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  • il y a 2 heures
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:03RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, Mathieu Béliard
00:08Il est 7h12, vous êtes sur RMC, RMC Story, un très bon réveil, merci de votre fidélité.
00:14Plus de 2500 gardes à vue, des peines qui vont jusqu'à 5 ans ferme.
00:17Des audiences de comparution immédiate démultipliées après le week-end de casse et de pillage.
00:23La justice veut aller vite et frapper fort.
00:25Comment retrouver ceux qui ont saccagé près de 3000 commerces ?
00:28On a ce chiffre, 3000 commerces, c'est colossal.
00:31Et jusqu'où peut aller la justice ? Bonjour Sacha Stropkan.
00:33Bonjour.
00:34Je rappelle que vous êtes magistrat et porte-parole du ministère de la Justice.
00:37Nous avons les moyens d'identifier, de juger les casseurs et les pilleurs.
00:40C'est votre parti pris ce matin.
00:41Alors où est-ce qu'on en est déjà exactement ?
00:43Combien de pilleurs se réveillent ce matin en prison ?
00:46Alors vous l'avez dit, il y a 2500 personnes qui ont fait l'objet d'une garde à vue
00:50depuis samedi.
00:52On est aujourd'hui avec les comparutions d'hier à peu près entre 70 et 80 personnes
00:57qui dorment d'ores et déjà en prison, soit parce qu'ils sont en détention provisoire,
01:00soit parce qu'ils ont été condamnés.
01:01Et le plus gros va arriver aujourd'hui, demain, des condamnations.
01:06Le plus gros, c'est avant la fin de la garde à vue.
01:07Exactement.
01:08Il va arriver là dans les deux jours qui viennent.
01:10Et ensuite, il y a un troisième volet, une troisième vague qui va arriver,
01:13qui est un sujet aussi pour nous.
01:15Notamment parce qu'on voit qu'il y a un sentiment d'impunité tellement fort
01:18qu'il y a des pillages qui se sont faits à visage découvert.
01:21J'en entendais parler ce matin, par exemple, des gens qui vendent sur Vinted aussi.
01:25Oui, on va y venir. Mais avant de parler de la revente,
01:28une vitrine brisée, un pilleur cagoulé pour beaucoup qui disparaît en 30 secondes.
01:33Comment est-ce qu'on remonte jusqu'à lui avec une vidéo filmée sur les réseaux ?
01:37Alors, ce serait faux de dire qu'on va tous les retrouver.
01:39Maintenant, le sujet pour nous, c'est quand même de faire un certain nombre d'interpellations.
01:45Et il y en a eu, puisque 2500 personnes, c'est quand même pas rien.
01:48Pour que vos auditeurs aient un ordre d'idée, il y a déjà plus d'un demi-millier de personnes
01:52qui ont été conduits devant un magistrat dans ce pays en trois jours
01:55pour les faits qui ont été commis ce week-end.
01:57C'est la justice mobilisée.
01:58Il y en a aussi qui, effectivement, faute d'officiers de police judiciaire, par exemple,
02:02ont été relâchés.
02:04Ma question, c'est est-ce que, finalement, ils ne perdent rien pour attendre, entre guillemets,
02:09ou bien est-ce qu'ils sont définitivement tranquilles ?
02:14Alors, non, ils ne sont pas définitivement tranquilles pour deux raisons.
02:17Un, parce que, c'est ce qu'a annoncé le ministère, on invite les parquets à mobiliser les moyens
02:22qui sont normalement déployés dans le cadre de la criminalité organisée,
02:25c'est-à-dire, concrètement, faire de la géolocalisation, des choses de ce type-là.
02:29Et ensuite, la deuxième chose, c'est qu'on va faire un criblage.
02:31C'est très simple.
02:31C'est-à-dire que, quand vous avez fait le mariole sur TikTok, sur Snapchat,
02:35en fait, tout simplement, on peut cribler votre visage otage.
