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  • il y a 12 minutes
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##L_INFO_ECO_PLUS-2026-10-04##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, le grand matin week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
00:05Bonjour Didier.
00:07Bonjour Anthony.
00:07Alors quand on parle de dette aujourd'hui, on ne parle pas seulement de celle de la France,
00:11on parle aussi de celle des acteurs de l'intelligence artificielle.
00:15L'information a fait grand bruit chez les investisseurs cette semaine,
00:18avec pour la société Anthropix et celle qui développe l'IA baptisée Claude,
00:23avec une valorisation cible pour sa prochaine introduction en bourse,
00:27tenez-vous bien, de 2 000 milliards de dollars.
00:30Et ce qui a fait aussi réagir, au-delà de ce montant faramineux,
00:33c'est que côté résultat, si le chiffre d'affaires de l'entreprise est en forte croissance,
00:38on parle de presque 5 milliards de dollars,
00:40elle fait aussi des pertes qui sont pratiquement du double, 8 milliards de dollars,
00:43et on cumule 42 milliards de pertes.
00:46Alors ce sont des chiffres qui font débat pour la consommation de cette intelligence artificielle,
00:50ces coûts de calcul, quand vous posez des questions,
00:53quand vous utilisez l'IA en un an, et c'est ce qu'elle paye aux géants Amazon, Google,
00:57et c'est plus de 7 milliards.
00:58Et ces chiffres de l'intelligence artificielle ne sont pas sans interroger sur leur viabilité,
01:02et ce n'est pas n'importe qui, car c'est la Banque d'Angleterre
01:06qui tire la sonnette d'alarme à ce sujet dans une note.
01:08Justement, quelles sont ces interrogations à la Banque d'Angleterre ?
01:11Alors l'avertissement de la Banque d'Angleterre signale l'accumulation
01:15de 450 milliards de dollars de dettes privées,
01:18c'est au niveau mondial, pour financer le matériel,
01:21l'IA, les puces, les fameuses puces Nvidia,
01:23les centres de données, les data centers ou les fermes d'énergie,
01:27derrière ce mirage un peu des valorisations,
01:30et bien la dernière d'Antropique, l'IA devient un peu une industrie lourde,
01:33c'est-à-dire qu'il faut que ces investissements importants que j'évoquais,
01:36et la question qui se pose sur ces investissements,
01:39le ROI, comme disent les financiers, le retour d'un investissement,
01:42le retour sur investissement,
01:44car les entreprises clientes paient des abonnements,
01:46mais ces revenus, aujourd'hui, ne couvrent pas encore le coût colossal de ces serveurs.
01:50La Banque d'Angleterre prévient donc que si les gains de productivité dans les entreprises
01:54tardent à venir, la rentabilité ne sera pas au rendez-vous.
01:58Ça va créer un risque de bulle pour l'ensemble du secteur technologique.
02:02Des entreprises technologiques qui, aujourd'hui, avec de tels besoins financiers,
02:06sont en compétition avec des États qui, eux, ont besoin de financer leurs dettes.
02:10Alors justement, la France, cette semaine, s'est distinguée sur ce plan.
02:13Alors oui, le mur de la dette française est de plus en plus important,
02:17avec un niveau de dette qui se projetait à l'horizon 2027,
02:21de 121, pratiquement 122% du produit intérieur brut.
02:24Pour la France, il y a eu un programme d'émissions important,
02:28niveau record, pour 2027, c'est l'Agence française du Trésor,
02:31de 340 milliards d'euros d'obligations à moyen et long terme,
02:35qu'elle va placer sur les marchés mondiaux.
02:36C'est un record absolu.
02:38Et on voit aussi, cette semaine, que le taux de l'obligation assimilable du Trésor,
02:42l'OAT, de 10 ans, se rapproche dangereusement des 5%.
02:47Là aussi, c'est encore de nouveaux records,
02:49avec ce que regardent de près les investisseurs.
02:52J'ai eu l'occasion d'en parler ici.
