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  • il y a 7 heures
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 22 octobre 2026.

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00:0312h30, 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole.
00:06Avec Amandine Bégaud.
00:08Et à la une aujourd'hui, cette pression qui monte à 48h d'une nouvelle journée de manifestation.
00:14Emmanuel Macron a convoqué ce matin un conseil de sécurité intérieure.
00:18Autour de lui, les services de renseignement, mais aussi les ministres concernés.
00:23Et à la sortie, le président de la République a été très clair.
00:26Seules les manifestations demandées par les syndicats, organisées à la demande des syndicats, seront autorisées.
00:33Partout où il y a une volonté de manifester, de se regrouper,
00:37des demandes qui sont faites par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela,
00:40elles seront interdites par les préfets.
00:41Les règles sont simples.
00:42La recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir.
00:45Les gens qui veulent continuer à manifester,
00:47quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs.
00:51Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira.
00:55La recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir.
01:00Est-ce que vous trouvez ça normal ?
01:02Est-ce que c'est la solution, interdire les manifestations pour éviter le chaos qu'on a connu le week
01:07-end dernier ?
01:08On en parle, on en débat dans un tout petit instant.
01:10Vous nous appelez au 3210 pour réagir ou vous nous envoyez un message écrit ou vocal sur l'application RTL.
01:18Ce qui est sûr, c'est qu'un certain nombre de préfets ont déjà pris des mesures,
01:22des arrêtés d'interdiction à manifester pour samedi.
01:25C'est le cas notamment à Lyon, mais aussi à Grenoble où on était tout à l'heure,
01:29ou encore Toulon, Rouen, Le Havre.
01:33Des manifestations donc.
01:35Et une nouvelle interpellation, presque une semaine après l'incendie de la mairie de Limoges.
01:40On a appris ce matin qu'un deuxième suspect avait été arrêté dans la Creuse.
01:44Cette fois, il s'agit d'un homme de 66 ans.
01:47Prudence pour les heures qui viennent.
01:49Si vous êtes dans l'ouest de la France ou en Normandie,
01:53avec ces vents et cette tempête austine qui arrive,
01:56des vents qui pourraient souffler jusqu'à 130-140 km heure sur les côtes.
02:01C'est ce que nous disait tout à l'heure Anthony Kazmarek.
02:03Une dizaine de départements seront en alerte orange à partir de ce soir.
02:08Il est 13h03.
02:11Amandine Bégaud.
02:12RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
02:14À la fois, je peux comprendre certains maires qui interdisent les manifestations dans les villes
02:21à partir du moment où ils ne sont pas sûrs que le maintien de l'ordre soit maîtrisé.
02:25Et je peux comprendre aussi donc les commerçants qui en ont ras-le-bol de tout ça.
02:29Mais d'un autre côté, manifester, c'est aussi le seul moyen de montrer sa désapprobation
02:34puisque finalement, on n'a pas d'autre moyen.
02:37Le gouvernement ne nous écoute pas.
02:40Le message de Valérie qui répondait à cette question.
02:43Faut-il ou pas interdire les manifestations samedi ?
02:46Vous venez d'entendre Emmanuel Macron qui a été assez clair.
02:48Un oui aux manifestations organisées par les syndicats.
02:51Pour les autres, ce sera non interdit, dit le président.
02:55Ça vous fait réagir et on commence avec vous Nicolas.
02:58Bonjour Nicolas.
02:59Bonjour Abdel.
03:00Et bienvenue sur RTL.
03:01Je crois que c'est la première fois que vous intervenez dans les auditeurs.
03:05Vous appelez de Lyon ?
03:07Exactement.
03:07Vous faites quoi dans la vie ?
03:09Je suis un petit chef d'entreprise.
03:11Dans quel secteur ?
03:12Plus dans les services, dans le recrutement.
03:15Mais je m'occupe aussi d'une école.
03:16Je suis très fort.
03:17Il y a des étudiants aussi.
03:18Donc j'ai plusieurs cœurs dans mon arc.
03:20Plusieurs casquettes.
03:22Lyon où pour le coup, la préfecture a d'ores et déjà décidé d'annoncer,
03:26d'interdire toute manifestation samedi, quelle qu'elle soit.
03:29Est-ce que ça vous choque nouveau Nicolas ?
03:32Ce n'est pas l'interdiction qui me choque.
03:34Ce qui me choque, c'est que les plaies sont encore ouvertes par rapport à la semaine dernière.
03:38Et quand je parle de plaies ouvertes, je parle de commerçants, grands ou petits,
03:43à la limite qu'importe, puisqu'en fait ce sont plutôt les gens qui sont dans les commerces
03:47qui ont vécu des traumatismes, je pense, assez importants.
03:51En tout cas, moi, de ce que j'en ai comme retour.
03:53Mais au-delà de ça, je pense que quelque part, c'est une bonne annonce pour eux
03:58parce que clairement, je pense qu'au-delà des commerçants, même des habitants,
04:02parce que moi, j'habite vraiment en plein cœur de ce qu'on appelle la presqu'île,
04:06donc j'ai des commerçants tout autour, je suis juste au-dessus du Décathlon, pour vous dire.
04:09Oui, donc vous êtes au milieu du chaos de la semaine dernière.
04:12Exactement.
04:13Donc moi, la semaine dernière, depuis ma fenêtre, je voyais des gens sortir du Décathlon
04:17ou de Salomon, etc., qui sont des sociétés aussi à côté,
04:21avec des bras chargés de chaussures, de choses comme ça,
04:24et les policiers faire ce qu'ils pouvaient, puisque c'était le mot.
04:28Donc voilà, mais au-delà de ça, je pense que les commerçants sont traumatisés,
04:34mais il y a aussi les habitants, puisque moi, on s'est barracadés avec mes enfants.
04:38Vous avez eu peur, oui ?
04:40Oui, clairement, je n'ai aucun problème à le dire, on a vraiment eu peur,
04:44et il était hors de question, effectivement, de laisser sortir les enfants.
04:47Moi, j'ai une fille qui est lycéenne et une autre qui est collégienne.
04:50Il était hors de question de les laisser sortir sur la presqu'île, ou même dans Lyon.
04:53Et puis, ça a créé une forme de psychose aussi, tout au long de la semaine,
04:57donc dans les sorties.
04:58Alors, couvre-feu, pas couvre-feu, c'est encore un autre débat.
05:02Mais effectivement, je pense que la plupart des parents de Lyon, peut-être,
05:06ont peur pour leurs enfants aujourd'hui.
05:08Et vis-à-vis de l'interdiction de manifester,
05:11moi, je suis toujours un petit peu entre deux eaux, on va dire.
05:14J'ai un passé, moi, de manifestant,
05:16puisque j'ai été à la direction ou à la manœuvre des manifestations
05:21contre les lois d'ostan en 92, donc je n'en ai pas, mais voilà.
05:25Donc, je sais ce que c'est que le droit de manifester, et je l'approuve,
05:28et même je le défends.
05:29Et en même temps, manifester, ce n'est pas ce qui s'est passé pour moi la semaine dernière.
05:34Donc, la liberté des uns, finalement, s'arrête quand celle des autres est menacée.
05:39C'est ce que vous dites.
05:39Moi, j'ai un passé de juriste, et donc, effectivement,
05:44je pense qu'il n'y a pas de droit inaliennable et fondamentable
05:49qui ne respecte pas un autre droit et une forme de vie en société.
05:54Et il faut prendre ça en compte.
05:56Je pense que le droit de manifester, il est légitime, il est...
06:00Moi, je suis tout cœur avec les lycéens.
06:02J'y ai été déjà quand même, je le suis encore aujourd'hui,
06:05parce que je suis en prise directe.
06:07Mais au-delà de ça, il faut le mettre dans un contexte.
06:11Et le contexte actuel n'est pas propice à.
06:13Voilà, c'est tout.
06:15Et en plus, les bandes organisées, puisqu'il faut les appeler comme ça,
06:19n'ont aucune incidence sur les manifestations.
06:22Ils n'étaient pas, moi, de ma fenêtre, entre guillemets,
06:25puisque je me suis promené aussi dans Lyon ce jour-là,
06:27jusqu'à 13h30 à peu près, jusqu'au commencement des échauffourées.
06:32Et je peux vous dire que je n'ai pas vu de manifestations au sens premier du terme,
06:36mais beaucoup d'agitation, en fait.
06:38Nicolas, vous diriez que ça vous rassure ou pas,
06:40de savoir que ces interdictions sont prises ou vont l'être, selon les villes ?
06:44J'allais dire que c'est 50-50.
06:45Oui, ça rassure fondamentalement.
06:47Sur le moment, ça apaise.
06:50Et de la seconde d'après, ça vous inquiète.
06:52Parce qu'effectivement, on sait très bien que,
06:54compte tenu de ce qu'on a vu, de la violence qui s'est déroulée la semaine dernière,
06:59on sent bien qu'il va y avoir rébellion.
07:02Il va y avoir des manifestations non déclarées, non respectées,
07:06des groupes qui vont se mobiliser, certainement.
07:09Alors, restez avec nous, Nicolas,
07:10parce que l'inquiétude, elle est partagée notamment par Philippe.
07:13Bonjour, Philippe de Nantes.
07:15Bonjour, Amandine Bégo.
