- il y a 10 heures
Lundi 8 septembre, François Bayrou a démissionné après avoir échoué à recueillir la confiance des députés. Deux jours plus tard, le 10 septembre, le mouvement “bloquons tout” a tenté de paralyser le pays. Le 18 septembre, l’intersyndical a appelé à manifester et à faire grève contre l’austérité.
Pour essayer de comprendre les dynamiques et les enjeux des différents mouvements, Théo Bourrieau reçoit Léa Jules-Clément, secrétaire générale de l'Union Étudiante, Axel Persson, secrétaire général de la CGT cheminots de Trappes et Julie Souman, co-présidente du mouvement des mères isolées en direct depuis la Fête de l'Humanité.
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Pour essayer de comprendre les dynamiques et les enjeux des différents mouvements, Théo Bourrieau reçoit Léa Jules-Clément, secrétaire générale de l'Union Étudiante, Axel Persson, secrétaire général de la CGT cheminots de Trappes et Julie Souman, co-présidente du mouvement des mères isolées en direct depuis la Fête de l'Humanité.
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NewsTranscription
00:00Nous vivons une séquence politique et sociale inédite.
00:03Au début de la semaine, François Bayrou a démissionné après avoir échoué à recueillir la confiance des députés.
00:08Deux jours plus tard, le 10 septembre, le mouvement Bloquot-Ton a tenté de paralyser le pays.
00:12Le 18 septembre, l'intersyndicale a appelé à manifester et à faire grève contre l'austérité.
00:17Et nous, on est un peu au milieu de tout ça, à la fête de l'UMA.
00:19On va essayer de comprendre ensemble les dynamiques et les enjeux des différents mouvements.
00:23Pour en discuter avec moi, Léa Jules Clément.
00:25Vous êtes secrétaire nationale de l'Union étudiante. Bonjour.
00:28Bonjour. Oui, c'est vrai, vous pouvez prendre vos micros, ce sera plus facile pour que les gens vous entendent.
00:32Bonjour et merci d'avoir accepté l'invitation.
00:35Alex Persson.
00:36Axel, pardon. C'est ce que j'ai noté en plus.
00:38Axel Persson, vous êtes secrétaire générale CGT cheminot de Trappes.
00:41Bonjour. Merci d'être avec nous.
00:43Et enfin, Julie Souman, vous êtes maire de deux enfants.
00:46Vous êtes coprésidente du mouvement des mères isolées.
00:49Vous êtes mobilisée le 10 septembre, dernier pour tout bloquer. C'était le mot d'ordre.
00:52Ma première question, elle est pour vous. C'est pourquoi, en tant que membre d'une association féministe qui défend
00:59les mères isolées,
01:00pourquoi vous, vous avez voulu tout bloquer mercredi dernier ?
01:05Pas parce qu'il était temps, je pense, depuis que le budget a été annoncé au mois de juillet,
01:10qu'il se passe quelque chose en France pour contester, en fait, ce que le gouvernement fait,
01:15même si on a du mal à se faire entendre. On n'obtient pas forcément gain de cause, mais il
01:20ne faut pas lâcher.
01:22Et au mois de juillet, il y a ce mouvement qui est parti, qui a grossi sur les groupes, Telegram,
01:28etc.
01:29Et on a décidé de s'en emparer et de participer activement.
01:32On considère que les mères isolées, on est un peu avec d'autres, mais on fait partie des gens en
01:36première ligne
01:37qui vont se prendre ce budget dans la figure, notamment avec la suite de la loi plein emploi
01:44et du contrat d'engagement sur le RSA. Et puis, toutes les histoires de doublement du prix des médicaments,
01:53du reste à charge des médicaments, des 7 jours de carence qui ont été évoqués, les 2 jours fériés, etc.
02:00Voilà, pourquoi on est motivé ?
02:02Les gens voient en notant sur l'écran, on a fait un petit reportage justement le 10 septembre,
02:07dès 5 heures du matin, à différents points de blocage, à différentes manifestations.
02:10C'est évidemment à retrouver sur le site de l'Humanité.
02:13Axel Persson, vous en tant que cheminot, représentant CGT, pourquoi vous vous êtes mobilisé le 10 septembre ?
02:19Pourquoi vous avez aussi voulu tout bloquer ?
02:21Parce que les cheminots ne sont pas différents du reste du monde du travail.
02:25Les annonces qui étaient contenues dans le budget constituaient la goutte d'eau qui faisait déborder un vase,
02:31mais qui par définition, si c'est une goutte d'eau qui le fait déborder, c'est que le vase
02:33était déjà bien rempli,
02:34avec notamment des attaques qui viennent se cumuler sur les retraites, sur les services publics,
02:39sur les moyens qui y sont accordés, y compris aussi dans un contexte où les salaires ont soit tendance à
02:45stagner,
02:45voire dans certaines entreprises, même en réalité à diminuer du fait de certaines restructurations,
02:50où tous les éléments, notamment des primes, ont tendance à diminuer.
02:53Alors qu'on est dans un contexte où malgré ce constat, on constate que les profits, eux, n'ont jamais
02:58été aussi élevés dans plusieurs secteurs,
03:00et que se pose donc la question naturellement, puisque c'est nous qui créons les richesses collectivement en tant que
03:04travailleuses et travailleurs,
03:07pourquoi n'avons-nous pas notre mot à dire sur comment elle doit être utilisée, comment elle doit être répartie,
03:11et qui sait surtout qui est légitime pour les décider ?
03:13Et c'est dans ce contexte-là qu'on a décidé de se joindre au mouvement du 10 septembre,
03:16qui en effet n'est pas un appel qui est issu des organisations syndicales.
03:20La CGT ainsi que de mémoire solidaire ont décidé de s'y joindre,
03:24mais tout simplement parce que les revendications collaient avec les aspirations qu'on défend au quotidien.
03:29Est-ce que c'est aussi des aspirations qui collaient avec les revendications des étudiants ?
03:34Léa-Jules Clément, vous avez publié un chiffre, 80 000 personnes, 80 000 jeunes qui ont été mobilisés le 10
03:41septembre,
03:41donc c'est les chiffres de l'union étudiante, il y a eu beaucoup d'établissements bloqués, de lycées, etc.
03:47En tant que représentante d'un syndicat étudiant, pourquoi vous, vous avez voulu tout bloquer ?
03:51Nous, on a décidé de se mobiliser le 10 parce qu'on est dans un contexte de grande précarité aujourd
03:56'hui,
03:57on a des conditions matérielles d'existence qui sont quand même extrêmement compliquées.
04:00Déjà, on doit payer des frais d'inscription qui sont indexés à l'inflation, pareil pour la CEVEC,
04:06donc une autre taxe étudiante qui augmente sans cesse, qui ont énormément augmenté en 8 ans sous Macron,
04:11tandis qu'à côté de ça, on n'a pas d'augmentation des bourses, par exemple.
04:14On a aussi énormément de mal à se loger aujourd'hui, à trouver un logement, à pouvoir le payer.
04:20Souvent, en plus, c'est des logements qui sont insalubres, évidemment.
04:23Ensuite, on a une grande précarité alimentaire qui nous touche,
04:25il y a une surreprésentation des jeunes aujourd'hui parmi les bénéficiaires de l'aide alimentaire.
04:29Il y a un jeune sur deux qui saute au moins un repas par semaine,
04:32donc c'est extrêmement compliqué.
04:33Et on a sorti un dossier cet été où on a chiffré la perte de pouvoir d'achat en 8
04:38ans sous Macron à près de 3 000 euros.
04:40C'est absolument énorme.
04:42Et donc, c'est évident qu'il y a énormément de colère très légitime pour les étudiants et étudiantes,
04:47mais pas qu'eux, et que c'est apparu comme une évidence que de se mobiliser pour le 10.
04:51Là, donc, nous sommes vendredi, ça fait deux jours que le mouvement du 10 septembre a eu lieu.
04:55Est-ce que pour vous, c'est une réussite ?
04:57Parce que si on suit le mot d'ordre qui a été de tout bloquer,
05:00c'est de constater que la France n'a pas été bloquée,
05:02mais est-ce que ça veut dire que c'est un échec ?
05:04Quel regard vous avez là-dessus deux jours après ?
05:07Axelle, Julie ?
05:08Moi, je ne considère pas que ce soit un échec.
05:10Bien sûr.
05:11Moi non plus.
05:11Moi non plus.
05:13D'abord parce qu'on était dehors.
05:16Ensuite, c'est un mouvement qui s'est construit, qui était apartisan.
05:19Ça veut dire que même si tout le monde participait au groupe,
05:21on ne la ramenait pas sur d'où est-ce qu'on venait et nos organisations.
05:27On essayait de se coordonner et ça donnait du coup la parole, je crois, à tout le monde,
05:32de façon équitable, aussi bien pour ceux qui sont, on va dire, installés dans le militantisme
05:37et ceux qui, par colère, par envie, par je ne sais quelle frustration,
05:41les a motivés de venir rejoindre les AG ou les groupes Télégram.
05:45Donc, en fait, c'est en train de se construire.
05:47Pour moi, le 10 septembre, ça a toujours été le début.
05:49Voilà, on a lancé l'affaire.
05:52Mais ça, on ne va pas s'arrêter là.
05:53En fait, ce n'est pas possible.
05:54Parce que ce que j'ai ressenti avec le budget au mois de juillet,
05:58c'est qu'eux non plus, ils ne vont pas s'arrêter jamais.
06:00En fait, ils vont nous prendre tout.
06:01Donc, il y a un moment, il faut bien qu'on dise stop.
06:04Il faut qu'on l'explique.
06:06Il faut qu'on en parle autour de nous et qu'on arrive à mobiliser des gens
06:09qui ne se mobilisent pas, même s'ils ne sont pas d'accord avec le gouvernement.
06:13Et puis, au bout d'un moment, ça va marcher, en fait, petit à petit.
06:17Je pense que perturber sporadiquement sur la longueur,
06:20ça peut être tout aussi appuisant pour le gouvernement.
06:23Est-ce que vous êtes d'accord, Léa, Axel ?
06:25Est-ce que c'est une première étape, finalement ?
06:28Est-ce qu'on peut dire que c'est un échec parce qu'on n'a pas réussi à tout
06:30bloquer ?
06:31Est-ce que, justement, c'est une réussite ?
06:32Est-ce qu'il y a quand même des gens qui se sont mobilisés ?
06:33C'est quoi votre regard là-dessus, deux jours après ?
06:36Léa, allez, par exemple.
06:37Nous, on est extrêmement satisfaites de cette journée du 10.
06:41Il y a quand même eu quelque chose d'historique qui s'est joué.
06:43C'est qu'il y avait une trentaine d'assemblées générales dans les universités le 9.
06:47Et que, donc, on était au 9 septembre.
06:50Ça veut dire qu'il y a un étudiant et une étudiante sur trois
06:51qui n'étaient pas encore rentrés en cours.
06:53Il y a donc des étudiants et étudiantes qui ont fait le déplacement
06:55pour participer aux assemblées générales alors qu'on n'avait pas eu cours encore, etc.
06:58Et ça montre bien, justement, la colère toujours et l'envie de la jeunesse
07:04de se mobiliser et de participer à cette date-là.
07:07Et surtout, la compréhension des attaques qu'ont subi, nous,
07:10mais que subissent les services publics de manière générale, etc.
07:13Et oui, du coup, c'est une très belle date.
07:15Il y a eu donc ce chiffre des 80 000 qu'on a pu poser sur la table.
07:20Et oui, nous aussi, on considère que c'est une première date
07:23pour une mobilisation qui reprend par ailleurs
07:26parce qu'on était déjà mobilisés dans les universités l'année dernière.
07:29C'était très peu couvert médiatiquement, notamment.
07:32Il y a eu quelques difficultés du fait d'un manque de convergence aussi,
07:35potentiellement, avec le monde du travail, etc.
07:37Mais donc, on a pu en tirer des leçons,
07:39comme on avait tiré des leçons pendant la réforme des retraites.
07:41Et donc, l'idée, c'est que là, cette fois, ce soit la bonne
07:43et qu'on aille jusqu'au bout, en effet.
07:46Oui, allez-y.
07:47Pour le coup, une fois n'est pas coutume et ne sera pas coutume.
