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  • il y a 18 minutes
SMART TRENDS du 2 octobre 2026

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00:04A l'occasion du Mondial de l'Auto qui ouvre ses portes le 12 octobre à Paris Expo Porte de
00:09Versailles,
00:10on se demande dans ce Smart Trends qui va l'emporter dans cette bataille de la voiture du futur.
00:16J'accueille Jean-Luc Brossard, bonjour, bienvenue.
00:18Vous êtes vice-président recherche, innovation, développement chez Nextmove,
00:22délégué à la recherche technologique chez Stellantis et président de la commission innovation du MEDEF.
00:27Lance Noël, bonjour, bienvenue à vous aussi, responsable du monde de l'automobile chez Capgemini et Sylvain Brouillaz,
00:35bonjour, bienvenue, le fondateur d'Ewera, on va parler d'IA, de véhicules électriques évidemment, de logiciels de concurrence chinoise,
00:41bref, beaucoup de thèmes et on se demande si la France peut encore jouer les premiers rôles.
00:46Peut-être un mot de Nextmove pour commencer Jean-Luc Brossard, c'est un pôle qui regroupe des entreprises,
00:51alors tout le tas, il y a des labos, il y a des organisations.
00:54Nextmove, en fait, c'est un pôle qui représente les deux régions, Île-de-France et Normandie,
01:00qui a fêté ses 20 ans, les pôles de compétitivité ont été lancés en 2006,
01:04donc c'est fêté ses 20 ans vendredi dernier à Giverny,
01:07et donc globalement, c'est le regroupement d'ensemble des acteurs de la mobilité dans ces deux régions,
01:15qui répondent aux attentes des régions, aux attentes des acteurs,
01:18et dont le but est de faire des projets collaboratifs, en fait, et de faire de la recherche partenariale.
01:22Donc vous retrouvez, bien sûr, des grands groupes, des petites PME,
01:26donc grands groupes, ça sera Renaud et Stellantis, par exemple, Valeo, Forvia,
01:30des PME, mais aussi des laboratoires académiques.
01:32Et les territoires, évidemment.
01:34Et les territoires, bien sûr, qui permettent les échelles à grande échelle.
01:37Oui, effectivement, et on va rentrer dans le détail de ces innovations.
01:40À quel point Capgemini, Laurence Noël, participe à la transformation du secteur automobile,
01:45et à ces innovations, aujourd'hui ?
01:47Oui, l'automobile était une grande partie de l'activité de Capgemini.
01:52On a des activités à la fois de conseil et de service,
01:54service dans tout ce qui va être transformation IT.
01:58On voit le monde se digitalise de plus en plus,
02:01et donc la frontière, en fait, entre ce qu'on appelait avant l'IT et l'engineering
02:06devient un peu plus floue,
02:07et puis aussi toute une partie de services d'engineering
02:10qu'on délivre auprès de nos clients.
02:12Donc on a une grosse, grosse activité automobile,
02:15et j'ai envie de dire, au-delà de l'automobile,
02:17on a pas mal de choses qu'on développe pour l'automobile
02:19qui servent aussi les autres industries.
02:20Ah oui, il y a de la porosité entre les secteurs, évidemment.
02:24Tout à fait, oui.
02:25Sylvain Brouillasse, en quelques mots,
02:26Ewera, vous l'avez créé à Saint-Etienne, c'est ça ?
02:29Il y a deux ans, avec quelle idée ? Racontez-nous.
02:31Eh bien, c'est d'accompagner les entreprises sur leur mobilité électrique.
02:33Oui.
02:34Et Ewera est une application dédiée et conçue pour faciliter la gestion
02:38et le remboursement des recharges à domicile
02:40pour les salariés qui possèdent un véhicule de fonction électrique.
02:44Donc c'est vrai que c'est complexe pour l'entreprise de gérer cette partie-là.
02:47Et donc nous, on va enlever tous les freins et toutes les contraintes
02:51en simplifiant cette gestion-là
02:53et d'être sûr que le montant de la quantité d'énergie soit bien remboursé.
02:56Oui. Laurence Noël, pour le baromètre 2026 de l'ingénierie et de la R&D automobile,
03:01vous avez interrogé, je crois, plus de 200 dirigeants de l'ingénierie auto dans le monde.
03:05On va regarder quelques résultats, quelques-unes de leurs réponses.
03:0989% des dirigeants qui déclarent que leurs coûts ont augmenté au cours des trois dernières années.
03:14Beaucoup estiment devoir réduire leurs coûts de 15 à 20% dans les deux à trois prochaines années.
