00:00Et nous poursuivons notre édition spéciale à la veille de la mobilisation, l'acte 4 de la mobilisation lycéenne.
00:07Et après la locution ce soir du Premier ministre, beaucoup de réactions politiques, dont celle de Marion Maréchal.
00:13Rebonsoir, président du mouvement Identité, Liberté et Eurodéputé.
00:17Marion Maréchal, le Premier ministre fait face à de multiples crises, la France aussi, colère lycéenne, crise du pouvoir d
00:23'achat, mur de la dette.
00:25Est-ce que sa réponse ce soir, un temps soit peu, est-elle à hauteur des enjeux ? Est-ce
00:29qu'elle a apporté des éléments de réponse à l'une de ces crises ?
00:35Il remet au goût du jour une question centrale. Faut-il parler pour ne rien dire lorsque l'on est
00:40Premier ministre ?
00:41Parce que de fait, on est dans un pays qui est à feu et à sang depuis une semaine.
00:45Et face à cette crise, on a un ministre qui nous parle de plateformes d'échange, de numéros verts,
00:52de mettre fin hier à l'usage notamment des grenades de désencerclement pour la police,
00:57parce qu'il ne faudrait pas que les forces de l'ordre puissent se protéger éventuellement d'une charge violente.
01:00Donc moi, je vais vous dire, je suis extrêmement déçu.
01:02J'aurais attendu du Premier ministre un discours de vérité à l'égard des lycéens,
01:06d'aller dire à tous ces apprentis, députés et les filles, qu'on voit sur tous les plateaux,
01:10qui sont en fait les représentants syndicalistes d'extrême gauche,
01:13qu'en fait, on n'a jamais mis autant d'argent dans l'éducation nationale,
01:16que sous Emmanuel Macron, c'est plus de 12 milliards d'euros consacrés à l'éducation nationale,
01:20que les budgets aujourd'hui de l'Île-de-France pour la rénovation et l'entretien des lycées n'a
01:24fait là encore qu'augmenter,
01:25que la Seine-Saint-Denis, qui est au cœur de ces violences, a été prioritaire de tous ces plans,
01:30que 56 des 61 lycées de Seine-Saint-Denis ont des programmes de rénovation,
01:36notamment le fameux lycée Paul-et-Loire qui fait beaucoup parler de lui pour les violences, 43 millions d'euros.
01:40Donc je pense qu'un vrai discours de vérité serait de leur dire, arrêtez de dire que la France n
01:45'investit pas dans l'éducation,
01:46arrêtez de parler de racisme d'État, de soi-disant mise au banc d'une partie de cette jeunesse française,
01:52parce que ça n'est pas vrai.
01:53Il aurait mieux valu leur dire qu'aujourd'hui, la situation de la France financière
01:58et la situation économique à venir doit les conduire à retourner à l'école,
02:02et que la vraie question aujourd'hui centrale de l'école, c'est celle de la question du respect de
02:06l'autorité dans les classes,
02:07c'est celle de la question de la sélection que l'on se refuse à faire au collège,
02:10puis à la fin du lycée et à l'entrée de l'université,
02:13c'est celle des méthodes aujourd'hui pédagogiques qui sont employées,
02:16puisque celle actuellement manifestement ne fonctionne plus vu notre classement PISA.
02:19Et ça, ça aurait été, vous voyez, un discours de vérité, un discours constructif,
02:23qui aurait rendu servi, me semble-t-il, à notre jeunesse,
02:25plutôt que de les enfermer dans ce discours et cette posture victimaire.
02:28Ça aurait été un discours de vérité de votre point de vue, Marion Marchal,
02:32mais reconnaissez que remettre de l'autorité à l'école, comme vous le dites et vous le souhaitez,
02:38ça met du temps. S'il fallait une réponse ce soir pour arrêter malgré toi un mouvement
02:43qui est en train d'épuiser les forces de l'ordre, et puis comme vous l'avez vu,
02:49comme on l'a tous vu avec son cortège parfois de violences, y compris chez les lycéens,
02:54qu'aurait-il fallu dire, qu'aurait-il fallu faire avec, comme vous le dites,
02:56une situation financière aussi intenable que la nôtre ?
