00:00Bah oui, là en prenant la question sur l'angle politique,
00:04il nous a fallu à peine 10 ans pour entrer au Sénat,
00:07c'est la porte la plus dure à passer celle-ci,
00:09parce que vous connaissez le mécanisme d'élection des sénateurs,
00:12c'est des grands électeurs qui eux-mêmes sont un tri des électeurs,
00:18des élus locaux, donc sans doute ça aurait été plus vite
00:22si nos partenaires en avaient été vraiment, des partenaires,
00:26et non des concurrents tout le temps,
00:27mais bon, on y est arrivé tout seul, il y a aussi une certaine satisfaction
00:30à penser qu'on en a été capable, lui il est à part,
00:34c'est un homme qui a commencé très jeune à être élu local, avant de 3 ans,
00:40puis je l'ai connu maire de Viry-Châtillon, conseiller général, etc.
00:44Donc c'est un redoutable meneur de campagne électorale.
00:48Vous n'êtes justement qu'il ne puisse pas siéger avec les écologistes,
00:51qu'ils soient chez les non-inscrits ?
00:52Je ne m'en mêle pas, ce sont leurs histoires,
00:54alors je ne crois pas que ça grandisse les écologistes de se montrer sectaires à ce point.
01:00Surtout à l'égard d'abord de Gabriel qui est dans nos rangs,
01:05le spécialiste de la question de l'eau et qui est en charge des éco-régions,
01:09donc je trouve qu'ils auraient pu choisir quelqu'un d'autre à la limite.
01:12Et vous pensez que ça trahit aussi quelque chose de l'ambiance à gauche pour la présidentielle ?
01:18Oui, enfin bon, franchement ce n'est pas…
01:22C'est peut-être qu'il y a une union en tout cas…
01:24– Ce n'est pas déterminant ! – C'est ça, on trie les bons et les mauvais insoumis, quoi.
01:29– Ouais… – On prend… – Ouais, mais on prend pas…
01:32On est un peu habitués à ce genre de comportements sectaires,
01:36autant… Bon, il faut vivre avec, on fait notre chemin sur un sentier qui est difficile,
01:42bon, ben voilà, c'est tout.
01:43On compte ses amis et puis, de temps à autre, on essaye de tourner la page,
01:47parce que les écolos, en plus, on ne peut pas dire que c'est la reconnaissance qui les étouffe,
01:52parce que, sans nous, ni en 2022, ni en 2024, il y en avait un seul à l'Assemblée nationale.
01:59Que voulez-vous qu'on fasse ?
02:02Bruno Retailleau dit qu'il faut mettre dans le débat public
02:04la question de l'interdiction de la France insoumise,
02:06notamment à cause de ce qui se passe autour des lycées.
02:08Qu'est-ce que vous répondez au président DLR ?
02:11Rien, il est ridicule, et ce n'est pas parce qu'il parle de moi qu'il va faire parler
02:15de lui.
02:16Mais bon, je vais interdire, et pourquoi ?
02:18Parce que nos idées ne lui plaisent pas.
02:20Parce que la situation est inquiétante devant les lycées,
02:22il y a des violences et des blessés.
02:23Ah oui, oui, bien sûr.
02:25Je comprends.
02:25Ben, M. Retailleau a qu'à y aller devant les lycées,
02:28donc il n'y aura pas de blessés, parce que grâce...
02:30Non, c'est absurde, c'est une manière de se mettre en scène, quoi.
02:34Alors il se lâche vous, nous sommes l'ordre, voilà, on connaît tout ça.
02:38Mais quand même, j'aurais aussi vu ça dans ma vie,
02:40le premier mouvement de masse convoqué par télépathie,
02:44puisqu'il n'y a ni un tract, ni un discours, ni un appel,
02:48où que ce soit, du moindre insoumis, à se mettre en mouvement dans un lycée.
02:53Donc comme ils nous en accusent tous, on se dit, ça a dû se passer par télépathie.
02:57Non, je pense que c'est une manière pour eux de ne pas traiter le problème.
03:00Ils font comme s'il n'y avait pas de problème.