07:16Vous êtes, vous, très pessimiste à l'idée de ces interdictions ?
07:22Ce que je me dis, c'est que ça peut ralentir, voire freiner les moins excités.
07:29Donc, se dire, attention.
07:31Et par contre, ça peut amplifier le mouvement des radicaux
07:35qui vont se dire, de toute façon, ils n'ont ni foi ni loi.
07:37Donc, quand vous entendez des gens qui vous disent
07:40on casse, on tape, parce que quand on voit la police, ça nous excite.
07:44Qu'est-ce que vous voulez faire ?
07:44Il n'y a plus rien à faire pour ces gens-là.
07:46C'est fini.
07:46Vous dites les casseurs, ils seront là, quoi qu'il arrive ?
07:49Tout à fait.
07:50Elle est vraie.
07:50Enfin, elle est vraie.
07:51Alors, il y en aura peut-être moins.
07:52Je l'espère vraiment.
07:54Mais nous, à Nantes, on a connu ça.
07:56Bon, à Nantes, ce week-end, il y a eu également, bien évidemment, des pillages, etc.
08:00Mais nous, on a connu ça pendant des week-ends et des week-ends
08:02avec la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
08:04Et j'entendais dans votre journal de 12h30,
08:07M. Édouard Philippe,
08:08qui ose dire, il faut ne pas donner raison aux violons, aux casseurs, etc.
08:14Mais qu'est-ce qu'il a fait en 2018 quand il a dit, non, non, on ne transfère pas
08:17l'aéroport ?
08:19Il a dit, les conditions ne sont pas réunies.
08:21Quelles conditions ?
08:23Enfin, moi, quand j'entends ça, je me dis, monsieur, il a mis...
08:26Enfin, qu'on ose dire ça.
08:28Donc, moi, je...
08:29Non, oui, je suis franchement assez pessimiste.
08:33Philippe et Nicolas, on va retrouver Thierry Clair.
08:37Bonjour.
08:38Oui, bonjour.
08:39Vous êtes secrétaire générale de l'UNSA Police, le syndicat.
08:44Comment vous, en tant que syndicat de policiers,
08:46vous accueillez, justement, ces déclarations d'Emmanuel Macron,
08:49qui a été très claire, qui dit
08:51« Les manifestations, sauf celles organisées par les syndicats, seront interdites ».
08:56Est-ce que, comme Philippe, par exemple, ou Nicolas, d'ailleurs,
09:01vous vous dites que ça risque d'en exciter certains ?
09:03Ou ça vous rassure ?
09:04En exciter certains, des excités qui veulent venir,
09:07ils viendront toujours, de toute façon, il ne faut pas se leurrer.
09:09Je pense que la réalité, c'est que les manifestations,
09:13quand elles sont organisées par des organisations syndicales
09:15ou des organisations associatives reconnues,
09:18je veux dire, elles font un dépôt en préfecture,
09:21et ensuite, elles prévoient un service d'ordre.
09:23Et ça se passe bien, en principe, comme on l'a vu la semaine dernière ?
09:25En principe, ça se passe bien.
09:26Alors, vous avez toujours, et très souvent, on l'a vu dans beaucoup de manifestations,
09:30même si on a un service d'ordre,
09:31souvent, d'ailleurs, qui est amené à intervenir.
09:33Moi, je suis secrétaire générale de l'UNSA Police,
09:35policier, membre d'un syndicat et représentant d'un syndicat.
09:39À chaque manifestation, d'ailleurs, on participe également,
09:41enfin, certains de nos collègues, au service d'ordre de l'UNSA.
09:44Donc, voilà, chaque syndicat le fait.
09:46Ça étant, il y a toujours des groupes qui tentent, à un moment donné,
09:50de rentrer dans le dispositif pour faire monter la tension,
09:56commettre des exactions, etc.
09:58Donc, le service d'ordre, il a son sens.
09:59Et ensuite, on travaille toujours dans le cas des manifestations déclarées
10:03avec des officiers de liaison, en fait, police nationale,
10:07qui sont en contact avec des représentants désignés
10:09par des organisations syndicales qui ont fait le dépôt,
10:11de façon à, quelquefois, arrêter le cortège,
10:14parce qu'on sait qu'il y a des groupes de...
10:15Mais ça veut dire que pour vous, policiers, là, c'est une bonne nouvelle.
10:17Plus il y a d'interdictions, mieux ce sera.
10:20C'est-à-dire, en fait, enfin, bonne nouvelle, oui et non,
10:22parce qu'en fait, on sait très bien que ceux qui veulent en découdre,
10:24ceux qui viennent, notamment les mouvements d'ultra-gauche et autres,
10:28qui veulent impérativement semer le désordre,
10:30qui veulent en découdre, quoi qu'il en soit,
10:32qu'il y ait manifestation ou pas,
10:33ils viendront regarder la semaine dernière ce qui s'est passé.
10:35Il y a une manifestation qui est partie sans problème.
10:37Et puis, d'un autre côté, on a ces groupes qui se sont réunis
10:39en marge de cette manifestation, justement, pour casser.
10:44Donc, ça n'empêchera pas le chaos, en fait ?
10:46Bah, c'est pas que ça n'empêchera pas.
10:48Ça évitera de la concentration, en tout cas, de personnes,
10:50parce que malgré tout, quand il y a des appels qui sont,
10:53enfin, de manifestations qui ne sont pas organisées,
10:55qui n'ont pas de services d'ordre,
10:56mais avec un appel officiel et autorisé,
10:58il y a quand même plus de personnes qui viennent.
11:01Là, ça va quand même limiter, on va dire, le nombre.
11:03Et c'est vrai que s'il y a 100, 150 ou 200 casseurs d'ultra
11:07qui viennent sur site, avec moins de personnes qui sont dans la rue
11:11ou sur les places, forcément, l'impact n'est pas le même
11:13et les dispersions sont beaucoup plus faciles à faire.
11:15Et ça sera, pour vous, plus simple, effectivement,
11:17de faire votre travail.
11:19Encore un dernier mot, Thierry Clair.
11:21Donc, Lyon, par exemple, on a dit, aucune manifestation.
11:24Ça veut dire quoi ?
11:25S'il y a 10, 20, 30 personnes comme ça
11:27qui se mettent, pardon, à défiler,
11:30vous, policier, vous faites quoi dans ces moments-là ?
11:32Eh bien, on procède.
11:34Il y a une stratégie qui est mise en place
11:35et puis on procède aux interpellations.
11:37Ça veut dire que toute personne sera systématiquement interpellée
11:40si elle manifeste, a priori ?
11:41Dès lors qu'effectivement, si l'ordre de dispersion,
11:45les gens ne répondent pas à un ordre de dispersion qui est donné,
11:48ensuite, je veux dire, c'est l'action
11:50et ensuite, c'est l'interpellation.
11:51Si vous deviez donner un mot, Thierry Clair,
11:53pour nous donner une idée de l'état d'esprit des troupes,
11:58j'allais dire, en tout cas, des policiers,
12:01à 48 heures de ces mobilisations, ce serait quel mot ?
12:04Je dirais que nos collègues ont vraiment subi,
12:06ils ont vraiment subi la semaine dernière.
12:08C'était vraiment très compliqué, c'était très difficile.
12:11Ils ont tenu le choc, ils ont tenu le coup,
12:13ils seront présents samedi.
12:14Ça étant, je veux dire, la résilience,
12:17elle a aussi ses limites.
12:18Ils sont inquiets ? Ils ont peur ?
12:20Non, ce n'est pas de la peur, ce n'est pas de l'inquiétude,
12:23c'est simplement, quelques fois aussi, de la colère,
12:25de dire, mais finalement, au bout d'un moment,
12:27comment se fait-il ?
12:28Enfin, comment se fait-il ?
12:29On le sait un peu.
12:30Je veux dire, le statut du policier a régressé au fil des années.
12:33On ne respecte rien, on ne respecte pas les institutions,
12:36on ne respecte pas la mairie.
12:37La mairie, l'hôtel de ville, c'est quand même la maison du peuple.
12:40On ne respecte pas le policier,
12:41on ne respecte pas l'instituteur ou le professeur,
12:43on ne respecte pas le magistrat, même aujourd'hui.
12:45Donc c'est vrai que, voilà, c'est cette inquiétude, en fait,
12:48qui nourrit que nos collègues, qui vivent la police au quotidien,
12:53parce que la police, ce n'est pas seulement le rétablissement de l'ordre.
12:55Bien sûr, c'est aussi ceux qui nous sont là.
12:57C'est la police du quotidien, et on voit effectivement la société,
13:00l'état de la société d'une façon générale.
13:02Et quand on intervient, nous, policiers, c'est sur des situations forcément difficiles,
13:06on n'intervient pas quand les choses vont bien.
13:08Et donc, forcément, on a affaire à gérer toute cette misère humaine, sociale, etc.
13:14constamment, et véritablement, ce qui se passe aujourd'hui, c'est inquiétant,
13:19parce que prendre pour cible des policiers qui représentent l'État,
13:22qui représentent les institutions, avec l'intensité qu'on a connue,
13:26parce qu'il y a vraiment une intensité, en plus, ça s'est inscrit dans la durée,
13:29et les policiers étaient vraiment les cibles du moment.
13:32Ça, c'est inacceptable, c'est inadmissible.
