éléments
00:27:49à caractère proprement
00:27:50sexuels
00:27:50la grosse mouille-bouche
00:27:53la verge d'or
00:27:54etc
00:27:54donc Nicolas Bonnefond
00:27:57eu égard à la richesse
00:27:58de ses exposés
00:27:59vise bien
00:28:00un lecteur à bourgeois
00:28:02une élite urbaine
00:28:03friande
00:28:04de ce type
00:28:05d'ouvrage
00:28:06donc
00:28:08tous ces ouvrages
00:28:10donc
00:28:10on peut
00:28:12revenir
00:28:13notamment
00:28:13au délice
00:28:15de la campagne
00:28:15annoncé un peu plus haut
00:28:17qui est une sorte
00:28:18de surjon
00:28:18d'ailleurs
00:28:19du jardinier français
00:28:20alors nous conduisent
00:28:21peu à peu
00:28:22aux ingrédients même
00:28:23de la cuisine
00:28:23toujours avec le même
00:28:25balancement initial
00:28:26dans les délices
00:28:27de la campagne
00:28:28on retrouve
00:28:28épître aux dames
00:28:30préface pour tout lecteur
00:28:31à chaque fois
00:28:31c'est le même schéma
00:28:32et qu'est-ce qui doit
00:28:34être relevé
00:28:35comme étant frappant
00:28:36par rapport
00:28:36à l'ouvrage précédent
00:28:37c'est l'insistance
00:28:39sur la notion
00:28:39de goût
00:28:40et de bon goût
00:28:42préoccupation
00:28:43qui s'affirme
00:28:44en cette seconde moitié
00:28:45du XVIIe siècle
00:28:46et Bonnefond
00:28:47va établir
00:28:48une hiérarchie
00:28:48des sens
00:28:49d'ailleurs il reste
00:28:50surprenant de voir
00:28:51noter que
00:28:52Diderot
00:28:53exclura
00:28:54c'est assez curieux
00:28:55le goût
00:28:55au sens propre
00:28:58au sens esthétique
00:29:01et c'est un peu dommage
00:29:03mais on peut dire
00:29:04que le XVIIIe siècle
00:29:05va quand même
00:29:06peu à peu
00:29:06intellectualiser
00:29:07l'approche du goût
00:29:08pour la réserver
00:29:09peu à peu
00:29:10à des objets
00:29:11tenus pour plus noble
00:29:12puisque le mot goût
00:29:14va être associé
00:29:15à l'esthétique littéraire
00:29:16à des questions
00:29:17d'iconographie
00:29:18ou plastique
00:29:19mais il faut un peu
00:29:20de temps
00:29:21et va donner lieu
00:29:23à des questionnements
00:29:24d'une complexité
00:29:25philosophique
00:29:26beaucoup plus marquée
00:29:27comme chez Kant
00:29:27par exemple
00:29:28donc Bonnefond
00:29:31reste attaché
00:29:33à la dimension
00:29:33pratique de son œuvre
00:29:35toujours épargner
00:29:36votre bourse
00:29:37visant par là
00:29:38un assez large
00:29:39électorat
00:29:40donc
00:29:41la première
00:29:42donc
00:29:45concerne
00:29:46ce que j'appellerais
00:29:47l'ordinaire
00:29:47première perspective
00:29:49c'est à dire
00:29:49cet état
00:29:50où l'on se préoccupe
00:29:51simplement
00:29:51de se nourrir
00:29:52il présente
00:29:53des gens
00:29:54sans après
00:29:55et il rappelle
00:29:56que c'est l'affaire
00:29:57des gens simples
00:29:57des paysans
00:29:58qui ignorent
00:29:59tout après
00:29:59ça a déjà été souligné
00:30:00par l'avare
00:30:01donc il rappelle
00:30:02que les planteurs
00:30:03de choux
00:30:03dirais-je
00:30:04sont simplement
00:30:05préoccupés
00:30:06puisqu'ils peuvent
00:30:06se comprendre
00:30:07de se nourrir
00:30:08et ils n'imaginent
00:30:09pas différents
00:30:10après
00:30:11sauf vraiment
00:30:12exception
00:30:12donc la seconde
00:30:14perspective
00:30:14dans son ouvrage
00:30:15concerne ces moments
00:30:16où l'on cherche
00:30:17à chatouiller
00:30:18dit-il son mot
00:30:19ce qui suppose
00:30:20un autre nécessaire
00:30:21on parle d'un nécessaire
00:30:23à toilette
00:30:24c'est-à-dire
00:30:25certains instruments
00:30:26mais surtout
00:30:26des épices
00:30:27qui exigent
00:30:28qu'on assimile
00:30:29un art du mélange
00:30:30donc un traité culinaire
00:30:32où l'art du mélange
00:30:33est promu
00:30:35et troisième perspective
00:30:37qui vise
00:30:37à dénoncer l'excès
00:30:39il n'y a que
00:30:40chez les seuls grands
00:30:42qu'on se livre
00:30:43à de grandes dépenses
00:30:44parce qu'il faut
00:30:45tenir son rang
00:30:46d'où chez eux
00:30:47dit-il une prise
00:30:48en ostentatoire
00:30:49sans réel profit
00:30:51dirait-il
00:30:51pour la délicatesse
00:30:53du goût
00:30:54alors ça
00:30:55ce sont les trois perspectives
00:30:56si l'on rentre
00:30:57un petit peu plus
00:30:58dans le détail
00:31:00des parties
00:31:01de l'ouvrage
00:31:01on a une première partie
00:31:03qui est consacrée
00:31:04au vin
00:31:05et au pain
00:31:06et là
00:31:08on y note
00:31:09des distinguos
00:31:11entre pain bourgeois
00:31:12et pain de maître
00:31:13et pain de messe
00:31:15donc
00:31:16il rappelle
00:31:17que c'est à Paris
00:31:18que se mange
00:31:19le meilleur pain du monde
00:31:20et là
00:31:21il insiste
00:31:22dans son traité
00:31:24sur des développements
00:31:26concernant les qualités
00:31:27du blé
00:31:28celle des moulins
00:31:29celle également
00:31:30de l'eau nécessaire
00:31:31à la fabrication
00:31:32d'un bon pain
00:31:33la qualité des fours
00:31:35du bois
00:31:35qu'on y consume
00:31:36full de détails
00:31:38sur la cuisson
00:31:39il y a une réflexion
00:31:41sur la pâte
00:31:42aussi
00:31:43l'une d'entre elles
00:31:44est nommée
00:31:45pâte royale
00:31:46et celle qui convient
00:31:47pour des chiens de meute
00:31:48dit-il
00:31:49donc alors
00:31:50il y a toute une variation
00:31:51énorme
00:31:52donc sur les différentes
00:31:53pâtes
00:31:54avec lesquelles
00:31:55on fait le pain
00:31:56donc quant au vin
00:31:58l'auteur souligne
00:31:59la supériorité
00:32:00du vin de Bourgogne
00:32:02donc par rapport
00:32:03à la piquasse parisienne
00:32:05la piquasse parisienne
00:32:07donc déjà
00:32:08des différences marquées
00:32:10donc des conseils
00:32:11d'achat
00:32:11enfin comment trouver
