- il y a 9 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On revient sur la contestation lycéenne et étudiante qui a dégénéré en plusieurs points du pays.
00:05C'est vrai qu'on a regardé ce qui s'est passé à Marseille.
00:07L'image la plus spectaculaire, les dégâts les plus spectaculaires sont venus de Nantes avec l'incendie du hall du
00:13lycée Nelson Mandela.
00:15On va retrouver notre journaliste, journaliste indépendante qui est à Nantes pour BFM TV.
00:19Alors c'est vrai que ce soir, on ne peut que constater les dégâts sur place.
00:25Oui, c'est ça. Comme vous le voyez sur les images ici, je suis dans le centre de Nantes, sur
00:30l'île de Nantes.
00:30Et un incendie s'est déclaré dans l'enceinte du lycée Nelson Mandela qui avait été inauguré en 2014.
00:35On n'en sait pas encore plus sur les circonstances de l'incendie, mais il s'agirait d'un incendie
00:39volontaire selon la proviseur adjointe.
00:41D'après les lycéens qui étaient sur place, que j'ai pu interroger, des jeunes extérieurs au lycée seraient responsables
00:46du départ du feu.
00:48L'ensemble de l'établissement a été évacué quand le feu a commencé à se propager.
00:52Les dégâts sont très importants, comme vous pouvez le voir.
00:55Il y a le hall qui est partiellement détruit, mais aussi une partie de l'internat et des salles de
00:59classe.
01:00En tout, 62 pompiers ont été mobilisés depuis ce matin.
01:04Le feu est maîtrisé, mais les pompiers ont intervenu toute la journée sur cet incendie.
01:10Merci. En direct de Nantes, notre journaliste, journaliste indépendante.
01:15Il y a aussi les facs qui se sont mobilisés aujourd'hui.
01:18Réane Nézard, bonsoir. Vous êtes professeure des universités en finances publiques.
01:22Votre fac était bloquée. C'est laquelle ?
01:25Ville Tanneuse.
01:27Ça a été indiqué des dizaines de centres universitaires depuis ce matin.
01:32Alors, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça y est, on est dans la convergence des luttes
01:34et que c'est un mouvement qui peut prendre de l'ampleur,
01:38qui peut, dans les prochains jours, gagner vraiment toute la France ?
01:41C'est évidemment une possibilité. Je pense que c'est la crainte aujourd'hui des autorités.
01:45Moi, juste, je voulais revenir sur ce qui a été dit. Je pense qu'il faut être très clair,
01:49et c'est le rôle des responsables syndicaux, des responsables politiques,
01:52je pense de la communauté enseignante, et c'est pour ça que j'essaie de relier ce message.
01:57C'est un message quand même d'appel au calme et de condamnation sans ambiguïté de toutes les violences.
02:02Parce que la condition, si on veut pouvoir trouver un débouché à des revendications,
02:06qu'à titre personnel, je trouve, pour une large partie légitime,
02:10sur la question des horaires et des emplois du temps,
02:14sur la question de l'état de délabrement de certains locaux, de lycées, de collèges,
02:18ça vaut aussi d'ailleurs pour les écoles, dans le premier degré, ou dans les universités,
02:21sur la question du non-remplacement des enseignants, etc., etc.,
02:24ce sont des revendications, franchement, qui sont parfaitement légitimes.
02:28Mais pour qu'on puisse y trouver un débouché, il va falloir organiser rapidement,
02:32le plus rapidement possible, un dialogue avec le gouvernement,
02:34et derrière, et donc on ne peut pas qualifier le gouvernement d'ennemi
02:37si on veut qu'un dialogue se noue avec lui.
02:40Il faut pouvoir, même s'il y a des différences, mais vous avez parfaitement le droit.
02:43Mais c'est vrai que, de toute façon, il faut toujours négocier avec son ennemi.
02:45Évidemment, et tous les mouvements sociaux, qu'ils soient lycéens, étudiants,
02:48ou d'autres mouvements sociaux, pour trouver à la fin un débouché,
02:52ont dû négocier avec le gouvernement.
