Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Depuis plusieurs semaines, la macronie et le reste de la droite tentent d’élargir le travail le 1ᵉʳ mai. On a le droit aux arguments habituels des libéraux : les Français ne bossent pas assez, il faut laisser aux gens la possibilité de travailler quand ils le veulent, il faut que le travail paye, etc.

On debunk tout ça et on revient sur ce que représente la journée internationale des travailleurs et travailleuses avec Ludivine Bantigny, historienne et universitaire, spécialiste de l’histoire du travail, des mouvements sociaux, et Myriam Lebkiri, membre du bureau confédéral de la CGT, en charge des questions femmes/mixité, co-secrétaire générale de l’union départementale du Val-d'Oise.

Le dernier livre de L. Bantigny : “La Bourse ou la vie, Le Front populaire, histoire pour aujourd’hui” aux éditions La Découverte 📕

00:00 Comment le gouvernement veut nous faire travailler le 1er mai
2:12 Pourquoi la CGT est contre - Debunk des mensonges de Attal
10:43 Le 1er mai déjà attaqué par Pétain et autres fascistes
20:25 Le mythe des français fainéants
27:45 Les fakes news des médias contre le 1er mai
34:43 Aller chercher d'autres jours fériés ?

Soutenir l'Humanité avec un don https://www.humanite.fr/don
Accéder aux contenus exclusifs https://abonnement.humanite.fr/

Instagram https://instagram.com/lhumanitefr
Twitch https://twitch.tv/lhumanitefr
TikTok https://tiktok.com/@lhumanitefr
Twitter https://x.com/humanite_fr
Bluesky : https://bsky.app/profile/humanite.fr
Threads https://www.threads.net/@lhumanitefr
Facebook https://www.facebook.com/humanite.fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Depuis plusieurs semaines, la Macronie et le reste de la droite tentent d'élargir le travail le 1er mai.
00:06On a le droit aux arguments habituels des libéraux, les français ne bossent pas assez, il faut laisser aux gens
00:10la possibilité de travailler quand ils le veulent, il faut que le travail paye, etc.
00:14Alors on va débunker tout ça, on va revenir sur ce que représente la fête internationale des travailleurs et des
00:19travailleuses,
00:19avec Ludovine Bantigny, historienne et universitaire, spécialiste de l'histoire du travail, des mouvements sociaux.
00:26Vous venez de sortir un bouquin, La Bourse ou la Vie, le Front Populaire, histoire pour aujourd'hui, aux éditions
00:31La Découverte.
00:31Bonjour Ludovine.
00:32Bonsoir.
00:33Merci d'être avec nous.
00:35Et à côté de vous, Myriam Lebkiri, vous êtes membre du bureau confédéral de la CGT, en charge des questions
00:40femmes mixitées,
00:41et co-secrétaire générale de l'Union départementale du Val-d'Oise.
00:45Bonjour Myriam et merci d'être avec nous.
00:47Et évidemment, je n'ai pas écrit sur ma feuille, mais Cyprien Boganda en face de moi.
00:51Bonjour.
00:52Responsable de la rubrique Capital Travail de l'Héminité, qui a préparé et qui va animer avec nous cette émission.
00:59Peut-être avant qu'on se lance dans le débunkage des différents arguments de la Macronie,
01:03peut-être qu'il faut que tu nous fasses un point sur c'était quoi le projet à la base.
01:07Oui, alors bonjour à toutes les deux, déjà.
01:09On est très heureux de vous accueillir pour parler du 1er mai, ou plus exactement de la dernière offensive des
01:13libéraux contre le 1er mai.
01:15Une offensive qui, pour l'instant, a du plomb dans l'aile.
01:17D'ailleurs, au passage, je note qu'à chaque fois que la Macronie s'en prend aux jours fériés, ça
01:21ne se passe pas très bien pour elle.
01:22Parce qu'on se souvient qu'en septembre 2025, François Bayrou, qui était à l'époque Premier ministre, avait dû
01:28quitter le pouvoir,
01:29après avoir notamment, mais pas que, menacé de supprimer deux jours fériés.
01:32Donc ça dit quelque chose, je pense, de l'importance qu'occupent ces journées dans l'histoire collective de notre
01:38pays.
01:39Pour planter un peu le cadre, on va rappeler que le texte du scandale, c'est une proposition de loi
01:44déposée à l'origine en avril 2025 par deux sénateurs de centre droit, Annick Billon et Hervé Marseille.
01:50Hervé Marseille, ce n'est pas tout à fait un inconnu, parce qu'il s'était aussi mobilisé pour limiter
01:55le droit de grève des cheminots.
01:57C'est quelqu'un qui n'a pas beaucoup de tendresse pour le mouvement ouvrier, on peut dire.
02:00Sa proposition de loi sur le 1er mai, elle visait à autoriser toute une série de professions à travailler ce
02:05jour-là.
02:06Boulangerie, pâtisserie, boucherie, poissonnerie, fleuriste, cinéma-théâtre.
02:10Myriam Lebkery, première question, qu'est-ce qui vous dérange dans cette proposition ?
02:14Alors, comme vous l'avez dit, Cyprien, ils attaquent souvent aux jours fériés, et le 1er mai, c'est un
02:21jour férié extrêmement important,
02:23c'est un jour chômé, acquis par la lutte, la lutte des travailleurs, des travailleuses de grande grève.
02:29Donc, c'est vraiment un totem pour nous, et c'est un totem qu'ils essayent de faire sauter.
02:34Donc, ce qui s'est passé, c'est que cette première loi, elle concernait plus de 1,4 million de
02:40salariés.
02:41Donc, pas du tout le petit boulanger de quartier, etc.
02:45D'ailleurs, beaucoup de mensonges ont été dits, puisque les boulangeries peuvent ouvrir lorsque les patrons des boulangeries travaillent,
02:54mais ils ne font pas travailler leurs salariés.
02:56Donc, c'est vraiment un totem, le 1er mai, grâce à la mobilisation, grâce à une pétition intersyndicale qui a
03:03eu plus de 108 000 signataires.
03:05D'ailleurs, il faut continuer à la signer, parce que les attaques contre le 1er mai continuent.
03:11On va peut-être en parler tout après.
03:13Mais voilà, donc, on a réussi à écarter cette proposition de loi, qui était d'ailleurs soutenue par le Rassemblement
03:22national.
03:23C'est bien de le rappeler.
03:24C'est déposé par la droite, mais c'est vraiment largement soutenu par le Rassemblement national.
03:29On a réussi à l'écarter, mais ça revient quand on écarte quelque chose par la grande porte, ça revient
03:34un peu par la fenêtre.
03:34Et c'est ce qui est en train de se passer là, actuellement.
03:37Justement, est-ce que vous pouvez nous préciser comment est-ce que Lecornu, finalement, a reculé, mais n'a pas
03:42complètement écarté cette loi ?
03:43Quelle est sa nouvelle proposition dont il a parlé, je crois que c'était vendredi 17 avril, vendredi dernier ?
03:47Oui, c'est ça.
03:48C'est quoi, du coup, la petite proposition qu'il a faite ?
03:51Alors déjà, ce qui s'est passé le 10 avril, c'est extrêmement intéressant, parce qu'on avait une proposition
03:58de loi très faible, très fragile.
04:01Donc, ils ont quand même fait une motion de rejet contre leur propre loi.
04:04Ils ont tiré contre leur camp pour aussi confisquer la démocratie, encore une fois.
04:11Donc, ça, c'est très apprenant, ce qui se passe depuis une dizaine d'années.