00:32:12les bons produits
00:32:13différence entre
00:32:14vin de garde
00:32:15des vins ordinaires
00:32:16qui est également souligné
00:32:17et l'auteur précise
00:32:19également
00:32:20quelle est la façon
00:32:21de faire pousser la vigne
00:32:22et comment
00:32:24donc
00:32:24la façon de faire pousser
00:32:26la vigne
00:32:26est significative
00:32:27je ne l'aurais pas soupçonné
00:32:28mais d'une position sociale
00:32:31il y a
00:32:32il a remarqué
00:32:33qu'il y a des vignes
00:32:34très soignées
00:32:35bien taillées
00:32:36à l'image d'un domaine
00:32:37bien conduit
00:32:37des vignes
00:32:38au cèpe
00:32:39quasi sauvage
00:32:40c'est le cas
00:32:40notamment en Provence
00:32:42mal ordonnées
00:32:43et il félicite
00:32:45d'ailleurs
00:32:45les bourguignons
00:32:46pour leur taille
00:32:48et une place
00:32:50est faite
00:32:50à d'autres boissons
00:32:51précieuses
00:32:52ou non
00:32:53comme le cident
00:32:53la seconde partie
00:32:55est consacrée
00:32:56aux légumes
00:32:56racines et fruits
00:32:57et s'ouvre
00:32:59sur une épître
00:33:00aux frères Capucin
00:33:01car ces derniers
00:33:03Capucin
00:33:04maîtrisent
00:33:04l'art des jardins
00:33:05c'est à dire
00:33:06l'art du maraîchage
00:33:07on y trouve
00:33:08des recettes
00:33:09aussi succinctes
00:33:10assez succinctes
00:33:11pardon
00:33:12assez succinctes
00:33:13et surtout
00:33:13des préoccupations
00:33:14d'hygiène
00:33:15quant à l'emploi
00:33:16dans ces recettes
00:33:18du beurre
00:33:18des oeufs
00:33:20on doit apprendre
00:33:21à les mirer
00:33:22déjà
00:33:22et aussi
00:33:25un judicieux examen
00:33:27du lait
00:33:28il faut
00:33:29du lait venant
00:33:30de vaches
00:33:31d'utile proprement
00:33:32établé
00:33:33donc très sensible
00:33:35à la propreté
00:33:35des étapes
00:33:36notre
00:33:37bon fond
00:33:39alors qu'on ignore
00:33:40tout à l'époque
00:33:41des bactéries
00:33:42et microbes
00:33:43l'exigence de propreté
00:33:44est cependant
00:33:45donc clairement
00:33:45affirmé
00:33:47donc
00:33:48alors la troisième partie
00:33:49bon c'est curieux
00:33:51mais c'est quand même
00:33:52un livre
00:33:52comme je l'ai dit
00:33:53de recettes
00:33:53mais on voit que
00:33:55après tout
00:33:55ils ne sont pas
00:33:56à dire beaucoup
00:33:57de conseils
00:33:57d'achat
00:33:58d'économie
00:33:59donc
00:34:01de taille
00:34:03d'ailleurs
00:34:03il s'agit d'un ouvrage
00:34:04à la fois
00:34:04de recettes
00:34:05et de jardinage
00:34:06en fin de compte
00:34:06c'est ça
00:34:07qui s'appelle
00:34:07le jardinier français
00:34:08donc
00:34:09la troisième partie
00:34:11de l'ouvrage
00:34:12concerne
00:34:13les maîtres d'hôtel
00:34:14et
00:34:15dans ses délices
00:34:17de la campagne
00:34:17pardon
00:34:18les maîtres d'hôtel
00:34:19auxquels
00:34:20à nouveau
00:34:21une épine
00:34:21est adressée
00:34:22c'est très intéressant
00:34:23parce qu'on est renseigné
00:34:25sur le rôle
00:34:25des maîtres d'hôtel
00:34:26et ce sont ceux
00:34:28sur lesquels repose
00:34:29l'organisation
00:34:30de tout service
00:34:30de bouche
00:34:31dans les maisons
00:34:32aristocratiques
00:34:32ils sont en charge
00:34:34des dépenses
00:34:34donc
00:34:35du coût de fonctionnement
00:34:37de ces maisons
00:34:37et Bonnefond
00:34:39les invite
00:34:40donc à dépenser
00:34:41raisonnablement
00:34:41et il sait
00:34:42que ce personnel
00:34:43est souvent dispendieux
00:34:44comme les nobles
00:34:45d'ailleurs
00:34:45qui les emploient
00:34:46donc il multiplie
00:34:48dans cet ouvrage
00:34:50que figure
00:34:50mon nombre de recettes
00:34:51mais
00:34:52il multiplie
00:34:53les conseils
00:34:54d'économie
00:34:55et diététique
00:34:56de la sagesse
00:34:58des cuisiniers
00:34:58dépend la santé
00:34:59du corps
00:35:00et de la bourse
00:35:00donc cet épine
00:35:02proclame clairement
00:35:03qu'il va enseigner
00:35:04le vrai goût
00:35:05au lieu de cautionner
00:35:06une pratique
00:35:07consistant à cacher
00:35:08un membre d'habileté
00:35:10sous la profusion
00:35:11où tout se mêle
00:35:12notamment
00:35:13de sauce douteuse
00:35:15et il estime
00:35:17dit-il
00:35:18ils estiment
00:35:19ces maîtres d'hôtel
00:35:19que pourvu
00:35:20qu'ils déguisent
00:35:21et garnissent
00:35:22leurs plats
00:35:22en confusion
00:35:23ils passeront
00:35:24pour habile homme
00:35:26et bien
00:35:27il dit en haut
00:35:27ça ne trompe personne
00:35:28si
00:35:30on est un petit peu vigilant
00:35:32donc on doit se dresser
00:35:33expression intéressante
00:35:34au plan
00:35:35je dirais
00:35:36sémiologique
00:35:36ou philosophique
00:35:37il faut se dresser
00:35:38contre dit-il
00:35:39le déguisement
00:35:40le déguisement
00:35:41qui porte atteinte
00:35:42au bon goût
00:35:42en abusant
00:35:44de ses habitudes
00:35:45consistant
00:35:45à employer
00:35:46à l'excès
00:35:47donc les épices
00:35:48ce qui aboutit
00:35:50à des mélanges
00:35:50douteux
00:35:51provoquant même
00:35:52le dégoûtement
00:35:52donc on a aussi
00:35:55des pages consacrées
00:35:56au potage
00:35:57de santé
00:35:58on vente
00:36:00le potage
00:36:01bourgeois
00:36:02il rappelle ici
00:36:04qu'il s'agit
00:36:06d'un potage
00:36:06où les poireaux
00:36:07enfin sentent
00:36:08le poireau
00:36:09où les choux
00:36:10le chou
00:36:11en d'autres termes
00:36:11on peut
00:36:13enfin goûter
00:36:14à un potage
00:36:17qui ne noie pas
00:36:18ce que l'on voit
00:36:19ou consomme
00:36:20sous une variété
00:36:22gratuite
00:36:23où tout se mêle
00:36:25et rien ne se détache
00:36:26donc on le voit
00:36:28promouvoir
00:36:28cette cuisine
00:36:29bourgeoise
00:36:30qui s'oppose