03:19Ils anticipent aussi une réduction de 10 à 15% des délais de conception et de développement.
03:23Est-ce qu'on peut faire plus vite moins cher sans sacrifier l'innovation ?
03:28Alors on peut faire plus vite moins cher sans sacrifier l'innovation
03:30parce que qui nous a montré ça, c'est finalement la Chine.
03:34On développe beaucoup plus vite, deux ans, là où en Europe les constructeurs sont entre 3 et 4 ans.
03:40On développe moins cher avec 40% d'investissement en moins et aussi un coût plus abordable.
03:46Donc c'est bien cet écart de performance que les constructeurs et les équipes entières s'attachent à compenser.
03:53Donc c'est une obligation en fait, si je vous entends bien.
03:56C'est une obligation de performance effectivement, oui.
04:00Même question Jean-Luc Brossard, pour garder une industrie automobile européenne et française, donc puissante,
04:06on y arrive déjà à produire plus vite et moins cher ?
04:09On a déjà fait de gros progrès.
04:11Laurence, on travaillait ensemble, on se rappelle, on parlait de 5 ans de développement.
04:15À partir du moment où on gelait un style et puis à un moment où on sortait une voiture,
04:19aujourd'hui bien sûr c'est beaucoup plus rapide.
04:21C'est-à-dire ?
04:22On a des outils, aujourd'hui on arrive à moins de 3 ans.
04:24D'accord.
04:25Donc c'est vrai que certaines...
04:26C'est encore un peu plus lent que les Chinois, mais on ne sait pas plus.
04:28Oui, ça dépend, moi je reste prudent parce que c'est vrai que les Chinois vont très vite,
04:32utilisent beaucoup mieux tous les outils numériques à notre disposition.
04:36Néanmoins, il y a des délais de validation qui sont nécessaires et je crois que François
04:40Provo, le président, le dégérateur général de Renault l'a annoncé, sur les prochaines,
04:45même si la Twingo a été faite en deux ans, a été développée en deux ans, les
04:49prochaines voitures peuvent prendre un peu plus de temps pour permettre des validations
04:52et surtout ce qu'il faut faire, c'est satisfaire le client et donc arriver avec des voitures
04:55qui soient de bon niveau de qualité.
04:58Et c'est quelque chose qui est fondamental.
05:00Donc globalement, sur le délai de développement, on peut faire et sur l'innovation, une innovation
05:06par définition, ça ne doit pas coûter cher, mais ça doit rapporter, sans ça, ce n'est
05:10pas une innovation.
05:12Et donc l'innovation en rupture est une fois de sortie forcément pour les constructeurs
05:16automobiles, dans le sens où il faut, sur les technologies actuelles, en fait, on
05:21est un peu en retard, que ce soit la technologie liée à l'électromobilité, on connaît
05:25nos difficultés sur les batteries, les technologies liées au numérique, on n'a pas de plateforme
05:29aussi bien développées en Europe qu'on l'a aux Etats-Unis ou en Chine.
05:34Donc il y a besoin de trouver, en fait, des nouvelles technologies qui permettent de
05:39reprendre un coup d'avance.
05:40Et donc il y a des sujets comme l'énergie, les travaux sur les écosystèmes, qu'on
05:45parlait, parce que la satisfaction client passe par les écosystèmes, et des travaux
05:48par des nouvelles technologies qui utiliseraient le numérique, qui nous permettent de garder
05:54cette possibilité.
05:54Donc oui, il y a un avenir à l'automobile.
05:56Oui, on l'espère bien, Sylvain Brouillasse.
05:58Vos clients, ils achètent beaucoup chinois ?
06:01Non.
06:01Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, en fait, les entreprises ont des avantages fiscaux à
06:07choisir des voitures écoscorées.
06:09Donc pour le coup, ça a été une bonne chose qui a été mise en place.
06:12Donc les entreprises qui choisissent des véhicules électriques aujourd'hui vont aller
06:16sur ces voitures écoscorées pour bénéficier d'avantages fiscaux sur l'avantage
06:19en nature aussi pour les salariés.
06:21Alors, ce Noël, ces voitures chinoises, elles sont boostées à l'argent public ? Est-ce
06:27que la concurrence est déloyale ?
06:29Ça, c'est un grand, grand débat. Forcément, il y a un écosystème chinois derrière tout
06:37ça, mais je dirais qu'au-delà de ça, on a quand même une proposition de valeur qui
06:45est différenciante. Donc il ne faut pas ignorer ça, il ne faut pas se cacher derrière le
06:49fait que ça peut être boosté.
06:51Ce sont aussi des bonnes voitures, c'est ce que vous nous dites.
