00:03C'est une information importante parce que c'est aujourd'hui la journée nationale des aidants.
00:08Il y a 11 millions de personnes qui s'occupent d'un membre de leur famille.
00:11Racontez-nous votre quotidien au standard d'Europe 1, nous attendons vos témoignages.
00:15Je ne sais pas si on sera avec Philippe tout à l'heure qui pourrait nous parler de cela,
00:19mais je vais vous raconter une histoire.
00:22Un jour, il y avait un homme qui était très fatigué, très malade,
00:29et depuis deux ans, trois ans, son épouse l'accompagnait.
00:35Et nous sommes allés le voir, et en l'occurrence, c'est mon amoureuse
00:42qui a simplement posé la question à sa femme et lui a dit « Comment tu vas ? »
00:48Et sa femme lui a répondu « T'es la première à me poser la question. »
00:54On pose toujours ce qui est normal, la question « Comment allait son mari ? »
00:57Comment allait... Voilà, il était en plus dans une phase inélectable,
01:05une maladie incurable.
01:08Mais les aidants, on n'en parle jamais.
01:12D'ailleurs, c'est l'occasion évidemment d'en parler.
01:14Et surtout, c'est comme si c'était normal au fond
01:18et d'accompagner celui avec qui on a vécu.
01:22Ce qui est à la fois vrai.
01:23C'est évidemment une preuve d'humanité et d'amour.
01:28Et le contraire ne serait pas acceptable.
01:32D'ailleurs, on dit qu'on est mariés pour le meilleur et le pire.
01:35Oui.
01:36Vous donnez...
01:38C'est de vrai là !
01:40On était un peu dans l'émotion, mais...
01:43Je te flinnais, moi.
01:43Mais vous avez raison !
01:45Non, mais c'est une équipe de...
01:47Vous avez raison !
01:48Mais c'est vrai qu'on ne prend pas...
01:52Et on ne fait pas assez attention, sans doute.
01:54Et que c'est sans doute aussi les aidants...
01:57Des aidants qui mettent beaucoup de côté leur vie, leur santé pour celle des autres.
02:02Et comme vous dites très justement, lorsqu'on est mariés...
02:06Alors, c'était vrai souvent dans cette génération ancienne, où parfois, c'était vrai surtout pour les femmes d'ailleurs,
02:13parce que c'est souvent les femmes qui sont veuves et qui accompagnent leur mari.
02:19Et tu t'aperçois qu'elles considéraient que c'était au fond leur mission.
02:24Et que parfois, les rapports sont même difficiles, puisque l'homme, qui a 85 ou 90 ans, ne veut personne
02:33d'autre que sa femme.
02:35Il l'a esclavagisé parfois dans les soins.
02:39Il ne veut même pas qu'une infirmière ou qu'une autre personne s'occupe de lui.
02:43Vous savez que les pharaons, par exemple, ils se sont enterrés avec leur épouse.
02:49Le jour où ils mouraient, leur épouse les accompagnait.
02:54Par analogie, vous voyez, il y a parfois des hommes qui souhaitent que leur femme, jusqu'au bout, les accompagne
03:03de cette manière-là.
03:04Il faut aussi penser à l'autre.
03:06Vous voyez, tu peux aussi penser à l'autre.
03:07Tu peux aussi dire, en fait, je vais rentrer peut-être dans un Ehpad, parce que ça va te soulager.
03:11C'est aussi une preuve d'amour, de dire cela.
03:13Bon, moi, je ne veux pas juger, bien sûr, parce qu'on n'est pas dans ces situations-là.
03:17Et elles sont souvent dramatiques.
03:19Mais on est avec Philippe.
03:21Philippe voulait parler de ça, précisément.
03:22Bonjour, Philippe.
03:24Bonjour.
03:24Non, pas tout à fait.
03:25Merci à ma femme, aujourd'hui, à un métier qui est aidant également, mais dans l'éducation nationale.
03:31Puisqu'elle est conseillère principale d'éducation.
03:33C'est un métier dont on parle assez peu en tant que personnel d'éducation nationale.
