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  • il y a 23 heures
Ce lundi 5 octobre, Antoine Larigaudrie vous présente le coffre-fort dans son émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, le coffre-fort.
00:05Et nous sommes avec Antoine Lebouteiller de chez Christie's.
00:08Bonjour.
00:09Bonjour Antoine.
00:10Alors, vous n'avez pas pu échapper, il y avait encore des pubs à la radio ce matin,
00:14un grand sujet sur une radio concurrente.
00:17Cet automne, c'est quand même l'automne des impressionnistes.
00:20À tort et à travers, on en a beaucoup, beaucoup, beaucoup.
00:23Mais là, on va s'intéresser à une vente qui a lieu chez Christie's.
00:27Christie's.
00:27Alors, c'est vrai que depuis la rentrée, d'ailleurs,
00:30on s'intéresse au phénomène des collectionneurs
00:32qui promeuvent certains mouvements d'art très précis
00:35et qui en font la renommée.
00:37Là, on va vous parler d'un collectionneur qui s'appelle Durand Ruel
00:42et qui, non seulement, a été un des grands promoteurs dans l'impressionnisme,
00:45mais lui, il les a connus, les peintres.
00:47Il est allé les voir, il leur parlait, c'était ses amis.
00:52Ce n'est pas souvent qu'on a beaucoup de grands mécènes
00:56qui financent l'art, qui, bon, voilà, ont un rapport assez formel,
01:00on va dire, avec les artistes.
01:01Lui, voilà, il partageait leur quotidien et c'est un peu partie d'eux.
01:06Et c'est quelqu'un qui a connu les plus grands noms de la peinture de cette époque.
01:10Absolument.
01:10Et c'est surtout quelqu'un qui les a découverts,
01:13qui les a promus et qui en a fait ce qu'ils sont aujourd'hui.
01:16Parce que Paul Durand-Ruel, donc, Paul Durand-Ruel,
01:18il est né en 1831 dans une famille de marchands
01:22qui vendait plutôt de l'art classique,
01:25ce qu'on appelait l'école de Barbizon,
01:27Corot, Bias de la Pena, Dupré.
01:31Et c'est en 1855, lors de l'exposition universelle,
01:34qu'il a un choc artistique devant une œuvre de Jeanne de la Croix.
01:38Il se dit, c'est vraiment l'art vivant sur l'art académique.
01:42Et c'est une façon de se dire,
01:44je vais sortir de l'esthétique actuelle
01:46pour proposer quelque chose de nouveau.
01:47On va aller au-delà du Codifié.
01:50On va aller au-delà du Salon des Beaux-Arts,
01:52du Salon classique des peintres,
01:57comme Cabanel, etc.
01:59Et il rencontre effectivement,
02:01pendant la guerre franco-prusse,
02:03il s'exile à Londres,
02:05il rencontre Monet et Pissarro,
02:07qui étaient aussi exilés,
02:09qui commençaient déjà à peindre,
02:11coup de cœur artistique.
02:13En rentrant à Paris,
02:15il fait la rencontre de tous les autres copains de Monet
02:17et de Pissarro au Ciselet,
02:19Degas, Marie Cassat, Morisot.
02:22Renoir aussi, non ?
02:23Renoir, effectivement,
02:24qui était très très proche de Deux-Mont-Royens.
02:27C'est-à-dire que Morisot, effectivement.
02:28Donc déjà une femme artiste avec Cassat.
02:30Oui, totalement.
02:31Et là, il s'est dit, je les expose.
02:33Je les expose, je vais les défendre,
02:34c'est un art auquel je crois.
02:35Et évidemment, il se prend un mur.
02:37Ah mais, impressionniste, à l'origine,
02:40si j'ai bonne mémoire,
02:40c'est une insulte, en fait.
02:41Oui, alors Les Impressionnistes,
02:43c'est une expression qui vient de Louis Leroy,
02:48critique d'art,
02:49qui en 1874,
02:51alors que ses peintes étaient refusées du salon,
02:54décide de monter leur propre salon des refusés,
02:56donc monte la première exposition des impressionnistes
02:59à l'atelier Nadar,
03:00le photographe en 1874.