13:34Ça veut dire qu'il faut véritablement, quand les gens sont interpellés,
13:37vraiment qu'il y ait des sanctions sonantes et trébuchantes.
13:39Merci beaucoup, Thierry Clerc, d'avoir été avec nous, secrétaire général de l'UNSA Police.
13:42Et bien sûr, on a une pensée pour toutes ces forces de l'ordre qui étaient sur le terrain samedi.
13:47Ça a été ô combien difficile, et qui seront sans doute encore, bien sûr, sur le terrain samedi prochain.
13:54Est-ce que ces interdictions vous rassurent ?
13:56Est-ce qu'au contraire, ça vous inquiète ?
13:58Philippe, Nicolas, vous restez avec nous, et on va poursuivre nos échanges dans un tout petit instant.
14:02Si vous souhaitez réagir, rappelez-nous. A tout de suite.
14:18Je trouve inadmissible que les manifestations soient interdites.
14:23Manifester est un droit constitutionnel.
14:26Et c'est là que l'on voit les limites, maintenant largement dépassées,
14:32de ce gouvernement qui s'est laissé, mais complètement, envahir, parce qu'il ne faisait rien.
14:37Ils n'écoutent personne, ils n'entendent pas tout ce que le peuple leur dit.
14:42Le message d'Isabelle, qui ne comprend pas ces interdictions de manifester.
14:47C'est votre cas aussi, Philippe, à Lille. Bonjour Philippe.
14:52Oui, bonjour.
14:53Vous avez le haut-parleur, Philippe, non ?
14:55Non, non, du tout.
14:57Ah, j'entends, je ne sais pas, des bruits au loin, non ?
15:00Non, bah...
15:01D'accord, ok, très bien.
15:04Vous êtes allé manifester samedi dernier ?
15:07Oui.
15:08À Lille ?
15:09Oui.
15:10Oui, vous avez manifesté, vous n'avez pas cassé ni pieds.
15:13Non, non, j'ai manifesté.
15:15Et samedi, vous irez à nouveau ?
15:17Oui.
15:19Oui.
15:20Qu'est-ce que... Vous avez entendu les mots d'Emmanuel Macron,
15:23qui dit que toutes les manifestations qui ne seront pas organisées par les syndicats seront interdites ?
15:27Vous trouvez ça ?
15:28Il faut être que le Conseil constitutionnel prenne les choses en main,
15:32parce que c'est anti-constitutionnel.
15:34Donc, voilà, manifester et faire droit.
15:38Donc, au bout d'un moment, il faut se poser quand même les mêmes questions.
15:41En gros, apporter aucune réponse aux revendications,
15:47faire appel à la violence pour faire peur aux gens pour qu'ils ne sortent plus,
15:52ce n'est pas une solution.
15:53Alors, les manifestations, vous dites anti-constitutionnelles de les interdire.
15:57Si la sécurité n'est pas garantie, c'est aussi le rôle de l'État que de garantir la sécurité.
16:03D'accord. Et vous pouvez m'expliquer pourquoi un groupe de néo-nazis se promène à Lyon
16:07pendant le couvre-feu, normalement, sans qu'il y ait l'intervention ?
16:14Non, je ne peux pas vous expliquer.
16:17Écoutez, posez-vous la question.
16:18Non, il y a un groupe de néo-nazis qui s'est promené dans Lyon en scandant des champs.
16:24Voilà, quoi.
16:25Et il n'y a personne qui ne leur a rien dit.
16:28Donc, c'est quoi ? C'est du poids de mesure.
16:30La manifestation à laquelle vous allez participer, Philippe,
16:32c'est une manifestation organisée par des syndicats ou c'est à l'appel de qui ?
16:37Alors là, c'est à l'appel des syndicats, mais que ce soit à l'appel des syndicats,
16:40que ce soit à l'appel des gilets jaunes, que ce soit à l'appel de toute autre association citoyen,
16:46pourquoi ça serait interdit ?
16:48Au bout d'un moment, M. Macron, au lieu de tout interdire et de faire régner la peur,
16:54eh bien, qu'il apporte une réponse politique.
16:56Mais au moins, Philippe, j'entends ce que vous dites.
17:00J'entends ce que vous dites.
17:01Pendant son allocution, M. Macron n'a strictement rien dit.
17:05Il n'a apporté aucune réponse.
17:07Il n'a rien apporté pour apaiser la situation.
17:12Ça, c'est vrai et c'est un fait.
17:14Maintenant, J. Philippe, je peux poser une question ?
17:16Oui.
17:16Allez-y.
17:17Quand vous voyez ces commerçants qui sont complètement à bout,
17:21qui ont tout perdu en quelques heures, samedi ou dimanche dernier,
17:24est-ce qu'au moins pour eux, vous pouvez comprendre cette décision ?
17:28Ah, mais alors, moi, j'ai dit que je soutenais les commerçants
17:31parce que déjà, tout le monde pleure parce que les centres-villes se meurent.
17:35Ces gens-là sont aussi soumis à la concurrence du e-commerce.
17:39Ils n'ont rien à voir là-dedans.
17:41Donc, oui, je les soutiens.
17:43Sauf qu'au bout d'un moment, M. Macron, au lieu de M. Nunez,
17:46au lieu de mettre les forces de l'ordre,
17:50au lieu de mettre la police où il n'y en a pas besoin
17:52parce que quand vous arrivez à des manifestations,
17:54vous n'arrivez même pas à aller à l'endroit du rendez-vous
17:58parce que dès le départ, ça commence déjà à gazer
18:00et ça s'est passé à Paris, ça s'est passé à Lille,
18:02ça s'est passé dans plein de villes.
18:03D'accord ?
18:05Au bout d'un moment, il faut se poser aussi une bonne question
18:07sur ce qu'on appelle le maintien de l'ordre.
18:09Parce qu'il n'y a pas du maintien de l'ordre.
18:11D'accord ?
18:11En fait, le gouvernement est en train de créer le chaos lui-même.
18:15Philippe, Mickaël est également avec nous.
18:17Bonjour, Mickaël.
18:19Bonjour, excusez-moi.
18:20Allô, bonjour.
18:21Vous étiez en haut-parleur.
18:23Oui, en haut-parleur.
18:24De Lagnon, c'est ça ?
18:25Oui, c'est ça.
18:26Vous travaillez dans le bâtiment.
18:28Vous, vous êtes plutôt d'accord avec Philippe ?
18:30Il ne faut pas interdire ces manifestations ?
18:31Non, je pense que la manifestation est un droit, en fait.
18:34Et je pense qu'on a le droit de manifester notre mécontentement
18:37par rapport à ce gouvernement.
18:39C'est vrai que je suis d'accord pour dire que ce président-là,
18:41il est totalement hors-sujet.
18:44Il a tendance à utiliser la répression.
18:46On a eu des manifestations par rapport aux Gilets jaunes.
18:49Il y a eu beaucoup de casse.
18:50Il n'a rien apporté depuis.
18:52Je ne sais pas, depuis 10 ans, on a l'impression qu'il est au pouvoir.
18:55Il n'y a rien qui avance.
18:56Et pourtant, les impôts augmentent sans cesse.
18:58On a des moyens qui sont en place.
19:00Bref, je suis très attristé pour ce qui est arrivé concernant les commerçants.
19:03Je comprends que certains ont perdu beaucoup dans tout ce qu'ils avaient pu investir.
19:09Mais par contre, on est en droit de manifester notre mécontentement
19:11par rapport à ce qui nous est apporté à nous, Français.
19:14Nicolas, vous êtes toujours avec nous de Lyon.
19:16Vous entendez ce que disent Mickaël et Philippe ?
19:19Oui, il y a beaucoup d'amalgame.
19:21Il y a beaucoup de choses comme ça.
19:23Mais en ce moment, c'est une révolte gronde.
19:28C'est rien de le dire.
19:29Le problème, c'est qu'on a une dispersion des colères qui est dans tous les coins.
19:35Et du coup, ça semble compliqué à gérer, que ce soit pour l'État ou pour les autres.
19:39Moi, j'allais dire, pour résumer, en fait, trois petits points très simples.
19:42Je pense que, un, effectivement, il n'est pas forcément bon d'interdire définitivement les manifestations.
19:49Non, c'est pour samedi.
19:50Ce n'est pas pour la vie entière.
19:52Oui, bien sûr, bien sûr.
19:52J'espère bien.
19:53Mais ce que je veux dire, c'est que, par contre, il faut absolument les encadrer.
19:59Ce qui s'est passé la semaine dernière à mon humble niveau, moi, je n'ai vu aucun encadrement.
20:05C'est-à-dire, ni un encadrement de la manifestation, ni même un encadrement de la presqu'île commerçante.
20:11Vous voyez, il n'y avait pas de sécurisation auprès des commerçants, etc.
20:14Bref, donc, en fait, ce qu'il faut, à la fois, aujourd'hui, c'est, je pense, sécuriser, rassurer et
20:20permettre de manifester.
20:21Ce n'est pas, le problème, ce n'est pas l'un ou l'autre.
20:24C'est ça qui n'est jamais très bon en démocratie.
20:26On ne peut pas faire tout d'un côté ou tout de l'autre.
20:29C'est ça qui crée les...
