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  • il y a 19 heures
Reprise de notre Live avec les soignants de l’hôpital de Creil, dans le bus qui les amène au ministère de la santé à Paris à l’occasion de la grande journée nationale d’action pour l’hôpital public.
Retrouvez nos 4 Live (plus de deux heures de direct) réalisés à l'occasion de cette journée exceptionnelle sur la page Facebook de l'Humanité et sur notre site humanite.fr

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Transcription
00:05On peut faire du fric, sur la santé des gens, certains sont nos patients.
00:12On peut qu'on s'y prend, pour enfin se faire longtemps.
00:16On va vous raconter ce qui se passe au THB.
00:19Chez nous sous les urgences, au lieu de maltrédence.
00:23Des heures sur un banc, après un voile à une escarque.
00:26Nous on fait tout ce qu'on veut, on peut prendre soin d'eux.
00:30Mais plus de temps, de rien, il n'y a pas de moyens.
00:34Ici c'est tout un gras, mais heureux sonne la larme.
00:37Ça nous fait mal au cœur, mais on bosse dans la peur.
00:41Des coups, des coups, des coups, des coups, des coups, des coups, des coups, des coups, des coups, des coups,
00:46des coups, des coups, des coups, des coups, des coups.
00:56Qui emmènent les soignants de Creil à Paris.
00:59On vient de sortir du périphérique, reprise de notre live.
01:03On a décidé de les suivre toute la journée en direct pour l'Humanité.
01:09Arrivés à Paris, rendez-vous à 13h au ministère de la Santé.
01:25Et on va profiter pour la posée des questions.
01:32Sur cette mobilisation professionnelle.
01:58Un journal qu'on connaît bien et qu'on aime bien.
02:00qui titre aujourd'hui, les soignants refusent le retour à l'anormal.
02:06L'anormal, c'est-à-dire ce qui n'est pas normal.
02:10Le monde d'avant, le monde où l'hôpital manque de moyens.
02:17Voilà, grosse journée de mobilisation nationale aujourd'hui.
02:20Et on le voit avec les soignants de Creil.
02:25Ils seront dans l'hôpital, mais de partout en France.
02:29La mobilisation de grand-midi.
02:43Voilà, vous êtes nombreux à suivre cette live.
02:45N'hésitez pas à les partager pour donner envie à tout le monde de rejoindre les musées.
02:51Rendez-vous à 13h au ministère de la Santé.
02:58Le bis, il vient d'un tribunal pareil.
03:01Et donc, il se dirige vers le ministère de la Santé.
03:06Voilà, en bus affrêté par la CGT de l'hôpital de Creil.
03:19Vous êtes nombreux à laisser des messages.
03:21N'hésitez pas à poser des questions.
03:22On va aller voir les soignants tout de suite.
03:25pour des premiers témoignages.
03:30Eh, ça repart l'inforcé.
03:36On le voit, il y a pas mal d'ambiance.
03:45Bonjour.
03:46Est-ce qu'on est en direct, évidemment, pour l'humanité ?
03:48Est-ce que je peux vous demander de vous présenter ?
03:50Alors, moi, je suis Corinne, je suis secrétaire de la CGT, je suis psychologue, je travaille en cancérologie.
03:57Alors, premièrement, pourquoi cette mobilisation en quelques mots ?
04:00Est-ce que vous pouvez rappeler les raisons de cette mobilisation nationale aujourd'hui du 16 juin ?
04:04L'hôpital souffre depuis plusieurs années et ça fait maintenant plus d'un an et demi que l'hôpital de
04:09Creil-Sanlis se bat pour améliorer les conditions de prise en charge des patients.
04:13Alors, il y a les conditions de prise en charge des patients, mais il y a aussi nos conditions de
04:17travail et notre niveau de vie.
04:19Parce qu'on est pauvre à l'hôpital quand on travaille à l'hôpital.
04:22Les patients ne sont pas pris en charge comme ils le devraient et nous, on n'est pas payés comme
04:27on le devrait.
04:28Alors, comment ça s'est passé dans votre service ces dernières semaines, ces derniers mois, notamment pendant la pandémie ?
04:34Alors, moi, c'était un peu particulier parce que j'ai quitté la cancérologie pendant trois mois.
04:37J'ai été affectée à la réanimation et aux unités Covid.
04:41Donc, j'étais en plein dans la réorganisation.
04:44Donc, ça a été trois mois difficiles, intenses et en même temps super intéressants parce qu'on a vécu quelque
04:51chose de formidable au niveau des équipes.
04:54C'est-à-dire, il y a eu une solidarité, il y a eu vraiment un esprit de corps des
04:58soignants pendant cette pandémie ?
05:01Oui, ça a toujours été la force des soignants et là, ça s'est encore plus exprimé pendant ces trois
05:05mois.
05:05C'est ce qui nous a tenus.
05:06C'est vraiment ce qui nous a tous tenus.
05:08C'est l'esprit d'équipe, c'est le fait d'être tous solidaires et d'aller tous dans un
05:12même sens avec pour une fois des moyens qui tombaient du ciel.
05:15Même s'ils ont été un petit peu lents à arriver, ils sont arrivés.
05:18C'était presque Noël par moment.
05:20On avait du lit, des matériels, de quoi s'occuper des patients.
05:24Bon, sauf les masques, bien sûr, mais ça, ce n'est pas nouveau sur la planète.
05:27Mais on a vécu un moment vraiment très particulier.
05:31Et donc aujourd'hui, ce que vous voudriez, c'est que ça continue parce que ce métier, vous l'aimez
05:35et vous êtes déchiré de ne pas pouvoir le pratiquer dans des conditions satisfaisantes.
05:41L'hôpital d'avant, on n'en veut pas, on n'en veut plus.
05:44On a goûté là pendant quelques semaines à quelque chose qu'on aimerait avoir tout le temps, des moyens, des
05:50lits, une reconnaissance, un peu plus concrète maintenant que des paroles et puis des applaudissements.
05:57Donc là, on voudrait vraiment que l'hôpital de demain ne soit pas celui qu'on a connu avant cette
06:01période de crise.
06:02On veut vraiment un changement.
06:04Merci beaucoup. Je vais continuer à donner la parole peut-être à votre voisin de derrière.
06:10Est-ce que je peux vous demander de vous présenter ?
06:12Je m'appelle Fabrice, je travaille à la chambre mortuaire. Je suis aussi élu à la CGT, aux endro-syndicales.
06:22Alors comment ça s'est passé, c'est vraiment particulièrement dans votre service qui a été extrêmement sollicité ?
06:28Moi, malheureusement, comme je m'occupais de tous les services, que ce soit l'area, que ce soit tous les
06:34services Covid, c'est moi qui allais chercher les corps.
06:37Et justement, ça donnait un... on avait l'impression de vivre quelque chose d'irréel, puisqu'il n'y avait
06:45plus le sens de mon travail, puisqu'il n'y a plus de relation famille.