03:03Mais pourquoi voulez-vous que ce mouvement s'arrête à partir du moment
03:05où le Premier ministre lui-même accompagne ce récit victimaire ?
03:08C'est-à-dire qu'il annonce dans le prochain budget qu'on va encore augmenter d'un milliard d
03:11'euros,
03:12sans poser la question de la façon dont ces moyens précisément sont attribués.
03:15Vous savez que dans le 93, il y a des budgets ces dernières années qui ont été débloqués
03:19pour augmenter les postes d'enseignants bien davantage que sur le reste du territoire.
03:24Mais le problème, si vous voulez, c'est qu'on n'arrive pas à pourvoir ces postes
03:26parce que les enseignants ne veulent pas aller enseigner dans le 93,
03:29parce qu'il y a un sujet de sécurité, parce qu'il y a un sujet d'autorité.
03:33Donc c'est ça le discours de vérité qu'il aurait fallu tenir,
03:36parce qu'en fait on est en train de mentir, non pas à cette jeunesse d'ailleurs,
03:39parce que j'en ai un peu marre d'entendre parler de la jeunesse des lycéens.
03:42Non, on parle d'une branche, d'une partie seulement de lycéens,
03:46une partie de la jeunesse qui est d'ailleurs largement confisquée, il faut bien le dire,
03:51par justement des militants d'extrême-gauche d'un côté et de la racaille de l'autre,
03:55et qu'une grande partie de ces lycéens aujourd'hui sont chez eux
03:57parce qu'ils ne peuvent pas aller en cours et qu'on ne les entend jamais parler sur les plateaux
04:01de télévision.
04:02Et je pense qu'ils préféraient, voyez-vous, être en salle de classe pour préparer leur avenir.
04:06Donc oui, non, je pense que la première des choses c'est de ne pas accompagner ce récit,
04:09de dire la réalité y compris de la situation économique,
04:12et de, une fois de plus, tenir un discours d'exigence.
04:16Enfin je veux dire, on a besoin aujourd'hui d'une jeunesse qui travaille,
04:20qui, comment dire, obtienne des résultats,
04:22qui acceptent d'être sélectionnés,
04:24parce que le problème c'est que si on leur explique
04:26que 80% d'une classe d'âge peut aller jusqu'au baccalauréat,
04:30qu'ils ne s'étonnent pas derrière, à travers Parcoursup,
04:32de ne pas obtenir les écoles qu'ils espèrent avoir.
04:34Parce que, évidemment, tout ça est un vaste système de mensonges.
04:38Donc non, moi je pense qu'on est passé complètement à côté du sujet aujourd'hui réel de l'école
04:41à travers ce discours.
04:43Vous parlez, Marion Maréchal, d'une jeunesse, enfin d'une partie de la jeunesse,
04:46en tous les cas, confisquée, dites-vous, par l'extrême-gauche.
04:48Et tout à l'heure, au début de votre argumentaire,
04:50vous avez dit une France à feu et à sang.
04:53C'est la réalité de la France aujourd'hui à feu et à sang ?
04:55Et qu'est-ce que vous craignez de la journée de mobilisation demain,
04:58qui est appelée l'acte 4 ?
05:03Ben oui, quand je vois qu'il y a aujourd'hui plus de 700 policiers qui sont blessés,
05:06je ne vois pas comment on peut qualifier autrement la situation de notre pays.
05:09Quand on voit des enseignants qui sont agressés, des pompiers qui sont agressés,
05:12des infirmières qui sont agressées, une femme qui a eu le visage brûlé.
05:15Je rappelle quand même cette policière, stagiaire,
05:17qui a été poursuivie, projetée au sol et frappée au cri de « Wallah, tu es là ! ».
05:21Voilà, je veux dire, ce sont des images qui choquent le monde entier.
05:24Vous savez, moi je suis actuellement à Strasbourg, au milieu de toutes les nationalités.