07:50Mais il suffit de s'en référer au propos du Premier ministre déchu,
07:54François Bayrou, qui disait lui-même
07:55que c'est notamment l'annonce de la mobilisation du 10
07:59et au vu de l'ampleur qu'ils estimaient qu'elle allait prendre,
08:01qu'il a dit, j'ai acquis la certitude que ce mouvement-là
08:04empêchera de conduire la politique qui menait,
08:06notamment à l'Assemblée, il dirait, ça empêchera, en gros,
08:08y compris de trouver des coalitions pour bâtir
08:10une majorité parlementaire, en fait, autour de son budget
08:13et qui a donc conduit à sa décision de solliciter
08:16ce vote de confiance qu'il s'avait perdu d'avance le 8 septembre.
08:19Donc là, pour le coup, il suffit de...
08:20Un des objectifs de ce mouvement qui était, donc,
08:22de mettre en échec ce budget est rempli d'ores et déjà.
08:25Et ça, c'est selon les dires de l'ancien Premier ministre.
08:27Maintenant, est-ce que ça va suffire ? Non,
08:29parce que ce n'est pas parce qu'un Premier ministre
08:31est démissionné ou est contraint de démissionner
08:33que la politique qu'il mène, elle, elle demeure en place.
08:36C'est-à-dire que le prochain, celui qui lui succède,
08:39a pour mandat de mener une politique,
08:41si ce n'est identique, à tout du moins similaire,
08:43et qui va donc nécessairement appeler une suite
08:46sur le terrain de la mobilisation.
08:47Donc, le 18, on fait partie de ces suites.
08:50Mais on ne sait pas encore comment ça va vraiment se dérouler,
08:53puisque pour l'instant, on appelle à la grève le 18.
08:54Et peut-être aussi que tous ceux qui ont participé le 10
08:58ont peut-être aussi d'autres idées
09:00pour comment poursuivre, peut-être avant le 18,
09:02peut-être après le 18.
09:03Mais en tout cas, ce qui est sûr, en tant que militant,
09:05c'est qu'on estime que cette lutte qui a démarré le 10
09:07doit être menée jusqu'au bout de ces possibilités-là,
09:09sur les trois terrains que sont la grève,
09:11les occupations, les manifestations de masse,
09:13et de manière coordonnée.
09:14Et dans les leçons qu'on a tirées un peu des différents mouvements,
09:17ça, je trouve que c'est très positif,
09:18c'est notamment sur l'épisode des Gilets jaunes,
09:20qui était un mouvement populaire,
09:24mais qui, je pense, une de ses limites,
09:26c'était que c'était essentiellement le samedi,
09:27sous la forme de manifestations très radicales,
09:29par ailleurs, manifestations, voire même,
09:31parfois même des émeutes,
09:33mais qui se faisaient le samedi
09:34parce qu'il n'y avait pas d'appel à la grève.
09:36Là, il y a eu un peu une conjonction
09:37entre ces méthodes de lutte-là,
09:38avec la grève qui est venue s'y greffer.
09:40Et je pense que c'est en tout cas ce chemin-là
09:42qu'il faut essayer d'emprunter,
09:43c'est la conjonction et la conjugaison
09:45de toutes ces formes de lutte sans les opposer,
09:46parce que c'est sur ces fronts-là,
09:48tous de manière simultanée,
09:49qu'on pourra mener une bagarre globale
09:51pour les faire reculer.
09:52Julie, est-ce que vous êtes d'accord
09:53avec ce que dit Axel ?
09:56Alors, juste quand même, je vais le dire,
09:57je suis un peu furaxe après les directions syndicales,
10:02CGT, CFDT,
10:03non, CFDT pas dedans,
10:04mais Solidaires et compagnie,
10:05quand ils ont annoncé le 18 au lieu du 10,
10:07ça m'a quand même bien agacée.
10:11Mais sinon, je pense que dans la lutte,
10:13il n'y a pas de contradiction,
10:15qu'on peut faire tout, partout, tout le temps.
10:17Je crois que la grève ne marche pas forcément
10:22toujours hyper bien.
10:23Et je pense que par contre,
10:24il y a des secteurs où la grève est plus utile,
10:28plus visible plutôt,
10:29pas que plus utile,
10:30elle est plus visible du grand public que d'autres.
10:32Et ça a des conséquences plus importantes
10:34sur la société que d'autres.
10:36Et du coup, je pense qu'en tant que participant
10:39à ce mouvement-là,
10:40il faut qu'on soutienne les grévistes
10:42qui sont sur ces points,
10:45dès qu'ils appellent à la grève,
10:46en fait,
10:47aider à tenir les piquets de grève,
10:48aider à participer,
10:49à organiser les manifestations
10:50pour que, justement,
10:52ils puissent tenir le plus longtemps.
10:53Comme on avait fait pendant les retraites
10:55pour aller voir,
10:56enfin, en tout cas à Paris,
10:57nous, on s'était mobilisés
10:58chez les éboueurs.
11:01Enfin, voilà,
11:02je pense que ces points-là,
11:04il faut se soutenir,
11:05il faut faire les caisses de grève
11:06pour ceux qui ne font pas la grève,
11:08parce que ce n'est pas toujours simple
11:09de faire la grève.
11:11Je veux dire,
11:11c'est pas...
11:11Et tout le monde n'a pas facilement
11:13accès aux caisses de grève.
11:14Moi, c'est ce que j'ai beaucoup entendu,
11:15en plus.
11:16Donc, voilà.
11:17Je voulais revenir sur un truc
11:18que vous disiez un peu plus tôt
11:19que c'était aussi des moments
11:20où, finalement,
11:20on se rencontrait,
11:21on discutait,
11:22ces moments de mobilisation.
11:24Est-ce que vous pouvez
11:24nous raconter un peu
11:24la journée du 10 ?
11:25Est-ce que vous aussi,
11:26vous avez rencontré des gens
11:27dans les manis,
11:28dans les points de blocage,
11:29dans les grèves, etc.,
11:30que vous avez convaincus,
11:31qui ne savaient peut-être pas exactement
11:33pas pourquoi ils étaient là,
11:34mais qui n'avaient pas forcément
11:35des revendications très claires ?
11:36Et au fur et à mesure de la journée,
11:37finalement,
11:38il y a des grandes revendications
11:40qui ont émergées.
11:40Est-ce que cette journée du 10,
11:41ça a aussi été une occasion
11:43de discuter,
11:43de se rassembler,
11:44de s'organiser
11:45pour la suite, justement ?
11:46Léa, peut-être ?
11:49Pour la journée du 10,
11:50on a fait énormément d'actions.
11:53Effectivement,
11:53on a pu participer sur Paris,
11:56par exemple,
11:56au blocage économique du matin,
11:58etc.,
11:58ensuite,
11:59aller à divers rassemblements,
12:01à République,
12:02à Châtelet,
12:02et c'est vrai que c'est ça
12:03qu'il faut faire
12:04pour rejoindre un petit peu
12:05les propos qui ont été tenus
12:06juste avant.
12:07C'est important de réussir
12:08à participer à différentes choses,
12:09à la fois des rassemblements,
12:10à la fois des blocages,
12:11par exemple.
12:13Voilà,
12:13et du coup,
12:14nous,
12:14c'est aussi ce qu'on appelle à faire.
12:15Enfin,
12:16on pense qu'il y a une pertinence
12:17à s'organiser entre étudiants,
12:18entre étudiantes
12:19et à faire en sorte
12:19de vraiment faire vivre
12:20les assemblées générales
12:21pour aussi convaincre,
12:23enfin,
12:23directement sur nos lieux d'études,
12:25mais ensuite,
12:26de réussir à sortir des universités
12:27pour aller grossir les rangs
12:29et massifier les différentes actions
12:30qui peuvent exister en dehors
12:32et apporter notre soutien
12:32aux grévistes,
12:33par exemple.
12:35Axel,
12:35est-ce que le 17 ans,
12:36ça aussi,
12:37comme Julie le rappelait,
12:38vous aussi,
12:38ce n'est pas un mouvement
12:39qui est né des syndicats,
12:40mais auquel vous avez rejoint,
12:42est-ce que ça a été aussi
12:42une occasion au moment
12:43d'expliquer aussi
12:44que c'est quoi le syndicalisme,
12:47portant ce syndicat, etc.
12:48Est-ce que vous pouvez peut-être
12:48me raconter un peu cette journée ?
12:50Qu'est-ce que vous y avez fait ?
12:51Est-ce que vous avez aussi
12:52eu des rencontres un peu fortes
12:53où vous dites,
12:54OK, à la fin de la journée,
12:55finalement,
12:56concrètement,
12:56ça a servi à quelque chose ?
12:58Oui, alors,
12:59en effet,
12:59le 10 n'était pas un appel
13:00à l'issue des syndicats.
13:01En revanche,
13:01le 10 était appelé
13:02du point de vue syndical
13:03par la CGT et Solidaire.
13:04J'en ai peut-être oublié un autre,
13:05mais en effet, par contre,
13:06on partage un peu la même colère
13:07sur l'intersyndical
13:08qui s'est monté après,
13:09qui a appelé au 18,
13:11mais sans mentionner le 10.
13:12Bon, après, nous,
13:13en tant que CGT,
13:13on appelait au 10 et au 18,
13:15donc on a fait le choix
13:15d'appeler au 2,
13:16de ne pas les opposer, justement.
13:19Mais sur cette histoire,
13:20justement,
13:20à quoi sert le syndicat du tout ?
13:21Oui, bien sûr,
13:21c'est l'occasion.
13:22Pour un exemple concret,
13:23sur Trappes,
13:23donc les cheminots,
13:24on était en grève,
13:25dans mon dépôt,
13:26c'était à peu près,
13:26c'est les chiffres de la direction,
13:27autour de 53% de grévistes,
13:29donc ce qui est une chiffre
13:29d'une participation correcte.
13:30Ce n'est pas les rats de marée
13:31qu'on a connus,
13:32par exemple,
13:33grève de 2019,
13:34où on a tenu quasiment 100%
13:35sur les premiers jours.
13:37Mais c'est les discussions,
13:38le matin,
13:38on est par exemple allé faire
13:39un blocage d'un dépôt de bus,
13:41mais on était allé faire
13:42un blocage
13:42parce que le dépôt
13:43n'était pas en grève.
13:44Donc c'est l'occasion de discuter,
13:45il faudrait peut-être
13:45se mettre en grève aussi,
13:46parce que le meilleur blocage,
13:47ça reste malgré tout la grève,
13:49y compris d'ailleurs
13:50au chemin de fer.
13:50C'est plus efficace
13:51quand tous les cheminots
13:52ne travaillent pas
13:52que quand des éléments
13:54d'une autre entreprise
13:55ou d'un autre secteur
13:55viennent bloquer les voies.
13:56Ça tient un moment,
13:57mais en fait,
13:58à un moment donné,
13:59les forces de l'ordre,
13:59si elles trouvent
14:00les chemins d'accès,
14:01peuvent le débloquer.
14:02Mais par contre,
14:03les forces de l'ordre
14:03ne peuvent pas conduire les trains,
14:04ne peuvent pas les aiguiller,
14:05ne peuvent pas les maintenir.
14:06Donc le meilleur blocage,
14:07ça reste la grève.
14:08En revanche,
14:08ce qui est vrai,
14:09et c'est aussi une difficulté
14:10du mouvement syndical,
14:11c'est qu'on voit que
14:11la pratique de la grève,
14:14il y a des secteurs
14:14dans lesquels elle est absente,
14:15notamment de par la faiblesse
14:17du mouvement syndical
14:17dans certains secteurs
14:19et où cette pratique
14:21s'est perdue
14:22ou du moins est affaiblie.
14:23En revanche,
14:24ça ne veut pas dire
14:24que la grève dans ces secteurs
14:25ne sert à rien.
14:26Il faut arriver à convaincre
14:27que la grève est possible
14:27dans ces secteurs
14:28parce que tous les secteurs
14:29ont un impact très important
14:31sur ces arts de travail,
14:32y compris celles
14:32qu'on n'attend pas.
14:33Par exemple,
14:34je prends un exemple,
14:35assistante maternelle,
14:36les crèches,
14:37si elles sont toutes en grève,
14:38je dis bien elles
14:38parce que c'est majoritairement
14:39des femmes,
14:40si elles sont toutes en grève,
14:41ça impacte très fortement
14:43la capacité.
14:43J'ai des enfants,
14:44je le sais très bien,
14:46si en semaine
14:46elles sont en grève,
14:47ça posera un problème
14:48pour que j'aille au travail.
14:49Ça perturbera l'économie aussi.
14:51Mais par contre,
14:52c'est vrai que c'est un secteur
14:52qui le fait un peu moins.
14:53Ce n'est pas ça
14:53qu'ils ne le font jamais,
14:54qu'elles ne le font jamais.
14:55Mais c'est un secteur
14:55enquel on pense moins.
