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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Clémence Guetté, vice-présidente de l'Assemblée nationale responsable du programme de La France Insoumise.

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Transcription
00:02Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité où je reçois aujourd'hui Clémence Guettet, bonjour.
00:07Bonjour.
00:07Clémence Guettet, vice-présidente de l'Assemblée nationale chargée du programme de LFI à la présidentielle.
00:11Cet après-midi, la France insoumise sera représentée à la réunion autour de Sébastien Lecornu
00:15après les débordements et tout ce qui s'est passé samedi dernier dans la rue.
00:19Jean-Luc Mélenchon a promis de pourrir la réunion, alors qu'est-ce qui va se passer ?
00:23En fait, on s'y rend déjà à l'invitation du Premier ministre pour en effet revenir sur ce qui
00:28s'est passé samedi dernier,
00:29le 17, ça ne vous aura pas échappé, il y a eu une très grande mobilisation à laquelle on a
00:33participé, nous, la France insoumise.
00:35Pourrir la réunion, pourquoi ? Parce qu'on n'accepte pas le cadrage qui en est fait, qui en est
00:40proposé par le Premier ministre
00:41qui nous a dit en gros qu'on allait avoir droit à un grand cours sur la police et son
00:47œuvre.
00:47Donc pourrir la réunion, ça consiste en quoi ? A changer l'ordre du jour ?
00:50Ça consiste à proposer un autre ordre du jour qui est le fait que depuis plus d'un mois, il
00:54y a une mobilisation populaire
00:56et qu'il faut y apporter des réponses politiques.
00:58Et donc on y va avec plusieurs messages, on a envoyé ce matin au Premier ministre un courrier
01:02dans lequel il y a les différents sujets qu'on souhaite aborder.
01:05Alors je vous en donne quelques-uns.
01:07D'abord les revendications des lycéens, les 10 milliards avec les 10 mesures qui sont accolées
01:11et notamment la suppression de Parcoursup, qui est une machine à trisociale.
01:16Deuxièmement, la vie chère, le pouvoir d'achat, l'augmentation des salaires et du point d'indice des fonctionnaires.
01:20Ça, ce sont les revendications des syndicats.
01:22Et puis troisièmement, en effet, la sécurité parce qu'il y a un grand fiasco auquel on assiste du maintien
01:29de l'ordre depuis deux semaines.
01:30Qui en est responsable ? Le Premier ministre lui-même ?
01:32Le gouvernement, bien sûr.
01:33Est-ce que c'est le Premier ministre lui-même qui est responsable ?
01:35Le ministre de l'Intérieur en premier lieu, M. Nunez, qui d'ailleurs reconnaît le fiasco
01:39puisque lundi, il a présenté sa démission au Président de la République, enfin au Premier ministre,
01:44qu'il l'a refusé.
01:46Mais il reconnaît donc que c'était un échec.
01:48Et sur ce point, je le rejoins.
01:50C'était un complet échec.
01:51Hier, avant vous, il y avait les syndicats qui ont été les premiers reçus par Sébastien Lecornu.
01:55Ils sont tous ressortis en disant qu'on appelle à la mobilisation et aux grèves le 5 novembre.
01:59Vous ne pensez pas obtenir plus qu'eux ?
02:02Alors, si les syndicats sont ressortis en disant qu'on appelle à la grève générale
02:06à partir du 5 novembre, reconductible, c'est parce qu'aucune réponse n'est apportée.
02:11Et vous, vous ne pensez pas avoir plus ?
02:12Parce que les syndicats, ok, ils n'ont pas obtenu ce qu'ils voulaient.
02:14Vous, vous êtes des formations politiques.
02:17Ils jouent leur rôle, ils appellent à une mobilisation à partir du 5 novembre.
02:20Nous jouons le nôtre, nous allons porter les revendications dont je viens de vous parler
02:24auprès du Premier ministre.
02:25Et nous appelons d'ailleurs à une mobilisation à partir de ce samedi,
02:2914h à République pour la manifestation parisienne.
02:32Mais ce sera dans tout le pays.
02:33À l'appel des Gilets jaunes en particulier.
02:35Et des syndicats lycéens.
02:36Et des syndicats lycéens.
02:37Mais justement, le gouvernement promet un dispositif massif pour assurer la sécurité
02:40avec le recours à des blindés, aux militaires de la force sentinelle
02:43et aux unités d'élite de la police et de la gendarmerie pour faire face aux casseurs.
02:48Ça s'ajoute aux couvre-feux qui ont été instaurés depuis quelques jours.
02:51Comment vous faites-vous l'équilibre entre la liberté de manifester
02:54et la sécurité à assurer ?
02:56En fait, c'est possible de le faire.
02:58Le problème, c'est que là, le gouvernement ne le fait pas.
03:01Il a deux missions.
03:02L'ordre public, c'est assurer la sécurité des biens et des personnes
03:06et le droit de manifester.
03:08Les deux ont été un échec complet samedi dernier.
03:11J'y étais à République.
03:12On ne pouvait pas rejoindre la manifestation qui était autorisée
03:15sans se faire gazer, nasser abondamment.
03:18C'était extrêmement anxiogène d'ailleurs.
03:21Et puis, en fait, cette sécurité, elle n'est pas respectée
03:25parce que le dispositif est complètement disproportionné.
03:28Comment le gouvernement explique que des magasins ont pu être pillés
03:32alors que les manifestants qui étaient dans la manifestation autorisée,
03:35eux, ont été nassés et gazés ?
03:37Voilà, il y a un dispositif qui ne va pas.
03:39Je vais vous dire une chose.
03:41Le gouvernement répond par des couvre-feux,
03:44le déploiement de forces armées.
03:46J'entends.
03:47Et une répression absolument massive à des revendications politiques.