05:27Vous n'imaginez pas aujourd'hui à quel point nos collègues étrangers européens sont traumatisés
05:33par ce qu'ils voient de la France et l'image dramatique que nous renvoyons.
05:36Et l'image aussi d'ailleurs, contrairement à ce qu'on peut penser, de laxisme.
05:38Parce qu'une fois de plus, quand la réponse à cela, c'est d'expliquer qu'on va interdire aux
05:42forces de l'ordre
05:42d'utiliser des grenades de désencerclement,
05:45mais donc on est en train d'expliquer que c'est les forces de l'ordre qui sont responsables de
05:48ces violences
05:48et on les prive d'un moyen, qui est un moyen pour elles de se protéger d'une charge violente.
05:53Parce qu'il faut quand même rappeler que s'il y a aujourd'hui des blessés parmi les étudiants ou
05:59les lycéens,
05:59et c'est une réalité, c'est parce que ces jeunes sont au milieu des violences.
06:03C'est parce qu'ils vont au contact.
06:04Parce que les lycéens, si vous voulez, et que la police demandent des dispersions qui s'en vont,
06:08ils ne sont pas blessés.
06:10Maria Marchand, c'était évidemment une réalité qu'il faut...
06:12Est-ce qu'on pense aujourd'hui...
06:15Qu'il faut dénoncer.
06:16Mais on ne peut que déplorer qu'il y ait des blessés.
06:18Qu'il y ait une main arrachée, oui.
06:22Mais bien sûr, mais est-ce qu'il y a eu une intention de la part des forces de l
06:25'ordre d'arracher la main de ce jeune ?
06:26Évidemment non.
06:27Vous avez bien compris les circonstances.
06:28On est face à un jeune qui, vraisemblablement, a ramassé cette grenade, probablement d'ailleurs pour la relancer sur les
06:33policiers.
06:34Donc je veux dire, c'est évidemment un accident terrible.
06:38Enfin, je veux dire, quand on est maman, on ne peut que le déplorer.
06:40Mais ne retourneront pas la charge de la responsabilité sur les forces de l'ordre qui sont là, une fois
06:44de plus, pour ramener l'ordre public dans un moment où personne n'interdirait à des lycéens ou à des
06:51étudiants de manifester pacifiquement devant leur lycée pour avoir des revendications.
06:55À partir du moment où on tombe sur des blocages, des barricades, des violences et des agressions, on tombe maintenant
07:01dans le trouble à l'ordre public et on parle d'autre chose.
07:03Et c'est normal qu'il y ait bien sûr une réponse de l'État extrêmement ferme.
07:06– Et l'enquête dira très précisément ce qui s'est passé pour ce jeune qui a eu cette main
07:12arrachée.
07:13Je note une phrase du Premier ministre ce soir qui dit « Aucune instruction n'a été donnée pour affronter
07:18les lycéens ».
07:21Affronter les lycéens, que pensez-vous d'une telle phrase ?
07:24Est-ce qu'en France, on aurait pu donner des instructions pour affronter les lycéens ?
07:29Quels ordres ont pu être donnés de ce que vous comprenez, de ce qui a été dit par le Premier
07:33ministre ce soir ?
07:33– Mais non, jamais. La réalité de la tradition sécuritaire de ces gouvernements depuis des années, c'est plutôt au
07:41contraire le pas de vague,
07:42d'éviter à minima d'aller au contact, de retenir les coups.
07:46Je rappelle qu'on a quand même aujourd'hui une police qui vit dans la terreur, la terreur d'utiliser
07:49même ses armes, y compris lorsque leur vie est en danger.
07:52Enfin, je veux dire, on a des forces de l'ordre qui se font tirer aujourd'hui dessus à coups
07:55de mortier.
07:56Je ne sais pas si vous savez ce que c'est de se prendre un pavé sur la tête, mais
07:59on peut mourir de se prendre un pavé sur la tête.
08:01Je veux dire, on voit ça comme une petite révolution frétillante des jeunes, il faut bien que jeunesse se passe.