06:49Il n'y a plus de... parce que là, j'allais chercher un corps, je le mettais sous housse, je
06:52le scellais.
06:54Et c'était une mise en bière immédiate pour qu'il aille soit en crémation, soit se faire sans pouvoir
06:58avoir un soutien, que la famille puisse se recueillir, sans pouvoir soutenir les familles.
07:03Alors vous-même, vous êtes de Creil. Est-ce que vous connaissiez des gens qui ont été touchés ?
07:08Voilà, c'est ça. En plus, moi, j'habite Creil. Je suis natif de Creil.
07:11Et je vis à Creil. Je suis dans plus de choses. Je suis dans une municipalité à Creil. Je fais
07:16partie de plusieurs associations.
07:17Donc je connais beaucoup de personnes. Et effectivement, j'ai été confondé à des gens que je connaissais.
07:22Et ça, c'est pour tous les patients. Comme je disais, c'est que quand quelqu'un... je ne suis
07:27pas fou.
07:27Je sais que les personnes que je cherchais sont décédées, mais derrière chaque personne décédée, il y a une famille,
07:32il y a une histoire.
07:34Et le sens, c'est ça. C'est qu'on se doit... on a un devoir moral envers ces personnes.
07:39C'est qu'ils nous confient un deuil. Et là, on ne pouvait pas faire notre rôle.
07:42Comme beaucoup de soignants ici, ils avaient pu...
07:45Alors on a retrouvé cette solidarité qui redonne un sens à notre travail.
07:48Puisque c'est le sens. C'est d'être au service de la population.
07:55Mais malheureusement, on nous coupe les moyens. Et ça fait des années qu'on le dit.
07:58Donc il a fallu avoir quelque chose de dramatique, comme le Covid.
08:00Ou est-ce qu'on a vu que c'était décès sur décès ?
08:03Ça paraissait, on avait l'impression d'avoir un film d'anticipation.
08:06Moi, je sais qu'à un moment donné, j'ai eu une interrogation sur moi-même.
08:13Est-ce que mon boulot a un sens ?
08:14Puisque, je vous dis, j'allais chercher décès sur décès.
08:19Et j'allais chercher dans des housses mortuaires blanches.
08:21Et j'en avais tellement pu qu'il me restait des housses mortuaires noires.
08:26Et le bug que j'ai eu, c'est que quand j'ai mis ce corps dans cette housse noire,
08:32que je dois mettre tout son nom au filtre,
08:35voilà, il y a eu toutes ces choses-là où est-ce que ça déshumanise.
08:39Et là, moi, je me suis demandé quel est le sens de tout ça.
08:44Et la colère m'est venue parce que, c'est vrai,
08:48le gouvernement a demandé qu'on nous applaudisse à 20h.
08:50Mais on n'est pas des héros, ça, je le répète.
08:53On n'est pas des héros.
08:54Les soignants ont toujours été là.
08:55Et là, moi, je tiens à le préciser.
08:56Tous ceux que, là, on le fait dans la joie, la bonne humeur,
08:58mais croyez-moi, il y a de la colère.
09:00On a les médecins, que ce soit les infirmières,
09:03que ce soit les anesthésistes, que ce soit les psychologues,
09:06parce que les psychologues aussi,
09:08ceux qui sont au laboratoire,
09:09ceux qui sont au stéril,
09:13lui, il s'occupe de la sécurité pour que tout se passe bien.
09:16On nous enlève tous ces moyens.
09:18On nous enlève tous ces moyens parce qu'on veut faire de la médecine publique,
09:22de la médecine quantitative, et ça,
09:24tout le monde a le droit à la santé.
09:25Mais il faut nous donner les moyens.
09:26Parce qu'on n'est pas des héros.
09:27Moi, je le répète encore une fois,
09:28on est partis à la guerre, on a toujours été à la guerre,
09:30mais on ne nous donne pas les armes.
09:31Et un soldat sans armes, il ne va pas faire la guerre longtemps.
09:35Merci beaucoup pour ce témoignage.
09:38On va se revoir dans la manif.
09:40Je vais continuer à faire le tour.
09:43Merci des témoignages très, très forts,
09:45comme celui que vous venez d'entendre.
09:46Loïc Pen, qu'on a beaucoup entendu.
09:48Mais qui ne parle plus.
09:49Voilà, mais qu'on nous impose volontairement
09:51pour aller interviewer tous ses collègues.
09:54Alors, j'approche de l'épicentre de la chanson.
09:59Bonjour.
09:59Bonjour.
10:00Est-ce que je peux vous demander de vous présenter ?
10:02Oui, alors je m'appelle Justine,
10:03je suis infirmière aux urgences de Creil depuis 10 ans.
10:06Alors, 10 ans d'urgence de Creil.
10:08Est-ce que, concrètement, pour ceux qui nous écoutent,
10:10vous pouvez nous décrire comment se passe votre quotidien
10:12et les difficultés auxquelles vous avez à faire face, concrètement ?
10:16Concrètement, c'est manque de place dans l'hôpital.
10:19Le matin, on retrouve là, notamment la semaine dernière,
10:2240 patients dans les urgences.
10:25Donc, on commence notre journée avec 40 patients.
10:27Du coup, c'est toute une visite, en fait, à faire,
10:30visite de service, plus assurée, les urgences derrière.
10:34Donc, tout ça, ça engendre beaucoup de temps d'attente
10:37et puis des difficultés à s'occuper des patients, notamment.
10:41Alors, vous êtes depuis 10 ans aux urgences de Creil.
10:44Est-ce que vous aimez votre métier ?
10:46Ah oui, je l'aime beaucoup.
10:47On aime beaucoup ce qu'on fait,
10:48mais en fait, c'est les conditions de travail qui sont très difficiles
10:52et c'est ça qu'on déteste, en fait.
10:55Voilà, le rapport à l'humain.
10:57On n'a plus le temps.
10:59Donner un verre d'eau en temps et en heure,
11:01changer une protection, tout ça.
11:03Voilà, c'est secondaire, en fait.
11:04On court partout et on doit se dépêcher,
11:07passer de prescription en prescription.
11:09Et voilà, ça, c'est dur.
11:11Ça, c'est dur.
11:13Vous-même, vous êtes collègue, toutes les deux, c'est ça ?
11:16Est-ce que vous pouvez vous présenter, s'il vous plaît ?
11:19Je m'appelle Nelly, je suis aide-soignante depuis 25 ans aux urgences.
11:24Alors, toutes les deux, comment vous avez vécu ces trois mois pendant la pandémie ?
11:28Comment ça s'est passé ?
11:29Et qu'est-ce que vous voulez dire au gouvernement par rapport à la gestion de cette crise ?
11:34Alors, ce qui s'est passé, c'est qu'on a manqué de matériel,
11:39notamment de masques et de surblouses.
