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00:00En vous accompagnant en direct, évidemment, le dimanche soir, situation sociale en France.
00:05Et vous le savez, elle est liée au contexte géopolitique.
00:08Pour en parler, on reçoit ce soir Alain Bauer.
00:11Merci d'être là et bonsoir à vous.
00:12Bonsoir à vous.
00:13Professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers.
00:17Vous êtes également, Alain Bauer, le fondateur du pôle sécurité, défense, renseignement et auteur de ce livre.
00:23Et on en parlera également, la vérité sur le système Epstein.
00:27Paris, Londres, New York, le réseau criminel mondial qu'ils ont voulu cacher et qu'ils cherchent encore à cacher.
00:34Pour l'heure, ce qu'on essaye de comprendre, c'est la situation sociale en France, c'est le contexte
00:39géopolitique.
00:40Mais tout d'abord, sur les conséquences très concrètes pour les Français avec l'envolée des prix du carburant,
00:45est-ce que le réel risque de rattraper très très vite les politiques qui ont parfois du mal à le
00:50voir ?
00:51Le réel rattrape toujours les politiques, c'est une question de temps.
00:54Et après, c'est une question de qui on rend responsable.
00:57Dans l'affaire des Gilets jaunes précédentes, il y avait des responsabilités liées à une décision très particulière.
01:04La vitesse sur les routes départementales, le prix du diesel et des obligations données par en haut au peuple d
01:13'en bas,
01:14qu'il a ressenti comme étant l'arrogance de notre système politique qui produit une noblesse d'État.
01:21Je ne cite pas souvent Bourdieu, mais pour une fois, il faut utiliser ce système.
01:27C'est-à-dire un outil qui dit aux gens, faites comme ci, puis faites comme ça, puis faites l
01:32'inverse,
01:32sans jamais s'excuser ni expliquer pourquoi il faut changer, au nom du fait qu'ils auraient toujours raison,
01:36tout le temps, quoi qu'il arrive, et surtout quand ils changent d'avis.
01:40Et donc, c'est insupportable.
01:41Et là, il y avait une responsabilité qui était identifiable.
01:44Le premier ministre de l'époque, c'était M. Philippe, mais ça aurait pu être n'importe quoi.
01:4780 km heure plus taxe carbone, égal gilet jaune.
01:50Voilà, égal gilet jaune.
01:51Mais c'était facile et donc, on se révoltait contre l'État dans sa représentation.
01:55Là, Babel Mandel, Hormuz, l'Ukraine, la Russie, c'est un peu plus compliqué.
02:02Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'on sent bien qu'il y a plus d'inquiétude que de
02:06colère.
02:07Vous avez un sondage qui va sortir, un très très grand sondage, très intéressant,
02:11que je recommande aux politiques de lire, avec attention, pas la synthèse en recto, éventuellement verso.
02:17Dont ils ont pris la mauvaise habitude durant leur période de feu, l'École nationale d'administration.
02:23Mais là, il y a inquiétude après incertitude, fatigue et seulement colère.
02:28Puis révolte, puis angoisse.
02:30Et alors après, on a le reste.
02:32On sent bien qu'il y a dans la population française à la fois un mélange d'angoisse pour l
02:39'avenir,
02:40pour eux-mêmes comme pour leurs enfants,
02:42de certitude que leurs enfants ne seront pas mieux traités qu'eux-mêmes, mais moins bien,
02:46et de rage contenue, de colère qui n'arrive pas encore à s'exprimer.
02:52Cette colère, elle a deux options possibles.
02:55L'option violence, et c'est traditionnellement ce qui se passe dans ce pays,
02:59qui est connu mille ans de jacquerie, mille ans de jacquerie régulièrement,
03:03ou l'insurrection démocratique, c'est-à-dire le passage de la colère des points à la colère du vote.
03:10Et il se trouve qu'une élection présidentielle, c'est une formidable opportunité pour une insurrection démocratique dans les urnes.
03:18Ça peut être l'exutoire.
03:19Ça peut être un exutoire, et moi je recommande bien évidemment l'exutoire démocratique,
03:23c'est-à-dire le retour aux urnes de tous ceux qui les ont abandonnés,
03:27quasiment la moitié de l'électorat, et notamment un électorat très jeune,
03:30qui est la principale victime de ce qui est en train de se produire,
03:33à la fois pour le poids de la dette, qu'il aura à traiter, si on la paye un jour,
03:39ce qui est assez rare mais qui arrive, soit par l'absence de visibilité sur l'avenir,
03:44y compris aujourd'hui les classes moyennes et les classes moyennes supérieures,
03:48les éduqués, pas seulement les bacheliers mais les masterisés,
03:52qui voient l'intelligence artificielle leur voler leurs emplois en direct.
03:56– Autre source d'inquiétude, bien sûr. – Pas une promesse, une réalité physique.
04:00– Déjà ici, est-ce que vous avez là cité une longue histoire des jacqueries,
04:04mais déjà par rapport à ce qui s'est passé récemment,
04:07puisque c'était difficile peut-être à prévoir,
04:09mais on a compris que 80 km heure plus taxe carbone égale gilet jaune,
04:14est-ce que même s'ils sont avertis, les politiques retiennent les leçons ?
04:18Ou est-ce qu'ils ne veulent pas voir le réel ?
04:20– Alors en privé, il vous arrive comme moi de les voir en privé,
04:23ils sont beaucoup, beaucoup plus lucides qu'en public.
04:27Et en public, ils sont beaucoup, beaucoup plus lâches que ce qu'ils devraient être.
04:32En fait, c'est la peur, la sainte trouille de l'opinion du peuple,
04:36de la population, des citoyens, on peut l'appeler comme on veut.
04:39Certains appelaient ça la populace avec beaucoup de mépris,
04:42d'autres appellent ça le peuple, certains disent que c'est le populisme.
04:46Ça m'a toujours fasciné cette espèce de critique du populisme,
04:50puisque critiquer le populisme, en fait, c'est expliquer qu'on ne comprend pas le peuple,
04:53et que donc on lui donne une vision politicienne d'une rage qui est liée au quotidien.
04:59Mais dans la réalité, les populistes sont ceux qui parlent au peuple,
05:03en bien, en mal, avec des bonnes ou des mauvaises solutions, n'est pas le sujet.
05:05Au moins, le peuple les écoute parce qu'il leur parle.
05:08Ceux qui ne parlent pas au peuple peuvent toujours se plaindre des populistes.
05:12Mais en fait, ce sont eux qui se sont coupés de la population.
05:14Et ils sont pour certains au gouvernement.
05:16Donc si je vous entends bien, Alain Boer, où ils l'ont été, où ils le sauront,
05:20ce n'est pas une erreur de diagnostic.
