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00:00ont le bac en poche, alors que notre note, PISA, je le rappelle, est en chute libre.
00:04De quoi soupçonner un diplôme peut-être bradé, Philippe ?
00:07Et on vous pose cette question.
00:1080% d'une classe d'âge au bac, est-ce une escroquerie ?
00:13C'était la promesse de Jean-Pierre Chevènement.
00:15Eh bien, vous allez voir que vous êtes d'accord avec moi,
00:17et moi je dis que c'est plus qu'une escroquerie,
00:20c'est la Madoff de ces 40 dernières années.
00:23D'ailleurs, aujourd'hui, on a 95% en série générale.
00:26On fait croire aux jeunes qu'ils ont un diplôme,
00:28mais leur diplôme, c'est de la fausse monnaie.
00:30Avec des réactions avec Antonin.
00:32Antonin, que disent nos auditeurs ?
00:34En effet, vous êtes à peu près tous d'accord avec Philippe,
00:36puisque vous répondez oui à 95%.
00:39Et vous êtes un peu dépité.
00:41On a Théo qui nous dit, on nous a vendu qu'on allait monter à 80%.
00:44La réalité, c'est qu'on a descendu le bac au niveau de 80% d'une classe d'âge.
00:49On a Pierre qui nous dit, seulement 10% pourraient avoir le bac des années 70.
00:54Tous les autres, non, sont trop incultes.
00:56Et Antonin qui nous dit, une escroquerie, non.
00:58Mais c'est simplement l'État qui s'adapte aux élèves.
01:00C'est peut-être triste, mais c'est la réalité.
01:02Allez, c'est le grand débat du jour.
01:06Patrick.
01:08Bon, évidemment.
01:09Alors, ce qu'avait dit Jean-Pierre Chevènement à l'époque,
01:12il ne voulait pas forcément avoir 80% de bacheliers.
01:16Il voulait avoir 80% d'une génération qui soit au niveau du bac.
01:21C'est-à-dire qu'il y ait des compétences, bac généraliste et bac technique.
01:28Il voulait qu'on aille vers ça.
01:30Donc, c'est vrai qu'on a tordu le bras à ça.
01:35C'est-à-dire que là, on l'a donné.
01:38On ne donnait pas forcément le bac.
01:40Et ensuite, on a baissé probablement un peu le niveau pour donner ce bac.
01:44C'est là où c'est véritablement le premier problème.
01:48Le deuxième, je pense que ça a été au détriment de beaucoup d'autres formations
01:53un peu plus techniques, un peu plus manuelles,
01:56qu'on ne va regretter aujourd'hui,
01:58au moment où on est en train de basculer dans l'intelligence artificielle.
02:02Et l'intelligence artificielle, pour l'école Blanc,
02:05elle va vous assaisonner.
02:07Alors qu'en revanche, les manuels, on va en avoir besoin de plus en plus.
02:11Mais est-ce qu'il ne faudrait pas décorréler le fait que les écoles soient bien notées
02:16parce que les élèves ont leur bac derrière ?
02:19C'est ça aussi le problème ?
02:20Vraiment, il me semble de manière très étonnante
02:24que personne n'a affronté cette problématique pourtant irréfutable
02:29que si on focalisait sur la quantité à moins d'un miracle,
02:33la qualité à l'aider.
02:35Voilà.
02:37Ça paraît, en tout cas, être un vœu assez noble.
02:41De démocratiser, quelque part, le diplôme.
02:43Parce que ça peut être identifié comme un progrès social.
02:47Dans les années 80, vous aviez moins d'un tiers
02:50d'une classe d'âge qui avait le baccalauréat.
02:53Aujourd'hui, on est à 90%.
02:54Tout ça est ridicule.
02:55On n'a pas démocratisé le diplôme.
02:58On n'a pas démocratisé le savoir.
02:59On l'a bradé.
03:01On l'a sacrifié.
03:02Et j'ai même envie de dire, quand moi, je vois le niveau,
03:05le niveau des jeunes gens qui viennent, notamment, nous, on a énormément d'apprentis, etc.
03:10C'est, on leur tend la main, on leur donne une chance.
03:13Mais le niveau, le niveau est faible.
03:15Le niveau est très, très faible.
03:17Leur manière de se présenter, leur manière de parler.
03:19Je ne vous parle même pas de la manière d'écrire.
03:22Et ils sont passés.
03:23Ils ont tous le bac.
03:24Ils ont parfois même pas de plus 2 ou bac plus 3.
03:27Donc, oui, démocratiser le diplôme, pour ma part,
03:29ce n'est pas quelque chose de...