02:38C'est parfaitement légal.
02:39C'est-à-dire, au fichier police, vous avez 17 millions de personnes qui sont fichées dans le tâche,
02:43parce que, par exemple, les victimes y sont aussi.
02:45Et, en vérité, vous aurez un certain nombre de matchs.
02:47Et donc, y compris dans trois semaines, y compris dans un mois,
02:49on pourra retrouver des gens qui, effectivement, se retrouvaient place de la République
02:53et qui ont saccagé des magasins.
02:54– Tropcan, il y a, en fait, cinq fois plus d'audience de comparution immédiate.
02:57Ça, c'est pour Paris.
02:58En fait, on met les moyens.
02:59Il faut bien le comprendre.
03:00La justice ne veut pas de ce procès en laxisme.
03:03Si je vous suis bien, comment on fait, pardon,
03:05pour démultiplier, en fait, les moyens de la justice comme ça ?
03:09– Tout simplement, on demande aux gens de travailler plus.
03:11C'est-à-dire que, je pense qu'on critique souvent la justice.
03:14– Travailler plus pour condamner plus, quoi.
03:16– Je vous laisse cette formule.
03:18Mais une chose est sûre, c'est que depuis samedi matin,
03:21on critique souvent la justice.
03:22Moi, je voudrais vraiment saluer la mobilisation des magistrats,
03:25des greffiers et des personnels, tout simplement, de la justice,
03:27parce que c'est un travail jour et nuit qu'ils font depuis samedi.
03:30Parce que vous vous doutez bien que j'irai 2500 gardes à vue
03:33dans toute la France supplémentaires par rapport à l'activité habituelle.
03:36Par exemple, ça fait quatre fois plus de magistrats à Paris
03:39qui ont travaillé samedi et dimanche que d'habitude.
03:41– Mais justement, on entend beaucoup sur cette antenne
03:44ou sur celle de nos voisins de BFM,
03:47des représentants de syndicats de police,
03:49et ça régulièrement, y compris d'ailleurs depuis le début de la crise lycéenne,
03:51dire qu'en fait, leur travail est sapé par la justice,
03:53que tout ce qu'ils font sur le terrain,
03:55pour arrêter les malfrats, les délinquants, si on peut dire,
03:57eh bien, ça n'est jamais suivi d'effet par les magistrats.
04:00Est-ce que là, on ne tient pas une opportunité en or,
04:02puisque la magistrature, là, sera sous les projecteurs de la France entière,
04:07de prouver que la magistrature est à la hauteur des sacrifices
04:10que font les policiers sur le terrain,
04:12et évidemment, des dégradations dont sont victimes tous les Français ?
04:14– Tout à fait, mais vous savez, quand on est magistrat,
04:17c'est comme quand on est policier,
04:18c'est un engagement de tous les jours, évidemment…
04:21– Oui, mais il y a des critiques quand même, beaucoup même.
04:22– Oui, bien sûr, bien sûr, évidemment pas sous la même forme.
04:24Après, nous, notre sujet, si vous voulez, c'est pas l'ordre public.
04:27L'ordre public, c'est un sujet policier,
04:28tout le monde a bien compris, tous les membres du gouvernement
04:31se sont exprimés sur le sujet que ça a dysfonctionné.
04:33Maintenant, nous, notre sujet, évidemment que tout le monde aurait souhaité
04:36que ça n'arrive pas, maintenant c'est arrivé,
04:38notre sujet, c'est quelle réponse pénale on apporte.
04:40Et effectivement, je pense que, y compris le président de la République
04:42dans sa allocution de dimanche soir l'a dit,
04:44on rend la justice au nom du peuple français,
04:46et je pense que très clairement, on voit ce que les gens attendent de nous
04:48depuis quelques jours, et ce qu'ils attendent de nous,
04:50c'est une réponse ferme pour que ça ne se reproduise pas.
