Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Après la première salve de mobilisations du 10 septembre, et à quelques jours de l’appel à la grève du 18 par l’intersyndicale, la secrétaire générale de la CGT était l’invitée de l’Agora de la Fête de l’Humanité, ce samedi 13 septembre. « Tous en grève dans votre boîte le 18 septembre car il faut enterrer le budget dans le musée des horreurs », a lancé la syndicaliste.

ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/

📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr

✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite

📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour Sophie Binet, j'ai comme l'impression que votre venue ici suscite un certain enthousiasme.
00:06On est ensemble pendant une petite heure pour discuter de la rentrée sociale mais pas seulement.
00:11On a un peu le sentiment que l'histoire s'accélère en ce moment.
00:13En l'espace de trois jours, on a vécu un suicide politique.
00:17Je parle évidemment de celui de François Bayrou, l'arrivée d'un nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu,
00:22et puis une journée de mobilisation d'un genre un peu particulier qui est celle du 10 septembre sur laquelle
00:26évidemment on va revenir.
00:28Pour continuer à planter le décor, on peut dire que la France traverse une période d'instabilité politique telle qu
00:33'elle n'en avait pas connue depuis 50 ans
00:35et qu'elle est secouée par une colère sociale d'une rare intensité.
00:39François Bayrou a passé tout l'été à essayer d'éteindre un incendie qu'il a largement contribué à allumer
00:44le 15 juillet
00:45en annonçant à l'époque une série de mesures austéritaires parmi lesquelles la possible suppression de deux jours fériés.
00:51Le moins qu'on puisse dire c'est que ce n'était pas l'idée politique du siècle.
00:54Puis il a menacé tous ses opposants, dont vous, en expliquant que c'était soit lui, soit le chaos.
00:58Et là encore, ça n'a pas été une franche réussite.
01:01Ma première question concerne un horizon très proche.
01:05Le 18 septembre, donc 5 jours, l'intersyndicale au grand complet appelle à une journée d'action.
01:10A l'époque où vous avez décidé de cette journée, la colère sociale en France se cristallisait surtout autour d
01:15'un budget porté par un gouvernement.
01:16Or aujourd'hui, ce gouvernement est tombé et le budget aussi.
01:20D'où ma question. Contre qui et contre quoi allez-vous mobiliser le 18 ?
01:26Bonjour tout le monde. Je crois qu'on a oublié d'être bêtes et qu'on a bien compris la
01:31stratégie d'Emmanuel Macron.
01:32Tout changer pour ne rien changer.
01:34Là, il a sacrifié trois premiers ministres en un an pour espérer sauver sa politique.
01:39Et je pense que le message qu'on va lui passer le 18 et après, c'est qu'il peut
01:45changer tant qu'il veut de ministre.
01:47Le 18 et après, c'est nous qui allons changer la donne.
01:52Et tu l'as dit dans ton introduction, on est dans un moment où l'histoire s'accélère.
01:57Ça arrive de temps en temps dans l'histoire sociale. On est dans ce moment-là.
02:00Le 18, ce n'est pas une date comme les autres.
02:03C'est une étape décisive.
02:05Il faut que tout le monde y soit.
02:07J'ai entendu dire qu'il y avait 500 000 festivaliers et festivalières à la fête de l'Huma, par
02:13exemple.
02:14Toutes celles et ceux qui sont à la fête de l'Huma, rendez-vous en grève, en manifestation.
02:20Le 18, on emmène les collègues, les amis, les frères, les sœurs.
02:29On est tous et toutes là. Il n'y a pas d'excuses pour être là.
02:32Le 18, on a déjà recensé plus de 200 manifestations dans toute la France.
02:37L'ensemble des organisations syndicales appellent à la grève.
02:41Il faut que dans toutes les boîtes, il y ait des grèves.
02:51Et donc, pourquoi est-ce qu'on manifeste le 18 ?
02:54On a changé de Premier ministre, mais là où je ne suis pas d'accord avec la question qui vient
02:58d'être posée, c'est que le budget n'est pas tombé.
03:00Il n'est pas tombé du tout.
03:02Nous, ce qu'on dit depuis le début, c'est que ce que nous voulons, ce n'est pas un
03:05nouveau Premier ministre, c'est un autre budget.
03:07Donc, ce que nous voulons d'abord, le 18, c'est enterrer définitivement ce musée des horreurs.
03:12Et ce n'est pas seulement les deux jours fériés.
03:14Le musée des horreurs, c'est le doublement des franchises médicales, c'est le gel des retraites et de toutes
03:20les prestations sociales,
03:22c'est le gel du salaire des fonctionnaires, c'est l'austérité pour nos services publics et la suppression de
03:273000 postes de fonctionnaires.
03:33Voilà tout ce que nous voulons enterrer.
03:35Et puis comme ici, je pense qu'on partage toutes celles et ceux qui sont là ici, c'est que
03:40nous, on a un esprit très positif.
03:43Et donc, le 18, on ne vient pas seulement se battre contre, on va d'abord se battre pour.
03:49Le 18, on prend le stylo, on prend le chéquier et on dit ce que nous voulons.
03:54Et le 18, on va dire qu'on veut la justice fiscale, l'argent, il y en a dans les
04:00poches du patronat.
04:01On le sait, en manif, on le dit et c'est vrai.
04:09Le 18 et après, on veut gagner de l'argent pour nos services publics.
04:13C'est plus possible que nos hôpitaux soient à l'os, que nos écoles et nos universités ne puissent plus
04:18fonctionner.
04:19Il faut des moyens pour nos services publics.
04:26Le 18, on va gagner l'abrogation de la réforme des retraites, cette réforme qui ne passe pas, qui ne
04:33passera jamais.
04:36Le 18, on va exiger l'augmentation des salaires et des pensions.
04:42Et le 18, on va aussi exiger l'arrêt des licenciements.
04:45Parce que depuis un an, la CGT a recensé 450 plans de licenciement dans tout le pays.
04:51Ça n'est pas possible que ça continue comme ça.
05:00Sébastien Lecornu, pourtant, a promis une rupture avec la façon de faire de son prédécesseur.
05:04Est-ce que vous vous rassurez de ça ? Est-ce que ça vous rassure ?
05:09En fait, évidemment, quand je l'ai entendu, j'ai eu envie de dire lol.
05:12Mais bon, comme je l'avais déjà dit, je ne l'ai pas redit.
05:15Mais disons que d'abord, en fait, quand j'ai vu cette nomination, je me suis dit mais vraiment, Macron,
05:20merci.
05:21Notre meilleur allié pour les mobilisations sociales, c'est encore et toujours Emmanuel Macron.
05:26Pourquoi est-ce que le 10 a été réussi ?
05:28Mais aussi, en partie, grâce à la nomination de Sébastien Lecornu.
05:31Parce qu'effectivement, ce qu'il faut, c'est une rupture.
05:34Mais nommer pour la rupture quelqu'un qui a été ministre de tous les gouvernements depuis qu'Emmanuel Macron est
05:40président de la République, c'est-à-dire depuis 8 ans, là, chapeau l'artiste.
05:43Et franchement, on a un président de la République disruptif et ultra créatif.
05:47Donc, respect.
05:49Donc, la rupture, moi, le point positif, on va le prendre dans ce sens-là,
05:53c'est que ce Premier ministre qui a fait tous les gouvernements d'Emmanuel Macron soit obligé de prononcer le
05:59mot rupture,
06:00c'est déjà un signe du rapport de force.
06:03Maintenant, la rupture, nous, encore une fois, on n'est pas des lapros de 6 semaines.
06:06Donc, il va falloir des actes. Il va falloir des actes immédiats.
06:10Lundi, à 11 heures, j'ai la chance d'être reçue par M. Lecornu, donc notre nouveau Premier ministre.