20:30Là, il dit, j'autorise celles organisées par les syndicats parce qu'il y a un service d'ordre et
20:34qu'en gros, ça tient la route, mais pas les autres.
20:37Mais je pense qu'il a raison parce que si on regarde bien et qu'on fait un recul de
20:41quelques semaines en arrière,
20:42la manifestation des lycéens encadrée par les syndicats, il n'y a eu aucun problème.
20:47Oui, elle s'est très bien passée.
20:48Et d'ailleurs, toutes les manifestations qui étaient encadrées par les syndicats la semaine dernière se sont très bien passées.
20:52Même à Paris, le cortège qui était parti de République et qui est allé vers la place de Clichy,
20:58il n'y a eu aucun incident, en tout cas au sein du cortège.
21:02Merci beaucoup Nicolas. Isabelle, bonjour.
21:04Merci à vous.
21:05Oui, bonjour.
21:06Vous nous appelez de Calais.
21:08Oui, tout à fait.
21:09Vous, vous êtes pour l'interdiction des manifestations.
21:12Alors non, je suis pour l'interdiction temporaire des manifestations.
21:17Je pense que le droit à manifester est certes remis en cause cette fois-ci,
21:23mais le droit de manifester ne donne pas le droit à la dégradation et aux actes de pillage que l
21:30'on a vus ces derniers temps.
21:31Qui peut tolérer ces actes-là ?
21:34Personne, je pense.
21:35Personne.
21:36Et je pense que l'interdiction, en plus, doit être prise plus par les élus locaux.
21:42Et sincèrement, je trouve que M. Macron n'est pas très légitime quand il s'exprime à ce sujet,
21:48puisqu'il n'a pas su assurer l'ordre public le 17.
21:51J'ai entendu, tout comme vous, les commerçants qui ont été dévalisés, pleurer.
21:58J'ai entendu ce commerçant sur votre antenne hier, qui a quatre magasins de vêtements et qui a dit «
22:05c'est stop, je les ferme ».
22:07C'est quand même dix personnes qui vont se retrouver au chômage aussi.
22:11Voilà. Je pense qu'on a le droit de manifester.
22:16Et la manifestation, en fait, est partie de revendications des lycéens, qui, je pense, sont légitimes.
22:23Mais ce débordement n'est pas acceptable.
22:26C'est pas acceptable.
22:28Michael, vous entendez ce que dit Isabelle ?
22:30Oui, oui, oui. Ah oui, je suis tout à fait d'accord.
22:32C'est pas acceptable.
22:33Mais on a quand même un droit d'exprimer ce que l'on ressent.
22:36Moi, ça me fait... Je comprends vraiment pas du tout.
22:40Alors, c'est sûr que les casseurs, c'est pas cautionné.
22:44Il faut vraiment encadrer ces manifestations-là.
22:46Nous, on n'a pas à les interdire.
22:48J'ai l'impression...
22:48Vous avez manifesté, Michael, la semaine dernière ?
22:50J'ai pas pu, j'étais au travail.
22:52Mais vous savez quoi ?
22:52C'est samedi, j'ai une manifestation qui est entourage,
22:56parce que ça me donne justement...
22:57L'interdiction me donne envie d'aller défendre mes droits encore.
23:00Plus.
23:02Voilà.
23:03Bravais des interdits, je suis désolé.
23:05J'ai l'impression que la semaine dernière,
23:06on n'a vu que ça, que les images des casseurs.
23:08Et c'est vrai qu'on a...
23:09Tout est passé à côté des manifestations.
23:12Oui, et alors on a essayé de dire que les manifestations s'étaient bien passées.
23:14On a... celles qui s'étaient bien passées.
23:15On a essayé aussi d'évoquer les revendications.
23:17Mais sincèrement, ça faisait quand même longtemps
23:20qu'on n'avait pas vu notre pays
23:22et toutes ces communes touchées comme ça.
23:25Enfin, vous les avez vues, Michael, ces images ?
23:27Oui, oui, j'ai bien vu.
23:28J'ai bien vu que ça a été bien fait.
23:29Qu'on ne pouvait pas ne pas en parler, quand même, pardon.
23:32Oui, je suis tout à fait d'accord.
23:34Mais madame, excusez-moi,
23:35il serait peut-être temps qu'ils comprennent
23:37que la colère gronde depuis des années.
23:39Mais l'un n'empêche pas l'autre.
23:41Michael, quand vous entendez tout à l'heure
23:43le représentant de l'UNSA police dire
23:45que ça va peut-être nous aider à faciliter notre travail
23:47contre les casseurs, s'il y a moins de manifestants.
23:53Enfin, j'espère sincèrement pour eux,
23:55mais est-ce que la répression, c'est la réponse à apporter aux Français ?
23:58Aux casseurs, en tout cas.
24:00Aux casseurs, oui.
24:01Mais parmi les casseurs, il y a peut-être d'autres personnes
24:03qui manifestaient, qui ont ramassé aussi, en même temps.
24:06Malheureusement.
24:06Et qui, eux, étaient là à titre pacifique,
24:09juste pour défendre leurs droits.
24:11Michael, Isabelle, vous restez avec nous.
24:12On va se retrouver dans un tout petit instant.
24:14On accueillera Mireille et Vincent,
24:15toujours autour de ces manifestations.
24:18Emmanuel Macron a-t-il raison de les interdire ?
24:21Celles qui ne sont pas organisées par les syndicats.
24:23On en débat dans un instant.
24:24A tout de suite.
24:25C'est le temps entre moi et moi.
24:27Tous les jours.
24:28Je veux, je veux, je veux, je pense.
24:30Et je pense à vous.
24:31Toute la journée.
24:33La vie, le sol, le sang, j'ai le monsieur.
24:35C'est RTL.
24:44Les manifestations, est-ce qu'elles sont utiles aujourd'hui ?
24:47Ça, c'est aussi une bonne question.
24:48Parce que je constate qu'en fin de compte,
24:50ce sont des étudiants qui ont des problèmes,
24:52qui vont rentrer en bataille avec des policiers
24:55qui ont des problèmes aussi.
24:57Et tout ça, tout en étant manipulés par un gouvernement
25:00qui, eux, sont tranquillement au chaud
25:02et ne font que constater sans donner d'action derrière tout ça.
25:07Le message de Marc qui réagissait donc aux propos d'Emmanuel Macron.
25:14Le chef de l'État a été assez clair tout à l'heure
25:16à l'issue de ce Conseil de sécurité intérieure
25:18qu'il a tenu à l'Élysée.
25:20Seules les manifestations organisées à la demande des syndicats
25:22seront autorisées.
25:24Celles qui ne le sont pas,
25:25eh bien, seront interdites partout où on le peut.
25:28Voilà ce qu'a dit tout à l'heure le président.
25:30Est-ce qu'interdire les manifestations, c'est la solution ?
25:32On continue nos échanges et on en débat.
25:35Vincent, bonjour.
25:38Vincent.
25:39Vincent, Vincent.
25:40Est-ce que Vincent est là ?
25:41Alors, Vincent n'est pas là,
25:42donc on va retrouver Hélène.
25:43Je suis là, je suis là.
25:44Si, pardon, je ne vous entendais pas, Vincent, pardon.
25:45Non, non, pas de souci.
25:46Non, il n'y a pas de problème.
25:47Bonjour.
25:47De quand, c'est ça ?
25:48Oui, bonjour.
25:49Pardon ?
25:49Vous nous appelez de quand ?
25:51Exactement, exactement.
25:52Bon, vous en pensez quoi ?
25:54Alors, moi, j'en pense.
25:55Alors, je ne suis pas un fan absolu de l'interdiction de manifester.
26:02Bon, on va dire que c'est quelque chose qui dit qu'avec le fait, je ne suis pas très
26:07à l'aise.
26:07Mais moi, ce qui m'interpelle au-delà de ça, c'est que ce que disait une de vos auditrices
26:12précédemment m'a interpellé en plus.
26:14C'est vrai que quand on n'est pas capable d'encadrer, on ne voit pas comment on peut être
26:18capable d'interdire.
26:20Surtout quand on a un président de la République qui nous explique depuis neuf ans qu'on va être intraitable.
26:26C'est son mot.
26:28Intraitable.
26:28À chaque fois qu'il y a des débordements et qu'à chaque fois, on ne doit pas avoir la
26:33même définition du mot intraitable, on constate qu'il n'y a pas grand-chose.
26:37Mais surtout que la semaine dernière, il demande aux forces de l'ordre de faire ça dans l'empathie.
26:41Donc en fait, il va falloir qu'il soit intraitable, qu'il interdire, tout en demandant aux policiers de le
26:47faire dans l'empathie.
26:48L'empathie, c'était avec les lycéens, Vincent.
26:50Oui, oui, mais j'entends.
26:51Le terme lui a été beaucoup encroché.
26:55Vous dites, Vincent, mais j'entends ce que vous dites.
26:58Mais on peut dire aussi, est-ce que quand on n'est pas capable d'assurer la sécurité de commerçants,
27:03ce n'est pas légitime d'interdire, justement ?
27:06Ah non, mais je suis d'accord avec vous.
27:08Non, non, mais qu'on se comprenne bien.
27:09Je dis juste une chose.
27:11C'est qu'à partir du moment où vous interdisez, il faut avoir les moyens de le faire, madame.