11:42Et heureusement qu'on a eu des dons, en fait,
11:44de particuliers, d'entreprises.
11:48Et ça, ça nous a aidés à tenir.
11:50Ça a été fatigant, éprouvant, le fait de s'habiller, se déshabiller.
11:54Ça, ça a été très fatigant, très long.
11:56Les prises en charge étaient très longues.
11:58Et puis, la preuve qu'on a manqué de lits,
12:01parce qu'en fait, on a dû fermer des services
12:02pour pouvoir prendre en charge ces patients atteints de Covid.
12:07Donc, on a fermé, voilà, le service d'ambulatoire,
12:11les services de médecine,
12:12et puis, pour pouvoir s'occuper de ces patients.
12:15Donc, on a dû, voilà, fermer des lits, en fait.
12:19Oui, c'est-à-dire que l'hôpital n'était pas du tout calibré
12:22pour accueillir ce genre.
12:24L'hôpital à flux tendu, tel qu'il est aujourd'hui,
12:26n'est pas capable de faire face à une telle situation.
12:30On a manqué des lits, des lits de réanimation.
12:32Il y a la salle de réveil qui a été réquisitionnée
12:34pour s'occuper des patients Covid qui étaient en réannuation, en fait.
12:40Et alors, comment vous vous êtes sentie pendant la pandémie ?
12:44Est-ce que vous vous êtes sentie en sécurité vous-même,
12:46en tant que soignant ?
12:47Est-ce que vous vous êtes sentie en danger par moment
12:50par rapport à cette pandémie ?
12:52Est-ce que vous étiez bien protégée ?
12:54On va dire, au tout début,
12:56on a eu beaucoup de mal, déjà, avec les cadres de santé
12:59pour avoir des masques FFP2.
13:02C'est qu'au tout début du Covid,
13:04en fait, on nous a dit que ce n'était pas nécessaire.
13:06Donc, voilà, il a fallu qu'on court après les masques.
13:09Les cadres n'étaient pas d'accord pour qu'on les prenne.
13:11Donc, oui, on a été mis en danger.
13:13Oui, ça, c'est sûr, on a été mis en danger.
13:15Heureusement que nous, on ne s'est pas laissé faire.
13:17Parce que sinon...
13:19Il y a eu plusieurs versions, en fait.
13:21Il fallait mettre au début les masques chirurgicaux.
13:24Finalement, après, ensuite, il fallait mettre les masques FFP2.
13:26On a eu des masques qui étaient périmés aussi
13:28depuis plusieurs années, 2011, je crois qu'on a eu.
13:31Et puis, on ne pouvait pas...
13:33Normalement, il faut changer les masques toutes les 4 heures.
13:35Et on n'avait pas accès à ces masques tous les 4 heures, en fait.
13:39Donc, des fois, on gardait le même masque toute la journée.
13:44Est-ce qu'aujourd'hui, concrètement,
13:46vous pensez que le Ségur de la santé,
13:49qui a été amélioré il y a 3 semaines,
13:50on est dans la 4e semaine,
13:52va apporter des réponses concrètes à vos demandes
13:54qui sont pourtant bien connues,
13:55puisque vous vous battez depuis plus d'un an et demi ?
13:57Qu'est-ce que vous pensez du Ségur de la santé ?
14:00En effet, ça fait un an, un an et demi, là,
14:03maintenant qu'on est en grève.
14:04Et voilà, qu'on demande l'arrêt de fermeture des lits,
14:07les réouvertures des lits,
14:09plus de personnel, la revalorisation des salaires.
14:11Et pour l'instant, en fait,
14:13avec le Ségur de la santé,
14:14on ne voit rien arriver.
14:16Il y a beaucoup de discussions,
14:16mais rien n'arrive.
14:18Et voilà, on se demande si vraiment
14:20des choses concrètes vont ressortir.
14:22Les soignants n'ont pas été conviés non plus
14:24à assister aux discussions.
14:26On n'a pas de retour, en fait.
14:28Il n'y a pas de retour de ce qui se passe là-bas.
14:29On est muselés.
14:32Il n'y a pas de soignants, il n'y a rien.
14:33Donc, tout se passe entre eux.
14:34Et on ne saura pas, pour l'instant,
14:36on ne sait rien.
14:37Rien.
14:37Alors, ce qui ressemble,
14:39ce qui est dénoncé comme étant un peu
14:40une grande messe
14:43pour endormir un petit peu les choses,
14:46soit disant pour un temps de revendications,
14:47vos revendications,
14:48ça fait un an et demi,
14:49que vous les faites vivre partout en France.
14:51On a vu des choses fabuleuses
14:53à travers des chansons,
14:54dans beaucoup d'hôpitaux,
14:56une mobilisation très joyeuse en même temps.
14:59Qu'est-ce que ça fait,
15:01cette grande fraternité,
15:03quelque part, des soignants au niveau national ?
15:06Et puis, un soutien très fort de la population,
15:08puisque ça allait commencer
15:09avant même l'épidémie.
15:12On a vu vos vidéos partagées
15:15des millions de fois sur les réseaux sociaux,
15:16avec de superbes commentaires de soutien.
15:20Donc, ça veut dire que ça fait plus d'un an
15:22que la population vous soutient.
15:24Donc, participer à un mouvement aussi fort,
15:26aussi puissant, aussi massif,
15:28aussi fraternel,
15:29qu'est-ce que ça fait ?
15:31En fait, ça nous fait plaisir
15:33et on se rend compte que finalement,
15:35on est tous pareil,
15:39on a tous les mêmes difficultés
15:40dans toutes les urgences de France,
15:42dans les hôpitaux,
15:43on vit exactement la même chose.
15:44On vit exactement la même chose.
15:46Et là, voilà, on a été applaudis
15:49les soirs à 20h au balcon.
15:50Mais là, vraiment, le mot d'ordre,
15:51c'est il faut nous rejoindre dans la rue, en fait.
15:53Là, c'est pas que la manif des soignants,
15:55c'est la manif de tous ceux
15:56qui se préoccupent de la santé.
15:58Vraiment, c'est essentiel.
16:00Voilà, c'est maintenant qu'il faut se mobiliser.
16:02C'est là, maintenant, aujourd'hui.
16:04C'est sûr.
16:05Alors, aujourd'hui, donc, on est le 16 juin.
16:07Il est 12h et quelques.
16:09Le rassemblement a lieu à partir de 13h,
16:12avenue de Ségur, devant le ministère de la Santé.
16:14Vous invitez tous ceux qui entendent ce live
16:17à venir, à parler autour d'eux,
16:19à le partager, évidemment.
16:20Nous, on vous invite à partager ce live,
16:21bien sûr, pour faire passer l'info.
16:23C'est ça, sur Paris ou même en province,
16:25il y a une cartographie sur l'interurgence,
16:28sur le Facebook de l'interurgence,
16:29qui regroupe toutes les manifestations.
