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Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00Les lycéens espèrent une journée noire, les forces de l'ordre redoutent un embrasement des manifestations et des rassemblements aujourd
00:06'hui prévus un peu partout en France.
00:08Eric Delbecq, vous êtes toujours avec nous, expert en sécurité intérieure, auteur de La trahison des élites, c'est aux
00:14éditions Robert Laffont.
00:15L'appel à rejoindre le mouvement de plusieurs syndicats, des profs et même des parents d'élèves, est-ce que
00:20ça peut calmer le jeu et éviter des débordements ?
00:24Je ne suis pas très sûr, je pense que dans une situation comme ça, plus il y a de participants,
00:29plus c'est dangereux.
00:29Et puis surtout qu'il n'y a pas grand-chose de spontané dans ce mouvement, on voit bien qu
00:33'il est préparé, encouragé.
00:35Quand vous regardez les modes opératoires des éléments les plus violents, ça n'a absolument rien d'immédiat.
00:43Et c'est toujours à peu près les mêmes modes offensifs que l'on retrouve.
00:47On les a retrouvés dans les émeutes en 2023, on les retrouvait quand les mouvements d'ultra-gauche ont pris
00:52possession des Gilets jaunes.
00:54Donc il y a quand même des récurrences sur lesquelles on devrait s'interroger.
00:57Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pour vous, ce n'est pas un mouvement lycéen classique ?
01:02Non, d'ailleurs je m'interroge beaucoup sur la temporalité, si vous voulez, que ce soit juste après la venue
01:07du pape,
01:07qu'on ait un segment totalement contraire, on a rassemblé une quantité industrielle de gens sans qu'il y ait
01:13d'incidents.
01:15Et là, sur ce mouvement-là...
01:16Le week-end précédent, autour de la venue du pape.
01:18Voilà, et sur ce mouvement-là, vous avez du mal à faire le tri entre les revendications et puis à
01:23pousser les revendications pour voir un petit peu de quoi est constituée la violence.
01:27Ça doit être un tout autre panorama qui est donné.
01:30Et la conclusion que j'en tire en termes de sécurité intérieure et de maintien de l'ordre, c'est
01:35que ce mouvement-là, il est très clairement opéré.
01:38C'est-à-dire qu'il n'est pas spontané.
01:40Ça veut dire qu'il est téléguidé, il est organisé, il y avait une volonté que ça casse assez vite
01:45?
01:45Oui, oui, et puis y compris quand vous regardez un petit peu les profils.
01:48Moi, je suis allé sur le terrain voir ce qu'étaient les gens qui s'attaquaient aux forces de l
01:53'ordre.
01:53Et ça, c'était particulièrement intéressant parce qu'on en a rapidement conclu et en me documentant et en parlant
01:59aux forces de l'ordre.
02:00Je me suis aperçu que certains, ils les connaissaient très bien.
02:03Et pourquoi ils les connaissaient très bien ?
02:04Parce que c'était une espèce de masse de manœuvre disponible dont certains, par ailleurs, avaient des activités dans le
02:07studio,
02:08ils avaient de petites activités délictuelles, donc c'est intéressant.
02:13Alors, ils sont peut-être administrativement inscrits au lycée, j'en sais rien.
02:16Mais je ne pense pas que leur première occupation quotidienne soit le lycée.
02:18Alain Boer hier disait qu'il y avait un certain nombre de narcos, ou de petites mains du narco,
02:23qui parfois se joignaient en effet aux casses, avec une idée aussi de guerre des territoires.
02:28Emmanuel ?
02:30On a l'impression que la mécanique a changé.
02:31En fait, d'habitude, les mouvements étudiants, c'était souvent un projet de loi.
02:35Du coup, les syndicats étaient mobilisés, appel national, etc.
02:38Là, en fait, ça part d'un lycée de Créteil.
02:41Et puis, tout de suite, il y a les réseaux sociaux.
02:43Donc ça, ça joue aussi quand même un rôle majeur.
02:46Et puis, effet d'imitation, etc.
02:48Et peut-être après ce que vous décrivez, mais on est dans une logique qui est quand même radicalement différente.
02:51Éric Delbecq.
02:52Ah ben, totalement.
02:53D'ailleurs, la note des services de renseignement qui est parue, je crois, notamment dans le Figaro, est intéressante.