04:14C'est qu'on commence à avoir un peu tous les tours de magie qu'il peut y avoir dans
04:19la démocratie pour, à chaque fois, confisquer le débat parlementaire.
04:23Et donc, cette loi qui concernait beaucoup, il y avait beaucoup de dérogations, notamment, par exemple, il mettait en avant
04:32Gabriel Attal dans une vidéo incroyable.
04:35Bon, bref, il mettait en avant...
04:36On va la regarder juste après.
04:37Super !
04:38Qu'on voulait la montrer. Alors moi, je l'ai vu plusieurs fois, bon, OK ?
04:42Donc, il ne faut pas la spoiler, parce que c'est un petit bijou.
04:43Oui, oui, c'est vraiment... Et ce n'est pas une comédie.
04:47Et il mettait en avant le petit boulanger du coin, mais sauf que sa loi, elle permettait, par exemple, à
04:51Carrefour City d'ouvrir, à Ikea d'ouvrir.
04:54Donc, c'est vraiment de la fumisterie. Et donc, ça, ça a été vraiment repoussé. Et là, dans l'urgence,
04:59pour donner des gages passe-plat au patronat, on a le gouvernement qui veut poser une loi d'urgence qui
05:07ne sera pas effective au 1er mai de cette année.
05:09Donc, pour le 1er mai 2027, qu'il a un contour un peu plus ténu. Donc, ça concernerait, d'après
05:18nos calculs, 200 000 salariés. Mais c'est toujours non, puisque c'est le totem du 1er mai.
05:26Et puis, on a quand même, pareil, la fable du soutien à la petite boulangerie du coin, c'est extrêmement
05:34faux, puisque c'est des entités de moins de 50 salariés.
05:37Donc, ça concerne énormément de monde. Et ça permettra, par exemple, à Jardiland d'ouvrir aux boulangeries Beaux Ennemis, etc.,
05:46de pouvoir ouvrir.
05:47Donc, c'est vraiment... C'est assez mensonger, ce qui est en train d'être dit là.
05:52On va regarder... Je suis désolé, on va regarder Gabriel Attel encore une fois. Peut-être que les gens dans
05:56le chat n'ont pas vu cette vidéo.
05:57Bon, vous l'infligez pour la 18e fois. Super !
05:58Non, mais alors, c'est vrai que c'est un peu croustillant, et surtout, ça nous donne quand même plein
06:01d'éléments qu'il va falloir débunker un à un, parce qu'il y a quand même beaucoup de choses.
06:05On regarde ça tout de suite.
06:06Est-ce que vous saviez que les boulangers et les fleuristes n'avaient pas le droit d'ouvrir leur boutique
06:10le 1er mai ?
06:10Donc, aujourd'hui, on a une situation où un McDonald's peut ouvrir le 1er mai, mais pas une boulanger artisanale.
06:15C'est absurde, non, madame ?
06:16Bonjour, monsieur.
06:17Deux traditions, pas trop cuites, s'il vous plaît.
06:18Très bien.
06:19Et pourtant, ils demandent à pouvoir travailler le 1er mai.
06:22Alors, le 10 avril prochain, à l'Assemblée nationale, avec mon groupe parlementaire, on défend une loi de bon sens
06:28pour leur permettre d'ouvrir et de travailler le 1er mai.
06:30Si le 10 avril, notre loi est votée, ça veut dire que les boulangers et les fleuristes pourront travailler dès
06:36le 1er mai de cette année.
06:38On a fixé des règles claires.
06:39Ça sera sur la base du volontariat, toujours pour les salariés.
06:41Les salariés seront payés double ce jour-là.
06:43On apporte juste une solution à ceux qui veulent bosser.
06:46Parce que le travail en France doit payer.
06:49Le travail en France doit payer.
06:51Il a l'air de vraiment y croire.
06:52Ah bah bien sûr, mais je pense qu'il y croit.
06:53En tout cas, je suis désolé, le chat, ça vous a un petit peu heurté, je vous avais prévenu.
06:56En tout cas, volontariat, il faut que le travail paye artisan versus grande multinationale.
07:00Il y a beaucoup, beaucoup de choses à débunker, Cyprien.
07:03Ouais, moi j'adore cette vidéo, parce que c'est vraiment un concentré de toutes les fake news qu'on
07:06a entendues depuis des semaines.
07:09Alors on va essayer de les prendre les unes après les autres.
07:11Mais c'est vrai qu'il y a cette idée que ce serait impossible aujourd'hui pour des boulangers d
07:15'ouvrir le 1er mai.
07:15Bon ça Myriam, vous en avez déjà, peut-être qu'on peut insister là-dessus.
07:18Est-ce que c'est vrai ou pas ?
07:19Est-ce qu'un boulanger artisanal aujourd'hui ne peut pas ouvrir ?
07:21Alors non, Atta le super menteur, il y a plein de mensonges dans sa vidéo, au-delà de son jeu
07:28d'acteur assez médiocre.
07:30Premier mensonge, les boulangeries peuvent ouvrir, mais les salariés ne travaillent pas.
07:34Donc le patron, la patronne de la boulangerie peuvent ouvrir et vendre leur pain.
07:39Mais d'ailleurs, il faut le dire, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, les boulangers peuvent ouvrir,
07:44mais c'est vrai qu'ils ne peuvent pas faire travailler leurs salariés,
07:47donc l'inspection du travail peut faire des contrôles.
07:49C'est un argument qui est beaucoup revenu pendant les débats.
07:52Moi, j'ai regardé pour l'année 2025, j'ai vu les chiffres,
07:54il y a eu 22 boulangeries contrôlées par l'inspection du travail sur toute la France.
07:58J'ai calculé, ça fait 0,06% de la totalité des boulangeries en France.
08:02Donc en termes d'insécurité juridique, c'est quand même assez léger.
08:04Et contrôler ne veut pas dire, effectivement.
08:05Et contrôler ne veut absolument pas dire qu'ils sont verbalisés.
08:08Oui, voilà.
08:09Mais d'ailleurs, je crois que vous vouliez insister là-dessus.
08:10Je voulais déjà insister sur deux choses concernant l'inspection du travail.
08:15Déjà dire que l'inspection du travail est complètement exsangue pour pouvoir faire son travail.
08:19D'ailleurs, on est à 1 800 inspecteurs, inspectrices du travail, alors qu'il faudrait le double ou le triple.
08:24Et c'est des emplois qui sont supprimés à l'hôtel du budget et de l'austérité sur les services
08:31publics et les fonctionnaires.
08:32Donc ça, c'est très grave, en fait, ce qui se passe dans l'inspection du travail.
08:35Et ça me permet de digresser aussi.
08:37C'est très grave parce que les accidents au travail et les morts au travail augmentent.
08:41Et le 28 avril, c'est la journée mondiale de lutte contre les accidents du travail et les morts au
08:48travail.
08:48Et la semaine dernière, triste record, trois morts au travail et dont un stagiaire.
08:53Donc ça, c'est très, très grave.
08:54Et donc là, c'est le reflet, le faible contrôle.
09:00Le 1er mai, ainsi que la faible verbalisation, c'est aussi le reflet d'une inspection du travail qui ne
09:06peut plus faire son travail comme il faut.
09:08Mais Lecornuille, il va encore plus loin.
09:09Vous avez commencé à en parler, mais je pense qu'il faut le dire.
09:12Il vient de dire, en fait, il vient d'expliquer avec cette espèce de nouveau...
09:14Enfin, avant même, d'ailleurs, le projet de loi, que dès le 1er mai, le prochain 1er mai, les boulangeries
09:20pourront ouvrir.