06:17Et lundi, à 11 heures, ce qu'on va faire avec les camarades de la CGT, c'est qu'on
06:22va faire très, très simple.
06:23On va faire un QCM.
06:25QCM avec deux possibilités, oui, non.
06:28Il n'y a pas, ne sait pas ou je verrai.
06:31Et donc, dans ce QCM, on va poser les questions très simplement.
06:35Jour férié, oui, non.
06:37Désindexation des retraites, oui, non.
06:39Suppression des postes de fonctionnaires, oui, non.
06:41Abrogation de la réforme des retraites, oui, non.
06:48Etc, etc.
06:50Et à la sortie, dès lors qu'on n'aura pas eu oui, ça voudra dire non.
06:54Et ça voudra dire qu'il faudra se mobiliser encore plus massivement le 18.
06:57La rupture que nous voulons imposer, c'est évidemment une rupture sur la forme.
07:02Les passages en force, ça n'est plus possible.
07:04Mais c'est aussi, et d'abord, une rupture sur le fond.
07:07Ça n'est plus possible de mener cette politique au service des plus riches et au service des entreprises du
07:12440.
07:12Voilà ce qu'on va aller chercher le 18 et les jours après.
07:21En annonçant son intention de rouvrir la boîte de Pandore dans la réforme des retraites de 2023,
07:25on a un peu le sentiment que Sébastien Lecornu, il cherche à fracturer l'inter-syndicale
07:30et notamment d'enfoncer un coin entre la CGT et la CFDT.
07:33Est-ce que vous partagez cette analyse ?
07:35Est-ce que vous pensez que l'inter-syndicale va tenir le choc ?
07:37Ce qui n'a pas toujours été le cas au cours des dernières années.
07:40D'abord, si notre nouveau Premier ministre est obligé de parler de la question des retraites,
07:44ce n'est pas de gaieté de cœur, parce que ça, ils ne veulent plus en parler.
07:48Macron, dès le mois de février-mars 2023, il ne voulait plus en parler en disant
07:52la page est tournée, on passe à autre chose, etc.
07:54Ça fait deux ans, et ça fait deux ans que cette réforme des retraites,
07:57c'est comme le scotch du capitaine Haddock, là, il n'arrive pas à s'en détacher.
08:01Et donc nous, notre message est très simple, il n'arrivera jamais à s'en détacher.
08:05Pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron a été obligé de sacrifier trois premiers ministres en un an ?
08:10Pourquoi est-ce qu'il n'a jamais été aussi seul, aussi minoritaire,
08:12qu'il est incapable de faire passer aucune réforme,
08:14parce qu'il est passé en force contre la réforme des retraites ?
08:19En fait, cette séquence-là, elle montre que quand on se mobilise, on ne perd jamais.
08:25On ne gagne peut-être pas immédiatement, effectivement, on n'a pas gagné sur la réforme des retraites,
08:29parce qu'il y a le 49.3, cette 5e République, etc.
08:34Mais Macron a perdu dans les urnes, il a été sanctionné,
08:37et tous ses premiers ministres ont sauté à cause de cette réforme des retraites,
08:41parce que Bayrou a perdu la confiance des Françaises et des Français à partir du mois de mars,
08:46au moment où il a dit qu'il n'allait pas abroger cette réforme des retraites.
08:49Donc, si notre nouvel ami, M. Lecornu, ne veut pas venir remplir le cimetière des premiers ministres,
08:57qui commence vraiment à déborder, il faut qu'il abroge la réforme des retraites,
09:02sinon son mandat va se terminer très vite.
09:06Et donc, ça, pourquoi est-ce qu'il parle des retraites ?
09:08Parce qu'il a compris que, malheureusement, pour lui et pour Emmanuel Macron,
09:12il était obligé d'en parler.
09:14Donc, évidemment, après, encore une fois, nous ne sommes pas dupes,
09:17et donc, leur stratégie, ça va être, comme toujours,
09:20de diviser les organisations syndicales, la gauche, etc., etc.
09:25Et donc, ça a été la stratégie qu'ils ont eue dans le conclave,
09:27mais c'est la raison pour laquelle la CGT a une stratégie unitaire
09:31et que nous nous battons pour avoir une intersyndicale forte.
09:35Et là, vous l'avez vu, moi, je suis sûre que l'unité syndicale va tenir,
09:40en tout cas, on va se battre pour, et cette unité syndicale,
09:43elle sera d'autant plus forte que la mobilisation sera forte
09:45et que l'unité syndicale se construira à tous les niveaux,
09:49au niveau, évidemment, national, dans tous les territoires,
09:51dans toutes les professions, dans toutes les entreprises,
09:53sur tous les lieux de travail, et c'est ce qu'on va faire partout.
10:01En 2017 et en 2022, Emmanuel Macron s'est présenté en rempart
10:05contre l'extrême droite, et pourtant, aujourd'hui,
10:07l'extrême droite n'a jamais été aussi proche du pouvoir.
10:10Je sais que ça vous inquiète.
10:12Jordan de Bardella à Matignon, ça vous semble une menace crédible
10:14à court ou moyen terme ?
10:16Ah oui, oui, oui, très, très, très crédible, y compris à court terme.
10:20On sait que, comment, quand Macron fait la dissolution l'année dernière,
10:26c'était pile, je gagne, et je réussis à ressouder ma majorité,
10:30et puis si je perds, oui, le Rassemblement national,
10:33comme l'a dit d'ailleurs un certain patron,
10:35c'est un risque nécessaire, il rentre à Matignon,
10:37et ça lui permettait de se poser en président de la République,
10:40rassembleur, etc.
10:41Donc, maintenant, c'est une stratégie du capital.
10:45Pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron multiplie ses passages en force ?
10:48Il n'est pas bête, quand même, il est brillant,
10:49il ne faut pas le sous-estimer.
10:50Et pourquoi est-ce que le patronat le pousse à être aussi intransigeant
10:54et que le patronat est complètement radicalisé ?
10:56Parce qu'ils savent que s'ils sont obligés de sacrifier
11:01le futur prochain ministre, Premier ministre,
11:03ou alors peut-être Emmanuel Macron,
11:05parce que la limite, voilà, leur plan B,
11:07ça sera l'extrême droite.
11:08Ils ont, vous en avez débattu juste avant, ici,
11:13le patronat a déjà son plan B, à savoir l'extrême droite.
11:16Donc c'est un risque très, très sérieux.
11:18Et ce que je veux rappeler ici, c'est que l'extrême droite
11:20n'est jamais arrivée au pouvoir sans un soutien des milliardaires
11:23et du capital.
11:25Et Donald Trump est arrivé au pouvoir
11:30grâce au soutien d'Elon Musk et de tous ses amis milliardaires.
11:33Et c'est ce qui est en train de se passer dans le monde entier.
11:36Dans les manifestations, en ce moment, enfin, vous avez en partie répondu,
11:39on entend de plus en plus des Macron démission.
11:42Est-ce qu'il devrait partir, selon vous, le président de la République ?
11:45C'est sûr que je pense que ça ferait plaisir à tout le monde
11:48qu'il s'en aille, parce que son, comment dire,
11:51depuis 8 ans, il a mis la France dans un état calamiteux
11:54et il fonce dans un mur à grande vitesse, ça fait 8 ans qu'on lui dit,
11:58et au lieu de bifurquer, il accélère.
12:00Et le problème, c'est qu'il emmène tout le pays dans une catastrophe
12:03et là, prochainement, une crise de régime.
12:05Mais nous, comme organisation syndicale,
12:08et nous, comme mouvement social,
12:10notre enjeu central, c'est la question du contenu,
12:13de l'orientation des politiques.
12:15Notre sujet, ça n'est pas le casting.
12:18On peut avoir la même chose que Macron, ou pire,
12:21le capital, d'ailleurs, je le disais tout à l'heure,
12:23la stratégie du patronat, toujours.