14:57Et c'est vrai
14:57dans tous les autres secteurs aussi,
14:58qu'on soit routier,
14:59qu'on soit dans la distribution.
15:01En réalité,
15:01si on renoue
15:02avec cette pratique de la grève,
15:03ce qui n'est pas encore gagné,
15:04mais c'est notre taf de le faire,
15:06c'est à mon avis
15:07le meilleur blocage.
15:08Après, il y a certains secteurs,
15:08je ne sais pas,
15:09ceux qui sont au chômage
15:10temporairement,
15:11les retraités,
15:11pour des raisons évidentes,
15:12ne peuvent pas faire grève.
15:14Mais ce n'est pas le cas
15:14de la majorité du salarié.
15:15À mon avis,
15:16un des enjeux,
15:16c'est d'arriver à gagner
15:17le salariat dans sa grande majorité
15:18à la pratique de la grève.
15:20C'est un des enjeux pour nous.
15:22Est-ce que les grèves perlées
15:24pourraient être une solution,
15:25une façon d'aller vers
15:26une grève plus massive plus tard ?
15:29Tant que ça implique
15:30un maximum de monde,
15:32c'est un bon chemin.
15:33Mais ça,
15:33ça se discute dans les entreprises.
15:35Mais après,
15:35je ne dis pas que c'est...
15:36Parfois,
15:36on pense que c'est impossible.
15:37Mais j'ai vu tellement de fois
15:38dans des entreprises
15:39où on a créé des sections syndicales
15:41où les salariés disaient
15:42c'est impossible la grève,
15:43c'est nous,
15:44ça n'arrivera jamais.
15:44Et puis,
15:45d'un seul coup,
15:45il y a un déclic
15:46qui fait qu'à un moment
15:46de l'essai,
15:47c'est parti.
15:48Pour exemple,
15:49dans ma zone industrielle
15:50où on en est,
15:51on a créé une section syndicale
15:52dans une petite entreprise
15:53d'une télé départementale.
15:54Jamais,
15:55ils pensaient faire grève.
15:56Bon,
15:56finalement,
15:57ils ont fait grève
15:57pendant un mois.
15:57Alors,
15:58c'était des grèves
15:58de une heure par jour
15:59pendant leur JT.
16:00Et puis bon,
16:00ils ont gagné leur grève
16:01avec réduction du temps de travail,
16:02tout ça.
16:03Pareil dans une entreprise
16:04de construction du BTP
16:06où pareil,
16:06d'un seul coup,
16:07ils se sont mis
16:07et puis ils ont réalisé cette pratique.
16:09Et plus on est amené
16:10à multiplier ce genre d'implantation
16:11et cette grève-là,
16:13plus on sera renforcé
16:13de manière à pouvoir conjuguer
16:14grève, blocage, manifestation
16:16et faire un gros
16:17un front général de la lutte.
16:19C'est ça qu'il faut
16:19qu'on arrive à construire,
16:20je pense.
16:21Vous avez commencé
16:22à mentionner tout à l'heure
16:22les forces de l'ordre.
16:23Alors, nous,
16:24à l'Université,
16:24on dit plutôt
16:24les forces de police
16:25et de gendarmerie
16:25parce que des fois,
16:26on se demande
16:26s'ils maintiennent vraiment
16:27l'ordre ou pas.
16:28Ça a été quand même
16:28un gros point
16:29la journée du 10,
16:31la répression.
16:32Qu'est-ce que vous,
16:33vous en avez pensé ?
16:34Est-ce que vous avez été confronté ?
16:35Est-ce que vous avez vu
16:36des choses qui vous ont choqué ?
16:37Est-ce que vous avez eu l'impression
16:38que Bruno Retailleau,
16:39le ministre démissionnaire
16:41de l'Intérieur,
16:42qui va sûrement être recondu,
16:43mais pour l'instant démissionnaire,
16:44est-ce que vous avez eu l'impression
16:45qu'il voulait marquer le coup
16:46de en fait, non,
16:47pas de débordement,
16:48on étouffe le mouvement social
16:50avant même qu'il puisse grandir ?
16:53Julie.
16:55Alors, j'en profite pour vous dire
16:56que nous, on a une camarade
16:57qui a été placée en garde à vue
16:59la veille, le mardi 9,
17:00et qui a été relâchée
17:02qu'au bout de 25 heures
17:03de garde à vue.
17:05Et je pense que c'était
17:06de l'intimidation.
17:09Voilà dans quel genre
17:10de pays on vit.
17:14Moi, je trouve ça dramatique,
17:15en fait.
17:17Je ne sais pas vraiment les mots
17:19pour ce qui s'est passé
17:19pour la violence
17:20des forces de l'ordre
17:21envers les manifestants.
17:23Ils attrapent les jeunes
17:25et ils les maltraitent.
17:26Enfin, c'est...
17:28Les images sont horribles.
17:29Enfin, ça vend le cœur.
17:31Et je ne comprends pas
17:32comment est-ce que
17:35le gouvernement,
17:36qui est soi-disant
17:36pas d'extrême droite,
17:38continue sa course, en fait,
17:41vers l'extrémisation
17:42des forces de l'ordre.
17:43Quand on voit les moyens
17:45qui sont accordés à la police,
17:46j'ai du mal à comprendre
17:47comment dans un pays,
17:48on peut choisir d'équiper
17:49autant ces policiers
17:50et si peu ces infirmières
17:52et ces hôpitaux.
17:53Voilà.
17:55Julie, vous disiez
17:55que notamment les jeunes
17:56avaient été particulièrement,
17:58on va dire,
17:58pris pour cible le 10 septembre.
17:59Est-ce que, Léa,
18:00vous, en tant qu'étudiante,
18:01représentant d'un syndicat étudiant,
18:02est-ce que vous avez été confronté,
18:04est-ce que vous avez eu,
18:05est-ce que dans tous vos...
18:05dans toutes les manifs,
18:07dans tous les mouvements
18:07où vous avez été,
18:08ou peut-être vous avez des remontées
18:09sur comment ça s'est passé ?
18:09Est-ce que vous avez effectivement
18:10vu cette répression
18:13particulièrement violente
18:13du 10 septembre,
18:14notamment envers les jeunes,
18:15comme disait Julie ?
18:16Oui, bien sûr, bien sûr.
18:17On a des camarades
18:18qui sont sortis de garde à vue
18:19ce matin à Strasbourg,
18:20à Reims, par exemple.
18:22Il y a aussi quand même
18:23un cas spécifique
18:24qui nous a frappés,
18:25c'est celui de nos camarades
18:26de Caen,
18:27où il y a eu des camarades
18:29qui ont été placés
18:30en garde à vue,
18:31un rassemblement de soutien
18:32qui a été organisé
18:34et des interpellations
18:35des camarades
18:36pour s'être mobilisés
18:37en soutien
18:38à nos camarades interpellés.
18:39Enfin, c'est quand même dingue.
18:40On marche un petit peu
18:41sur la tête.
18:42Mais bon, après,
18:43ces violences-là,
18:45policières,
18:45cette répression-là,
18:46extrêmement intense,
18:47on ne la découvre absolument pas.
18:48C'est le projet
18:49que Macron a pour nous
18:50de toute façon,
18:50pour la jeunesse.
18:51C'est la précarisation,
18:52la répression.
18:53L'année dernière,
18:54on a eu déjà énormément
18:54de répression
18:55sur toutes les mobilisations,
18:57notamment pour la Palestine.
18:59Donc, c'est évident
19:00que c'était ce à quoi
19:02on s'attendait
19:02en se mobilisant le 10
19:03et que ça ne doit pas
19:04nous arrêter.
19:05Nous, enfin, voilà,
19:06on le sait,
19:07nos camarades le savent
19:08et on sait
19:09que c'est une tentative
19:10de nous impressionner,
19:11d'essayer d'individualiser
19:12un petit peu la lutte
19:13et de faire peur,
19:14tout simplement,
19:15et faire en sorte
19:15qu'il y en ait certains
19:16et certaines
19:16qui n'aient pas envie
19:18d'aller sur certaines actions,
19:20etc.
19:20Mais le fait est que
19:21ça nous renforce aussi
19:22dans notre conviction
19:23et notre colère
19:24et que du coup,
19:26on est toujours plus nombreux
19:26et nombreuses
19:27sur nos différentes actions.
19:29Axel, est-ce que c'est...
19:31Là, Julie et Léa
19:32parlaient de garde à vue
19:33de certains de leurs camarades,
19:34etc.
19:35Est-ce que vous aussi,
19:35à la CGT,
19:36il y a eu ce genre de cas
19:37et peut-être vous
19:37qui avez peut-être
19:38un peu plus d'expérience,
19:39par exemple,
19:40que Léa
19:40sur les mouvements sociaux,
19:41etc.
19:42Est-ce qu'on assiste
19:44vraiment à un durcissement
19:45de la répression policière
19:46ces derniers jours,
19:48semaines, mois, années ?
19:49C'est quoi votre regard
19:50là-dessus ?
19:51Oui, en fait,
19:52j'ai peut-être
19:52un peu plus d'expérience
19:53parce que vous êtes
19:54un peu plus âgé,
19:54mais je suis pas sûr
19:55que j'en ai beaucoup plus
19:55que Léa.
19:56Mais juste peut-être
19:57mon avage avancé
19:58de 36 ans.
20:00Vous n'êtes plus étudiant.
20:01Oui, voilà.
20:03Oui, par contre,
20:04c'est indéniable.
20:05La bascule a été faite
20:06en 2016.
20:07Précisément,
20:07c'est en 2016
20:08qu'il y a eu la bascule
20:08dans la répression.
20:10Par exemple, là,
20:11le 10 septembre,
20:13j'ai pas le chiffre définitif,
20:14mais parce qu'évidemment,
20:15c'est pas que les autres
20:15nous intéressent pas,
20:16mais parce que forcément,
20:16on a l'info tout de suite.
20:17On sait qu'il y a au moins
20:195 à 10 militants CGT
20:20qui étaient en garde à vue
20:21pendant la journée.
20:22Mais ça, c'est juste
20:23parce que les infos
20:23nous sont venues tout de suite.
20:24Ça veut pas dire
20:24qu'il y en a d'autres
20:26qui ne l'ont pas été.
20:27Et ceci dit,
20:28c'est moins que pendant
20:28les Gilets jaunes.
20:29Il y a quand même un...
20:30C'était pas aussi...
20:31On voit qu'en gros,
20:33la police, l'État,
20:34comme nous, d'ailleurs,
20:35apprend aussi des expériences passées.
20:37C'est-à-dire que les Gilets jaunes,
20:38on voyait qu'au début,
20:39ils étaient très surpris
20:40par les modalités
20:40que ça avait pris.
20:41Et donc, bon,
20:42ça leur a pris 2-3 épisodes
20:43pour ensuite réorganiser
20:44leur dispositif.
20:45Et là, je vois qu'ils ont appris
20:46un peu de leurs erreurs à eux
20:49dans ces mouvements-là,
20:50en termes notamment
20:50de mobilité et de réaction.
20:52Et on voit aussi
20:53qu'il y avait une très forte infiltration,
20:56notamment des renseignements territoriaux,
20:58dans tous les groupes Telegram.
20:59Ce qui fait d'ailleurs
21:00que nous, on faisait le choix conscient
21:01de ne pas utiliser
21:02ces boucles-là
21:03pour certaines de nos actions,
21:04notamment le blocage
21:05du début de bus,
21:06pour échapper justement
21:06à cette vigilance.
21:07Mais en tout cas,
21:08c'est indéniable.
21:08La répression,
21:09elle est beaucoup plus forte
21:10puisqu'il y a des peines de prison.
21:11Il n'y a pas que la garde à vue.
21:12Il y a des peines de prison
21:12qui sont prononcées
21:14ou des amendes très, très lourdes
21:15qui sont prononcées
21:16pour des actes de grève normaux,
21:18en fait.
21:19Parce que peut-être,
21:20c'est important pour les gens
21:21qui n'ont pas forcément
21:21l'habitude des manifs, etc.
21:23C'est quoi les motifs
21:24pour être placés en garde à vue ?
21:26C'est quoi les motifs
21:26pour se voir infliger une amende ?
21:33A payer une amende très lourde ?
21:34Comment c'est possible ?
21:36Par exemple,
21:37ça, ça depuis les Gilets jaunes
21:37en particulier,
21:38souvent les rassemblements
21:39dits non déclarés,
21:41souvent ça, c'est un motif.
21:42Après, ça ne veut pas dire
21:42que parfois, ça ne saute pas
21:43après quand les gens
21:44font appel.