16:32Voilà, il y en a ce matin, il y en a ce midi,
16:34il y en a cet après-midi.
16:35Donc, on invite vraiment
16:36toute la population à nous rejoindre.
16:38Alors, l'interurgence, on le rappelle,
16:40c'est le collectif interurgence,
16:42c'est ça, qui regroupe
16:43toutes les urgences de France
16:44et qui est à l'origine des grandes...
16:47C'est ça, des manifestations et des...
16:49Oui, c'est ça.
16:50Et c'est un collectif intersyndical très large.
16:53C'est ça, tout à fait.
16:55OK, ben merci à toutes les deux.
16:56C'était très clair.
16:59Et je vais continuer.
17:02Alors, on est presque arrivés au fond du quart.
17:08Et on est presque arrivés
17:09sur le lieu de la manifestation.
17:10Encore quelques mots,
17:11quelques témoignages avant d'aller manifester.
17:14Alors, est-ce que je peux vous...
17:16Bonjour.
17:17On est en direct, bien sûr, pour l'Humanité.
17:19Est-ce que je peux vous demander de vous présenter ?
17:21Je suis Sylvie Dabremont.
17:23Je suis infirmière anesthésiste
17:24à l'hôpital de...
17:26Enfin, GHPSO Craigson-Lys.
17:27On est sur les deux sites.
17:29Depuis 15 ans, maintenant.
17:31Alors, pendant 15 ans,
17:32est-ce que vous avez vu la situation
17:33se dégrader sur votre hôpital ?
17:36Oui.
17:37Oui, oui, oui.
17:39Clairement, on n'a pas assez de personnel.
17:41Il n'y a pas assez de moyens.
17:42Il n'y a pas assez de lits.
17:44Il n'y a pas...
17:44Enfin, voilà.
17:45Tout ce que je pense que les collègues
17:46ont déjà dit avant.
17:48On n'est pas très bien lotis à l'hôpital, oui.
17:52Mais est-ce que concrètement,
17:53en 15 ans d'exercice de la médecine,
17:56est-ce que vous avez senti les choses
17:58peu à peu se transformer
18:02en quelque chose de moins bien ?
18:04Moi, je peux dire,
18:05mon expérience en tant que patient,
18:06c'est que je me rappelle,
18:08petit, aller aux urgences
18:09et m'y sentir vraiment en sécurité
18:11et bien accueillie.
18:12Aujourd'hui, c'est un peu
18:13la cour des miracles,
18:14les urgences.
18:15Oui, nous, les urgences,
18:17on ne connaît pas trop.
18:17Nous, on est surtout au bloc,
18:19en salle de réveil,
18:21puisque on ne travaille pas...
18:22Enfin, les infirmières et les salistes
18:23peuvent aussi faire du SMUR,
18:24mais à Creil, on ne fait pas de SMUR.
18:26Mais en effet, on se rend compte
18:27que, par exemple,
18:28des patients qui arrivent au bloc
18:30peuvent avoir passé quelques heures,
18:33voire même quelques jours aux urgences
18:34avant qu'on puisse...
18:35Il y a des retards de prise en charge.
18:37Ça, c'est clair.
18:38Des retards de prise en charge aussi
18:40parce qu'il manque des lits,
18:42parce que si on n'est pas assez nombreux,
18:44puisque la journée,
18:45il y a un programme opératoire
18:46et les urgences ne se font
18:47qu'après le programme,
18:49en général,
18:49puisqu'il n'y a qu'une salle d'urgence
18:51pour toutes les spécialités
18:52qu'il peut y avoir.
18:53Donc, en fait,
18:56les gens sont pris en charge la nuit
18:57quand c'est possible.
18:58Mais la nuit,
18:59il ne faut savoir qu'il n'y a qu'une équipe.
19:01Il n'y a personne en salle de réveil.
19:03Donc, ça fait que l'équipe
19:04qui endort,
19:05doit réveiller,
19:06on doit faire sortir le patient
19:07pour pouvoir en prendre en charge un autre.
19:09Ce qui fait que, bien sûr,
19:11qu'il y a un retard de prise en charge.
19:14Ça, c'est clair.
19:14Ça, c'est clair.
19:16Voilà.
19:17Alors, aujourd'hui,
19:17vous allez manifester
19:19avec tous vos collègues
19:20de toute la France,
19:21à Paris,
19:22mais aussi en province.
19:23On le rappelle,
19:23il y a des rassemblements partout.
19:25Vous pouvez retrouver sur...
19:26Il y a des rassemblements un peu partout,
19:27je crois,
19:28devant tous les hôpitaux.
19:30Enfin, là, on va sur Paris
19:32pour essayer
19:33d'avoir un peu plus
19:35plus de monde.
19:36Puis, on avait envie, quoi.
19:37Enfin, ça nous tenait à cœur
19:38de venir là, quoi,
19:39pour justement dénoncer
19:40ce qu'on vit
19:41depuis des années
19:42et puis ce qu'on a surtout
19:43qui a été amplifié là.
19:45Je pense que, de toute façon,
19:46la crise sanitaire
19:47qui est arrivée là
19:48a vraiment montré
19:51le vrai visage de l'hôpital, quoi.
19:53C'est qu'on est vraiment démunis.
19:55Je pense que les collègues
19:57l'ont déjà dit,
19:57on n'avait pas les moyens
19:58de se protéger.
20:00On n'avait pas les masques
20:01qu'il fallait.
20:02Il a fallu se battre
20:02pour avoir des masques FFP2.
20:05Même des fois,
20:05quand on prenait des masques
20:06FFP2,
20:07je pense notamment
20:08aux brancardiers,
20:09on leur demandait
20:09de les enlever
20:10parce qu'il n'y avait pas
20:11de masque à mettre.
20:12En fait,
20:13les masques ont été...
20:14les masques ont été enfermés
20:17dans les bureaux des cadres
20:18et puis il fallait justifier
20:22la prise de masque.
20:25En fait,
20:26les masques
20:26et tout ce qui était protection
20:27étaient gérés
20:28en fonction de la pénurie.
20:29Un jour,
20:30on mettait des masques.
20:31Le lendemain,
20:31on ne mettait plus de masques.
20:32Et puis maintenant,
20:33tout le monde a son masque.
20:34Chercher l'erreur.
20:35Enfin, franchement...
20:37On a vu des cas de soignants,
20:39malheureusement,
20:40qui ont attrapé
20:42le Covid-19 à l'hôpital.
20:43et certains sont morts.
20:45En France,
20:46il y a de nombreux cas.
20:51Oui,
20:51nous,
20:52on en a eu pas mal
20:52chez nous.
20:54Mon collègue,
20:55on va le citer
20:56puisqu'il est là.
20:57Il va chercher
20:58les patients
20:59dans les services.