02:54Parce qu'on a du mal à voir concrètement quelles sont les revendications.
02:57Alors, on nous parle de lycée délabré, là, dans un autre lycée,
03:01c'est des problèmes d'emploi du temps, dans un troisième,
03:03c'est des proches qui ne sont pas remplacées,
03:05mais voilà, ça va être compliqué d'y répondre.
03:07En fait, c'est des choses très concrètes.
03:08Nous, à Ville Tanneuse, on a eu le plafond d'un Cruz qui s'est effondré.
03:13Alors, il n'y a pas eu de victimes, il y a eu des personnes qui ont été blessées,
03:16mais rien de grave, fort heureusement.
03:19Non, non, mais bien sûr, mais qui sont finalement en bonne santé.
03:21Mais ça fait partie de choses...
03:22Ils n'ont pas remarché pendant six mois au moins.
03:25J'allais dire...
03:26Oui, en tout cas, j'allais dans le sens quand même des revendications étudiantes.
03:31C'est quand même de dire qu'il y a des problèmes, par exemple, de locaux
03:34qui nécessitent d'être rénovés depuis des années,
03:36et ça n'a pas été financé.
03:37On peut en parler ensuite sur les questions budgétaires.
03:39Ça, c'est une revendication très concrète.
03:42Exactement.
03:42Donc, le gouvernement veut faire des économies, donc ça tombe mal.
03:44Justement.
03:44Et donc, c'est ça qui est critiqué.
03:45C'est le fait de dire qu'il n'y a pas assez d'investissements qui sont faits
03:48dans l'éducation, dans l'enseignement supérieur,
03:51et finalement, globalement, dans la jeunesse.
03:52Et ça, c'est parfaitement légitime.
03:53Vous disiez qu'on pourrait se rejoindre,
03:55mais on sent qu'il y a quelque chose qui bloque chez vous
03:57dans le fait de rejoindre la lutte.
03:59C'est le problème.
03:59Mais non, non, moi, je ne suis pas dans la lutte, je suis enseignant.
04:01Je sais bien.
04:02Moi, je suis dans l'action, je ne suis pas dans la lutte.
04:03Je sais, mais je vous ai vous tiqué plusieurs fois
04:05quand on a parlé d'ennemis, de violences policières,
04:08de racisme systémique.
04:09Parce que ça ne mène à rien, ce débat.
04:10Parce que, enfin, pardon, ce n'est pas votre plateau qui ne mène à rien.
04:13Non, bien sûr.
04:13C'est intéressant.
04:13Je veux dire, d'opposer comme ça les gens, les citoyens français
04:16ou les étudiants étrangers, peu importe leur nationalité,
04:18mais ça ne mène à rien.
04:19Si on veut sortir de...
04:21Si on veut apporter un débouché à ces revendications,
04:23il faut qu'on puisse les poser calmement sur la table.
04:26Et ce n'est pas dans la violence,
04:27ce n'est pas avec des casseurs qu'on va y arriver.
04:30Et je prends juste une phrase pour terminer.
04:33Moi, ce sur quoi je dis à titre principal,
04:35c'est que j'ai des collègues qui se font agresser.
04:37Je veux dire, ce sont des gens.
04:38Mais pas que par des lycéens, d'ailleurs.
04:40Parfois par des casseurs qui n'ont rien à voir avec des lycéens.
04:42Et donc, si on n'est même pas capable...
04:43Pourquoi ils ne font pas le ménage ?
04:44Pourquoi on n'arrivait pas à faire le ménage ?
04:46Mais ce n'est pas leur rôle !
04:47Si, ils voient quand même qui vient de leur côté.
04:49Sinon, c'est la police qui le fait.
04:51Quand c'est la police qui le fait...
04:52On ne peut pas demander aux lycéens de se débarrasser des casseurs
04:53qui sont très violents.
04:54C'est pas ça, mais si tu veux...
04:56Vous savez très bien...
04:57Oui, mais ce n'est pas très organisé, là.
04:58Vous savez très bien que vous pouvez être noyauté
05:00par une bande de casseurs qui ne vient pas pour vous aider,
05:03mais qui vient pour se faire la police.
05:04Quand la police intervient,
05:05vous dites que la violence est systémique dans la police.
05:08Écoutez, nous, on se mobilise dans toutes nos universités.
05:12On a mis en place un kit de mobilisation
05:14pour que les étudiants et les lycéens sachent
05:16pouvoir se mobiliser dans de bonnes conditions
05:19avec des kits d'affiches.
05:22Écoutez, le mouvement, il a pris une ampleur
05:24qui est très grande.
05:25On l'a vu le 29 à l'appel des organisations syndicales,
05:29professionnelles, une journée de mobilisation
05:30contre la casse des services publics.
05:33Aujourd'hui, ça dépasse le mouvement étudiant,
05:35ça dépasse le mouvement lycéen.
05:36Quand on vient habillé en noir avec le drapeau de la Palestine
05:38et qu'on vient casser, ça, vous dites que c'est OK ?
05:40Qui vient casser ?
05:42Qui vient casser ?
05:43Qui vient brûler ?
05:44C'est l'union étudiante qui a créé en cassant.
05:45Non, c'est ce que je suis en train de vous dire.
05:46Quand on vient à vos côtés,
05:47qu'on vient en noir avec des drapeaux de la Palestine
05:49et qu'on vient casser, vous dites OK ?
05:51Je ne vous laisserai pas détourner le regard
05:52du principal problème,
05:54qui est que des lycées tombent en ruine.
05:55À chaque fois, on nous invite
05:58pour nous parler des faits divers.
06:01Sauf que la réalité, c'est qu'en face,
06:04on subit des intimidations
06:05et des violences de la police
06:06qui ne nous feront pas taire.
06:07Ce n'est pas les faits divers
06:08quand les enseignants sont agressés.
06:10Vous pensez éteindre le mouvement
06:11en parlant sans cesse des casses
06:14et des poubelles qui brûlent.
06:15En face, on a des étudiants
06:16qui sont déborgnés.
06:17Non, mais c'est...
06:18Madame, c'est ces violences qui risquent...
06:20Et d'ailleurs, nous sommes d'autant plus nombreux
06:20et nombreuses.
06:21Nous appelons d'ailleurs, ce mardi 6 octobre,
06:24à une mobilisation massive,
06:26à une manifestation dans tout le pays.
06:28Ce que vous ne comprenez pas,
06:29c'est que ces violences
06:30risquent de tuer votre mouvement.
06:32Ces violences risquent de tuer votre mouvement.
06:33Ça va être décrédibilisé.
06:34Oui, décrédibilisé.
06:35Alors, je voudrais qu'on donne la parole
06:36à tout le monde.
06:36Nous, on n'incite pas à brûler des poubelles
06:39ou à la violence.
06:40Ce n'est pas du tout ce qu'on fait.
06:41On incite à s'organiser.
06:42On donne les outils
06:43pour que les étudiants puissent s'organiser
06:45et puissent faire entendre leurs revendications.
06:48Pour le reste, ce sont des faits divers.
06:50J'aimerais bien qu'on parle du four.
06:52Attendez, je voudrais qu'on donne
06:52la parole à tout le monde.
06:53Hugues Poirier est avec nous.
06:55Il est principal de collège.
06:56Ce qu'il fera dans ce mouvement,
06:57vous êtes secrétaire général adjoint
06:58du syndicat FSU Personnel de Direction,
07:00c'est qu'effectivement,
07:01moi, c'est la première fois
07:02que je vois dans un mouvement lycéen
07:05du personnel éducatif pris à partie
07:07par, je ne sais pas comment les appeler,
07:09des lycéens, des casseurs, etc.
07:11Ça, c'est quand même une première.
07:12C'est vrai que je travaille dans un collège
07:15qui joue un lycée polyvalent tout neuf
07:18qui, il y a trois ans, reconstruit.
