- il y a 14 heures
Le Secrétaire général de la CGT précise : "La mobilisation du 8 octobre est surtout pour la hausse des salaires et les pensions des retraités […] Dans cette mobilisation, les jeunes sont présents à partir de leurs revendications". William Martinet, secrétaire national de l’UNEF, confirme "on a travaillé ensemble" pour l’appel, "Nous avons besoin de financements publics pour l’enseignement supérieur, nous avons besoin de défendre les droits des jeunes sur le marché du travail". Réalisation : Abrahim Saravaki
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00:08Marc Goblet, tout à l'heure, nous a présenté son calendrier de mobilisation octobre, novembre,
00:14décembre et la suite. Ça ne marche pas, ça ne suffit pas. Il y a une journée qui est prévue
00:19le
00:208 octobre. Je crois d'ailleurs que aussi bien la CGT que l'UNEF y participe. Alors quels sont
00:26les objectifs de cette journée ? Qu'est-ce que vous voulez obtenir et quel sens en fait
00:31de cette journée ? Peut-être Philippe pour commencer. Je ne veux pas parler à la place
00:36de William. La première chose c'est que je pense qu'on peut se féliciter que cette journée
00:44existe, donc le 8 octobre, et que les organisations de jeunesse soient présentes. Et là aussi
00:51j'insiste, elles sont présentes à partir de leurs revendications. On a tendance aussi
00:58de temps en temps, pas beaucoup, mais de temps en temps à la CGT, à expliquer aux jeunes
01:06qu'est-ce qui est bien pour eux, pas que les étudiants d'ailleurs, je te rassure William,
01:12les nouveaux syndiqués dans nos syndicats, assis-toi, on va t'expliquer. Je pense qu'il y a besoin
01:19que cette conception de convergence, de rassemblement intergénérationnel avec d'autres organisations,
01:26notamment les organisations de jeunesse, c'est aussi leur permettre, en tout cas leur
01:31permettre de laisser exprimer leurs revendications, c'est les leurs, et c'est comme ça qu'on
01:38fait le rassemblement. Alors le 8 octobre, on est sur cette volonté, premièrement, de réaffirmer
01:46réaffirmer, de réaffirmer qu'il n'existe aucune conquête sociale sans mobilisation.
01:53On veut nous persuader qu'on pourrait, avec des bons arguments, convaincre un ministre
02:00ou un patron. Là aussi, l'histoire de notre pays montre que sans mobilisation, il n'y a
02:07pas de satisfaction des revendications. D'ailleurs, vous avez noté, quand nous on annonce une journée
02:13d'action, on est des ringards. Quand d'autres viennent à Paris avec des tracteurs, c'est
02:20moderne, ils ont raison, etc. Une action, ça reste une action. Et évidemment, pour des
02:27conquêtes, il faut agir. Je pense qu'il y a besoin de ne pas lâcher ce que je disais
02:35tout à l'heure. Évidemment, on est contre l'austérité. Évidemment, on est contre
02:40la loi Macron. On est contre la loi Refsamen. On est contre le changement du code du travail.
02:47On est contre. Mais comme je le dis souvent, on ne peut pas se contenter de dire aux salariés
02:54que ça va mal. Pour deux raisons. Parce que premièrement, ils le savent très bien
02:58que ça ne va pas bien. Ils le savent bien que ça ne va pas. Mais deuxièmement, si on
03:05ne fait que ça, ça renforce l'idée qu'on ne peut pas faire autre chose. Y compris, ça
03:11renforce, et je le dis très sérieusement, des idées populistes et racistes comme le porte
03:19le Front National. C'est d'ailleurs que quand on considère qu'on ne peut pas faire
03:24autrement, eh bien, on désigne d'autres comme responsables de la crise. Et vous savez
03:29très bien, et c'est aussi par rapport aux réfugiés, une importante chose à faire
03:36à la CGT, c'est que le racisme, il ne faut pas en parler entre deux portes entre nous.
03:41Il faut que ce débat contre le racisme, on en parle dans les réunions syndicales et
03:47avec les salariés. Donc, dire qu'on les compte, c'est bien. C'est pas le plus dur.
03:54Donc, le 8 octobre, on portera les salaires. Il faut augmenter les salaires. C'est pas
04:00normal que depuis cinq ans, les fonctionnaires voient leur point d'indice bloqué. C'est
04:06pas normal. D'ailleurs, il faut en profiter, y compris pour dire arrêtez de montrer les
04:11fonctionnaires comme les responsables de tous nos maux. Ça aussi, c'est une autre forme
04:16de racisme. C'est une autre forme de racisme. Comment on peut accepter que le gouvernement,
04:24au nom de la neutralité de la Cour des Comptes, accepte sans commentaire ce que vient de déclarer
04:31la Cour des Comptes ? Il y a trop de fonctionnaires, ils sont trop payés, ils ont trop de primes.
