00:06Et nous sommes avec Géraldine, avec Olivier, avec Alexandre, avec Fabrice, avec Laurent.
00:11Mathieu Vallet nous a rejoint, il est député européen du Rassemblement National.
00:16On va pouvoir l'interroger sur son analyse de ce qu'il passe, d'autant qu'il était policier et
00:21qu'il était confronté à ce service d'ordre.
00:23On est avec Clovis, je le remercie parce que je le malmenais un peu, il est bloqueur.
00:31Ce matin il bloquait d'ailleurs.
00:32Ce matin vous avez bloqué au fond parce que vous trouvez la revendication principale, Clovis, du blocage pour vous, c
00:41'est quoi ?
00:42C'est déjà étudié dans de meilleurs locaux parce que mon lycée je trouve qu'il est un peu en
00:49ruine, il laisse quand même à désirer.
00:52Mais c'est-à-dire ?
00:55Par exemple, rien que l'hiver dernier, lors des fortes gelées, il y a des tuyaux qui ont gonflé, qui
01:01ont donc explosé dû à l'eau qui a gelé dedans.
01:04Et du coup tout le toit était infiltré.
01:05Notre principale, hier, nous a dit que ces réparations, parce que oui on l'a appris tout fraîchement, ces réparations
01:11coûteraient 1,5 million d'euros.
01:14Donc les conséquences pour vous, c'est qu'il n'y avait pas de chauffage dans la classe ?
01:18En fait, ce n'est pas qu'il n'y avait pas de chauffage dans la classe, c'est que
01:21pendant les vacances d'hiver, personne n'est venu dans les locaux, dans les lieux de l'établissement pour essayer
01:29de remettre un peu le chauffage, pour éviter justement que la tutoterie ne gêne.
01:34Donc il faisait froid dans les classes, c'est ça ?
01:37C'est ça, mais pas seulement, parce qu'il y a quand même du chauffage.
01:41Il faisait froid ou il ne faisait pas froid ?
01:43Non, j'essaie de vous dire.
01:45Ben oui, je voudrais comprendre, parce que pendant les vacances, ce n'est pas grave, vous n'étiez pas là
01:48pendant les vacances.
01:49Justement, pendant les vacances, on n'était pas là.
01:51Mais quand même, la tuyauterie est quand même toujours là, le décablissement, il est toujours là.
01:56Mais c'est quoi cet emble ?
01:57Bon, d'accord.
01:59Bon, je veux bien, il faisait froid.
02:00Mais il ne faisait pas froid quand même, on est d'accord.
02:02Il ne faisait pas froid, ça allait.
02:04Bon, mais je trouve que de tout ce que vous avez dit, qui vraiment s'entend,
02:07si vous n'avez pas de prof, par exemple.
02:09Vous n'avez pas eu de prof de philo pendant un mois, vous m'avez dit.
02:11Ce n'est pas normal, ça.
02:12Non, toujours pas.
02:13C'est des camarades.
02:15Oui, donc ça, c'est un vrai problème.
02:18Bon, mais est-ce que ça justifie de bloquer ?
02:21Est-ce que parce qu'il vous manque un prof,
02:24est-ce que vous avez le sentiment parfois que tout ça n'est qu'un prétexte ?
02:28Un prétexte pour ?
02:29Ben, pour le chaos.
02:31Est-ce que vous avez le sentiment ?
02:32Pour le chaos, il faut faire déjà une différence entre le blocus et ceux qui sont là pour casser.
02:36Parce que j'ai vu, du coup, des gens qui n'étaient même pas de mon lycée.
02:39Parce qu'au bout de trois ans, quand même, je commence à reconnaître les visages un tout petit peu.
02:44C'est des gens qui cassent des abribus, qui arrachent des poteaux et tout ça,
02:47qui ne sont pas venus au blocus dès 7h30 du matin devant le lycée.
02:51Ces personnes-là, ça donne à casser.
02:53Et la plupart des gens, du coup, qui font partie de la manifestation
02:56qui débute normalement devant mon lycée,
03:00sont partis parce qu'ils n'ont pas envie d'être associés à des choses-là.
03:03Mais vous, est-ce qu'il vous arrive, par exemple, de temps en temps,
03:06de casser ou d'être un peu violent ou de participer à un mouvement de foule ?
03:11En aucun cas.
03:12En aucun cas, justement.