21:45Mais sur le coup,
21:45il y a quand même
21:46l'amende qui tombe.
21:47Et aussi, parfois,
21:48sur occupation de la voie publique
21:49ou un blocage,
21:51ils vont dire que c'est
21:51une occupation de la voie publique
21:52et ils vont essayer
21:52d'en poursuivre un ou deux.
21:54Ou par exemple,
21:54ça nous est arrivé,
21:55nous, chez les cheminots,
21:56même s'il n'y a pas eu
21:56de suite derrière
21:56ou quand on fait
21:57une opération péage gratuit
21:58où ils essaient
21:59d'identifier un ou deux responsables
22:01et puis paf,
22:01l'entreprise en question
22:02porte plainte
22:03et demande à ce que
22:04la personne en tant qu'individu
22:06paye tous les dommages
22:07que eux, ils estiment
22:08avoir subis
22:09de manière à taper
22:11sur un individu
22:12pour décourager un collectif.
22:13Mais ça, c'est quelque chose
22:14en fait depuis 2016
22:14où on voit une répression
22:15très forte
22:16et dont le point paroxytique
22:18presque a été atteint
22:19sur le mouvement
22:20de la répression
22:21en solidarité avec la Palestine
22:22où là, pour le coup,
22:23on a eu un secrétaire général
22:25du non-département
22:25le CGT quand même
22:26il est peut-être
22:27à la fête d'ailleurs
22:28j'imagine qu'il est
22:29qui a été condamné
22:30à de la prison
22:30à de la prison
22:31pour un tract
22:32là, c'était pour un tract
22:32c'était même pas pour une action
22:33c'était pour les mots
22:35mis sur un tract
22:36et lui, en sa qualité
22:36de secrétaire de l'organisation
22:38a été dit
22:38tu es responsable
22:39de l'organisation
22:40donc c'est toi
22:40qu'on condamne
22:41au nom de l'organisation
22:42et ça, c'est quand même
22:43être condamné pour un tract
22:45ça a dû exister
22:46dans le passé
22:47mais il n'y a pas
22:48dans un exemple
22:50récent pour le coup.
22:51J'aimerais aussi
22:52qu'on vienne un peu
22:52sur le traitement médiatique
22:54du 10 septembre
22:54parce qu'on a parlé
22:55évidemment
22:56de la répression policière
22:58mais ça va un petit peu ensemble
22:58est-ce que quand vous êtes
22:59rentré chez vous
23:00mercredi soir
23:01ou jeudi matin
23:02quand vous avez allumé
23:02la télé, la radio
23:03les réseaux sociaux
23:04est-ce que vous avez été
23:06satisfaits
23:07de la manière
23:07dont les médias
23:07ont présenté cette journée
23:08est-ce que
23:09les raisons de la colère
23:10évidemment c'est une question
23:11très provoquée
23:12est-ce que les raisons
23:13de la colère
23:13ont bien été expliquées
23:14par les journalistes
23:15est-ce qu'on a vu
23:17on a vu des personnes
23:18parler expliquer
23:18pourquoi elles étaient là
23:19qu'est-ce que vous pensez
23:20un peu de ce traitement
23:21médiatique de la journée
23:22du 10 septembre Julie
23:24je pense que je suis
23:25la plus mauvaise
23:26pour répondre
23:26j'ai pas la télé
23:27je ne regarde pas
23:28je ne veux pas
23:29je ne veux plus
23:30de TF1 et de BFM
23:31chez moi
23:31donc je sais pas trop quoi
23:32ou la radio
23:33ou les réseaux
23:34peu importe
23:35en fait j'ai pas vraiment
23:36eu le temps
23:37ça a été quand même
23:37sacrément animé
23:38cette semaine
23:39et je suppose
23:42qu'on nous a parlé
23:43de la casse
23:44je suppose
23:45qu'on nous a parlé
23:47qu'il n'y avait pas
23:47assez de monde
23:48que c'était un flop
23:50et que voilà
23:51que finalement
23:52on est rentré
23:53chez nous
23:53bredouille
23:53et que c'est terminé
23:54on n'en parle plus
23:55mais bon
23:56voilà
23:56on est là
23:57je pense que
23:57c'est pas terminé
23:58et qu'on s'organise
24:00je peux compléter
24:01moi sur les violences
24:02policières
24:02l'autre truc qu'il y a
24:03c'est qu'on s'organise aussi
24:04c'est à dire qu'eux
24:05ils montent un cran
24:06puis nous aussi
24:06on monte un cran
24:07c'est à dire qu'il y a
24:08des
24:10il y a quand même
24:11tout un système
24:13bénévole judiciaire
24:14qui se met en marche
24:15on a tous
24:16les numéros
24:16de téléphone
24:17maintenant on a
24:18des consignes
24:18si on se fait interpeller
24:19pour la garde à vue
24:20on a des consignes
24:21quoi répondre aux policiers
24:22si on est
24:23suivant les
24:23dans quelles conditions
24:24on se fait attraper
24:25on se forme en fait
24:28on organise
24:29des bases arrières
24:30où est-ce que tu peux aller
24:31pour te nettoyer les yeux
24:33si ça va pas
24:34si t'as été blessé
24:35enfin voilà
24:35des urgences
24:36où t'es pas traité
24:37par exemple par l'hôpital
24:38parce qu'à l'hôpital
24:39suivant ce que t'as
24:40ils sont parfois obligés
24:41ou la police peut venir
24:42te chercher
24:42enfin
24:43donc on s'organise
24:44en fait
24:45on se prépare
24:46on va pas se laisser faire
24:47comme ça
24:47je reviendrai après
24:49juste après
24:49sur la question
24:50du cadrage
24:51médiatique
24:51mais avant
24:51je voulais vous faire réagir
24:52est-ce que vous aussi
24:53maintenant vous vous formez
24:54est-ce que tous vos
24:55les militants
24:56de l'union étudiante
24:56les militants de la CGT
24:57maintenant sont formés
24:59à comment réagir
25:00si on est arrêté
25:01à comment réagir
25:02si on se fait nasser
25:02etc
25:03je me dis aussi
25:04surtout pour des jeunes
25:04étudiants
25:05qui ont entre des fois
25:0617 et 22-23 ans
25:08ça peut être extrêmement impressionnant
25:09on peut sentir très désemparé
25:10face à une répression policière
25:12un système judiciaire
25:12où on a l'impression
25:13qu'on nous fait du mal
25:14est-ce que vous aussi
25:15vous êtes formés
25:15est-ce que vos militants
25:16savent comment réagir
25:17face à ce genre de situation
25:20oui
25:20on a un référent
25:22anti-répression
25:23au niveau national
25:24etc
25:25on envoie des messages
25:26qui récapitulent
25:27tous les bons conseils
25:28à nos camarades
25:29et tout
25:29on a même fait
25:30une petite formation
25:31la veille du 10
25:32etc
25:33enfin en visio
25:34pour les gens
25:35qui voulaient
25:35etc
25:36mais c'est clair
25:37qu'on fait attention
25:37aussi au profil qu'on a
25:38de camarades
25:39pour être sûr
25:40de ne pas embarquer
25:41pour leur première manif
25:42enfin voilà
25:43des étudiants et étudiantes
25:43qui ne sauraient pas vraiment
25:45justement ce qui peut leur arriver
25:46etc
25:47et comment réagir
25:48mais bon
25:49c'est dommage
25:49qu'on en arrive là
25:50qu'on ait juste envie
25:51de faire entendre
25:53notre voix
25:54et justement
25:55mettre la lumière
25:56sur les conditions de vie
25:57dans lesquelles on est
25:57les conditions d'études
25:58dans lesquelles on est
25:59le fait que nos
26:01amphi tombent en ruine
26:02qu'il y ait de la pluie
26:03quand on va en cours
26:04qu'il n'y ait plus de budget
26:05dans nos universités
26:06pour acheter des codes
26:07par exemple à la BU etc
26:08qui a eu une suppression
26:09de milliers de places
26:10au niveau national
26:11l'année dernière
26:12du fait des coupes budgétaires
26:13et que donc
26:14il y ait une sélection
26:14qui soit encore plus accrue
26:15sélection qui est sociale
26:17raciste
26:17avec une sous-représentation
26:19d'enfants d'ouvriers
26:19ouvrières en master
26:21des enquêtes
26:22qui ont prouvé
26:22que mon master
26:23justement
26:23qui avait moins de réponses
26:24favorables
26:25selon ton nom et ton prénom
26:26etc
26:27c'est des choses
26:28qui sont documentées
26:28et qui sont effarantes
26:30et le fait qu'on soit
26:30dans une dynamique
26:31où c'est des choses
26:32qui existent de plus en plus
26:33etc
26:33ça donne justement
26:35envie de se mobiliser
26:36parce que c'est effarant
26:38de se dire
26:39qu'on se dirige
26:39vers une université
26:40qui doit être publique
26:41et qui aujourd'hui
26:42est fermée
26:42et de plus en plus
26:43réservée à une petite élite
26:45et donc devoir expliquer
26:47à nos camarades
26:48que tu peux
26:48en simplement
26:49voulant mettre la lumière
26:50sur ces phénomènes là
26:52te retrouver justement
26:54en garde à vue
26:54devoir payer 300 euros
26:56donc à la sortie
26:56de ta garde à vue
26:57parce que c'est ça
26:57qui est demandé
26:58à nos camarades
26:58de Reims et Strasbourg
26:59justement
27:00et on va lancer
27:01une petite cagnotte
27:02puisque ce sont donc
27:02des étudiants
27:03et étudiants de précaire
27:04mais oui
27:05c'est dommage
27:07mais on s'organise
27:08évidemment contre ça
27:09enfin c'est un aspect
27:10maintenant
27:12incontournable
27:12malheureusement
27:13de nos mobilisations
27:14qu'on a bien en tête
27:15et contre lequel
27:16on s'organise
27:17j'imagine
27:18Axel vous aussi
27:18c'est quelque chose
27:19que vous connaissez
27:20à la CGT
27:20vous êtes aussi formé
27:21est-ce que c'est quelque chose
27:22ça a toujours été pareil
27:23vous avez été toujours formé
27:25et prêt de la même façon
27:26ou est-ce que vraiment
27:26ces dernières années
27:27vous avez accentué
27:28ce truc de dire
27:29ok bah en fait
27:30il peut se passer ça
27:31il peut vous arriver ça
27:32vous pouvez être embarqué
27:33comment réagir
27:34est-ce que c'est un truc
27:34qui s'est accentué
27:35ou est-ce que vous avez
27:35toujours été formé
27:36finalement à ce genre de choses
27:37je ne sais pas
27:38toujours
27:39il y a toujours eu quand même
27:40cette tradition
27:41de comment se défendre
27:42un peu face à la répression
27:44sachant que la CGT
27:45en plus c'est une organisation
27:45qui au fil de son histoire
27:46pour le coup là
27:47on bénéficie de l'histoire
27:48un peu des anciennes générations
27:49qui ont connu
27:50pour le coup un niveau de répression
27:51encore plus important
27:52je pense à ceux
27:53qui ont connu
27:53la guerre d'Algérie
27:54par exemple
27:56ou encore pire
27:57la deuxième guerre mondiale
27:58cette période là
27:59donc il y a toujours
27:59cette tradition
28:01cette culture
28:01qui se transmet
28:02sur comment se défendre
28:03face à la répression
28:03en revanche
28:04je ne suis pas certain
28:05qu'on soit tout à fait
28:07prêt partout
28:08au même niveau
28:10face à la répression
28:10qui va arriver
28:11et que c'est peut-être
28:12un élément
28:13sur lequel il faudrait
28:14qu'on travaille plus
28:14sachant qu'évidemment
28:15nos fondamentaux à nous
28:16c'est que la meilleure défense
28:17c'est si on a un collectif
28:18soudé
28:18qui fait bloc
28:19et qui est capable
28:20de mettre justement
28:21des entreprises en grève
28:22pour y compris
28:23quand il y en a un d'entre nous
28:23qui est réprimé
28:24ça c'est la meilleure défense
28:27c'est un aspect qui
28:27ces dernières années
28:28quand on voit l'ampleur
28:30parce que maintenant
28:31j'ai arrêté de compter
28:31par exemple
28:32le nombre de militants
28:32y compris de jeunes militants
28:33qui ont fait de la garde à vue
28:34ou qui sont pris
28:36juste de la violence
28:37dans des manifestations
28:38c'est par exemple
28:39on est arrivé au stade
28:39au début 2016
28:40c'était un peu un événement