09:21Et si jamais un inspecteur du travail vient pour les contrôler, de toute façon, il n'y aura pas d
09:24'amende.
09:25Alors ça, c'est très grave.
09:26C'est extrêmement grave.
09:29Les inspecteurs et les inspectrices du travail sont des travailleurs indépendants qui font leur travail d'inspecteur et inspectrice du
09:35travail.
09:35Donc ils font respecter le code du travail et qui protègent les travailleurs et les travailleuses.
09:41Donc ce qu'a dit Lecornu, c'est extrêmement grave.
09:44C'est encore une brèche.
09:45Et il n'a pas à donner d'ordre comme ça.
09:47C'est pas possible.
09:47C'est pas entendable.
09:48On va pas faire toute l'émission sur Attal, mais les deux dernières fake news, c'est quand même l
09:51'histoire du volontariat.
09:53Et les petits contre les gros.
09:55Alors ça, le volontariat, c'est une vilaine musique qu'on a déjà entendue pour le travail du dimanche, d
10:00'ailleurs.
10:02Donc parler du volontariat, c'est ignorer le lien de subordination très violent qu'il y a dans le monde
10:10du travail.
10:11C'est pas vrai qu'on peut dire non à son patron.
10:15Non, c'est pas vrai qu'on peut dire non quand on a besoin de remplir son frigo et qu
10:19'on a peur d'être licencié.
10:20D'ailleurs, maintenant, en ce qui concerne le travail du dimanche, qui est toujours soumis à volontariat, c'est un
10:26critère à l'embauche.
10:27Donc ça veut dire que si on dit qu'on ne peut pas travailler le dimanche, on n'est pas
10:30embauché, on n'a pas l'emploi.
10:32Donc c'est un peu ce qui risque de se passer avec la brèche du 1er mai.
10:36Donc, peut-être avant qu'on continue de débunk les arguments, Lumi, tu avais une question, je crois, pour Ludivine
10:41Bantini.
10:41Oui, je voulais vous poser une petite question aussi, Ludivine Bantini, parce que, est-ce que, en fait, ces arguments,
10:47ils sont vraiment nouveaux ?
10:48Parce qu'on a l'impression que c'est quand même pas la première fois que le 1er mai est
10:51attaqué, et que dans l'histoire, en fait, c'est une dette qui a toujours été instrumentalisée,
10:55à des fins politiques, peut-être plus que d'autres. Et pourquoi est-ce que le 1er mai est attaqué
11:01? Est-ce qu'on n'a pas déjà entendu ça, finalement, avant ?
11:05Bien sûr qu'on l'a entendu, et d'ailleurs, il y a eu de grands moments de mise en
11:08cause, voire de destruction du 1er mai,
11:10comme Myriam parlait de totem, c'est-à-dire, c'est vraiment un gain énorme arraché par la lutte, par
11:16la lutte du mouvement ouvrier.
11:17Alors, il y a eu, par exemple, par les fascistes italiens, donc sous Mussolini, une destruction pureux simple de cette
11:24journée de lutte officielle dans l'Italie d'avant 1922.
11:29Donc, ils ont supprimé ça, donc c'était tout à fait symbolique d'écrasement, de toute façon, du mouvement ouvrier.
11:34Le fascisme, c'est de ça qu'il s'agit, c'est vraiment essayer de tuer, à la fois physiquement
11:39et par tous les moyens,
11:42le mouvement ouvrier organisé, les syndicats, les organisations politiques, les organisations populaires, ouvrières, solidaires.
11:48Et puis, il y a eu d'autres manières aussi d'essayer de récupérer, d'instrumentaliser et, in fine, de
11:54tuer dans l'œuf la symbolique profonde et émancipatrice du 1er mai.
11:57C'était, par exemple, sous Pétain, à partir de 1941, une manière de dire, ah, mais on va garder le
12:041er mai, mais on va en transformer le sens, évidemment.
12:07C'est-à-dire, en fait, le vider de son sens.
12:11C'est-à-dire, c'est devenu la fête du travail et non pas la fête des travailleuses et des
12:15travailleurs et non pas une journée de lutte, bien évidemment.
12:18Et Pétain et le régime de la révolution, en fait, une contre-révolution nationale, parlaient de la fête du travail
12:26et de la concorde nationale.
12:27Et c'était au moment même où étaient détruits purement et simplement les syndicats, puisque là aussi, le fascisme et
12:32ses équivalents,
12:34c'est tout faire pour, voilà, faire en sorte que les organisations de solidarité de classe disparaissent au profit du
12:43corporatisme.
12:44Donc, c'est vraiment de ça qu'il s'agit quand on entend les arguments, prétendument qu'en fait, les
12:49salariés et les patrons auraient les mêmes intérêts.
12:53Toute l'histoire de la lutte autour du symbole et de la force du 1er mai consiste en ça.
12:59C'est-à-dire, d'un côté, il y a une véritable lutte de classe, en fait.
13:04C'est bien de ça qu'il s'agit.
13:05Et de l'autre côté, une autre lutte de classe, celle de la classe dominante, de la classe patronale, de
13:10la classe hégémonique,
13:11qui cherche à toute force à arracher ces gains obtenus par et dans la lutte.
13:17Et d'ailleurs, pardon, parce que vous disiez juste avant qu'effectivement, le RN soutenait totalement ça.
13:21Et c'est intéressant de voir que le FN a fait, la journée du 1er mai a voulu la récupérer
13:26un petit peu en faisant une journée d'hommage à Jeanne d'Arc.
13:28Oui, bien sûr, ça c'est de longue date.
13:30Et d'ailleurs, c'est à la fois une journée de deuil, puisqu'on se rappelle peut-être ou pas,
13:35parce que je suis sans doute la doyenne d'âge ici, mais le 1er mai 1995, c'est la mort
13:42de Brahim Bouaram,
13:43qui avait été jeté à la scène par des fachos à l'occasion de la marche traditionnelle du Front National
13:53à l'époque,
13:54et donc de sa fête de Jeanne d'Arc.
13:56Et je tiens à souligner que d'ailleurs, chaque année, il y a un gros meeting du RN à l
14:02'occasion du 1er mai.
14:03C'est vraiment un meeting réactionnaire, comme vous l'avez souligné l'une et l'autre,
14:07le RN soutient, et ce n'est pas du tout étonnant, parce que le RN fait complètement le jeu du
14:12capital en général,
14:13de la loi du marché en particulier.
14:15Et donc le 1er mai, il y a cette année le grand meeting du RN à Mâcon.
14:20Et il faut y aller, parce qu'il y a un rassemblement et un village antifasciste, inter-organisation.
14:27Et c'est vraiment très important d'organiser cette contre-offensive,
14:31qui est aussi quelque chose de très fort, de très puissant, chaque année.
14:38Et là, cette année, c'est à Mâcon.
14:40Rendez-vous là-bas.
14:41Rendez-vous là-bas.
14:42Je vais vous demander un exercice très difficile, Ludivine.
14:44Vous avez commencé à parler un petit peu du totem qu'était le 1er mai,
14:49de fait qu'il était émancipateur, de tout ce que ça représentait.
14:52Pour les gens du tchat, est-ce que vous pouvez nous expliquer d'où vient le 1er mai,
14:55nous faire un petit rappel historique d'où vient le 1er mai,
14:58et comment il s'est construit comme ce totem ?
15:00Avec plaisir.
15:02Je vais commencer par une pancarte que j'avais vue lors du mouvement contre la contre-réforme des retraites.
15:07Et il était écrit sur cette pancarte,
15:09« Nous ne nous laisserons plus voler nos existences ».