00:36:31si vous voulez
00:36:32au vin mélange
00:36:33donc Nicolas Bonnevon
00:36:35là c'est au coeur
00:36:35du 17ème siècle
00:36:36dans le 1750
00:36:38semble bien
00:36:39viser
00:36:40à mettre en avant
00:36:41une nouvelle distinction
00:36:42encore une fois
00:36:43entre
00:36:45une distinction
00:36:46pardon
00:36:47qui concerne
00:36:49une nouvelle élite
00:36:51provinciale
00:36:51urbaine
00:36:52bourgeoise
00:36:52qui doit
00:36:53apprendre
00:36:54à être fier
00:36:55de ses origines
00:36:58et il laisse entendre
00:36:59qu'il n'y a pas
00:37:00de honte
00:37:01contrairement à ce que
00:37:02pense
00:37:02la culture curiale
00:37:04ou celle de la cour
00:37:06donc il n'y a pas
00:37:07de honte
00:37:07à apprécier
00:37:08le poireau
00:37:09ou le chou
00:37:09voilà
00:37:10on doit s'attacher
00:37:11à une simplicité
00:37:13qui est tout à fait
00:37:15en mesure
00:37:15d'assurer
00:37:16les agréments gustatifs
00:37:17émancipé
00:37:18c'est-à-dire
00:37:19d'une prétention
00:37:20insolite
00:37:21et propre
00:37:22à entretenir
00:37:23tout cela
00:37:23sera propre
00:37:24à entretenir
00:37:25la santé
00:37:25donc il y a une critique
00:37:27de l'artifice
00:37:28qui conduisait
00:37:29donc comme vous l'avez compris
00:37:30à maquiller les mets
00:37:32et tout cela
00:37:33c'est intéressant
00:37:33au plan philosophique
00:37:34parce que ça rejoint
00:37:35la critique par exemple
00:37:37d'un saint-simon
00:37:38qui condamne
00:37:39dans le fond
00:37:40les usages
00:37:41des nobles parvenus
00:37:43n'est-ce pas
00:37:43et qui ont une cuisine
00:37:45d'une complexité insensée
00:37:47qui n'apporte pas grand chose
00:37:48finalement
00:37:48donc tout cela
00:37:49est bien le signe
00:37:50d'une montée
00:37:51en puisant
00:37:52de ce qu'il faut bien appeler
00:37:53une élite bourgeoise
00:37:54et à mon avis
00:37:55ça prépare aussi
00:37:56à sa façon
00:37:57l'esprit des lumières
00:37:58tout cela
00:38:00et avec
00:38:01donc une fermeté
00:38:03vigueur
00:38:03même assez étonnante
00:38:04alors
00:38:07il y a un personnage
00:38:08dont je ne vous ai pas parlé
00:38:10mais vous pouvez en dire
00:38:11un petit mot
00:38:11un certain François de Calvert
00:38:13c'est A2L-I-E-R-E-S
00:38:17qui est né en 1747
00:38:19et qui bourre en 1715
00:38:20mais il m'intéresse
00:38:21parce que c'est un diplomate
00:38:23lettré
00:38:23et qui sort à dire aussi
00:38:25qu'il y a des marquis
00:38:26qui méprisent
00:38:27les bourgeois
00:38:28voulant faire partie
00:38:30du beau monde
00:38:31alors qu'il faut mieux user
00:38:33qu'il ferait mieux
00:38:36pardon
00:38:36excusez-moi
00:38:36qu'il ferait mieux user
00:38:38d'un parler simple
00:38:41et précisément opposable
00:38:43au parler des marquis
00:38:44comme on dit
00:38:45il invite les bourgeois
00:38:46à se défaire
00:38:47de l'imitation
00:38:48un peu servile
00:38:49donc
00:38:50des petits marquis
00:38:51que Molière
00:38:52comme vous le savez
00:38:53sera tensé
00:38:55pour le moins
00:38:56donc
00:38:57donc il y a des préoccupations
00:38:59langagères originales
00:39:00dans ces traités
00:39:01et
00:39:02ce monsieur
00:39:03qui
00:39:03écrit
00:39:05très belles choses
00:39:05mais il écrit ceci
00:39:06il faut que vous fassiez
00:39:07des mémoires
00:39:08de ce que vous voulez servir
00:39:09autrement dit
00:39:10couchez par écrit
00:39:11vos instructions
00:39:12reprenant ses orientations
00:39:15non instantatoires
00:39:16ayant un souci
00:39:17d'efficacité
00:39:18donc il y a
00:39:19tous
00:39:20ces messieurs
00:39:21la Varenne
00:39:23Bonnefond
00:39:24ce sont des gens
00:39:25qui nous laissent
00:39:25une trace écrite
00:39:26pourrait-je dire
00:39:27d'un nouvel art culinaire
00:39:30et
00:39:31c'est intéressant
00:39:32que vous le reteniez
00:39:33parce que
00:39:34ça
00:39:35remplace
00:39:35dans le fond
00:39:36tous les aléas
00:39:38de la seule transmission orale
00:39:40donc il y a des conseils
00:39:41vous l'avez noté
00:39:41diététique
00:39:43horticole
00:39:44d'économie
00:39:45etc
00:39:45donc ce ne sont pas
00:39:47des simples traités
00:39:48de cuisine
00:39:48mais c'est une réflexion
00:39:49sur ce que doit être
00:39:51la cuisine
00:39:52bien comprise
00:39:52avec ses implications
00:39:54donc c'est moins
00:39:56des livres techniques
00:39:58de recettes
00:39:59qu'une réflexion
00:40:00sur la façon
00:40:03de cuisiner
00:40:03et sur ce qu'elle peut
00:40:05impliquer
00:40:05donc l'écrit
00:40:07devient la garantie
00:40:09d'une valeur ajoutée
00:40:10à ce que l'on sait faire
00:40:12devant des fourneaux
00:40:13et le traité
00:40:14de Bonnefond
00:40:15s'inscrit dans cet horizon
00:40:17et il y a trois autres
00:40:19traités
00:40:19que je voudrais
00:40:21simplement évoquer
00:40:23rapidement
00:40:23dans les dernières
00:40:2420 minutes
00:40:25mais il y a un traité
00:40:26d'un certain
00:40:27Pierre de Lune
00:40:28qui s'appelle
00:40:29le nouveau
00:40:31parfait maître d'hôtel
00:40:33il a écrit également
00:40:35ce Pierre de Lune
00:40:36l'école parfaite
00:40:38des officiers
00:40:39de bouche
00:40:41donc ouvrage
00:40:43important
00:40:43élu
00:40:44sans ça
00:40:44on ne parlerait pas
00:40:45évidemment
00:40:46si c'était purement
00:40:47anecdotique
00:40:47mais ça a été lu
00:40:49Pierre de Lune
00:40:50donc le nouveau
00:40:50parfait maître d'hôtel
00:40:52et l'école parfaite
00:40:53des officiers de bouche
00:40:54et puis
00:40:55il y a un certain
00:40:56il y a un ouvrage
00:40:57qui est publié
00:40:58anonymement
00:40:59il s'agit
00:41:00alors il est signé
00:41:01L.S.R
00:41:02il s'agit probablement
00:41:03de
00:41:04Le Sieur Robert
00:41:05Le Sieur Robert