05:22C'est un refus de voir la réalité.
05:24C'est très différent.
05:25J'enseigne aux analyses du renseignement à toute catégorie.
05:28Demain, d'ailleurs, je vais faire mon cours de rentrée.
05:30C'est la période de rentrée des classes, même pour nos futurs espions.
05:34Et dans la réalité, la capacité de collecte du renseignement n'a jamais été aussi bonne.
05:44C'est la prévision qui pêche.
05:46C'est l'analyse qui pêche.
05:49Et ensuite, la décision.
05:50Quand vous savez tout et que vous ne comprenez rien,
05:53ce n'est pas parce que vous ne savez rien.
05:54Ce n'est pas parce que vous ne comprenez rien.
05:56Et nous avons tous ce qu'on appelle un biais cognitif.
05:59Une capacité à refuser le réel parce qu'il ne nous agrée pas.
06:02parce que ce qui est en train de se passer ne nous plaît pas.
06:06Et au lieu de prendre en compte ce qui existe pour essayer de s'adapter,
06:10de corriger, de dialoguer, de discuter.
06:13Toutes les semaines, hier j'étais à Nancy, avant-hier à Reims,
06:17demain à Saint-Brieuc et un peu ailleurs,
06:19je rencontre des centaines de personnes qui viennent pour des conférences,
06:23des dédicaces, parler d'Epstein, comme d'autres sujets d'ailleurs.
06:26Et en fait, je sens cette population qui vient essayer de dialoguer, de parler.
06:32Ils ne sont pas agressifs du tout.
06:33Il y a des gauchos, il y a des fachos, il y a des rien du tout tôt.
06:36Mais j'ai trouvé qu'il y avait désormais deux catégories de population,
06:39parce que vous vouliez qu'on parle sociale.
06:41Les praf et les p2r.
06:42C'est-à-dire ?
06:43Les praf, les plus rien à foutre.
06:44Les gens qui ont compris qu'ils n'auraient plus d'avenir
06:46et qu'il faut se resserrer sur son espace communautaire, territorial, proche.
06:51Les amis, les copains, les voisins.
06:53Créer son petit univers et attendre que ça passe.
06:56Et les p2r, en général, une casse politique plutôt nationale,
06:59parce que les élus locaux, eux, ils comprennent très bien ce qui se passe.
07:02Très, très bien.
07:02Évidemment, ils sont en prise directe.
07:03Mais une casse politique nationale qui n'est plus responsable de rien.
07:05Quoi qu'il arrive, ce n'est pas de ma faute.
07:07Et qui ne sont donc pas en situation de parler au précédent,
07:10ni à ceux qui ont déjà décidé qu'ils n'y pouvaient plus rien,
07:13ni à ceux qui se demandent ce qu'ils pourraient donc bien faire,
07:16et qui produisent quoi ?
07:17Un réengagement par la violence.
07:19Pourquoi on a des soulèvements de la terre ?
07:20– Mais c'est mortifère comme stratégie.
07:23– Pour les politiques, oui.
07:25Pour les citoyens, non.
07:27Les citoyens, ils sont en autoprotection,
07:29je ne peux rien la foutre,
07:30ou en attente de quelqu'un, quelque chose, une idée.
07:34Vous leur demandez, venez nettoyer les plages.
07:36Il y a des centaines de personnes carrées.
07:37Vous leur dites, venez devant les tribunaux,
07:41parce que l'affaire Liana nous a montré les limites du système.
07:44Venez protester contre ce qu'on ne voit pas,
07:47c'est-à-dire l'ensemble des réseaux pédocriminels
07:50qui passent tous les jours dans les quotidiens,
07:52mais dont on ne traite jamais au niveau national,
07:53d'un point de vue global.
07:55Les gens, ils sont en attente de ça.
07:57Ce sont les questions qu'ils posent,
07:58ils demandent qu'on leur réponde.
08:00Ils ne sont peut-être pas d'accord avec la qualité de la réponse,
08:02mais le simple fait d'écouter la question
08:05et de prendre le temps de la réponse
08:07change totalement la relation.
08:09Le politique est trop haut, trop loin,
08:11et il a le plus grand mal à redescendre,
08:12sauf pour faire une petite animation de com.
08:15Mais malheureusement, ce n'est pas comme ça que ça marche.
08:18Dans un contexte qui est très particulier,
08:20Alain Bauer, il y a quand même un sujet d'importance dans notre pays,
08:23plus on respecte l'ordre, plus on se tient bien,
08:26parfois moins on est écouté, comme vous dites.
08:28Bien sûr.
08:29Plus on est générateur de désordre, de violence,
08:32plus on est écouté et craint.
08:33Le rapport de force avec l'État en France,
08:35Michel Rocard expliquait ça très bien,
08:36l'État ne sait ni discuter, ni écouter, ni négocier.
08:39Il attend que ça devienne violent pour dire
08:42« Ah, c'est sérieux ».
08:43Avant, on n'est pas sérieux.
08:45Quand on vient gentiment négocier, ça ne marche pas.
08:48Quand on casse, « Ah, c'est donc sérieux ».
08:50Mais c'est l'État qui a choisi les règles.
08:51Attendez, donc la colère, voire le passage à la violence,
08:54c'est une réponse à la non-réponse de l'État.
08:56Absolument.
08:57C'est le mode d'emploi du duel entre le social et le politique.
09:02Pour que ça soit sérieux,
09:03il fallait que le service d'ordre central de la CGT
09:05et les CRS ou les gardes mobiles,
09:07ça s'appelait comme ça à l'époque,
09:08se mettent sur la figure,
09:10à heure fixe à un endroit particulier,
09:11et là, les négociations commençaient.
09:12Avant, on pouvait tenter de déminer,
09:15de négocier, de discuter.
09:18Tous les responsables politiques français
09:20qui connaissent la Nouvelle-Calédonie
09:22ont expliqué pendant des mois
09:23que nous allions créer une explosion
09:25en Nouvelle-Calédonie
09:26qui allait détruire totalement
09:28à la fois les 25 ans de paix
09:29obtenus grâce aux accords Rocard.
09:31C'est ma période d'auto-satisfaction historique.
09:34Vous en étiez.
09:35Vous en étiez.
09:35Oui, avec Manipal, c'est quelques autres.
09:37Mais la paix est arrivée
09:39parce qu'on a discuté et négocié
09:41et obligé tout ce petit monde à parler ensemble.
09:44Là, on les force à la confrontation.
09:45La confrontation est là
09:46et tout le monde s'étonne qu'elle soit là.
09:48Mais tous les négociateurs,
09:51centristes, gaullistes,
09:52socialistes,
09:54autonomistes,
09:54indépendantistes
09:55et même quelques caldoches
09:56sont venus expliquer
09:57qu'il ne fallait pas faire comme ça.