06:54Je pense que la qualité a énormément progressé. Je pense que sur, finalement, le software
06:59ou le logiciel qui devient un peu le cœur de la proposition du véhicule, il n'y a pas
07:04à rougir de ce côté-là. Donc je pense que oui, on est arrivé à un moment donné
07:09où les voitures sont des bonnes voitures. Et puis il y a une avance aussi sur l'électrique
07:15qui a été développée depuis des années en Chine avec une maîtrise plus importante.
07:20Donc à nous, maintenant, d'accélérer et d'aller plus vite. On a pas mal de propositions
07:25en Europe. On le voit, les constructeurs, les équipementiers, les fabricants de batteries
07:32demandent de continuer à supporter l'industrie pour justement rattraper cet écart.
07:38Une voiture, c'est devenu un logiciel ? Avant d'être une voiture ?
07:43Non. Alors oui et non. Oui et non. En fait, tout le monde dit toujours finalement
07:49est-ce qu'une voiture, c'est pas un smartphone à roulettes ? Je dirais oui en ce sens où
07:53tout le monde reconnaît qu'effectivement le logiciel, il devient cœur. On a interrogé
07:59un certain nombre de personnes de l'automobile l'an dernier et 87% disaient finalement ça
08:05va être l'avantage compétitif dans les cinq ans qui viennent. Oui parce que ça permet
08:09de mettre à jour le véhicule, les fonctionnalités, éventuellement traiter des sujets qualité.
08:16Donc oui et non parce que c'est beaucoup plus complexe. C'est beaucoup plus complexe.
08:22Il y a des données de sécurité. C'est une architecture électronique qui est beaucoup
08:28plus complexe aussi. Donc oui et non. Voilà. C'est important mais c'est plus complexe.
08:35Jean-Luc Brossard, pourquoi on achète une voiture aujourd'hui ?
08:37Parce que ça reste l'objet de liberté de mouvement. Et donc je crois que 80% des Français
08:44considèrent qu'ils ont besoin de cette liberté pour pouvoir se déplacer.
08:48Donc ça c'est vieux comme la voiture d'une certaine façon. Ça, ça n'a pas fondamentalement changé.
08:53Non mais il n'y a pas d'alternative en fait. Le problème de fond, si on veut partir à
08:56tout moment,
08:56si on vous dit maintenant je vais aller à Bordeaux maintenant, si on veut aller le plus vite,
09:01le mieux c'est de prendre la voiture qui est garée envers. Donc en fait il y a toujours
09:04cette volonté de liberté de mouvement. Il y a toujours cette difficulté parce qu'on a tendance
09:09à raisonner des fois un peu trop pour des gens citoyens en ville. Mais globalement,
09:14les gens font des kilomètres très variés. Ils vont chercher des enfants, ils les emmènent
09:18au sport, ils vont aller au travail.
09:20Une grande majorité de Français qui nous regardent, qui n'ont pas d'autre choix
09:23que de prendre leur voiture.
09:24Et donc il est très important de leur faire cette proposition-là en complément du transport
09:28public. Ça ne veut pas dire que le transport public ou d'autres types de transport ne vont
09:31pas se développer. Mais ça reste quand même l'outil le plus simple de liberté.
09:35Donc ce qu'on constate...
09:35Alors vous avez bien compris ma question. Est-ce qu'on l'achète quand même de plus
09:38en plus parce qu'il y a un logiciel performant et avec toute la connectivité qui va avec ?
09:45Alors il y a différents types de clients. Il y a des gens qui cherchent de la mobilité.
09:50Et de la mobilité, c'est aller d'un point A à un point B. Il y a des gens
09:54qui cherchent
09:54un certain nombre de confort et d'usage. Et donc toute la technologie numérique peut apporter
10:01en fait cette facilité d'usage. Donc il y a un peu différent. Ce que je suis tout
10:06à fait d'accord avec Laurence, en fait la voiture n'est pas encore... Elle ne pense
10:10pas que ne sera un smartphone à roulette, entre guillemets. Il y a des attentes clients
10:17particulières. Il y a besoin de répondre à certains types d'usages. Et donc ça, ce n'est
10:21pas que le numérique qui le fait. C'est aussi le confort, la sécurité, la capacité d'amener,
10:28comme je le disais, des usages complètement différents à 2, 3, 4 personnes avec des usages
10:34exceptionnels. Mais on dimensionne toujours son outil par les usages exceptionnels. C'est-à-dire
10:38que vous avez toujours 4 places dans une voiture alors que vous roulez à 80-90% seul.