00:41:07qui a écrit
00:41:08l'art de bien traiter
00:41:09de bien traiter
00:41:10c'est qu'on vit
00:41:12donc vous voyez
00:41:13un point important
00:41:14parce que
00:41:14Brasson large
00:41:15pour réfléchir ensemble
00:41:16mais on voit bien
00:41:18qu'on est aussi
00:41:20dans une période
00:41:20de montée en puissance
00:41:221650
00:41:221660
00:41:23en puissance
00:41:24de la monarchie
00:41:25absolue
00:41:25et donc
00:41:27c'est intéressant
00:41:28de voir
00:41:28quelle lignée
00:41:29d'auteur
00:41:29s'affiche
00:41:30dans cette période
00:41:31et c'est curieux
00:41:32de noter
00:41:32que
00:41:33malgré cette montée
00:41:34en puissance
00:41:35d'une monarchie
00:41:36dont on connaît
00:41:36l'absolutisme
00:41:38il y a des gens
00:41:39soucieux
00:41:40de s'adresser
00:41:40à d'autres destinataires
00:41:42donc
00:41:43l'élite aristocratique
00:41:47mais
00:41:49il y a
00:41:51évidemment
00:41:53des individus
00:41:54qui ont compris
00:41:54que le roi
00:41:56allait avoir
00:41:57la mainmise
00:41:58pratiquement
00:41:58sur toute la culture
00:41:59de son temps
00:42:00et qui se débrouille
00:42:02pour
00:42:05faire valoir
00:42:08une pratique
00:42:09de la cuisine
00:42:10qui peut intéresser
00:42:11les maîtres d'hôtels
00:42:12et qui eux
00:42:13sont officiers
00:42:15de bouche
00:42:15de l'aristocratie
00:42:16autrement dit
00:42:18on a des ouvrages
00:42:20un peu équivoques
00:42:21dans la mesure
00:42:22où
00:42:23on continue
00:42:24de vouloir
00:42:24même toucher
00:42:25une certaine élite bourgeoise
00:42:26mais en même temps
00:42:28de ne pas
00:42:30vexer
00:42:31dirais-je
00:42:31la susceptibilité
00:42:32des grands maîtres d'hôtels
00:42:34qui travaillent
00:42:34chez les grands aristocrates
00:42:36donc
00:42:37et ça va donner
00:42:38des ouvrages
00:42:39assez curieux
00:42:40à caractère
00:42:41on pourrait dire
00:42:42professionnalisant
00:42:43ce que je trouve
00:42:44étonnant
00:42:45dans ces trois traités
00:42:47indépendamment
00:42:47donc
00:42:48de cette espèce
00:42:50de clin d'oeil
00:42:50comme je l'ai dit
00:42:51à l'élite bourgeoise
00:42:52c'est surtout
00:42:53un souci
00:42:53tout de même
00:42:54de coller
00:42:55à ce que les maîtres
00:42:57d'hôtels
00:42:59des puissants
00:43:00et Dieu sait
00:43:00si Louis XIV
00:43:01va marquer son temps
00:43:02il ne s'agit pas
00:43:03de se l'aliéner
00:43:04bien évidemment
00:43:05donc
00:43:06il y a une manière
00:43:07de flapper
00:43:08les officiers de bouche
00:43:11dans ces ouvrages
00:43:13et notamment
00:43:13ceux de Pierre de Lune
00:43:14le nouveau parfait
00:43:16maître d'hôtel
00:43:16et l'école parfaite
00:43:17des officiers de bouche
00:43:18vous devriez
00:43:19en dire quelques mots
00:43:20c'est assez original
00:43:20alors le nouveau parfait
00:43:23maître d'hôtel
00:43:24ça parait en 1662
00:43:25et ça enseigne moins
00:43:27des recettes
00:43:28que
00:43:28ça peut vous intéresser
00:43:30que la disposition
00:43:31des tables
00:43:32et ce sont
00:43:33c'est ce monsieur
00:43:35qui a mis
00:43:35en
00:43:36qui a interrogé
00:43:38le fameux service
00:43:39à la française
00:43:41qui est loué
00:43:42à l'époque
00:43:45qui sera comme vous le savez
00:43:46un jour
00:43:47remplacé par le service
00:43:48à la house
00:43:48mais ce service
00:43:50à la française
00:43:51fait l'objet
00:43:52d'une sorte
00:43:53de mise en évidence
00:43:54par ce type d'ouvrage
00:43:55et il se caractérise
00:43:57vous le savez
00:43:57par la présentation
00:43:58simultanée des plats
00:43:59comme dans un buffet
00:44:00bon
00:44:01dès lors
00:44:01chacun peut choisir
00:44:02selon ses goûts
00:44:04et ce service
00:44:06on le sait
00:44:06cédera peu à peu
00:44:07la place
00:44:08au service
00:44:08à la russe
00:44:09dans le siècle
00:44:11à venir
00:44:12les plats
00:44:13obéissent eux-mêmes
00:44:15à un service
00:44:16spécifique
00:44:17potage
00:44:19grosses entrées
00:44:20rôtis
00:44:21entre mai
00:44:21et
00:44:22on aboutit
00:44:24dans cette présentation
00:44:26c'est très curieux
00:44:27à neuf services
00:44:28successifs
00:44:30autrement dit
00:44:31c'est assez flou
00:44:33cette affaire
00:44:33la table est desservie
00:44:35et réaménagée
00:44:36neuf fois
00:44:37à Versailles
00:44:39par exemple
00:44:39après présentation
00:44:41de tous les potages
00:44:42ce sera le tour
00:44:42de toutes les entrées
00:44:43de tous les mai
00:44:44on jugerait sans trop
00:44:46nous
00:44:47nous notons que
00:44:48ces repas
00:44:49sont surtout
00:44:50carnés
00:44:51peu de légumes
00:44:53beaucoup d'entremets
00:44:54ou de desserts
00:44:55et la table
00:44:56peut aboutir
00:44:57à des dispositions
00:44:58extrêmement complexes
00:44:59au point par exemple
00:45:00de proposer
00:45:00une assiette propre
00:45:02à chaque potage
00:45:03retenue par le convi
00:45:04donc
00:45:05notons que
00:45:06ces dispositions
00:45:07aussi peuvent s'inscrire
00:45:08dans chaque saison
00:45:09voire au temps liturgique
00:45:13il y a des tables
00:45:14de printemps
00:45:15d'hiver
00:45:16ou de l'avant
00:45:16et le lectorat
00:45:18concerné par ce type
00:45:19d'ouvrage
00:45:19est évidemment
00:45:20doté de moyens
00:45:21mais ça
00:45:22ça se déploie
00:45:23comme quoi
00:45:23pas seulement
00:45:24à Versailles
00:45:25parce que
00:45:25ça se déploie
00:45:26dans les hôtels
00:45:27particuliers
00:45:28de toute la capitale
00:45:29du Faubourg-Saint-Germain
00:45:30notamment
00:45:31et bientôt
00:45:32des grandes villes
00:45:32de province
00:45:33autrement dit
00:45:34à Lyon
00:45:34une certaine élite
00:45:36à Marseille
00:45:37à Rennes
00:45:38on commence
00:45:40à émiter
