00:00RMC vous dévoile ce matin la 22e étude annuelle de l'UNEF sur le coût de la vie étudiante cette
00:05année.
00:05Le reste à charge mensuel pour un étudiant s'élève à 1300 euros, soit 74 euros de plus par mois
00:11qu'en 2025.
00:13Ce qui reste à charge, ce reste à charge qui dépasse.
00:16Et ça c'est une première, le seuil de pauvreté en France.
00:18Bonjour Manon Moret.
00:19Bonjour.
00:20Merci d'être avec nous. Vous êtes la secrétaire générale de l'UNEF, l'Union Nationale des Étudiants de France.
00:24Qu'est-ce que ça dit concrètement de la vie d'un étudiant en 2026 ?
00:29La vie plus chère, on l'a compris, en 2026 par rapport à 2025 en particulier ?
00:34Ce que ça dit, c'est que quand on est étudiant, avec des postes de dépense qui sont obligatoires quand
00:38on est étudiant,
00:40on doit malheureusement devoir renoncer à certains besoins qui sont les soins, qui sont l'alimentation.
00:45Quand on a un premier poste de dépense qui est le logement, qui augmente de plus de 2,87%,
00:51on est obligé justement de renoncer et donc de devoir travailler à côté des études,
00:56de devoir faire des choix entre un paquet de pâtes, un paquet de tampons
00:59et tous ces renoncements, ces quotidiens dans la vie d'un étudiant.
01:03Et je pense que ces chiffres, justement, ils résument à eux seuls les politiques d'Emmanuel Macron depuis 10 ans
01:07maintenant.
01:08On va y venir, mais ce que vous décrivez, c'est une cascade de priorités.
01:12On paye le logement, donc on a moins d'argent pour l'alimentation, moins pour les soins.
01:17On travaille, c'est des chances de réussite en moins aussi dans les études.
01:21Exactement. Le salarié étudiant, c'est la première cause d'échec à l'université.
01:24Et pourtant, ça concerne plus de la moitié des étudiants aujourd'hui dans nos universités.
01:28On le voit quand on a un contrat en 20 heures, 25 heures, parfois 35 heures.
01:33C'est du temps d'études en moins et donc une réussite universitaire qui est mise en danger.
01:36Alors là, il y a ce chiffre du reste à charge qui dépasse pour la première fois le seuil de
01:40pauvreté.
01:41Et ça, c'est une première. Mais en fait, quand on regarde ces chiffres qui sont donnés année après année,
01:46on a l'impression que la norme désormais, c'est la précarité.
01:48C'est ça. En fait, c'est une norme qui s'est installée.
01:51On considère qu'aujourd'hui, quand on est étudiant, c'est normal d'être précaire.
01:54C'est normal de travailler à côté de ses études.
01:55Depuis 10 ans, c'est plus de 35 % du coût de la vie étudiante qui a augmenté.
01:59Donc oui, effectivement, quand on entend des fois dire que quand on est étudiant, on mange des pâtes et c
02:03'est normal.
02:03En fait, non, ce n'est pas normal.
02:05Ce n'est pas normal d'avoir des produits alimentaires qui ne sont pas les bons pour suivre des études.
02:11Et c'est une norme qui s'est installée dans notre société aujourd'hui.
02:13Alors, vous avez évoqué le président de la République.
02:17Vous en faites une question très politique.
02:19Plus 35 %, 35,8 % d'augmentation du coût de la vie des étudiants depuis 2017.
02:25C'est son bilan, le président de la République ?
02:27Oui, c'est son bilan.
02:29Vous parlez d'indifférence et de mépris des gouvernements successifs.
02:32C'est exactement ça.
02:33Nous, ça fait quand même des années qu'on nous sert des fausses promesses.
02:36Je pense aux 60 000 logements étudiants, crues, qui ont été promis par Emmanuel Macron en 2017.
02:40Aujourd'hui, 5 ans après l'échéance qui avait été donnée par le président, il y a seulement 15 %
02:45des logements qui ont été construits.
02:46Donc ça, c'est une fausse promesse.
02:48La réforme des bourses, l'ensemble des organisations étudiantes aujourd'hui revendiquent une réforme des bourses parce qu'on a
02:52un système qui n'est plus du tout adapté.
02:54On nous a promis une réforme des bourses il y a quelques années.
02:56On a passé deux ans et demi en concertation avec le ministère de l'Enseignement supérieur.
02:59Et on nous a appelé en plein mois de juillet l'été dernier pour nous annoncer que la réforme des
03:04bourses était annulée faute de moyens.
03:05Donc oui, effectivement, nous, ce qu'on nous sert chaque année, c'est des fausses promesses et des effets de
03:09communication.
03:09Et le repas à 1 euro, tout de même, qui a été lancé au printemps dernier ?
03:12Effectivement, le repas à 1 euro, c'est une victoire syndicale.
03:14Mais encore ici, il faut regarder qu'est-ce qui est financé.
03:17C'est 120 millions d'euros qui sont nécessaires pour un repas à 1 euro effectif.
03:21Cette année, c'est 50 millions d'euros qui ont été donnés.
03:24Donc pas assez de structure, pas assez de personnel.
03:26Et aujourd'hui, le gouvernement n'est toujours pas en capacité de nous promettre que c'est bien 120 millions
03:32d'euros qui seront mis dans le budget l'année prochaine.
