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  • il y a 11 heures
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00...appel à la mobilisation à nouveau cette semaine de la part des lycéens.
00:04Eh bien vous vous estimez, pour Yann Amir Chahi, que les parents doivent descendre dans la rue.
00:09Bonjour, député écologiste de Paris, votre appel c'est de dire
00:12on se met tous en blanc, on descend avec nos enfants et on bloque les lycées à leur côté.
00:17C'est vraiment le rôle des parents ?
00:18Alors je n'ai pas appelé à bloquer, je dis juste qu'il faut que les parents soient là.
00:21J'ai appelé ça les darons, les daronnes, qu'on soit parents d'ailleurs ou non.
00:25Mais ce sont nos enfants.
00:26Ce sont nos enfants qui s'expriment librement.
00:29Et ils ont le droit de le faire pour parler d'eux, pour parler de leur vie.
00:32On est en 2026, on ne peut pas dire que la société manque d'anxiété quand même,
00:37à peu près à tous les niveaux.
00:39Quand on a 15 ans aujourd'hui, 16 ans, 17 ans, et qu'en plus vous faites votre rentrée,
00:43que vous dites légitimement, il n'y a pas de PQ dans mes toilettes,
00:47les plafonds s'écroulent, je n'ai pas mon prof, je ne comprends rien à mes emplois du temps,
00:51on ne peut pas accepter que la réponse soit d'abord une réponse répressive.
00:54Or elle a été globalement très répressive.
00:57Je n'ai jamais vu ça, moi, de mémoire de jeunesse, je n'ai jamais vu une réponse policière si
01:01importante, si violente.
01:02Est-ce que vous aviez vu une telle violence lycéenne aussi ?
01:04Parce qu'en fait, on peut parler des ripostes, mais est-ce que vous aviez vu si vite,
01:08en quelques jours, une révolte devenir à ce point violente ?
01:12Alors, non, j'ai rarement vu un tel niveau de violence, en tout cas apparent dans les réseaux sociaux,
01:19parce que l'image est aussi trompeuse.
01:20Il y en a beaucoup d'images qui véhiculent des flammes, des bagarres,
01:26mais de façon générale, on parle à des gamins.
01:29Des gamins qui sont peut-être énivrés et joyeux de leur propre mouvement, c'est normal.
01:34Donc on les écoute, on les écoute.
01:37Ce n'est pas la peine de mettre la police tout de suite en première ligne,
01:41on les reçoit, on demande quel est leur problème, bref, on les écoute.
01:45À partir du moment où on voit bien qu'il y a une polarisation qui se fait,
01:48où le ministre de l'Intérieur dit lui-même qu'il n'y aura pas de retenue,
01:51moi je m'inquiète et je dis que notre rôle, c'est de vie à ce que ça se passe
01:55bien.
01:55Que les parents soient en quelque sorte des casques blancs.
01:58Et ce qui n'est pas nouveau, puisqu'en fait on l'a déjà fait dans les années 80,
02:02à bout d'un mort de Malik Ousekine, les parents étaient descendus.
02:04En 1990 d'ailleurs, on l'a un peu oublié, il y a eu une révolte lycéenne,
02:08entre guillemets, totalement comparable à aujourd'hui,
02:10pour les mêmes raisons, manque de moyens, les salles de classe dans le mauvais état.
02:14Là encore, les parents étaient descendus, donc en fait c'est un vieux classique.
02:17Et il faut bien reconnaître que dans ce cadre-là, ça ne marche pas trop mal.
02:20C'est vrai que ça ne marche pas trop mal, ça permet de discipliner les choses.
02:23Après, la question c'est est-ce que les parents sont là pour être le tampon
02:26entre les casseurs et les CRS autour des lycéens ?
02:29Ça c'est une autre question à laquelle vous pouvez répondre.
02:31Non, c'est une vraie question.
02:32Parce que c'est ce qui va se passer, qu'on ne se raconte pas d'histoire quand même.
02:35Bon, d'abord on ne va pas faire le service d'ordre.
02:37Mais vous avez raison, on ne devrait pas faire ça.
02:41Ça devrait se passer normalement.
02:43On devrait pouvoir écouter des lycéens.
02:45Mais en fait, franchement, on a un gouvernement d'incapables.
02:47Ça fait dix ans qu'ils ont supprimé à peu près dix mille postes.
02:51Je vais vous le dire autrement.
02:53En France, il faut attendre que ça pète pour écouter les jeunes.
02:57Ça vaut dans tous les domaines de l'enfance.
02:58Regardez, toutes les affaires concernant les enfants, nos enfants,
03:01de l'affaire Liana à ce qui se passe dans les lycées, c'est pareil.
03:04Il faut que ça pète pour qu'on se dise, ah ben il y a un problème.
03:06Ça fait combien de temps qu'on vous a alerté ?
03:07Ça fait combien de temps qu'on vous, vous le gouvernement, les pouvoirs publics,
03:10dit que notre pays est indigne du rang qu'il prétend avoir
03:14lorsqu'on a des bâtiments vétus, qu'il n'y a aucune modernité dans les équipements ?