12:25Par exemple, à un moment, en 2012,
12:27ils ont senti que Sarkozy était fini et ne repasserait pas.
12:30Et donc, les milieux patronaux se sont organisés
12:32autour de François Hollande pour reprendre la main.
12:34Qui est-ce qu'ils ont positionné à l'époque ?
12:36Un certain Emmanuel Macron,
12:38que les patrons ont demandé à François Hollande
12:40de prendre à son cabinet.
12:42Là, le jour où les patrons vont sentir que Macron s'est fini,
12:45ils vont se réorganiser,
12:47ils sont déjà en train de le faire,
12:48autour de Bardella et de l'extrême droite.
12:50Donc, notre sujet, ça n'est pas le casting,
12:53c'est l'orientation des politiques.
12:55Et y compris quand on se focalise trop sur le casting,
12:58on peut même réussir à gagner sur le casting
13:00et à mener tel ou tel au pouvoir.
13:02Mais on a quand même eu quelques expériences
13:05un peu décevantes de tel ou tel
13:06qu'on avait amené au pouvoir
13:08si on n'avait pas assez caractérisé les politiques
13:10que nous voulions qu'ils mènent
13:11et organisé le rapport de force
13:13pour que les politiques soient menées.
13:15Et donc, l'enjeu, on sait que le capital est spécialiste
13:18de changer les visages
13:19pour maintenir une politique à son service.
13:23Donc, notre objectif, c'est le contenu de la politique.
13:26Et pour finir, comme organisation syndicale,
13:31nous sommes toujours très...
13:33Évidemment qu'on s'intéresse à la chose politique,
13:36c'est un principe indispensable,
13:38mais pour nous, l'indépendance syndicale,
13:40c'est fondamental.
13:42Jamais on ne doit instrumentaliser
13:44une lutte sociale pour autre chose
13:46que les revendications des travailleurs
13:48et des travailleuses.
13:55Pour des enjeux politiciens, par exemple.
13:58Et de l'autre côté,
13:59jamais on ne doit mettre sous les teignoires
14:01une lutte sociale pour des enjeux politiciens
14:04ou politiques autres que les objectifs
14:06de la lutte sociale.
14:07Par exemple, j'entends venir l'argument sur
14:09on est dans une crise de régime,
14:11c'est catastrophique, etc.
14:12Qu'est-ce que vous allez appeler à manifester,
14:14à faire grève ?
14:15Vous êtes dangereux.
14:16Mais non.
14:17C'est tant qu'on a un pouvoir
14:18qui va continuer à piétiner,
14:19à ne pas répondre aux exigences sociales,
14:21quel que soit le contexte institutionnel,
14:23il faudra se mobiliser
14:25pour mettre les choses sous pression de la rue.
14:27Si jamais on arrivait à une dissolution,
14:29il faudrait que la mobilisation sociale
14:31soit très forte pour que ces échéances électorales
14:34se fassent sous surveillance populaire,
14:36sous surveillance des travailleuses
14:37et des travailleurs.
14:44Il y a une question qui occupe à nouveau,
14:47qui pollue même tout l'espace public
14:48depuis plusieurs mois,
14:50c'est celle de la dette publique.
14:51Et on entend beaucoup dire,
14:53dans les médias notamment,
14:54que c'est la première désurgence
14:55et que si on ne règle pas ce problème,
14:57on va se retrouver dans une situation comparable
14:58à celle de la Grèce d'il y a quelques années.
15:00Est-ce qu'on a raison d'avoir peur
15:02ou est-ce que, pour le dire trivialement,
15:043 300 milliards d'euros de dette,
15:05ce n'est pas si grave ?
15:08En fait, j'ai envie de dire un peu les deux.
15:11Mais cette question de la dette,
15:13ça ne fait pas juste quelques mois
15:14ou quelques semaines qu'on nous en parle.
15:16En fait, cette question de la dette,
15:16on nous en parle tout le temps
15:18et c'est toujours la justification
15:19pour nous imposer des réformes pourries.
15:21Rappelons-nous, il y a 2 ans,
15:22quelle a été la seule justification
15:24sur la réforme des retraites ?
15:25La dette.
15:26Que s'est-il passé après le 49.3 ?
15:29Ah, bah tiens, la notation de la France a dégringolé.
15:31C'est-à-dire qu'on nous a imposé
15:33cette réforme des retraites,
15:34soi-disant pour améliorer la dette,
15:36mais les agences de notation
15:37ont dégradé la note de la France.
15:39Pourquoi ?
15:40Parce qu'elles ont vu ce que la CGT
15:42et les organisations syndicales ont martelé,
15:44à savoir que si Emmanuel Macron passait en force,
15:47il allait le payer d'une profonde crise démocratique
15:49et donc la note a été dégradée
15:51pour l'instabilité politique.
15:52Et d'ailleurs là, hier ou aujourd'hui,
15:55la note vient d'être dégradée.
15:56Si vous regardez l'explication,
15:57c'est encore cette explication-là.
15:58La deuxième chose que je veux dire,
16:00c'est que toutes ces réformes,
16:02et donc depuis 2017, on en a enquillé quand même,
16:05une réforme du Code du travail extrêmement violente,
16:07les ordonnances,
16:084 ou 5 réformes de l'assurance chômage,
16:10une réforme des retraites, etc.
16:11On nous les a imposées au nom de la dette.
16:14Le bilan, c'est quoi aujourd'hui ?
16:15La dette a augmenté de 1 000 milliards.
16:17Un tiers de dette en plus.
16:20Donc chapeau l'artiste.
16:21Aujourd'hui, c'est Emmanuel Macron,
16:24le pompier pyromane,
16:25qui crée la dette par sa politique de l'offre
16:27au service des plus riches.
16:28On sait que sur les 1 000 milliards,
16:30il y en a au moins 500 milliards
16:31qui sont liés aux cadeaux pour les plus riches
16:33et pour les plus grandes entreprises.
16:35Et que le sujet,
16:36ce n'est pas un problème de dépenses,
16:37il n'y a pas trop de dépenses,
16:38c'est qu'il n'y a plus assez de recettes
16:40à cause de tous les cadeaux
16:41qu'ils ont faits pour les plus riches
16:42et pour les entreprises du 440.
16:50Dernière chose très importante.
16:53Je suis très étonnée dans les médias
16:56qui sont maintenant,
16:57à part l'humanité et quelques autres
16:58qui résistent de plus en plus détenus
17:00par des milliardaires,
17:01qu'on ne nous parle jamais de l'Espagne.
17:02C'est quand même assez étonnant.
17:04La comparaison entre l'Espagne et la France,
17:06c'est hyper intéressant.
17:07Vous avez 2 pays très proches,
17:09dans la même zone, etc.
17:11L'Espagne a le même problème de dette
17:13que la France.
17:13Sauf qu'en Espagne,
17:15il y a une politique inverse
17:16qui a été tenue à celle d'Emmanuel Macron.
17:20Grâce à la mobilisation
17:21des organisations syndicales,
17:22les salaires ont augmenté de 60%.
17:24Les contrats précaires ont été supprimés.
17:27Aujourd'hui, ce que sont en train
17:28de gagner les organisations syndicales,
17:30c'est une réduction collective
17:31du temps de travail
17:32sans réduction de salaire.
17:33Et qu'est-ce qui se passe en Espagne ?
17:35La croissance n'a jamais été aussi élevée
17:36et la dette baisse.
17:38Donc on voit que la politique
17:39d'Emmanuel Macron,
17:40elle est non seulement catastrophique
17:42d'un point de vue social,
17:43mais c'est aussi un naufrage économique.
17:46Jamais notre déficit n'a été aussi élevé.
17:48Jamais notre déficit commercial
17:50n'a été aussi fort.