10:42Mais pourquoi ? Parce que vous voulez parfois emmener vos enfants, parfois aller avec un couple
10:46au restaurant.
10:47Sylvain Brioche, heureusement que ce sont des smartphones à roulettes pour une activité
10:51comme la vôtre, c'est ça ?
10:52Exactement. Nous, on est ravis qu'elles soient connectées, bien évidemment, parce qu'on va être
10:56complémentaires sur cette partie-là et finalement apporter d'autres fonctions et faciliter l'usage
11:04de ces voitures-là en entreprise.
11:05Oui, alors comment ? Racontez-nous, comment vous partez des données des véhicules pour
11:11calculer la recharge le plus précisément possible, c'est ça ?
11:15Exactement. En fait, on a choisi de partir de la donnée du véhicule et non pas de la
11:19donnée qui se trouve à domicile. Donc on est vraiment détaché de ça. Donc on part du
11:23véhicule et nous pouvons ensuite collecter les recharges et les quantifier et les différencier
11:30et donc du coup apporter à l'entreprise d'être un tiers de confiance pour pouvoir
11:34rembourser au kilowatts près et être conforme aussi du coup à la législation.
11:40Quelle est la part de l'IA, de l'intelligence artificielle dans l'offre que vous proposez
11:44aujourd'hui ?
11:44Elle est très importante parce qu'il y a tout ce calcul de données et de certifier
11:49que ce que nous disons à l'entreprise est juste, autant pour le salarié que pour
11:52l'entreprise derrière.
11:54L'IA, elle est omniprésente dans les discours. Alors il y a l'IA qui est utilisée depuis
11:59très longtemps, notamment dans un secteur comme le vôtre. Puis il y a l'IA générative
12:02qu'on a tous plus ou moins maintenant dans nos smartphones. Où est-ce qu'elle apporte
12:08un gain de productivité très important dans l'automobile aujourd'hui ?
12:12En fait, j'ai envie de dire un peu partout. Dans la partie conception des véhicules, on
12:17a à peu près 35% des constructeurs et des équipementiers qui aujourd'hui utilisent
12:23l'IA générative. Et il y a un autre tiers qui est en mode pilote, on va dire. Et donc
12:29ça fait partie des éléments pour justement réduire les délais de développement, notamment
12:36en automatisant certaines tâches, en reconcentrant finalement l'ingénieur sur son métier de
12:41fond, qui est la conception, l'arbitrage et les décisions. Donc avec tout ce qui est
12:47traitement des données et de la documentation qui est nécessaire. Et puis aussi par tout
12:56ce qui est virtualisation de toute la partie validation qu'on peut réaliser en partie
13:02virtuellement.
13:02Alors, ça veut dire quoi ? Ça veut bien qu'on rentre dans le détail.
13:05C'est en fait, au lieu de faire un essai physique, donc attendre de construire un prototype
13:10qui, quand il arrive, est déjà désuet puisqu'en fait, pendant ce temps-là, on a continué
13:14à concevoir.
13:15On a continué de progresser, oui.
13:16Et de faire la validation physique, il y a tout un tas de validations qu'on peut faire
13:21numériquement. Et je veux dire, on le fait déjà depuis très longtemps. Les calculs
13:24de chocs, par exemple, on les fait depuis très longtemps avant de faire un tir final,
13:30qui est assez destructeur d'ailleurs et assez coûteux. Donc on peut aussi la même chose
13:35sur les fonctions de conduite autonome. On peut faire de la validation virtuelle. Donc
13:39tout ça permet d'aller beaucoup plus vite et finalement de faire les validations physiques
13:44très tard dans le cycle et plutôt en termes de mesures. On mesure qu'effectivement on
13:51est bien là, mais on n'a plus besoin de passer par tout un tas de stades prototypes. Et donc
13:55ça,
13:55c'est une économie de temps et de moyens.
13:58C'est vrai pour toute l'économie, mais peut-être particulièrement pour le secteur
14:01automobile. Il y a les trois transitions ou transformations simultanées, l'écologique,
14:06la numérique, la sociale. Jean-Luc Brossard, elles sont imbriquées les unes dans les autres.
14:14Est-ce qu'il y en a une plus difficile à mener que les autres ?
14:18Non, elles arrivent beaucoup plus vite. En fait, c'est la dynamique qui est différente.