27:16Parce que si vous n'avez pas les moyens de le faire, qu'est-ce qu'il va se faire,
27:19qu'est-ce qu'il va se dire lundi ?
27:20Vous prenez la décision et vous l'annoncez, vous savez, c'est tapis vert, en fait, ou c'est banco,
27:24plutôt.
27:25Il y a les bancos.
27:26Mais je comprends qu'il interdise, il y a des choses qui sont inadmissibles.
27:29Maintenant, encore une fois, il faut avoir le moyen de ses ambitions.
27:32En fait, ce que vous dites, c'est que c'est quitte ou double et ça risque, au contraire, d
27:35'attiser les choses.
27:35Eh bien, exactement.
27:37Si les choses ne sont pas gérées comme il faut, les gens ne comprendront pas, les gens verront de vie.
27:45L'inefficacité et la faiblesse qui est déjà très visible de l'État.
27:49Sauf que là, ce sera signé et validé.
27:52Donc, moi, c'est plutôt ça qui m'interpelle.
27:55Voilà, exactement, madame.
27:57Jacques est à peu près sur la même ligne.
27:59Bonjour, Jacques.
28:01Oui, bonjour.
28:02Oui, vous êtes assez d'accord avec Vincent.
28:04Je suis d'accord avec beaucoup de choses que j'entends depuis un moment.
28:07Je pense que l'interdiction est un aveu d'échec absolument tragique pour ce gouvernement qui n'en avait pas
28:13besoin.
28:14Ça veut dire qu'on ne sait pas faire, donc on interdit, tout le monde reste chez soi.
28:18Je pense qu'il y a une grosse erreur sur la cible.
28:21C'est-à-dire que ce qu'on veut interdire, ce sont bien évidemment les casseurs et les mouvements extrêmement
28:26choquants
28:27qu'il y a eu essentiellement à la fin des dernières manifestations.
28:31Or, ces personnes-là, ils n'ont rien à faire de l'interdiction.
28:34S'ils ont envie d'aller casser, ils iront casser.
28:36Et ils ne vont pas lire les arrêtés de la préfecture ou du ministre.
28:39Ce n'est pas leur sujet.
28:40Ma troisième remarque sur le sujet, c'est que je trouve qu'on a de moins en moins de contre
28:47-pouvoirs.
28:47Et c'est en ce sens que je pense qu'il est essentiel de préserver et de protéger le droit
28:53de manifester
28:53parce que depuis pas mal de temps déjà, ce gouvernement n'a plus de contre-pouvoirs.
28:59Le contre-pouvoir de l'Assemblée nationale, il est pratiquement inexistant.
29:05C'est 49-3, on n'arrive plus à gouverner avec les deux pouvoirs législatifs et exécutifs.
29:11Mais là, je le redis Jacques, les manifestations encadrées et organisées par les syndicats,
29:16elles seront autorisées.
29:17Là, c'est un contre-pouvoir.
29:20Oui, j'attends de voir.
29:22Mais enfin, pour l'instant, la première mesure qui est prise,
29:24elle ne fait pas référence à une autorisation.
29:27Elle fait référence à des interdictions.
29:28Donc c'est ça qu'on voit.
29:29Et en tout état de cause, l'interdiction de la manifestation,
29:33elle ne peut pas atteindre son but.
29:35Puisque les gens qui ont envie de casser,
29:36ils vont sortir cassés à n'importe quelle heure, n'importe quel jour,
29:39qui est couvre-feu, qui n'est pas de couvre-feu,
29:41leur objectif n'a rien à voir avec la manifestation.
29:43Alors effectivement, on va vous dire, comme il y a une foule importante,
29:45ils pourront être un peu plus discrets.
29:48Mais je trouve qu'en tout état de cause,
29:50on n'est pas du tout, du tout dans l'objectif
29:52que devraient avoir les mesures prises par un gouvernement
29:55qui essaye de ramener la paix.
29:57Et puis la dernière chose que j'avais envie d'évoquer,
29:59mais c'est peut-être un peu politique,
30:01c'est que je regrette que l'on n'ait plus du tout, du tout, du tout,
30:05depuis maintenant presque 30 ans,
30:07essayait de travailler sur la notion de police de proximité.
30:10Quand on voit les policiers tels qu'ils sont vêtus,
30:13avec leur espèce d'arnachement qui est extrêmement impressionnant...
30:18Pardon, mais ils n'ont pas le choix.
30:20Vous avez vu ce qu'ils se sont pris sur la tête, Jacques ?
30:22C'est ce que je vous dis.
30:23Mais quand on avait commencé,
30:24alors ça remonte à Jospin, c'est un peu vieux,
30:26à faire de la police de proximité,
30:28quand on avait des flics qui se baladaient gentiment dans les cités,
30:31qui allaient parler avec les gens,
30:32qui essayaient de créer du lien,
30:34qui essayaient de créer de la confiance,
30:35c'était une manière de gouverner et une manière de faire de la police
30:38qui me semble bien préférable à cette manière-là
30:41qui a complètement cassé la confiance.
30:43Moi, j'ai manifesté samedi,
30:45je n'ai rien contre la police,
30:46j'avais juste envie de me montrer solidaire
30:48avec des revendications dont je suis fondamentalement solidaire.
30:51Et quand on voit en face de soi
30:53les policiers avec les boucliers,
30:56les casques, les hurlements, etc.,
30:57ça fout la trouille.
30:58On n'a pas envie de s'en faire des amis.
30:59Donc je regrette vraiment qu'on n'ait plus du tout...
31:02Mais vous étiez dans un cortège...
31:03Vous étiez à Paris, dans le cortège...
31:05Oui, oui.
31:06Le cortège des syndicats.
31:06Je suis parti de la place de la République.
31:08Je suis parti de la place de la République.
31:09Je suivais les drapeaux plutôt bienveillants,
31:13plutôt amusants et plutôt sympathiques.
31:15Bon, mais il n'y a pas eu de problème là, Jacques.
31:17Non, non, non.
31:18C'est pour ça.
31:18Je dis pourquoi interdire les manifestations
31:20qui se passent très bien
31:21et ne pas essayer de travailler davantage
31:24sur les casseurs qu'on ne sait pas maîtriser.
31:26Échec de la police ou du gouvernement
31:28ou du ministre, je m'en fous,
31:30mais aveu d'échec considérable.
31:32Merci beaucoup, Jacques.
31:34Hélène, bonjour.
31:35Oui, bonjour.
31:37Vous nous appelez de Rennes, Hélène.
31:38Tout à fait.
31:39Vous, vous êtes favorable
31:40à cette interdiction de manifester.
31:42Alors moi, je considère qu'à partir du moment
31:45où on ne peut pas encadrer la sécurité
31:47de la part des manifestants,
31:50il doit y avoir des décisions prises,
31:52effectivement,
31:54par rapport à ces manifestations potentielles.
31:59C'est-à-dire que quand c'est structuré,
32:02moi, j'ai aucun problème
32:03par rapport aux manifestations.
32:05Quand ce n'est pas structuré
32:07et que ça part dans tous les sens,
32:09il ne peut pas y avoir de cohérence.
32:11Et je reviens sur ce que disait un monsieur
32:13qui a manifesté,
32:14qui disait qu'il avait manifesté tout à l'heure
32:16et que la manifestation était un droit constitutionnel.
32:20Je suis entièrement d'accord avec ça.
32:22Sauf que moi, samedi,
32:23je voulais aller faire des courses.
32:24Je voulais avoir accès à une grande surface.
32:26Vous habitez dans le centre de Rennes, c'est ça ?
32:28J'habite dans le centre de Rennes.
32:29Et en fait, cet accès m'a été interdit par les manifestants.
32:33Donc moi, les manifestants parlent de droit constitutionnel.
32:37Et moi, qui respecte mon droit constitutionnel ?
32:39Est-ce qu'eux, ils le respectent ?
32:41Non, ils ne le respectent pas.
32:42Comment on vous a interdit d'aller faire vos courses ?
32:44Ah ben, il y avait des barrières.
32:46Et j'ai demandé à passer.
32:48On m'a dit, non, vous ne passerez pas.
32:50Pourquoi est-ce que vous voulez passer ?
32:52J'ai répondu, je veux aller faire mes courses.
32:53On m'a dit, de toute façon, on bloque le centre commercial.
32:56Vous ne pourrez pas y rentrer.
32:58Donc, au bout d'un moment, je veux bien entendre cette volonté de manifester,
33:02de faire en stand son contentement.
33:04Sauf qu'il faut aussi respecter les autres.
33:06Il y a beaucoup de manifestants qui n'arrêtent pas de parler de respect,
33:10de leur manifestation, etc.
33:11Mais eux ne respectent pas les autres.
33:14Et donc, moi, au bout d'un moment, j'en ai assez.
33:17Merci beaucoup, Hélène, pour ce témoignage depuis Rennes.
33:21Mireille, bonjour.
33:23Bonjour.
33:24Vous nous appelez de Metz, vous.
33:26C'est bien parce que, vraiment particulièrement aujourd'hui,
33:28on sillonne les quatre coins de la France.
33:31Vous, vous êtes favorable aussi à ces interdictions.
33:34Je rappelle ces interdictions pour les manifestations
33:36qui ne sont pas organisées par les syndicats.
33:39Oui, parce que, moi, j'irais même plus loin.