09:58Et pourtant, l'État est allé jusqu'au bout
10:00pour forcer la décision
10:03et donc créer ce désastre,
10:06ce désastre pour l'ensemble des néo-calédoniens
10:08et nous,
10:09puisque nous sommes encore
10:10les tenants et les financeurs
10:12de la reconstruction
10:13de quelque chose
10:14que nous avons aidé à casser.
10:15Mais alors, pour en venir
10:16à la situation sociale,
10:17si on est cynique, par exemple...
10:20Cynique, c'est dire la vérité sans phare.
10:22Justement.
10:22C'est bien.
10:24Merci de le préciser
10:25puisque c'est dans ce sens-là
10:26que vous posez la question.
10:27La belle langue.
10:28Quand on dit qu'on veut faire porter
10:30ou en tout cas quand on cible
10:31entre guillemets les retraités,
10:33on sait bien
10:33qu'ils ne vont pas descendre dans la rue,
10:35on sait bien qu'ils ne vont pas casser.
10:37C'est un point électoral considérable.
10:39Mais est-ce qu'on s'en soucie encore ?
10:40Eux, ils peuvent faire une insurrection
10:43démocratique à eux tout seuls
10:44parce qu'ils sont beaucoup plus nombreux
10:45à aller voter,
10:46beaucoup plus stables dans leur vote,
10:48beaucoup plus cohérents
10:49dans la manière dont ils voient
10:51la vie politique
10:52et surtout la fin du mois.
10:54Et un peu la fin du monde aussi.
10:56Et là, c'est un risque électoral considérable.
10:59Ce qui veut dire que, grosso modo,
11:00je ne suis pas sûr que l'enjeu se fera là.
11:04Sur les successions,
11:05c'est probablement plus réel.
11:07Il y a beaucoup plus d'argent à prendre.
11:09Et évidemment, mécaniquement parlant,
11:11beaucoup moins d'électeurs
11:12à mécontenter.
11:12Comment expliquez-vous que ce soit,
11:14de votre point de vue en tous les cas,
11:16les extrêmes,
11:16et en l'occurrence Jean-Luc Mélenchon
11:18qui, et vous l'avez dit,
11:19sentent le mieux
11:20peut-être instinctivement la société ?
11:22Je ne sais pas si vous pensez
11:23la même chose de l'autre extrême,
11:24Marine Le Pen.
11:27Pourquoi ces populistes,
11:28entre guillemets,
11:29ceux qui s'adressent directement au peuple,
11:31qu'ils le flattent ou pas,
11:32sentent mieux en ce contact direct
11:35avec les gens, avec les Français ?
11:36D'abord, ils leur parlent,
11:38les uns comme les autres.
11:40Ils parlent au peuple.
11:41Ils écoutent le peuple.
11:42Ils parlent au peuple.
11:42Ils donnent des solutions au peuple.
11:44En plus, Jean-Luc Mélenchon
11:45a pour lui une immense culture
11:50socialiste, marxiste,
11:52mais beaucoup aussi
11:53de pratiques mitterrandistes.
11:54Et de ce point de vue-là,
11:56a la couverture de ce qui permet
11:58de faire l'union
12:01de toutes les gauches,
12:02entre guillemets,
12:03et de tous ceux qui,
12:05hors du système,
12:06se disent,
12:06ah, c'est peut-être avec lui
12:08qu'on peut arriver
12:11à bousculer
12:12ou basculer les élites.
12:13Il s'est construit là-dessus.
12:14Il a une immense culture.
12:16Rappelez-vous l'audition
12:18punition de Jean-Luc Mélenchon
12:19sur la laïcité,
12:20où à la fin,
12:21tout le monde prenait des notes
12:23incapables d'avoir
12:24le début du commencement
12:25d'un dialogue intelligent.
12:26Et de lui opposer un argumentaire.
12:28Rien, ils écoutaient.
12:29Ah, merci, M. Mélenchon.
12:30Vous pouvez nous répéter
12:31quels livres, exactement ?
12:33Vous êtes en train de nous dire
12:33qu'il les a eus ?
12:35En tout cas,
12:36eux se sont laissés avoir.
12:38De ce point de vue-là,
12:38il faut jouer dans la bonne catégorie.
12:40Ils n'étaient pas dans la même catégorie.
12:42Voilà.
12:42Ils ne jouaient pas dans la même cour
12:44et ils n'avaient pas
12:45ni la même histoire,
12:46ni la même culture.
12:47Et la culture,
12:47en matière politique,
12:49c'est un enjeu
12:49beaucoup plus important
12:50que tout le reste.
12:52la culture est l'élément
12:54qui fait la différence.
12:55Regardez François Mitterrand
12:56dans sa capacité
12:58à surpasser
12:59le technicien
13:00Giscard d'Estaing.
13:02Il a compris la première fois
13:03et on ne l'a pas eu la deuxième.
13:04Il y a une histoire
13:05dans la vie politique.
13:07Marine Le Pen,
13:08je pense qu'elle a,
13:09elle surfe aujourd'hui
13:11sur toutes les colères,
13:12toutes les rages,
13:13tous les mécontentements
13:14et elle a un argument formidable.
13:16Nous n'avons jamais été au pouvoir
13:17et tous ceux
13:17qui nous donnent des leçons
13:18depuis 20 ans, 30 ans,
13:2040 ans, 50 ans, 60 ans
13:21qu'ils y sont allés,
13:22quel est leur bilan ?
13:23Effectivement,
13:24comme ce n'est pas très impressionnant,
13:27elle a cet argument-là.
13:28Mais aussi,
13:29elle a de l'ancienneté,
13:30de la durabilité.
13:32Elle a été aussi
13:33dans sa vie personnelle
13:34quelqu'un de différent
13:35de l'image qu'elle donne aujourd'hui.
13:37Une avocate
13:37qui défendait les migrants,
13:40quelqu'un qui a eu
13:41une vie hors de son père
13:43et même parfois
13:43contre son père.
13:45Elle a une capacité
13:47à...
13:48Une épaisseur.
13:48Une épaisseur politique,
13:49absolument.
13:50Tout comme Jean-Luc Mélenchon.
13:51Tout comme Jean-Luc Mélenchon.
13:52Ce qui explique ce surplus,
13:53peut-être,
13:54je ne sais pas
13:54s'il faut dire surplus d'âme
13:55et de compréhension des peuples.
13:57Je vous amène à cela,
13:58Alain Boer,
13:58en poursuivant notre entretien
13:59parce qu'il s'est passé
14:01cette semaine,
14:03comment dire,
14:03il y a eu un fait
14:04politique majeur
14:05en Allemagne
14:06avec la large victoire
14:07de l'AFD
14:08et j'ai été très étonnée
14:10par la manière
14:10avec laquelle
14:10de nombreux responsables politiques
14:11ont appréhendé cela.