03:51Mais il faut assurer la sécurité, vous êtes d'accord ?
03:52Mais bien sûr.
03:53Mais y compris en termes budgétaires,
03:56puisque c'est une obsession du gouvernement, vous le savez,
03:58on est en plein examen du budget.
04:00Ça coûterait moins cher d'octroyer les revendications aux lycéens de 10 milliards
04:04que de continuer à utiliser un tel appareil répressif.
04:07Parce que vous avez calculé combien c'était ?
04:08Ça coûte 10 milliards ?
04:09Mais figurez-vous que ça coûte très cher le déploiement.
04:11Vous avez chiffré ?
04:12Le déploiement de la BAC, de Sentinelle.
04:15C'est une évidence.
04:17Il y a des chiffres, y compris sur l'utilisation des armes de guerre.
04:20Vous savez, ça coûte très cher tout ça.
04:22C'est dangereux, ça coûte cher.
04:23Dans plusieurs villes, les préfets ont interdit des manifestations prévues aujourd'hui,
04:26notamment autour de certains lieux de pouvoir,
04:28le Sénat, l'Elysée, l'Assemblée nationale dont vous êtes la vice-présidente.
04:32Craignez-vous que ces lieux de pouvoir et de démocratie politique deviennent des cibles ?
04:37Je crains que la colère continue d'augmenter.
04:41Mais est-ce que l'Assemblée nationale peut être une cible ?
04:43On a vu des mairies brûlées.
04:45Une cible, qu'est-ce que ça veut dire ?
04:46Une cible de qui ?
04:47Les manifestants veulent manifester.
04:51Celles et ceux qui veulent piller ou casser, je ne connais pas leur agenda politique.
04:55Je ne peux pas vous dire.
04:56Il faut protéger l'Assemblée.
04:58Il faut protéger l'Assemblée, il faut protéger les commerces,
05:00il faut indemniser les petits commerçants qui se sont fait ravager leur lieu
05:04et ce qui leur ramène leur salaire chaque mois.
05:06C'est une évidence là aussi.
05:08Mais ce que je veux vous dire, c'est que ça fait un mois que le gouvernement joue le pourrissement.
05:12Il faut qu'il sorte de ça.
05:14Il faut qu'il donne des réponses aux gens.
05:15C'est ce que vous allez dire à La Réunion ce matin, cet après-midi.
05:18La commission d'enquête parlementaire sur la maintien de l'ordre a été mise en place à l'Assemblée nationale.
05:21Il y aura trois rapporteurs.
05:22Un écologiste, un renaissance, un socialiste.
05:27Pas deux rapporteurs de la France insoumise.
05:29Est-ce que vous y participerez quand même ?
05:31Bien sûr qu'on va participer à cette commission d'enquête.
05:34Vous savez, les postes de rapporteurs et les postes en général dans cette institution,
05:39on est habitué à en être exclu par une grande alliance centriste qui généralement se partage les postes.
05:45Centriste, mais pas que centriste.
05:47En l'occurrence, si les écologistes représenteront la gauche dans cette commission d'enquête,
05:52nous sommes à La France insoumise le premier groupe d'opposition de gauche
05:54et donc nous estimons normal d'avoir un poste de rapporteur.
05:58Nous n'en avons pas, mais je vais vous dire franchement...
05:59Mais vous y voyez une volonté de mise à part, de mise à l'écart de la France insoumise ?
06:02Mais bien sûr, mais permanente dans cette institution.
06:04Mais de la part de qui ?
06:04Des macronistes eux-mêmes, ceux qui dirigent.
06:07Je vous rappelle que nous devrions être au gouvernement alors qu'il est.
06:11Et c'est là tout le problème aussi du moment.
06:14C'est-à-dire que toutes les voies d'expression démocratique dans ce pays,
06:17la Macronie les bouche une à une.
06:19Les mobilisations sociales, gilets jaunes, réforme des retraites,
06:22et ce qu'on voit actuellement réprimer, reconnaître le résultat des urnes,
06:26ça leur a été impossible en 2024.
06:29Donc voilà, on est dans cette situation.
06:31Une dernière question, parce que le gouvernement continue d'accuser la France insoumise
06:33de mettre de l'huile sur le feu,
06:36ou d'avoir des propos qui entraînent des violences.
06:38Est-ce que vous craignez que ça vous colle, au basque j'allais dire,
06:42pendant toute la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon ?
06:43Honnêtement, ce gouvernement n'inspire que dégoût à la population française.
06:47Je pense qu'il devrait s'en rendre compte.
06:48La fin de règne est très très très très longue.
06:50Mais aujourd'hui, ce qu'on voit nous, c'est que les soutiens sur le terrain,
06:53ils affluent parce que les gens ne sont pas dupes de cette propagande-là.
06:56Donc vous pensez que ça n'aura pas de conséquences ?
06:58Je rappelle quand même qu'un article de Mediapart, cette semaine,
07:01a montré que le renseignement,
07:03donc les personnes qui permettent ensuite de mettre sur pied
07:06le dispositif de maintien de l'ordre et de sécurisation des manifestations,
07:09a été vraisemblablement manipulé par le gouvernement.
07:11Vous allez saisir la Cour de justice de la République ?
07:13Bien sûr.
07:13C'est si sûr ? Parce que ça a été proposé.
07:15Oui, bien sûr.
07:16Manuel Bonpart, le coordinateur du mouvement, l'a annoncé.
07:18L'a annoncé, mais ça va être fait.
07:19Nous allons le faire, bien sûr, oui.
07:21Merci, Clémence Guettet, d'avoir accepté notre invitation.
07:23Dans les cas de vérité, vous avez annoncé que la Cour de justice de la République sera bien saisie.
07:28À vous, Maya.

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