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  • il y a 1 semaine
A quelques heures de la conférence de presse de rentrée de la CGT qui se tenait ce mardi 29 aout, l'organisation syndicale vient d'être conviée, jeudi à Matignon à la réunion multilatérale avec l'ensemble des syndicats qu'elle réclamait depuis le mois de juillet. Un signe de fébrilité de la part du gouvernement qui semble prendre la mesure de la mobilisation qui se prépare le 12 septembre, selon Philippe Martinez. Rencontre avec le secrétaire général de la CGT qui détaille les enjeux de de la bataille contre la reforme du code du travail.

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00:02A quelques heures de la conférence de presse de rentrée de la CGT, qui se tenait ce mardi 29 août,
00:08l'organisation syndicale vient d'être conviée à Matignon, jeudi, à la réunion multilatérale avec l'ensemble des syndicats qu
00:15'elle réclamait depuis le mois de juillet.
00:17Il était temps, puisque la CGT le demande depuis le début, et ça va nous permettre d'être les organisations
00:24syndicales de salariés et les organisations patronales
00:26dans la même salle, face au gouvernement, et d'entendre la même chose.
00:30Ce qui n'est pas le cas depuis le début, puisque nous avons été reçus les uns après les autres.
00:35Quand on entend la même chose, ça évite les oppositions, ou en tout cas, de modifier son propos en fonction
00:42des interlocuteurs qui sont présents,
00:44même si j'ai cru comprendre que le MEDEF, pour l'instant, était entièrement satisfait des propositions du gouvernement.
00:49Mais effectivement, à quelques heures de la publication des ordonnances, je sais que les services du ministère sont efficaces,
00:58mais je ne pense pas qu'ils soient en mesure de prendre en compte les propositions ou les remarques des
01:07organisations syndicales
01:08avant de les commenter devant les médias.
01:10J'avais dit au président de la République, soyez humbles, il faut écouter les préoccupations des Français.
01:16Donc, ce mécontentement, il existe, très peu de temps après l'élection du président, la cote de popularité est faible.
01:25Et donc, c'est à nous de travailler, à nous d'expliquer, là où on est présent, là où on
01:29n'est pas présent,
01:30il y a beaucoup d'endroits où les salariés se plaignent, où les travailleurs se plaignent de ne pas voir
01:34de syndicats.
01:35Il faut qu'on démultiplie nos efforts. Nous, on a beaucoup de boulot devant nous.
01:39Quand on explique que Smart, tout le monde a en mémoire Smart, qu'au moment de Smart, il y a
01:46eu un référendum à l'initiative de l'employeur
01:48qui n'était pas valable légalement. Ce qui tenait les salariés, c'était leur contrat de travail.
01:53Donc, ceux qui ont accepté l'accord d'entreprise ont d'abord signé un avenant à leur contrat de travail.
01:59Ceux qui refusaient n'ont pas signé d'avenant et pour eux, rien n'a changé.
02:04Demain, ceux qui... Il n'y aura pas besoin de signer d'avenant, puisque c'est l'accord qui fera
02:08le contrat.
02:10Soit vous vous acceptez, soit vous refusez, vous êtes licenciés.
02:13Ça, ils comprennent très bien les salariés. Remise en cause des congés maternités.
02:18C'est-à-dire que tout le monde... Aujourd'hui, c'est la loi qui définit le nombre de semaines
02:24de congés maternités.
02:25Demain, ça sera un accord d'entreprise. Vous croyez que les salariés, hommes ou femmes, ne comprennent pas ça ?
02:31D'avoir changé le périmètre de calcul de la bonne santé d'une entreprise.
02:37Les molex, ils s'en rappellent, eux.
02:39S'ils sont encore en procédure aujourd'hui vis-à-vis d'une entreprise américaine, très loin de chez nous,
02:46c'est parce que la loi leur permet de dire, on est dans un groupe, il faut aller vérifier la
02:50bonne santé de ce groupe.