14:21Si on regarde depuis 1975, on travaillait plutôt sur les moteurs, l'injection directe,
14:26on a fait un certain nombre de choses. Et puis tout d'un coup, on est passé à des
14:29sujets de type sécurité électronique embarquée. Et puis dans les années 2010, on est passé
14:35d'une voiture électrique et électrifiée de façon plus importante. Et là, maintenant,
14:39on arrive avec l'ensemble de la fonction, ce qu'on appelle définie du véhicule à
14:46partir du software. Donc on est dans une situation où la dynamique est beaucoup plus
14:51longue. Et en même temps, il faut qu'on prenne en compte la dimension sociale et sociétale
14:55parce que cette dimension-là, vu les crises géopolitiques, vu la somme des crises qu'il
14:59y a eu depuis 2019, on passe d'une crise à une crise ou d'une guerre à une guerre,
15:05et donc on est obligé de prendre en compte les trois. Donc la dynamique est beaucoup
15:09plus importante que ce qu'elle était auparavant. Néanmoins, ce qui est plus
15:12important, c'est l'accompagnement des sociétés. On parlait de l'électromobilité.
15:19Techniquement, il n'y a pas de problème pour assurer des véhicules électriques
15:22qui assurent en fait l'usage ciblé de cette mobilité électrique. Par contre,
15:27l'écosystème a besoin d'être en place. Dans la chaîne de valeur, on parlait de
15:32comment on gère les véhicules de fonction et comment on gère les remboursements
15:37de frais. Quelle est l'attitude qu'ont les clients vis-à-vis de la charge ? En fait,
15:42aujourd'hui, il y a toujours une problématique. Pourquoi ma borne de charge,
15:46j'en comprenne pas bien les pertes de puissance, ne comprenne pas bien le prix ? Ils aimeraient
15:50bien avoir un prix affiché et un prix affiché permanente.
15:52C'est vrai qu'on peut avoir des différences et une vraie surprise.
15:54Si vous voulez dire, je dépense 10 euros à ma pompe, à ma chargement électrique,
15:57c'est un peu difficile. Pourquoi il n'y a pas d'ombrières alors qu'il y a des
16:00ouvrières sur les véhicules, les stations-services ? Donc il y a plein de questions qui font
16:05que l'écosystème est un peu en retard. Donc il faut que l'écosystème accompagne
16:09énormément. Donc maintenant, on est obligé de penser en écosystème alors qu'il y a 20 ans,
16:1330 ans, on parlait plus automobile. Donc on n'est plus dans une logique d'automobile,
16:17d'écosystème de mobilité. On parlait du véhicule autonome, une véhicule autonome
16:21sans infrastructure. C'est quand même assez difficile de l'imaginer.
16:26Donc après, les entreprises, elles, doivent s'adapter à ça, les entreprises qui
16:30travaillent pour l'automobile. Et ce dont on s'aperçoit, c'est autant que c'est facile
16:34pour des grandes entreprises comme Capgemini, comme Renault, comme Ceylantis, de mettre en
16:39place des structures d'IA à la fois génératives pour les aider à aller plus vite
16:46dans la recherche de documents, l'analyse de documents, la mise en place de PowerPoint
16:50et autres, à la fois dans l'agentique. Autant pour des petites entreprises, c'est
16:54quand même très, très difficile et surtout qu'on s'aperçoit qu'il y a une acceptation
16:57différente.
16:58On va revenir là-dessus, peut-être sur l'aspect métier, salarié, transformation
17:02des métiers, parce que je trouve que c'est très important. Mais je reviens vers vous,
17:05Sylvain Brouillasse, justement, vous accompagnez, je crois, à la fois des PME ou des grands
17:09groupes. Ce n'est pas du tout la même offre ? Ou alors, finalement, il y a des similitudes,
17:14des recoupements ?
17:14Il y a vraiment des similitudes, parce que le plus dur pour une entreprise, quand
17:18il y a une véhicule électrique qui arrive en entreprise, pour plusieurs raisons, elle
17:22arrive en entreprise, donc RSE, la partie plus verte, comme on a vu.
17:28Le respect des réglementations, par exemple.
17:30Exactement, la loi L'Homme, tout l'environnement. Donc tout le monde est assujetti, en fonction
17:35de la taille de l'entreprise, à vouloir en mettre en place ces véhicules-là. Mais il faut
17:39aussi les accompagner, parce qu'il y a un changement, comme vous l'avez dit, savoir conduire
17:43une voiture, c'est facile pour eux, mais tout l'environnement est complexe. Les bornes
17:48rapides, les bornes lentes, comment je me recharge, de quelle manière, le temps que ça va prendre,
17:52l'itinérance. Donc tout cet environnement est complexe et donc ça nécessite un accompagnement.
17:56Mais c'est forcément plus difficile pour une PME ou pas forcément ?