17:52L'industrie n'a jamais été aussi faible
17:54dans le pays
17:54alors que cette politique de l'offre,
17:56elle est justifiée,
17:57soi-disant,
17:58pour attirer les investisseurs,
17:59ouvrir soi-disant de nouvelles usines.
18:00C'est faux.
18:01On passe notre temps
18:02à fermer des usines,
18:03malheureusement.
18:04Justement.
18:08J'avais une question là-dessus
18:09parce que tout à l'heure,
18:10juste après notre entretien,
18:11on accueillera plusieurs salariés,
18:13dont un responsable CGT
18:14d'ArcelorMittal,
18:15qui se bagarre avec ses camarades
18:17depuis des mois
18:18contre une restructuration énorme.
18:20Il y a pratiquement un an,
18:21je crois que c'était en novembre,
18:22la CGT alertait
18:23sur une vague de plans sociaux,
18:25entre guillemets,
18:26comme on les appelle,
18:26qui allait déferler sur le pays.
18:28Vous avez même fait une carte
18:29de tous les emplois menacés.
18:30L'histoire vous a donné raison,
18:32malheureusement.
18:33Où est-ce qu'on en est aujourd'hui
18:34et quel bilan vous faites
18:35de la campagne
18:36que vous avez menée
18:36depuis ce moment ?
18:40Donc, ça va faire partie
18:41des sujets
18:42dont je vais parler lundi
18:44avec notre nouvelle amie.
18:45Je vais lui remettre la liste.
18:47Alors, ça fait...
18:48Donc, on l'a remise
18:50à Gabriel Attal,
18:51on l'a remise à Michel Barnier,
18:53et on l'a remise à François Bayrou,
18:54la liste des plans de licenciement.
18:56Là, on va dépasser les 400,
18:58être pas loin des 450.
19:01Donc, ça monte, malheureusement.
19:03Et le problème,
19:05c'est qu'à part la CGT
19:07et les organisations syndicales,
19:08personne ne fait rien
19:09pour empêcher
19:10ces plans de licenciement.
19:12Grâce à la mobilisation,
19:13on a réussi à gagner
19:15la reprise d'entreprise
19:16et la sauvegarde des emplois.
19:18Mais à chaque fois,
19:19c'est David contre Goliath
19:20parce qu'il n'y a pas
19:22de stratégie industrielle
19:23pour inverser la donne.
19:25Donc, on a réussi à gagner
19:26grâce à une mobilisation incroyable
19:28qu'on a montée
19:29avec nos camarades
19:31de la Fonderie de Bretagne.
19:32On a réussi à sauvegarder
19:34quasiment 300 emplois
19:35à la Fonderie de Bretagne.
19:37On peut les applaudir.
19:43On a réussi à sauver Val d'une,
19:46la dernière entreprise
19:47qui fabrique des roues
19:49et des essieux de train
19:50que Bruno Le Maire,
19:51alors ministre de l'économie,
19:53avait condamné à la fermeture
19:55en disant qu'il n'y avait pas d'avenir
19:56pour cette usine.
19:57Eh bien, on l'a sauvée
19:58et aujourd'hui,
19:59elle tourne à plein.
20:06On a sauvé Gardanne,
20:09cette centrale
20:10qu'on est en train
20:10de reconvertir
20:11pour répondre
20:12aux défis environnementaux
20:13dans les bouches du Rhône.
20:14On est en train
20:15de sauver
20:17Chapelle d'Arbelay
20:18avec 200 emplois
20:20que nous voulons créer
20:21à la clé.
20:22Nous avons de belles réussites
20:24à valoriser
20:25grâce à notre mobilisation,
20:27mais ce n'est plus possible.
20:27Et donc, ce que je vais dire aussi
20:30lundi à notre Premier ministre,
20:31c'est que ce n'est plus possible
20:33d'avoir un ministère de l'Industrie
20:34qui est transformé
20:35en ministère des licenciements.
20:36On n'a pas besoin
20:37d'avoir à Bercy
20:38des gens qui versent
20:39des larmes de crocodile
20:40sur les plans de licenciement
20:42et qui nous resservent
20:43les mêmes arguments
20:44que ceux qui sont sortis
20:45par nos patrons.
20:46À Bercy,
20:46on a besoin d'autre chose.
20:48On a besoin d'un État stratège.
20:49On a besoin d'un État
20:50qui utilise les aides publiques
20:52comme levier
20:52pour agir sur le capital
20:54au lieu de signer des chèques
20:55pour subventionner
20:56les plans de licenciement.
21:03On a besoin d'avoir à Bercy
21:05un État qui utilise
21:07tous les leviers à sa disposition
21:08et il y en a plein
21:09pour empêcher ces licenciements.
21:11Des nationalisations
21:12comme ce qu'on réclame
21:13à ArcelorMittal,
21:15un moratoire sur le licenciement,
21:17c'est possible aussi.
21:18Des réquisitions.
21:19À Vancorex, par exemple,
21:21on a interpellé pendant des mois
21:22le ministre de l'Industrie
21:24pour qu'il lève le petit doigt.
21:26Il ne l'a pas fait,
21:26c'est un scandale,
21:27mais à Vancorex,
21:28la lutte continue
21:29puisque la CGT,
21:30je vais aussi le porter lundi,
21:31a un nouveau projet
21:32de reprise de l'entreprise
21:34pour garantir la continuité.
21:36200 emplois à court terme,
21:372000 à moyen terme.
21:39Il y a intérêt,
21:40ça va faire partie des QCM,
21:42il y a intérêt à ce que la case
21:43soit du côté du oui.
21:45Ça fait partie des exigences
21:46qu'on va porter.
21:51Et puis, dernière chose,
21:54Ascométal, Novasco,
21:55c'est une aciérie
21:56qui est présente
21:57et dans le nord
21:58et dans l'est,
21:59c'est une aciérie électrique,
22:01c'est une aciérie décarbonée.
22:03Novasco est en train
22:04de fermer 800 emplois d'ouvriers,
22:063000 emplois indirects
22:07qui disparaîtraient.
22:08Et donc, Novasco,
22:09évidemment,
22:10c'est un sujet
22:10sur lequel on va interpeller
22:13immédiatement M. Lecornu
22:14puisque c'est extrêmement urgent.
22:16Novasco,
22:17il faut que l'Etat
22:17tape du poing sur la table.
22:19Il a débloqué
22:2185 millions d'euros
22:22d'aides publiques.
22:23Elles sont arrivées.
22:24Le repreneur
22:25qui était un fonds britannique
22:26s'était engagé
22:26à mettre 90 millions d'euros.
22:28Il n'a déboursé
22:29que 1 million d'euros.
22:30C'est un grand classique.
22:31Maintenant,
22:32il faut que l'Etat
22:32se fasse respecter.
22:33Il y a une clause
22:34qui prévoit dans le contrat
22:35qu'ils ont signé ensemble
22:36que si le fonds britannique
22:38ne met pas l'argent derrière,
22:40tous les actifs
22:41basculent à l'Etat.
22:42Ça s'appelle
22:43une nationalisation.
22:44C'est prévu dans le contrat.
22:45Donc,
22:46il reste 15 jours.
22:47Il reste jusqu'au 15 septembre.
22:49Non,
22:49ça ne fait pas 15 jours.
22:50Jusqu'à mardi
22:51pour que Greboul,
22:53le repreneur britannique,
22:54paye les 88 millions d'euros
22:56qu'il doit.
22:56Si au 15 septembre,
22:58ce n'est pas fait,
22:59l'Etat doit récupérer
23:00les actifs
23:00et doit nationaliser Novasco.
23:08vous avez évoqué les aides publiques
23:09aux entreprises.
23:10Je redonne le chiffre
23:11parce qu'il est quand même énorme.
23:12C'est 200 milliards d'euros par an.
23:14C'est deux fois et demi
23:14le budget de l'éducation nationale.