04:36C'est scandaleux que le gouvernement ne réagisse pas pour défendre le service public et ceux
04:42qui y travaillent. Donc, augmenter les salaires, les pensions pour les retraités. Et d'ailleurs,
04:48je précise que... J'ai d'une bêtise les retraités. D'ailleurs, on parle du 23 et du 8 octobre,
04:59mais le 1er octobre, il y a une mobilisation des retraités parce qu'eux aussi, eux aussi
05:06subissent une forme de racisme en disant qu'ils sont tous payés je ne sais combien, ils sont
05:12toujours en vacances, ils voyagent à l'autre bout du monde. Vous voyez, cette politique
05:17qui consiste à toujours montrer un autre comme responsable du malheur de l'autre, il faut
05:23que ça cesse. Et donc, c'est ça l'objectif de la journée du 8 octobre. Les salaires, le
05:28temps de travail, c'est important, j'en ai déjà parlé. Comment on conçoit le 8 octobre ? Évidemment,
05:36on a une journée de mobilisation. Unité d'un certain nombre d'organisations syndicales.
05:42Il y en a une qui râle beaucoup, mais quand on lui propose d'agir, ils réfléchissent,
05:50ils attendent des réponses du gouvernement. Là aussi, il faut que dans les entreprises,
05:56on discute avec les militants, on n'est pas content, on veut faire autre chose, ben allons-y.
06:00Il y a une autre organisation syndicale, qui depuis quelques temps, depuis assez longtemps
06:07maintenant, notamment depuis que Hollande est élu, est quand même un relais un peu trop
06:12important des décisions du gouvernement. Là aussi, je sais que dans leur rang, ça conteste,
06:17ça râle. On veut rassembler. Par contre, dès maintenant, il faut qu'on réfléchisse.
06:22Alors, on a une autre forme d'organisation des luttes qu'en Belgique. Les modalités
06:29de grève ne sont pas les mêmes. Tu l'as dit, le service minimum, il faut se battre pour
06:35qu'il n'y arrive pas. Mais d'ores et déjà, il faut qu'on réfléchisse à l'après
06:388 octobre. Mais vous savez très bien comment ça se passe. Si on ne pose pas la question
06:43aux salariés, si on décide, même aussi nombreux qu'on est dans ce forum social, on a fait
06:50un tout petit bout du boulot. On sera dans la manif ou en grève, ce qu'on est au forum
06:55social. Donc il faut poser la question aux salariés. Nous, ce qu'on veut dire, c'est
06:59que la CGT, elle est disponible et qu'il y a besoin de mobilisation le 8 octobre et au
07:05-delà du 8 octobre. Et dernière chose, c'est bien, au forum social, on a pris une tradition
07:13de mettre en avant les luttes et les luttes gagnantes. Par les défraux libres, par
07:17exemple, je trouve que, vous ne me connaissez peut-être pas tous, mais je suis un peu provocateur,
07:28c'est que tant qu'on n'aura pas changé la société, et est-ce que c'est forcément
07:34l'objectif, toujours premier du syndicat, en tout cas, tant qu'on n'aura pas changé
07:37la société, on considère qu'il y a des petites luttes. Est-ce que vous pensez que la lutte
07:43des fras libres, c'est une petite lutte et c'est une petite victoire ? Moi, je suis
07:48convaincu du contraire. Et donc il faut que partout où on lutte et on gagne, on le
07:53fasse savoir. Sinon, comment on peut convaincre les salariés que seul avec la mobilisation,
07:59on peut obtenir des succès ? Là aussi, le 8 octobre, il faut que ça se construise aussi
08:04avec des luttes. Il y a des luttes dans les entreprises, elles sont dures, 1336 jours, les
08:11camarades qui nous ont précédés, 5 mois de lutte, mais ce sont des salariés qui agissent
08:16pour la défense de l'emploi, pour obtenir des embauches, pour obtenir des augmentations
08:21de salaires. Donc les luttes confédérées, les journées de mobilisation, elles ne peuvent
08:26s'appuyer que des luttes dans les entreprises et des luttes qu'on fait connaître. L'appétit
08:32vient en mangeant. Quand on gagne, on a encore envie de gagner plus.
08:36William, un mot sur 8 octobre.