03:18Bref, ce n'est pas normal.
03:20Et donc, encourager nos enfants à l'exprimer, par ailleurs,
03:25dans une période où on se plaint toujours de l'absence de civisme, justement.
03:29Mais c'est l'apprentissage de la citoyenneté, un mouvement social, c'est super.
03:32C'est là où quand même, moi, ça m'interpelle.
03:34C'est que vous dites que c'est l'apprentissage de la citoyenneté.
03:36Mais pardon, est-ce que la citoyenneté, c'est pas aussi d'apprendre
03:39que la police, elle est là pour protéger des manifestants
03:42et pas, au contraire, pour casser du manifestant ?
03:46Or, c'est un peu ça que vous véhiculez comme idée.
03:49Et moi, je trouve que, du coup, on fait la confusion entre les délinquants
03:52et les vrais lycéens, parce que vous pouvez pas nier qu'il y a d'un côté des casseurs
03:55et de l'autre côté, les lycéens, qui ont effectivement toutes les revendications légitimes.
03:59Mais les policiers sont là, vous avez raison de le rappeler, pour protéger les lycéens.
04:03Bah oui.
04:03Bah oui, point. Je suis d'accord avec ça.
04:05De ce qu'on voit, c'est pas toujours le cas.
04:07Les arrestations, 5000 jeunes qui ont été arrêtés,
04:10pour vous, c'est des mauvais... Enfin, il ne fallait pas le faire ?
04:13Ah oui, alors ça, c'est une certitude, je vous le confirme.
04:15Enfin, pardon, mais vous avez vu les images, quand vous avez un jeune de 16 ans
04:18qui prend un pchit, qui met le feu et qui, en plein visage, jette cette flamme,
04:24quand vous avez un policier au sol qui est tabassé dans la tête,
04:28quand vous avez une policière, on l'a vu dans les premiers jours,
04:31qui est poursuivie par des jeunes qui crient « tu es là »,
04:34on fait quoi ? On ne les arrête pas ?
04:35Alors, bien sûr que si, on les interpelle immédiatement.
04:37Il n'y a pas de sujet là-dessus.
04:39Mais vous voyez bien que si on passe quelques minutes,
04:41et il faut le faire sans doute sur ces situations-là,
04:43on met de côté des millions de lycéens qui clament autre chose.
04:46Et donc, le vrai sujet, en tant qu'adulte, c'est de nous occuper
04:49de cette situation-là, de l'avenir de nos enfants.
04:52Et puisqu'on parle de l'avenir de nos enfants, même ces jeunes-là,
04:54c'est-à-dire qui font n'importe quoi,
04:57qui transgressent au point de menacer une personne.
05:00Il faut peut-être qu'on s'interroge.
05:01Peut-être que le gamin en question à 17 ans,
05:02qui est lycéen, qui fait ça,
05:04il faut peut-être effectivement le remettre entre deux bonnes mains.
05:06Attendez, ça veut dire quoi ?
05:06Ça veut dire que c'est légitime ?
05:07Ça veut dire que vous excusez ?
05:08Vous expliquez ?
05:10Vous voulez faire quoi ?
05:10On va le mettre en prison ?
05:11On va le prendre ?
05:12Il faut bien le prendre en charge, le gamin.
05:14Enfin, on est en France.
05:15Non, mais le prendre en charge, oui.
05:15Mais vous avez l'air de dire,
05:17bon, c'est pas de sa faute, quoi.
05:19J'ai pas dit ça.
05:19Je vous dis, on l'interpelle immédiatement.
05:21Donc, ça veut dire qu'il y a une responsabilité.
05:23Mais, comment dire ?
05:24Si on avait un peu plus d'éducateurs spécialisés,
05:27vous savez, moi j'étais travailleur social,
05:29donc je me souviens d'une époque
05:30où lorsque un gamin était en difficulté,
05:33comme était passé dans un champ de violence,
05:36les gendarmes le remettaient aussi aux éducateurs spécialisés
05:38parce qu'ils les connaissaient.
05:40Si on en avait un peu plus...
05:41Mais ça, c'est une chose.
05:43Que dans une masse de lycéens,
05:44on ait des gamins,
05:45quelle qu'en soit la raison,
05:46y compris si ont été provoqués ou pas,
05:48j'ai pas les détails,
05:49s'en prennent physiquement à d'autres,
05:51ce n'est pas bien.
05:51Ce n'est pas bien.
05:52Il faut manifester dans le calme.
05:53Mais les manifestants, globalement,
05:56sont parfois joyeux.
05:57Vous avez même vu des proviseurs
05:58en train de danser avec eux.
05:59Pourquoi on n'en parle pas assez de ça ?
06:01C'est quand même une bonne ambiance.
06:01Et on a entendu d'ailleurs des professeurs aux côtés,
06:03pas seulement les parents que vous invitez
06:05à venir soutenir ou calmer le jeu,
06:08effectivement, sur le terrain,
06:09mais également des professeurs.
