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  • il y a 11 minutes
Avec Bruno Morel, président d'Emmaüs France
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##LA_VIE_EN_VRAI-2026-09-23##

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Transcription
00:00Et on reparle de la flambée des prix à la pompe qui n'épargne pas le monde associatif.
00:05Depuis plusieurs jours, de nombreuses associations alertent sur une situation devenue impenable.
00:10C'est le cas notamment d'Emmaüs, son président nous fait le plaisir d'être avec nous ce matin.
00:14Bonjour Bruno Morel.
00:15Bonjour.
00:16Et merci d'avoir accepté notre invitation ce matin sur Sud Radio.
00:19Emmaüs, acteur majeur de la solidarité en France depuis maintenant plus de 70 ans.
00:24Aujourd'hui, vous tirez la sonnette d'alarme.
00:26Jusqu'à quel point la situation est devenue aujourd'hui inquiétante pour vous ?
00:31D'abord, je pense qu'on peut saluer la prolongation des aides aux travailleurs modestes
00:36qui dépendent de leur voiture, mais elle n'est pas à la hauteur des besoins.
00:38Elle ne répond pas à tous les acteurs associatifs.
00:41Vous savez, l'augmentation des carburants a des incidences très importantes sur le secteur associatif,
00:46un secteur qui est déjà très fragilisé.
00:48Si on voit des structures, si je prends un exemple du relais Emmaüs de Gironde,
00:53c'est 50 à 60 000 euros supplémentaires par an affectés au carburant.
00:58Et les aides ne répondent pas aux acteurs, je pense notamment aux bénévoles.
01:04Comment on fait, comment un bénévole fait pour aller rejoindre son activité de maraud,
01:11d'accueil, d'accompagnement ?
01:13La personne ne les aide sauf à ce qu'ils mettent de l'argent dans leur poche.
01:17Moi, je pense, je crains fortement qu'on finisse par décourager les acteurs
01:23et entraver les dispositifs.
01:26Si on évoque la situation des dispositifs, c'est un impact à la fois,
01:30je vous citais les maraudes, comment on fait pour les visites à domicile,
01:34dans du logement diffus, comment on fait pour les activités de ramasse, de collecte,
01:41et puis tout le sujet aussi de la mobilité des publics.
01:45Nous sommes sur des publics qui sont en extrême difficulté.
01:49Les SOS Familles et Maüs nous signalent une aggravation des problèmes économiques.
01:55Les personnes sont logées d'une manière de plus en plus éloignées de leur emploi.
02:01Elles ont déjà des problèmes à acquérir des voitures,
02:04et maintenant se rajoutent le problème du carburant.
02:07Donc oui, on est dans une situation extrêmement inquiétante pour le secteur associatif,
02:12qui concerne quand même des millions d'acteurs et des millions de dispositifs.
02:17Et dont le gouvernement ne parle pas.
02:19Je n'ai pas entendu le mot association hier,
02:22et même depuis le début de la séquence et de cette crise,
02:26de l'explosion des prix des carburants.
02:27Je n'entends pas les ministres, le gouvernement,
02:30parler de ce milieu associatif.
02:34C'est quoi ?
02:35C'est de la colère, de la résination qui domine chez vous aujourd'hui, Bruno Morel ?
02:38Écoutez, en ce moment, oui, c'est de la colère,
02:41parce qu'on voit bien que le secteur associatif est de plus en plus mis à mal.
02:46Vous savez, notre pays compte en gros 14 millions de pauvres,
02:49et on constate quoi ?
02:51Indépendamment du sujet du carburant,
02:53on constate des baisses de subventions de plus en plus fréquentes,
02:56des remises en cause des valeurs,
02:58des remises en cause des dispositifs,
03:00du non-respect du bénévolat, comme vous l'avez indiqué.
03:04Il y a un an, le mouvement associatif
03:08lançait un cri d'alerte, ça ne tient plus.
03:10Eh bien, ça y est, ça ne tient plus.
03:11Il va falloir qu'on trouve des solutions,
03:14parce que ce n'est pas en faisant des économies sur les dos des plus pauvres
03:19qu'on va trouver des solutions.
03:20Je vous parlais de près de 2 millions d'associations,
03:23elles ont une mission de service public très importante.
03:25Bien sûr.
03:26Ces solutions, c'est quoi ?
03:27Parce qu'il va falloir prendre, j'imagine, des décisions,
03:29là, en urgence, dans le court terme.
03:31Ça veut dire quoi ?
03:32Ça veut dire réduction du nombre de marauds,
03:34du nombre de collectes,
03:36certaines, voire même annulées ?
03:38C'est le vrai risque.
03:40C'est le vrai risque.
03:41Comment ?
03:41Prenons l'exemple des visites à domicile.
03:43Si les associations n'ont pas le moyen de payer le carburant,
03:47comment font-elles pour aller rendre visite
03:50aux personnes qui peuvent habiter dans des lieux un peu éloignés ?
03:54Donc, c'est vrai que le risque à terme,
03:56c'est pour ça que je reprenais le slogan du mouvement associatif,
03:58ça ne tient plus,
03:59c'est qu'on est en train de...
04:01La ficelle va se casser
04:03et il va y avoir une rupture très importante.
04:08Et je considère, moi, que c'était un peu les pompiers de service
04:12par rapport à une situation très, très, très tendue.
04:15C'est assez paradoxal,
04:16puisqu'on a d'un côté le gouvernement qui dit
04:18mettre en place des aides ciblées
04:20pour les personnes, les automobilistes les plus précaires.
04:22Et derrière, vous nous dites effectivement
04:25qu'il y a aussi une conséquence de ces prix des carburants,
04:29des personnes précaires qui ne sont pas aidées via les associations.
04:33Vous attendez quoi aujourd'hui du gouvernement Bruno Morel ?
04:35J'attends une meilleure prise de conscience
04:39de ce qu'est la pauvreté dans notre pays.
04:42Moi, ça fait des années que je suis dans ce secteur
04:45et je m'aperçois qu'on a de plus en plus de personnes à la rue.
04:48Vous avez les milliers d'enfants à la rue.
04:51Normalement, ça n'émeut plus personne.
04:53Il y a quelques années, ça aurait fait réagir
04:55tout un pan entier de notre société.
04:58Donc, ce que j'attends, c'est une vraie prise de conscience,
05:00des vraies mesures,
05:02et qu'on arrête une fois encore de se dire
05:04que le traitement de la pauvreté
05:07est la variante d'ajustement pour faire des économies.
05:10Une mesure concrète, par exemple, Bruno Morel ?
05:13Une mesure concrète, c'est par exemple
05:16considérer que la lutte contre la pauvreté
05:19devient une grande cause nationale
05:20et on maintient toutes les subventions.
05:24Cet été, les subventions d'hébergement d'urgence
05:27ont été baissées d'une manière très brutale
05:30au mois de juillet.
05:32La mesure concrète, c'est qu'on arrête,
05:35on fait un stop sur toutes les mesures de restriction
05:37et on maintient au moins au niveau
05:40qui préexistait, les dispositifs sociaux.
05:43Merci Bruno Morel, président d'Emmaüs France,
05:46d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
05:48Bonne journée à vous, bon courage également.
05:49On pense aussi aux bénévoles d'Emmaüs,
05:5238 000, je crois, bénévoles au total.
05:55Oui, tout à fait.
05:55Je regardais effectivement.
05:56Merci beaucoup, bonne journée à vous Bruno Morel.
05:58Merci.
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