00:45:40ce qui se fait
00:45:41donc
00:45:42dans la conception
00:45:43du service
00:45:44à Versailles
00:45:45et donc
00:45:46tout ça
00:45:47va être développé
00:45:48dans l'école parfaite
00:45:49des officiers
00:45:50de bouche
00:45:51qui sort en 1662
00:45:53après le nouveau
00:45:54parfait maître
00:45:55d'hôtel
00:45:55et il s'agit là
00:45:57d'un ouvrage
00:45:57qui réunit
00:45:58six petits traités
00:45:59en un
00:46:00édition
00:46:00édition à vocation
00:46:01maniable
00:46:02qui correspond
00:46:03à une mode
00:46:03des dictionnaires
00:46:04qui commence
00:46:04à se répandre
00:46:05il le dit
00:46:06je n'ai d'autre
00:46:06destin
00:46:07que de réduire
00:46:08en un seul volume
00:46:09tout ce qui regarde
00:46:10le service
00:46:10de table
00:46:11en bref
00:46:12l'ouvrage
00:46:12qui est du livre
00:46:13portatif
00:46:14qu'on peut emporter
00:46:15avec soi
00:46:15à la ville
00:46:16ou à la campagne
00:46:17et il est à l'opposé
00:46:19d'un art
00:46:19qui cultiverait
00:46:20le secret
00:46:20comme c'est le cas
00:46:21dans les confrérie
00:46:22et dans les corporations
00:46:23donc là encore
00:46:24il y a une volonté
00:46:25de s'ouvrir
00:46:25à un public
00:46:26aux moyens importants
00:46:27sans aucun doute
00:46:28et pouvant s'offrir
00:46:29les compétences
00:46:30de professionnels
00:46:31et le corps du texte
00:46:32se décline en six parties
00:46:33d'abord
00:46:34le maître d'hôtel
00:46:35ensuite
00:46:36le grand écuyer tranchant
00:46:38le sommelier royal
00:46:39le confiturier
00:46:41le cuisinier royal
00:46:42et le pâtissier royal
00:46:45alors deux mots là-dessus
00:46:46le maître d'hôtel
00:46:48c'est celui
00:46:48qui est chargé
00:46:49et qui est désigné
00:46:50comme le chef d'orchestre
00:46:51des grandes cuisines
00:46:52il décide de l'ordonnancement
00:46:54de la table
00:46:54et des différents mets
00:46:56le grand écuyer tranchant
00:46:58c'est celui
00:46:59qui sait découper
00:47:00les viandes
00:47:00il est précisé
00:47:01que ce n'est pas
00:47:02en regardant
00:47:03qu'on réussit
00:47:04mais en pratiquant
00:47:04comme dans la découpe
00:47:06d'un faisant
00:47:06qui se fait en 18 coups
00:47:08et qu'elles sont notées
00:47:09selon un schéma
00:47:10d'ailleurs précisé
00:47:11dans le texte
00:47:1118 coups
00:47:13le sommelier royal
00:47:15lui il n'est pas chargé
00:47:16du vin
00:47:17fonction fixée seulement
00:47:19au 19ème
00:47:19il est chargé
00:47:20du service
00:47:21sous les ordres
00:47:21du maître d'hôtel
00:47:22le sommelier royal
00:47:24en fait
00:47:24il est chargé
00:47:25du pliage
00:47:25du linge
00:47:26de table
00:47:27du découpage
00:47:28des fruits
00:47:29et il y a un schéma
00:47:30qui est présenté
00:47:31pour montrer
00:47:33à qui veut
00:47:34y goûter
00:47:35comment découper
00:47:37une poire
00:47:37en particulier
00:47:39et comment découper
00:47:40le citron
00:47:40sans y toucher
00:47:41uniquement avec découvert
00:47:42il faut s'entraîner
00:47:44comme on peut l'imaginer
00:47:45donc
00:47:46et en fonction
00:47:47en plus du rang
00:47:48des convives
00:47:50il a pour mission
00:47:51de confectionner
00:47:53des écussons
00:47:54dans le coeur
00:47:55des salades
00:47:55on présente la salade
00:47:57avec un écusson
00:47:58qui correspond
00:47:59au rang
00:47:59du personnage
00:48:01que l'on va servir
00:48:03donc
00:48:04là oui
00:48:05on a
00:48:06je ne loupe pas
00:48:06mon cuisine
00:48:07qui est une cuisine
00:48:08aristocratique
00:48:09par rapport
00:48:09à ce que
00:48:11nous avons découvert
00:48:12chez Botafont
00:48:13et donc
00:48:14chez
00:48:15de la varie
00:48:16le confiturier royal
00:48:18lui
00:48:19il fait les compotes
00:48:20les pâtes
00:48:21de sucre
00:48:22les masses pain
00:48:23pâtes amandes
00:48:24le glaçage
00:48:25le sucre gandit
00:48:26les fralines
00:48:27les macarons
00:48:27les dragées
00:48:28et c'est le véritable ancêtre
00:48:30du pâtissier
00:48:31le confiturier royal
00:48:33le cuisinier royal
00:48:34lui fournit les recettes
00:48:36et
00:48:37tant
00:48:38cela
00:48:39c'est celui
00:48:39qui est capable
00:48:40de donner un véritable
00:48:41livre de cuisine
00:48:42d'ailleurs
00:48:42et
00:48:43il fournit par exemple
00:48:44la recette des carbonates
00:48:46de plats flamands
00:48:47ou du nord
00:48:47que l'auteur
00:48:49semble bien connaître
00:48:50semble-t-il
00:48:50et
00:48:52ce que
00:48:53on appelle dans le texte
00:48:55le pâtissier royal
00:48:57c'est celui
00:48:58qui s'occupe par définition
00:48:59des pâtes
00:49:00pour pâter chaud
00:49:01ou froid
00:49:02voilà
00:49:03voilà ce qu'est un pâtissier
00:49:04au coeur du 17ème siècle
00:49:05il s'occupe des pâtes
00:49:07pour pâter chaud
00:49:08ou froid
00:49:08et
00:49:09il est peut-être
00:49:10à cette façon
00:49:11plutôt
00:49:12l'ancêtre
00:49:13du boulanger
00:49:14et
00:49:14son rôle
00:49:15se situe
00:49:16entre le confiterier
00:49:17et le cuisinier
00:49:17voilà donc
00:49:19quelques mots
00:49:20sur ces ouvrages
00:49:22qui sont plutôt
00:49:22à destination
00:49:23donc
00:49:24bon
00:49:25de gens de la haute
00:49:27dirais-je
00:49:28et en particulier
00:49:29de l'aristocratie
00:49:30qui fréquente la cour
00:49:32et où
00:49:33qui s'attache
00:49:34à l'imiter
00:49:34et
00:49:35un dernier point
00:49:37l'art devient
00:49:38traité
00:49:38de ce certain
00:49:39L.S.R
00:49:41donc
00:49:42traité
00:49:43qui vise
00:49:44un lectorat
00:49:44assez large
00:49:45et
00:49:46qui
00:49:47aussi
00:49:49adopte
00:49:50une posture
00:49:50aristocratique
00:49:51évidente
00:49:52avec une insistance
00:49:54sur les réels talents
00:49:56ou compétences