07:20Et pour autant, il y avait 200 jeunes ce matin
07:23qui étaient à sa grille,
07:24qui ont fait le tour du quartier
07:26pour ramener des poubelles,
07:27pour y mettre le feu.
07:29Le proviseur s'est reçu des objets,
07:31l'adjointe aussi.
07:33La police a été chargée
07:34par les jeunes qui étaient là.
07:39Il faut se mettre autour de la table
07:41pour écouter cette jeunesse
07:43qui réclame moins d'élèves par classe,
07:45du temps pour déjeuner,
07:47des plages horaires.
07:48Tout ça, ça se construit ensemble.
07:49Mais je n'ai pas vu d'écoute.
07:52C'est-à-dire qu'on n'a pas ouvert le lycée ce matin
07:54pour écouter les revendications.
07:56On avait 200 à 300 jeunes
07:58qui étaient là pour brûler les poubelles, etc.
08:01À tel point que ça a fait peur
08:02aux petits sixièmes qui se demandaient
08:04ce qui se passait.
08:05Parce qu'on entendait régulièrement
08:08des bonbonnes sous pression
08:12qui sautaient, etc.
08:15Et par derrière,
08:16on a des flyers qui tournent
08:17sur bloquer les collèges de la ville.
08:19Flyers de qui, de quoi ?
08:21Pardon ?
08:21Des flyers signés de qui, de quoi ?
08:23Des flyers qui viennent sur TikTok.
08:24C'est signé par personne.
08:25C'est sûrement construit par l'IA.
08:27Mais ils sont là,
08:28donc ils bloquent...
08:29On appelle à bloquer aussi des collèges.
08:31Ils appellent à bloquer les collèges.
08:32Et donc, alors que, franchement,
08:35on a aussi nos besoins,
08:37c'est certain.
08:38Mais en tout cas,
08:40ce matin,
08:41il n'y avait pas de dialogue
08:41entre ces jeunes.
08:43Le proviseur,
08:44il n'a pas pu monter son CVL
08:46ce matin pour poser les choses
08:47et pour dire
08:48et faire remonter au ministre
08:49quelles sont les doléances
08:51des élèves.
08:51Vous êtes inquiet ?
08:52Vous avez peur un peu
08:53de la manière dont on se met ?
08:55Alors, on peut être inquiet
08:57parce qu'effectivement,
08:58on nous demande à nous
08:59de ne pas nous mettre en avant,
09:00de ne pas sortir éteindre
09:02les feux de poubelle
09:03afin de...
09:04Voilà.
09:05Et d'appeler les pompiers
09:06en cas de feu.
09:07Ça fait que si le bâtiment brûle,
09:10on se dit
09:10mais qui est-ce
09:11qui va l'arrêter l'incendie ?
09:13Mais on a entendu
09:14Édouard Philippe
09:15nous dire
09:15que tous les lycées du Havre
09:17seront fermés demain.
09:19Est-ce que pour apaiser
09:20la situation,
09:21ça serait une solution ?
09:22C'est-à-dire que demain,
09:22on ferme les lycées ?
09:23Alors, là,
09:24je vois que le ministre,
09:25il nous a écrit,
09:26nous, au personnel de direction,
09:28demandant de réunir
09:29nos CVL
09:30pour faire remonter
09:31les demandes des lycéens.
09:33C'est-à-dire,
09:33c'est retourner
09:34le plus possible au calme,
09:36ouvrir les lycées,
09:38continuer le travail
09:39et recevoir les déléances
09:40et les faire remonter.
09:42Après,
09:42en Ile-de-France,
09:44on n'a pas eu
09:44de telle demande
09:46de fermer
09:47des établissements,
09:47des lycées
09:48ou des collèges
09:49parce que la situation
09:50n'en est pas là
09:52et que si,
09:53effectivement,
09:54le lycée ne peut pas ouvrir,
09:55on nous demande
09:55de faire du téléenseignement.