15:12Ça me paraît absolument symbolique de toute cette histoire de lutte.
15:17En gros, le 1er mai a été associé à une perspective de justice sociale,
15:23d'émancipation individuelle et collective,
15:26puisque c'est une date qui a été,
15:28alors après, bien des hésitations, bien des tâtonnements,
15:30mais choisie notamment par les syndicats états-uniens,
15:33dans les années 1884-86.
15:36Et par exemple, en 1886, le 1er mai,
15:38il y a eu une grève générale qui a été appelée par ces syndicats états-uniens,
15:41et on considère qu'il y avait plus de 300 000 grévistes,
15:44qui étaient énormes pour les États-Unis à cette époque.
15:46Donc déjà, 1er mai, grève générale, journée de lutte, journée de prise de risque,
15:51c'est la raison pour laquelle aussi il faut défendre cette journée à tous égards.
15:56Mais en se rappelant, et ce n'est pas juste un fétichisme du passé,
15:59mais c'est parce que ça nous concerne aussi aujourd'hui,
16:02et donc rendre hommage et fait mage à ces femmes et ces hommes
16:04qui ont risqué leur liberté, leurs droits,
16:07parfois leur vie, on va le voir,
16:09c'est aussi aller de l'avant, me semble-t-il.
16:12Et donc, en mai 1986, il y a eu une répression féroce de la police à Chicago,
16:18autour de la place de High Market à Chicago,
16:22et en fait, de manière parfaitement arbitraire,
16:25et assumée dans son arbitraire,
16:27la justice a tranché, et a tranché dans tous les sens du terme,
16:31a tranché les têtes, en fait,
16:35des militants anarchistes de ce mouvement ouvrier états-unien,
16:40avec un procès qui a débouché sur des condamnations à mort.
16:46Quatre pendaisons, celle de Parsons, Fischer, Engel et Spitz,
16:51et le dernier de ces militants s'était suicidé dans sa cellule.
16:57Donc, cette pendaison, c'était le 11 novembre 1887.
17:02Et donc, c'est un jour de deuil,
17:04mais aussi un jour qui a été justement repris
17:06dans un très puissant internationalisme,
17:09mais ça, je tiens aussi à souligner à quel point c'est important,
17:12c'est évidemment pas une journée nationale,
17:15c'est l'internationalisme solidaire à l'œuvre.
17:18À partir de ces morts de Chicago, en 1886-87,
17:23le mouvement ouvrier organisé,
17:25via ce qu'on appelait la deuxième internationale,
17:27à partir de 1889,
17:29a décidé que le 1er mai devait être une journée de lutte.
17:32Ça a donné lieu l'année suivante, en 1890,
17:35notamment, on peut penser à la figure de Louise Michel,
17:37mais bien au-delà d'elle,
17:40à des mouvements vraiment très très importants.
17:42Et là, je citerai d'ailleurs Louise Michel,
17:43qui disait une phrase, bon, très forte à son image,
17:47c'est-à-dire,
17:47« Ne mendiez pas le 1er mai ce à quoi vous avez droit. »
17:50On ne mendie pas, en fait.
17:53On exige, et on lutte, et on arrache.
17:56Et Louise Michel, d'ailleurs, s'était fait arrêter,
17:59après avoir dit que précisément,
18:01elle, elle se reconnaissait pleinement
18:04dans ces militantes et militants de Chicago,
18:06qui avaient perdu la vie,
18:07mais pour la révolution sociale.
18:09Pour elle, c'était le 1er mai, c'est la guerre sociale.
18:12Il y a eu des 1er mai vraiment très tragiques aussi,
18:15en 1891,
18:17dans une petite ville du nord de la France,
18:19à Fourmis, qui était une ville textile,
18:21avec une grande, grande pauvreté
18:23et des rapports d'exploitation monstrueux.
18:26Il y a eu une répression des forces de l'ordre
18:29contre les manifestantes et manifestants,
18:31parmi lesquelles beaucoup de jeunes gens.
18:33Et il y a eu 9 morts,
18:35ce 1er mai 1891 à Fourmis,
18:38dont celle qui est apparue ensuite
18:39comme symbolique de cette violence d'État,
18:43qui était Maria Blondo,
18:44mais le plus jeune d'entre eux avait 11 ans,
18:47le plus jeune de ses victimes.
18:48Dans le chat, effectivement, qui parle de Fourmis.
18:51Voilà, Fourmis était un autre moment très important.
18:54On pourrait citer le 1er mai 1906 aussi,
18:56où il y a eu vraiment une lutte de classe frontale.
18:59Une partie, d'ailleurs, de la bourgeoisie parisienne
19:01a fui Paris pour se réfugier,
19:02qui à Genève, qui à Londres,
19:04parce qu'on avait l'impression que c'était
19:05un mouvement révolutionnaire qui se dessinait.
19:07Et à l'époque, c'était un certain Georges Clemenceau,
19:10qui était ministre de l'Intérieur.
19:12Et d'ailleurs, c'est lui qui,
19:14peut-être pour terminer ce panorama,
19:17qui était président du Conseil en 1919,
19:20c'est-à-dire l'équivalent de Premier ministre,
19:23le Sébastien Lecornu de l'époque.
19:25Bon, il avait une autre stature,
19:26mais il n'empêche qu'il avait lui-même
19:29pas mal évolué entre le moment du 1er mai 1891 à Fourmis,
19:33où il disait,
19:34il y a une tâche de sang innocente sur le pavé de Fourmis,
19:37et il faudra la laver,
19:39il faudra rendre hommage à ses morts.
19:40Et puis, quand il est devenu ministre de l'Intérieur,
19:43puis président du Conseil en 1919,
19:46c'était une autre musique.
19:47Malheureusement, les ministres de l'Intérieur
19:48sont souvent les premiers flics de France.
19:51Ça n'a pas manqué pour ce qui est de Clemenceau.
19:53Mais en tout cas, justement,
19:55par et dans toute cette histoire,
19:57les 8 heures avaient été arrachées en France
20:00en avril 1919 par la loi.
20:03Mais ça n'a pas empêché une grève générale
20:05extrêmement puissante,
20:06y compris avec des formes d'occupation
20:09sous, justement, la férule de Clemenceau
20:12qui a tenté de réprimer ce mouvement.
20:15Merci pour ce petit point historique.
20:17Ça nous permet,
20:18c'est pas mon chat,
20:19d'y voir un petit peu plus clair
20:20sur ce que représente
20:21et sur ce dont on se rappelle le 1er mai.
20:24On va continuer à débunker un petit peu
20:26les différents éléments de la Macronie
20:27et des libéraux.
20:29Notamment, un argument qui est très souvent avancé,
20:31les Français ne travaillent moins que les autres,
20:34plus de jours fériés,
20:35plus de congés payés.
20:35Il me semble qu'on a un petit graphique à vous montrer
20:39que Cyprien va pouvoir nous commenter.
20:41Voilà, j'espère que c'est pas trop petit pour vous.
20:43Ah oui, je commence par le graphique.
20:45Alors effectivement,
20:46parce que derrière tout ce débat
20:47autour des jours fériés,
20:48il y a l'éternelle question
20:50du temps de travail en France.
20:51Ça fait 20 ans que les libéraux
20:52nous expliquent qu'on ne travaille pas assez.
20:54Donc on va commencer par déconstruire un mythe.
20:55Non, la France n'est pas championne d'Europe
20:57des jours fériés.
20:58Alors ce petit graphique,
20:59je précise, c'est pas nous qui l'avons fait,
21:00c'est le site Toute l'Europe qui l'a fait.