02:53Le spread, c'est l'écart de rendement entre cette OAT française
02:57et le boon, l'obligation allemande.
02:59Là aussi, dépassement du seuil des 100 points de base.
03:01On a été à 128 points cette semaine.
03:04Eh bien, c'est du jamais vu depuis 14 ans.
03:06Et ce n'est pas fini.
03:07Réemprunter de nouveaux milliards pour rembourser les anciens prêts
03:10va coûter toujours plus cher à la France.
03:12Et les investisseurs mondiaux exigeant donc une prime de risque
03:15parce qu'ils doutent de la trajectoire budgétaire française.
03:18On sait que la situation politique est un peu chaotique dans le pays
03:21et ça inquiète les marchés obligataires.
03:22Le 29 septembre, donc le rendement d'obligation en 10 ans a atteint 4,8%.
03:27C'était son plus haut niveau depuis 2008.
03:29La France paie plus cher pour emprunter que la Grèce ou l'Italie
03:32qui étaient autrefois bien ceux qui préoccupaient la zone euro.
03:35Et elle apparaît, elle, de plus en plus comme le problème de la zone euro.
03:39Et l'info de cette semaine, technique mais importante,
03:42les crédits défauts de swap de la France qui se sont envolés au niveau le plus élevé en 13 ans.
03:47Ça veut dire que les investisseurs, en fait, ont de plus en plus peur
03:50que la France ne puisse pas rembourser ses dettes.
03:52C'est un niveau jamais vu depuis 13 ans.
03:54Et alors, pour se protéger, c'est le CDS, le prix de l'assurance.
03:57C'est une assurance contre la faillite de l'État français.
04:00C'est ce prix qui a explosé.
04:02Dernière fois que cette assurance a coûté aussi cher,
04:04c'était en 2011-2013, au moment de graves crises des dettes de la zone euro.
04:08On craignait l'effondrement de la Grèce, de l'Italie ou de l'Espagne.
04:12Est-ce qu'on peut déjà voir les changements pour les Français, l'économie réelle ?
04:15Alors, oui, parce que ce qu'on appelle le taux sans risque,
04:18ce taux d'emprunt de l'OAT, il sert de socle, on peut le dire,
04:20à tous les autres taux de notre économie.
04:22Si une banque ne prêtera jamais à une entreprise,
04:24en particulier à des taux inférieurs, si elle obtient en prêtant à l'État à ce niveau-là.
04:28Donc, on peut craindre un renchérissement,
04:30et ça a commencé du crédit immobilier sur un marché déjà déprimé.
04:34Côté entreprises, ce renchérissement aura aussi un impact,
04:37avec des conditions moins favorables.
04:38Une OAT à 5% et des écarts de rendement de 150 à 180 points de base.
04:45Certaines entreprises vont peut-être voir leur coût de financement
04:47approcher 6 ou plus de 7%, voire davantage,
04:50pour des signatures moins solides.
04:52Et ce qui n'est pas évoqué aujourd'hui par les politiques pour y répondre,
04:54c'est le poids sur le budget de l'État.
04:56Puisque la charge de la dette devient le premier poste budgétaire national,
05:00ça va réduire la capacité de l'État à relancer la croissance
05:02ou à faire des économies.
05:04Et si et là, ça ne répond pas à la situation réelle du pays.
05:06Alors, que ce soit dans la Silicon Valley,
05:08avec l'intelligence artificielle ou à Bercy,
05:10le message de la semaine est identique.
05:11La période de l'argent abondant et gratuit est bien et bien terminée.
05:15L'IA va devoir prouver ses bénéfices industriels
05:18pour justifier ses investissements.
05:19Tout comme la France va devoir rassurer les marchés
05:22pour éviter que sa facture d'intérêt ne paralyse son économie.
05:25Elle en est très loin pour l'instant,
05:27si l'on voit la trajectoire actuelle
05:28et surtout le programme des candidats.
05:31Merci Didier Testot.
05:32Merci Anthony.
05:32Merci Anthony.

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