03:31Ce n'est pas un sacrilège.
03:32Le sacrilège, c'est d'avoir sacrifié le savoir.
03:34C'est ça, le vrai choix.
03:35Mais il y a eu beaucoup de DRH qu'on avait eus dans ces émissions
03:38qui nous disaient, on fait fi de l'orthographe sur les...
03:42On ne s'arrête plus.
03:44On n'est dépassé par les dysfonctionnements,
03:47donc on décide de les administrer.
03:49Je veux dire, je me suis amusé à aller voir,
03:50le taux de réussite au bac cette année, c'est 95%.
03:54Série générale.
03:55L'année où je l'ai eue, on était à 63.
03:58Parce que vous n'étiez pas bon, Philippe David.
03:59Non, on était à 63%.
04:01Et je l'ai eue au premier tour, d'ailleurs.
04:02C'est vrai ?
04:02Mais ça vous prouve à quel point, aujourd'hui,
04:04on le donne à tout le monde.
04:05Mais ce qu'il y a de pire dans la fausse monnaie qu'on donne...
04:09Alors, Patrick, Philippe, je vais aller même plus loin.
04:11En 1950, 5,1% d'une génération tenait le bac.
04:15En 1970, 20,1%.
04:17En 2010, 65%.
04:19Et en 2026, 80%.
04:21C'est ça.
04:22Quand on prend tous les bacs...
04:23Par rapport à une classe d'âge, exactement.
04:25Non, mais il y a quand même une chose qu'il faut comprendre.
04:28C'est que quand on en parlait, notamment, Cécile,
04:30vous le rappeliez il y a quelques instants,
04:31aux personnes des RH qui font abstraction
04:34de l'orthographe dans les CV, les lettres de motivation.
04:36Mais il y a quand même une chose...
04:38Vous savez, j'aime bien l'humour soviétique.
04:40En URSS, les gens ne travaillaient pas.
04:42Ils disaient, ils font semblant de nous payer.
04:45On fait semblant de travailler.
04:46Vous allez voir ce qui va se passer.
04:47Ces jeunes, qui vont être hyper frustrés dans quelques années,
04:51on a fait semblant de les diplômer,
04:53et bien les patrons vont faire semblant de les embaucher.
04:55Mais Philippe, pourquoi vous parlez au futur ?
04:57Parlons au présent.
04:58Ce qui se passe aujourd'hui, c'est lié à ça.
05:03C'est-à-dire que beaucoup de jeunes vont vers le bac,
05:06vont avoir le bac, sont au lycée,
05:08mais se demandent ce qu'ils vont faire.
05:11Parce qu'ils ne voient pas de perspective.
05:12Et ça ne les intéresse pas, d'ailleurs, sur ce qu'ils font.
05:15Ils demandent des moyens, et ils ont raison.
05:17Parce qu'il y a des endroits où ils font un peu plus de moyens,
05:20et puis ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de profs qui ne soient pas remplacés.
05:22Mais enfin, vous voyez, il y a de moins en moins de candidats à être profs.
05:27Quand vous avez les conditions de travail,
05:30vous rentrez dans la classe, personne ne vous respecte.
05:33Bon, alors c'est difficile.
05:34Bon, mais en dehors de ça, aujourd'hui, la crise,
05:38c'est une crise existentielle de ces lycéens.
05:41Ils se disent, on me forme pour quoi ?
05:44Et qu'est-ce que je vais faire demain ?
05:46Et donc, c'est exactement comme tout à l'heure.
05:50Sachant qu'il y a plein de métiers qui vont disparaître.
05:52Oui, et je pense que ça renforce cette angoisse.
05:56et donc, du coup, ça accentue la colère avec ce qui se passe, bien sûr.
06:01Et puis, il y en a, ils n'en ont rien à faire.
06:03Ils sont dans les black blocs, ils sont dans les casseurs, ils ont envie de casser.
06:06C'est à supposer qu'il y ait un rapport au travail qui n'est pas dégradé.
06:10Non, mais certains ne sont pas complètement décalés par rapport à ça.
06:15Allez, c'est Bastien Ménard, juste après, je dis juste bonjour à Nicolas.
06:18Nicolas, bonjour, attendez. Bonjour Nicolas.
06:21Bonsoir à tous.
06:22Restez là, Nicolas, c'est à vous juste après.
06:25Moi, je vous trouve, Patrick Roger, très indulgent quand vous me parlez d'angoisse,
06:28quand vous nous parlez d'angoisse.