14:13Alors,
14:13le procès en nazification,
14:16certes...
14:16La réduction à d'Hitlerum.
14:17Sans doute est-il justifié
14:19pour un certain nombre
14:20de leurs dirigeants.
14:21Pour un certain nombre
14:22de leurs dirigeants.
14:22Mais,
14:23avons-nous compris
14:24pourquoi les électeurs
14:25ont glissé ce bulletin
14:26dans l'urne ?
14:27Nous, non.
14:29Les Allemands,
14:29oui.
14:29La presse allemande
14:32qui avait même aidé
14:33à la victoire
14:34avec cette une du Spiegel
14:36qui était dédicacée
14:37par le candidat
14:37en Sachsen-Halt
14:39qui disait
14:40« Est-ce que je suis
14:41l'homme le plus dangereux
14:41d'Allemagne ? »
14:42avec 42 groupiers autour
14:44et qui signaient
14:44des dédicaces
14:45sur le journal
14:46qui a dû probablement
14:47avoir sa meilleure vente
14:48même s'il ne s'y attendait
14:49pas sous cette forme-là.
14:51Non,
14:51on l'a vu arriver
14:52depuis longtemps.
14:54Mais ce qu'on n'a pas
14:55bien regardé,
14:56c'est la poussée
14:57de l'extrême droite
14:59de gauche
15:00de l'autre candidate
15:02du groupe
15:03qui a rompu
15:04avec D-Link
15:04la maintien
15:06de l'extrême gauche
15:07allemande
15:07issue du Parti communiste
15:09d'Allemagne de l'Est
15:10D-Link.
15:11On ne se rend pas compte
15:12que la poussée
15:13de tous ceux
15:14qui en ont assez
15:15d'un système
15:16qui leur dit
15:16comment il faut faire
15:17puis comment il ne faut pas faire
15:19puis comment il faut refaire
15:20est un élément
15:21qui est lié aussi
15:22à l'effondrement
15:23du Parti social-démocrate
15:24allemand
15:24qui a oublié
15:25qu'il était de gauche.
15:26C'est ça son problème.
15:27Et à la droite
15:28qui est naturellement
15:29de droite
15:29mais avec M. Merck
15:30dont Mme Merkel
15:31disait
15:31pas le plus grand bien
15:33pendant très longtemps
15:33parce qu'il était
15:34trop effacé.
15:36Son discours
15:37au Bundestag
15:38est remarquable.
15:38Oui certes
15:39mais tous ceux
15:39qui se sont sentis
15:40à raison ou à tort
15:41dépossédés
15:42se sont retrouvés
15:43dans aucune
15:44de cette offre
15:45mais auprès de l'AFD
15:47même s'il y a
15:48ces relents.
15:48De l'AFD,
15:49de Linke
15:49et de BSW
15:50je crois ça s'appelle.
15:51Donc ces électeurs
15:52expriment une colère
15:53voire une forme de rage
15:54par rapport à une classe politique
15:55qui cherche...
15:56Mais comme en Italie
15:57avec Mme Mélanie
15:59comme en Hongrie
16:00pendant longtemps
16:00avec le Fidel Fides
16:01c'est une transformation
16:02sur pied.
16:03Mais le nouveau Premier ministre
16:05n'est pas un homme de gauche
16:06c'est un homme de la droite
16:07conservatrice
16:08démocrate
16:09beaucoup plus
16:10qu'elle était devenue
16:12M. Orban.
16:13La poussée
16:13en Grande-Bretagne
16:15de M. Farage
16:16la poussée
16:17en Espagne
16:18de Vox
16:19la poussée au Portugal
16:20la poussée
16:21aujourd'hui
16:22je pense
16:22que nous allons
16:23avoir les résultats
16:24des élections
16:24en Suède
16:25montre partout
16:26à la fois
16:27des pôles
16:28de résistance
16:29à ce mouvement
16:32populiste
16:33entre guillemets
16:33même si je déteste
16:34ce terme
16:35et une reconstruction
16:37aussi
16:37d'une offre
16:38alternative
16:39quand on commence
16:40à répondre
16:40aux électeurs
16:41ce qui est le cas
16:41par exemple
16:42au Danemark
16:42ou ailleurs
16:43et à ce moment-là
16:44on va dire
16:44ah oui mais
16:45la gauche
16:45est en train
16:46de se radicaliser
16:48et de s'extrême-droitiser
16:49elle répond aux gens
16:51alors on va attendre
16:52parce que là
16:52c'est les sondages
16:53sortis des urnes
16:54en Suède
16:55on a des premières tendances
16:56d'une poussée
16:57de la gauche
16:57donc on va voir
16:58le parti socialiste
16:59parce qu'il y avait
17:00une alliance de droite
17:01mais on va voir
17:02le score de l'extrême-droite
17:03effectivement
17:04vous avez parlé tout à l'heure
17:05il faut bien dire
17:06de l'angoisse
17:07de l'inquiétude
17:08d'une forme de désespérance
17:09à se dire
17:10que nos enfants
17:11vont vivre
17:12moins bien que nous
17:13et tout cela
17:13est aussi lié
17:14à Alain Bauer
17:14vous êtes un spécialiste
17:15à la situation internationale
17:17il y a eu là
17:17il y a quelques jours
17:18l'offensive des Houthis
17:20sur la mer Rouge
17:20il y a les menaces de Poutine
17:21comment on peut
17:23à notre niveau
17:24appréhender
17:24comprendre
17:25une telle guerre globale
17:26sur tous les fronts
17:27alors ce qui est intéressant
17:28c'est que c'est la première guerre
17:29globale non mondiale
17:32expliquez-nous la nuance
17:33tout le monde faisait la guerre
17:34à tout le monde
17:34en même temps
17:35les coalitions se créaient
17:36il y avait quelques neutres
17:37qui s'organisaient
17:39la Suisse
17:39pour le coffre-fort
17:42le Portugal
17:43parce que quand même
17:43il ne fallait pas rigoler
17:44l'Argentine
17:45le Brésil
17:45enfin les états dits neutres
17:46mais les coalitions
17:47étaient clairement identifiées
17:48là vous avez une multiplicité
17:50au jour d'aujourd'hui
17:52la moitié du monde
17:54est en guerre
17:55quelque part
17:56avec une autre moitié du monde
17:58la moitié de la population mondiale
18:00très exactement
18:01c'est vertigineux
18:02vous avez des dizaines
18:04voire des centaines
18:05voire des centaines
18:05de conflits invisibles
18:06jamais traités
18:08plus chez vous
18:09ou chez vos collègues
18:10parfois
18:11que dans le reste
18:12du réseau
18:13d'informations
18:15et vous ne comprenez pas
18:17ce qui se passe
18:17et quand vous avez à la fois
18:18la crise climatique
18:20la crise économique
18:21la crise sociale
18:22la crise
18:23évidemment
18:25Ebola
18:26qui est en train
18:26de tout exploser
18:28nous ne regardons rien
18:29le premier cas d'Ebola
18:30en France
18:30tout d'un coup
18:31le lendemain matin
18:34le Covid à côté
18:35sera une petite partie
18:37de plaisir
18:38le Covid à côté
18:40une partie de plaisir
18:41Ebola c'est 100%
18:42bien sûr
18:42nous savons ce qui se passe
18:44en Afrique
18:44le nombre de cas d'Ebola
18:45qui est en train
18:46de se produire
18:47en Congo
18:48atteint le plus haut niveau
18:50en quantité
18:51et en rapidité
18:52et en expansion
18:53de l'ensemble
18:54des crises Ebola
18:54précédentes
18:56vous en entendez parler
18:57souvent ?
