00:00Il est 8h13 sur RMC et sur RMC Story. Dans un instant, nous serons avec Rudimana, qui est le délégué
00:07national UNESA Police, sur le dispositif, sur le terrain.
00:12À quoi s'attendre demain dans les rues, partout en France, jusqu'à 100 000 personnes, en dehors de Paris,
00:17sans compter Paris ?
00:18Ça, c'est ce que le renseignement territorial nous dit. Le retour des gilets jaunes qui inquiètent les forces de
00:25l'ordre. Bonjour Rudimana.
00:26Bonjour.
00:28Vous n'êtes pas serein, serein ?
00:31Ah, si je vous disais que j'étais serein pour demain, je vous mentirais et j'ai horreur de ça.
00:35Donc effectivement, demain, vous savez, on entend beaucoup de choses.
00:38On voit même des influenceurs prendre la parole pour dire qu'ils vont s'en prendre aux policiers,
00:42qu'ils vont commettre des violences aux policiers cherchant à recruter des individus qui ont fait des gardes à vue.
00:47Donc, on va mettre un gros dispositif de police. Ça, c'est une certitude.
00:50Il y a plus de 40 forces mobiles qui vont être sur Paris.
00:54On a des policiers qui, depuis quatre semaines, quand même, sont maintenant tous les jours sur le terrain à subir
00:59beaucoup de violences,
01:00il faut le reconnaître, vu le nombre de blessés chez nous.
01:03Et puis, on va voir comment ça va se passer demain.
01:05Parce qu'une nouvelle fois, il n'y a pas grand-chose qui est déclaré.
01:07On ne connaît pas trop le parcours de ces manifestants.
01:10Et on ne sait même pas le nombre précis de ces manifestants.
01:12Donc, on va un peu découvrir demain.
01:14Parce que, comme d'habitude, avec ces gens-là, rien n'est prévu.
01:18Je rappelle qu'il y a eu 937 policiers blessés depuis le début du mouvement lycéen.
01:22Dans quel état d'esprit sont vos collègues ?
01:26Avec, évidemment aussi, de l'autre côté, un certain nombre de lycéens blessés.
01:32On recevait, à l'instant, un des élus à la France Insoumise, Eric Coquerel,
01:35qui estime que ce sont vos hommes, que ce sont les policiers qui ont créé la violence.
01:42Vous savez, à la France Insoumise, rien de surprenant.
01:44Tout est la faute de la police.
01:46C'est la police qui a crappé les 145 professeurs qui ont été blessés.
01:51C'est la police qui brûle les camions de pompiers.
01:52C'est la police qui brûle les lycées qui ont été brûlés.
01:55Non, en l'occurrence, ce n'est pas du tout le cas.
01:57L'état d'esprit des collègues aujourd'hui, je ne vous cache pas qu'ils en ont un peu marre.
02:01Il faut se dire les choses aussi.
02:03Quand ça fait trois semaines et demie ou quatre semaines que vous subissez la longueur de journée,
02:07et Dieu sait que les journées sont longues, des insultes, des jets de pavés, de mortiers d'artifice,
02:12et que vous avez un nombre aussi conséquent que vous avez dit de blessés dans nos rangs,
02:16il est évident qu'on n'a pas le moral au plus haut.
02:18Justement, Rudy Manat, bonjour.
02:22Après les Gilets jaunes, il y avait un vrai sujet qui était celui de la fatigue des forces de l
02:25'ordre,
02:25la police, la gendarmerie, et qui du coup, les syndicats de police avaient alerté en disant
02:29quand on est fatigué, et bien du coup, on a un épuisement psychologique, ça crée du stress,
02:33ça peut créer des bavures, des erreurs.
02:35Est-ce qu'en ce moment, la fatigue des forces de l'ordre, c'est un sujet avec la multiplication
02:40des interventions,
02:41la hausse de la violence ? Est-ce que c'est un sujet chez vous, ça ?
02:44C'est un vrai sujet, moi.
02:45Tous les retours que j'ai des collègues de terrain,
02:47vous savez, quand vous êtes harcelé toute la journée, parce que c'est le cas,
02:50il y a du harcèlement toute la journée,
02:53à la fin de la journée, quand vous arrivez à la maison,
02:55franchement, vous n'êtes pas dans un état super intéressant,
02:58et pour les familles, je ne vous dis pas l'état d'esprit dans les familles.
03:01Donc, on va essayer demain de tenir les équilibres une nouvelle fois,
03:05de préserver ce qui est préservable,
03:07en évitant évidemment qu'il y ait des blessés d'un côté ou de l'autre,
03:11en essayant aussi de préserver les villes que nous devons protéger.
03:16Ensuite, il y a les vacances scolaires, on va voir ce que ça va donner,
03:19en espérant qu'il y ait vraiment une accalmie,
03:20parce que je crois que le pays en a besoin, et la population en a besoin.
03:24Un mot encore, Ruyimana, sur ce qu'ont fait vos confrères,
03:26autre syndicat, le syndicat Alliance, je rappelle que vous,
03:28vous êtes délégué national Unsa Police,
03:31le syndicat Alliance qui a annoncé hier qu'ils allaient porter plainte contre l'État,
03:35estimant que l'État les a envoyés en quelque sorte au casse-pipe,
03:38qu'il y a eu des ordres et des contre-ordres sur la manière de maintenir,
03:42justement, ou de tenir ces manifestations,
03:44et que ça a mis en danger vos collègues.
03:48Comment vous réagissez au fait que les policiers attaquent l'État ?
03:52– Vous savez déjà, je crois que le syndicat Alliance,
03:56ça a été énoncé hier par beaucoup d'avocats,
03:59cette plainte ne tient pas du tout,
04:00on ne peut pas attaquer l'État,
04:02parce qu'on peut attaquer des personnes morales
04:05en excluant l'État qui n'est pas attaquable là-dessus,
04:07donc eux, ils ont agi sans réfléchir,
04:10nous, avec Unsa Police, on essaye de réfléchir avant d'agir.
04:13– Effectivement, parfois, on a des policiers,
04:18on a des policiers aujourd'hui, c'est parfois difficile,
04:21parce que vous savez, des fois, vous devez subir beaucoup de choses,
04:24on vous demande d'attendre avant d'intervenir,
04:27et puis parfois, c'est un peu différent,
04:29on vous demande d'intervenir plus rapidement,
04:31donc on doit s'adapter aux ordres,
04:32il y a une autorité civile qui donne les ordres,
04:34c'est un préfet ou c'est un directeur de la police,
04:37et ensuite, vous avez un commandant de la force publique sur le terrain,
04:40qui considère si c'est possible d'appliquer cette ordre ou pas.
04:43Mais à la fin de l'histoire, c'est toujours les policiers de terrain,
04:45les CRS, les compagnies d'intervention,
04:47et tous les policiers de sécurité publique
04:48qui doivent assumer ces ordres,
04:51et je peux vous assurer que ce n'est pas facile
04:53dans le contexte où on est aujourd'hui,
04:54et avec la violence que l'on subit aujourd'hui,
04:56et surtout, la haine antipique que l'on voit en face de nous.
04:59– Bon courage, merci beaucoup, Rudimana, délégué national Unsa Police,
05:02merci d'avoir répondu à nos questions,
05:04donc à la veille de cette journée de mobilisation.
05:06Il y a une autre colère, d'ailleurs, tiens,
05:07qui monte également, qui couve littéralement,
05:10c'est la colère des agriculteurs,
05:12ne manquez pas dans moins d'un quart d'heure,
05:15maintenant, mon interview, le face-à-face
05:17avec le représentant des agriculteurs,
05:19Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA.