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  • il y a 32 minutes

Édouard Philippe a dévoilé cette semaine son projet de réforme des retraites s’il est élu à l’Elysée. Dans une vidéo diffusée sur Youtube, l'ancien Premier ministre propose "de porter progressivement la durée de cotisation à quarante-cinq ans et l'âge de départ à 65 ans pour les Français qui le peuvent", afin de "retrouver l'équilibre de .notre système par répartition". Une proposition risquée qui pourrait le desservir dans sa campagne.

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Transcription
00:00C'est quoi le risque pour Edouard Philippe ?
00:01C'est d'être taxé, d'être le principal candidat libéral,
00:03si ce n'est le seul candidat libéral, si ce n'est le candidat ultra-libéral.
00:06Ça, ce serait évidemment une très très mauvaise opération.
00:08Le contexte n'est pas favorable au sacrifice.
00:10Ce qui était intéressant aussi en 2024,
00:12c'est que les arguments portaient essentiellement des défenseurs du projet
00:15sur des éléments financiers et démographiques.
00:17Mais ça n'opérait pas du tout auprès du grand public,
00:19c'est peut-être une réalité, donc les économistes peuvent en débattre,
00:21mais ça ne fonctionnait pas.
00:21Ce que les Français retenaient, c'était la brutalité.
00:23D'un coup, on nous dit qu'il va falloir travailler,
00:25non pas 62 ans, mais 64 ans.
00:27Et c'est des prix comme une sorte d'injustice.
00:29Donc il est là le risque pour Edouard Philippe.
00:31Je ferai juste un petit rappel sur ce qui était arrivé à François Fillon
00:33à l'automne 2016, archi-favori de l'élection présidentielle.
00:37C'était bien avant l'affaire Fillon.
00:38Il était au-delà de 30% dans les intentions de vote.
00:40Il n'y avait aucun problème, il serait le prochain président de la République.
00:42C'était le Premier ministre qui avait expliqué
00:44« Je suis à la tête d'un gouvernement, d'un pays en faillite ».
00:46L'une de ses principales mesures,
00:48qu'il avait énoncées à ce moment-là, avant l'affaire Fillon,
00:50je le répète, c'était la suppression,
00:51durant le quinquennat, de 500 000 postes de fonctionnaires.
00:54Il avait accusé un trou d'air très important.
00:56Alors qu'à l'époque, la droite était très clairement libérale,
00:59libérale économiquement conservatrice
01:00sur les questions sociétales.
01:01Ce n'est plus tout à fait la même chose aujourd'hui.
01:03Il avait subi un trou d'air assez inquiétant
01:05qui ensuite s'est muté en autre chose de bien plus grave pour lui, évidemment.
01:09On a fait une émission après les municipales ici
01:10pour dire qu'il retrouvait de l'air
01:12après sa réélection à la mairie du Havre.
01:14Depuis, ça a quand même plutôt été des trous d'air.
01:16Donc les trous d'air, ça ne veut pas dire la grande dépression.
01:18Il n'a pas décroché.
01:19Il reste toujours nettement devant Bruno Retailleau
01:21et significativement détaché par rapport à Gabriel Attal,
01:24mais pas assez.
01:25On le dit, il y a eu ce petit rebond.
01:27En ce moment, c'est qu'on est quand même dans cette espèce de faux plat
01:30où il marque le pas.
01:31Peu de gens sont capables de dire
01:32quelle a été la dernière proposition impactante d'Edouard Philippe.
01:36On se souvient qu'il a fait des frites avec Gérald Darmanin.
01:38Il y avait des éléments de communication pour exister.
01:41Des cartes postales, comme on dit, mais pas tellement plus.
01:43C'est quand il a proposé, il y a quelque temps,
01:44une réunion à la Toussaint en disant
01:46« il est temps d'être raisonnable, il faut qu'on se parle ».
01:48On n'a pas senti l'autorité du chef de camp
01:50et les autres lui ont dit
01:51« il sera bien le temps de se parler encore plus tard ».
01:53Après, il cherche à se démarquer aussi d'Emmanuel Macron.
01:56Oui, c'est une vraie difficulté.
01:58C'est une difficulté à laquelle est confronté aussi Gabriel Attal.
02:00Il a posé des actes.
02:02Il ne faut pas être complètement malhonnête à ce sujet-là.
02:04Mais quand même, le fait d'être identifié comme un sortant,
02:06c'est quelque chose qui lui colle au basque.
02:08C'est vrai qu'on a vu les scores de popularité
02:09d'Emmanuel Macron au plus bas depuis 2017.
02:12Ça, ça pèse.
02:13Gabriel Attal, qui est assez fourre dans sa façon d'exister,
02:16qui cherche évidemment à polluer la campagne d'Édouard Philippe
02:18et à montrer que lui a d'autres atouts,
02:21c'est ce qu'on entendait.
02:21Il commence par dire
02:22« en gros, il n'y a rien de nouveau avec Édouard Philippe,
02:24c'est tout ce que vous avez détesté,
02:25c'est Emmanuel Macron 2022 ».
02:27Donc certes, Emmanuel Macron a été élu.
02:29Ça peut être la façon optimiste de regarder les choses chez Horizon.
02:32Mais voilà, il n'y a pas de différenciation.
02:33Et pour ne rien arranger,
02:34on a eu un sondage encore il y a quelques jours.
02:36Je rappelle que le principal atout d'Édouard Philippe
02:38pendant longtemps,
02:38c'est de se présenter comme étant le seul en situation
02:41de pouvoir battre Marine Le Pen dans un deuxième tour.
02:43C'est un marqueur différenciant.
02:45Voilà, la dernière étude qu'on a eue,
02:46c'est 57% pour Marine Le Pen,
02:4843% pour Édouard Philippe.
02:50Donc je ne sais pas si c'est un décrochage
02:51dont on ne se relève pas,
02:52mais je pense que c'est un tout petit peu
02:54un manque de lucidité
02:54si on ne peut pas y voir une forme de trou d'air.

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