18:58non
18:58pourquoi ?
18:59ça n'existe pas
19:00biais cognitif
19:01le premier cas
19:03sur un des aéroports
19:05européens
19:06celui que vous voulez
19:06où il va y avoir
19:07une révélation
19:08que c'est un cas
19:09d'Ebola
19:10le lendemain matin
19:11on va faire
19:12émission spéciale
19:1224h sur 24
19:13parce que tout d'un coup
19:14nous sommes
19:15soi-disant
19:15totalement prêts
19:16autant que pour le Covid
19:17nous prendrons des mesures
19:19aussi
19:21aux doigts mouillés
19:22que pour le Covid
19:23et on sera dans la situation
19:24de se demander
19:25comment on gère
19:26un cas d'Ebola
19:27que nous avons vu
19:27regarder depuis des années
19:29sur lequel nous aidons
19:30le Congo
19:31de très très très loin
19:33en attendant
19:34je prends celui-là
19:35parce que je ne tiens pas
19:36à terroriser tout le monde
19:37mais il existe
19:38ce n'est pas inventé ce matin
19:39et ce n'est pas une prévision
19:41de la future crise
19:42elle est là
19:42mais là vous parlez
19:43de la capacité d'anticipation
19:45et je reviens
19:45à la guerre globale
19:46dont vous parlez
19:47pourquoi a-t-on l'impression
19:48Alain Bauer
19:48que nous n'avons rien anticipé
19:50alors que des pays
19:51je pense à l'Iran
19:52notamment
19:53prépare une confrontation
19:54depuis 25 ans
19:55tout à fait
19:56avec la guerre mosaïque
19:57bien regardez
19:58hier
19:58le 11 septembre
20:00il y a deux jours
20:02la CIA
20:03a sorti
20:04a publié
20:05l'ensemble des notes
20:06d'alerte
20:07publiées sur le 11 septembre
20:09à partir de 1998
20:113 ans
20:12107 pages
20:13je les recommande
20:14elles sont en accès libre
20:15je les donne
20:16qu'est-ce qu'on y apprend
20:16si vous devez nous les résumer
20:17je les donne à mes étudiants demain
20:18on y apprend
20:19qu'en fait
20:20la CIA a fait son boulot
20:21elle avait dit
20:22ben voilà
20:23il y a des risques
20:23on a des informations
20:25et simplement
20:26on n'y a pas cru
20:29pas cru
20:29en 1973
20:31lors de la guerre du Kippour
20:33tous les services
20:34de renseignement israéliens
20:35y compris
20:36leurs agents infiltrés
20:37au plus haut niveau
20:38des chefs d'état arabes
20:40ont prévenu
20:41le gouvernement israélien
20:42qu'il y allait avoir
20:43la guerre du Kippour
20:45il y a eu une réunion
20:46chez madame Golda Meir
20:47et tous les militaires
20:49israéliens
20:50et tous les chefs
20:51des services
20:51je ne parle pas
20:52des agents de terrain
20:53ont dit
20:53ah non
20:54c'est pour nous empêcher
20:55de prendre des vacances
20:56je cite
20:57c'est dans le rapport
20:57de la commission
20:58dit Eisenkot
20:59publié elle
21:00par madame Golda Meir
21:01à la différence
21:02de monsieur Netanyahou
21:03qui a peur de son nombre
21:04et de reconnaître
21:04ses propres responsabilités
21:05on apprend
21:06que le premier ministre
21:07des Émirats arabes unis
21:08a évidemment prévenu
21:09monsieur Netanyahou
21:10du 7 octobre
21:11quelques jours
21:12avant le 7 octobre
21:13et qu'il n'y a pas cru
21:14de même que
21:15les agents israéliennes
21:16de terrain
21:16qui voyaient les exercices
21:17devant leur nez
21:18et qui disaient
21:19non mais ils sont en train
21:19de reproduire
21:20notre propre kibout
21:21sous notre propre bunker
21:24et donc il se passe
21:25quelque chose
21:25le 11 septembre
21:26même chose
21:28quand il y a eu
21:29l'attaque
21:29contre l'Ukraine
21:31tous les services
21:32d'enseignement
21:32ont montré
21:33la même chose
21:33tous
21:34les américains
21:34on dit
21:35ils vont attaquer
21:35ils vont attaquer
21:36ils vont attaquer
21:36tous les jours
21:37et pourtant nous sommes
21:37tombés de notre chaise
21:38oui
21:39voilà
21:40moi comme les autres
21:40alors moi à moitié
21:41parce que j'ai dit
21:42le nord c'est totalement idiot
21:43le sud c'est totalement cohérent
21:45donc j'ai eu tort
21:45qu'à 50%
21:46mais j'ai quand même eu tort
21:47comme tout le monde
21:48et donc ces problématiques là
21:50sont que quand on ne veut pas voir
21:51on ne veut pas voir
21:51et nos politiques
21:52ils sont exactement pareils
21:55renseignements
21:56je tiens à le dire quand même
21:56et notamment le renseignement
21:58de terrain
21:58le renseignement non iaisé
22:00le renseignement non googleisé
22:02ils voient
22:02mais vous avez dit après
22:03c'est la décision
22:04et la prévision
22:05qui pêchent
22:06l'analyse
22:06et la hiérarchisation
22:08et la décision
22:09mais alors la collecte
22:10on est vraiment
22:12parmi
22:12y compris dans le service
22:13de renseignement
22:14les meilleurs
22:15en termes de collecte
22:17plus ou moins bons
22:18en termes d'analyse
22:19et alors en termes
22:21de décision politique
22:21là il faut bien reconnaître
22:22qu'on a plus brillé
22:25pendant longtemps
22:26qu'au cours des dernières années
22:27alors si on voit
22:28ces données là
22:29de manière très très objective