03:02Et devant, Impression, Soleil, Levent,
03:04le fameux tableau de Claude Monet,
03:06le critique lui dit,
03:07c'est qu'une impression,
03:08c'est une esquisse,
03:08c'est une ébauche,
03:10c'est vraiment un tableau
03:10qui n'est pas du tout
03:12dans l'esthétique de l'époque.
03:13Et lui, il fait le meilleur des compliments.
03:14Et donc, de cette impression,
03:15effectivement,
03:16de cette expression,
03:17il en tire le nom du mouvement.
03:21Extraordinaire.
03:21Et donc, oui, voilà,
03:22on sort de l'art académique,
03:24on est sur le figuratif pur,
03:26l'instinctif, j'allais dire,
03:28c'est...
03:29Voilà, exactement.
03:30Quand ses peintres-là peignent un paysage,
03:32peignent un bouquet de fleurs,
03:33c'est pas forcément ce qu'ils veulent peindre
03:35qui est derrière le message.
03:37Le message, c'est une impression.
03:38C'est aussi une expérience,
03:40une expression de la lumière,
03:41une expérience de la couleur,
03:44une expérience de l'atmosphère,
03:46de la vibration.
03:47Donc, c'est, voilà,
03:48toute cette touche libre,
03:50très libérée,
03:52très instinctive,
03:53très colorée aussi.
03:54Voilà.
03:55Alors, c'est vrai
03:56qu'il y a une forme de paradoxe
03:58avec l'impressionnisme,
03:59c'est-à-dire que c'est né
04:00de quelque chose
04:00qui refusait les canons de l'époque.
04:03Mais dans le marché de l'art,
04:04maintenant,
04:05c'est devenu le truc
04:06un peu la tarte à la crème,
04:07genre,
04:08on va encore parler
04:09des impressionnistes.
04:10Waouh !
04:11Mais dites,
04:11c'est...
04:12Effectivement,
04:13c'est devenu une pièce maîtresse
04:14du marché de l'art
04:15et de n'importe qui
04:16qui veut collectionner,
04:17qui veut acheter une oeuvre
04:19à des fins patrimoniales,
04:20j'allais dire.
04:21Oui, tout à fait.
04:22Alors, oui,
04:23vous parlez de goût
04:24de tarte à la crème.
04:24Alors, c'est un goût
04:25qui, à une certaine époque,
04:27a énormément plu.
04:28Alors, les impressionnistes
04:29ont connu aussi
04:29le succès de leurs vivants.
04:31Durand Ruel connaît
04:32dès 1886 aux Etats-Unis
04:34un succès majeur,
04:35les peintres sont renommées
04:36et reconnues.
04:37Les musées commencent
04:38à acheter dès 1900,
04:39même un peu avant
04:40pour certains musées
04:42internationaux.
04:43Et le marché
04:45a fait en sorte
04:45de toujours reconnaître
04:46et présenter
04:47ces artistes impressionnistes.
04:49Et la cote des impressionnistes
04:49depuis un siècle et demi,
04:51elle est en constante augmentation.
04:53Elle a connu, évidemment,
04:54des petits élabs
04:57en parallèle
04:57des crises économiques.
04:58On se souvient
04:59de la crise au Japon
05:01dans les années 90
05:01où le marché
05:02des impressionnistes
05:03avait un petit peu
05:04pris un coup
05:04parce que les Japonais
05:05n'achetaient plus.
05:07Après, ça reste aussi
05:08une valeur refuge.
05:09Acheter un tableau
05:10impressionniste,
05:11c'est placer son argent
05:12intelligemment.
05:13On ne va pas forcément
05:17avoir un retour
05:18sur investissement
05:18de 3 ou 4 % par an.
05:20En tout cas,
05:20on ne parlera jamais
05:20mais c'est une vraie
05:22réserve de valeurs
05:23et c'est un côté patrimonial
05:25par excellence.