28:41on disait
28:41ah oui
28:42maintenant on compte plus
28:43en fait
28:43c'est devenu tellement banal
28:44qu'on est quand même passé
28:46sur un autre cap
28:46qu'il va falloir
28:47qu'on prenne collectivement
28:48peut-être à une autre échelle
28:49que ce qu'on le fait actuellement
28:51sachant que dans le rang
28:52à la CGT par exemple
28:53on a aussi
28:54des camarades
28:55comme par exemple
28:56des milliers
28:56de camarades syndiqués
28:57sans papier
28:58qui eux ont encore
29:00d'autres enjeux
29:00que ceux qui ont des papiers
29:02qu'il faut aussi prendre en compte
29:03mais ça fait partie
29:04des préoccupations
29:05qu'il faut prendre
29:06un bras le corps
29:07ça c'est une certitude
29:08je reviens à la question
29:09que j'avais laissée en suspens
29:10sur la manière
29:11dont les médias
29:11ont traité le 17 ans
29:13est-ce que
29:13Léa, Axel
29:14vous confirmez
29:16les doutes
29:16j'allais dire
29:18de Julie
29:18sur la manière
29:19dont les raisons
29:20de la colère
29:20ont été expliquées
29:21sur les images
29:22qui ont été montrées
29:22est-ce que vous avez ouvert
29:23votre télé
29:23votre radio
29:24vos réseaux sociaux
29:25est-ce que vous avez l'impression
29:26que les journalistes
29:27et les médias
29:27ont fait correctement
29:28leur travail
29:29et ont rendu compte
29:30de ce qui s'était passé
29:31vraiment le 10 septembre
29:32Léa
29:34non mais
29:35sans grande surprise
29:36et le plus important
29:38a priori
29:38c'est qu'on était
29:39énormément dans la rue
29:40et donc énormément
29:41à savoir la réalité
29:42de ce qui s'est passé
29:43de la mobilisation
29:44et du fait
29:45qu'on était partout
29:46et que ça s'est mobilisé
29:47vraiment dans des endroits
29:48qui d'habitude
29:49peinent à mobiliser
29:50etc
29:50et donc voilà
29:52cette date
29:53est une réussite
29:54et le peuple le sait
29:56et tant pis
29:56si les médias
29:57ne le retranscrivent pas
29:58mais voilà
29:59ça veut dire
30:00qu'on ne peut plus
30:00compter sur les médias
30:02finalement
30:02Axel
30:04bon après c'est comme
30:05dans les médias
30:05il y a les médias
30:06c'est tout pareil
30:07par exemple l'humanité
30:07est-ce que c'est tout à fait
30:08la même chose que le Figaro
30:09c'est pas moi qui l'ai dit
30:10je pense pas
30:11mais en effet
30:12les médias dominants
30:13ceux qui sont notamment
30:14détenus par
30:15en plus ça se compte
30:16sur les doigts de demain
30:17les milliardaires
30:18qui contrôlent la presse
30:19en France
30:19c'est littéralement
30:20moins de 10 personnes
30:21que soit la presse
30:22audiovisuelle
30:23numérique
30:23ou même écrite
30:25c'est un petit groupe
30:26restreint de personnes
30:27qui dominent
30:27et donc forcément
30:28ça se ressent
30:29dans la façon
30:29dont c'est couvert
30:31alors c'est pas aussi caricatural
30:32que dans certains régimes
30:33oui ou comme la France
30:34a connu auparavant
30:35avec une chaîne unique
30:36c'est un peu plus subtil que ça
30:37c'est notamment
30:37par le biais d'éditoriaux
30:38c'est le biais aussi
30:39par la façon
30:40dont les questions
30:41sont posées
30:41ou la présentation
30:42et là pour le 10
30:43par exemple
30:43je trouve ça un peu ridicule
30:44là pour le coup
30:45je trouvais ça
30:46vraiment caricatural
30:46c'était présenté
30:48comme un mouvement
30:51c'est plus insurrectionnel
30:52piloté par LFI
30:53et l'ultra gauche
30:54globalement c'était ça
30:56ils prenaient appui
30:57sur le fait que
30:57parce que LFI
30:58avait appelé eux aussi
30:58mais comme d'autres parties
31:00comme d'autres syndicats
31:01de Saint-Sassure
31:01avaient participé
31:02appelé à y participer
31:03ça se transformait
31:04en un mouvement
31:04d'ultra gauche
31:05qui tout de même
31:06il le disait
31:06était soutenu par 46%
31:08de la population
31:08et ensuite 26%
31:09qui s'opposaient
31:10et le reste qui était indifférent
31:11et ce qui est quand même
31:12tellement absurde
31:13puisqu'on sait bien
31:13que 46% de la population
31:15ne s'identifie certainement pas
31:16comme ultra gauche
31:17pour moi ce ne serait pas
31:18forcément un problème
31:18si ce serait le cas
31:19mais ce n'est pas le cas
31:19en fait
31:20ce n'est pas le cas
31:22donc c'était surtout
31:23comme ça que c'était présenté
31:23un mouvement piloté
31:24par l'ultra gauche
31:25et dont le but
31:26c'est de mettre le chaos
31:27et qui préparait
31:29donc le terrain
31:30pour la répression
31:31sachant qu'en réalité
31:32au niveau même
31:33du point de vue
31:34de la casse
31:34comme ils disent
31:35eux comme ils aiment bien le dire
31:36ça n'a pas été une journée
31:37en réalité
31:38enfin franchement
31:38les gilets jaunes
31:39c'était un autre niveau
31:40quand même
31:41peut-être parce que
31:42les forces de l'ordre
31:42étaient plus préparées
31:43peut-être
31:44mais ce n'était pas vraiment
31:45l'incendie
31:46qu'ils ont fait tourner
31:47en boucle
31:48à Châtelet
31:49bon par exemple
31:50très rapidement
31:50ils ont dit
31:50bon ben finalement
31:51c'était un jet de palais
31:52de la grenade lacrymogène
31:53des CRS
31:53qu'ils avaient mis en feu
31:54et c'était juste ça
31:56qu'ils avaient à se mettre
31:56sous les dents
31:57quant au succès
32:00quand même
32:00c'était plutôt
32:01un succès
32:02y compris dans la bouche
32:03des éditeurs crates
32:04en réalité
32:04parce qu'ils avaient
32:05ils avaient fait
32:06toute une campagne
32:06de communication
32:07reprenant les chiffres
32:08de renseignement
32:08qui annonçait maximum
32:09100 000 participants
32:11pour finir la journée
32:12avec leurs propres estimations
32:13qui étaient légèrement
32:14autour de 200 000
32:15sachant que la CGT
32:16nos renoncements
32:17nous amenaient à 250 000
32:18ce qui veut dire
32:18qu'on n'était pas si éloigné
32:19en réalité
32:20et qui est assez restreint
32:21ce qui est assez rare
32:21ça veut dire qu'ils ont annoncé
32:26finalement une participation
32:27deux fois supérieure
32:28à ce qu'ils anticipaient
32:28eux-mêmes
32:29donc en réalité
32:30ils savent que
32:31c'est un problème
32:32ce mouvement
32:33s'il se poursuit
32:33ça va être un os
32:35sur lequel
32:36ça va être difficile
32:38de s'en débarrasser
32:39pour en tout cas
32:40si ça continue
32:41et j'espère qu'il va continuer
32:42en vous écoutant
32:43en vous écoutant
32:44pardon
32:44puis en regardant
32:45un peu ce qui s'est passé
32:45le 10
32:45on voit quand même
32:46c'est des profils
32:47très différents
32:48qui se sont regroupés
32:49qui se sont organisés
32:49qui se sont rassemblés
32:51avec des backgrounds
32:51avec des formations
32:52très différentes
32:53avec des revendications
32:54qui peuvent être différentes
32:55j'ai deux questions
32:56en fait
32:56la première c'est
32:57quel impact ça a pu avoir
32:59sur le 10 septembre
32:59est-ce que c'était plutôt une force
33:00est-ce que c'était plutôt une faiblesse
33:01d'avoir des gens
33:02qui venaient comme ça
33:03d'endroits si différents
33:04et deuxième question
33:06finalement c'est
33:06qu'est-ce qui vous rassemble
33:08toutes et tous
33:08qu'est-ce qui vous a rassemblé
33:09finalement c'est quoi
33:10que vous avez en commun
33:11le 10 septembre
33:12Julie
33:12deux questions
33:13la démission de Macron
33:15je crois que c'est vraiment
33:17pour le coup
33:18le mot d'ordre
33:19le plus rassembleur
33:20du 10 septembre
33:23c'est qu'il faut qu'il parte
33:24voilà
33:25c'est tout
33:26ça suffit de nous faire
33:27des nouveaux gouvernements
33:28on veut pas d'un premier ministre
33:30à moitié de gauche
33:31ou pas du tout de gauche
33:32ou de la pseudo gauche PS
33:35on veut
33:36on veut quelque chose
33:37qui change en fait
33:38on veut que ça s'améliore
33:39on veut
33:40on veut récupérer
33:42nos conditions de vie humaines
33:44on veut récupérer
33:45notre dignité
33:45et à partir de là
33:47je vois pas pourquoi
33:47ça s'arrêterait
33:49c'est
33:50j'ai oublié la deuxième question
33:51la deuxième question
33:52c'était
33:53moi aussi je l'ai oublié
33:54oui si
33:55ça a été quoi l'impact
33:56de la diversité des profils
33:58est-ce que c'était plutôt
33:59une force pour le 10 septembre
34:00est-ce que c'était plutôt
34:00une faiblesse
34:01je ne pense pas
34:02mais est-ce que c'était
34:03une force
34:04d'avoir des profils si différents
34:05des gens qui avaient
34:06qui venaient d'endroits si différents
34:07des visites différentes
34:08alors je pense que c'est une force
34:10et je pense qu'on n'est pas encore
34:11assez différents
34:11c'est-à-dire que je pense
34:12qu'il y a encore une partie
34:13de la population
34:13qu'on n'a pas réussi
34:14à toucher
34:15à mobiliser
34:16et qu'il va falloir
34:18qu'on aille sur le terrain
34:20mais je pense que
34:21nos différences
34:22et nos disparités
34:23sont un atout
34:24justement
34:25se rendre compte
34:26qu'on a plus à partager
34:27avec de gens
34:28avec qui on ne pensait
34:28pas forcément partager
34:29puis on apprend
34:30les uns des autres
34:31et on partage
34:32et on avance ensemble
34:34en fait
34:36est-ce que vous êtes d'accord
34:37Léa, Axel
34:38est-ce que cette différence
34:39est une force
34:40ça fait un peu bateau
34:41dit comme ça
34:41mais finalement c'est vrai
34:43est-ce que cette différence
34:44de profil a été une force
34:45pour le 10 septembre
34:46et pareil la même question
34:47est-ce que vous êtes d'accord
34:47que ce qui rassemblait
34:48finalement tous les gens
34:49qui ont participé au 10
34:50est-ce que c'était
34:51l'appel à la démission de Macron
34:51est-ce qu'il y avait d'autres choses
34:52qui vous rassemblaient
34:53selon vous Léa ?
34:54Non, moi je suis tout à fait d'accord
34:56avec ce qui a été dit
34:57c'est évident que c'était
34:58c'était une vraie force
34:59c'est évident qu'on doit
35:00continuer à convaincre
35:01qu'on peut continuer de le faire
35:02et qu'il s'agit d'encore
35:04continuer à massifier
35:05et avoir encore plus de profils
35:07encore plus de modes d'action
35:08etc. complémentaires
35:10mais oui, bien sûr
35:11que c'était très pertinent
35:13et que c'était une des choses
35:14qui a rendu cette journée
35:16aussi positive
35:18et s'agissant de nos mots d'ordre
35:21pardon
35:22Qu'est-ce qui vous rassemblait ?
35:23Qu'est-ce que vous aviez en commun ?
35:24Démission de Macron
35:25Oui, il faut qu'il parte
35:26Tout à fait
35:27Voilà, tout simplement
35:29on n'en peut plus
35:30donc la répression
35:31le déni de démocratie
35:32l'absence de
35:33la grande précarisation
35:34dans laquelle on est
35:35beaucoup trop à être
35:36alors que les ultra-riches
35:37se mettent plein les poches
35:38etc.
35:39Enfin voilà
35:39c'est des choses
35:39qui reviennent très régulièrement
35:41mais parce que ça fait
35:42bien trop longtemps
35:42que ça dure
35:43et que ça concerne
35:45beaucoup trop d'entre nous
35:46Axel, pareil
35:47qu'est-ce que vous pensez
35:48de ça ?