18:01Après, c'est une question de budget et c'est là que ça va amener une différence, en tout
18:06cas, d'aller chercher le domicile. En tout cas, pour les entreprises, il y a un intérêt,
18:10quelle que soit la taille, parce que le kilowattheure est moins cher au domicile des salariés
18:14qu'à l'extérieur. Donc c'est d'aller chercher cette partie domicile et surtout enlever les
18:20contraintes, parce qu'il y a beaucoup de contraintes dans un logement d'un salarié.
18:24Est-ce qu'il est propriétaire ? Est-ce qu'il est locataire ? De quelle manière on va
18:27traiter ? Donc nous, avec l'application, on va vraiment enlever toutes ces contraintes
18:31et être sûr que l'électricité que le collaborateur a mis a été faite au domicile.
18:34À quel point les métiers se sont transformés ? Vous brossiez une sorte de tableau des cinq
18:42ou six dernières décennies. Et est-ce qu'il y a une accélération de la transformation,
18:46notamment avec l'IA aujourd'hui et le passage électrique ?
18:49Les deux, en fait. On s'aperçoit que de plus en plus, du fait de l'électro-ambilité,
18:54les batteries, on est passé d'à des formations de mécanicien-carrossier à des formations
18:59d'électrochimiste. En fait, c'est des métiers différents. Et on voit bien la difficulté
19:03qu'ont les gigafactories à produire en grande quantité parce que c'est des nouveaux métiers.
19:08Et donc les entreprises qui se sont engagées dans ce cas-là transforment leurs effectifs
19:14qui étaient des effectifs plutôt, comme je disais, mécanicien-carrossier, et les forment
19:18en fait à des nouveaux métiers. Alors les deux grandes tendances, c'est l'électrochimie,
19:23l'électronique et puis l'intelligence artificielle et le numérique. Donc le développement des
19:29softwares. Donc on s'aperçoit que les effectifs des grands groupes changent en fait et se positionnent
19:35par rapport à ces métiers et qu'il y a des formations qui sont mises en place avec l'aide
19:40de l'UMM et un certain nombre de sujets.
19:43À taille similaire, si j'ose dire, c'est pas la bonne expression. Évidemment,
19:48Laurence Noël, mais on se pose quasiment quotidiennement ici la question de l'impact
19:53social du passage à l'IA. Tous mes interlocuteurs me disent non, non, mais il n'y a pas de
19:58problème, il n'y aura pas de métier, il n'y aura pas moins d'emploi, etc. J'ai un
20:01peu
20:01l'impression que c'est la langue de bois ou la doxa généralisée. Qu'est-ce que vous en dites
20:05?
20:06Je ne sais pas si c'est... Je pense que surtout, ça va franchir
20:10changer les profils des métiers. Ça, c'est clair. C'est ce qu'on venait de se dire.
20:15Finalement, on va pouvoir se recentrer sur là où l'humain apporte de la valeur,
20:20là où il y avait tout un tas de tâches répétitives sans valeur ajoutée.
20:24Oui, mais plus on pousse le curseur, moins on va avoir besoin d'humains quand même.
20:28Alors, on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein parce que de toute façon,
20:32on a un problème structurel en Europe qui est nos coûts de production et ça, c'est lié
20:37au coût de bain d'œuvre, c'est lié aux matières premières et c'est lié au coût de l
20:43'énergie.
20:44Et ça, il n'y a pas moyen de l'effacer. Il y a le sujet de la performance sur
20:49lequel
20:49on peut travailler et c'est là-dessus qu'on doit travailler.
20:53Donc, est-ce qu'il vaut mieux finalement changer ces métiers et embrasser la transformation
20:58pour aller plus vite et conserver un certain nombre d'emplois ou laisser tout partir ?
21:03Moi, je pense qu'il faut se poser la vraie question en fait. Donc, non, ça ne va plus être
21:07comme avant.
21:09Si c'est ça qu'on regrette, oui, ça ne va plus être comme avant, mais il va y avoir
21:15une transformation
21:17et c'est important qu'on retienne une partie, les métiers en Europe en embrassant cette transformation.
21:25Est-ce qu'il y a un enjeu de nouveaux matériaux ? On a commencé en parlant d'innovation, Laurence
21:30Noël.
21:31Et donc, la question derrière les nouveaux matériaux, c'est la question de la souveraineté, évidemment.
21:36Est-ce qu'on est là aussi, puisqu'on est dans ce match, on décrit ce match notamment avec la
21:41Chine.
21:42Est-ce qu'on part avec un train de retard sur la Chine, sur les nouveaux matériaux ou pas du
21:46tout, au contraire ?