03:39Donc, il n'y a pas de rapport avec le front de l'éducation.
03:41Non, pas tout à fait.
03:42Je suis désolé.
03:43Ben non, je vous en prie.
03:44Je voyais que vous nous attendiez.
03:46Alors, vous êtes votre femme et ce qu'on appelle CPE.
03:49Tout à fait.
03:49Ce qu'on est des censeurs dans le temps.
03:51Mon père, 83 ans, dit censeur.
03:53Elle est CPE, donc conseillère principale d'éducation, dans un lycée.
03:56Alors, je préfère ne pas vous donner la ville et je vais vous expliquer pourquoi.
03:59Parce que ça fait une semaine, aujourd'hui, qu'elle a énormément peur.
04:04Donc, elle représente l'autorité, normalement, dans le lycée.
04:06Elle est dans un lycée, donc, dans les pays de Loire.
04:09Et aujourd'hui, elle va au boulot avec la peur au ventre.
04:14Parce qu'elle est confrontée directement aux casseurs, aux élèves qui...
04:19Alors, pas les élèves, du coup, aux personnes qui veulent rentrer dans l'établissement.
04:22Et ça en est rendu à un tel point que mon beau-frère est en train de lui prêter sa
04:26voiture pour pas qu'elle soit reconnue quand elle arrive au lycée.
04:30Et que l'autre jour, elle a barré cinq personnes qui sont arrivées, complètement vêtues de noir, avec des casques
04:37de moto noirs, des gants.
04:38Pour pas qu'on reconnaisse éventuellement une couleur particulière.
04:43Et il frappait avec des barres de fer, ou en tout cas, il voulait rentrer fortement dans l'établissement.
04:49Elle les a contenus avec le proviseur.
04:51Mais aujourd'hui, c'est un métier qui était très valorisé avant.
04:55Et qui, malheureusement, comme beaucoup de métiers, devient de plus en plus dévalorisé.
04:59Je suis d'accord avec vous.
05:00Je suis d'accord avec vous.
05:00Mais ce que vous nous dites est terrible, c'est qu'elle ne prend même plus sa voiture.
05:03Et par le plus grand des hasards, moi je suis tombé, c'était dimanche soir, je zappais.
05:08Et il y avait Joël Mazard qui était programmé sur l'émission qui s'appelle...
05:18Avec Lina...
05:18Rambobina.
05:19Rambobina, exactement.
05:20C'est ce qu'il a fait.
05:21Et tu voyais un lycée des années 80.
05:24En fait, Joël Mazard, ça a été un feuilleton qui a marqué une époque.
05:30Je crois que c'était une personne, je ne comprenais pas.
05:31Non, non, l'actrice qui jouait Joël Mazard, Véronique Jeannot, c'était un feuilleton pour TF1.
05:37Et on est dans les années 80 et tu vois une autre époque.
05:40Et elle était assistante sociale, un peu CPE, c'est un peu ça d'une certaine manière.
05:44Et tu voyais comment se comportaient les jeunes, comment se comportaient un lycée à cette époque-là.
05:48C'était absolument formidable.
05:49Bon, Philippe, je suis obligé de vous couper malheureusement parce qu'il est tard.
05:53Il est 17h55, on est déjà en retard.
05:55Merci à tous, ça va être Pierre de Villeneuve dans une seconde.
05:58C'est passé vite une nouvelle fois, c'est deux heures.
05:59Très vite, exactement.
06:01On est bien, mais Géraldine part très très vite à la fin de l'émission.
06:03Oui, parce que j'ai ma fille à m'occuper, elle est de voir, il y a le dîner pour
06:07ne pas qu'on se couche trop tard.
06:08Engage-moi, c'est un baby-sitter.
06:09Au dîner, elle m'a appelé votre fille.
06:11Franchement, parfois c'est un peu expédié.
06:13Et la nourriture n'est pas toujours au rendez-vous.
06:15Les plats préparés, franchement.
06:16Les plats préparés.
06:17Mais n'importe quoi.
06:19Il est 17h55, à demain.
06:20C'était Pascal Frosty, il n'y aura pas.
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