03:01Le problème, ce serait Mélenchon et LFI,
03:04mais ça, ça ne marche pas, ça ne colle pas à la réalité de ce que vivent les jeunes gens.
03:09Et donc ils ne peuvent pas éteindre, c'est ça qu'ils espèrent,
03:12que les gens se disent, c'est politisé.
03:16Non, le problème que ça nous pose, c'est l'inverse,
03:17c'est qu'on est tellement bien accueillis dehors les lycées,
03:20mais nous nous interposons.
03:22Et ce soir, à l'occasion de mon moment politique,
03:24j'aurai l'occasion d'en parler, plus en détail,
03:28et peut-être de donner quelques consignes,
03:29parce que mon inquiétude, moi, c'est la violence policière contre les jeunes gens.
03:34C'est ça ma plus grande inquiétude, parce que je sais que ça ne fait pas plaisir à entendre,
03:40et croyez bien que je suis le premier à qui ça ne fait pas plaisir
03:43de parler d'un corps d'autorité de cette manière-là.
03:47Mais ce n'est pas possible, ce que nous voyons est d'une insupportable violence.
03:51La plupart d'entre nous sommes parents,
03:53donc on se projette un peu, pour nous c'est un peu comme si c'était…
03:57Je crois que tous les êtres humains sont faits comme ça.
03:59Quand on voit un jeune, c'est comme si c'était le tien, voilà.
04:02Donc oui, déjà un éborgné, c'est quand même une police
04:05qui a été capable d'éborgné de sang-froid, 32 personnes,
04:09dans le mouvement Gilets jaunes, donc j'ai de la crainte,
04:12j'ai de la crainte et je redis, j'ai dit, redis,
04:16nous sommes pour les méthodes de lutte non-violentes.
04:19Bon, voilà, après, écoutez, que voulez-vous que je vous dise,
04:21ce n'est pas moi qui suis là pour…
04:23Je n'ai pas envie d'ailleurs, c'est un mouvement qui est auto-organisé.
04:26Je pense que le pouvoir croit ce…
04:28Là, ils ont fait une terrible erreur,
04:30parce qu'aujourd'hui, ça s'est étendu dans les facultés,
04:33les universités, tout ça.
04:35Donc maintenant, il va falloir qu'ils se débrouillent non plus
04:36avec un problème, les lycées, mais avec deux,
04:38les facultés et les lycées.
04:41L'état d'abandon fait honte, vous savez.
04:43Enfin, vous le savez, vous avez vous-même,
04:45vous y avez peut-être vos jeunes au lycée.
04:46– Dans l'équipe en plus, Bézil, c'était même pas si longtemps.
04:49– Ah ? – Vous êtes en fac, là ?
04:52– À la fin de mes études. – D'accord.
04:54– Oui, oui, vous voyez, moi, les choses qu'on me raconte,
04:57je n'en reviens pas de l'état d'élabrement des lycées.
05:02Alors, bon, voilà, ça fait des années que ça dure,
05:06et à un moment donné, ça déborde,
05:08parce que les messages sont contradictoires.
05:10On dit aux jeunes gens de travailler bien à l'école,
05:12en plus, il y a Parcoursup qui les trie en cours de route,
05:14c'est trop, quoi, la charge est telle que, voilà, ils le croient.
05:18– M. Mélenchon, la réélection pour la 6ème fois de Gérard Larcher cet après-midi
05:22à la présidence du Sénat, qu'est-ce que ça vous inspire ?
05:24Vous le connaissez bien, vous l'avez connu aussi.
05:26– Mais on est arrivés ensemble, on est arrivés ensemble.
05:28– On est arrivés en 1904.
05:29– Le Sénat est l'antichambre de l'éternité.
05:33Par conséquent, moi, j'ai connu l'époque, c'est des mandats de 9 ans, vous imaginez ?
05:37Alors, on avait le temps de se connaître, de se détester ou de s'apprécier beaucoup.
05:41Je ne sais pas ce qui a pris Gérard, tout d'un coup, il s'est tourné contre moi,
05:44il commençait à dire des méchancetés,
05:45alors qu'avant, il était très sympathique et normal, voilà, bon, maintenant, le temps passe
05:51et il ne se bonifie pas, quoi, lui.
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