06:29Il y a aussi, quelque part, une espèce de démobilisation de la jeunesse.
06:34Vous avez des jeunes qui, ils ne sont même pas angoissés du tout, bien au contraire,
06:38ils s'en foutent.
06:39On est dans un pays où on peut tout critiquer, on peut tout casser.
06:43Ça veut dire que votre fils s'en fout ?
06:45Non, mais c'est une question.
06:46Je ne parle pas de mon fils, mais...
06:47Moi, je vous pose la question.
06:49Mais non, c'est parce que c'est un peu différent.
06:51Mais on voit, je vois autour de lui, et je ne vois pas qu'autour de lui, je vois tout
06:55court,
06:55des jeunes qui s'en foutent.
06:57Ils mangent bien, on mange bien en France.
06:59On peut se déplacer, on peut quand même se cultiver.
07:01On a son téléphone portable.
07:02Sur son téléphone portable, on a accès au monde entier.
07:05Enfin, ce n'est pas les mêmes angoisses que dans les années 60 ou 70.
07:08C'est vrai.
07:08Il faut rétablir le goût de l'effort.
07:10Il faut rétablir le courage.
07:12C'est ça le sujet.
07:13Je pense qu'il y a une triple jeunesse.
07:15C'est-à-dire qu'il y a cette jeunesse qui s'en fout, etc.
07:19C'est une majorité.
07:21Il y en a une autre qui est quand même beaucoup plus inquiète et qui se pose des questions.
07:25Et puis il y en a d'autres qui n'ont carrément rien à foutre.
07:28Et eux, ils ont envie de mettre le bazar, point à la ligne.
07:30On va poser la question à Nicolas qui est avec nous au 0826 300 300.
07:34Bonsoir Nicolas.
07:36Bonsoir.
07:36Bienvenue sur Sud Radio.
07:37On vous écoute.
07:38Qu'en pensez-vous ?
07:40Merci de vous donner la parole.
07:42Moi, ce que j'en pense, c'est pareil que de deux jeunesses.
07:44Je travaille actuellement depuis une trentaine d'années avec des ados et des jeunes adultes.
07:48Il y a ceux, au contraire, qui vont se soucier de leur avenir, de leurs études, de leurs professions,
07:53quelles que soient les études vers lesquelles ils vont aller.
07:55Que ce soit quelque chose d'assez court, un mat pro, même un CAP, etc.
08:00Et puis, effectivement, il y a ceux qui n'ont strictement rien à faire.
08:05Pourquoi ?
08:06Tout simplement parce que ça fait déjà bien longtemps que les parents ne leur ont pas beauté les fesses.
08:10et que, tout simplement, ils savent très bien que le système est fait,
08:14que pour, voilà, si on a un loser, il n'y a pas de problème,
08:16on sera de toute façon pris en charge et on sera tranquille.
08:19Voilà.
08:20Donc, pour moi, il y a vraiment deux catégories de jeunes actuellement.
08:23Mais sachez quand même que, quelle que soit l'origine sociale des jeunes,
08:28qu'elles soient aisées ou non, qu'elles soient dans le public ou dans le privé,
08:31la grande majorité, et l'agent, j'appuie là-dessus, est soucieux de son avenir.
08:37Alors, envie d'avancer, etc.
08:40Je n'évoque pas, là, le niveau scolaire, je n'évoque pas la culture générale.
08:43Je parle vraiment de le souci de réussir.
08:45Et je le vois parce que, même si le bac est donné, on le sait tous.
08:50Je n'aime pas dire ça parce qu'il y a quand même un examen derrière.
08:53On va dire que le niveau est moindre que ce qu'il a été.
08:57Disons qu'ils ont quand même cette envie de réussir
09:00et cette envie de poursuivre, pas un rêve, mais on va dire un projet.
09:05Un projet d'études.
09:09C'est vrai, aujourd'hui, c'est difficile de s'enthousiasmer, pour certains,
09:14pour leur avenir, Nicolas.
09:18Parce que nous les mettons dans une situation aussi un peu d'angoisse.
09:22En leur disant que rien ne va, il y a l'écho-anxiété,
09:25la planète va sombrer, il n'y aura pas de boulot, etc.
09:31Non ? Vous ne trouvez pas, Nicolas ?
09:34Alors, non.
09:37Ça, ça ne montre pas du tout.
09:40Il faudra penser que les jeunes sont anxieux par rapport à ça.
09:43Enfin, selon moi, en tout cas.
09:45Nous, quand on a été plus jeunes, il y avait la guerre froide.
09:47C'est vrai.