09:57donc de continuer
09:59d'opérer
10:00la continuité pédagogique.
10:02Monsieur le député européen
10:05du Rassemblement national,
10:06Alexander Nikolic,
10:07comment on sort
10:08de cette situation ?
10:09Tout d'abord,
10:10on apaise les choses
10:11et on répond aussi
10:12peut-être
10:12à revendications
10:13qui ne peuvent pas
10:13être juste.
10:14Il faut les comprendre
10:14les revendications
10:14parce que,
10:16madame,
10:16vous êtes porte-parole
10:17d'un des principaux
10:18syndicats étudiants.
10:20Vous nous dites
10:21la case du service public,
10:22d'accord,
10:22mais derrière,
10:23on ne comprend pas très bien
10:24quelles sont les revendications
10:25précises,
10:25sincèrement.
10:28C'est dommage
10:29que vous ayez utilisé
10:29votre temps de parole
10:30pour dire plutôt
10:31que c'était des agressions
10:31de la police
10:32ou parler de choses
10:34qui n'ont rien à voir.
10:35Et quand on vous demande
10:36de condamner les violences,
10:37vous dites
10:38on ne les a pas,
10:38ce n'est pas nous
10:39qui avons fait ces violences,
10:40mais en aucun cas
10:40vous avez dit
10:41on condamne les violences.
10:41Dans les violences,
10:42oui,
10:42il y a des forces
10:43de l'ordre blessées,
10:4483 aujourd'hui,
10:45enfin hier,
10:46mais ça va encore augmenter.
10:48On a vu un proviseur
10:50dans le Pas-de-Calais
10:51qui s'est fait tirer dessus
10:51à coup de mortier
10:52qui est blessé,
10:53un autre à Rouen,
10:54des professeurs
10:55qui ont été frappés,
10:57il y a eu des attaques
10:57à l'acide.
10:58Enfin pour des hommes,
10:59des femmes,
11:00par exemple,
11:00forces de l'ordre
11:01qui vont essayer
11:01de ramener l'ordre
11:02et qui se font attaquer
11:03à l'acide,
11:04qui prennent le risque
11:05d'être défigurés,
11:06évidemment qu'il faut
11:07évidemment condamner ça.
11:09Quand on parle
11:09de ce lycée à Nantes
11:10qui date d'il y a 12 ans
11:12où on a mis 75,5 millions
11:14d'euros sur ce lycée
11:15et qui est aujourd'hui cramé,
11:17à quoi ça sert ?
11:17On n'améliore pas
11:18les conditions d'un lycée
11:19en le brûlant.
11:23nationale en saccageant
11:24les établissements scolaires
11:25ou en brûlant
11:26des poubelles devant
11:27et en étant violent.
11:29Donc évidemment,
11:29à la base,
11:30il faut d'abord dénoncer
11:32ces violences graves
11:33parce que ça ne réglera
11:34pas le problème.
11:35Et c'est évidemment
11:36très grave
11:37parce qu'il y a
11:37des victimes derrière.
11:38Le ministre de l'Éducation
11:39nationale annonce
11:39qu'il recevra demain
11:40les associations lycéennes
11:42et les parents d'élèves.
11:43Il vient de le dire.
11:43Mais à un moment,
11:44il va falloir une responsabilisation
11:45parce qu'il va falloir
11:46je pense une personnalisation
11:47des peines.
11:48Donc ceux qui cassent,
11:49c'était dit par l'édit
11:50par Philippe,
11:50mais là-dessus,
11:51on est d'accord.
11:51Oui,
11:52ceux qui cassent
11:52doivent payer.
11:53Ceux qui encouragent
11:55la casse.
11:56Et je pense à la France
11:57Insoumise,
11:57effectivement,
11:58et là,
11:58on a entendu certains slogans
11:59de la France Insoumise
12:00tout à l'heure,
12:01mais c'est-à-dire qu'un parti
12:02qui aujourd'hui dit
12:03à ses représentants
12:04aller là-bas,
12:06encourager les mouvements,
12:08tout ça,
12:09la violence est légitime
12:10comme l'a dit
12:11Baligayoko
12:11qui dit que même
12:13sur la forme,
12:14il refuse de condamner
12:15y compris les violences
12:16que je viens d'évoquer.