06:11Il y a Stéphane qui a composé le 32-16
06:12en vous entendant, je crois,
06:14pour Yair Amir Chahi.
06:15Stéphane, vous nous appelez de l'Indre.
06:16Vous êtes personnel pénitentiaire.
06:19Bonjour Stéphane, notre invité.
06:20Et nous-mêmes, on vous écoute.
06:22Je ne suis pas d'accord avec votre invité
06:24parce que quand on parle
06:25qui est dans les mouvements actuellement,
06:28il y a des lycéens et des casseurs.
06:29Il faut bien les distinguer.
06:30Mais on a aussi des lycéens casseurs.
06:33Ils sont affiliés au même groupe, on va dire.
06:37Et je pense que quand on parle de répression
06:39et de maintien de l'ordre,
06:41il y a plusieurs choses à savoir.
06:42Sur la voie publique,
06:43on ne peut pas obstruer un accès à un établissement.
06:45Il faut qu'on puisse laisser les accès.
06:47Dans beaucoup de lycées,
06:48dans beaucoup d'universités,
06:50il y a eu des jeunes qui souhaitaient y accéder
06:52et qui ont été empêchés.
06:54Manifestation, oui.
06:55Blocage, non.
06:56Voilà.
06:58Alors, effectivement,
06:58comme disait votre invité,
07:00on peut avoir des mouvements pacifiques.
07:01On en a eu.
07:02J'ai vu des vidéos sur les réseaux.
07:04Ça s'est très bien passé.
07:04On a vu des policiers faire des pompes
07:06avec des manifestants.
07:07Il y a eu des choses.
07:08Quand je vois Belfort,
07:09le policier qui se fait rouler deux coups,
07:11Marseille, je crois que c'est la dame
07:13et qui se fait asperger et brûler au visage,
07:16ça, à un moment donné,
07:16on ne peut pas le tolérer.
07:17Et un exemple, Stéphane,
07:19qui, je pense, ira dans votre sens,
07:20c'est l'Aciota.
07:21Très intéressant,
07:22parce que l'Aciota,
07:23c'est un professeur
07:25qui se fait asperger d'essence.
07:26Le jeune a été arrêté,
07:28en l'occurrence.
07:29Il est présumé, évidemment,
07:30innocent au moment où on se parle,
07:31mais il est en garde à vue.
07:32Il a 16 ans.
07:32Et c'est un des lycéens de l'école.
07:35Comment on fait, là ?
07:36Ça, c'est un des lycéens
07:37qui manifestait,
07:38qui est issu de cette école
07:40et qui asperge, à un moment,
07:41son professeur d'essence.
07:43Eh bien, on le prend en charge, le gamin.
07:44Parce qu'à 16 ans,
07:45quand un gamin asperge
07:47un prof d'essence,
07:48c'est qu'il y a un truc qui ne va pas.
07:49Mais on ne commence pas par punir ?
07:51Bon, ben, si vous voulez le punir...
07:52Non, non, je ne sais pas.
07:53Ce n'est pas moi qui veux.
07:54Je vous pose la question à vous.
07:55Est-ce que, pour vous,
07:55les actes n'ont pas de conséquences ?
07:56Mais ce n'est pas à moi
07:57de faire la punition.
07:57Mais évidemment qu'il y a
07:59une conséquence.
08:00Ça s'appelle la pédagogie.
08:02La pédagogie, y compris de la sanction.
08:03Il y a la pédagogie,
08:04mais est-ce qu'il n'y a pas la sanction ?
08:05La pédagogie de la sanction.
08:06Ça sert à faire la pédagogie.
08:08Mais interrogeons-nous,
08:10vous comme moi,
08:11sur le fait que,
08:12si ça peut arriver chez nous,
08:13c'est qu'il y a un petit problème.
08:15Bien sûr, personne n'a remis ça en...
08:16Et puis ça ne doit pas masquer le reste.
08:18Et quant au reste,
08:19votre auditeur m'interpelle
08:21sur les blocus.
08:22Mais là, il a raison.
08:22Mais moi, je ne demande qu'une seule chose.
08:24Laissons ouvrir les écoles.
08:26Laissons les lycéens
08:27discuter dans les assemblées générales.
08:29Ça évitera de faire des blocus.
08:30Vous verrez.
08:30C'est simple.
08:31Merci beaucoup.
08:32Merci Stéphane
08:33pour votre interpellation.
08:34Merci Pouria Amir Chahi.
08:35Vous êtes députée écologiste de Paris.
08:37Tiens, si vous êtes parent vous-même,
08:39je me souviens,
08:40la semaine dernière d'Emilie,
08:41dont le fils est en première
08:42au lycée Balzac à Tours,
08:45dites-nous, appelez-nous,
08:46est-ce que vous seriez prêts
08:46à descendre,
08:47en effet,
08:48comme le demande Pouria Amir Chahi,
08:49à descendre
08:50pour essayer d'apaiser les choses
08:52et d'être aux côtés de vos enfants ?
08:54N'hésitez pas au 32-16.

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