05:26Est-ce qu'on peut juste,
05:27il nous reste
05:28un petit peu moins
05:29d'une minute trente,
05:32parler précisément
05:32de cette collection
05:33Paul Durand-Ruel.
05:34Oui.
05:35Peut-être quelques-unes
05:36des œuvres les plus marquantes
05:37et leurs estimations ?
05:38Oui.
05:39Alors,
05:39collection Paul Durand-Ruel,
05:40c'est une partie
05:41de la collection,
05:42évidemment,
05:43qui nous a été confiée
05:44par une partie
05:45de la famille.
05:45C'est 60 tableaux
05:46présentés le 22 et le 23 octobre
05:48chez Christie's à Paris.
05:49Une première vente
05:50de collection
05:51de 27 tableaux
05:52avec, on va dire,
05:53la crème de la crème,
05:54les quatre,
05:55Poulain,
05:56de Paul Durand-Ruel,
05:58Renoir,
05:59Monet,
05:59Pissarro,
06:00Sisley.
06:00L'œuvre phare de la vente,
06:02c'est
06:03Bordes falaises à Pourville
06:04de 1882,
06:05une œuvre de Claude Monet
06:06extraordinaire.
06:07Qui est très connue.
06:07qui s'inscrit
06:09dans une série
06:10des falaises de Normandie
06:11peintes entre 1882
06:13et plus tard,
06:141896-1997.
06:15Cette œuvre est estimée
06:16entre 11 et 15 millions d'euros.
06:18Vous avez aussi
06:19un très beau tableau
06:20de Renoir,
06:21estimé 4 à 6 millions d'euros
06:22de jeunes femmes
06:23au bord de la mer,
06:24pendant 1894,
06:25ce qui reprend,
06:26pareil,
06:27peut-être,
06:27ce thème des jeunes femmes
06:28au chapeau
06:29dans un paysage
06:31presque imaginé.
06:32On a une très belle vue
06:34du Louvre
06:34de Claude Pissarro
06:36de 1900
06:36qui s'inscrit aussi
06:37dans une série
06:38faite entre 1900
06:38et 1903.
06:39Et puis c'est un vrai
06:40témoignage historique,
06:41c'est ça qui est intéressant.
06:42Exactement,
06:42c'est un peu
06:42une vue topographique.
06:44C'est Pissarro
06:46qui loue un appartement
06:47en place Dauphine
06:47et pendant 3 ans
06:48va peindre
06:49la même vue
06:50du soir Saint-Galant,
06:52le pont des Arts,
06:53les façades du Louvre,
06:55le matin,
06:56le soir,
06:56l'après-midi,
06:58entre hiver,
06:59printemps et été.
07:00On a une très belle vue
07:02d'hiver,
07:03matin ensoleillé,
07:05estimée à 2-3 millions d'euros.
07:07Et en autre oeuvre phare,
07:10vous avez un très beau
07:11paysage enneigé
07:12des alentours de Louvre Sienne
07:13d'Alfred Sisley.
07:15Oui, ça,
07:15ça leur plaisait beaucoup
07:16et puis Sisley en particulier.
07:18Donc ces oeuvres
07:18en plus ont l'avantage
07:19de venir directement
07:20de la famille
07:21donc la provenance
07:22est impeccable.
07:22Elles ont toutes été achetées
07:23par port de l'Uran-Ruel
07:24et par descendance.
07:25Il n'y a aucun trou
07:25dans la provenance.
07:27Elles ont un pédiré exceptionnel.
07:28Vous achetez une oeuvre
07:30avec une provenance
07:31de l'Uran-Ruel,
07:31vous achetez une oeuvre
07:32de musée.
07:3322 octobre prochain,
07:35cette collection
07:35Durand-Ruel,
07:37Generation of Vision
07:38chez Christie's
07:39et des oeuvres
07:40évidemment exceptionnelles.
07:42Merci infiniment,
07:43Antoine Lebouteiller
07:44de chez Christie's.
07:46et des oeuvres

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