21:02Qu'est-ce qu'il montre ?
21:03En fait, il classe tous les pays européens
21:05en fonction du nombre de jours fériés
21:06et de jours de congés.
21:08Donc si on ne prend que les jours fériés,
21:10donc ils sont en bleu ciel sur le graphique,
21:11je ne sais pas si c'est très clair,
21:13mais à l'écran,
21:14on voit que la France est tout à fait
21:17dans la moyenne européenne
21:18avec 11 jours fériés.
21:19La France, elle est à la 8e ligne
21:21si les gens veulent s'amuser à compter.
21:24Donc si on ne regarde que les jours fériés,
21:25c'est 11 jours fériés en France.
21:27Donc on est même derrière des pays
21:29qui ne sont pas vraiment des paradis socialistes.
21:31Je pense à Malte, à l'Autriche,
21:33au Luxembourg et à Chypre.
21:35Et si on prend les jours fériés
21:37et les jours de congés,
21:38on arrive à la 8e place,
21:39donc ce qui est très très loin du podium.
21:41Au-delà de cette question,
21:42le débat pour nous faire bosser plus longtemps,
21:44il a été relancé récemment.
21:46Bruno Retailleau, candidat LR
21:47à la prochaine présidentielle,
21:48a récemment fait une proposition
21:50qui est tout simplement
21:51de supprimer les 35 heures
21:52en incitant les gens
21:53à faire plus d'heures sup.
21:54Comment en supprimant
21:55les cotisations salariales
21:56sur ces heures sup ?
21:57Si ça vous rappelle quelque chose,
21:59c'est normal.
22:00C'est exactement ce qu'avait fait
22:01Nicolas Sarkozy en 2007
22:02avec son Travailler Plus pour Gagner Plus,
22:05qui avait accouché d'une loi
22:06défiscalisant les heures sup.
22:07Le bilan, on le connaît,
22:08il est accablant.
22:09Ça n'avait produit aucun effet
22:10sur l'économie.
22:11En fait, ce qui s'est passé,
22:12c'est que les gens
22:13ont déclaré plus d'heures sup.
22:14Ils n'ont pas plus bossé,
22:15ils ont juste déclaré
22:15plus d'heures supplémentaires.
22:17Et ça a coûté très cher,
22:18environ 4,5 milliards d'euros par an.
22:21Ce qu'on voit,
22:21c'est que le problème de la France,
22:22ce n'est pas qu'on ne travaille pas assez,
22:23c'est qu'on n'est pas assez nombreux
22:24à travailler.
22:26Berriam Lepkiri,
22:27je voulais vous poser une question.
22:28Qu'est-ce que vous pensez
22:29de cet éternel débat
22:30sur le Travailler Plus pour Gagner Plus ?
22:31C'est surtout l'éternel fake news,
22:33en fait.
22:34On a besoin de travailler
22:37toutes et tous, surtout.
22:39On a des plans sociaux
22:42qui tombent tous les jours.
22:44On a la CGT dénoncée,
22:46la casse industrielle.
22:48Donc, à force de recenser,
22:50on est à plus de 600 plans
22:53de licenciement dans l'industrie.
22:55On est à 6 millions de privés d'emploi.
22:59Et on nous dit qu'il faut travailler plus.
23:01Non, ce qu'il faut,
23:02c'est travailler mieux,
23:03travailler tous, travailler toutes.
23:05Et on a surtout besoin
23:06d'être mieux payés.
23:07Là, ce n'est pas dans le graphique,
23:10mais on est avec un SMIC net
23:13à moins de 1 500 euros.
23:15Ça ne nous permet pas
23:16de payer le loyer.
23:16Ça ne nous permet pas
23:18de remplir le frigo.
23:20Et ça ne nous permet pas,
23:21maintenant, de payer le carburant.
23:23Donc là, il y a un réel problème,
23:24surtout d'urgence
23:27à augmenter les salaires
23:29et le SMIC.
23:30C'était d'ailleurs la seule phrase vraie
23:31de la vidéo de Gabriel Attal,
23:33quand il dit
23:33le travail ne paye pas.
23:34C'est vrai qu'il a raison,
23:35le travail ne paye pas.
23:37Ludivine, je voulais vous poser
23:38une question,
23:38un peu la même question.
23:39Je sais que vous avez,
23:40à plusieurs reprises,
23:41critiqué notamment la réforme des retraites.
23:43Qu'est-ce que vous pensez
23:44de cette logique libérale
23:45qui vise toujours à étendre
23:47allergir sans fin,
23:48en fait,
23:48la sphère du travail, finalement ?
23:50Oui, ça s'appelle le capital.
23:52Ce n'est pas vous, Cyprien,
23:54chargé des relations capital-travail
23:56et du rapport de force
23:56entre les deux
23:57que je vais l'apprendre.
23:59Oui, c'est-à-dire que,
24:00par exemple,
24:00on parlait du Fonds populaire,
24:02puisque vous avez la gentillesse
24:03de citer ce livre
24:04que je viens de publier.
24:05j'ai été frappée dans toutes les sources
24:07très passionnantes, d'ailleurs,
24:08que j'ai pu consulter,
24:09qu'il y avait déjà,
24:10sur, par exemple,
24:12les congés payés
24:13ou les 40 heures,
24:13une bataille permanente.
24:15C'est-à-dire qu'il ne suffit pas
24:16qu'il y ait des mesures
24:17pour qu'elles soient tout de suite
24:17mises en œuvre.
24:18Il faut toujours,
24:19toujours se battre.
24:20Et puis,
24:20c'est un fétichisme,
24:21puisqu'on a parlé de totem,
24:22en fait,
24:22il faut inverser aussi le propos.
24:25Enfin,
24:25c'est un fétichisme du travail,
24:27évidemment,
24:27c'est un fétichisme de l'exploitation.
24:29Ils font croire sans cesse,
24:30voilà,
24:31c'est le fameux
24:32« il n'y a pas d'alternative »,
24:33etc.,
24:33qu'il n'y a pas,
24:34en effet,
24:35de solution alternative au travail,
24:38voilà,
24:38qui est évidemment
24:39un rapport d'exploitation
24:41et de prédation
24:42de cette force de travail.
24:43Alors que,
24:45on connaît les chiffres,
24:46surtout ici,
24:47par exemple,
24:47100 milliards au minimum
24:49consacrés non pas à la fraude,
24:51je ne parle même pas
24:52de la fraude fiscale,
24:53de l'évasion fiscale,
24:53mais de tout l'argent
24:55qui va dans les subventions,
24:57dans les exonérations
24:58de cotisations sociales
24:59ou dans les cadeaux fiscaux,
25:00donc tout ça,
25:01c'est en fait des milliards,
25:03mais ce sont des sommes considérables,
25:04vraiment astronomiques,
25:05dont évidemment
25:06les responsables politiques
25:07qui nous disent
25:07qu'il faut travailler plus
25:08ne parlent absolument jamais.
25:10Donc,
25:10moi,
25:10je reprendrais vraiment volontiers
25:12cette formule,
25:13nous ne nous laisserons plus
25:14voler nos existences,
25:15parce que c'est vraiment
25:16une bataille existentielle quand même,
25:18c'est pas juste,
25:20c'est pas une tradition,
25:21c'est pas seulement
25:23une histoire respectée,
25:24non,
25:24c'est vraiment,
25:25en effet,
25:26dans les années 1880,
25:28celles et ceux
25:28qui se battaient
25:29pour le 1er mai,
25:31fériés,
25:32chômés,
25:32et pour les 8 heures,
25:33disaient qu'en fait,
25:35il fallait s'extirper
25:36de la pieuvre
25:38que représentait déjà
25:39à leurs yeux
25:40le capital
25:41et retrouver
25:42une dignité humaine.