03:13Quand j'ai vu certaines personnes avec qui j'avais commencé la manifestation,
03:16qui, justement, disaient aux gens de ne pas brûler les poubelles,
03:19de ne pas casser les abribus,
03:20ou encore, je me vois dans l'obligation de retirer des vélos
03:25du réseau transport Bordeaux-Métropole du feu,
03:28parce qu'il y a des personnes qui le mettent dans le feu.
03:30– Effectivement. Alors Clovis, à 18 ans, il est de la région bordelaise,
03:34on échange avec lui, il était plutôt manifestant.
03:37Je ne sais pas si vous avez des frères et sœurs.
03:38Est-ce que vous avez des échanges avec vos parents sur vos participations au blocage ?
03:43– Bien sûr.
03:44– Et ils soutiennent ? Ils sont plutôt d'accord ?
03:47Ou au contraire, ils trouvent que ce n'est pas la bonne attitude ?
03:53– Bien sûr, comme tout parent, je pense qu'il y a cette part d'inquiétude,
03:56que je sois mêlé à tout ce qu'on peut voir à la télé,
04:00comme vous avez dit, tout à l'heure j'ai entendu,
04:01certains en lycée qui avaient brûlé et tout ça,
04:04ou encore des tirs de lacs homogènes ou de LBD dans la foule et tout ça.
04:09Certes, en tant que parent, mais moi je peux le ressentir qu'on puisse avoir peur.
04:12– Oui, moi je dirais, fais attention à toi,
04:15parce que je n'ai pas envie que tu perdes un œil pour une bêtise, bien sûr.
04:18On ne sait jamais ce qui peut arriver, bien évidemment.
04:20– Ce qui est précisé, c'est que bloquer pour se faire entendre n'est pas une bêtise,
04:23c'est quand même important.
04:24Casser est une bêtise, bloquer ou autre pour se faire entendre,
04:27ce n'en est pas une.
04:27– Bon, moi je trouve que c'est un peu, comment dire,
04:31vous m'expliquez que vous bloquez,
04:32parce qu'il y a un tuyau qui n'a pas marché l'hiver
04:34et que vous n'avez pas eu de prof de philo pendant un mois.
04:37Je pense qu'il y a d'autres, parce que vous perdez du temps aussi.
04:39Le paradoxe, c'est que vous perdez aussi, vous perdez huit jours de...
04:42Moi je trouve qu'il y a une ambiguïté là-dedans,
04:44parce que vous perdez aussi huit jours de job et huit jours d'études
04:47et que ces huit jours-là, ils seront importants pour l'année scolaire.
04:52Bon, je ne suis pas sûr que ce soit la bonne méthode,
04:55mais bon, je suis un vieux monsieur.
04:58– Non, mais ce n'est pas que ça,
04:59c'est que si ça continue comme ça, on en sera où ?
05:02Surtout que moi, mon lycée, quand je vois dans les tas que ça fait,
05:05ce n'est pas parce que le tuyau ne marche pas ou je ne sais pas quoi,
05:07ce n'est pas pour ces petites choses,
05:08c'est pour une accumulation de choses.
05:11– Vous trouvez que les profs sont bons, par exemple, dans votre lycée ?
05:14Vous trouvez qu'ils sont investis, engagés ?
05:16– Pour moi, j'ai de très bons profs,
05:18j'ai de très très bons profs,
05:19duquel je vais m'être proche avec eux,
05:21mais j'ai une assisté quand même qui est bien,
05:24parce que du coup, les professeurs sont gentils,
05:26ils enseignent bien et ils donnent envie d'être écoutés.
05:29– Bon, ben ça c'est bien, il faut les aider alors.
05:31– Oui, c'est important que la prof ne me plaît pas à côté,
05:33par exemple, je ne suis pas un fan à monstre
05:35de l'enseignement scientifique en SVD,
05:37que pour autant, je vais manquer de respect aux professeurs.
05:40Ça ne me plaît pas, soit j'écoute,
05:41mais pour autant, je ne vais pas lui faire remarquer
05:43que ça ne me plaît pas.
05:44– Oui, encore heureux.
05:46– Encore heureux, parce qu'il n'y est pour rien,
05:49si vous me permettez.
05:51– Oui, c'est ce que je veux dire.
05:52– On n'attend pas les commandes à les élèves.