35:49C'est évident que
35:50la démission de Macron
35:52constitue un peu
35:52un ciment
35:53un peu
35:53qui unit assez facilement
35:55les gens
35:55de plus
35:56par la détestation
35:57qu'il suscite
35:57un peu dans l'opinion
35:59après ceci dit
35:59ça ne veut pas dire
36:00que tout le monde
36:00qui déteste Macron
36:01n'est pas forcément d'accord
36:02sur qu'est-ce qu'il faut
36:03mettre à la place de Macron
36:03ça c'est vrai
36:04mais justement
36:06la condition de succès
36:07d'un mouvement de masse
36:08c'est justement
36:09qu'il ne soit pas
36:10cantonné à juste
36:11un segment de l'opinion
36:12au sein du monde du travail
36:13et de la jeunesse
36:14c'est qu'il puisse
36:14rassembler largement
36:15au-delà justement
36:16d'un camp
36:16c'est ça
36:17et d'ailleurs
36:17je dirais que c'est
36:18les seuls moments
36:19c'est les mobilisations
36:20de masse
36:20qu'elles soient impulsées
36:21par les syndicats
36:21ou des mouvements
36:22comme le 10 septembre
36:23c'est le seul moment
36:24où moi j'ai vu
36:26littéralement des gens
36:26qui par exemple
36:27votent très différemment
36:28y compris par exemple
36:29des gens qui peuvent
36:29s'identifier de droite
36:30voire d'extrême droite
36:31dans certains cas
36:32qui à des moments donnés
36:33peuvent se retrouver
36:34sur un terrain
36:34de mobilisation commune
36:35et d'ailleurs
36:36c'est le seul moment
36:37où j'ai vu d'ailleurs
36:37où des gens
36:38qui s'identifiaient
36:39avec des idées réactionnaires
36:40des idées racistes
36:41peuvent évoluer
36:42c'est dans ce cadre
36:43de ces mouvements là
36:44par exemple
36:44sur la question de la police
36:45je me souviens
36:45sur les gilets jaunes
36:46je sais pas si tout le monde
36:47a les mêmes souvenirs que moi
36:48mais les débuts
36:49des gilets jaunes
36:50on avait au début
36:51des mots d'ordre
36:52du type
36:53la police avec nous
36:54c'était la police avec nous
36:55vous êtes comme nous
36:56parce que vous êtes mal payé
36:57et en gros
36:58vous êtes pas d'accord
36:58avec ce que fait le gouvernement
36:59et très rapidement
37:00l'expérience
37:01du mouvement
37:02a très rapidement
37:03en fait mis fin
37:04à cette attitude là
37:05vis-à-vis de la police
37:05où d'un seul coup
37:06on avait y compris
37:07des gens de certaines campagnes
37:08où il y avait peut-être
37:09un peu moins de gens
37:10issus de l'immigration
37:11qui disaient
37:11ah mais là je comprends mieux
37:12en fait
37:13pourquoi par exemple
37:14dans certaines banlieues parisiennes
37:15ou de grandes villes
37:16de grandes amiglourations
37:16on parle de répression policière
37:18en ces termes
37:18parce que c'est l'expérience
37:20de ces mouvements là
37:20qui amène à des conclusions
37:22politiques nouvelles
37:23et ça fonctionne beaucoup mieux
37:24que juste des discussions
37:27entre intellectuels
37:28qui essaient de convaincre
37:29que ça peut fonctionner
37:29sur une ou deux personnes
37:30mais pas à l'échelle de masse
37:31c'est vraiment l'expérience
37:32des mouvements qui font
37:33que les gens évoluent
37:34et moi y compris
37:35et sur tous les sujets
37:36c'est vraiment là
37:37où il y a un apprentissage
37:38à grande échelle
37:39et c'est pour ça
37:40qu'à mon avis
37:40il faut faire très attention
37:41à ce que ces mouvements là
37:43justement ce ne soit pas
37:44l'apanage exclusif
37:45d'un petit groupe politique
37:46tout le monde est le bienvenu
37:48mais ça ne doit pas être
37:48la condition
37:49on ne doit pas demander
37:50c'est quoi ton passeport politique
37:51qu'est-ce que tu as voté
37:52il y a 5 ans
37:53enfin on s'en fout en fait de ça
37:54dans le mouvement
37:54on a des intérêts communs
37:56et d'ailleurs je le dis souvent
37:56y compris à
37:58on peut le croiser
37:59dans les boîtes
37:59des salariés d'extrême droite
38:00ou qui votent pour l'extrême droite
38:02dit oui mais en fait
38:02c'est pas parce que tu as voté
38:03extrême droite
38:03qu'il va t'épargner le budget
38:04je veux dire en fait
38:05on s'en fout
38:05là on a des intérêts communs
38:06que tu le veuilles ou non
38:07le temps déplaise
38:08donc maintenant la question
38:09c'est est-ce qu'on peut
38:10militer ensemble
38:10et éventuellement discuter
38:11pour avancer ensemble
38:13mais c'est pas toujours facile
38:14parce que ça nécessite
38:15de prendre un peu sur soi
38:17mais à mon avis
38:17c'est notre boussole
38:18et c'est notre intérêt commun
38:20Julie je vous vais hocher la tête
38:20vous êtes d'accord
38:21avec l'analyse d'Axel ?
38:22Oui complètement
38:23je suis complètement d'accord
38:25et c'est pour ça
38:26que moi je ne suis pas
38:26trop pour
38:32parce que là
38:33on va commencer
38:33à ne pas être d'accord
38:34et à se diviser
38:34et je pense que d'abord
38:36il faut remporter la victoire
38:37et puis après
38:38on retournera chacun
38:39dans nos organisations
38:40pour préparer
38:42la reconstruction
38:42parce qu'il va falloir
38:43reconstruire après
38:44tout ce que Macron
38:45a déconstruit
38:46cassé et abîmé
38:47donc si on veut récupérer
38:49des services publics
38:50et bien on va être obligé
38:51de s'y mettre après
38:52mais d'abord
38:52il faut qu'on gagne ensemble
38:53puis après
38:54on se mobilisera chacun
38:55sur nos idées
38:57Je regarde mon écran
38:58c'est pas du tout
38:58parce que je ne vous écoute pas
38:59c'est parce qu'on est
39:00en direct sur Twitch
39:01donc il y a des gens
39:01qui posent des questions
39:02qui réagissent etc
39:03je vois beaucoup de messages
39:04de soutien
39:05de bravo etc
39:06courage, de force
39:07j'ai aussi une question
39:09quelque chose
39:10qui vous a interpellé le chat
39:11comment ça il faut être payé
39:12pour libérer
39:13sinon reste indéfiniment
39:14je crois que c'est
39:14Léa que vous disiez ça
39:16que les militants
39:17pour sortir de la garde à vue
39:18devaient payer
39:19c'est ça que vous disiez
39:20tout à l'heure
39:20c'est l'équivalent
39:22d'une amende
39:23ils ont 300 euros
39:24à payer
39:24mais ils sont sortis là
39:26ok ils sont sortis
39:27bon tout va bien
39:29je reprends le fil
39:30de mes questions
39:31oui justement
39:32avec vous Léa
39:33c'est comme une amende
39:33de voiture
39:34c'est à dire que vous avez
39:35l'amende quand vous sortez
39:36vous n'êtes pas capable
39:37de la payer tout de suite
39:38vous avez genre 15 jours
39:39et sinon après
39:39vous avez une majoration
39:40c'est vraiment
39:41comme un PV de stationnement
39:42et donc on la paye
39:43et ensuite on peut essayer
39:44de faire une réclamation
39:45pour être remboursée
39:46après il faut voir
39:47avec les juristes
39:49ce qu'ils conseillent
39:50et ce qu'ils vont vous dire
39:52de faire
39:52honnêtement moi je ne suis pas
39:53juriste
39:53je ne vais pas aller
39:54chacun fait
39:55on ne va pas s'embarquer
39:56là-dedans
39:56je suis d'accord
39:58Léa vous commenciez
39:59tout à l'heure
39:59à parler de la précarité
40:01de beaucoup d'étudiants
40:02et d'étudiants
40:02des conditions de travail
40:03de vie
40:04est-ce que selon vous
40:05la réussite du 10 septembre
40:07parce que finalement
40:07on est à peu près tous d'accord
40:08pour dire que c'est
40:08quand même une réussite
40:09même si on n'a pas réussi
40:10à bloquer le pays
40:11est-ce que pour vous
40:12cette journée du 10 septembre
40:13est l'augure
40:14d'un mouvement étudiant
40:16massif
40:18pour cette année
40:19est-ce que c'est que
40:20le début finalement
40:21côté étudiant
40:22oui je pense
40:24je le disais un petit peu
40:25mais donc on était déjà
40:26mobilisés l'année dernière
40:27à partir de décembre
40:29jusqu'aux vacances d'été
40:31en fait et aux partiels
40:32etc
40:32c'était mobilisé
40:33autour de quel enjeu
40:35c'était quoi
40:35la revendication
40:36c'était plutôt sur les conditions
40:37d'études que de vie
40:38mais donc c'était
40:38sur nos conditions
40:40de manière générale
40:40du fait des coupes budgétaires
40:42parce que les universités
40:43pour l'exercice budgétaire
40:452024
40:45il y en a 4 sur 5
40:46qui étaient déficitaires
40:47que ça a quadruplé
40:49en deux ans
40:49et que c'est du fait
40:50de politiques de Macron
40:52mises en place
40:52mais pas financées
40:53ou au mieux
40:54partiellement compensées
40:55et donc on s'est retrouvés
40:57dans des situations
40:57où les universités
40:59ont cherché
40:59d'autres sources
41:00de financement
41:01et donc de faire de nous
41:02la variable d'ajustement
41:02ou en tout cas
41:03de faire des économies
41:04sur notre dos
41:05donc en supprimant
41:06des contrats doctoraux
41:06je le disais un peu avant
41:07mais en supprimant
41:08beaucoup de places
41:09en beaucoup de filières
41:09il y a aussi un sujet
41:10autour de bienvenue en France
41:12c'est un nom très ironique
41:14mais c'est la mise en place
41:15de frais différenciés
41:16donc les étudiants
41:17et étudiantes
41:18extra communautaires
41:19aujourd'hui
41:19dans une université
41:20sur trois
41:20ils peuvent payer
41:21des frais d'inscription
41:22jusqu'à 16 mois
41:22plus élevés que les autres
41:24donc c'est la préférence nationale
41:25à l'université
41:26ça existe d'ores et déjà
41:27c'est un scandale
41:28et le fait que les universités
41:29elles soient en déficit
41:30c'est très incitatif
41:32à mettre en place
41:33justement
41:34bienvenue en France
41:35éventuellement
41:36et puis à terme
41:37des frais d'inscription
41:37élevés pour tout le monde
41:38pour se calquer un peu
41:39sur le modèle britannique
41:40depuis 2022
41:41Macron en parle
41:42notamment devant les présidents
41:43et présidents d'universités
41:44etc.
41:44sur le fait que
41:45à terme
41:46c'est lui ce qu'il souhaite
41:47pour l'université publique
41:48donc c'était surtout ça
41:49les modores de l'année dernière
41:50donc les étudiants
41:51et étudiantes
41:51étaient très mobilisés
41:52il y a eu des dates
41:53en février et en mars
41:54notamment
41:54où il y avait plus de 50%
41:55des universités
41:56qui étaient mobilisées
41:57avec soit bloquées
41:58soit des déambulations
41:59etc.
42:01donc toutes les personnes
42:02tous les étudiants
42:03toutes les étudiantes
42:03qui étaient mobilisées
42:04l'année dernière
42:05normalement sont revenus
42:06cette année
42:06pour la grande majorité
42:08et donc là
42:09l'idée c'est de pouvoir
42:10parler au L1
42:11parler aux personnes
42:11qui ne s'étaient pas
42:12déjà mobilisées
42:13l'année dernière
42:13mais c'est sûr
42:14qu'avec
42:15en plus
42:16pendant l'été
42:17l'annonce de l'année blanche
42:18etc.
42:19ça n'a pas
42:20amélioré les choses
42:21et ça n'a pas
42:22donné plus d'espoir
42:23sur notre situation
42:24et donc
42:25c'est clair que
42:26le 10
42:26c'était la première date
42:27et je le disais
42:28c'est historique
42:29qu'aussitôt dans l'année
42:29alors même que tout le monde
42:30n'est pas encore venu
42:31sur les campus
42:32pour reprendre les cours
42:33il y a déjà autant d'étudiants
42:34et étudiantes
42:35qui se sentent concernés
42:36qu'ils soient dans la rue
42:36etc.