23:16Et à la CGT,
23:17ça fait des années
23:18que vous,
23:18vous dénoncez cette gabegie.
23:20Qu'est-ce qu'il faudrait faire
23:21concrètement selon vous ?
23:22Il faudrait tout supprimer,
23:23en supprimer certaines.
23:24Enfin, voilà.
23:26D'abord,
23:27il n'y a jamais eu
23:27autant d'aides publiques
23:28aux entreprises en France
23:30et l'industrie n'a jamais
23:32pesé aussi peu dans le PIB.
23:33Donc on voit que
23:34le chantage permanent
23:35des patrons sur
23:36si on supprime les aides,
23:37on licencie
23:38et il faut plus d'aides,
23:39c'était l'histoire du CICE
23:40de François Hollande.
23:41On se souvient.
23:42Donner 20 milliards
23:43pour réindustrialiser le pays,
23:44on voit le résultat aujourd'hui.
23:46Donc il faut sortir
23:47de cette histoire-là
23:49qui est totalement fausse.
23:50Donc qu'est-ce qu'il faut faire ?
23:52D'abord,
23:52il faut évaluer,
23:53conditionner.
23:54On voit que Bercy
23:54n'est même pas capable
23:55de faire la liste
23:56des aides publiques
23:57et de les suivre.
23:58Et il faut centrer les aides
23:59sur les secteurs
24:00qui en ont besoin,
24:00les petites entreprises,
24:02les secteurs exposés
24:02à la concurrence.
24:03Aujourd'hui,
24:04c'est la grande distribution
24:05et les grandes entreprises
24:06qui bénéficient du plus
24:07d'aides publiques.
24:08Je n'ai pas l'impression
24:09qu'elles en aient besoin.
24:11Ensuite,
24:11ces aides publiques,
24:12c'est un levier énorme
24:14pour agir sur l'économie
24:15et pour la transformer.
24:16Ça fait partie des moyens
24:18de redonner du pouvoir
24:19à l'Etat.
24:20Ces aides publiques,
24:21c'est un des leviers
24:22pour éviter...
24:24Peint en 2002
24:25quand il va voir
24:25les ouvriers de l'U
24:26et qu'il leur dit
24:27que l'Etat ne peut pas tout.
24:28Pourquoi est-ce qu'il a été éliminé
24:30et qu'il n'est pas arrivé
24:30au deuxième tour
24:31et que c'est l'extrême droite
24:32qui a été qualifiée ?
24:33Parce que, justement,
24:34il a organisé
24:36l'impuissance de l'Etat
24:37face à la toute puissance
24:38des multinationales.
24:40Donc,
24:43pour combattre
24:44l'extrême droite,
24:45il faut que le politique,
24:47l'Etat,
24:48reprennent le pouvoir
24:49face à l'économique
24:50et réutilisent
24:51les leviers,
24:52les outils
24:52dont il a à disposition
24:53et les aides publiques,
24:54ça en fait partie.
24:55Donc,
24:56il faut conditionner
24:56les aides publiques
24:57à la transformation
24:58environnementale
24:59de l'outil productif
25:00parce qu'il y a énormément
25:01à faire pour décarboner
25:02notre industrie.
25:03Il faut conditionner
25:04les aides publiques,
25:05évidemment,
25:06à l'absence de licenciement.
25:07Ça paraît juste évident.
25:08Mais en fait,
25:09aujourd'hui,
25:09c'est l'inverse.
25:10Toutes les entreprises
25:11qui licencient aujourd'hui
25:12ont bénéficié
25:13d'aides publiques
25:13et une large majorité
25:15d'entre elles
25:15font des bénéfices.
25:16C'est hallucinant
25:17et on laisse faire
25:18sans rien dire.
25:20Il faut enfin,
25:22sur les aides publiques,
25:23sur les aides publiques,
25:25nous, on pense
25:25qu'il faut fonctionner
25:26par en bas
25:27et il faut garantir
25:28un contrôle social
25:29sur les aides publiques.
25:30Nous avons une revendication
25:31toute simple.
25:32Si les politiques
25:33n'ont pas le courage
25:34de jouer leur rôle,
25:35donnez-nous, nous,
25:36le pouvoir de le faire.
25:38Permettez aux représentants
25:39du personnel
25:40de suspendre
25:40les aides publiques
25:41et de les supprimer
25:42quand les entreprises
25:43ne répondent pas
25:44aux objectifs.
25:52Ça s'appelle
25:53un avis conforme
25:54des CSE
25:55pour qu'une aide publique
25:56bénéficie d'aide,
25:58il faut que ça soit validé
25:59par le comité social
26:00et économique
26:01de l'entreprise.
26:02Voilà.
26:06J'aimerais vous entendre
26:07sur le mouvement
26:08du 10 septembre
26:09dont on a déjà
26:09un peu parlé tout à l'heure.
26:10C'est un mouvement
26:11qui est né cet été
26:12en dehors des structures syndicales
26:13qui au départ
26:14donnait l'impression
26:14d'être une espèce
26:15d'auberge espagnole
26:16de la colère
26:16où il y avait un peu de tout,
26:18des groupes d'extrême-gauche,
26:19des groupes d'extrême-droite,
26:20des anciens-gilets jaunes,
26:21quelques complotistes aussi.
26:22Et puis,
26:23on a eu l'impression
26:23que le mouvement
26:24s'assainissait entre guillemets
26:26et qu'il s'est structuré
26:27sur des revendications
26:28que je trouve
26:28assez progressistes.
26:30Vous avez fait le choix
26:31à la CGT
26:32de soutenir ce mouvement.
26:33Quel bilan
26:33vous en faites aujourd'hui
26:34maintenant que...
26:35Enfin,
26:36c'était il y a 3 jours.
26:37D'ailleurs,
26:38d'abord,
26:39le 10 septembre,
26:40c'est hyper intéressant
26:40parce que ça montre
26:41qu'il ne faut jamais
26:42penser en statique
26:43mais toujours en dynamique.
26:44Et donc,
26:44à un instant T,
26:45le 10 septembre,
26:46effectivement,
26:46il a été lancé
26:47par des militants souverainistes
26:48et ensuite,
26:49par la dynamique,
26:50on a réussi
26:51à le faire évoluer
26:51sur autre chose
26:52et à le centrer
26:53sur le rejet
26:53du budget Bayrou
26:55et à passer du
26:57« C'est Nicolas qui paye »,
26:59ce slogan très dangereux
27:00lancé par l'extrême-droite
27:02à ce qu'il faut
27:04maintenant imposer,
27:05c'est-à-dire la réalité,
27:07c'est que
27:07c'est Nicolas,
27:08Mohamed,
27:08et Fatimata
27:09qui payent
27:10pour que Bernard Arnault
27:12et Vincent Bolloré
27:13puissent être tranquilles.
27:23Et donc,
27:24quel bilan du 10 septembre ?
27:25Le 10 septembre,
27:26très belle réussite,
27:27ça crée une magnifique dynamique
27:29pour le 18.
27:30On a réussi
27:31à éviter
27:32tous les pièges
27:33qui étaient tendus
27:33devant nous
27:33par le pouvoir
27:34et notamment celui
27:35de mise en opposition
27:36entre mobilisation citoyenne
27:37et mobilisation syndicale.
27:39Les mobilisations
27:40doivent se conjuguer,
27:41elles se nourrissent,
27:42elles sont de nature différente.
27:44Et donc,
27:44maintenant,
27:45il faut que ça conflue
27:46sur le 18 septembre.
27:48Et puis,
27:49le 10 septembre,
27:50ça a marché aussi
27:51parce que chacun
27:52a joué son rôle,
27:53y compris la CGT,
27:54et qu'on a proposé
27:55des modes d'action.
27:56On a dit,
27:57nous,
27:57le 10 septembre,
27:58on s'y inscrit
27:59à partir de ce qu'on sait faire,
28:00à savoir,
28:01pour bloquer le pays,
28:02il faut faire grève.