21:47Alors, je ne sais pas si on part avec un train de retard. Oui, il y a un sujet de
21:50nouveaux matériaux, il y a des sujets d'IA.
21:53Il y a tout un tas de sujets d'innovation. Il ne faut pas se dire que l'Europe ne
21:59va pas y arriver ou quelque chose comme ça.
22:03Je suis persuadé qu'on a beaucoup d'atouts.
22:05Je lutte beaucoup contre ça. Oui, on a beaucoup d'atouts. Maintenant, on a aussi un besoin d'accélérer.
22:13On reste quand même une région où on a beaucoup de réglementations.
22:18Et les réglementations ne nous aident pas forcément à aller plus vite.
22:21Et donc, la responsabilité collective, c'est de permettre à un cadre qui peut aller plus vite.
22:29Sylvain, on parle sur l'adoption de l'électrique. Je veux dire, il y a cinq ans, on se disait
22:33encore
22:33« Oh non, non, mais alors, ça va être compliqué, mais où est-ce que je vais charger ? »
22:36etc.
22:37J'ai envie de dire, ces barrières, elles tombent grâce à ce que vous faites, notamment.
22:41Aujourd'hui, en France, depuis le début de l'année, 30% des véhicules sont électriques, vendus sont électriques.
22:47Oui, il y a une accélération, évidemment, avec la crise énergétique.
22:50Et en plus, la crise énergétique donne raison.
22:5248% en mois d'août et 45% de commandes de plus en mois d'août.
22:56Depuis le début septembre, oui. C'est-à-dire, dans les voitures, les nouvelles voitures électriques, c'est ça, on
23:00est bien là.
23:00En voiture neuve.
23:02Et je ne vous parle pas des discussions qu'on avait il y a cinq ans dans les meetings au
23:09niveau comex des constructeurs.
23:11Donc, vous voyez, les choses changent, elles évoluent.
23:14Et c'est important qu'on se positionne.
23:16On parlait des gigafactories.
23:18C'est un point important pour l'électrification.
23:20Donc, ce sont des sujets dans lesquels l'Europe doit investir.
23:23Sur ces enjeux, justement, la réglementation européenne, qui est là pour nous protéger, mais qui peut être aussi un boulet.
23:32C'est un des problèmes, en fait.
23:35Ce que revendiquent les entreprises, c'est de la simplification et un moratoire réglementaire.
23:40Aujourd'hui, la réglementation européenne, on en a, je crois, dans le secteur automobilier, une centaine d'ici 2030,
23:46qui sont calendarisées de façon aléatoire, entre guillemets, et qui, en plus, sont des retards.
23:52Si on prend l'exemple des substances, les PIFAS, que vous connaissez bien, il y a trois ans, on disait
23:59que la première réglementation serait en 2026, puis 2027, puis 2028.
24:03Aujourd'hui, ça va sortir en 2029.
24:06Alors que les réglementations CO2, on parle de 2030, on s'aperçoit qu'en fait, pour un quelqu'un qui...
24:12Donc, vous voudriez un cadre qui ne bouge pas pour les prochaines années.
24:15Les entreprises, en fait, ce qu'elles revendiquent, c'est ça, c'est de la stabilité.
24:19La stabilité et de la simplification.
24:21Donc, simplification et stabilité réglementaire.
24:24Donc, c'est très, très important.
24:26Après, pour revenir, quand Laurence dit qu'il faut accélérer, moi, j'ai tendance à dire pas que.
24:33C'est-à-dire que c'est comme je dis, il faut faire à la fois un sprint et un
24:36marathon.
24:36Un sprint parce qu'il faut rattraper son retard, je suis d'accord.
24:39Mais marathon, c'est qu'il faut avoir une vision partagée vers laquelle on va.
24:43On parlait de la Chine qui dit, ils ont 10 ans d'avance sur l'électrique.
24:47Oui, mais la Chine, il y a 10 ans, il l'avait écrit, entre guillemets.
24:50Et 20 ans.
24:50Oui, merci.
24:54Mais exactement aujourd'hui, ils sortent un plan quinquennal.
24:58Il est clairement indéfini, leurs objectifs et leurs chaînes de valeurs stratégiques.
25:02Nous, si je demande en Europe et en France quelles sont les chaînes de valeurs stratégiques sur lesquelles on se
25:06concentre
25:07et celles qu'on peut laisser parce qu'elles n'ont pas de valeurs ajoutées fortes dans le futur, c
25:11'est plus difficile.
25:12On pourrait compter sur des élections présidentielles, par exemple, pour les voir venir.
25:16Mais le sujet de l'innovation n'est pas un sujet prioritaire aujourd'hui dans les débats.
