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  • il y a 1 semaine
Avec Bruno Tripon, président de la commission commerce à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Bordeaux-Gironde
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##PARLONS_CASH-2026-10-19##

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News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, parlons cash.
00:03Oui, on parle cash parce qu'effectivement, après ce qu'on a vécu cette semaine, on le sait,
00:09le bilan va être lourd, il va être lourd pour les entreprises qui sont au cœur du désastre.
00:13Clément Barguin, on vous retrouve, le Premier ministre Sébastien Lecornu l'a dit ce week-end,
00:17le bilan va être lourd partout dans le pays.
00:19Ces images de destruction, il y a des milliers d'entreprises qui ont tout perdu.
00:22On a une idée de l'ampleur économique ?
00:24Alors on n'a pas encore les chiffres définitifs de ce sinistre, c'est trop tôt,
00:27mais on a un précédent qui permet de mesurer ce que ça peut représenter.
00:31En 2023, après la mort de Naël et 11 jours d'émeute, plus d'un millier de personnes avaient été
00:36blessées,
00:37dont 782 agents des forces de l'ordre.
00:40Ce sont 16 400 sinistres qui ont aussi été déclarés aux assureurs pour un montant de 793 millions d'euros.
00:49Ce montant, qui ne représente qu'une part des dommages aux biens,
00:52est déjà quatre fois supérieur à celui des émeutes de 2005.
00:56Oui, on se dirige probablement vers un chiffre qui sera supérieur.
01:00Le gouvernement a réagi.
01:02Le ministre du Commerce, Serge Papin, a promis une mobilisation à Bercy aujourd'hui même.
01:06Une réunion aura lieu avec les représentants des banques, des assurances,
01:09pour déterminer les moyens de répondre.
01:11Concrètement, qu'est-ce que l'État peut faire pour ses commerçants et ses chefs d'entreprise ?
01:14Eh bien, les outils existent.
01:16Chômage partiel immédiat, report de charges, prêts garantis par l'État.
01:20Mais l'expérience des crises précédentes montre que le délai entre la promesse et le versement effectif
01:25est souvent le problème.
01:26Les trésoreries des PME ne tiennent pas six mois.
01:29La vraie question, c'est la vitesse de mobilisation.
01:32Et si les assureurs seront au rendez-vous dans les délais,
01:35c'est ce qu'on va creuser avec votre invité.
01:37Et on prend la direction du commerce de Bordeaux, si je puis dire.
01:41Bruno Tripon est avec nous.
01:42Il est président de la commission commerce à la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux-Gironde.
01:46Bonjour Bruno Tripon.
01:48Bonjour à vous.
01:49Merci de me recevoir.
01:50Je vous en prie.
01:51Quel est l'état de la casse à Bordeaux ?
01:52Est-ce que vous pourriez nous faire un bilan ce matin ?
01:55La ville a été pillée samedi.
01:58On a à peu près une centaine de magasins qui ont été pillés ou dégradés.
02:03C'est plusieurs dizaines de millions d'euros de dégâts.
02:07Mais surtout, je voudrais mettre en avant le vrai sujet.
02:14C'est, outre l'argent qui est perdu définitivement,
02:18c'est l'état psychologique de, on va dire, des dizaines de milliers de commerçants et salariés que nous avons
02:26à Bordeaux.
02:26Je rappelle 40 000 salariés dans le commerce bordelais.
02:29J'en ai eu plusieurs.
02:30Ils sont choqués.
02:32On est dans un état psychologique atroce.
02:35Oui, c'est intéressant ce que vous nous dites parce qu'au-delà de l'argent, évidemment, on sent l
02:40'abattement chez vous, Bruno Trepon, ce matin.
02:43Et l'abattement, j'imagine, pour ces centaines de commerçants.
02:47J'ai entendu dire que la rue Sainte-Catherine, aucun des commerces de la rue Sainte-Catherine n'avait été
02:51épargné, quasiment.
02:53Tout à fait.
02:54Rue Sainte-Catherine, cours de l'intendance, passe de la victoire, les Capucins, le ventre de Bordeaux a été touché
03:01aussi.
03:02Non, non, ça a été une scène de violence et de guerre énorme qu'on ne voit plus aujourd'hui
03:10puisque la mairie et la métropole ont été remarquables.
03:13Avec les services d'entretien, nous avons une ville qui a retrouvé son éclat.
03:19Bruno Trepon, qu'est-ce que vous réclamez ?
03:21Est-ce que vous demandez que l'on revoie les autorisations de manifester en centre-ville ?
03:26Non, alors, oui, je demande à ce qu'on les revoie.
03:29Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire, mais aujourd'hui, l'hyper-centre-ville doit être
03:35sanctuarisé.
03:36Je pense que le droit de manifester est tout à fait légitime.
03:40Ça a toujours été le cas en France, il faut que ça le reste.
03:43Mais par contre, de le faire dans un lieu où il y a des commerçants, des salariés, des habitants, ce
03:51n'est pas possible.
03:51Je pense qu'il va falloir trouver des lieux plus adaptés, juste à côté d'hyper-centre, par exemple, où
03:57vous avez les quais,
03:58où je pense que les forces de l'ordre seraient en capacité, non seulement de protéger les manifestants,
04:09mais surtout d'empêcher cette délinquance, et le mot est faible quand on se dit délinquance, de venir se mêler
04:16aux manifestants.
04:17Oui. Bruno Tripon, on précise qu'évidemment, tout cela arrive après cet été terrible que vous avez connu,
04:24puisque les incendies ont mis à l'arrêt plus de 13 000 entreprises sur ce département, qui en compte 115
04:29000,
04:30qu'il y avait déjà une perte estimée à environ 300 millions d'euros pour la seule période de sinistre
04:34de l'été.
04:36Donc, vous réclamez une forme de mesure spéciale. Quelque part, le président a donné la main au préfet hier soir,
04:43si on a bien compris son allocution. Ça veut dire que vous vous tournez ce matin vers le préfet de
04:47la Gironde
04:48et vous lui demandez une suspension des manifestations dans la ville de Bordeaux, compte tenu de tout ce qui s
04:53'est passé ?
04:54Un déplacement plutôt que suspension. Le mot peut être mal compris. Un déplacement.
04:59Le président Seguin de la Chambre de Commerce a rencontré la préfète et était effectivement avec le maire de Bordeaux
05:07pour constater.
05:08Et nous avons demandé effectivement une réunion pour trouver des solutions.
05:13Aujourd'hui, on parle de nos commerces, mais certaines foules ont voulu pénétrer aussi dans des habitations à Bordeaux.
05:23On ne peut pas rester comme ça. Ça risque de devenir encore plus grave.
05:26Merci infiniment Bruno Tripon, président de la Commission Commerce à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux-Gironde,
05:32de nous avoir partagé votre sentiment ce matin sur Sud Radio.

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