28:03Et donc,
28:03on a appelé à la grève,
28:05on a multiplié
28:05les appels à la grève,
28:07construits par en bas.
28:11Donc,
28:12on a eu,
28:12mais il nous en manque
28:13forcément,
28:14plus de 1 000 appels
28:15à la grève
28:15sur le 10.
28:16Et ce qui est très intéressant,
28:18c'est que le 10 septembre,
28:19il y a plein de gens
28:20qui ne se mobilisaient pas
28:21d'habitude,
28:21qui se sont mobilisés,
28:22y compris dans les boîtes.
28:23Par exemple,
28:24il y a des magasins d'action.
28:25Action,
28:26vous connaissez,
28:26c'est ce nouveau magasin
28:27low-cost
28:28qui surexploite
28:29ses salariés,
28:29dans lesquels
28:30les organisations syndicales,
28:31notamment la CGT,
28:32c'est dur.
28:33Eh bien,
28:33pour la 1re fois,
28:34il y a des magasins d'action
28:35qui ont été fermés
28:36le 10 septembre.
28:42Pour la 1re fois,
28:43il y a eu une grève
28:44dans le secteur
28:45de la sûreté aéroportuaire.
28:47Et donc,
28:47à Roissy,
28:48à Orly,
28:49à l'aéroport de Toulouse,
28:50par exemple,
28:50il n'y avait plus de contrôle
28:51sur la sûreté aéroportuaire
28:53avec un impact,
28:53évidemment,
28:54économique
28:54que vous visualisez,
28:55alors que la sûreté aéroportuaire,
28:57elle est sous-traitée,
28:58elle est ultra-précarisée.
28:59Ça, c'est des signaux
29:00qui doivent donner confiance
29:01pour la suite.
29:08Et en même temps,
29:09ce qui s'est exprimé
29:09dans la rue le 10,
29:10c'est quand même une forme,
29:11si ce n'est de défiance,
29:12en tout cas de lassitude
29:13à l'égard des modes
29:14d'action syndicaux classiques.
29:16On lisait beaucoup
29:17sur les boucles télégrammes
29:17du mouvement
29:18des phrases comme
29:19« Les manifs,
29:20on en a marre,
29:21ça ne sert à rien,
29:21de toute façon,
29:22en haut,
29:22ils ne les écoutent jamais. »
29:23Et donc,
29:24on veut quelque chose
29:24d'un peu plus radical.
29:25Est-ce que vous comprenez
29:27cette forme de lassitude,
29:28voire de ras-le-bol
29:29qui s'est exprimé
29:29le 10 septembre ?
29:30En fait, moi,
29:31ce que je constate,
29:32c'est que le 10 septembre,
29:33ce qui a marché,
29:34c'est les grèves,
29:35les rassemblements
29:36et les manifs.
29:36C'est quand même ça
29:38qui s'est vu,
29:39puisqu'il y a quand même
29:40un certain nombre
29:41de militants,
29:42notamment des sphères
29:43un peu d'extrême droite
29:44qui avaient lancé des trucs
29:45genre « Le 10 septembre,
29:46restez chez vous,
29:46enfermez-vous,
29:47surtout restez seuls. »
29:48J'avoue que faire une mobilisation
29:50en étant tout seul,
29:51en s'enfermant chez soi,
29:52c'est bien,
29:52c'est original,
29:53mais ça ne peut pas marcher
29:55par principe.
29:55Donc, évidemment,
29:57il faut une diversité
29:59des modes d'action.
30:01C'est important
30:01parce que c'est ça
30:02qui dynamise,
30:03il y a toujours
30:04une créativité dans les luttes.
30:05Mais la constante
30:06sur les luttes,
30:07c'est deux choses.
30:08C'est un, le nombre.
30:09Ce qui fait la différence,
30:11c'est toujours le nombre.
30:12Attention,
30:13la radicalité,
30:14ce n'est pas
30:15de faire des actions
30:16très dures,
30:17c'est de faire des actions
30:18où on est le plus nombreux.
30:19Et la deuxième constante,
30:21c'est qu'il faut agir
30:22sur l'économie
30:23et donc que la grève
30:24doit être un élément
30:25central.
30:26Après,
30:27une fois qu'on tient
30:27ces deux principes,
30:28on peut faire les choses
30:29de plein de manières.
30:30Mais il faut tenir
30:31ces deux principes-là
30:32qui sont les principes
30:33qui dérangent réellement
30:34le pouvoir.
30:43Depuis Nuit Debout en 2016
30:44et puis ensuite
30:45avec le mouvement
30:45des Gilets jaunes
30:46en 2018-2019,
30:47on a l'impression quand même
30:48qu'il y a de plus en plus
30:49souvent la tentation
30:50chez certains
30:51de s'organiser en marge
30:53des organisations syndicales.
30:54Est-ce que ça vous inquiète
30:55ou est-ce que vous le comprenez ?
30:57En fait, je pense
30:58que ce n'est pas nouveau
30:59du tout.
30:59C'est aussi vieux
31:00que le syndicalisme.
31:02Par exemple,
31:03mai 68
31:03n'a pas été lancé
31:04par les organisations syndicales,
31:05vous le savez.
31:06Mais mai 68
31:07a marché
31:08parce que la CGT,
31:10la CFDT aussi,
31:11se sont jointes
31:12au mouvement
31:13et ont contribué
31:14à cette déferlante populaire
31:16qui a eu plusieurs composantes.
31:17Une composante sociétale
31:18de contestation
31:19de l'ordre établi,
31:20et une composante sociale
31:22très forte
31:23avec des grèves
31:24énormes du milieu ouvrier
31:25qui ont été faites
31:25à l'appel
31:26des organisations syndicales.
31:29Donc ça n'est pas nouveau,
31:30ça n'est pas un problème.
31:33Franchement,
31:33moi à la CGT,
31:34je suis ravie
31:35et tous les camarades
31:36de la CGT
31:36étaient hyper contents
31:37de voir que le 10 septembre,
31:39ça poussait d'en bas
31:40avec plein de personnes
31:41qui n'étaient pas syndiquées,
31:42qui n'étaient pas habituées
31:42à faire grève et tout ça,
31:43qui disaient
31:43je veux faire grève,
31:44je veux agir, etc.
31:45C'est super.
31:46Donc c'est toujours
31:47une bonne nouvelle
31:48et pour la CGT,
31:50la démocratie
31:50n'est jamais un problème.
31:52Pour construire
31:53une mobilisation de masse,
31:55il faut de la démocratie
31:56et il faut aussi
31:57quand ça nous dépasse
31:58entre guillemets,
31:59c'est-à-dire quand
32:00c'est pas toujours
32:01ce qu'on a décidé
32:02qui se produit,
32:03c'est super en fait.
32:04Ça veut dire
32:04que c'est en train
32:05de se massifier,
32:06que ça prend
32:06et qu'on va gagner.
32:07Ça sent bon ça.
32:15Vous parlez de grève
32:16et cette semaine,
32:17ça tombe bien,
32:17il y a un excellent hebdomadaire
32:18qui s'appelle
32:18l'Humanité Magazine
32:20qui publie un sondage.
32:21Son sondage,
32:22il montre une adhésion
32:23assez spectaculaire
32:24au principe même
32:24de la grève
32:26puisque 74% des Français
32:29considèrent ce mode d'action
32:30comme légitime
32:31et notamment 73% des cadres,
32:33ce qui peut paraître surprenant.
32:34Enfin, à vous,
32:35peut-être moins
32:35parce que...
32:36Mais en tout cas,
32:37de l'extérieur,
32:37ça peut paraître surprenant.
