00:01Et nous sommes en votre compagnie, François de Rugy. Bonjour !
00:06Bonjour !
00:07Ancien président de l'Assemblée Nationale et ancien ministre de l'Écologie, vous êtes vice-président du Conseil Régional des
00:12Pays de la Loire.
00:13François de Rugy, il y aura une nouvelle journée de mobilisation lycéenne ce mardi et à Nantes.
00:19La colère des jeunes s'est accompagnée de graves violences après l'incendie du lycée Nelson Mandela.
00:24C'est un bâtiment de l'université qui a été saccagé après trois jours d'occupation.
00:30La présidente Karine Berneau de l'université se dit écureu et porte-pleinte.
00:34François de Rugy, que dites-vous ce matin ? On aurait pu éviter ce saccage ?
00:41Malheureusement à Nantes, nous subissons ce type de dégradation, d'occupation illégale
00:47et qui se termine toujours avec cette forme de saccage que la présidente de l'université a dénoncé.
00:54Je crois qu'il ne faut pas confondre la colère des jeunes, vous l'avez dit,
00:59de quels jeunes parle-t-on ? En tout cas d'un certain nombre de lycéens qui sont mobilisés aujourd
01:03'hui
01:04dans plusieurs centaines de lycées en France, ça c'est une réalité.
01:07Et puis là, des militants d'extrême-gauche qui se sont barricadés dans une université,
01:14la fac de lettres à Nantes, et qui se préparaient à jeter des pavés,
01:18puisque les policiers ont retrouvé des tas de pavés qui avaient été accumulés dans les locaux de l'université.
01:24Donc je crois que là, on est vraiment sur des opérations militantes, violentes,
01:27comme malheureusement nous en subissons à Nantes régulièrement.
01:31Aussi peut-être parce qu'il y a une forme de faiblesse, voire de complaisance,
01:35de la part des autorités locales.
01:37La maire de Nantes condamne les actions, mais elle ne le nomme pas ceux qui sont en cause,
01:42c'est-à-dire l'extrême-gauche militante, politique, syndicale.
01:46Il y a un syndicat à l'université de Nantes qui revendique le fait de mener des actions violentes.
01:50Vous dites sur X, vous désignez Johanna Roland la maire socialiste de Nantes,
01:57vous dites qu'elle est au fond incapable de dénoncer ces exactions.
02:02Vous pensez qu'elle est quelque part de façon tacite complice de ce qui se passe sur le terrain ?
02:07Je crois que la maire de Nantes fait preuve, depuis qu'elle a été élue la première fois en 2014,
02:14de beaucoup de complaisance à l'écart de la gauche radicale en général.
02:18La gauche radicale politique, elle a fini d'ailleurs par s'allier explicitement avec la France insoumise
02:24aux dernières élections municipales, alors que le parti socialiste avait dit,
02:28le parti socialiste dont elle est numéro 2 au niveau national,
02:30le parti socialiste avait dit qu'il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise.
02:33Elle l'a fait, mais au-delà de cela, c'est aussi toute cette gauche militante,
02:38militante dans des associations, dans des partis, dans des syndicats,
02:42mais aussi parfois dans une néguleuse de collectifs divers et variés,
02:45et qui finissent par donner le ton à Nantes.
02:48Il y a une autre contestation en cours contre un centre de rétention administrative.
02:54Eh bien, Johanna Roland, au départ, était pour, avait signé une lettre commune
02:58avec le ministre de l'Intérieur de l'époque, Gérald Darmanin,
03:01pour qu'il y ait un centre de rétention administrative à Nantes,
03:03et il n'y en a pas aujourd'hui.
03:04Et aujourd'hui, depuis deux ans, elle a dit,
03:08« Non, finalement, je suis contre. »
03:09Pourquoi ? Parce qu'il y avait cette pression de militants d'extrême-gauche.
03:12Et donc, si les autorités municipales locales cèdent à ces pressions
03:17et font preuve de complaisance à l'égard de ces violences,
03:20malheureusement, elles se développent.
03:21Qui va payer, François de Rugy, la casse ?
03:24Que ce soit dans le lycée Nelson Mandela et cette université de Nantes,
03:29qui paye à la sortie, au fond ?
03:30Vous savez bien qui paye.
03:32Ce sont les Français, à travers leurs impôts.
03:35Vous savez, la plupart des bâtiments publics,
03:37c'est les collectivités publiques qui les assurent eux-mêmes.
03:39Plutôt que de payer tous les ans de grosses cotisations d'assurance,
03:43très souvent, en fait, les collectivités sont obligées de réparer des dégâts
03:47quand il y en a, aux frais de la collectivité,
03:50c'est-à-dire aux frais des Français.
03:51Sur le lycée Nelson Mandela, qui a été sauvagement brûlé,
03:56parce qu'on ne peut pas dire que ce soit juste un petit feu de palette,
03:58comme il y en a parfois sur des piquets de grève.
04:01Ce sont des gens qui ont accumulé un certain nombre de poubelles
04:05ou de choses comme ça, qui ont mis le feu,
04:07et ça a embrasé toute l'entrée du lycée,
04:09qui est donc totalement hors d'usage, hors service.
04:13Il y en a pour 2 millions d'euros de travaux, sans doute.
04:15La présidente de la région, Christelle Morancel, l'a dit il y a quelques jours,
04:18c'est la région qui est responsable de la construction,
04:21de la rénovation et de l'entretien des lycées.
04:23Ce lycée qui a 12 ans, il a été inauguré en 2014.
04:26C'est un vieux lycée laissé à l'abandon.
04:28Il n'y en a pas, d'ailleurs, dans la région des vieux lycées laissés à l'abandon.
04:30La région investit régulièrement pour l'entretien des lycées.
04:34Et bien là, au lieu de mettre 2 millions dans la rénovation énergétique d'un lycée,
04:38on va être obligé de mettre 2 millions dans la remise en état
04:41de ce lycée Nelson Mandela.
04:43Et pour l'université, c'est l'État.
04:45C'est l'État, c'est contribuable.
04:47L'université de Nantes, il est régulièrement déficitaire.
04:50Il va l'être encore un peu plus.
04:51Et il faudra sans doute sacrifier d'autres budgets de l'université pour réparer les dégâts.
04:56François de Rugy, il nous reste une poignée de secondes.
04:57La primaire à gauche, qu'en attendez-vous ?
05:00Le résultat du premier tour, c'est ce soir.
05:02Petite primaire, petite ambition, petit débat.
05:05Franchement, c'est triste de voir le Parti Socialiste,
05:08qui, je le rappelle, quand même était un parti de gouvernement,
05:10qui a dirigé la France, qui avait la majorité au niveau national
05:14et dans les collectivités locales, il y a encore 10 ans.
05:17Et qui s'en retrouve aujourd'hui à ces débats qui ont été absolument grotesques.
05:21Le pauvre Raphaël Kultzman, on se demande ce qu'il est allé faire dans cette galère.
05:24Il n'est même pas sûr d'ailleurs d'en sortir vainqueur.
05:26Ils ont du mal d'ailleurs même à maîtriser l'organisation du vote.
05:29C'est vraiment triste de voir qu'un parti de gouvernement est tombé aussi bas.