33:42Je pense que là, il faut tout interdire,
33:44sachant que quand on interdit tout, c'est encore pire.
33:46Mais à un moment donné, là, il faut surtout calmer le jeu.
33:49On parle, effectivement, il y avait un monsieur
33:51qui disait que c'est un droit constitutionnel.
33:54C'est un droit fondamental de manifester.
33:56Sauf qu'à un moment donné, c'est aussi un droit fondamental
33:58pour les gens de garder leur bien
34:00et de ne pas être massacrés dans leur magasin,
34:05de ne pas se faire piller de tous les côtés.
34:08En plus, les manifestations telles qu'elles sont là,
34:10tel ce qui s'est passé, en fait, c'est hyper contre-productif.
34:15Parce qu'en fin de compte, effectivement,
34:17les revendications qui ont démarré par les étudiants,
34:21elles sont légitimes.
34:22C'est vrai qu'il y a des collèges, il y a des lycées,
34:23c'est une catastrophe.
34:24Mais sauf que là, tout le monde s'en fout de ce qu'ils disent.
34:27Parce que la seule chose qu'on retient aujourd'hui,
34:30c'est qu'il y a eu de la casse partout.
34:31Donc, en fin de compte, ce qu'il faut,
34:32c'est peut-être réfléchir sur d'autres manières de manifester
34:36et de contester ce qui se passe,
34:38qui est louable.
34:40Mais là, en fait, c'est inaudible ce qu'ils font.
34:42Et là, aujourd'hui, on en arrive à se dire,
34:44j'entendais un commerçant la dernière fois qui disait,
34:46c'est miraculeux qu'il n'y ait pas eu de catastrophe
34:49et qu'il n'y ait pas eu de mort,
34:50dans le sens où il n'y ait pas un commerçant
34:52qui ait pris une arme et qui n'est pas rédélu.
34:53Il y en a beaucoup qui disent que pour samedi,
34:55ils s'y préparent.
34:56Oui, mais c'est dramatique.
34:58On l'entendait encore hier, ici même,
35:00dont les auditeurs ont la parole.
35:01C'est dramatique.
35:02Moi, je ne dis pas qu'il ne faut pas manifester.
35:05Je dis juste que là, vu la situation dans laquelle on est,
35:08il faut calmer le jeu.
35:09Et je pense que nos responsables politiques,
35:11tous les beaux candidats qui se présentent actuellement,
35:15et les syndicats aussi,
35:16devraient être là pour tempérer les choses.
35:18et dire, ok, là, maintenant,
35:19il faut qu'on calme les choses,
35:20il faut qu'on réfléchisse autrement
35:23et qu'on propose autre chose pour manifester.
35:25Mais là, en fait,
35:26ils ne font qu'empirer les choses.
35:27Ils trouvent ça dramatique.
35:29Merci beaucoup, Mireille.
35:30Michael, encore un mot.
35:31Vous êtes à l'Agnon
35:32et vous me disiez si je peux aller manifester samedi.
35:35Je dirais, très concrètement, Michael,
35:38juste un mot.
35:39Qu'est-ce qu'il pourrait,
35:40qu'est-ce qu'aurait dû dire Emmanuel Macron
35:42pour calmer les choses, d'après vous ?
35:44Quelle mesure ?
35:45Démissionner.
35:46Ah, démissionner.
35:46En fait, ce que vous voulez,
35:47c'est...
35:48c'est la démission d'Emmanuel Macron ?
35:49Oui, oui, démissionner.
35:51Mais il va y avoir des élections
35:52dans six mois, Michael.
35:53Il ne sera plus là, ça, c'est sûr.
35:56Ah ben, on l'espère, mais...
35:57Ah ben non, ça, c'est sûr, je vous le dis.
35:58Il ne peut pas se représenter.
36:00Oui, il ne peut pas se représenter,
36:01mais bon, je ne sais pas
36:02par quelle ambiguïté il pourrait...
36:04Il peut trouver quelque chose
36:06pour rester à la présidence.
36:07Non, non, Michael,
36:08ce n'est pas possible.
36:09C'est tout ce que j'espère.
36:10Moi, je pense que déjà,
36:11ces personnes-là
36:11ont dû démissionner depuis bien longtemps.
36:13Oui, bon, mais quelle mesure, du coup ?
36:15Bon, comme il ne sera plus là dans six mois,
36:16il y aura une élection présidentielle
36:17avec un nouveau président,
36:18et quoi qu'il en soit,
36:19ce ne sera pas lui.
36:20Quelle mesure vous ferait
36:22éviter d'aller manifester samedi ?
36:23Une mesure ?
36:25Je n'en ai pas, en fait,
36:27à vous citer comme ça.
36:28Je ne peux pas exactement vous répondre.
36:31Il y a tellement de choses
36:32qui seraient à mettre en place
36:33au niveau du gouvernement,
36:34si vous voulez, à mes yeux.
36:38Déjà, s'occuper de nos aînés,
36:40je pense que rien que ça,
36:41ça serait bien.
36:41Les augmentations d'impôts
36:42qui sont incessantes,
36:43ça serait bien aussi
36:44de se calmer un petit peu là-dessus.
36:47Il y a maintes et maintes choses à faire.
36:49Je ne sais pas qu'il va prendre sa place,
36:51mais je sais qu'il aura du travail derrière.
36:52J'espère simplement que ce ne sera pas
36:54des extrêmes qui vont passer,
36:55que ce soit de droite ou de gauche.
36:57Merci beaucoup, Mickaël,
36:58en tout cas, pour votre témoignage.
37:01Il est 13h42 bientôt sur RTL.
37:03On va changer complètement de sujet
37:05dans un instant un peu plus léger.
37:07On a aussi besoin, tous,
37:09et vous avez besoin,
37:11un peu de légèreté dans cette actualité
37:12qui est bien bien chargée.
37:14Léger, quoique,
37:15parce qu'on va parler de nos bistrots.
37:17Le Sénat se penche aujourd'hui
37:19sur une proposition de loi
37:20justement pour faciliter
37:21l'installation des bistrots
37:22dans les petites communes,
37:23celle de moins de 3500 habitants.
37:25On s'est dit que c'était l'occasion
37:26d'évoquer avec vous
37:27l'importance de ces bistrots.
37:29C'est parfois et souvent
37:30le dernier lieu de vie
37:31dans une commune.
37:32On en parle dans un instant.
37:34A tout de suite sur RTL.
37:35Contactez-nous gratuitement
37:36via l'appli RTL
37:37ou au 30 de 10.
37:3950 centimes la minute.
37:41Amandine Bégaud.
37:42RTL midi.
37:43Les auditeurs ont la parole.
37:45Depuis 50 ans exactement,
37:47je vais chaque matin
37:49ou j'essaie de me rendre
37:50chaque matin
37:50dans mon café préféré,
37:53celui de mon quartier,
37:53dès 7h du matin.
37:55D'une part,
37:55cela me permet
37:56de retrouver des gens
37:57que je connais.
37:57D'autre part,
37:58cela me permet
37:59de feuilleter la presse locale
38:01car mon café
38:02fait le bureau de tabac
38:03et vendeur de journaux.
38:04Le message de Daniel
38:06qui aime les bistrots
38:07et vous êtes nombreux
38:08dans ce cas.
38:09On en comptait 200 000
38:10dans notre pays en 1960,
38:12plus que 35 000
38:13en 2023.
38:15Le Sénat examine aujourd'hui
38:17une proposition de loi
38:17pour favoriser
38:18leur installation
38:19dans les communes
38:19de moins de 3 500 habitants.
38:21La possibilité notamment
38:23de créer des licences 4.
38:26L'idée, c'est bien sûr
38:27de restaurer des lieux de vie
38:30dans un certain nombre
38:31de communes
38:31où il n'y en a plus.
38:33Le bistrot,
38:33c'est souvent le dernier
38:34lieu de vie pour beaucoup.
38:36Bonjour Nathalie.
38:37Bonjour Amandine.
38:38Vous nous appelez de Corse ?
38:39Oui, je vous appelle de Corse.
38:41Vous n'avez pas été trop frappée
38:42par les intempéries ?
38:44Non, c'est très gentil.
38:45On a eu beaucoup de...
38:47Mais on en est bien sortis.
38:50Bon, écoutez, tant mieux.
38:52Ces bistrots,
38:53vous les aimez vous aussi ?
38:55Ces bistrots,
38:56c'est un petit peu
38:56l'âme du village.
38:59l'âme du quartier,
39:02comme disait
39:03votre précédent auditeur.
39:06Voilà, c'est important.
39:09C'est un lieu de vie.
39:10Et en Corse aussi,
39:11vous les voyez disparaître ?
39:13On les voit...
39:14Après, il y a des...
39:16On les voit partout disparaître,
39:19mais peut-être moins
39:21au niveau du village.
39:23Vous êtes où, vous, en Corse, Nathalie ?
39:26Je suis en Corse du Nord,
39:28près de Saint-Florent.
39:29D'accord.
39:30Comment vous expliquez ?
39:31Il y a un vrai attachement
39:33des Français à ces bistrots
39:34et en même temps,
39:34ils disparaissent
39:36de plus en plus partout.
39:37Vous avez raison.
39:38Que ce soit, bien sûr,
39:40dans les grandes villes,
39:42mais aussi les petites communes
39:44et c'est elles qui sont plus clouchées
39:45parce que c'était souvent
39:46un lieu de vie.
