00:00Glace, biscuits, bonbons, Bercy veut taxer les produits très sucrés dès l'année prochaine
00:05et c'est dans le projet de budget. Bonjour Jean-François Loiseau.
00:08Bonjour.
00:08Vous êtes le président de l'Agnat. L'Agnat c'est l'association qui représente plus de 20 000 entreprises
00:12de l'agroalimentaire en France.
00:14Ce projet de taxe sur les produits sucrés dans le budget de 2027, vous êtes contre ?
00:20Totalement contre. Totalement contre parce que ce ne sont pas les produits très sucrés qui seront visés,
00:25ce sont les produits sucrés dès le premier gramme de sucre.
00:27Et tous les produits, il n'y a pas que les bonbons, il y a tous les produits de la
00:30boulangerie.
00:31Le pain d'épices que vous allez chercher, le fameux pain d'épices de Dijon, le nougat de Montélimar, le
00:36miel français que l'on veut,
00:38tous ces produits-là seront taxés dès le premier gramme.
00:42Le gouvernement n'a pas d'autre idée finalement que d'aller chercher encore une fois dans le pouvoir d
00:46'achat du consommateur pour bout de chez des fonds.
00:48Alors selon nos informations, tous les produits ne seraient pas concernés.
00:51Mais ça gira effectivement des plus sucrés, ce qui comporte plus de 23% de sucre.
00:58Oui mais dès le premier gramme de sucre, dès le premier gramme de sucre, les produits seront concernés.
01:02Et tous les produits de la boulangerie seront concernés.
01:04Dans les informations que nous avons, qui viennent, alors pas forcément que du gouvernement,
01:09parce que déjà c'est la cacophonie au sein du gouvernement,
01:11mais l'idée de fonds de créer une taxe supplémentaire alors que nous sommes complètement écrasés sous les charges,
01:17on n'a pas pu passer un euro de hausse depuis le 1er mars ce dernier,
01:21alors qu'il y a eu la guerre en Iran et il n'y a pas eu un euro de
01:24passé.
01:24Ce que vous voulez dire c'est que votre marge, on va y revenir,
01:27votre marge a été reniée par l'inflation qui a été en quelque sorte absorbée par les entreprises de l
01:34'agroalimentaire ?
01:35Pour faire simple, dans les fameuses négociations commerciales,
01:38nous avions demandé l'année dernière 3,5 doses, on a obtenu 0,0+, alors que l'inflation avait
01:44été autour de 1%.
01:45La guerre en Iran, les conséquences avec l'augmentation du prix du plastique,
01:49le doublement du prix du gaz, 50% de plus pour l'électricité, pas un euro de passage de hausse.
01:55Les entreprises en ont besoin.
01:56Ça vous coûte plus cher, vous faites vos produits mais vous ne les vendez pas plus cher.
02:00Emmanuel ?
02:00Non, l'argument qui est compliqué et auquel il est difficile de s'opposer, c'est quand même l'argument
02:05santé publique.
02:05Non, il ne tient pas la route.
02:06Au départ, on s'est vendu, ça marche.
02:08Non, mais pourquoi le faire le veille du budget ?
02:09Ça va marcher avec l'attaque de soda.
02:10C'est-à-dire, on a des études au niveau international qui disent que oui, la taxe allait répercuter sur
02:16les prix.
02:16Le but du jeu, c'est de changer le comportement des consommateurs en les incitant à consommer des produits mince
02:20sucrée.
02:20Et surtout, ce qui est encore plus intéressant, c'est que ces taxes,
02:25elles ont eu aussi des effets sur les industriels qui ont été poussés à réduire la teneur en sucre dans
02:30leurs produits.
02:30Donc vous pouvez vous adapter en fait.
02:32Mais bien entendu.
02:33Mais à un moment donné, il y a des limites à tout.
02:35Depuis 10 ans, nous avons baissé les pourcentages de sucre, de sel et je dirais même de gras d'une
02:41manière générale.
02:42Moins 15 à moins 20% de sucre depuis 15 ans dans les produits, entre guillemets, de la boulangerie.
02:48Moins 15 à moins 20% de baisse du sel dans les produits de la boulangerie ou de la charcuterie.
02:52Donc vous avez raison.
02:53Nous nous adaptons.
02:54Mais à la limite, ces sujets-là font partie de ce qu'on appelle un peu l'éducation à l
02:58'alimentation.
02:59Le mieux manger.
03:01Mais ça n'a rien à voir avec un sujet comme celui d'aujourd'hui qui est un sujet budgétaire
03:05pour essayer de boucher un trou abyssal parce que le gouvernement ne sait pas faire d'économie.
03:09Ce que vous voulez dire, c'est que la motivation du gouvernement et ça, Emmanuel, je pense que la motivation
03:15serait plutôt de toucher de l'argent que d'aider vraiment la santé des Français.
03:19Etan est avec nous en direct, qui nous appelle de Chaville dans les Hauts-de-Seine.
03:23Bonjour Etan.
03:25Oui, bonjour.
03:25Je dis que vous nous appelez de Chaville, mais comme vous êtes routier, vous êtes peut-être déjà ailleurs sur
03:28la route.
03:29Moi, je ne suis pas encore parti.
03:30Ah, vous êtes encore à la maison. Etan, dites-nous, vous vouliez réagir sur cette taxe sur les produits sucrés.
03:36Oui, moi, je trouve ça très, très injuste parce qu'actuellement, on sait qu'il y a une fracture sociale
03:40qui est énorme en France.
03:42Les plus riches et les plus pauvres, l'écart n'a jamais été aussi grand.
03:45On n'en parle pas malheureusement avec cette campagne présidentielle qui se présente.
03:50Moi, j'ai des chiffres de l'INSEE.
03:5150% des Français les plus riches détiennent 95% de la richesse.
03:55Et l'autre moitié, 50%, ils n'en détiennent que 5.
03:58Et cet écart n'a jamais été aussi grand.
04:00Avec une telle mesure, je pense que le fossé va encore se creuser.
04:04Pourquoi ? Parce que vous estimez que ça va toucher les plus modestes ?
04:07Tout à fait. Les gens qui consomment les produits sucrés, on le voit au supermarché, on le voit partout où
04:12on fait nos courses.
04:13C'est souvent des gens des classes populaires. Malheureusement, c'est comme ça.
04:17Donc, je pense que ça, ça va contribuer à...
04:21Et l'argument santé, Etan, vous ne l'entendez pas ? Vous trouvez que c'est juste pour mettre une
04:25taxe de plus ?
04:25On peut s'y prendre autrement. On peut taxer les produits du luxe, par exemple, et répertorier l'argent engrangé
04:31dans de la prévention.
04:33Je pense que ce serait plus utile, parce que dans ces cas-là, si on prend tout le temps en
04:38plus faible, comment voulez-vous qu'on résume ce problème ?
04:41Parce qu'effectivement, ça aura une répercussion immédiate sur le ticket de CAIR.
04:45Il y a d'autres mesures. On peut s'interroger, par exemple, sur certains produits taxés à 5,5%
04:50de TVA, et qui, pour la santé, ne sont pas extraordinaires.
04:54Mais bien sûr. Mais les sujets de santé, il faut les traiter sur le long terme.
04:57Ça passe par de la formation, de l'éducation, et vous l'avez dit, par un travail qui doit être
05:01fait par nos entreprises.
05:03De baisse des taux. Mais le sujet, en l'occurrence, il va être très clair.
05:07C'est une taxe qui, a priori, devrait partir autour de 200 millions.
05:10Mais nous savons très bien que si elle doit continuer, elle va se terminer à un milliard, comme les autres.
05:13Et ça va être sur le pouvoir d'achat. Ce sont les consommateurs qui vont payer.
05:16Ce sont notamment les céréales.
05:17Donc c'est scandaleux.
05:18Moi, je suis fou de rage, parce qu'il y a 400 agences aujourd'hui, gouvernementales, paragouvernementales, qui totalisent 73
05:26milliards de dons, les aides publiques au développement.
05:29Qu'est-ce qu'on en fait, ces agences ?
05:30Rien du tout.
05:31Le gouvernement n'a pas le courage de faire le vrai travail de fond.
05:35Le vrai travail de fond, c'est qu'on doit faire des économies, comme les entreprises font les économies quand
05:40elles doivent le faire.
05:40Une dernière question. L'inflation, la grande distribution, le patron d'Intermarché, dit qu'on va vers une inflation à
05:48deux chiffres.
05:49Est-ce que c'est aussi ce que vous constatez ?
05:51Il y aura une inflation.
05:53Et les consommateurs paieront ça et là quelques centimes de plus, parce que de toute façon, il y a des
05:57hausses normales.
05:58Mais la sécheresse de cet été, vous devez bien voir ce qu'elle va vous coûter déjà.
06:01Oui, alors la sécheresse de cet été, il faut en parler.
06:04Comment est-ce que l'on va faire pour s'approvisionner, par exemple en matière première céréalière, ou en fourrage
06:08pour les animaux ?
06:09Il y aura certainement des importations, d'ailleurs c'est un sujet dont il faudra parler.
06:12On se cache derrière ce sujet-là, parce qu'il y a une grosse sécheresse, il y a un manque
06:16de production à l'école.
06:17On va être obligé d'importer, il faut l'accepter.
06:19Donc il y aura une augmentation des prix.
06:21Mais mettre une taxe pour expliquer que c'est pour la santé des consommateurs,
06:25alors qu'on sait que c'est pour essayer de mettre un peu d'argent dans un trou à fond
06:29perdu,
06:30c'est scandaleux pour les entreprises.
06:31Dans chacun des départements français, il y a des entreprises de l'agroalimentaire.
06:35Et des petites entreprises, il n'y a pas que les grosses entreprises.
06:37Moi je suis président d'une boîte où il y a 98% de PME et de TPE.
06:41L'ANIA c'est ça.
06:42Merci beaucoup d'avoir été à notre micro ce matin.
06:44Jean-François Loiseau, président de l'ANIA,
06:46l'association des entreprises de l'industrie agroalimentaire.
06:51Merci.
06:51Merci.