21:00Il ne fallait pas
21:00mettre de masque.
21:02Donc voilà,
21:03je pense qu'il l'a attrapé
21:04à l'hôpital.
21:04Après,
21:06bien sûr,
21:06la colère est là
21:07puisqu'on n'a pas eu
21:10ce qu'il fallait.
21:10On nous a envoyé
21:11au front,
21:12on va dire,
21:12les mots
21:12qui ont déjà été
21:13données,
21:14on nous a envoyé
21:15au front sans protection.
21:16On était en première ligne
21:17et puis voilà.
21:19Comme vous voyez
21:19que maintenant,
21:20il faut toujours,
21:20tout le monde a un masque,
21:21même le patient,
21:22je parle du bloc,
21:23vient au bloc
21:24avec un masque
21:24alors qu'au départ,
21:26voilà,
21:26on y allait comme ça.
21:28Oui,
21:28ça a été compliqué.
21:30D'autant plus que nous,
21:31je pense que j'ai entendu
21:32Justine en tout l'heure
21:33en parler.
21:34Nous,
21:35on a arrêté
21:35tout ce qui était
21:36intervention programmée
21:37pendant ces trois mois.
21:39on a monté une SSPI,
21:42donc salle de réveil
21:42réanimation
21:44avec tous les collègues.
21:45Ce n'est pas forcément
21:46un travail que tout le monde connaissait.
21:48Donc,
21:48il a fallu,
21:51en 24 heures,
21:52il a fallu s'adapter.
21:53On a fait réanimation
21:54à la place de la salle de réveil.
21:56Donc,
21:56ça a été aussi
21:58des gros investissements.
22:01comme toujours,
22:02on compte sur le professionnalisme
22:03et puis,
22:04comme on disait,
22:04on aime notre boulot,
22:06on est là pour ça
22:07parce que ce n'est pas
22:08que ce qu'on gagne
22:08qu'on est d'accord.
22:13Et alors,
22:14justement,
22:16concernant la rémunération
22:17des soignants,
22:18aujourd'hui,
22:19c'est une grande revendication,
22:21la revalorisation.
22:24Effectivement,
22:24l'État,
22:25jusqu'à maintenant,
22:27compte sur votre engagement
22:28à l'hôpital
22:29parce que vous êtes très engagé.
22:30On l'a vu,
22:31pendant un an et demi,
22:31les urgences étaient en grève
22:33et malgré tout,
22:34continuer à assurer le service.
22:35Donc,
22:36c'est un peu facile,
22:37quelque part,
22:37pour l'État
22:38de noyer le poisson.
22:40Vous avez décidé,
22:41donc,
22:42c'est la grande journée aujourd'hui,
22:43c'est le 16 juin,
22:43c'est la première grande journée nationale
22:46suite à l'épidémie.
22:48Donc,
22:49j'imagine que vous aviez hâte
22:51de vous faire entendre.
22:52Oui,
22:53d'autant plus que,
22:54bon,
22:54on est beaucoup,
22:56je vais parler pour notre profession
22:58infirmière anesthétique,
22:59où ça fait des années
23:00qu'on se bat
23:01pour avoir la rémunération
23:03déjà qu'on devrait avoir
23:05parce qu'on n'est déjà pas payé
23:08au Grand Master
23:09où on est reconnu.
23:10Donc,
23:11ça fait déjà des années,
23:12des années
23:12qu'on se bat pour ça
23:13et qu'on n'arrive pas
23:14à avoir la bonne rémunération.
23:17L'un des enjeux sur la rémunération,
23:19si je comprends bien,
23:20c'est que si les soignants
23:21à l'hôpital ne sont pas bien payés,
23:23le danger,
23:23c'est que l'hôpital se vide.
23:26Oui,
23:27enfin,
23:28il se vide
23:30parce que les soignants
23:31vont aller ailleurs.
23:32C'est plus attractif.
23:33Mais bon,
23:34oui,
23:35de toute façon,
23:35déjà,
23:35on voit déjà beaucoup
23:36le privé.
23:37De toute façon,
23:38il y a beaucoup de gens
23:39qui vont dans le privé.
23:40Mais bon,
23:41je pense qu'aussi,
23:41en libéral,
23:42mais bon,
23:43je pense que malheureusement,
23:44il y a toujours,
23:45les écoles sont là,
23:45il y a des gens qui sortent,
23:46tout le monde ne trouve pas
23:47sa place dans le privé non plus.
23:49Voilà,
23:49et puis bon,
23:50on a notre engagement,
23:51c'est ça,
23:52c'est là-dessus qui compte.
23:53Bien sûr.
23:54C'est là-dessus qui compte.
23:54Bien sûr,
23:55il faut être très,
23:55très engagé.
23:56Alors,
23:56vous me parliez de votre collègue,
23:58je vais essayer de me tourner vers lui.
24:00Est-ce que vous m'autorisez
24:01à vous poser une petite question ?
24:02Bien sûr.
24:03Alors d'abord,
24:04est-ce que vous pouvez vous présenter ?
24:05Moi,
24:06je suis à bout,
24:07je suis bancardier au bloc opératoire.
24:09D'accord,
24:10alors à bout,
24:10si j'ai bien compris,
24:11vous avez,
24:13pendant l'épidémie,
24:15pendant votre service,
24:16vous avez contracté la maladie,
24:18c'est ça ?
24:18C'est ça,
24:18exactement.
24:19Je l'ai eu en mois de mars,
24:21sauf que comme ma collègue disait,
24:23je la rejoins pour,
24:24enfin au début,
24:25en fait,
24:25le masque était interdit,
24:27ensuite le masque était obligatoire,
24:29sachant qu'on savait que le virus,
24:31il était présent au sein de l'hôpital.
24:33Donc voilà,
24:34au début,
24:35il y a eu un petit flou
24:36et on n'a pas vraiment compris
24:37ce qui se passait.
24:38Et alors concrètement,
24:40vous concernant,
24:41comment ça s'est manifesté,
24:44le virus ?
24:44A part de goût et de l'odore,
24:45tout simplement.
24:47et j'ai passé le test
24:48et c'était positif,
24:49tout simplement.
24:50Aujourd'hui,
24:51ça va,
24:51je refais du sport,
24:52tout va bien.
24:53D'accord,
24:53mais tant mieux.
24:55Quel bilan vous tirez
24:56de toute cette période ?
24:59Ça a été difficile,
25:00je pense,
25:00pour tout le monde,
25:01pour tous mes collègues
25:03qui sont ici présents.
25:04Et c'est pour ça
25:05qu'aujourd'hui,
25:05je tenais à être là avec eux
25:06et pour les soutenir.
25:08Et je pense qu'après cette crise Covid,
25:10c'est le bon moment
25:11pour se faire entendre.
25:13C'est la première fois
25:14que vous venez manifester comme ça ?