25:43c'est des dignités d'hommes,
25:45voilà,
25:45et c'est de ça
25:47vraiment qu'il s'agit,
25:48c'est vraiment la bataille
25:49à mener,
25:50évidemment,
25:50par rapport à cette...
25:51Eux,
25:52ils jouent leur jeu
25:54tout à fait légitimement,
25:55voilà,
25:56c'est normal
25:57qu'ils essayent
25:57de nous faire croire
25:58qu'en effet,
25:59il n'y a pas d'autre solution
26:00que celle qu'ils nous imposent
26:01par leur violence,
26:03qui est aussi
26:03une violence antidémocratique,
26:05comme Myriam l'a bien rappelé,
26:07sur toutes les manières
26:08de déroger à la loi
26:09et de briser
26:11l'indépendance
26:12de l'inspection du travail.
26:14Je vous propose
26:14qu'on regarde
26:14un deuxième extrait,
26:16je pense...
26:16Parce que c'est encore
26:17Gabriel Attal,
26:17parce que là,
26:18c'est...
26:18C'est pas Gabriel Attal,
26:19mais je sais pas si c'est pire.
26:19C'est à peu près pareil.
26:20Ouais,
26:21c'est à peu près le même discours,
26:23je suis pas sûr
26:23que ça vous réjouisse,
26:24mais ça va nous donner
26:25plein de choses à dire.
26:27On regarde un petit med-led
26:27de trois éditorialistes
26:29sur la télé et la radio.
26:30Oui,
26:31quelle tristesse
26:32que cette reculade
26:34en France,
26:35la liberté de travailler
26:36est soumise à la CGT
26:38et à quelques syndicats
26:39qui rejouent la lutte
26:40des classes
26:41et se moquent
26:42comme de leur guigne
26:43des travailleurs,
26:44ceux qui voudraient
26:45précisément
26:46ouvrir leur boutique
26:47le 1er mai.
26:49On rappelle que
26:49chacun serait libre,
26:52aucune obligation.
26:53Paf !
26:53Tout ça est balayé,
26:54pourtant,
26:55bon,
26:55sur la base du volontariat,
26:58pourquoi pas ?
26:58Enfin,
26:58libérer le travail
26:59dans ce pays,
27:00pourquoi pas ?
27:00Puis je rappelle
27:01que ceux qui travaillaient
27:02ou qui auraient travaillé
27:03le 1er mai,
27:04ils voyaient
27:05leur rémunération
27:06doubler ce jour-là.
27:08Les syndicats ont dit
27:09niettes
27:10et tout a été balayé.
27:11Transformer le 1er mai
27:12en guerre de religion
27:13ont tené l'international
27:15à l'Assemblée
27:15quand le sujet concerne
27:16quelques professionnels
27:18bien identifiés.
27:19Tout ça est ridicule
27:20et j'ose dire
27:21qu'en occu.
27:22Le gouvernement a paniqué
27:24et s'est débrouillé
27:24comme un manche.
27:26C'est brillant.
27:27Alors on est d'accord
27:27avec la dernière phrase,
27:28je pense,
27:29qu'effectivement
27:29le gouvernement
27:29s'y est pris comme un manche.
27:31Est-ce que vous voulez réagir ?
27:33C'est toujours assez fascinant
27:34ce que ça peut provoquer
27:35ce type de débat
27:36comme outrance.
27:37Donc vous avez récifité
27:39la guerre de religion.
27:40Myriam Lecleric,
27:41qu'est-ce que vous avez à dire
27:42pour votre déface ?
27:43Peut-être.
27:44Puis l'interviewée précédente
27:48l'a dit,
27:49déjà la mainmise des médias
27:51qui pose un très très gros problème
27:53avec cette info en continu
27:55qui donne des fake news
28:00à longueur de journée.
28:02Alors par contre,
28:03là où ils ont raison,
28:03c'est l'activité syndicale
28:05pour empêcher
28:05qu'on vole le 1er mai.
28:07Ça c'est vrai.
28:08Il y a une riposte syndicale
28:10extrêmement puissante
28:11dans l'unité.
28:12dans l'unité.
28:13Donc sur ça,
28:15ils ont raison
28:15et on a gagné
28:17une victoire
28:18et on a besoin
28:20maintenant
28:20de sécuriser
28:21encore plus le 1er mai.
28:23Donc c'est pour ça
28:23que moi j'invite
28:24toutes celles et ceux
28:25qui nous écoutent
28:25à signer la pétition,
28:27à continuer de la signer,
28:28à continuer de se mobiliser
28:29et à venir en manifestation
28:31le 1er mai.
28:32Le 1er mai est déjà attaqué,
28:33là on l'a appris
28:34par exemple
28:35dans la commune de Liévin.
28:36Il doit y avoir
28:37normalement
28:37une commémoration
28:38d'organiser.
28:40Le maire
28:41du Rassemblement National
28:42a décidé
28:43de ne pas commémorer
28:44le 1er mai
28:45puisque c'était
28:47aux mains des syndicats
28:48et aux mains
28:49du monde du travail.
28:50Ça donne des messages
28:51extrêmement puissants
28:52et je pense qu'il faut
28:53vraiment qu'on organise
28:54la riposte.
28:55Oui.
28:56Luzivine,
28:56qu'est-ce que ça vous évoque
28:57ces différentes prises de parole ?
28:58Je vais dans le sens
28:59de ce que vient de dire Myriam
29:01notamment à propos
29:02de cette machine
29:03de guerre médiatique.
29:03Donc heureusement
29:04que vous êtes là
29:05et d'autres.
29:06Ça me fait penser
29:08à ce que disait
29:09le programme
29:10du Conseil National
29:10de la Résistance.
29:11Il faut mettre
29:12les médias
29:13à l'abri
29:14des puissances
29:14de l'argent.
29:15C'est une phrase
29:16très forte
29:16et qui était accompagnée
29:17de plein de mesures possibles
29:18qu'il faudrait aujourd'hui
29:19vraiment mettre en œuvre.
29:21Et d'ailleurs
29:21c'est lié aussi
29:22à notre histoire
29:23du 1er mai
29:24puisqu'en 1946
29:25donc à la libération
29:26et après la guerre
29:27dans le prolongement
29:28de cette volonté
29:29émancipatrice du CNR
29:30en 46 puis en 47
29:32voilà on a arraché
29:33le 1er mai
29:34avec cette loi
29:35qui en a fait
29:36un jour férié
29:37et échaumé
29:39et payé.