39:47Dans bien des cas,
39:47comment vous expliquez
39:48cette disparition ?
39:50Alors, je trouve aujourd'hui
39:53qu'avec toutes ces grandes enseignes,
39:55il y a un phénomène de mode aussi.
39:57C'est-à-dire que tout ce qui est
39:58ces Starbucks,
40:00où on fait je ne sais pas
40:01combien de sortes de cafés,
40:03où c'est climatisé,
40:05où c'est une espèce de folie nombreuse
40:10où tout le monde arrive
40:11et ils sont tous servis en même temps.
40:13Alors là, ce n'est pas un lieu de vie.
40:16Les McDo...
40:17Oui, c'est tout ultra aseptisé, en fait.
40:20Exactement.
40:21Et ce que je disais, en fait,
40:24c'est qu'auparavant,
40:26on avait le droit de boire.
40:28Là, je parlais du café,
40:29plus précisément,
40:30mais après,
40:31on avait le droit de...
40:32On prenait le café,
40:34mais quand on prenait le café
40:36à 6h ou 7h du matin
40:38dans notre petit bistrot,
40:39il y avait aussi beaucoup
40:40de personnes qui étaient servies
40:43avec du rhum.
40:43Il y avait le café rhum.
40:45Oui.
40:47Des 6h du matin ?
40:48Des 6h.
40:49Il y avait beaucoup,
40:50beaucoup de personnes
40:52qui allaient sur les chantiers.
40:53Oui.
40:54Et c'est tout un mode de vie
40:55qui a...
40:56On fumait,
40:57on buvait.
40:59Oui.
40:59Et il y avait beaucoup de personnes
41:01qui laissaient leur propre...
41:04Leur salaire.
41:05C'était des piliers de bar.
41:06Ils y étaient dès le matin
41:07avec le café rhum.
41:09Et puis,
41:11ça a évolué dans la journée.
41:12Et après,
41:14la bière à 10h.
41:15Et puis...
41:16Et le verre de blanc.
41:17Et voilà.
41:18Bon, après,
41:19c'est quand même une bonne chose,
41:20Nathalie,
41:20que la consommation d'alcool
41:22baisse dans notre pays.
41:24Ça sauve des vies.
41:24Bien sûr.
41:25C'était juste pour apporter...
41:27Non, mais vous avez raison.
41:28Mais naturellement,
41:29je suis...
41:30Voilà.
41:31Une des premières à être heureuse
41:32que tout ça est...
41:34Mais en même temps,
41:35il y a des conséquences.
41:37Je ne dis pas qu'il faut...
41:38qu'il faut mettre même
41:40le rhum à 6h du matin.
41:42Mais c'était tout...
41:43Un mode de vie comme ça
41:45qui a évolué et qui a fait...
41:47Ce que je veux dire par là,
41:48c'est qu'on nous mettait
41:49vraiment beaucoup d'argent.
41:50C'était des centres de vie
41:51où les gens restaient.
41:55Restaient, échangeaient.
41:56Effectivement,
41:57avant d'aller travailler,
41:58on prenait son petit café,
42:00on voyait...
42:02On discutait et hop,
42:03on partait ensuite.
42:05On n'a plus ça.
42:06Merci beaucoup, Nathalie,
42:07pour votre témoignage.
42:09Guillaume, bonjour.
42:11Oui, bonjour, Amandine.
42:12Bonjour tout le monde.
42:13Vous êtes dans la Creuse,
42:14vous, c'est ça ?
42:14Tout à fait, à Vallières,
42:16petite commune de 700 habitants.
42:18Oui.
42:19Chauffeur de taxi ?
42:20Aussi, voilà.
42:21Donc, les chauffeurs de taxi,
42:23nous, les cafés, les bars,
42:25c'est vrai que c'est un lieu
42:27indispensable,
42:28mais il faut déjà-t-il
42:29en trouver sur la route.
42:30Bon, et alors vous,
42:31dans votre village,
42:31il en reste ou pas ?
42:32Alors, il en reste encore
42:34deux, deux licences.
42:36Voilà, malheureusement,
42:37il y a une dizaine d'années,
42:37il y en avait bien plus.
42:38On en avait encore
42:39cinq ou six.
42:39Et en fait, ces licences,
42:41c'est très compliqué
42:41de les garder.
42:42Les propriétaires partent
42:43à la retraite, par exemple.
42:45Et nous, il y en a une
42:46qui a été conservée
42:47grâce à la mairie,
42:48parce que nous,
42:48en milieu rural,
42:49ce qui se passe beaucoup,
42:49c'est que les municipalités
42:51sont obligées d'acheter
42:53la licence pour pouvoir
42:54la louer si plus tard
42:55il y a un repreneur,
42:56parce que les licences,
42:57elles peuvent bouger maintenant.
42:59Dans le temps,
42:59elles étaient figées,
43:00elles n'avaient pas le droit
43:00de quitter la commune.
43:01Maintenant,
43:01elles peuvent rester dans la région.
43:03Alors, ça dépend des endroits.
43:05Et nous, les licences,
43:06chez nous, en milieu rural,
43:07elles partent beaucoup
43:08sur Bordeaux, par exemple,
43:09parce que là-bas,
43:09c'est très recherché.
43:11Et voilà.
43:11Et c'est comme ça
43:12que les villages meurent
43:14chez nous,
43:14parce que les licences disparaissent
43:16et le bar,
43:16c'est un lieu de vie
43:18indispensable
43:19dans nos campagnes.
43:20Donc, cette proposition de loi
43:21qui doit être débattue
43:23au Sénat,
43:24elle va dans le bon sens
43:25pour vous ?
43:26Ben voilà.
43:27Bon, je trouve
43:27que c'est une bonne chose.
43:28C'est vrai qu'on râle tout le temps
43:29quand on supprime des choses.
43:30Ben là, bon,
43:32c'est une bonne nouvelle
43:33pour une fois.
43:34Qu'est-ce que vous préférez,
43:35vous, au bistrot, Guillaume ?
43:37Ben, moi,
43:38vous voyez,
43:38j'y étais ce matin.
43:39Nous, on a la chance,
43:39c'est une boulangerie
43:41qui a repris aussi
43:42la licence de bar
43:44et ils font le café.
43:45Donc, moi, c'est le matin,
43:46on se retrouve,
43:46tous les jeunes du village,
43:48les anciens,
43:50on se retrouve tous,
43:51des petites équipes
43:52et puis voilà,
43:53on boit le café,
43:53on échange,
43:54on lit la presse,
43:55comme disait l'auditeur
43:56tout à l'heure.
43:57Et vous commentez
43:58un petit peu quand même.
43:59C'est des moments conviviaux,
44:01voilà,
44:01on a la chance d'avoir ça.
44:03Merci beaucoup, Guillaume,
44:04pour votre témoignage
44:06et continuer, bien sûr,
44:07à évoquer ces bistrots
44:09dans un tout petit instant.
44:10Et puis à 14h,
44:11l'heure du crime,
44:12Jean-Alphonse Richard.
44:13Bonjour Jean-Alphonse.
44:14Bonjour Amandine.
44:15Et aujourd'hui,
44:15vous nous emmenez en Bretagne,
44:16une femme étranglée
44:17sur une toute petite île
44:19et jetée à la mer.
44:20Oui, c'est la minuscule
44:21île de la comtesse,
44:22c'est juste en face
44:23de Cinquée Portrieux.
44:25On y va à pied à marée basse.
44:26La victime est une agente immobilière,
44:2847 ans,
44:29Véronique Duchesne,
44:30disparue en plein jour,
44:31retrouvée morte flottante
44:33près du rivage.
44:33Elle a été frappée,
44:34elle a été étranglée.
44:35Le mari Thierry Meunier
44:37est un veuf éploré,
44:38mais il va être soupçonné du crime.
44:40Mais pour autant,
44:41est-il le meurtrier ?
44:43Écoutez bien,
44:43il va falloir 16 ans,
44:4416 ans,
44:4516 ans pour obtenir une réponse.
44:47Et vous allez voir
44:48quelle réponse.
44:50Véronique Duchesne,
44:51la femme qui gênait.
44:5214h,
44:53à tout à l'heure.
44:53A tout à l'heure Jean-Alphonse,
44:54je suis sûre que vous aimez
44:55les bistrots vous ?
44:56Oui, je les fréquente.
44:58Je les fréquente,
44:58c'est une vieille confrérie
44:59que je connais très bien.
45:00Vraiment ?
45:00Tout à fait.
45:01Allez, à tout de suite.
45:02Yves les bistrots.
45:22Et on a choisi de parler aujourd'hui
45:25des bistrots,
45:26nos bistrots
45:26qui font bien souvent
45:27l'âme de nos villages.
45:29Ils étaient 200 000 en 1960,
45:31plus que 35 000 en 2023.
45:33Résultat,
45:33le Sénat examine aujourd'hui
45:35une proposition de loi
45:36pour favoriser leur installation
45:37dans les communes
45:38de moins de 3 500 habitants.
45:41Bonjour Jean-Michel.
45:44Jean-Michel.
45:45Oui, bonjour.
45:46Oui, bonjour.
45:46Vous nous appelez d'où Jean-Michel ?