25:15Moi,
25:15c'est la première fois
25:16que je viens manifester
25:16avec mes collègues.
25:18Alors,
25:19vous n'êtes pas le premier
25:19que j'entends dire ça.
25:20À l'entrée du quart,
25:21il y avait une demoiselle aussi
25:22qui disait
25:23que c'était sa première manif à Paris.
25:26J'ai le sentiment
25:27que la mobilisation
25:28est plus forte encore
25:29qu'avant le Covid.
25:31Qu'est-ce que ça raconte ?
25:33Bon,
25:34évidemment,
25:34un ras-le-bol
25:35encore plus marqué,
25:37mais est-ce que
25:38vous ne manifestiez pas avant
25:40parce que vous aviez
25:41l'impression
25:41que ça ne servait à rien
25:42ou vous vous sentiez
25:43moins concerné ?
25:44Qu'est-ce qui a fait
25:45la différence cette fois-ci ?
25:46Déjà,
25:47la différence,
25:47c'est que
25:48on a senti
25:49qu'on avait le peuple
25:50derrière nous
25:51et c'est une motivation
25:52en plus.
25:54Et je pense que l'État
25:55peut faire des efforts
25:57sur certaines choses
25:58et que c'est le moment
25:59de se faire vraiment entendre.
26:00C'est le moment
26:01que tout le monde
26:01soit ensemble.
26:02Tous ceux qui nous applaudissaient
26:04à 20 heures,
26:04c'est le moment
26:05d'être là avec nous
26:06aujourd'hui
26:07et pour les futurs
26:09rassemblements
26:09qui auront.
26:11Eh bien,
26:11merci,
26:12le message est passé.
26:13Merci à tous.
26:14Je vais...
26:17On va continuer
26:18sous les applaudissements.
26:20On est toujours
26:20en direct
26:20pour l'humain.
26:22Donc,
26:24merci pour cette intervention.
26:27Ce n'est pas facile
26:27de s'exprimer
26:28en direct
26:29comme ça.
26:32on va continuer
26:33à se balader
26:34dans ce bus.
26:36On est presque arrivé.
26:38Schumpeter,
26:39c'est un peu d'aspect
26:40là.
26:41Est-ce que je peux
26:42en profiter
26:43pour poser
26:44une petite question
26:45pour finir ce live
26:46à la Open ?
26:47Une petite dernière
26:48alors ?
26:49Une petite dernière question.
26:50Alors,
26:50cette mobilisation,
26:52j'ai entendu
26:52qu'il y avait
26:53des nouveaux participants
26:54dans le bus,
26:55des gens qui participent
26:56pour la première fois.
26:57J'ai eu deux témoignages
26:58depuis tout à l'heure.
26:59On a le sentiment
27:00que cette mobilisation
27:01elle est plus forte
27:02que d'habitude.
27:03De toute façon,
27:04il y a un truc
27:04qui est simple.
27:05D'habitude,
27:05il y a un bus
27:06pour les trois hôpitaux
27:07de l'Oise,
27:07enfin les quatre
27:08avec l'hôpital Psy.
27:10Là,
27:10on a un bus
27:10par hôpital.
27:11Donc,
27:12évidemment,
27:12déjà sur le nombre
27:13c'est plus important
27:15et puis,
27:16en effet,
27:17ce ne sont pas
27:17les habitués.
27:18C'est-à-dire que
27:18ceux-là sont toujours là,
27:19les militants
27:20de toujours
27:21sont venus
27:21mais ça élargit
27:23parce qu'on a gagné
27:24en prise de conscience
27:25y compris dans le personnel
27:26sur le fait
27:27que c'était plus tolérable
27:29de subir cette politique
27:30d'austérité
27:30à l'hôpital
27:31et qu'on n'est pas là
27:32pour demander
27:35des moyens,
27:36du matériel
27:37pour notre propre confort.
27:38Moi,
27:38un nouveau respirateur
27:39ou un nouveau scope,
27:40je ne vais pas l'emmener
27:41à la maison
27:41pour faire une Game Boy.
27:42On est là simplement
27:43parce que ça nous donne
27:44les moyens de travailler
27:44et qu'on nous refuse
27:46ce simple moyen
27:47d'accueillir nos patients,
27:49ça n'est plus toléré.
27:50Donc là,
27:51il va falloir changer
27:51de braquet
27:52sur ce fameux
27:53Ségur de la santé
27:54et faire des propositions
27:56claires
27:57en termes de refinancement
27:58de l'hôpital public
27:58parce qu'il y a
27:59des retards monstrueux
28:00en économisant
28:01tous les ans
28:02un milliard par-ci,
28:03un milliard et demi par-là.
28:04C'est 6 milliards
28:05qu'il faut nous redonner
28:06sur l'investissement
28:07à l'hôpital.
28:07C'est 6 milliards
28:08qu'il faut nous redonner
28:09aussi pour les 300 euros
28:11pour les salariés
28:12et puis il faut embaucher
28:14et réouvrir des lits
28:15en tout.
28:16C'est en urgence
28:16un collectif de 15 milliards
28:17qu'il faut débloquer.
28:19Et ça,
28:19les gens sont en train
28:20d'en prendre conscience
28:20et puis ce n'est pas
28:21un 15 milliards
28:22pour solde de tout compte.
28:23Derrière,
28:24ça veut dire
28:24les grilles de salaire,
28:25ça veut dire repenser
28:26y compris les liens
28:27entre l'hôpital,
28:28la ville,
28:28les centres de santé.
28:29C'est un gros travail
28:30à faire.
28:32Mais on pourrait dire
28:33qu'il demande toujours
28:34de l'argent,
28:3415 milliards.
28:35Oui,
28:35on vient de donner
28:3615 milliards
28:36à l'industrie aéronautique.
28:38Comme ça,
28:38sans contrôle.
28:40Donc,
28:40ce n'est pas une hérésie
28:41que demander la même chose
28:42pour un secteur
28:43qui a prouvé
28:44son utilité
28:45et ses difficultés
28:47durant cette épidémie.
28:49Alors,
28:49là,
28:50on le voit,
28:50on est bloqué
28:51dans Paris par les embouteillages,
28:52mais on arrive bientôt
28:53au ministère de la Santé.
28:55On est à Venue de Grenelle.
28:56A Venue de Grenelle,
28:57c'est un signe,
28:58non ?
28:58C'est un signe,
28:59oui.
28:59Et on voit,
29:00il y a des terrasses,
29:01les parisiens même
29:02sont autorisés,
29:03on vient de sortir
29:04de la zone rouge.
29:06On est en zone verte à Paris,
29:07donc on peut rentrer
29:08dans les restaurants,
29:09on le voit,
29:09donc il y a un déconfinement
29:11à l'œuvre,
29:12une reprise,
29:13un retour à la vie,
29:14ce que tout le monde salue.