12:18Évidemment qu'il y a
12:19une responsabilité
12:20très importante.
12:21Alors,
12:21on vient donc d'apprendre
12:22qu'Edouard Geffray
12:23va recevoir des associations
12:24lycéennes demain
12:25et des associations
12:26de parents d'élèves.
12:27Vous irez ?
12:28On est un syndicat étudiant.
12:30Donc,
12:30vous n'irez pas ?
12:31Si on n'a pas d'invitation,
12:33ça sera compliqué.
12:34En tout cas,
12:34si on est invité,
12:35si on est invité,
12:36on est très friand
12:38de donner nos revendications.
12:40Pour le coup,
12:41on revendique
12:42le revenu d'autonomie
12:43à hauteur de 1 288 euros
12:44par mois
12:45pour permettre
12:45à tous les étudiants
12:46de pouvoir vivre
12:47dans des conditions dignes
12:48puisqu'aujourd'hui,
12:49vous avez une précarité étudiante
12:50qui explose.
12:51Un étudiant sur deux
12:52ne mange pas à sa faim.
12:5344% des étudiants
12:55doivent se salarier
12:56pour pouvoir
12:56se loger
12:57ou se nourrir.
12:58On demande également
12:59la revalorisation
13:00des bourses
13:01et l'encadrement
13:01des loyers
13:02puisque vous avez
13:03à cette rentrée
13:0429% des étudiants
13:06et des étudiantes
13:06qui se retrouvent
13:07dans des conditions
13:09de logement instables.
13:11Et donc,
13:11ça,
13:11c'est une honte
13:11puisqu'on veut,
13:13on prétend,
13:14l'État prétend
13:14écouter la jeunesse,
13:15mais qu'elle le fasse.
13:18Et ça,
13:19ça peut être des revendications
13:20qui sont plus légitimes.
13:22Et là,
13:22il y a...
13:23Non mais attendez,
13:24mais justement,
13:24j'ai pas dit...
13:25Mais moi,
13:26j'assume.
13:27Nous,
13:27ce qu'on propose...
13:28Là,
13:28c'est un débat de fond
13:29sur le problème
13:30qu'on a aujourd'hui.
13:31Parce que...
13:31Monsieur,
13:31vous êtes principale
13:33de collège.
13:34Vous êtes principale
13:35On ne me pose des questions
13:36que sur le spectaculaire.
13:37Comment ?
13:38On ne me pose des questions
13:38que sur le sensationnel.
13:39Vous auriez dû embrayer là-dessus.
13:41Mais pas du tout.
13:42C'est le factuel
13:44qui s'est passé aujourd'hui.
13:45Là,
13:46il y a un sujet
13:47au niveau de l'éducation nationale
13:48qu'on peut aborder
13:49sur le fond,
13:49sur les moyens
13:50qui sont mis
13:51en termes de rénovation,
13:52par exemple,
13:53de bâtiments,
13:53effectivement,
13:54où on a fait des priorités.
13:55Moi,
13:56j'étais en conseil régional
13:57centre-val de Loire.
13:58On l'a investi
13:59dans les lycées.
13:59La réflexion,
14:00c'était pour mettre
14:00du photovoltaïsme,
14:01par exemple,
14:02ou autre.
14:02Et il faut savoir
14:03ce qu'on veut prioriser.
14:04Beaucoup d'étudiants
14:04se plaignent justement,
14:05ou de lycéens,
14:06que c'est compliqué
14:07d'aller en cours
14:08quand il fait trop chaud.
14:08Eh bien,
14:09des climatiseurs réversibles
14:10avec 40-50%
14:11de consommation
14:12en moins l'hiver,
14:13c'est des investissements
14:14sur le long terme.