45:48Je vous appelle
45:49du village de Présac.
45:51Qui se trouve, vous ?
45:52580 habitants.
45:53Oui.
45:546 bistrots.
45:566 bistrots ?
45:57Et pas de cabine médicale.
46:00Comme quoi, ça rend pas malade.
46:01J'aime bien conclure par ça
46:03la description du village.
46:05Présac, c'est à côté de quoi,
46:07Jean-Michel ?
46:08C'est dans le sud
46:10du département de la Vienne,
46:11à la limite du département
46:13de la Vienne et de la Charente.
46:14En Folland
46:15et une sous-préfecture
46:16de la Charente
46:17qui est un peu plus connue.
46:18On est 15 kilomètres au nord.
46:20D'accord.
46:20Comment peut-il y avoir
46:216 bistrots pour 580 habitants
46:23alors qu'il y a des tas de communes
46:24de 1 000, 2 000, 3 000 habitants
46:26qui n'ont plus un seul bistrot ?
46:28Oui.
46:28Vous savez qu'à côté,
46:29il y a un village
46:30qui s'appelle Husson du Poitou
46:31et au début du XXe siècle,
46:34au début du XXe siècle,
46:36il y avait, je ne sais pas,
46:36peut-être 1 500 habitants,
46:38il y avait 21 bistrots.
46:39Waouh.
46:40Pour 1 500 habitants.
46:42Et maintenant,
46:43je crois qu'il en reste 2.
46:45D'accord.
46:46Mais il y a une raison,
46:48je pense,
46:49à la disparition des bistrots.
46:51ça a été dit un petit peu
46:53par la personne
46:54qui a été appelée de Corse.
46:56Nathalie.
46:56C'est vrai que,
46:57voilà,
46:57c'est vrai que
46:58il y a certaines cultures
47:00un peu alcoolo
47:01qui finalement
47:03entretenaient les bistrots.
47:04Mais on pourrait,
47:05en parallèle de ça,
47:06se poser la question
47:07de savoir
47:08si on n'a pas,
47:09si ce qu'on n'a pas gagné
47:11en santé physique,
47:13on ne l'a pas perdu
47:15en santé morale.
47:16Est-ce que le moral
47:17des gens
47:17qui étaient un petit peu
47:22éméchés
47:22n'étaient pas meilleurs
47:23que nos tristes vies
47:24que nous regardons
47:27en ce moment ?
47:27Non, pas éméchés,
47:28mais en tout cas,
47:29effectivement,
47:29ça servait de lien social.
47:31Vous avez considérablement raison.
47:33Voilà.
47:33Mais entre nous,
47:34Jean-Michel,
47:34on n'a pas besoin
47:35d'être bourré
47:35pour faire du lien social.
47:36On peut boire un café
47:37ou une autre boisson
47:38sans alcool
47:39ou un petit verre de vin.
47:41Oui,
47:41alors,
47:43ce n'est pas faux,
47:44mais quand on voit
47:44le poids de la drogue
47:46dans nos sociétés,
47:47est-ce qu'il n'y a pas un lien ?
47:48Est-ce qu'on n'a pas besoin
47:49un peu de perdre pied ?
47:51Je ne sais pas.
47:53Moi,
47:53je n'ai jamais été bourré
47:57et je ne me suis jamais drogué.
48:00Je me suis toujours amusé
48:01d'une façon,
48:02quelquefois déjantée,
48:03mais sans avoir besoin
48:04d'être en excès.
48:08Mais en fait,
48:10ce qui serait pas mal,
48:11ce serait de savoir
48:12est-ce que finalement,
48:14dans les villages
48:15dans lesquels
48:16il n'y a plus de bistro,
48:17je pense que les gens
48:19boivent quand même,
48:20ils rencontrent du monde,
48:21mais est-ce qu'ils ne le font pas
48:22plus loin ?
48:24Exemple,
48:25dans le département de la Vienne,
48:27le chef-lieu,
48:27c'est Poitiers,
48:29et est-ce que les gens,
48:30finalement,
48:30ne vont pas à Poitiers,
48:32au bistro,
48:33sur la place d'Armes,
48:34quand tout se passe bien,
48:35quand c'est calme,
48:36bien sûr,
48:37et puis finalement,
48:38après,
48:38ils vont au cinéma,
48:39est-ce qu'il n'y a pas
48:40une façon de famille ?
48:41Oui, peut-être,
48:42je ne sais pas.
48:43Écoutez,
48:44je suis sûr que dans vos fichiers,
48:46vous avez des sociologues,
48:47il faudra leur en parler.
48:48Eh bien,
48:48on posera la question,
48:49Jean-Michel,
48:50vous avez raison.
48:50En tout cas,
48:51le village de Bressac,
48:53alors pour être honnête,
48:54il y a bien six endroits
48:55où on peut se désaltérer,
48:59mais il y en a deux,
49:01quand même,
49:02qui sont ouverts
49:02qu'à la fin de la semaine,
49:04qu'en fin de semaine,
49:04il y a un bar à tapas
49:05qui est tenu par des Anglais
49:07et qui ont ouvert,
49:08je crois,
49:09vendredi,
49:09samedi,
49:09dimanche.
49:11Ensuite,
49:11quand on va vers l'ouest,
49:12tiens,
49:12on va faire ça comme ça.
49:13Vous avez le bar Le Virage
49:15qui est ouvert six jours sur sept,
49:16il est fermé le dimanche,
49:17il fait aussi bureau de tabac,
49:19bureau de poste,
49:20il fait de la restauration
49:22aussi pour les gens
49:23qui travaillent le midi.
49:25Donc,
49:25ça participe aussi
49:26à son maintien économique.
49:28Ensuite,
49:28il y a un bar,
49:29il y a une pizzeria
49:31qui est ouverte,
49:32c'est pareil,
49:32vendredi,
49:33samedi,
49:33dimanche,
49:34qui,
49:34elle n'a pas de licence 4,
49:35c'est qu'on peut boire de la bière
49:37mais on ne peut pas boire,
49:37je crois,
49:39de l'alcool plus fort.
49:40Jean-Michel,
49:40vous savez quoi,
49:40ça donne très très envie
49:41d'aller après ça.
49:42Je voudrais juste
49:43qu'on entendre
49:43un autre auditeur
49:44avant d'arriver
49:45à la fin de l'émission.
49:46Ne m'en voulez pas
49:47mais il faut donner
49:48la parole à tout le monde.
49:50Merci beaucoup en tout cas,
49:51Jean-Michel Ronan,
49:52bonjour.
49:53Bonjour.
49:54Dans quelle région
49:54vous êtes, vous ?
49:55Loire-Atlantique.
49:56Donc,
49:57dans une commune
49:57de 1200 habitants
49:58qui n'a plus de bar.
50:00Qui n'a plus de bar
50:01depuis un moment maintenant.
50:04Mais je vois
50:05par rapport aux communes
50:06qui sont aux alentours
50:07de chez moi,
50:08c'est la même chose partout.
50:10Et cette loi
50:11ne va pas améliorer la chose.
50:14C'est une loi comme ça.
50:16Mais il y avait déjà eu
50:17des essais en 2019
50:18qui n'avaient pas été concluants.
50:20Comment vous expliquez
50:22que c'est bar ferme
50:23alors même
50:24qu'on y est attaché ?
50:25La consommation a changé.
50:27La nouvelle génération
50:28aujourd'hui
50:29consomme beaucoup moins qu'avant
50:30et les lieux de rencontres
50:32ont changé aussi.
50:33Ah oui,
50:34vous dites comme Jean-Michel
50:35que peut-être
50:35qu'on va dans les grandes villes ?
50:37Pas forcément
50:37parce que regardez,
50:38moi je suis à peine
50:39une demi-heure de Nantes.
50:40Je vais souvent sur Nantes.
50:41Ah oui,
50:41donc vous y allez.
50:42Je vais aller dans des bars
50:43ou des bistrots à Nantes
50:44et c'est le même constat.
50:46La fréquentation diminue fortement.
50:48Beaucoup de fermetures
50:48dans ces villes
50:49comme Nantes par exemple.
50:52Et vous,
50:52vous dites
50:52c'est parce qu'on a changé de vie ?
50:55Oui,
50:55les choses ont changé.
50:56Les centres-villes
50:57se meurent petit à petit
50:59parce que la consommation
51:00n'est plus du tout la même.
51:02Les gens ne consomment pas pareil.
51:03Les gens vont plus sur Internet,
51:06vont plus dans les grandes surfaces
51:07et c'est ça qui fait aussi
51:09mourir un petit village.
51:11Merci beaucoup Ronan
51:12pour votre témoignage.
51:13Je m'excuse auprès de Daniel
51:14qui nous appelait
51:14de Chalon-sur-Saône
51:15qu'on n'a pas eu le temps de prendre.
51:16Je lis ce qu'il voulait nous dire
51:18depuis 50 ans.
51:19Je me rends au bistrot
51:19car c'est un lieu de rencontre
51:20et de sociabilité.
51:22Depuis quelques temps,
51:23mon bistrot s'est transformé
51:24en tabac et en cuir.
51:24Ça permet de lire de l'actualité
51:26et d'échanger ensemble.
51:27Vous êtes très nombreux bien sûr
51:28à témoigner dans ce sens-là.
51:31Dans un instant...
51:31...

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