32:38Et pourtant,
32:39sur le terrain,
32:39on voit quand même
32:40qu'à chaque mouvement social,
32:41les grèves ont beaucoup de mal
32:42à se généraliser
32:43en dehors de certains secteurs,
32:45toujours un peu les mêmes d'ailleurs.
32:46Comment faire
32:47pour y remédier selon vous
32:48et pour redonner aux gens
32:49l'envie de faire grève ?
32:51En fait,
32:52ce qu'il faut rappeler,
32:54marteler,
32:54c'est qu'il n'y a pas de grève
32:55sans syndicat.
32:56Et donc,
32:57le problème
32:58sur la baisse relative
33:00du nombre de grèves
33:01parce que 2023,
33:03ça faisait 15 ans
33:04qu'on n'avait pas vu
33:05autant de grèves.
33:05On a retrouvé
33:07quasiment le niveau
33:07de 2010.
33:09On a été au-dessus
33:10de 2019,
33:102020,
33:11etc.
33:11Donc,
33:11il y a eu des grèves
33:12en 2023.
33:13Il aurait fallu
33:13qu'il y en ait plus.
33:15Pourquoi est-ce qu'il n'y en a pas eu plus ?
33:16Parce qu'il n'y a pas assez
33:17de syndiqués
33:18et parce qu'il n'y a pas assez
33:19d'implantation syndicale.
33:20Il y a plus de 60%
33:21des entreprises privées
33:22dans lesquelles
33:22il n'y a pas de syndicat.
33:23Comment voulez-vous faire grève
33:25quand il n'y a pas de syndicat
33:26dans l'entreprise ?
33:27Donc,
33:27la première chose
33:28à faire,
33:28je le dis à toutes celles
33:29et ceux qui sont ici,
33:31syndiquez-vous,
33:32organisez-vous.
33:33Et ce qui est génial
33:34avec le fait
33:34de se syndiquer,
33:35c'est que se syndiquer,
33:37c'est tout sauf
33:37le délégataire.
33:38Se syndiquer,
33:40c'est s'organiser
33:41pour agir,
33:42pour transformer sa vie,
33:43pour transformer son travail,
33:44c'est redresser la tête
33:45et c'est s'émanciper.
33:46S'émanciper
33:47de son patron,
33:48mais aussi,
33:48quand on est une femme,
33:49s'émanciper
33:50de son mari
33:50ou s'émanciper
33:51de tous les rapports
33:52de domination raciste,
33:53etc.,
33:54qui structurent la société.
34:03Et puis,
34:05ce que je veux dire aussi,
34:06c'est qu'il faut faire attention
34:09parce que pour certains,
34:10la grève,
34:11c'est devenu un slogan.
34:12La grève,
34:13c'est tout sauf un slogan.
34:15Et moi,
34:16ce que j'observe,
34:17c'est que souvent,
34:19ceux qui parlent le plus
34:20de la grève générale,
34:22c'est ceux qui ne la font jamais.
34:23Donc,
34:24avant d'en parler,
34:25la grève,
34:25il faut la faire,
34:26mes camarades.
34:37Et puis,
34:37j'avais juste une dernière remarque
34:39pour revenir en arrière
34:40sur l'articulation,
34:41mobilisation citoyenne,
34:42mobilisation syndicale.
34:43Je veux quand même
34:44tordre le cou
34:45à ce discours
34:46qu'on entend quand même
34:47sur le fait
34:48que les syndicats,
34:49ça ne gagne plus,
34:50ça ne sert à rien,
34:51etc.
34:51Il faut faire des comparaisons
34:53chiffrées.
34:54Entre les gilets jaunes
34:55en 2019
34:56et la mobilisation
34:58en 2023,
34:59ça ne dénigre pas
35:00la mobilisation,
35:01c'est très intéressant
35:02ce qui s'est passé,
35:03mais les rapports
35:04sont du simple
35:05au décuple.
35:06Il y a eu 10 fois plus
35:07de personnes
35:08dans les manifestations
35:09en 2023
35:10qu'en 2018-2019.
35:12Et évidemment,
35:13les grèves,
35:13il n'y en a pas eu
35:14en 2018-2019.
35:15Donc,
35:15en termes de capacité
35:16de mobilisation,
35:17les mobilisations
35:18qui gagnent,
35:19c'est celles
35:20qui conjuguent
35:21les organisations
35:22syndicales
35:22et puis ensuite,
35:23ça dépasse
35:24avec plein d'initiatives
35:26citoyennes,
35:26etc.
35:27Mais on ne peut pas
35:28gagner sans les organisations
35:29syndicales sur les questions
35:30sociales.
35:31Ça, c'est clair.
35:31Il n'y a jamais eu
35:31une mobilisation gagnante
35:32sans les organisations
35:33syndicales
35:34et sans la CGT,
35:35bien sûr.
35:40Depuis 1995,
35:41dont on fête d'ailleurs
35:42les 30 ans cette année,
35:44il y a un peu
35:44cette tentation
35:45de la grève
35:45par procuration,
35:47c'est-à-dire cette idée
35:48qu'il y a certains
35:49secteurs stratégiques
35:49qui montent au front.
35:50Alors, c'est souvent
35:51les raffineries,
35:51les transports en commun,
35:53certains agents
35:53de la fonction publique
35:54et à chaque fois,
35:55elles sont soutenues
35:56par une majorité silencieuse
35:57mais ils se retrouvent
35:58un peu tout seuls
35:58à faire grève.
36:00Comment faire pour essayer
36:00d'enrayer cette tendance
36:02qui est assez néfaste
36:02au final ?
36:03Oui, ça,
36:04c'est très très très important
36:05d'en parler.
36:06Parce que, notamment,
36:07il faut s'expliquer
36:08sur c'est quoi
36:09la convergence des luttes.
36:11Pour que les luttes convergent,
36:13il faut qu'il y en ait.
36:14Et donc,
36:15notre responsabilité
36:16de chacune et de chacun
36:17quand il y a une magnifique lutte
36:19des cheminots,
36:19par exemple,
36:20bon, c'est bien,
36:21ils sont contents
36:21quand on vient les soutenir
36:22sur les piquets de grève,
36:23ça leur fait plaisir,
36:24mais ça ne change rien
36:25à leur lutte.
36:25Ce qui change quelque chose
36:27à leur lutte,
36:27c'est si on se met en grève,
36:29nous, dans notre entreprise
36:30et sur notre lieu de travail.
36:32Donc, pour soutenir,
36:34élargir, gagner
36:35et pour faire converger
36:36les luttes,
36:37il faut que chacun
36:37prenne ses responsabilités
36:39et fasse monter
36:40le rapport de force
36:40là où il est.
36:42Attention,
36:43parfois,
36:43le discours sur la convergence
36:45des luttes,
36:45en fait,
36:46il occulte une fuite
36:48par rapport
36:49à ses propres responsabilités.
36:51on est en difficulté
36:52sur son lieu de travail
36:52et donc on va faire
36:53je ne sais quoi
36:54de convergence des luttes,
36:55mais en fait,
36:55on ne fait converger rien du tout
36:56parce qu'on n'a rien travaillé
36:58sur son lieu de travail
36:59et dans l'endroit
36:59où soi-même,
37:00on peut construire
37:01le rapport de force.
37:03Travaillons chacun,
37:04chacune,
37:04sur nos lieux de travail
37:05pour syndiquer,
37:07organiser les collectes,
37:07développer les grèves
37:08et comment est-ce
37:09qu'on développe les grèves ?
37:10Ça ne se fait jamais
37:12d'en haut.
37:12Ce qui compte,
37:13c'est l'ancrage.
37:14L'ancrage,
37:15c'est des revendications
37:16concrètes,
37:17l'ancrage et la démocratie,
37:18c'est-à-dire faire
37:19des assemblées générales,
37:20débattre entre collègues
37:21et définir les revendications,
37:23ce dont on a besoin
37:24de changer
37:25sur le lieu de travail.