05:53– Non, mais ce n'est pas un exploit que vous faites
05:55en même temps, Clovis,
05:57ce n'est pas un exploit de ne pas dire aux profs de LBT
05:59que sa matière ne vous intéresse pas.
06:01– C'est bien mal.
06:02– Non, tirer aucune gloire.
06:04– Non, tirer aucune gloire.
06:08– Bon, en tout cas, vous êtes sympathiques,
06:09c'est bien, et puis vous êtes jeunes.
06:11Je suis insulgent, moi, avec les jeunes gens,
06:13généralement, parce qu'il faut bien
06:14que jeunesse se passe.
06:15Franchement, si c'est des bêtises
06:18que j'ai dû dire quand j'étais jeune,
06:21j'en ai pas faites, d'ailleurs,
06:22beaucoup de mes gens en disaient.
06:25Ça n'a pas changé d'ici à la fin.
06:26– Je n'en ai pas parlé.
06:29– Non, je ne faisais pas de conneries.
06:31Je ne faisais pas de conneries.
06:32J'avais peur, en fait.
06:34Je devais être frileux.
06:35Bon, il est 17h14,
06:37et je remercie vraiment Clovis,
06:39vous avez un très joli prénom.
06:40Vous avez une fiancée, Clovis ?
06:41– Bien sûr.
06:42– Ah, elle s'appelle comment ?
06:44– Elle s'appelle Larissa.
06:45– Larissa.
06:46Et elle bloque aussi, Larissa ?
06:49C'est une frondeuse, Larissa ?
06:51Ah oui ?
06:52C'est une militante un peu ?
06:53– Oui, militante.
06:55– 18 ans, elle a, et alors ?
06:57– Il faut qu'elle vous appelle.
06:58– Et alors, vous êtes amoureux ?
06:59– Oui, bien sûr.
07:01– C'est vrai que vous êtes ensemble
07:02depuis combien de temps ?
07:03– Ça va faire 17 mois.
07:05– Ah, pas mal !
07:06– Attendez, ça ne rigole pas.
07:0717 mois, et c'est sérieux.
07:09Bon, alors évidemment,
07:10avant le mariage,
07:11il ne s'est rien passé,
07:12mais bon, c'est vrai que...
07:14J'imagine que Clovis...
07:17J'imagine quand même
07:18que vous lui prenez la main au cinéma
07:20ou que vous vous baladez
07:21avec elle dans la ville.
07:23– Non, mais après,
07:24mon prénom,
07:24ça ne veut pas forcément dire
07:25que je suis croyant
07:26ni même chrétien religieux ou autre.
07:28– Ah, mais...
07:29– Il plaisantait.
07:31– Je plaisantais.
07:33– Bon, et elle est belle, Larissa ?
07:34– Bien sûr.
07:36– Ah, et alors vous êtes fidèle
07:37et sérieux et tout et tout ?
07:39– C'est la normalité.
07:42– Ah, là, là, là, là,
07:46vous nous faites plaisir, Clovis.
07:48Le sens de l'engagement,
07:49le sens de la fidélité,
07:51le sens des valeurs,
07:52bravo, Clovis.
07:54vous nous inviterez au mariage ?
07:58– Aucun problème, oui.
08:00– Ah, mais il est sympa, Clovis.
08:02– Il est génial,
08:02qu'il nous rappelle.
08:03– Et vous nous rappelez avec...
08:04Vous venez à Paris de temps en temps ?
08:06– Non, non, du tout, jamais.
08:08– Ah, vous n'êtes jamais venu
08:09à Paris encore ?
08:10– Non.
08:11– Ah, dites non,
08:12ben, il faut venir.
08:13– Sur l'occasion.
08:13– Ah, que dit-il ?
08:14– Ouais, mais le train et autres,
08:16ça coûte de l'argent.
08:17– C'est vrai, c'est vrai.
08:19Ben, vous avez Olivier Guenet,
08:20qui aille tout ce qu'il gagne,
08:21il peut bien vous bénévoquer.
08:2217h16, à tout de suite.
08:24– Vous avez la parole,
08:25comme Clovis,
08:25un seul numéro,
08:2601-80-20-39-21,
08:28vous venez témoigner
08:28au standard d'Europe 1
08:29et sur WhatsApp,
08:3001-80-20-39-21,
08:32excellente fin d'après-midi.
08:33Avec Pascal Praud,
08:34sur Europe 1.