08:40Alors la première chose sur cette date du 8 octobre, donc évidemment l'UNEF et aussi
08:45l'UML, le syndicat lycéen, seront à vos côtés pour manifester. Donc ce n'est pas la
08:50première fois évidemment qu'on se retrouve aux côtés de la CGT pour manifester. Mais
08:54par contre, là où c'est, je ne sais pas la première fois, mais en tout cas ça faisait
08:57longtemps que ce n'était pas arrivé, on a travaillé ensemble avant les revendications
09:02pour appeler ensemble la manifestation. Et ça je sais que la CGT n'est pas pour rien
09:06si on a été invité à cette intersyndicale et si on a pu travailler là-dessus. Et ça,
09:10ça me semble extrêmement important. Parce que tu le disais tout à l'heure Philippe,
09:13on peut parler des jeunes, dire que les jeunes c'est extrêmement important, mais si on a
09:17envie qu'ils se mobilisent, il faut les écouter et il faut porter des revendications qui
09:21parlent à leur quotidien, qui permettent de le faire descendre dans l'arbre. Donc, je disais
09:25l'UNEP, elle participe à cette mobilisation du 8 octobre. Évidemment, on se reconnaît
09:30dans les mots d'ordre. Le refus de l'austérité, le refus de la classe du droit du travail,
09:35parce que c'est deux sujets qui nous concernent directement en tant qu'étudiants, en tant
09:39que jeunes diplômés qui cherchent du travail. Cette question de l'austérité, le principal
09:44impact qu'elle a dans l'enseignement supérieur, dans les universités, c'est les difficultés
09:50d'inscription à l'université. Vous le savez peut-être, mais il y a une vague démographique
09:54en ce moment. Il y a plus de 50 000 bacheliers chaque année qui demandent à s'inscrire
09:58dans l'enseignement supérieur, alors qu'en face, dans les universités, parce que politique
10:02d'austérité, c'est le contraire. On a un budget qui diminue, 100 millions d'euros
10:06en moins cette année, et donc moins de place dans les premières années universitaires
10:11pour accueillir ces bacheliers. Donc, la conjonction de plus en plus de demandes d'inscription,
10:15de moins en moins de place à cause de l'austérité, évidemment, ça crée un embouteillage
10:19et ça fait que le droit aux études, qui normalement est garanti à tous les bacheliers
10:23dans le code de l'éducation, ce droit aux études, où peuvent profiter notamment les
10:28jeunes des catégories populaires pour prendre l'ascenseur social, pour avoir un diplôme
10:32de l'enseignement supérieur, et bien ce n'est plus une réalité. Nous, on le constate
10:36très concrètement à l'UNEF, depuis le mois de juillet, depuis le mois où commencent
10:40les inscriptions dans l'enseignement supérieur, on a lancé une campagne de soutien
10:45aux bacheliers qui s'appelle SOS Inscription, pour que tous les bacheliers qui ont des difficultés
10:49à s'inscrire nous contactent. Et donc, on s'est retrouvés avec plusieurs milliers
10:53de cas de bacheliers qui, soit n'arrivent pas à s'inscrire à l'université, soit très
10:57loin de chez eux, soit dans des formations qui ne correspondent absolument pas à leur projet
11:01d'études. Et ça, évidemment, c'est grave. Il faut le voir, ces bacheliers, quand ils
11:06nous appellent, quand on discute avec eux un par un, c'est des projets d'études, des
11:11projets de vie, parfois des avenirs, qui sont brisés. Des jeunes qui se disent, bon,
11:15moi, voilà le secteur dans lequel je vais étudier. J'ai envie de faire ingénieur, j'ai
11:19envie de faire médecin, j'ai envie de prendre l'ascenseur social par rapport à mes parents.
11:24D'ailleurs, je suis premier dans ma famille à faire des études dans l'enseignement
11:27supérieur. Et là, paf, le coup près tombe. Maintenant, ces bacheliers, ils n'ont pas
11:31que place à l'université, ils ne peuvent pas faire d'études, ils ne savent pas comment
11:34réagir, ils ne savent pas quoi faire. Donc, évidemment, là, on a un sujet central.