14:14Malheureusement,
14:15LFI,
14:15qui dit qu'il faut manifester,
14:17s'oppose au clim.
14:19– Il n'est pas au pouvoir.
14:20– Non, non,
14:20mais c'est au clim.
14:21– Ils s'opposent au clim.
14:22Ils ont dit
14:23que c'était n'importe quoi.
14:24Et si je peux me permettre,
14:25juste,
14:26quand on parle
14:27de la surcharge
14:27des enfants,
14:29c'est important
14:29parce qu'on dit
14:30qu'il y a trop
14:30d'élèves par classe.
14:31C'est vrai au lycée.
14:32Au collège,
14:38j'ai regardé les classements,
14:39si vous permettez.
14:40Les classements
14:41des meilleurs pays
14:42en classement PISA,
14:42par exemple,
14:43c'est le Japon
14:43et Singapour.
14:45– Les modèles éducatifs
14:46qui n'ont rien à voir
14:46en termes de pression mentale.
14:48– Ils ont 32 et 33 enfants
14:49par classe au collège,
14:50on se voit 26 en France.
14:51Donc, vous voyez bien
14:52que ce n'est pas
14:53la seule explication
14:54des difficultés
14:54que l'on peut avoir.
14:55Au lycée,
14:56c'est vrai qu'on a encore,
14:57et là,
14:58on bat des records
14:58en termes d'élèves par classe.
15:00Et là,
15:00je pense qu'on devrait mener
15:01tous une vraie réflexion
15:03sur comment on sort
15:08quasi unique,
15:08c'est-à-dire un collège unique,
15:10on va au lycée
15:11quasi quoi qu'il arrive
15:12et ensuite,
15:12on va à l'université,
15:13on fait des études longues.
15:15Quand on voit
15:15qu'il y a autant d'emplois
15:16non pourvus
15:17sur des filières
15:17justement liées à l'apprentissage…
15:18– Mais il n'y a pas un élève
15:19qui demande ça.
15:20– Comment ?
15:20– Il n'y a pas un des jeunes
15:21qui est dehors.
15:22– Mais c'est pas…
15:22– Qui demande la fin
15:23du collège unique
15:24pour arrêter les études
15:24en CM2.
15:25– Non, mais il demande
15:26des aménagements d'horaire.
15:27– Je suis complètement d'accord
15:29sur les aménagements d'horaire.
15:31– Mais on va aller à Marseille.
15:32– On va avoir un débat de fond.
15:33– D'accord.
15:33– On va lancer un débat
15:34sur le collège unique.
15:35– On va aller à Marseille.
15:36– Ce n'est pas du tout
15:37ce qui est attendu par la jeune.
15:37– Alors, on va aller à Marseille.
15:39– Si vous êtes d'accord,
15:40c'est inquiétant.
15:41– On a Romain Simarano
15:42qui est avec nous.
15:43– Peut-être que les solutions
15:44qui sont…
15:44– On a Romain Simarano
15:45qui est avec nous,
15:46qui est président
15:46du collectif Génération Marseille,
15:48qui est en direct de Marseille
15:49à proximité justement
15:50d'un établissement
15:51qui a subi des dégâts aujourd'hui
15:53parce que la situation a dégénéré.
15:54Quel établissement,
15:55M. Simarano ?
15:57– Il s'agit du lycée Victor Hugo
15:59qui est juste à proximité
16:00de la gare Saint-Charles
16:01qui ce matin a fait l'objet
16:02dès 6h30 du matin
16:03de très lourdes attaques
16:05avec notamment, bien sûr,
16:07des poubelles brûlées
16:08comme partout,
16:09mais surtout improviseurs
16:10et ses équipes pédagogiques
16:12qui ont été passées à tabac,
16:13qui ont été aspergées d'essence.
16:16– Ah ben voilà,
16:18malheureusement ça a coupé,
16:19mais vous avez vu…
16:20– Là on revient donc
16:21au personnel qui est agressé.
16:22– La dégradation
16:23de l'établissement scolaire.
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