29:15En même temps,
29:16on a entendu
29:19un retour,
29:22un redémarrage
29:22plus exactement
29:23de la pandémie
29:24en Chine
29:25un peu inquiétant
29:27ces dernières 24 ans.
29:28Donc le danger
29:29d'un retour
29:30de la pandémie
29:31d'une deuxième vague
29:33à l'automne
29:34est bien réel quand même.
29:36Ça,
29:36on en avait parlé
29:37dans un précédent live,
29:38mais en effet,
29:39on sent bien
29:40que là,
29:41l'épidémie
29:41est en train
29:41de marquer le pas
29:42en France
29:42et de marquer le pas
29:43de façon majeure.
29:44C'est-à-dire que,
29:45on l'avait dit,
29:46sur le terrain,
29:46on ne voit plus
29:47de nouveaux patients
29:48venant pour du Covid.
29:50Dans nos réas,
29:51c'est plutôt des patients
29:52qui sont rentrés
29:52il y a longtemps
29:53et qu'on est en train
29:54de sortir.
29:55Donc on a vraiment
29:56une épidémie
29:57qui est en train
29:57de s'arrêter.
29:58Voilà,
29:59maintenant,
29:59on peut le constater.
30:00Ce qui ne nous dispense pas
30:01des gestes barrières,
30:03vous voyez,
30:03dans le bus,
30:04on respecte la logique
30:06transport en commun,
30:06masques,
30:08on respecte encore
30:09la logique
30:09de distanciation physique
30:11même dans nos rassemblements.
30:12Tout à l'heure,
30:12vous l'avez vu
30:13sur le rassemblement
30:14Arcelor,
30:15on n'est pas en thames
30:15assez.
30:16Donc on a toujours
30:17ces gestes barrières
30:19à mettre en place
30:20parce qu'on a eu
30:20des foyers épidémiques
30:21qui ont ressurgi.
30:22Donc il faut continuer
30:23pour ça,
30:24mais on est en bonne voie
30:26d'éteindre cette épidémie.
30:27D'éteindre cette épidémie
30:28maintenant.
30:30Rien ne nous laisse penser
30:31qu'il n'y aura pas
30:32un rebond
30:34automne,
30:35hivernale.
30:35Pour l'instant,
30:36rien ne nous permet
30:36de dire que c'est bon.
30:38On a une population
30:39qui est toujours
30:39massivement non immunisée,
30:41on a un virus
30:41qui est toujours nouveau,
30:42on n'a toujours pas
30:43de traitement,
30:44toujours pas de vaccin.
30:45Donc évidemment,
30:46si on se fie
30:47à ce qui s'est passé
30:48pour d'autres épisodes
30:50viraux,
30:50la grippe particulièrement,
30:52on peut très bien
30:53avoir une résurgence.
30:54Donc voilà,
30:55on va sûrement passer
30:56un été plus tranquille
30:57que prévu.
30:58On va sûrement pouvoir,
31:00voilà,
31:00déjà on remanifeste,
31:01on est dans les cafés,
31:02sur les terrasses,
31:03il va y avoir un vote
31:04bientôt,
31:05les Français pourront
31:06réexercer leurs droits
31:07démocratiques.
31:08ça ne veut pas dire
31:09que tout est fini,
31:10gardons les gestes barrières
31:12et surtout,
31:14donnons-nous les moyens
31:15de répondre
31:15à une épidémie
31:16qui ressurgirait.
31:17Et c'est pour ça aussi
31:18qu'on est là.
31:19On ne va pas recommencer
31:20le même cirque,
31:21c'est-à-dire,
31:21pas assez de lits,
31:23pas assez de tests,
31:23pas assez de masques,
31:24il faut se préparer.
31:25Et pour se préparer,
31:26il faut que les soignants
31:27soient prêts aussi
31:28et en nombre.
31:28Et aujourd'hui,
31:29on n'est pas suffisamment nombreux.
31:31Alors,
31:31je n'ai pas écouté
31:31tous les témoignages
31:32qui ont été recueillis
31:33dans ce bus,
31:33mais je pense qu'on a
31:34tous à peu près
31:34la même vision
31:35des choses là-dessus.
31:36Il faut réembaucher
31:37des collègues,
31:38réouvrir des lits.
31:39Donc,
31:39c'est pour ça aussi
31:40qu'on est là.
31:41Parce qu'on ne va pas
31:42revivre encore une fois
31:43la même chose.
31:44Donc,
31:44cette épidémie,
31:45ça a été une vraie leçon
31:49sur le fait
31:49que l'hôpital
31:51doit complètement
31:52se repenser
31:52dans son financement,
31:54dans ses modes d'accueil,
31:56arrêter les logiques ambulatoires
31:57parce que ça ne concerne
31:58qu'une petite partie
31:59de la population,
32:00certainement pas
32:00tous les patients âgés
32:01polypathologiques.
32:01On rappelle la logique
32:05en question,
32:06c'est celle qui consiste
32:07à soigner,
32:07à faire sortir tout de suite
32:08le malade
32:09et à ne pas le garder
32:10à l'hôpital,
32:12c'est ça ?
32:12Oui,
32:13c'est une logique
32:14qui peut être valable
32:16pour toute une partie
32:16des patients,
32:17mais qui sont minoritaires.
32:19Notre public,
32:20dans les hôpitaux publics
32:21aujourd'hui,
32:22ce sont beaucoup
32:23des patients âgés
32:23polypathologiques
32:24et l'ambulatoire
32:25ne peut pas les concerner
32:26parce qu'ils ont des pathologies
32:28qui sont trop lourdes
32:28pour être gérées
32:29en deux secondes
32:30et pourtant,
32:32cette logique
32:32de l'ambulatoire,
32:33c'est ce qui a permis
32:34de justifier
32:34la fermeture
32:35de dizaines de milliers
32:36de lits ces dernières années,
32:38100 000 en 20 ans.
32:39Il faut les regagner.
32:40Rien que pour être
32:40au niveau de l'Allemagne,
32:41il faut les regagner.
32:42Et pareil,
32:42pour les réins,
32:43on est en train
32:44de refermer
32:44tout ce qu'on a ouvert.
32:46Si on voulait être
32:47juste au niveau
32:47de ce que font
32:48les Allemands,
32:49c'est 10 000 lits de réins.
32:50Il faut doubler
32:50notre capacité.
32:51Donc là,
32:51on a à réfléchir à ça.
32:53Pour les salaires,
32:54c'est pareil.
32:55On demande 20%
32:56d'augmentation.
32:57On pourrait dire
32:57que c'est énorme.
32:58Ça nous mettrait
32:59les infirmières françaises,
33:00même pas au niveau
33:01des infirmières allemandes.
33:02Elles sont payées
33:0325% plus cher.
33:04Donc,
33:04ce n'est pas non plus
33:05une aberration.