04:53– Karim Etanis, dans les Alpes-Maritimes, avec nous.
04:55Bonjour Karim.
04:57– Comment ça va, RMC ?
04:58– Ça va pas mal, et vous-même, Karim ?
05:00– Ben écoutez, très bien, au boulot, là, ça y est.
05:02– Ben oui, il faut travailler le matin.
05:03– On part au Cherbourg, la France à Macron, comme on dit chez nous.
05:06– On est là, on est là, RMC, pour vous accompagner sur la route, évidemment.
05:09Karim, vous avez manifesté samedi dernier, vous ?
05:11– Oui, bien sûr.
05:12– Et vous allez y retourner samedi prochain ?
05:13– Oui, et même d'après, et même encore jusqu'à l'année prochaine s'il faut, voilà.
05:19Ça sera un peu les remédications un petit peu de…
05:23– Mais Karim, on a vu, alors vous êtes à Nice,
05:25je ne sais pas si c'est à Nice même que vous avez manifesté.
05:28– Oui, à la fin de ça.
05:28– Nice aussi, où il y a eu des pillages, de la casse, etc.
05:30– Karim, vous l'avez vu, ça, de vos yeux ?
05:32– Ah ben bien sûr, j'ai vu en direct live, Decathlon, JD, Footloqueur.
05:37Et vous savez quoi, par contre, moi, ce qui me choque,
05:39j'étais devant Micromania, comme tous les citoyens français,
05:43et à 20 mètres, il y avait la police, et aucune réaction ne leur part.
05:47Aucune réaction, alors qu'il était vraiment à 20 mètres du magasin.
05:48– C'est important, je peux rappeler, Karim, pour ceux qui ne l'auraient pas vu,
05:51Micromania, où le patron du magasin Micromania s'est illustré,
05:54parce qu'il a tenté de défendre sa boutique, magasin de jeux vidéo,
05:58et c'est devenu presque une figure du net, après ces mobilisations du 17.
06:02Et vous, vous dites que dans le contre-champ, ce qu'on ne voyait pas dans la caméra,
06:04c'est la police à côté ?
06:06– Ah ben oui, c'était à 20 mètres, franchement, mais vraiment,
06:07quand j'ai collé, c'était vraiment collé.
06:10Donc les jeunes, ils puissent le magasin…
06:13– Je ne veux pas me faire le défenseur des policiers,
06:15mais pour connaître quand même un peu ces sujets de maintien de l'ordre,
06:18souvent, ce qui peut paraître évident, et en vérité très complexe dans leur intervention,
06:21parce qu'en vérité, vous êtes 3 policiers, ou 4 policiers,
06:24et parfois même 10 policiers, si vous avez un mouvement de masse avec 200 personnes,
06:29en vérité, le rôle des policiers n'est pas non plus de jouer aux têtes brûlées,
06:33et d'ailleurs, en général, après, on vient leur reprocher
06:35d'avoir des techniques d'intervention qui ne sont pas les bonnes,
06:37donc je ne sais pas ce qui s'est passé là,
06:39mais en vérité, je veux aussi, là, pour le coup, défendre un peu les policiers.
06:42– Alors, tête brûlée, peut-être que c'est aussi ce patron de magasin,
06:44parce qu'il se retrouvait seul aussi.
06:47– Bien sûr.
06:47– Pardonnez-moi, on avait le patron de la chambre de commerce et d'industrie
06:49qui était auparavant avec nous sur RMC,
06:51beaucoup de commerçants commencent à s'armer pour se défendre,
06:55à acheter des battes de baseball, mais parfois juste des armuriers,
06:58témoignent d'une recrudescence hier.
07:00La semaine prochaine, vous qui jugez vite en ce moment,
07:04et fort plutôt que vite,
07:06vous êtes prêts à juger des commerçants qui auraient tiré sur un pierre ?