00:49:57spécifiques
00:49:58que réclament
00:49:58les métiers
00:49:59de bouche
00:49:59et on note
00:50:01qu'en ce 17ème siècle
00:50:02s'actualise
00:50:04un art de vivre
00:50:06au bout du compte
00:50:08les deux premiers ouvrages
00:50:09que j'évoquais
00:50:10aussi
00:50:10actualisent
00:50:11un art de vivre
00:50:11mais c'est un art de vivre
00:50:13qui
00:50:13dans tous les cas
00:50:15est quand même du côté
00:50:16de toute façon
00:50:16d'un certain raffinement
00:50:18bon alors
00:50:18d'un raffinement ostentatoire
00:50:20on est d'accord
00:50:21avec les deux ouvrages
00:50:22que je viens
00:50:23d'évoquer
00:50:25mais il y a déjà
00:50:26ce raffinement
00:50:27chez Bonnefond
00:50:28et notre
00:50:29fameux
00:50:30Delavarenne
00:50:32et tout cela
00:50:32dégage
00:50:33ce qu'on peut nommer
00:50:34un esprit français
00:50:35qui tend
00:50:36peu à peu
00:50:37vers une délicatesse
00:50:38propre
00:50:39et c'est extrêmement
00:50:39important de le noter
00:50:40à faire des émules
00:50:41dans toute l'Europe
00:50:42autrement dit
00:50:43c'est
00:50:44l'âge classique
00:50:46qui va donner
00:50:46le « là »
00:50:47à toutes les cours
00:50:49d'Europe
00:50:49et ça
00:50:51c'est à dire
00:50:52et à rappeler
00:50:53notre
00:50:56rayonnement
00:50:56contemporain
00:50:57est loin d'être
00:50:58celui du 17ème
00:50:59évidemment
00:50:59mais c'est
00:51:01la France
00:51:02c'est la cour
00:51:03et c'est l'aristocratie
00:51:04et bientôt
00:51:05c'était le bourgeoise
00:51:06aussi
00:51:07qui donne le « là »
00:51:08et donc
00:51:09on met en avant
00:51:10l'importance
00:51:11des compétences
00:51:12on s'éloigne
00:51:14de ce à quoi
00:51:16pour répéter
00:51:16d'en prétendre
00:51:17un simple amateur
00:51:18on est quand même
00:51:19dans une culture
00:51:20qui reste
00:51:21une culture
00:51:21de la distinction
00:51:22on est d'accord
00:51:23et en tout cas
00:51:24on a des ouvrages
00:51:25donc
00:51:26en direction
00:51:27l'hélite urbaine
00:51:28bourgeoise
00:51:29les deux premiers
00:51:30et en direction
00:51:31de l'aristocratie
00:51:32qui de toute façon
00:51:32présentent la cuisine
00:51:34comme un art
00:51:34et tout cela
00:51:36ouvre la voie
00:51:37à la naissance
00:51:37du chef
00:51:38au sens
00:51:39le plus fort
00:51:41songeant
00:51:41à Vattel
00:51:42par exemple
00:51:43grand chef
00:51:45bien connu
00:51:45de la cour
00:51:46de Louis XIV
00:51:47chef
00:51:48chez Fouquet
00:51:49d'abord
00:51:50à Volpicon
00:51:51puis à Chantilly
00:51:52chez le Grand Condé
00:51:54donc
00:51:55des détails
00:51:58intéressants
00:51:58à noter
00:51:59tout cela
00:51:59et on voit bien
00:52:00que
00:52:03le souci
00:52:04de proposer
00:52:04beaucoup de détails
00:52:05d'ailleurs
00:52:06à caractère technique
00:52:07contribue
00:52:08à insister
00:52:09sur ce qui
00:52:10distingue
00:52:10quand même
00:52:11du commun
00:52:11de la cuisine
00:52:12du peuple
00:52:13indiscutablement
00:52:14donc
00:52:16et
00:52:16j'ai noté
00:52:17par exemple
00:52:18dans un de ses ouvrages
00:52:19qui à propos
00:52:20d'un mai
00:52:20comme La Tourte
00:52:22il précise
00:52:23évidemment
00:52:24que peu de maisons
00:52:25ont des fours
00:52:25adaptés
00:52:26à la cuisson
00:52:26de ce mai
00:52:27donc
00:52:29c'est pourquoi
00:52:30l'ouvrage
00:52:31conseille
00:52:31telle ou telle
00:52:33chose
00:52:34plutôt que d'autres
00:52:36selon les moyens
00:52:38dont on dispose
00:52:38évidemment
00:52:40pour les huiles
00:52:41seuls
00:52:42certains
00:52:43bons épiciers
00:52:44des Halles
00:52:45en particulier
00:52:46des Halles
00:52:46de Paris
00:52:47donc
00:52:47sont recommandés
00:52:49de même
00:52:50pour la charcuterie
00:52:52on a aussi
00:52:54des moments
00:52:56un peu
00:52:56élégiaques
00:52:57c'est amusant
00:52:58par exemple
00:52:58on parle des pique-niques
00:52:59et pour ce qui est
00:53:00des pique-niques
00:53:01et on sait
00:53:01que l'aristocratie
00:53:02en particulier
00:53:03au 18ème siècle
00:53:04qu'on songe même
00:53:05à notre mari
00:53:06Antoinette
00:53:07et son
00:53:08quitte à mot
00:53:09le pique-nique
00:53:11va devenir une mode
00:53:12dans une certaine
00:53:14bourgeoisie
00:53:15aristocratie
00:53:15on nous dit
00:53:16il est quand même
00:53:17indispensable
00:53:17de disposer
00:53:18des jets d'eau
00:53:19des fontaines
00:53:20ce qui de toute évidence
00:53:21n'est pas à la portée
00:53:22de tout le monde
00:53:23bien sûr
00:53:23et si vous voulez
00:53:24faire un bon pique-nique
00:53:25il faudrait dans un lieu
00:53:27donc disposant
00:53:28de tels jets d'eau
00:53:29ce qui est évidemment
00:53:30réservé
00:53:31à une toute petite
00:53:32catégorie de gens
00:53:33donc
00:53:35alors
00:53:36autre marque
00:53:37peut-être aussi
00:53:37de cet esprit
00:53:38quand même
00:53:39professionnel
00:53:40qui chemine
00:53:41c'est un souci
00:53:42de dénoncer
00:53:43celles ou ceux
00:53:44qui prétendent
00:53:45faire aussi bien
00:53:45que celles ou ceux
00:53:46dont la réputation
00:53:47est tout à fait
00:53:48dénoncée
00:53:48et
00:53:50on a par exemple
00:53:52des confituriers
00:53:53comme les confituriers
00:53:55de Rouen
00:53:56qui sont très fiers
00:53:57de ce qu'ils font
00:53:57et ils disent
00:53:59il est absolument
00:54:00anormal
00:54:01de comparer
00:54:02ce que l'on fait
00:54:03avec ce que
00:54:04les commerces
00:54:05de Paris
00:54:06traitant
00:54:06fabriqués
00:54:07donc
00:54:08il y a aussi
00:54:10un souci
00:54:10c'est très très
00:54:11amusant à noter
00:54:12de s'en prendre
00:54:14dans ces ouvrages
00:54:15aux religieuses
00:54:16aux religieuses
00:54:17qui trahissent
00:54:18la dignité