11:38Il y a besoin de moyens, il y a besoin de financement de notre service public d'enseignement
11:42supérieur pour pouvoir faire respecter ce droit aux études. Et donc, non seulement
11:46que tous ces bacheliers puissent s'inscrire à l'université pour faire des études, mais
11:50aussi qu'ils aient un encadrement qui soit satisfaisant, une pédagogie qui les fasse
11:55réussir et à la fin, un diplôme de qualité qu'ils pourront faire reconnaître sur le
11:59marché du travail. Donc, cette lutte contre l'austérité, évidemment, pour nous, comme
12:02pour tous les salariés dans ce pays, elle a un sens et c'est un combat dans lequel on
12:07est investi. Et c'est le deuxième sujet, se battre pour défendre le code du travail,
12:11parce que finalement, toutes les problématiques de précarisation, de recul des droits qui
12:16se posent aux salariés, je le disais tout à l'heure, les jeunes, ils sont en première
12:20ligne de ça. Dans la dernière loi Macron, quand on a eu, par exemple, la possibilité
12:25de renouveler une fois supplémentaire un CDI, donc jusqu'à trois CDI en tout d'affilé,
12:31qui est-ce qui font des CDI dans ce pays ? Au deux tiers, ce sont des jeunes, ce sont
12:34des
12:34moins de 25 ans qui font des CDI, et donc c'est eux qui vont se le prendre des CDI,
12:38pardon, notamment, le contrat précaire. Donc c'est les jeunes qui se prêtent ça en
12:42pleine figure. Pareil pour le plafonnement des indemnités prud'homales. Bon, heureusement
12:46que ça a été éjecté par le Conseil constitutionnel, mais le plafonnement de ces indemnités
12:51prud'homales, ça aurait créé un vrai droit au licenciement abusif. Je licencie sans
12:55motif, je vais au prud'homme, mais de toute façon, je sais combien ça va coûter à la fin,
12:59ce ne sera pas très cher, et donc c'est un droit au licenciement abusif. Et là aussi,
13:02les jeunes auraient été les premiers à subir. Donc il y a une opposition de notre
13:06part à ça, on a besoin au contraire de défendre les droits des jeunes sur le marché
13:10du travail. Mais comme tu le disais, Philippe, sur tous ces sujets, que ce soit le refus
13:15de l'austérité, le refus de la casse du droit du travail, évidemment il faut contester
13:20tout ça, mais si on a envie de mettre en mouvement, et nous, de notre côté, les jeunes
13:25et les étudiants, on sait qu'on a besoin de porter une alternative à tout ça. D'expliquer
13:29que non seulement on refuse le recul de nos droits, mais de porter aussi des revendications,
13:35un projet de société qui, au contraire, pourra améliorer notre situation. Et ça, que ce
13:39soit dans l'université, mais aussi sur le marché du travail, c'est extrêmement important
13:43pour les jeunes. Parce que certes, on ne veut pas de nouveau recul de nos droits, mais on
13:47peut aussi discuter des droits que les jeunes sur le marché du travail, ils n'ont jamais
13:51eu. On peut parler des minimas sociaux. Les minimas sociaux, ils ne sont pas ouverts
13:55aux jeunes de moins de 25 ans. Quand vous n'avez pas d'emploi, que vous ne touchez pas
13:59le chômage, que vous n'avez aucune ressource, vous avez moins de 25 ans, mais vous pouvez
14:02crever la gueule ouverte. On s'en fiche, la société, on n'a rien à faire. Et donc
14:06évidemment, ça, il faut le faire bouger. Je parlais de droit au chômage, c'est la même
14:11chose. La façon dont fonctionne actuellement notre système d'indemnité chômage, il n'est
14:15pas pensé pour les nouveaux entrants sur le marché du travail. Vous êtes un jeune, diplômé
14:20ou non, d'ailleurs. Vous avez tout un parcours de précarité quand vous arrivez dans l'entreprise.
14:24Vous faites un coût en CVD, un coût de l'intérim, un coût en stage qui n'est pas rémunéré.
14:30Et bien, entre toutes ces périodes d'emploi précaires, vous n'avez pas suffisamment cotisé,
14:35donc vous ne touchez pas le droit au chômage. Et en plus, vous ne touchez pas non plus le
14:38RSA. Donc sur tous ces éléments-là, il y a des lignes en positif à faire bouger pour
14:43qu'on arrive à penser une société qui respecte les droits de tout le monde, de tous les salariés,
14:48de tous les jeunes et qui, notamment, respecte le droit à l'autonomie des étudiants et
14:53des jeunes. Et c'est évidemment un sujet sur lequel il faut qu'on porte en positif
14:57des revendications. Et je crois que c'est ça qui permettra, je l'espère, de faire non
15:01seulement le succès du 8 octobre, mais surtout de continuer les mobilisations derrière.
15:05Nous, dans notre calendrier de l'enseignement supérieur, on a déjà une date de mobilisation.
15:09C'est le 16 octobre qui arrive après, avec l'intersyndicale de l'enseignement supérieur
15:14et un collectif qui s'appelle Science en Marche, où on se mobilise tous ensemble
15:18pour le financement de notre service public. Enfin bref, je suis sûr qu'il y a des dates
15:21qui arriveront derrière et que cette mobilisation, elle doit prendre de l'entre-leur.
15:25Parce que là aussi, comme tu le disais, Philippe, c'est le rapport de force qui nous permettra
15:29de faire bouger les lignes et qui nous permettra de gagner des droits.
15:34Merci.