02:58Elle décrit bien les modes opératoires, l'usage de l'intelligence artificielle pour faire des visuels.
03:03Enfin, tout ça, objectivement, n'a rien de spontané.
03:05Et quant à ce que disait Alain Boer, il a raison, bien sûr.
03:09C'est exactement ça.
03:10Se mêlent différentes luttes, différents publics ?
03:13Alors, se mêlent différentes luttes, je ne sais pas si elles se mêlent.
03:16Si vous voulez, quelqu'un qui est dans le narco, on ne peut pas dire qu'il mène une lutte.
03:20Il mène surtout un business.
03:21En revanche, le fait qu'on mobilise des éléments qui n'ont pas grand-chose à voir avec le sujet
03:26au départ, ça, c'est évident.
03:27Ça sent sa préparation et ça sent son round préalable de test des forces de l'ordre avant des échéances
03:32qui vont venir.
03:33En l'occurrence, c'est présidentiel.
03:34C'est-à-dire, vous parlez d'une sorte de répétition générale, y compris de la part de l'ultra
03:38-gauche ?
03:38Oui, et d'études des modes opératoires des forces de sécurité, parce que les modes opératoires des forces de sécurité
03:44doivent s'adapter.
03:45Et on voit bien dans ce genre de situation que c'est compliqué, parce qu'on est toujours...
03:48Alors, ce ne sont pas au sens propre des black blocs.
03:50Mais la technique du coucou, elle est toujours valable.
03:52C'est-à-dire que vous avez des éléments...
03:53La technique du coucou, c'est s'installer dans le nid préparé par la...
03:57C'est un bouclier humain.
03:58Les lycéens.
03:59Ce sont des boucliers humains.
04:00Les lycéens sont les boucliers humains de gens qui sont là pour pratiquer la violence.
04:03Je voudrais qu'on donne la parole à Gérald, qui nous appelle de l'Essonne.
04:07Bonjour Gérald.
04:09Je dis Gérald, mais je sais que vous vous faites appeler GG.
04:11Oui, oui.
04:12Mais je trouve que les conditions de ce matin ne permettaient pas forcément d'être dans cette spontanéité.
04:19Gérald, vous vouliez réagir, vous êtes fonctionnaire territorial.
04:22Comment on fait pour distinguer, c'est ça ce que vous vous demandiez, la légitimité des lycéens à avoir des
04:28revendications,
04:28et ce qui est en train de se passer ?
04:31La légitimité, c'est qu'ils peuvent manifester, mais le blocus, donc, empêcher les autres de travailler, c'était une
04:36entrave.
04:38Moi, à l'époque où j'ai manifesté, je l'ai déjà fait.
04:41On n'avait pas en cours, on embêtait le monde comme ça, mais on ne bloquait rien.
04:44On ne cassait pas les plus au monde.
04:46On avait peut-être un respect un peu plus grand des institutions et de ce qui nous entourait.
04:51Et on obtenait les choses sans pour autant que ça se transforme en bataille.
04:55Et maintenant, il y a des profiteurs, il y en a qui s'infiltrent dans les mouvements pour tout faire
04:59péter.
05:00Mais on les distingue.
05:01Mais le problème, c'est que comme ils organisent leur blocus, il n'y a pas de service sécurisé
05:06parce qu'ils ne sont pas en capacité de le faire.
05:08Alors, il y en aura peut-être un petit peu plus aujourd'hui, puisque les syndicats rentrent dans la danse.
05:12C'est un peu plus cadré, un peu plus organisé.
05:14Peut-être un certain nombre de parents.
05:15Mais effectivement, comment distinguer les lycéens de ceux qui viennent pour casser ?
05:19Arthur.
05:20Oui, et d'ailleurs, Éric Delbecq a quand même fait ce matin un lycéen une main arrachée par une grenade
05:24de désencerclement.
05:25Il y a plusieurs lycéens blessés par la police.
05:27Les enquêtes diront quelles sont les responsabilités.
05:29Mais enfin, entre nous, la jeunesse a toujours été politisée.
05:32Casseurs, pas casseurs, les lycéens sont dans la rue.
05:34La police ne peut pas employer ce genre de méthode si elles aboutissent à de telles blessures.
05:39On ne peut pas vivre dans une démocratie comme la France avec des lycéens qui ont des mains arrachées.
05:43Est-ce qu'on doit apprendre à gérer ça différemment ?