42:37et donc ça ne va que
42:39continuer comme ça
42:40il n'y a aucun doute là-dessus
42:41les universités
42:43les étudiants et étudiantes
42:43en tout cas seront au rendez-vous
42:45et là l'enjeu
42:46c'est plutôt de réussir
42:46à faire en sorte
42:47de bien accompagner
42:48ce qui se passe
42:49en dehors des universités
42:50justement
42:50et donc que les assemblées générales
42:51permettent aussi
42:52de faire en sorte
42:53de rejoindre
42:54des blocages économiques
42:55comme je le disais
42:55ce genre de choses
42:56quand on parle
42:57des prochaines grandes journées
42:58de mobilisation
42:58on pense évidemment
42:59au 18 septembre
43:00ça a commencé à être évoqué
43:01en début d'émission
43:02donc le 18 septembre
43:04l'inter-syndicale
43:05appelle à une grande mobilisation
43:06grève, manifestation etc.
43:08peut-être Axel
43:09vous pouvez nous rappeler
43:10c'est quoi les grandes revendications
43:11c'est contre l'austérité
43:12contre le budget ?
43:14évidemment
43:14en tête de gondole
43:15il y avait évidemment
43:16la question des mesures
43:17courtues dans le budget
43:17qui désormais
43:18du moins sous cette forme
43:20n'aura plus lieu
43:20mais on verra
43:21ce que le nouveau gouvernement
43:22va essayer de garder
43:23dans son nouveau projet
43:24donc il y avait ça
43:25et de manière plus générale
43:26oui c'est la question
43:27de la poser
43:27de comment on utilise
43:29et répartit
43:30et décide collectivement
43:31de ce qu'on fait
43:32des richesses
43:33qu'on produit ensemble
43:33parce que ce qu'on constate
43:34c'est le constat que je faisais
43:35en début
43:35c'est que les salaires stagnent
43:37la valeur des salaires
43:39stagne voire régresse
43:40on constate aussi
43:41que génération après génération
43:43les travailleuses
43:44et les travailleurs
43:44des générations
43:45qui se succèdent
43:46bénéficient de moins
43:47de droits collectifs
43:48que la génération
43:49qui précède
43:49alors que normalement
43:50la roue du progrès
43:51ça devrait être l'inverse
43:53que ce soit en matière
43:53de retraite
43:54en termes de précarité
43:55dans les contrats de travail
43:56en termes de garantie collective
43:58en termes d'accès
43:58à la sécurité sociale
44:00les droits contenus
44:01dans la sécurité sociale
44:01on voit que génération
44:02après génération
44:03les droits qui sont contenus
44:05diminuent voire disparaissent
44:06alors que le pays
44:07n'a jamais été aussi riche
44:08en termes de production
44:09de richesses
44:09mais ça c'est objectif
44:10c'est juste des chiffres
44:11c'est leur chiffre
44:12en plus c'est même pas les nôtres
44:14donc se pose la question
44:15en fait à quoi sert
44:16tout cet argent
44:17alors que c'est nous
44:17qui le produisons
44:18collectivement par notre travail
44:19et donc comment on fait
44:20et qui est légitime
44:21pour décider ce qu'on en fait
44:22je pense qu'il y a largement
44:23assez d'argent
44:24dans cette société
44:25et de ressources
44:25pour satisfaire nos besoins
44:27élémentaires
44:27que ce soit en matière
44:28de logement
44:28en matière de retraite
44:29en matière de salaire
44:30de valeur de notre travail
44:31de tout
44:32d'avoir une vie digne
44:33en fait tout simplement
44:34et c'est un peu ça
44:35l'enjeu du 18
44:36et surtout au-delà
44:37parce que le 18
44:37ne va pas suffire
44:38et j'espère que ceux
44:39qui ont initié le 10
44:40trouveront aussi les ressources
44:41pour mener de manière
44:42indépendante une dynamique
44:43pour continuer ce mouvement
44:44parce qu'il y a eu le 10
44:45il y a le 18
44:46mais il faut une suite
44:47il faut une stratégie
44:48sur le long cours
44:48pour gagner sur ces revendications
44:50Justement
44:50Julie
44:51on vous sentait un petit peu
44:52amer tout à l'heure
44:52au fait que l'intersyndical
44:54est appelé au 18
44:54sans mentionner
44:56le 10 septembre
44:57est-ce que vous
44:57vous y serez au 18
44:59sinon
45:00si oui pourquoi
45:00sinon pourquoi
45:02oui
45:03oui oui
45:03on participera au 18
45:04bien sûr
45:05mais avant ça
45:06il y aura d'autres
45:07d'autres événements
45:09c'est pas
45:09on va pas rien faire
45:11entre le 10 et le 18
45:12on a vu ce que ça avait donné
45:13à la réforme des retraites
45:14donc
45:16on va pas rentrer chez nous
45:17et attendre la prochaine date
45:18qu'on nous donne
45:19on va s'occuper
45:20d'animer
45:21le quartier
45:22en attendant
45:23Justement
45:25pareil
45:25vous parliez
45:26d'une stratégie
45:26plus globale
45:27sur le long terme
45:27de pas s'arrêter
45:28à des dates
45:29comme ça
45:29c'est quoi
45:30les stratégies
45:31c'est quoi
45:31vos stratégies
45:32de vos différentes
45:33organisations
45:33de mouvements
45:34par exemple
45:34Léa
45:35pour vous
45:35c'est quoi
45:35la stratégie
45:36sur le long terme
45:36j'imagine
45:37que vous serez
45:37là le 18
45:38mais avant
45:39est-ce que vous avez
45:39prévu des choses
45:40après
45:40c'est quoi
45:41vos idées
45:41là-dessus
45:42à l'Union étudiante
45:43oui
45:43on a bien sûr
45:44appelé au 18
45:45et donc
45:45ce que je disais
45:46mais l'idée
45:46c'est qu'on puisse
45:47réussir à avoir
45:48des assemblées générales
45:48sur les différentes
45:49universités
45:50il y a certaines
45:51universités
45:51qui continuent
45:53à bloquer
45:53après le 10
45:54par exemple
45:54le 11
45:55c'est à Clermont-Ferrand
45:56que ça a bloqué
45:57donc ça continue
45:59les universités
46:00continuent de se mobiliser
46:01je parle des étudiants
46:02et étudiantes
46:03mais on est bien sûr
46:03avec les professeurs
46:05aussi
46:05avec les pros
46:06on a réussi
46:07à avoir un certain
46:08nombre de dates
46:09de petits rassemblements
46:10sur les universités
46:11ou à côté
46:12etc.
46:13ensemble
46:13et donc
46:14l'idée
46:14c'est qu'on puisse
46:15continuer de construire
46:16dans ce sens-là
46:17de justement
46:18continuer à convaincre
46:19profiter quand même
46:20des quelques jours
46:21d'ici le 18
46:21pour voir
46:23les étudiants et étudiantes
46:24qui arrivent
46:25sur le campus
46:25et qui ne s'étaient pas
46:26forcément mobilisés
46:27le 10
46:28mais aussi participer
46:30à toutes les actions
46:31toutes les initiatives
46:32qui préexistent
46:33les rejoindre
46:33c'est comme ça
46:34qu'on avait appelé au 10
46:35on n'avait pas appelé
46:36sur les mots d'ordre
46:38bloquant tout
46:38on avait appelé
46:39à rejoindre
46:39toutes les initiatives
46:40qui préexistaient
46:41et donc on va faire
46:42de même là
46:43sur les prochains jours
46:44et le 18
46:45notamment
46:45je pose cette question
46:46parce que c'est vrai
46:47peut-être que pour les gens
46:47qui nous regardent
46:48les étudiants
46:49les salariés
46:50qui ont l'habitude
46:51de se rendre
46:52à des manifestations
46:52quand c'est appelé
46:53etc.
46:53qui disent
46:53en fait
46:54moi j'aimerais bien
46:55faire plus
46:55mais des fois
46:55je ne sais pas
46:56très bien
46:56à qui je dois m'adresser
46:58comment je m'organise
46:58etc.
46:59est-ce que vous auriez
46:59des conseils
47:00des appels
47:01à donner
47:01peut-être à Axel
47:02sur un salarié
47:03chez lui
47:03qui a envie
47:04de se mobiliser
47:05plus que simplement
47:06les dates
47:07à l'appel
47:07de l'intersyndical
47:08comment on fait
47:09pour construire
47:10et pour s'inscrire
47:11dans cette stratégie
47:12plus globale
47:12à plus long terme
47:13de lutte
47:14de lutte sociale
47:14le B à bas
47:15c'est déjà d'en discuter
47:16dans l'entreprise
47:16journée
47:16c'est-à-dire dire
47:17bon moi je pense
47:18qu'il faut faire plus
47:19et déjà lancer la discussion
47:20après on voit
47:21ce que les gens sont prêts
47:21à faire
47:21est-ce que c'est un jour
47:22de grève de plus
47:23est-ce que c'est une manif
47:23après le boulot
47:24est-ce que c'est
47:24j'en sais rien
47:25un envahissement
47:26quelque chose
47:26j'en sais rien
47:26mais c'est déjà
47:27commencer à en discuter
47:28parce que si on ne discute pas
47:29on ne sait pas
47:30ce quoi les gens
47:30ils sont prêts
47:30et justement
47:31il faut que ce
47:32enfin c'est un vœu pieux
47:33mais c'est comme ça
47:34que ça se passe
47:35en réalité
47:35ceux qui se posent la question
47:36en fait doivent la poser
47:37aux autres
47:38de dire en gros
47:39je prends mes responsabilités
47:40c'est moi qui fais le pas en avant
47:41je dis bon moi
47:42je pense qu'il faut faire plus
47:43qui me suit
47:43après on discute
47:44de ce que les gens sont prêts
47:45à faire
47:45mais ce qui par contre
47:47et d'ailleurs
47:47et pour ça aussi
47:48évidemment
47:48s'il n'est pas syndiqué
47:49il peut se rapprocher
47:51évidemment des unions locales
47:52des unions départementales
47:52s'il n'y a pas de syndicat
47:53dans son entreprise
47:55mais le but de tout ça
47:56c'est pas quelque chose de magique
47:58c'est à dire que ça se construit
48:01ce syndiqué en tant que tel
48:02ne sert pas à grand chose
48:03si on ne l'utilise pas
48:04de manière un peu intelligente
48:05c'est à dire bon bah ok
48:06je me syndique pour faire quoi
48:06c'est pour réorganiser
48:07c'est pour réunir des gens
48:09c'est pour discuter
48:10et essayer d'avoir une stratégie
48:11et rentrer des gens dans la lutte
48:13mais sur la stratégie globale
48:16ça c'est aussi quelque chose
48:17qu'on a vu dans les grèves de 2023
48:19c'est que la stratégie
48:21menée par l'intersyndicale
48:22consistait essentiellement
48:23à des journées de grève
48:25plus ou moins suivies
48:26mais espacées
48:27avec seulement quelques secteurs
48:29dont le mien d'ailleurs
48:30qui était en grève reconductible
48:32je rappelle vous êtes cheminot
48:33oui cheminot
48:34c'est à dire on arrête le travail
48:35on s'assoit sur le salaire
48:36parce que ça veut dire
48:37qu'on s'assoit sur le salaire
48:38et s'il y a des caisses de grève
48:39tant mieux
48:39mais on part du principe
48:41qu'on n'en aura pas
48:41quand on part en grève
48:43le principe numéro un
48:44qu'on dit à tout le monde
48:44c'est qu'on part du principe
48:45qu'il n'y a pas de caisse de grève
48:46si on a une qui se fait
48:48parce qu'il y a de la solidarité
48:48tant mieux
48:49mais chacun doit être prêt
48:50à faire ce sacrifice
48:53y compris quand on a
48:54une situation financière
48:54très difficile
48:55donc c'est un niveau
48:56et on le voit aussi
48:57que cette attitude
48:58et cette capacité
49:01il y a certains secteurs
49:02qui l'ont sur des conflits nationaux
49:03mais on sent qu'il n'y en a pas suffisamment
49:05qui sont prêts à le tenir
49:06pour l'instant ça peut changer
49:07on l'espère
49:08mais qui sont prêts à engager
49:09le rapport de force
49:10à ce niveau là
49:11et malheureusement
49:13j'espère me tromper
49:14mais en fait on voit pas d'autres issues
49:15une grève qui marche
49:16une grève qui se généralise
49:17à l'ensemble du monde du travail
49:19pas que à quelques secteurs structures
49:20même si c'est très important
49:21qu'ils y soient
49:21parce que c'est souvent eux
49:22qui donnent un peu l'impulsion aux autres
49:23pour dire
49:23allez on y va aussi
49:25mais en fait en réalité
49:26les cheminots
49:26ils n'ont pas envie
49:27et ils n'ont pas la capacité
49:28en réalité de faire grève
49:29pour les autres
49:29souvent ils le disent eux-mêmes
49:30ils disent
49:31oui on veut prendre toute notre part
49:32et ça
49:33mais on va pas faire la place des gens
49:33parce qu'après il se crée
49:35une inégalité
49:35où moi je commence le mois
49:37à moins 2000
49:38alors oui on va trouver des solutions
49:39on va repousser le paiement des loyers
49:41on va utiliser la solidarité
49:44entre les gens
49:44pour aller manger
49:45chez les potes
49:45qui ont un peu de bouffe
49:47en plus
49:47on va se débarder
49:48pour que les enfants
49:49eux ils puissent manger
49:50mais c'est quand même un sacrifice
49:52c'est pas christique
49:53c'est pas un truc religieux
49:53c'est quand même un sacrifice
49:56conséquent
49:57que tout le monde est prêt à faire
49:58mais quand même avec ce truc
49:59du oui mais on veut pas
49:59être les seuls à le faire
50:00parce que si on est les seuls à le faire
50:01en fait ça ne fonctionne pas
50:02et c'est un peu ça aussi
50:03les enjeux pour nous
50:05en tant que mouvement syndical
50:05par-delà en fait
50:07ce qui se passe là maintenant
50:07c'est comment on arrive à nouveau
50:09à avoir des grèves
50:10qui se généralisent réellement
50:11de manière reconductible
50:13dans une échelle
50:14beaucoup plus large
50:15que c'est fait aujourd'hui
50:15parce que
50:17mouvement reconductible
50:17ça existe dans des entreprises
50:18mais les secteurs
50:19qui sont prêts à le faire
50:20sur des sujets nationaux
50:22interprofessionnels
50:23à mon avis
50:23il faut qu'il y en ait plus
50:24qu'ils soient prêts
50:25à rentrer dedans quoi
50:26peut-être dernière question
50:27un peu générale
50:27à tous les trois
50:29je m'en étais noté
50:30qu'est-ce qui vous donne
50:32de l'espoir
50:32parce que là on parle
50:33beaucoup de choses
50:33pas forcément très gays
50:35qu'est-ce qui vous donne
50:36de l'espoir
50:37est-ce qu'il y a des raisons
50:37d'espérer
50:38et finalement
50:39en quoi vous croyez
50:41tous les trois
50:41Julie ?
