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  • il y a 57 minutes
Au dernier des trois jours du procès du meurtrier présumé du rappeur surnommé La Mafia ou La Maf’, devant la Cour d’Assises de Basse-Terre, de nombreuses problématiques demeurent irrésolues. Combien de protagonistes armés ont-ils été directement impliqués dans cette fusillade ayant conduit à la mort de Ludrick Morentin, 37 ans, devant un établissement de nuit de Grand-Baie au Gosier, dans la nuit du 5 au 6 mars 2021, avant 3 heures du matin ? A cette question centrale, personne n’est capable d’apporter de réponse fiable. Autre interrogation sans résolution. Que ce soit après l’instruction ayant durée 4 ans ou à la suite des débats devant le jury populaire : pourquoi et comment le rappeur s’est-il retrouvé impliqué dans cet échange de tirs nourris ? A cette nouvelle question, il n’y a pas non-plus de réponse ! D’autant moins qu’il n’y a jamais eu de reconstitution. Devant la caméra de -Richard GARNIER-, l'avocate de la partie civile, Maître -Gladys Démocrite- met en avant les lacunes de l'enquête.

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Transcription
00:07En réalité, dans ce dossier, je représente les parents de l'UDRIC, de la MAF,
00:13et nous ne sommes absolument pas convaincus par cette enquête.
00:16Nous, ce que nous voulons, c'est la vérité. Nous voulons savoir ce qui s'est passé.
00:20Et après plusieurs années d'instruction et un jour et demi d'audience, on n'a toujours pas les réponses.
00:28Ce que l'on sait, c'est que dès le départ, l'UDRIC n'a pas été respecté.
00:34On s'est rendu compte qu'il y a eu des photos de sa dépouille mortelle qui ont été diffusées
00:39sur les réseaux sociaux.
00:40Et comme par hasard, ce sont des photos qui ressemblent beaucoup aux photos de la levée du corps.
00:45Donc ça sous-entend que dès le départ, les forces de l'ordre ont agi de façon assez indécente.
00:52Et on a le sentiment que ça a continué tout au long de cette instruction et ça continue tout au
00:56long de l'instruction de cette audience.
00:57Donc on se dit que peut-être que comme l'UDRIC était très connu des services de police, qu'ils
01:04ont un peu bâclé les choses, pour dire les choses très clairement.
01:07Et notamment, aucune reconstitution ? C'est quand même assez étonnant.
01:12Non, il n'y a aucune reconstitution. Il n'y a aucune certitude que la personne qui est dans le
01:16banc des accusés était présente.
01:18Il n'y a pas d'élément technique. On ne peut même pas dire identifier le tireur.
01:22Et c'est ça qui nous interpelle. Il n'y a aucun élément technique pour dire qui a tiré quoi,
01:30quelles balles.
01:31Et les balles qui ont tué M. Morentin, qui les a tirées et à partir de quelles armes ?
01:37On n'a même pas les armes.
01:38Donc ce que je veux dire, c'est qu'on a pris quelqu'un qui avait le malheur de s
01:43'appeler Chaudet, comme plusieurs personnes en Guadeloupe,
01:47qui avait le malheur peut-être d'avoir sa voiture là, ce soir-là, mais on ne sait même pas
01:50si sa voiture était là ou si c'était sa voiture vraiment.
01:53En fait, on ne sait rien dans ce dossier.
01:54Mais bon, un Guadeloupéen risque d'être condamné.
01:57Et d'une certaine façon, peut-être que la justice ne sait pas pourquoi ils veulent le condamner, mais peut
02:02-être que lui, il sait.
02:02Enfin, je ne sais pas, je suis très circonspecte.
02:05Il y a une témoin qui était présente et qui a témoigné justement en visioconférence, c'est Laurie Salin, qui
02:11dit clairement, je ne m'en souviens pas vraiment, mais il était armé.
02:15Qu'est-ce que ça vous a...
02:16Vous parlez de M. Morentin ?
02:18Oui, de M. Morentin.
02:19Alors, elle a surtout dit qu'elle ne savait pas s'il était armé, mais qu'elle supposait qu'il
02:23l'était.
02:23Donc en fait, elle n'a pas vu véritablement armé.
02:26Elle supposait qu'il était armé.
02:28En fait, on ne sait pas s'il était armé ou pas, puisqu'on n'a pas retrouvé d'armes
02:31sur lui.
02:32Ils ont retrouvé une arme qu'on lui attribue parce que des étuis percutés à côté de son corps correspondent
02:42à cette arme.
02:43Mais il n'y a pas de traces d'ADN ni ses empreintes.
02:46En fait, il aurait pu très bien être à côté de quelqu'un qui a tiré.
02:50Enfin, on ne sait pas.
02:51On ne sait rien dans ce dossier.
02:52Et après trois ans d'enquête, c'est triste.
02:55Et ça montre la volonté ou l'absence de volonté des services de la justice, de faire justice en tout
03:02cas à la famille de M. Morentin.
03:04Je rappelais ce point parce qu'il a été évoqué quand même le fait que Ludric Morentin aurait tiré le
03:09premier et on aurait riposté sur lui.
03:11Non mais on ne sait personne ne peut dire ce qui s'est passé.
03:16Les éléments techniques dans ce dossier ne permettent pas, et c'est les experts balistiques, d'identifier les tireurs, de
03:22savoir qui a tiré, dans quelle direction.
03:25On sait simplement qu'il y a eu un certain nombre de balles.
03:28Il y a deux zones de tir.
03:29On sait qu'il y a à peu près quatre armes qui ont pu être utilisées, mais c'est tout
03:35ce qu'on sait.
03:36Qui a tiré ? Quelles sont ces armes ? Quels étaient les tireurs ? On ne sait pas.

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