22:30pour l'Ukraine
22:31et si on voit
22:31les données fournies
22:32par ce renseignement
22:33j'imagine qu'ils indiquent
22:34que ça va aller crescendo
22:35que dans cette guerre hybride
22:37toute guerre étant hybride
22:38mais
22:39oui c'est ça
22:39c'est un des sujets intéressants
22:41qu'est-ce qu'il y a une guerre
22:42non hybride
22:42on ne sait pas
22:43mais que les opérations
22:45d'ingérence vont se multiplier
22:46que les opérations
22:47de sabotage
22:48vont se multiplier
22:49et qu'on va avoir
22:50une escalade
22:51oui
22:52donc tout est écrit
22:53oui
22:53très bien
22:54avec une prochaine cible
22:56on sait même la fin
22:57qui est
22:57je veux mon petit morceau
22:58de Donbass
22:58pour dire que j'ai vraiment
22:59gagné cette guerre
23:00et si j'ai pas mon petit morceau
23:02de Donbass
23:02je continuerai
23:03parce que si je n'ai pas
23:03c'est le Donbass
23:04et la privatisation
23:05de la mère d'Azov
23:06qui ferait arrêter Poutine
23:08non la privatisation
23:09c'est fait
23:09le seul débat
23:11tout est dans l'accord
23:12qu'avait préparé
23:13Donald Trump
23:14à Anchorage
23:14avec Vladimir Poutine
23:16et que ce dernier
23:17à la surprise générale
23:18y compris Donald Trump
23:19n'a pas signé
23:20y compris la neutralisation
23:21et la finlandisation
23:22du petit bout de Donbass
23:23sur le thème
23:24tu l'as pas vraiment
23:25mais tu l'as quand même
23:26et il pouvait rentrer
23:28triomphant
23:28en disant
23:29vous voyez
23:29mes objectifs
23:30du tout début
23:31du jour où j'ai annoncé
23:32le grand raout
23:33de la réunification
23:36voilà
23:36et il y avait un accord
23:37sur Zaporizhia
23:38l'immense centrale nucléaire
23:39qui passerait
23:40sous contrôle américain
23:41pour produire de l'énergie
23:42et pour gagner
23:432-3 dollars
23:43parce qu'il n'y a pas
23:44de raison
23:44de se priver
23:46mais le problème
23:47c'est que quand Vladimir Poutine
23:48ne veut pas
23:49pour des raisons
23:49qui lui sont propres
23:50dans la vision qu'il a
23:51de sa vie
23:52de sa mort
23:53de ne pas finir
23:54comme Kadhafi
23:54ou de ne pas faire
23:56comme il dit
23:57de temps en temps
23:57paraît-il
23:58je n'ai pas eu droit
23:59en direct
24:00je ne veux pas finir
24:01pendu
24:02voilà
24:03il y a un sujet
24:04très important
24:05dans sa tête
24:06il lui faut
24:07ce petit bout de dombage
24:07je comprends bien
24:08que les Ukrainiens
24:09n'ont aucune intention
24:09de lui donner
24:10et je salue
24:11la résilience
24:12la résistance
24:13le courage
24:13des Ukrainiens
24:14mais à un moment
24:15ou à un donné
24:16une guerre
24:17se termine
24:17par un cessez-le-feu
24:19ou un accord de paix
24:20cette guerre
24:20c'est la Corée
24:22la guerre des deux Corées
24:23il n'y a jamais eu de paix
24:24il y a un cessez-le-feu
24:26plus ou moins respecté
24:28qui permet
24:29plus ou moins
24:30aux uns et aux autres
24:30d'exister
24:31mais ce sont des guerres
24:32d'attrition
24:33ce sont des guerres
24:34éternelles
24:34mais vous êtes un trop fin
24:35connaisseur de l'histoire
24:36pour ne pas savoir
24:37et je sais que vous l'avez en tête
24:38qu'il y a le risque
24:39du dérapage
24:39du micro-événement
24:40et que c'est comme ça
24:41que toutes les guerres
24:42les guerres mondiales
24:45ont commencé
24:45oui bien sûr
24:46mais là on a déjà tout eu
24:47donc la question
24:49de la mondialisation
24:50de la guerre globale
24:52pour reprendre
24:53notre terme du début
24:54est moins à l'ordre du jour
24:56est moins à l'ordre du jour
24:58qu'avant
24:58qui décide de la suite
24:59des événements
25:01qui a encore la main
25:02qui a le pouvoir
25:04Xi Jinping
25:05c'est lui qui dit
25:06à Vladimir Poutine
25:07pas touche au nucléaire
25:09et donc on écoute
25:11Xi Jinping
25:11parce que quand un
25:13représentant
25:14d'un milliard
25:14d'habitants
25:15en pleine expansion
25:17militaire
25:18explique
25:19à un pays
25:20d'une centaine
25:21de millions
25:21en pleine décroissance
25:22démographique
25:23et en guerre
25:24et qui n'existe
25:25désormais
25:25que par l'aide
25:26l'assistance
25:26le soutien
25:27de la Russie
25:28de la Corée du Nord
25:30que
25:31enfin de la Chine
25:32de la Corée du Nord
25:32que va bien falloir
25:34trouver
25:34voilà
25:35mais il fait durer
25:36parce que tout ce qui affaiblit
25:37les Etats-Unis
25:37est bon pour la Chine
25:38chacun a des intérêts
25:41divergents
25:41mais qui se retrouvent
25:42pour l'instant
25:42à un moment particulier
25:44qui est
25:45le prochain objectif
25:46le moment où tout va se jouer
25:48dans le petit incident
25:49qui
25:49c'est-à-dire l'étouffement
25:51ou l'invasion de Taïwan
25:53car
25:53lors du sommet
25:54de l'organisation
25:55de coopération de Shanghai
25:56la semaine dernière
25:57il s'est passé
25:57un micro-événement
25:59évidemment passé
26:00quel est-il ?