00:54:20de leur profession
00:54:20en produisant
00:54:22des confitures
00:54:22douteuses
00:54:23paraît-il
00:54:24nous on est maîtres
00:54:25confituriers
00:54:25on connait notre boulot
00:54:26vous
00:54:27occupez-vous
00:54:28du linge
00:54:31des prêtres
00:54:32vous fabriquez
00:54:33des hosties
00:54:34mais la confiture
00:54:35c'est pas votre affaire
00:54:36il y a des coups de pâte
00:54:37comme ça
00:54:37j'ai un petit
00:54:38un peu anti-clerico
00:54:39pour régir dans ces textes
00:54:41elles n'ont pas
00:54:42d'utile à se livrer
00:54:43à ce type de trafic
00:54:44donc
00:54:45donc souci
00:54:46de dénoncer
00:54:47une concurrence
00:54:48déloyale
00:54:48il n'est pas
00:54:50jusqu'à
00:54:51je lis le texte
00:54:52il n'est pas
00:54:52jusqu'à nos bonnes
00:54:54religieuses
00:54:54qui s'en mêlent
00:54:56aussi
00:54:56de confiture
00:54:57et qui en font
00:54:58un trafic
00:54:59honteux
00:55:00de
00:55:02donc dénonciation
00:55:03de toutes ces bassesses
00:55:04comme si cet emploi
00:55:06avait quelques rapports
00:55:07avec leur vocation
00:55:09et qu'il fallu faire
00:55:11un mélange
00:55:12de sainteté
00:55:13avec ce type
00:55:13de commerce
00:55:14paf
00:55:15donc
00:55:16des propos
00:55:17un peu vifs
00:55:18à l'endroit
00:55:18des congrégations
00:55:19qui vendent
00:55:20leurs produits
00:55:22aux pèlerins
00:55:23ou aux retraitants
00:55:25donc
00:55:26moi j'ai plaisir
00:55:28à penser à tout cela
00:55:29parce que
00:55:29songez
00:55:30qu'un
00:55:32Pascal
00:55:33qui sera
00:55:34un retraitant
00:55:35à Port Royal
00:55:36il vit
00:55:37dans ce monde là
00:55:39où il y a
00:55:40où circule
00:55:41ce type
00:55:42de texte
00:55:44quand on songe
00:55:45à sa façon
00:55:46aussi d'interroger
00:55:47le divertissement
00:55:48que Pascal
00:55:49donc
00:55:50comme vous le savez
00:55:51abondamment
00:55:52donc stigmatisé
00:55:54il a tout ça
00:55:55aussi en tête
00:55:55c'est aussi
00:55:56la culture
00:55:57de l'époque
00:55:57on lit
00:55:58dans les bibliothèques
00:56:00dans les salons
00:56:03ici et là
00:56:03et tu sais
00:56:04si le salon compte
00:56:05au XVIIe siècle
00:56:06pas seulement
00:56:07donc les ouvrages
00:56:09de voitures
00:56:10ou de
00:56:11boileau
00:56:12mais
00:56:12on se penche
00:56:14sur ce type
00:56:15de texte
00:56:15bon
00:56:15il y circule aussi
00:56:17des textes
00:56:19discutables
00:56:19à commencer
00:56:20par
00:56:22certains traités
00:56:27qui dénoncent
00:56:28donc
00:56:29le fameux traité
00:56:30des trois imposteurs
00:56:31par exemple
00:56:32que seraient
00:56:33donc
00:56:35Moïse
00:56:36Jésus-Christ
00:56:37et Mahomet
00:56:38donc
00:56:39on ne sait pas
00:56:39qui l'a écrit
00:56:40on a prétendu
00:56:41que ça fût
00:56:42Spinoza
00:56:42c'est totalement faux
00:56:43c'est un texte
00:56:44bien antérieur
00:56:44on lit tout cela
00:56:46dans les salons
00:56:46alors c'est amusant
00:56:47de penser que
00:56:48dans la culture
00:56:49de ces élites bourgeoises
00:56:52cohabitent
00:56:53à la fois
00:56:53des textes
00:56:55consacrés
00:56:56à ces
00:56:57officiers de bouche
00:56:59un texte
00:57:01d'un
00:57:02grand poète
00:57:02de l'époque
00:57:04ou
00:57:05les
00:57:05provinciales
00:57:07d'un pascal
00:57:07il faut avoir
00:57:09tout ça en tête
00:57:09bon
00:57:10bref
00:57:11on est au coeur
00:57:12de cette deuxième
00:57:13moisie du XVIIe siècle
00:57:14et
00:57:15en tout cas
00:57:16pour terminer
00:57:18je voudrais
00:57:18simplement
00:57:19rappeler
00:57:20que cette
00:57:20rapide reprise
00:57:21de ces différents
00:57:22traités
00:57:22autorise
00:57:23un bref
00:57:24bilan
00:57:24on voit
00:57:25se dessiner
00:57:27une aspiration
00:57:29à une nouvelle
00:57:30cuisine
00:57:31de toute façon
00:57:32fondée
00:57:33sur un meilleur
00:57:35respect de la qualité
00:57:36des aliments
00:57:36ça c'est valable
00:57:37aussi bien dans ces textes
00:57:38la connotation un peu
00:57:39aristocratique
00:57:40les deux derniers
00:57:41que j'évoquais
00:57:41que les premiers
00:57:43chez la Varenne
00:57:44ou Bonnefons
00:57:45donc
00:57:46meilleur respect
00:57:48de la qualité
00:57:49des aliments
00:57:49voir les adresses
00:57:50qu'on recommande
00:57:51forte attention
00:57:52à la satisfaction
00:57:54de tous les sens
00:57:55le gustatif
00:57:56en premier lieu
00:57:57l'olfactif
00:57:58par exemple
00:57:59on invite
00:58:00les officiers
00:58:01de bouche
00:58:02à s'occuper
00:58:03de la disposition
00:58:03des bouquets
00:58:04sur les tables
00:58:05bonne composition
00:58:06à l'installation
00:58:07du linge
00:58:07il a fallu
00:58:09d'ailleurs
00:58:09beaucoup d'efforts
00:58:10de la part
00:58:11de certains souverains
00:58:12pour imposer
00:58:13une étiquette
00:58:14parce qu'il faut aussi
00:58:15savoir que
00:58:16certains grands bourgeois
00:58:18ou certains grands aristocrates
00:58:19se comportaient
00:58:20de manière
00:58:21extrêmement ruste
00:58:22une Catherine de Médicis
00:58:24par exemple
00:58:24a imposé
00:58:25il n'y a pas longtemps
00:58:26la fourchette
00:58:28on mangeait
00:58:30de manière
00:58:31très sommaire
00:58:32très dégoûtante
00:58:35par un certain côté
00:58:36on se mouchait
00:58:37dans la nappe
00:58:38les aristocrates
00:58:39se mouchaient
00:58:40dans la nappe
00:58:40et à partir
00:58:42de ces différents traités
00:58:43qui sont
00:58:44d'une aspiration
00:58:45vers le bon goût
00:58:46vers la politesse
00:58:47on devrait d'ailleurs
00:58:49en notre temps
00:58:50s'interroger
00:58:51sur la nécessité
00:58:52de réhabiliter
00:58:52tout cela
00:58:53enfin bref
00:58:53donc
00:58:55on a
00:58:56une propension
00:58:58à élever