29:40Donc ça c'est une première chose
29:41et puis c'est vrai que
29:42alors là on n'a pas eu
29:43Maude Bréjon
29:43dans votre petit mételet
29:45mais ça valait aussi
29:46son pesant
29:46de cacahuète
29:47puisque Maude Bréjon
29:48en fait
29:49elle est complètement
29:50dans une logique
29:50orwellienne
29:51celle dans laquelle
29:51on baigne absolument
29:53puisque c'est aussi
29:54ce qu'on a entendu là
29:55Pascal Praud
29:55on dirait vraiment
29:56qu'il porte le deuil
29:57de toute la terre
29:57avec cette histoire
29:58de la CGT
29:59de pouvoir aussi
29:59on n'est pas vraiment
30:00dans un requiem
30:02il est fort dans ses éditions
30:03mais voilà
30:04tous et toutes là
30:05donc Bréjon
30:06dit
30:06mais c'est le monde
30:07à l'envers
30:08c'est supposé défenseur
30:10des travailleurs
30:10qui empêchent
30:11les travailleurs
30:12d'exercer leur liberté
30:13de travailler
30:14donc c'est orwellien
30:15mais c'est à l'image
30:17de la période
30:17dans laquelle on vit
30:18et qui est lié aussi
30:19à cette machine de guerre
30:20ce véritable rouleau
30:21compresseur médiatique
30:22c'est comme quand
30:23ils nous prennent
30:24le no pasaran
30:25ils ne passeront pas
30:26moi j'ai vu des propos
30:27de Laure Lavalette
30:28par exemple
30:28le député du RN
30:29dire ils ne passeront pas
30:30à propos du nouveau
30:32Front Populaire
30:32en 2024
30:33ou no pasaran
30:34ou les antifascistes
30:37ne passeront pas
30:37par exemple
30:38dans le torchon
30:39raciste causeur
30:40donc voilà
30:41tout est à l'avenir
30:42c'est vrai
30:42quand on nous dit
30:43que les fascistes
30:44en fait
30:44c'est les antifascistes
30:45donc c'est orwellien
30:47et c'est la raison
30:47pour laquelle
30:48en effet
30:48il faut remettre
30:49le monde à sa place
30:50et notre tête bien droite
30:52je vous propose
30:53qu'on regarde
30:53des titres
30:54de sondages
30:55qui ont été diffusés
30:56sur BFM
30:57le Figaro
30:58et la tribune
31:01des sondages
31:01qui si on les écoute
31:03plus de 60% des français
31:04favorables à l'extension
31:05du travail du 1er mai
31:06dans certains secteurs
31:0774% des français
31:09souhaitent travailler
31:09le 1er mai
31:10je vous lis aussi
31:11le Figaro
31:11parce que c'est un petit peu petit
31:12la question posée
31:13c'était à propos du travail
31:14du 1er mai
31:15de laquelle des propositions suivantes
31:16vous sentez
31:17le ou la plus proche
31:18et donc je crois
31:19qu'on est à 61%
31:20il faut maintenir
31:21le plus largement possible
31:22d'interdiction de travailler
31:23non pardon
31:23justement
31:24il faut autoriser le travail
31:25du 1er mai
31:25etc
31:25donc on voit bien
31:26que la manière
31:27dont les médias
31:29dont certains médias
31:30présentent les sondages
31:31veut dire quelque chose
31:32Cyprien
31:33est-ce qu'il n'y a pas
31:34quelque chose
31:34à peut-être un petit peu
31:35nuancer ?
31:36Oui alors peut-être
31:36effectivement
31:37tu as montré plusieurs sondages
31:38je précise que le sondage
31:39le plus favorable
31:40au travail du 1er mai
31:41c'est le sondage
31:42donc à 74%
31:43il a été commandé
31:44par la CPME
31:45donc qui est
31:46l'un des syndicats patronaux
31:48les plus puissants
31:50qui précisément
31:50milite pour le travail
31:52du 1er mai
31:52donc je ne vais pas dire
31:53que le sondage est manipulé
31:53je n'oserais pas évidemment
31:54dire une telle chose
31:55mais disons que le hasard
31:56fait bien les choses
31:57néanmoins je pense quand même
31:58que ça interroge
31:58parce que même les sondages
31:59qui n'ont pas été commandés
32:00par la CPME
32:01donnent quand même
32:02plutôt une majorité
32:03de personnes
32:03qui seraient pour travailler
32:05le 1er mai
32:06qu'est-ce que ça vous inspire
32:07Myriam Lepkiri ?
32:08Vous êtes minoritaire
32:09aujourd'hui sur cette question ?
32:11Alors non
32:11parce que je pense
32:12qu'en termes de pétition
32:14on a quand même marqué
32:15un bon coup d'essai
32:16on a plus de 108 000 signataires
32:18là aujourd'hui
32:19alors moi ce qui m'interroge
32:21c'est déjà
32:22toujours les sondages
32:23la question qu'on pose
32:24elle est quand même
32:25relativement intéressante
32:27et elle est
32:28par exemple
32:29si on avait posé la question
32:30souhaitez-vous le travailler
32:31le 1er mai
32:32ou souhaitez-vous
32:32être mieux payé
32:34je pense que
32:35la réponse
32:35ça serait
32:36je souhaite être mieux payé
32:37Ça revient à la question
32:38des salaires
32:38dont vous parliez
32:39où on essaye de nous faire croire
32:40que les français
32:40veulent absolument
32:41travailler plus
32:42etc
32:42c'est surtout qu'ils ont besoin
32:43d'être payés plus
32:44Ils ont besoin d'être payés plus
32:45c'est la question
32:47fondamentale
32:48cruciale
32:48que se posent
32:49les français
32:49et les françaises
32:50enfin les travailleurs
32:51et les travailleuses
32:51c'est pas
32:52est-ce que je veux
32:53travailler le 1er mai
32:54ou pas
32:54c'est comment je vais
32:55boucler ma fin de mois
32:57comment
32:59comment les salaires
33:00vont augmenter
33:01comment le patron
33:02va m'augmenter
33:03les salaires
33:03et bien évidemment
33:04que face à des salaires
33:06extrêmement bas
33:07tels qu'il y a maintenant
33:08et bien la tentation
33:09des heures supplémentaires
33:10elle existe
33:11la tentation
33:12de se faire payer
33:12ces heures
33:14ces congés payés
33:15qu'on ne prend pas
33:16elle existe
33:17mais parce que
33:17les gens essayent
33:18de s'en sortir
33:19et ça c'est quand même
33:20dramatique
33:20cette politique de l'offre
33:21elle nous emmène
33:22vraiment droit dans le mur
33:24comme tu le disais
33:25tout à l'heure
33:25Ludivine
33:26on a des milliards
33:28des milliards d'argent
33:29qui sont dépensés
33:30sans compter
33:30il y a un très bon rapport
33:31d'un sénateur
33:33Fabien Gué
33:33qui a été fait
33:34l'année dernière
33:38211 milliards d'euros
33:39par an
33:40qui nous échappent
33:41sans contrepartie
33:43sans éco-conditionnalité
33:45environnementale
33:46d'égalité
33:46femmes-hommes
33:47etc
33:47et on ne résout rien
33:49à ce niveau là
33:50et après on demande
33:51toujours aux travailleurs
33:52aux travailleuses
33:52de serrer la ceinture
33:53on nous a enlevé
33:54deux ans de vie
33:55avec la réforme des retraites
33:57maintenant c'est un jour payé
33:58allez c'est la porte ouverte
34:00à tout
34:00dans la dérégulation
34:01effectivement le jour férié
34:02qui est choisi
34:03c'est ce jour là
34:03et c'est vrai que quand on parlait
34:04des jours fériés
34:05il y a aussi beaucoup
34:05on a beaucoup de jours
34:06qui sont plutôt liés à la religion
34:08donc c'est vrai que voilà
34:08comme on disait depuis le début
34:09le symbole de la lutte des classes
34:11et tout ça
34:12enfin d'aller s'en prendre
34:12au 1er mai c'est quelque chose
34:13oui en même temps
34:15il y a eu des tentatives
34:16par exemple par Raffarin
34:17ce qui a d'ailleurs
34:18en grande partie
34:19abouti
34:20de mettre en cause
34:21l'indiquement de côtes
34:22etc
34:22donc en fait
34:23ils s'en prennent même
34:24aux jours religieux
34:26oui mais enfin voilà
34:26c'est toujours pareil
34:27c'est pour
34:28c'était un jour de solidarité
34:31il fallait donner
34:31ce jour de solidarité
34:33comme si justement
34:33la protection sociale
34:34n'était pas mise en cause
34:36systématiquement
34:36par cette politique
34:37dont on a parlé
34:38l'une et l'autre
34:39est-ce qu'on pourrait chercher
34:40de nouveaux jours fériés ?