02:52Quatre ans et demi après, ils sont encore en procédure et ils demandent encore de l'argent.
02:56Demain, c'est fini.
02:57Et il n'y aura pas besoin d'aller aux Etats-Unis, dans des pays voisins, où parfois, il paraît
03:03que certains cachent de l'argent.
03:05Il y a beaucoup de holdings ou de maisons-mères qui s'installent dans des pays limitrophes.
03:10Je ne cite personne.
03:12Plus moyen d'aller voir si, en fait, ce n'est pas un jeu d'écriture qui a mis la
03:17filiale en route.
03:17Ils comprennent très bien les salariés.
03:18Et je peux vous citer des exemples, la prime de précarité, les précaires, ils savent ce que c'est parce
03:24que ça fait un tout petit peu de bord dans les épinards.
03:27Donc il faut qu'on soit très concret parce que cette loi, elle a des conséquences très concrètes.
03:30Vous avez demandé que le 12 était la première étape, mais que ça ne suffirait pas parce qu'il faudra,
03:35derrière le 12, même si on est très nombreux, tout le monde ne sera pas là.
03:38Donc il faudra en convaincre d'autres.
03:40Et on sait bien que pour que le gouvernement, le président de la République, qui parfois est un peu hors
03:46sol, qui considère que les Français sont des imbéciles parce qu'ils ne comprennent pas ou ils ne veulent pas
03:50les réformes,
03:51il faudra encore plus de monde pour, eux, les convaincre que cette réforme, il faut la retirer.
03:57J'en ai croisé beaucoup qui me disent « On est avec vous, mais vous savez, si nous, on se
04:00met en grève, on ne trouve plus de boulot ».
04:02Donc il y a plein de formes d'actions possibles. Et parfois, il y a des salariés qui prennent une
04:08RTT parce qu'ils ne veulent pas remettre en cause, ils ne veulent pas être licenciés, il faut être parlé.
04:12Mais ils viennent à la manif. J'ai même des salariés qui me disent « On met un chapeau pour
04:17éviter les photos, etc. ».
04:19Donc vous voyez que ce qui compte, c'est que beaucoup de monde soit dans l'action, signer des pétitions,
04:25venir à des assemblées générales et puis venir dans les manifestations, c'est ça qui compte.
04:30Ceci dit, l'histoire montre que toute reconquête sociale est passée par un rapport de force et que ce qui
04:36fait vraiment peur aux patrons, c'est que leurs salariés ne travaillent plus.
04:40Exactement. C'est pour ça que ce 12 septembre, on dit que c'est une journée pas que de manifestation,
04:46une journée d'action.
04:47D'abord dans vos entreprises parce que des sujets de préoccupation, il y en a dans les entreprises qui peuvent
04:52se traduire après dans une loi.
04:55Mais les préoccupations, c'est d'abord l'entreprise. Donc il faut agir au plus près de son lieu de
05:00travail, dans son lieu de travail, pour que justement, ça soit très concret ce qu'on réclame et pas uniquement
05:06ce qu'on combat.
05:07Est-ce que vous allez venir à la fête de l'humanité ? Et est-ce que vous pensez que
05:10c'est un bon lieu pour faire de la pédagogie justement avec des exemples très concrets comme vous venez de
05:14le faire ?
05:15Il y a tous les ans, il y a à la fête de l'humanité le forum social où il
05:20y a de multiples débats sur beaucoup de sujets.
05:24Évidemment, la loi travail sera un des sujets abordés et je serai présent deux jours et demi à la fête
05:32de l'Huma parce que c'est un endroit où on peut débattre librement.
05:35C'est un endroit où on rencontre beaucoup de militants de la CGT. Ça permet justement de voir où on
05:40en est, d'avoir l'appréciation du 12 septembre, ce que ce sera quelques jours après.
05:44Et puis de travailler à la construction de la future initiative et journée de mobilisation.

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