09:48Il y avait des sacrés conflits.
09:51Je me souviens, des années 70, les problèmes entre l'Iran et les Etats-Unis.
09:56Il y a quand même des choses, même dans le quotidien, qui n'étaient pas...
09:58La guerre du Vietnam, la guerre froide dans les années 70.
10:02Voilà, il y a eu quand même beaucoup de choses.
10:04Mais même après, ça a continué.
10:07Après, début des années 2000, il y a eu l'attentat du 11 septembre, etc.
10:11Donc, il y a toujours eu un climat anxiogène, quelque part.
10:15Ça n'a pas empêché que ces générations-là d'étudiants ou d'lycéens
10:18soient pris par la main ou avancés, etc.
10:21Pour moi, vraiment, le fond du problème, il est parental.
10:26Il est dans l'éducation des parents.
10:28Ces parents avaient cadré depuis le départ, depuis qu'ils sont gamins.
10:32C'est quelques mois.
10:34Attention, je ne parle pas de gamins à douleur.
10:36Quand on voit des gamins qui font des caprices...
10:39J'habite en face de trois écoles, donc je le sais très bien.
10:41Je le vois tous les jours depuis 20 ans.
10:42Des gamins qui font des caprices, qui ne veulent pas rentrer à l'école le matin.
10:45Les parents qui prennent dans les bras.
10:46Mon petit chéri, ça va bien se passer, tatata.
10:49Excusez-moi, je n'ai jamais vu ça.
10:52Déjà, dans ma génération, je n'ai jamais entendu un parent
10:54appeler « Oh mon chéri, oh mon amour ».
10:56Ça ne l'existait pas.
10:57C'est sûr, on avait un surnom super sympa quand tout allait bien.
11:00Là, si on nous appelait par votre prénom,
11:02et là, on savait que ça allait mal soin, t'as fait, quoi.
11:04Vous voyez ?
11:04Donc, à partir du moment où les parents seront moins faibles,
11:10seront plus présents et plus vindicatifs,
11:14et donneront vraiment un cadre à leurs gamins,
11:17il n'y a pas besoin d'être riches ou d'être pauvres.
11:20Il suffit juste de vouloir.
11:21De vouloir que les gamins réussissent
11:23et soient appliqués dans la société
11:25par rapport à ce que nous, on va mettre en place pour eux.
11:27Il faudrait une école des parents.
11:30Ah ben, c'est pas bête, ça dit.
11:32Ça existe.
11:33Je pense que, dans ce que dit Nicolas, c'est très juste,
11:38mais combien de parents eux-mêmes sont gangrenés
11:42par le délitement des valeurs ?
11:45Mais vous savez, Philippe, moi je suis sûre que,
11:48parce qu'on a déjà entendu ça,
11:49je pense qu'il y a plein de gens qui se disent
11:51« J'aimerais bien être accompagnés,
11:53parce que c'est pas facile d'être parent quand même. »
11:56À une certaine époque, on parlait des aventuriers du monde de Terre.
12:01Et surtout dans cette société aujourd'hui qui s'accélère,
12:04ça ne doit pas être évident de trouver sa place
12:07et de trouver la place vis-à-vis de ses enfants.
12:10Je pense que, Philippe Bilger,
12:11vous feriez un extraordinaire proviseur.
12:13Vous voyez ?
12:14Ça vous irait bien.
12:15Non, mais dans cette école des parents.
12:16Oui, mais déjà, j'aurais assez à faire avec mes six enfants.
12:22S'ils étaient plus petits.
12:25Bon, en tout cas, c'est passionnant.
12:27Merci Nicolas.
12:28Vous pouvez continuer de réagir au 0826 300 300.
12:32Est-ce que quand vous voyez ces images,
12:34une nouvelle fois aujourd'hui, du côté de la Bastille,
12:37les barricades, les violences, vous êtes choqués ?
12:40Ou alors est-ce que vous soutenez ces lycéens pour leurs revendications ?
12:44Que pensez-vous de Parcoursup ?
12:46Est-ce qu'il faut supprimer, réformer,
12:48passer à autre chose, un grand tirage au sort ?
12:510826 300 300.
12:52Et puis, ce que vous venez de dire.
12:54Absolument.
12:55Est-ce qu'il faut arrêter d'éduquer les lycéens, les enfants ?
13:00Mais éduquer les parents.
13:03Et dernière chose, est-ce que l'espace vous passionne ?
13:06C'est intéressant aussi.
13:080826 300 300.
13:09On revient dans un instant avec les cartes blanches.
13:12Les vraies voix Sud Radio.