34:41et bien justement
34:42tu viens de me faire une transition
34:43une passe des
34:44Lumi comme on dit
34:45c'était une proposition
34:46de Sophie Binet
34:47qu'elle a fait le 1er mars
34:49de faire du 8 mars
34:50un jour férié
34:52qu'est-ce que vous en pensez ?
34:54j'ai vu par exemple
34:55une réaction de Marie-Lise Léon
34:56qui disait
34:57qu'elle trouvait
34:58que c'était pas une bonne idée
34:58parce que le 8 mars
34:59étant une journée de grève féministe
35:00en fait si c'est un jour férié
35:01on ne peut plus faire grève
35:02qu'est-ce que vous pensez
35:04l'une et l'autre
35:04de cette proposition ?
35:05est-ce que de proposer
35:06le 8 mars
35:07comme un nouveau jour férié
35:08ça permet pas aussi
35:09de décaler un peu le focus
35:10de dire en fait
35:10la question c'est pas
35:11d'en enlever
35:11c'est d'en faire plus ?
35:13qu'est-ce que vous en pensez ?
35:15alors sur le 8 mars
35:16moi je
35:17enfin en présentation
35:19vous l'avez dit
35:19je suis chargée
35:20des questions
35:21égalité femmes-hommes
35:22pour la CGT
35:23donc je suis extrêmement
35:24sensible et intéressée
35:26sur la question du 8 mars
35:27alors le 8 mars
35:29quelque part
35:30comparé au 1er mai
35:31c'est son pendant
35:32c'est son pendant féministe
35:33ça a été gagné
35:36cette journée internationale
35:38par la lutte des femmes
35:38par des grèves des femmes
35:39qui ont été également
35:40durement réprimées
35:41donc pourquoi pas
35:43proposer que ça soit férié
35:44à terme
35:45de la même manière
35:46donc moi je trouve
35:46que ça serait vraiment
35:47une poussée féministe
35:48extrêmement intéressante
35:50et au-delà de ça
35:51moi je trouve que
35:52Sophie Binet
35:52a eu raison de mettre
35:53la question de l'égalité
35:54femmes-hommes
35:55sur le devant de la scène
35:56en parlant de cette journée
35:58parce que l'urgence
35:59en fait
36:00c'est d'inscrire
36:01à l'agenda parlementaire
36:03la transposition
36:03de la directive
36:04transparence des rémunérations
36:05qui doit pouvoir
36:07apporter la transparence
36:09et des mesures correctives
36:10dans les entreprises
36:11le gouvernement
36:12est censé
36:13faire une proposition de loi
36:15et la mettre en application
36:17avant le 7 juin
36:18il n'y a rien
36:19pour l'instant
36:20donc en fait
36:21tout ce qui est pour obtenir
36:23des bougées positives
36:24pour le monde du travail
36:26le gouvernement
36:27a relativement
36:29à quoi poney
36:30sur ce sujet là
36:31et va mettre
36:32nous propose
36:33des projets de loi
36:34où il ne se conforme pas
36:37à la directive européenne
36:38et où en même temps
36:40il dégrade
36:40ce qu'on a obtenu
36:41de l'existant
36:42type index égalité
36:43etc
36:43donc moi je trouve que
36:44quand même
36:45c'est des signaux inquiétants
36:46qu'on doit faire partager
36:49et qui doivent permettre
36:50de se mobiliser
36:51le 8 mars
36:52bien évidemment
36:53il y a la grève féministe
36:54et le 1er mai
36:55dans les manifestations
36:56voilà
36:57on a deux rendez-vous
36:58déjà de prix
36:59Ludovine Bontini
37:008 mars
37:01jour férié bonne
37:02ou mauvaise idée ?
37:03Tout est bon à prendre
37:04et surtout
37:05pourquoi tout est bon à prendre ?
37:06Parce qu'on a parlé quoi ?
37:07d'existence
37:08de dignité humaine
37:09de lutte collective
37:10d'internationalisme
37:11et on a aussi parlé
37:12de démocratie
37:13et moi je pense que
37:14pour qu'il y ait une démocratie vraie
37:15il faut qu'on ait du temps
37:16le plus possible de temps
37:17un temps pour soi
37:18mais un temps pour tous
37:19et toutes
37:21et donc un temps aussi
37:22pour du coup
37:22s'organiser
37:23délibérer
37:24discuter
37:24se retrouver
37:25etc
37:26c'est ça la démocratie
37:27en fait on est aussi dépossédé
37:28de la démocratie
37:29on l'a dit
37:29les standards de notre démocratie
37:31sont quand même très bas
37:32très très faibles
37:32et donc
37:33c'est très bien
37:34qu'il y ait le plus possible
37:35de jours fériés
37:35et c'est très bien
37:36qu'il s'inscrive
37:37dans une longue histoire
37:38des luttes
37:39en particulier
37:40des luttes pour l'égalité
37:41femmes-hommes
37:42le 8 mars
37:43c'est évidemment
37:44une histoire
37:45qui a plus de 100 ans
37:45puisque ça a démarré
37:46dans les années 1900
37:471910
37:49ça permet aussi
37:50d'articuler
37:51et cette tradition
37:52en effet
37:52le 1er mai
37:54ça a d'abord été
37:54une tradition de grève
37:55on l'a dit
37:55et donc
37:56c'est pas grave
37:57qu'il y ait un jour
37:57de grève féministe
37:58on n'y est pas encore
37:59d'ailleurs
38:00à grève féministe
38:00généralisée
38:01donc voilà
38:02et si le 8 mars
38:04est un jour férié
38:04on fera
38:05on prolongera
38:07la grève le 9
38:07on sera en reconductible
38:09ça me paraît pas
38:10forcément un argument
38:11tout à fait
38:12efficace
38:13mais voilà
38:14le 8 mars 1917
38:15par exemple
38:16c'était aussi
38:17le début
38:18à Pétrograde
38:20Saint-Pétersbourg
38:21près de Pétrograde
38:22c'était vraiment
38:22le début aussi
38:23d'un mouvement
38:24révolutionnaire
38:25incroyable
38:25et porté par les femmes
38:27puisque c'était
38:28à l'occasion
38:28de cette journée
38:29de lutte
38:29pour les droits
38:29des femmes
38:30donc voilà
38:30tout ça
38:31est une longue histoire
38:31et ceci
38:32c'est sans doute
38:32une histoire d'avenir
38:33donc moi je vote pour
38:34et j'imagine
38:36que tout le monde
38:36autour de cette table
38:38le fait aussi
38:39Merci beaucoup
38:40à toutes les deux
38:40je rappelle
38:41Ludivine Bantigny
38:42vous êtes historienne
38:43spécialiste
38:44des mouvements sociaux
38:45et de l'histoire du travail
38:45merci beaucoup
38:46d'être venue
38:47et à côté de vous
38:48Myriam Lebkiri
38:49vous êtes secrétaire
38:49confédérale de la société
38:50spécialiste des questions
38:52femmes et minorités
38:53merci beaucoup
38:54à toutes les deux
38:55d'avoir répondu
38:56à nos questions
38:56Merci beaucoup
39:06Merci beaucoup

Recommandations