50:42moi je trouve que c'est gai
50:43la lutte
50:44je ne m'ennuie pas
50:46on parle avec des camarades
50:48on échange
50:48des fois on s'engueule
50:49en âgé
50:51il n'y a pas de soucis
50:54mais en fait
50:55il y a un échange
50:56on fait des ponts
50:57qu'on n'avait pas avant
50:58on est dehors
50:59on discute
51:00on se rend compte
51:00qu'on n'est pas les seuls
51:01à penser la même chose
51:02on se rend compte
51:03qu'en fait
51:05notre voisin
51:05qui n'en avait jamais
51:06adressé la parole
51:07il pense comme nous
51:07on se rend compte
51:08qu'au travail
51:09d'un seul coup
51:10mes collègues
51:10me posent des questions
51:11sur comment on fait grève
51:12ce qui n'était jamais arrivé
51:14je travaillais dans une toute
51:15petite société
51:15on ne m'avait jamais demandé
51:16comment est-ce qu'on fait grève
51:18dans une société
51:18de 17 personnes
51:22et donc en fait
51:22moi je trouve ça assez joyeux
51:23on est ensemble
51:24on est avec nos amis
51:26c'est ce que
51:27j'aime bien ce truc
51:28on nous montre toujours
51:29comme les vilains militants
51:31qui cassent tout
51:32qui seraient un peu aigris
51:34de la société
51:34alors qu'en fait
51:36je pense que
51:37on est plutôt confiant
51:38on est assez optimiste
51:39moi pour moi
51:39Macron et ses copains
51:40c'est le passé
51:41c'est juste une question de temps
51:42avant qu'on arrive à s'en débarrasser
51:43et après on va pouvoir
51:44enfin passer à autre chose
51:45et à une société
51:46quand même un peu plus intelligente
51:47et un peu plus optimiste
51:49donc non
51:50je ne suis pas du tout
51:51enfin je suis plutôt
51:52il y a beaucoup de raisons d'espérer
51:54ouais je suis assez pleine d'espoir
51:56Léa est-ce que vous êtes aussi pleine d'espoir ?
52:00je suis complètement d'accord
52:01avec ce que dit Julie
52:02je trouve que c'est très intéressant
52:05de savoir qu'on est en nombre
52:06et qu'on a une vraie diversité etc
52:08et c'est ça qui donne de l'espoir
52:09c'est de se voir tout simplement
52:12de pouvoir se compter
52:13notamment quand on se retrouve le 10
52:15dans la rue etc
52:16qu'on enchaîne
52:17enfin voilà
52:18beaucoup d'actions différentes et tout
52:19et c'est positif au final
52:25Axel
52:26presque le mot de la fin
52:27c'est quoi les raisons d'espérer ?
52:29les raisons d'espérer
52:30c'est que déjà on est plus nombreux qu'eux
52:32on est plus intelligents
52:32et on peut être mésorganisés
52:34et je partage la lutte
52:35oui bien sûr il y a des moments difficiles
52:37bien sûr
52:37c'est vrai qu'on en a parlé beaucoup
52:38de moments difficiles
52:38mais globalement c'est un moment joyeux
52:40et y compris les moments difficiles
52:42sont affrontés collectivement
52:43donc en fait c'est un beau moment la lutte
52:44et on voit des gens qui se réalisent
52:45qui d'ailleurs parfois
52:46n'avaient pas forcément confiance en eux-mêmes
52:48et leur capacité soit individuelle
52:49nous-mêmes collectifs
52:50et qui d'un seul coup prennent confiance
52:51non seulement en eux-mêmes
52:52mais d'un seul coup à leur collectif
52:53à leurs collègues
52:54c'est des moments en fait d'émancipation réelle
52:56et d'ailleurs
52:57un de mes meilleurs moments
53:00dans une grève justement
53:01bon il y en a plusieurs
53:02notamment des victoires locales
53:03mais je me souviens en particulier
53:04un qui m'a vraiment marqué
53:05c'était la grève de 2019
53:08où à la fin c'était un jeune conducteur de train
53:10qui s'appelait Louis Simon
53:11s'il se reconnaît
53:11maintenant il n'est plus dans la boîte
53:12il habite en Australie
53:13mais je me souviens
53:14quand on avait fait quasiment
53:15donc c'était 2-3 mois de grève
53:16à l'interrompu
53:19et surtout ils abandonnent le projet
53:21ils abandonnent le projet
53:22sur la retraite
53:23et je me souviens que Simon
53:24enfin c'est Simon Louis
53:25Simon dit à la fin
53:26bon à la fin de l'AG
53:27là où on est assez nombreux
53:28quand on décide de reprendre le travail
53:30il dit
53:30bon j'ai pas grand chose à dire
53:31j'ai pas trop l'habitude de parler
53:32mais franchement
53:33les copains, les copines, les camarades
53:35franchement là si j'aurais rendu un truc
53:36c'est ah j'ai vécu
53:37ah là j'ai vécu
53:37j'ai vécu comme j'ai jamais vécu
53:38sur ces 3 derniers mois
53:40et dit ça ça va me manquer
53:41d'ailleurs il parlait plus de ça
53:42que du fait que le projet
53:43avait été abandonné
53:43d'ailleurs il disait
53:44ah ouais mais là on a vécu
53:45là vraiment j'ai l'impression
53:46d'avoir vécu pour la première fois
53:47de ma vie
53:48et ça c'est les gens
53:49les gens le comprennent
53:49ceux qui ont été impliqués
53:50dans les luttes
53:51parce que en fait sinon
53:53en fait la plupart du temps
53:54on est dans la tête dans le guidon
53:56on est un peu pris
53:57dans l'exploitation du quotidien
53:58les soucis du quotidien
54:00et ces luttes là
54:01c'est des moments justement
54:01on en sort en fait
54:02où on s'émancipe
54:03et où on se rend compte
54:04qu'en réalité
54:04un autre monde
54:05il est à notre portée
54:06pour peu qu'on soit assez nombreux
54:08à le porter
54:08à se mobiliser pour
54:09mais que c'est réellement
54:10quelque chose
54:10qu'on touche du doigt
54:10dans les mobilisations
54:11ce nouveau monde
54:12il naît
54:12on voit son entraille
54:13dans ces mobilisations là
54:14et c'est ça qui donne
54:15les raisons d'espérer
54:16je pense
54:16merci beaucoup Axel
54:17merci beaucoup à tous les trois
54:18peut-être un dernier mot
54:19où est-ce qu'on peut vous retrouver
54:20à la fête
54:21est-ce que vous avez un stand
54:22un débat
54:23quelque chose
54:24Julie ?
54:25moi je serais au stand
54:26il y a le stand
54:27de nous toutes à côté
54:28qui sont quand même
54:29des copines camarades
54:30et je participe
54:31à la table ronde
54:32violence d'état
54:33à 18h30
54:34où ça ?
54:35au stand de nous toutes
54:36au stand de nous toutes
54:37très bien
54:38Léa où est-ce qu'on peut vous retrouver
54:39est-ce que vous avez un stand
54:39de l'Union étudiante
54:40à la fête ou pas ?
54:41on n'a pas de stand
54:42vous n'avez pas de stand
54:42mais on a deux conférences
54:44il y a une camarade
54:45qui intervient demain
54:46sur le stand de la France Insoumise
54:48sur le mouvement septembriste
54:49voilà
54:50très bien
54:51et l'après-midi
54:52une autre qui intervient
54:53sur le stand de la FSE
54:55donc un syndicat étudiant aussi
54:57avec les autres syndicats étudiants
54:58donc avec l'UNEF et Solidaires également
55:00pareil sur la mobilisation
55:01en cours
55:02très bien
55:03Axel où est-ce qu'on peut vous retrouver
55:04est-ce que vous avez des choses
55:05à puber
55:06avant de partir ?
55:08là juste là
55:08je vais rejoindre un débat
55:09bon dans l'audience
55:10pas en tribune
55:12un débat qui se passe
55:13juste à côté
55:13sur le syndicalisme
55:14et la situation internationale
55:16avec des canacs
55:17représentants des canacs
55:18des cubains
55:19et aussi
55:20de la fédération syndicale mondiale
55:21mais après
55:23les cheminots
55:23on est un peu partout sur la fête
55:24il y a quand même
55:25beaucoup de cheminots
55:25qui participent
55:26au succès de la fête
55:27de l'humanité
55:28et il y a un stand
55:29des cheminots aussi
55:29où en tout cas
55:31les militants CGT cheminots
55:32seront invités
55:33avec tous ceux
55:34qui sympathisent avec eux
55:35à prendre un verre
55:36mais j'ai oublié
55:36si c'est demain
55:37j'ai oublié
55:37l'heure à laquelle c'était
55:38mais c'est demain en tout cas
55:39mais j'ai oublié
55:40j'ai oublié quand c'était
55:40mais oui
55:41les cheminots sont partout
55:42sur la fête
55:43merci beaucoup
55:44à tous les trois
55:44je rappelle
55:45Alex Persson
55:45secrétaire général CGT cheminots
55:46de Trappes
55:47Axel Persson
55:47pardon ?
55:48Axel Persson
55:49j'ai dit Alex encore
55:50oh là là
55:52désolé
55:52Julie Souman
55:53vous êtes coprésidente
55:54du mouvement des maires isolées
55:55et Léa-Jules Clément
55:57secrétaire nationale
55:58de l'union étudiante
55:59merci beaucoup
55:59à tous les trois
55:59en plus je dois
56:00à vous et à celles
56:02et ceux qui nous regardent
56:02je vous ai appelé hier
56:03un peu en catastrophe
56:04parce que vous pourriez venir
56:04à tout
56:05vous êtes venus
56:06c'était super
56:06un grand merci
56:07une bonne fête à vous
56:08beaucoup de courage
56:10beaucoup de joie
56:10dans les luttes
56:11merci beaucoup
56:11je vous invite
56:12à quitter le plateau