33:06Simplement,
33:06on a tellement pris
33:07l'habitude d'entendre
33:08« c'est impossible,
33:08il n'y a pas d'argent »
33:09qu'on finit par
33:10plus oser demander.
33:11Il y a de l'argent,
33:12beaucoup d'argent.
33:13La France n'a jamais été
33:14aussi riche de son histoire.
33:15Même avec ce qui vient
33:16de se passer pour le Covid,
33:17simplement,
33:18c'est très mal réparti.
33:20Et là,
33:20voir des centaines de milliards
33:22qui partent
33:23avec le plan européen
33:24et le plan français
33:25directement sur
33:26les grandes entreprises
33:27et dans les poches
33:27d'actionnaires
33:28sans aucun critère,
33:29ça doit faire réfléchir
33:30tout le monde
33:30et dire « on met des critères,
33:32il faut aider les entreprises
33:32qui créent de l'emploi,
33:33pas celles qui vont
33:34augmenter leurs profits boursiers.
33:36Et pour celles-là,
33:36il n'y a peut-être
33:37pas besoin de leur donner.
33:37Il y a d'autres priorités.
33:39L'hôpital n'en est qu'une.
33:40Et si on a encore
33:41des besoins,
33:42je les invite quand même
33:43à se retourner
33:44vers les paradis fiscaux
33:45parce qu'on a oublié
33:45d'en parler
33:46pendant cette période
33:47mais ils ont toujours
33:47été hyperactifs.
33:49Donc vous le dites,
33:49de l'argent,
33:50il y en a.
33:51Il y en a eu 15 milliards
33:52pour l'aéronautique
33:53sans sourciller.
33:54Vous vous demandez
33:5515 milliards
33:55pour l'hôpital tout de suite.
33:57On mesure bien
33:57à quel point
33:58l'hôpital est bien
34:00plus essentiel
34:01en cette période
34:03que les avions.
34:05Oui, c'est une évidence
34:06mais visiblement
34:07pas dans la tête
34:08de ce gouvernement.
34:09On est là
34:11pour lui mettre
34:11un peu de plomb
34:11dans la tête justement.
34:12Au sens figuré quand même.
34:15Au sens figuré bien sûr
34:16mais vous allez le faire
34:17avec beaucoup de détermination,
34:18de rajouer à la bonne humeur
34:19comme vous le savez le faire
34:20sur les manifs santé.
34:22Un dernier mot peut-être
34:23sur l'interdiction
34:25de cette manifestation
34:26puisqu'aujourd'hui
34:27aucun rassemblement
34:28de plus de 10 personnes
34:29n'est autorisé.
34:30La Ligue des droits de l'homme
34:31demande la levée
34:32de cette interdiction.
34:33On l'a demandé
34:33depuis un moment.
34:34On parle d'atteinte
34:35aux libertés.
34:37Emmanuel Macron
34:39a dit
34:40que cette interdiction
34:42perdurait.
34:43Qu'est-ce que
34:44vous en pensez ?
34:45Je pense que la parole
34:46du chef de l'État
34:47est décrédibilisée.
34:48Y compris ce qui vient
34:50de se passer
34:50avec son intervention,
34:51sa dernière intervention
34:52la dimanche.
34:53Un grand discours
34:54d'auto-satisfaction
34:55pour ne rien dire d'autre
34:56qu'il est formidable.
34:58Franchement,
34:59c'est plus possible
35:01que la parole
35:01soit confisquée
35:02en permanence
35:03par l'exécutif.
35:05À un moment donné,
35:05le Parlement
35:06doit reprendre ses droits
35:07et la rue
35:07doit reprendre ses droits.
35:08C'est pas possible
35:09qu'on continue
35:09à accepter un truc pareil.
35:11Ça ressemble,
35:12moi je le vis
35:13comme de l'oppression
35:13et à un moment donné
35:15quand on ressent
35:16l'oppression
35:17on a le devoir
35:19de se révolter
35:21face à une telle situation.
35:23D'ailleurs,
35:23c'est dans la constitution
35:24de 1789,
35:261793, pardon.
35:28Donc voilà,
35:28à un moment donné,
35:29c'est aussi un devoir
35:31que de venir manifester,
35:32de venir dire les choses
35:33parce qu'on a aujourd'hui
35:35un discours de pensée unique
35:37qui n'est plus véhiculé
35:38que par l'exécutif.
35:40Quand on a tout réouvert
35:41et qu'on nous explique
35:42que les manifestations
35:42c'est dangereux
35:43alors qu'elles sont en plein air,
35:45j'y vois des arrières-pensées.
35:46Voilà.
35:48Merci.
35:49On va continuer à suivre.
35:51On va bientôt terminer ce live
35:52et peut-être en chanson.
35:53On reprendra en direct
35:55avec vous tout à l'heure
35:56sur la manif.
36:02Aucun privilège,
36:03seul un tapis rouge
36:04pour les dirigeants.
36:09Imprégner du sang
36:10des patients
36:11dont on exigeait consciemment.
36:17Motivés, motivés,
36:19pensent pas qu'on va lâcher.
36:20Motivés, motivés,
36:23on reste motivés,
36:24motivés, motivés,
36:26pensent pas qu'on va lâcher.
36:28Motivés, motivés,
36:31on reste motivés,
36:32on reste motivés
36:34pour pas que l'on prépasse.
36:37On va rester motivés
36:38pour que ça se sache.
36:40On va rester motivés
36:42et on laisse sa place.
36:44On va rester motivés,
36:46on est sortis en masse.
36:48Voilà.
36:48On va rester motivés.
36:50On vous a rendez-vous
36:50dans quelques minutes
36:51pour le départ de la manifestation.
36:54On sera au départ.
36:55Donc là, on est avec
36:56les soignants de Creil.
36:58Et partout en France,
36:59la mobilisation générale
37:00aujourd'hui pour l'hôpital.
37:02Tous ceux qui veulent rejoindre
37:03le mouvement sont les bienvenus.
37:04Les soignants appellent
37:05l'ensemble de ceux
37:06qui ont applaudi
37:07aux fenêtres
37:09pendant la pandémie.
37:12Ça se joindra à eux.
37:13Voilà.
37:13Un dernier coucou au bus.
37:16Et on se donne rendez-vous
37:18dans quelques minutes
37:19pour la manifestation.
37:21Merci beaucoup
37:21d'avoir suivi ce live
37:23et de tous les partages.
37:25N'hésitez pas à partager encore.
37:27Beaucoup d'infos aujourd'hui
37:28sur le site de l'UMA
37:29que vous pouvez retrouver
37:32facilement sur humanité.fr.
37:33Beaucoup d'analyses
37:34et de données
37:35sur la santé
37:37et la mobilisation des soignants.
37:38Les possibilités de financement
37:40comme le disait
37:41l'OIFPEN à l'instant.
37:42Voilà.
37:43Très vite.
37:43A tout à l'heure.

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