05:45Alors, changez de méthode.
05:46Arthur Chevalier, entre nous et pas entre nous, la question des méthodes des forces de l'ordre,
05:51elles ne vont pas varier en fonction de la manifestation des gens qui y participent.
05:56On confond deux choses.
05:57Un cadre légal, le cadre légal, il ne bouge pas en fonction des gens qui manifestent.
06:00On est dans un état de droit, donc le cadre légal ne bouge pas.
06:03Donc, comme le disait Gérald, on n'a pas le droit de bloquer, normalement, officiellement, donc on est censé débloquer.
06:07C'est le parallèle, voilà.
06:09Ensuite, dans ces cas-là, ce qu'on demande, c'est aux éléments des forces de l'ordre de faire
06:13preuve d'un discernement particulier.
06:16Après, moi, avant tout commentaire, j'aime bien regarder ce qu'il y a dans les dossiers.
06:19Alors, je veux savoir déjà si la personne en question, elle a ramassé ou pas la grenade.
06:24Deux, effectivement, récits sur concurrence pour l'instant, sans qu'on ait vraiment le fin mot de l'histoire.
06:33Un certain nombre de forces de l'ordre font savoir que la grenade serait tombée à terre et que le
06:38jeune l'aurait prise dans sa main.
06:40D'autres, et on a entendu notamment le témoignage de camarades qui étaient présents sur place, qui ont témoigné au
06:44micro DRMC,
06:45qui disent que la grenade, certes, ne visait pas le jeune homme, mais que pour autant, il ne l'a
06:50pas ramassée.
06:51On n'a pas encore le fin mot de l'histoire.
06:53Et évidemment, l'IGPN a été saisie et mène son enquête.
06:55Voilà, donc on va attendre que l'IGPN fasse son travail.
06:58Généralement, elle le fait bien, malgré les critiques, à chaque fois, ça en court.
07:02Donc, encore une fois, on ne va pas changer les méthodes de maintien de l'ordre à chaque fois qu
07:07'il se passe un événement.
07:08C'est vrai quand même que la police française, elle a un arsenal plus important que les polices étrangères.
07:15Globalement, il y a le LBD, il y a toute une gamme de grenades.
07:19En fait, on a l'impression de revenir aux gilets jaunes dans les pires moments.
07:24Alors, bon, déjà, il n'y a pas 40 techniques de maintien d'ordre, il n'y a pas 40
07:28techniques de mode opératoire.
07:29Donc, on va forcément voir se dérouler les mêmes schémas.
07:32Après, la question, c'est qu'il faut toujours offrir aux forces, effectivement, un nombre suffisamment conséquent,
07:38une capacité de mobilité.
07:40Est-ce qu'ils en ont toutes les capacités ? Ce n'est pas certain.
07:43Et encore une fois, avec des adversaires qui apprennent.
07:46Et vu que ceux, je le répète, qui sont les plus coriaces, ne sont pas des lycéens,
07:53on a affaire à des gens qui sont extrêmement apprenants.
07:56Alors, qu'est-ce qu'il nous faudrait faire en termes de maintien de l'ordre ?
07:59On devrait faire des bons offensifs réguliers.
08:03Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire se projeter sur les éléments qui sont problématiques
08:06et les extraire de la masse et puis ensuite judiciariser.
08:11De la même manière, c'est intéressant ce que vous dites en disant,
08:13on a l'impression de toujours revoir la même séquence.
08:15Mais il faut aussi expliquer que si on revoit la même séquence,
08:18c'est parce que les gens qu'on a vus une fois, on ne les a pas traités judiciairement.
08:20Je vous parlais tout à l'heure, et vous me faisiez part de ce que disait Alain Bauer sur cette
08:27question,
08:27ces petits narcos qu'on voit dans les manifestations et qui deviennent violents.
08:30Ils ne sont pas traités judiciairement.
08:33C'est-à-dire qu'il ne se passe pas grand-chose.
08:35On les arrête, on les relâche.
08:35Comme il n'y a pas de conséquences, qui ne sont pas vraiment sanctionnées, on recommence.
08:40Merci beaucoup Eric Delbecq d'être venu ce matin.
08:43Vous êtes expert en sécurité intérieure, auteur de La trahison des élites.
08:46C'est aux éditions Robert Laffont.
08:48C'est aux éditions Robert Laffont.

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