03:34Donc on sait qu'à la rentrée, des étudiants qui pourraient avoir accès au repas à 1 euro n'y
03:38auront pas accès, faute de structure, faute de moyens, faute de personnel.
03:41Parce qu'en fait, on a annoncé le repas à 1 euro, il est dans les faits en place, mais
03:45on ne le retrouve pas en crousse.
03:47Il existe dans les crousses.
03:48Le problème, c'est que quand on a des restaurants qui ne peuvent accueillir que 200, 300, 400 étudiants,
03:53mais que c'est plus de 800, voire 1000 étudiants qui passent chaque midi pour se nourrir et qu'il
03:58n'y a pas assez de personnel pour servir,
04:00qu'il n'y a pas assez de fours, il y a des crousses où il y a un four
04:02sur quatre qui fonctionne.
04:03Dans les faits, le repas à 1 euro, il existe.
04:05Mais est-ce que dans les restaurants universitaires, dans les cafétérias, ça se traduit par un accès généralisé et équitable
04:10pour tous les étudiants ?
04:12Non.
04:12Et ça, c'est ce qu'on a vu au mois de mai, quand les campus universitaires ne sont pas
04:15forcément hyper pleins.
04:16Donc nous, ce qu'on attend de voir, c'est aussi au mois de septembre, comment les crousses vont pouvoir
04:19faire face,
04:20alors que le budget qui a été aligné par le gouvernement n'est pas le bon.
04:23Le budget n'est pas le bon.
04:25Dites-vous, vous réclamez plus aussi, il faut le préciser, à l'UNEF, une allocation d'autonomie de 1288 euros
04:31par mois pour chaque étudiant.
04:32Ce n'est pas un chiffre choisi au PIB, c'est précisément le seuil de pauvreté que l'on citait.
04:37Mais dans le contexte budgétaire actuel et à neuf mois de la présidentielle, vous me voyez venir, qui peut y
04:42croire ?
04:44Le milieu étudiant, cette revendication, elle est majoritaire depuis plusieurs années dans le milieu étudiant.
04:48Et encore une fois, les choix budgétaires sont avant tout des choix politiques.
04:51Parce que là, on voit des rapports fleurir pour expliquer qu'il faudrait tailler dans les prestations sociales.
04:55Mais si le gouvernement cherche de l'argent, il peut aller prendre dans les milliards d'euros,
04:59les centaines de milliards d'euros qui sont donnés à des entreprises chaque année sans aucune condition.
05:02Il y a des fonds.
05:04Simplement, le gouvernement a fait le choix de ne pas investir massivement dans la protection sociale des étudiants.
05:09Citez les différents rapports qui peuvent émerger.
05:12Il y a ce rapport de l'inspection générale des finances et de l'inspection générale des affaires sociales
05:15qui propose de prendre en compte les revenus des parents dans le calcul des APL étudiantes.
05:20Ça, c'est une nouvelle menace potentielle pour vous ?
05:22Ou c'est finalement aussi justice que de se dire qu'il y a des élèves, des étudiants,
05:26qui sont peut-être plus aisés que d'autres et qui bénéficient tout de même de l'APL ?
05:30Pour nous, ce n'est pas une justice.
05:32En fait, c'est une attaque et ça résume bien comment aujourd'hui on prend en compte la jeunesse,
05:36comment on prend en compte les étudiants.
05:37Aujourd'hui, on considère qu'un étudiant, il est majeur légalement, mais pas socialement.
05:42Et ça se traduit par un système d'aide qui est absolument calculé sur tous les revenus parentaux,
05:47à part les APL, justement.
05:48C'est la seule aide qui est calculée sur les besoins propres de l'étudiant.
05:51Et nous, à l'UNEF, on rappelle que les étudiants ne sont pas l'appendice de leurs parents,
05:55qu'ils ne payent pas avec la carte bleue de leurs parents leur vie étudiante.
05:58Donc non, ce serait une mesure d'injustice sociale.
06:00Encore une fois, pour faire peser le désinvestissement de l'État sur le dos des étudiants.
06:04Et ça se traduit également par des propositions qui fleurissent sur financer l'université
06:09avec des frais d'inscription multipliés par cinq.
06:10Donc en fait, oui, ces propositions de supprimer des APL pour des étudiants
06:14ou alors d'augmenter les frais d'inscription, ça traduit à eux seuls le projet du gouvernement
06:18pour l'enseignement supérieur, pour la jeunesse, qui est de désinvestir, de précariser.
06:23Et là, on parle de chiffres, évidemment, mais derrière ces chiffres-là,
06:27il y a des vies étudiantes, il y a des réalités de renoncement, de salariat, de misère.
06:32Et nous, on aimerait bien qu'aujourd'hui, le gouvernement entende nos revendications,
06:35qui sont des revendications majoritaires chez les étudiants aujourd'hui.
06:38Merci beaucoup Manon Moret, secrétaire général de l'UNEF.
06:41Merci d'être venu détailler ce qui se cache derrière ces chiffres dans votre rapport,
06:45l'augmentation du coût de la rentrée pour les étudiants, de la vie étudiante,
06:49pas que de la rentrée, c'est toute l'année évidemment.
06:51Manon Moret, merci beaucoup, ça vous fait réagir, vous composez le 3216.
06:54N'hésitez pas.
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