26:01voilà
26:01un des principaux responsables
26:03de la doctrine chinoise
26:05que je connais très bien
26:06une sorte
26:07des alter ego
26:08on va dire
26:09du temps où j'avais encore
26:10des responsabilités
26:11dit
26:12bon alors pour Taïwan
26:14c'est maintenant
26:16c'est annoncé
26:16nous n'avons plus le temps
26:17c'est annoncé
26:18il le dit
26:19comme ça
26:19alors évidemment
26:21d'habitude
26:21quand ça dérape
26:22c'est éradiquer
26:24de la communication chinoise
26:25là c'est resté
26:26sur les réseaux
26:26c'est resté
26:28à la télévision
26:29et il dit ça
26:30avec un air totalement froid
26:32et détaché
26:32en disant
26:32non mais on a trop attendu
26:34là il va falloir y aller
26:35Alain Bauer
26:35ceux qui nous regardent
26:36ce soir
26:36et qui vous suivent
26:37depuis tout à l'heure
26:38sur la situation sociale
26:39en France
26:39sur le contexte international
26:40sur la situation géopolitique
26:42ils se disent
26:42en réalité
26:43nous avons un monde
26:44avec la Chine
26:45et les Etats-Unis
26:46qui se partagent
26:47en réalité
26:48c'est un monde
26:49de prédation
26:50j'ai publié
26:50il y a quelques mois
26:53la carte
26:54de la Chine
26:55vue par elle-même
26:56alors c'est une vieille carte
26:56elle date de 2015
26:57et pour la première fois
26:58c'est une carte
27:00hémisphérique
27:01de l'Arctique
27:02à l'Antarctique
27:02elle n'est pas
27:04longitudinale
27:04comme nous les aimons tous
27:05horizontale
27:06elle est verticale
27:07et les Chinois disent ça
27:08c'est nous
27:09et c'est à nous
27:10on a un petit obstacle
27:12l'Inde
27:13qui est la plus grande
27:14puissance démographique
27:15du monde
27:15mais qui n'est pas encore
27:16la plus grande puissance militaire
27:18réponse de Donald Trump
27:19avec sa jolie carte
27:21américaine
27:21ça c'est à nous aussi
27:22hémisphérique
27:23ça c'est à nous
27:24de l'Alaska
27:28au Groenland
27:29et de l'Arctique
27:31à l'Antarctique
27:31avec évidemment
27:32Saint-Pierre-et-Miquelon
27:33et quelques îles françaises
27:35qui traînaient par là
27:36mais c'est un effet
27:37pour aller vite
27:38et au milieu
27:39vous avez la zone de prédation
27:40la zone de prédation
27:42c'est l'Afrique
27:42notre ancienne zone de prédation
27:44qui est devenue
27:45leur zone de prédation
27:46Russie avec Wagner
27:47la Chine
27:48avec les ports
27:49le commerce de la pêche
27:50le commerce maritime
27:51etc
27:52et nous l'Europe
27:53qui sommes un immense marché
27:55et qui ne sommes toujours pas
27:56une puissance
27:57parce que les Américains
27:58avaient décidé
27:59contre l'avis du général de Gaulle
28:00à qui il faut rendre hommage
28:01une nouvelle fois
28:02que nous ne serions pas
28:03une puissance
28:04donc l'Europe
28:05spectatrice
28:06quand tout le monde
28:06se partage
28:07spectatrice victime
28:09consentante apparemment
28:10ah bah
28:11pourquoi est-ce qu'on réagit toujours
28:12quand ils préfèrent des F-35
28:13à des Rafales
28:14ils sont consentants
28:16mais pourquoi est-ce qu'on réagit
28:17Alain Bauer
28:17par la sidération
28:18aux provocations ?
28:20parce que c'est la seule manière
28:21qu'on a trouvé
28:22puisqu'il nous provoque tellement
28:23que c'est tellement pas bien
28:24que voilà
28:26c'est comme les discours
28:28de toute une série
28:29de dictateurs
28:30qui passent leur temps
28:31à nous dire
28:31proclamer
28:32annoncer
28:32chanter
28:33crier
28:33hurler
28:34tout ce qu'ils vont faire
28:35et que nous ne croyons jamais
28:36le problème c'est que
28:37nous ne sommes pas prêts
28:39à voir le monde
28:40tel qu'il est
28:40nous projetons
28:42notre civilisation
28:43notre culture
28:44la manière dont nous avons
28:46adouci les mœurs
28:48sur un monde
28:49en chaos
28:50et nous disons aux gens
28:51non mais il faut être gentil
28:52et bien élevé
28:53le premier qui n'est ni gentil
28:54ni bien
28:54vous savez il y a trois manières
28:55de jouer un jeu
28:56selon les règles du jeu
28:58changer de règle
28:58ou changer de jeu
28:59tous nos adversaires
29:00changent tout le temps
29:01de règles et de jeux
29:02et nous sommes là
29:02à attendre
29:03de nous réadapter
29:05au monde nouveau
29:06qui apparaît
29:07c'est la difficulté
29:08Marx disait qu'il y avait
29:09le vieux la crise est le neuf
29:10le vieux c'est nous
29:11la crise on est dedans
29:13et le neuf
29:13on est en train de rater
29:14nous sommes la vieille Europe
29:15à vous entendre
29:16un marché plus qu'une puissance
29:17alors que tous les leaders
29:19européens
29:19ne cessent de dire
29:20que depuis l'invasion
29:21russe en Ukraine
29:22nous sommes redevenus
29:23une puissance de fait
29:24parce que nous n'avons pas eu le choix
29:25nous sommes trouvés
29:27un peu de courage
29:28c'était inattendu
29:30nous avons pris des mesures
29:31d'assistance et d'aide
29:32c'était inattendu
29:34la dernière fois
29:34on avait fini à Munich
29:36vaut mieux aller à Kiev
29:37ces temps-ci
29:37franchement
29:38mais dans la réalité
29:39même si certains
29:39on achète toujours du F-35
29:42on n'a toujours pas
29:43d'équipement européen
29:44en matière de drones
29:45nous sommes ailleurs
29:46et monsieur Besant
29:47ministre des finances
29:49américain
29:50lors du sommet
29:51des BRICS
29:52je crois
29:53là
29:53on en a vu
29:54des images
29:55à qui on pose la question
29:56de savoir où en est l'Europe
29:57en termes d'intelligence artificielle
29:58il a fait
30:00nana
30:01rien
30:02nothing
30:03yet
30:03zero
30:04et nous avons
30:06les plus beaux esprits
30:07du monde
30:07les plus créatifs
30:08les plus créateurs
30:09les magnifiques start-up
30:10dont toutes partent ailleurs
30:13pour être financées
30:15alors que nous n'avons toujours pas réussi
30:17à faire autre chose
30:19qu'à financer le vieux
30:20pour accompagner la chute
30:22au lieu de financer le neuf
30:23pour accompagner le renouveau
30:24alors tous ces candidats
30:25aujourd'hui qui se succèdent
30:27et qui redoublent de propositions
30:29accompagnent la chute
30:30ah non
30:31il y en a qui ont des idées