00:58:59à élever
00:59:00l'âme
00:59:00et le corps
00:59:01et
00:59:02Henri Kahn
00:59:03par exemple
00:59:04a été le premier
00:59:05à disposer
00:59:06d'un mouchoir
00:59:06il a mis
00:59:07à la mort
00:59:08le mouchoir
00:59:08parce que
00:59:10on en a assez
00:59:11de voir
00:59:11des aristocrates
00:59:12se moucher
00:59:13dans la nappe
00:59:13donc
00:59:14tout ce travail
00:59:15qui paraît
00:59:16un peu
00:59:18extravagant
00:59:18presque excessif
00:59:19ce détail
00:59:20par exemple
00:59:22dans les traités
00:59:23de l'officier de bouche
00:59:24peut paraître excessif
00:59:25mais
00:59:26c'est une manière
00:59:27de resserrer
00:59:27un peu
00:59:28les affaires
00:59:29enfin
00:59:29d'aller vers une forme
00:59:30de distinction
00:59:31qui est ô combien
00:59:31appréciable
00:59:32donc alors
00:59:33ça satisfait
00:59:34le gustatif
00:59:35l'omitif
00:59:37aussi
00:59:37on commence
00:59:38à réfléchir
00:59:39aux accompagnements
00:59:40musicaux
00:59:41ce fut le cas
00:59:42dans la fameuse nuit
00:59:43qui a tellement ébranlé
00:59:44notre Louis XIV
00:59:45qui s'est arrêté
00:59:46au château
00:59:47de Nicolas Fouquet
00:59:48ce que tout le monde sait
00:59:49le visuel compte beaucoup
00:59:51le décoratif
00:59:52beauté de la vaisselle
00:59:53des bassins
00:59:54des surtout tables
00:59:57soucis du tactile
00:59:58on parle beaucoup
00:59:59de la douceur des linges
01:00:00on est très très sensible
01:00:01donc au toucher des nains
01:00:03tout cela aussi
01:00:04alimente toute une industrie
01:00:06et la vogue
01:00:09d'une lingerie de qualité
01:00:11linge des Vosges
01:00:12etc.
01:00:13est liée
01:00:14à ce travail
01:00:15de ces
01:00:18auteurs
01:00:18de cette idéologie
01:00:20dirais-je
01:00:21qui s'impose
01:00:22et tout ceci
01:00:23annonce
01:00:24ce qu'on pourra repérer
01:00:25par exemple
01:00:26dans un immense ouvrage
01:00:27qui n'est pas très lu
01:00:28mais qui est laissé
01:00:29sur le goût
01:00:30de Montesquieu
01:00:31on connaît Montesquieu
01:00:32pour ses ouvrages politiques
01:00:33mais il a écrit
01:00:33un très beau texte
01:00:35laissé sur le goût
01:00:36qui reprend tout cela
01:00:37donc ces traités
01:00:39concernent
01:00:40bien évidemment
01:00:41ceux qui ont des moyens financiers
01:00:42de s'offrir
01:00:43pareil que là
01:00:45c'est évident
01:00:46que ça concerne
01:00:46d'abord une certaine noblesse
01:00:48et une certaine riche bourgeoisie
01:00:50mais tout cela
01:00:50va peu à peu
01:00:51s'étendre
01:00:51à toute la société française
01:00:53et va marquer
01:00:55un mode de vie
01:00:56qu'on retrouvera
01:00:57plus tard
01:00:58au 19ème siècle
01:00:59dans les familles bourgeoises
01:01:01et donc
01:01:02même dans notre art
01:01:03de vivre
01:01:03après tout
01:01:04on ne mange pas
01:01:05n'importe comment
01:01:05on prend soin
01:01:07de respecter
01:01:08le nage
01:01:08que la maîtresse
01:01:09de maison nous propose
01:01:10on ne fait pas
01:01:11n'importe quoi à table
01:01:12et tout cela
01:01:13est né
01:01:13au cœur
01:01:14du 17ème siècle
01:01:14et ces traités
01:01:16qui sont des traités
01:01:17de savoir-livre
01:01:18autant que des traités
01:01:19de cuisine
01:01:19finalement
01:01:20ont beaucoup compté
01:01:21donc
01:01:22on terminera
01:01:23à noter
01:01:24aussi un point important
01:01:25c'est encore une fois
01:01:26l'importance
01:01:27quand même
01:01:27des saisons
01:01:28et ça c'est très bien
01:01:29parce qu'on a des traités
01:01:30qui insistent
01:01:31en nécessité
01:01:31de déguster
01:01:33des produits
01:01:34qui correspondent
01:01:35à une saison
01:01:35et d'arrêter
01:01:36de faire venir
01:01:37des maîtres
01:01:38de je ne sais quelle région
01:01:40qui sont extrêmement onéreuses
01:01:41ça n'a pas grand sens
01:01:43donc
01:01:43acheter des produits
01:01:45de saison
01:01:45et on va en profiter
01:01:47pour dénoncer
01:01:48l'extravagance
01:01:49des nantis
01:01:51et notamment
01:01:53le surintendant
01:01:55Fouquet
01:01:55sera montré du doigt
01:01:56par une certaine littérature
01:01:57parce que
01:01:58lui continue
01:01:59à présenter
01:02:00sur sa table
01:02:00des mets
01:02:01qui n'ont pas lieu d'être
01:02:03au coeur de l'hiver
01:02:04ou au coeur de l'été
01:02:05donc
01:02:07voilà
01:02:07et
01:02:09il faut se rapprocher
01:02:11de ce que pratiquent
01:02:12finalement
01:02:13les ménages bourgeois
01:02:14et
01:02:16j'ai noté
01:02:17que le dernier ouvrage
01:02:18que j'évoquais
01:02:19de ce LSR
01:02:21dit clairement
01:02:22que le macro
01:02:23par exemple
01:02:23doit se consommer
01:02:24en mai
01:02:25et non en avril
01:02:27bon
01:02:27qu'on doit consommer
01:02:29des potages
01:02:29où l'on emploie
01:02:30des légumes
01:02:31dont on n'a pas forcé
01:02:32la croissance
01:02:33par mille tortures
01:02:34dit le texte
01:02:35donc il y a bien aussi
01:02:36à noter
01:02:36comme un sens
01:02:37de la nature
01:02:38qui sera bientôt
01:02:39cher à l'esprit
01:02:41des lumières
01:02:41qui sera chez un Rousseau
01:02:43par exemple
01:02:43qui aussi
01:02:45intervient
01:02:46dans ce genre
01:02:47de texte
01:02:47quoi qu'il en soit
01:02:48encore
01:02:49du souci
01:02:50de distinction
01:02:50qu'on trouve
01:02:51dans ces ouvrages
01:02:52qui a quand même
01:02:53une certaine connotation
01:02:53aristocrate
01:02:54voilà donc
01:02:55ce que je voulais
01:02:57vous proposer
01:02:58j'aurais d'autres choses
01:02:59à ajouter
01:03:00mais il faut savoir
01:03:01s'arrêter
01:03:02pour ne pas lasser
01:03:03son public
01:03:04et merci
01:03:05de votre attention
01:03:05merci

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