37:26Ça permet déjà
37:27d'aller chercher
37:28un peu le patronat
37:29parce que trop souvent
37:30quand on a des mobilisations
37:31d'en haut,
37:32le patronat,
37:32il est aux abonnés absents
37:33bien tranquille,
37:34comme ça,
37:34ça permet de le tacler,
37:35d'aller chercher
37:36des avancées concrètes
37:37et c'est ça qui fait
37:38que les gens se mettent en grève.
37:40On ne se met pas en grève
37:41par solidarité.
37:42Enfin, ça,
37:43c'est le deuxième motif.
37:44Mais le premier motif
37:45pour perdre un jour de salaire,
37:47c'est d'aller gagner du mieux
37:48pour soi
37:48et pour ses collègues.
37:49Et donc,
37:50c'est ça qu'il faut travailler,
37:51ce travail démocratique
37:52à faire sur les lieux de travail.
38:04J'ai rien entendu.
38:05Personne se met en grève
38:06en même temps, je crois.
38:07Je ne sais pas
38:07ce qui a été dit.
38:08C'est ça ?
38:09Le 18, là,
38:10il faut se mettre en grève
38:11tous et toutes
38:12en même temps.
38:13Là, c'est très clair.
38:23Je le disais en introduction,
38:25la France traverse
38:26une situation d'instabilité politique.
38:28Je voulais juste
38:29vous entendre un peu là-dessus
38:29et revenir un petit peu en arrière.
38:31On en est déjà
38:32au quatrième gouvernement
38:33en un an.
38:34Si vous deviez définir
38:35cette crise,
38:35pour vous,
38:36ce serait quoi ?
38:36Est-ce que c'est une crise institutionnelle ?
38:38Est-ce que c'est une crise de régime ?
38:39Qu'est-ce que c'est ?
38:40C'est une profonde crise démocratique
38:42qui va devenir une crise de régime
38:43si Macron continue
38:44de faire ce qu'il fait.
38:46C'est très inquiétant
38:47pour le pays, quand même.
38:49C'est grave,
38:50parce qu'il est prêt
38:51à organiser le chaos institutionnel
38:53pour maintenir sa politique.
38:55C'est lui.
38:56Le chaos, c'est lui.
38:57C'est un énorme problème
38:58parce que...
38:59Et encore une fois,
39:01lui est le patronat.
39:02N'oublions pas le patronat
39:03qui agit en coulisses
39:04et qui est prêt au chaos institutionnel.
39:06Pourquoi ?
39:06Parce qu'ils ont leur plan B,
39:08l'extrême droite.
39:09On a...
39:10Le capitalisme
39:12n'est pas nouveau,
39:13mais par contre,
39:13il mute.
39:14Et donc là,
39:15on est dans un moment
39:16de mutation du capitalisme
39:17où on passe
39:18du capitalisme néolibéral
39:20de Reagan et Thatcher
39:21au capitalisme libertarien
39:22de Trump et d'Elon Musk.
39:24Et donc, aujourd'hui,
39:26le patronat est en train
39:26de basculer là-dessus.
39:27C'est ça, son alliance
39:28avec l'extrême droite.
39:30Et donc,
39:31ce capitalisme libertarien,
39:33il est en guerre
39:33contre l'Etat,
39:34il est en guerre
39:35contre le droit social,
39:37le droit environnemental.
39:38Il est même en guerre
39:38contre la vérité
39:39parce qu'il veut installer
39:40une post-vérité.
39:41Et donc,
39:42ce capitalisme libertarien,
39:43c'est la loi du plus fort
39:45ou plutôt du plus riche
39:46et on fait sauter
39:47toutes les régulations
39:48qui existent.
39:49C'est ça,
39:49c'est pour ça
39:50qu'ils sont prêts
39:50à aller jusqu'au chaos
39:51institutionnel
39:52parce que maintenant,
39:53le capital a intérêt au chaos
39:55parce que maintenant,
39:56pour le capital,
39:57la démocratie est un problème.
39:59Ils ont compris
40:00que nous sommes
40:00de plus en plus lucides.
40:02Et donc,
40:02la démocratie,
40:03c'est un problème.
40:04Pourquoi ?
40:04Parce qu'à chaque fois,
40:06leur politique injuste,
40:08elle déclenche
40:09des mobilisations massives.
40:11Et donc,
40:12auparavant,
40:12pour les plus vieux d'entre eux,
40:14je m'inclus dedans,
40:16on racontait,
40:17l'histoire qu'on nous racontait,
40:18c'était libéralisme
40:19et démocratie,
40:20ça va ensemble.
40:20Mais aujourd'hui,
40:21c'est tout l'inverse.
40:23Le capitalisme joue
40:24contre la démocratie
40:25et c'est pour ça
40:25qu'il fait le choix
40:26de l'extrême droite.
40:28Le point positif,
40:29c'est que ça veut dire
40:30qu'on est ultra majoritaire
40:32et donc qu'il faut
40:32qu'on continue
40:33à se mobiliser
40:34et qu'ils n'ont jamais
40:35été aussi seuls.
40:38On est arrivé au terme
40:39de cet entretien.
40:40Je vous laisse le mot de la fin
40:41si vous avez quelque chose
40:42à ajouter.
40:45Moi,
40:45j'ai juste un mot.
40:47C'est que,
40:49on est en position de force
40:51et ce n'est pas
40:51de la langue de bois.
40:53depuis qu'Emmanuel Macron
40:54est président de la République,
40:55depuis 8 ans,
40:56il n'a jamais été seul,
40:58aussi seul,
40:58il n'a jamais été aussi isolé.
41:00Je sais que pour beaucoup
41:02parmi vous,
41:02j'avoue,
41:03pour moi aussi,
41:04il y a des fois,
41:04on est tous humains,
41:05il y a des fois,
41:06je suis fatiguée,
41:07je suis désespérée,
41:07je suis blasée
41:08parce que franchement,
41:09c'est lourd.
41:10On a manifesté,
41:11fait grève en 2023,
41:13on a voté en 2024,
41:14on a signé une pétition
41:15cet été,
41:16ils sont toujours là,
41:16etc.
41:17Donc parfois,
41:18c'est désespérant.
41:20Mais là,
41:21ce n'est vraiment pas
41:22le moment de baisser les bras,
41:23c'est le moment
41:23de relever la tête
41:24parce qu'on est
41:25dans un moment d'accélération
41:26où on peut prendre la main.
41:29Notre objectif,
41:29le 18 et après,
41:30c'est de prendre la main,
41:32le stylo,
41:32le chéquier,
41:33tout ce qui va avec
41:34et d'écrire la suite.
41:35C'est pour ça
41:36qu'il faut être au rendez-vous
41:37le 18 et après,
41:38on compte sur vous.
41:46Merci.
41:47C'est juste un tout petit truc.
41:48Merci beaucoup, Sophie.
41:49J'ai juste oublié un truc
41:51hyper, hyper important.
41:52Avant le 18,
41:54syndiquez-vous.
41:55Là, je ne vais pas demander
41:55qui n'est pas syndiqué,
41:56mais là,
41:57il faut le faire.
41:58Au stand,
41:59au forum social,
42:00vous pouvez aller
42:00vous syndiquer à la CGT,
42:01mais partout ailleurs.
42:03Syndiquez-vous,
42:05organisons-nous
42:05sur les lieux de travail.
42:06C'est comme ça
42:07qu'on tient dans la durée.
42:08C'est comme ça
42:09qu'on fera changer les choses
42:10à tous les niveaux.
42:11C'est le moment
42:12de se syndiquer,
42:13chers amis
42:14et chers camarades.
42:16Le message est passé.
42:17Merci beaucoup.
42:17Merci à tout le monde.
42:18Sous-titrage Société Radio-Canada
42:20Merci.
42:20Merci.

Recommandations