30:32beaucoup d'ailleurs
30:33c'est bien les idées
30:34il y a beaucoup
30:35beaucoup de candidats
30:35j'en ai compté 66
30:37ah bon
30:38vous avez une liste
30:39beaucoup plus élargie
30:39que la mienne
30:40vous avez pris tout le monde
30:42oui
30:43toutes les options
30:43même les gens
30:44les plus inconnus
30:46mais on ne sait jamais
30:47la démocratie
30:48c'est ça qui est curieux
30:49non je crois moi
30:50à une capacité de résistance
30:51vraiment
30:52surtout en France
30:53la France
30:53c'est une sorte de moteur
30:54à explosion diesel
30:55ça met un temps infini
30:56à se remettre en route
30:58et puis tout d'un coup
30:59vous avez quelque chose
31:00une semaine avant Jeanne d'Arc
31:01qui connaissait Jeanne d'Arc
31:02une semaine avant Bonaparte
31:03qui connaissait Bonaparte
31:04une semaine avant De Gaulle
31:05on se rappelait qu'il avait
31:06vaguement écrit
31:07un bouquin de stratégie militaire
31:08donc il y a toujours
31:09un moment où dans ce pays
31:11il y a cette chance là
31:12de l'arrivée
31:13d'un événement
31:15qui crée quelque chose
31:16et moi j'y crois
31:17à ça
31:17ça s'appelle
31:18l'esprit de résistance
31:19mais l'esprit de résistance
31:20il commence en bas
31:20pas en haut
31:22l'esprit de résistance
31:23on le trouve aussi
31:24quand il s'agit d'enquêter
31:25sur un système mondialisé
31:27Alain Bauer
31:27c'est en tous les cas
31:28comme ça
31:28que vous avez présenté
31:29l'affaire Epstein
31:31pas comme les actes
31:32d'un prédateur isolé
31:33mais comme un véritable système
31:35des systèmes
31:35de système mondial
31:36dites-vous
31:37le parquet de Paris
31:38on le sait a affirmé
31:39avoir dans le viseur
31:40maintenant de potentiels
31:41rabatteurs
31:42encore plus
31:42qui est inconnu
31:43et qui n'était même pas
31:44sur les listes américaines
31:45et 26 victimes
31:46dont une partie
31:47était inconnue aussi
31:48ce qui prouve
31:48qu'une fois qu'on commence
31:49à s'occuper d'un sujet
31:50et vraiment
31:51la publication
31:52par le département
31:53de la justice
31:54poussée par le congrès
31:55républicain
31:55contre la maison blanche
31:57et le fait
31:58qu'on soit plusieurs
32:00à s'être vraiment
32:02lancés
32:02pour aller au fond
32:03de cette enquête
32:04en allant chercher tout
32:05a provoqué
32:06cet événement
32:07qui est que
32:07la partie française
32:09du système
32:10de système Epstein
32:11commence à apparaître
32:13et dans l'intérêt
32:14des victimes
32:14et de celles
32:15qui ne le seront pas
32:16parce qu'un système
32:17ça survit toujours
32:18à son créateur
32:19malgré tout
32:20un tel système
32:21est en train de survivre
32:23Epstein
32:23un tel système
32:25aussi mondialisé
32:26avec une toile d'araignée
32:28aussi
32:30il y a
32:31avant la publication
32:32au département de la justice
32:33vous auriez cru
32:34non
32:34voilà
32:35c'est la première fois
32:36dans l'histoire
32:37que des conspirationnistes
32:38au sens américain du terme
32:39c'est-à-dire des conspirateurs
32:40le crime organisé
32:41a réussi à manipuler
32:43des complotistes
32:44pour faire croire
32:45qu'un système
32:45n'existait pas
32:47et au final
32:48qui protège qui aujourd'hui ?
32:50tout le monde protège tout le monde
32:51mais il y a plusieurs catégories
32:52il y a ceux qui en ont profité
32:53financièrement
32:53qui disaient
32:54non mais on ne le connaissait pas
32:55il y a ceux qui en ont profité
32:57sexuellement
32:57qui disaient
32:58mais on ne le savait pas
32:59il y a ceux qui sont sur la photo
33:00mais qui disent
33:01qu'ils n'y étaient pas
33:02personne ne protège personne
33:03mais la commission
33:04d'enquête américaine continue
33:06un des plus grands financiers
33:07du monde
33:08a été sommé
33:10de se présenter
33:10devant la commission
33:11M. Black
33:11il a refusé
33:12et il est poursuivi aujourd'hui
33:14ou en tout cas recherché
33:15pour y aller
33:16une bonne fois pour toutes
33:17d'autres font des déclarations
33:18de plus en plus précises
33:19et de plus en plus détaillées
33:21indiquant
33:22vous savez
33:22il a fallu 25 ans
33:23à peu près
33:24pour avoir une idée
33:24de ce qui s'était passé
33:25le 11 septembre
33:26il faudra quelques années
33:27pour avoir le bout du bout
33:28vous pensez qu'un jour
33:29on le saura
33:30parce que cette affaire
33:31n'a évidemment pas révélé
33:32tous ses secrets
33:33un jour on saura
33:33oui
33:34tout
33:35je le mets à jour
33:35je le mets à jour
33:37tous les jours
33:37y compris si ce sont
33:38des présidents
33:39au plus haut niveau
33:40si ce sont des personnalités
33:42de premier rang
33:43tout
33:43on va commencer à voir
33:44les américains
33:45viennent de publier
33:45les notes manuscrites
33:47des agents du FBI
33:48qui ne les ont même pas
33:49transcrites
33:50pour mettant en cause
33:52d'autres personnalités
33:53américaines
33:53donc oui bien sûr
33:55ça mettra le temps
33:55que ça mettra
33:56et Alain Beauvoir
33:56quand on enquête
33:57sur ce genre de sujet
33:58aussi explosif
33:59et avec des ramifications
34:01partout
34:01est-ce qu'on le fait
34:02avec des pressions
34:03est-ce qu'on le fait
34:03en se protégeant
34:04ou est-ce qu'on le fait
34:05sereinement ?
34:05on ne dit pas qu'on le fait
34:06d'abord
34:06et puis une fois que le livre
34:07est paru
34:07il est paru
34:08et quelles sont les réactions
34:09quand il paraît ?
34:11écoutez
34:13étonnamment discrète
34:16à part 2-3
34:17sur le thème
34:18non non mais
34:20j'y étais pas
34:21j'y suis pas
34:22voilà
34:23donc je n'ai mis
34:24évidemment dans ce livre
34:25que ce qui était prouvé
34:26déterminé
34:27précis
34:27vérifié
34:28revérifié
34:29c'est d'utilité publique
34:31évidemment
34:31sur un tel sujet
34:32merci Alain Beauvoir
34:33merci pour avoir passé
34:35en revue
34:35toute cette situation
34:36française et internationale
34:38je rappelle le titre
34:39de votre ouvrage
34:40la vérité sur le système
34:41Epstein
34:42aux éditions
34:42First
34:43c'est à la fois
34:44c'est un stag
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