08:06Mais enfin, on est face à des actes qui sont d'une violence, qui sont absolument terrifiés.
08:10On finit par s'habituer en France parce que c'est devenu quasiment un lieu commun maintenant tous les ans
08:14que d'avoir des émeutes comme ça de rue.
08:16Mais c'est absolument insupportable et intolérable.
08:19Et je veux dire, il devrait y avoir une tolérance zéro.
08:21Et ces jeunes-là, ils devraient être aujourd'hui derrière les barreaux.
08:23C'est ça le signal qui devrait être envoyé.
08:25Ce qui n'enlève pas, une fois de plus, le droit, pour le coup, légitime à manifester dans un cadre
08:30légal.
08:31Personne n'enlève cela.
08:32Mais une fois de plus, on est très largement aujourd'hui au-delà de ça.
08:36Et on est face, disons-le, à une récupération politique de l'extrême gauche française
08:41qui envoie tous ces petits apprentis sur les plateaux de télévision pour réciter tous leurs petits discours socialistes
08:48et qui passent, une fois de plus, totalement à côté de l'essentiel du problème.
08:52Pour conclure, Marion Maréchal, vous dites tolérance zéro par rapport aux casseurs, aux fauteurs de troubles, aux destructeurs.
08:57Mais vous parlez très souvent là de ce que vous dites, c'est-à-dire l'instrumentalisation de certains.
09:03Et alors, que faudrait-il faire ?
09:04Est-ce que ça fait partie du débat démocratique ?
09:06C'est le champ démocratique.
09:08Il y a une élection présidentielle dans quelques mois.
09:10Et puis, les Français choisiront.
09:11Ou alors, vous dites non, qu'il faudrait agir en amont.
09:15On a entendu, pour nous retailler, ou dire qu'il faudrait interdire à l'FI.
09:18Est-ce qu'on peut imaginer que notre pays, on puisse interdire un parti,
09:21quoi qu'on en pense, avec quand même des millions de sympathisants et probablement de votants ?
09:28Déjà, ne soyons pas dupes, une fois de plus, du visage aujourd'hui qui représente ces manifestations.
09:33C'est quand même important de le dire.
09:34Il ne représente pas la jeunesse et les lycéens.
09:36Il représente une partie très idéologisée aujourd'hui du camp politique et notamment classée à l'extrême gauche.
09:42Deuxième chose, il faudrait, pardonnez-moi, mais me semble-t-il, sanctionner les professeurs
09:47qui ont été identifiés comme participants à des blocages violents et à des blocages illégaux,
09:53notamment parfois de leurs propres établissements.
09:55Je veux dire, c'est absolument insupportable que des fonctionnaires puissent sortir du cadre républicain
09:59et du cadre légal en accompagnant des pratiques qui aujourd'hui sont illégales.
10:03Ensuite, moi, je considère que Bruno Retailleau a raison de poser et d'ouvrir ce débat.
10:07Pardonnez-moi, quand on a aujourd'hui un parti politique qui explique qu'il peut y avoir des violences légitimes,
10:11quand on a un parti politique qui explique qu'il contestera le résultat des urnes en cas de victoire de
10:17Marine Le Pen,
10:18quand on a aujourd'hui un parti politique qui accompagne, participe, se met au milieu des violences
10:24qui, à l'époque, avait refusé d'ailleurs de condamner les émeutes et les violences à la suite de l
10:29'affaire Naël,
10:31on a un parti qui aujourd'hui, clairement, sort à de nombreuses reprises du champ républicain.
10:37Donc, je vais vous dire, moi, je préfère le combat à la loyale dans les urnes
10:41parce qu'interdire un parti politique, de fait, ne suffira pas à faire disparaître les idées qu'il porte.
10:45Il ne fera que ressurgir d'une autre manière.
10:47Mais, objectivement, la question posée aujourd'hui par Bruno Retailleau est légitime.
10:52Merci Marion Maréchal, eurodéputée, président d'Identité Liberté pour votre réaction ce soir sur BFM TV.
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