07:09– Alors, le sujet pour nous, évidemment,
07:11que je ne veux pas faire de la philosophie,
07:12mais le principe de la vie en société,
07:14c'est qu'on délègue la violence à l'État,
07:17et qu'effectivement, je comprends que les gens…
07:18– Ils ont appelé la police.
07:19– Je comprends qu'à partir du moment où les gens ne se sentent pas protégés,
07:23des questions se posent.
07:24Et justement, c'est pour ne pas en arriver là,
07:25qu'on souhaite rétablir l'ordre
07:27et montrer qu'il y a une réponse pénale derrière.
07:30– Dans les tribunaux, la semaine prochaine, il y aura des commerçants ?
07:31– Non, je ne le souhaite pas, en tout cas.
07:34Le but n'est absolument pas celui-ci.
07:35Bien sûr que nous, à l'inverse, on est là pour accompagner les commerçants.
07:38– Attendez, je comprends très bien ce que vous dites,
07:40et vous avez raison.
07:41Premièrement, il n'est pas question d'incriminer les policiers,
07:43on sait tous qu'ils ont fait tout ce qu'ils ont pu
07:45pendant cette terrible nuit du 17 octobre.
07:47La vérité, c'est qu'ils étaient en sous-effectif,
07:49que donc la réalité aussi, c'est qu'il y a eu des manques du gouvernement.
07:51Est-ce qu'on peut vraiment reprocher aux gens
07:53d'être choqués par le fait que des commerçants
07:56aient dû défendre leur boutique tout seul
07:58contre parfois 10, 15, 20, 30 personnes,
08:01et de demander des comptes, en fait ?
08:02Vous voyez, ça fait partie de la vie en société aussi, ça.
08:04– Je ne le reproche pas du tout.
08:05– On ne peut pas répondre loi quand on vous dit « j'ai vu ».
08:07– Je ne le reproche pas du tout aux commerçants, bien au contraire.
08:10Tout ce que je vous dis, c'est que justement,
08:11nous, pour nous, c'est clair, les commerçants, ce sont des victimes.
08:14Et que nous, notre sujet, c'est comment est-ce qu'on accompagne ces victimes,
08:17parce que ça, c'est un sujet plus économique.
08:18– Pour éviter que ça ne dégénère.
08:19– Oui, et puis un sujet aussi économique.
08:21Aujourd'hui, les commerçants, ils se disent
08:22« les assurances, ça va être très long,
08:23donc il y a aussi un sujet pour nous,
08:25de comment est-ce qu'ils se font indemniser,
08:26comment est-ce qu'ils peuvent demander des réparations
08:28aux gens qui ont commis ça. »
08:29– Alors, pardonnez-moi, je me permets juste,
08:31parce que vous avez dit ceux qui font les marioles sur Internet,
08:33et après, je vous libère, Sacha Stropkan,
08:35mais il y a un truc qui est très important à dire ce matin.
08:37Si vous achetez des produits qui ont été volés samedi
08:40et qui sont siglés 17 octobre,
08:42on a l'impression que c'est le Black Friday.
08:43– C'est une infraction.
08:44– C'est une infraction.
08:45– Trois ans d'emprisonnement, c'est du recel de vol.
08:47– Attention à ceux qui penseraient
08:48« j'ai pas volé, j'ai pas pillé,
08:50mais j'ai juste fait une bonne affaire sur Internet. »
08:51– Ça n'est pas une bonne affaire.
08:52– Non, c'est une infraction.
08:53– Merci beaucoup Sacha Stropkan.
08:54– Merci à vous.
08:55– Merci d'être venu répondre à nos questions.
08:56Vous êtes porte-parole du ministère de la Justice,
08:58magistrat vous-même.
08:59Les temps sont compliqués.
09:01Il faut expliquer les choses
09:02et vous l'avez fait ce matin pour nos auditeurs.
09:03Merci mille fois.

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