25:19Mais on voit qu'il y a besoin de vision et d'accélération technologique.
25:25Et il faut les deux, en fait.
25:27Effectivement, il faut les deux.
25:28Après, la Chine, ils ont des élections, mais ils ont une sorte de continuité de régime qui peut légèrement les
25:36favoriser, on va dire ça, par rapport aux démocraties européennes.
25:41Exactement. Bref, on ne va pas faire un débat sur le régime chinois et ses délices.
25:47Je rebondis sur l'accélération du passage à l'électrique sous la pression, évidemment, des prix des carburants.
25:53Vous le ressentez dans votre business ?
25:55Oui, énormément.
25:56Directement, là, aujourd'hui ?
25:58Les entreprises, aujourd'hui, sur les cars policiers, en tout cas, elles sont 100% électriques.
26:03Généralement, ça veut dire qu'il y a des nouveaux clients qui vous appellent depuis 5-6 mois en disant
26:08ça y est, il faut qu'on passe à l'électrique.
26:09Et oui, et de quelle manière on va le faire ? Et surtout, accompagner le collaborateur, parce qu'il veut,
26:14lui, il n'est pas contre les véhicules électriques,
26:16parce qu'on l'a vu, les usages aujourd'hui en France sont facilités, il y a des bornes sur
26:20le réseau public.
26:22Mais le gros point, c'est de dire, OK, je veux recharger à domicile.
26:25C'est le point où c'est confortable de pouvoir recharger après sa journée de travail ou pendant le week
26:30-end.
26:31Et donc, voilà, c'est pour ça qu'on les accompagne.
26:32Aujourd'hui, il y a plus de 80% de recharge qui est effectuée à domicile, en recharge lente, et
26:3653% au travail.
26:38Donc, en fait, c'est vrai que pour satisfaire le client, le domicile et le lieu de travail sont fondamentaux
26:43en équipement.
26:44Ça a filé trop vite, il nous reste une minute trente. On n'a pas du tout parlé de voiture
26:46autonome.
26:48C'est quand même dingue. Laurence Noël, pourtant, elle est là. Technologiquement, elle est là.
26:53Oui, elle est là. C'est vrai qu'il y a aussi quelques années, on se disait, finalement, la voiture
26:57autonome, ça ne va pas arriver, etc.
27:00Non, au contraire, on disait que ça allait arriver. Moi, je me rappelle de ça.
27:02On disait qu'en 2018, il n'y avait plus de voiture à Manhattan.
27:06Et puis après, on s'est dit, ah non, peut-être pas, etc. Mais oui, elle est là.
27:09Alors déjà, c'est vrai que si vous allez à San Francisco, vous voyez les robotaxis, etc. C'est impressionnant.
27:16Il y a aussi un certain nombre d'usages qui sont très intéressants.
27:19On voit, je discutais avec un constructeur japonais.
27:22Au Japon, on regarde le véhicule autonome parce qu'on a une population qui est vieillissante.
27:26Et évidemment, cette population, elle a aussi besoin de se déplacer.
27:29Moi, je pense à ma maman qui habite à la campagne, qui n'a donc pas d'autre moyen de
27:35déplacement que le véhicule
27:38et qui a besoin de se déplacer. Et donc, on peut se déplacer en sécurité.
27:42Et là, on le voit, la technologie a énormément évolué.
27:45Et le véhicule autonome et tout ce qui peut être, on va dire, fonctionnalité de sécurité se développent énormément.
27:56Avec, je le dis, une facilitation maintenant sur la virtualisation pour tester et valider ces véhicules.
28:03Il faut faire attention à ne pas tout mettre sous le véhicule autonome.
28:06Au robotaxi, navettes, il y a des opportunités d'usage.
28:09Le véhicule full autonome de niveau 5 dans lequel on roulera tous, il y a encore un peu de temps.
28:14Non, je parlais plutôt de fonction de sécurité qui permettent à chacun de se déplacer en sécurité dans son véhicule.
28:19Moi, je n'ai plus mes parents.
28:20Mais il y a eu une période où j'aurais bien aimé que mon papa ait une voiture autonome
28:23pour pouvoir continuer de prendre le volant sans qu'on soit tous très, très stressés à l'idée qu'ils
28:27prennent la route.
28:28Merci beaucoup à toutes et à tous d'avoir participé à ce Smart Trends bon mondial de l'auto.
28:33C'est donc du 12 au 18 octobre à Paris-Expo-Porte de Versailles.
28:36Merci de votre fidélité à BeSmart for Change.
28:39Salut.
28:39Merci.
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