00:07C'est une affaire dont tout le monde parle et la première raison essentielle pour nous c'est
00:14qu'il n'y ait pas que les mineurs qui puissent comparaître avec leur famille. C'est d'une
00:19inéquité incroyable. Il y a une discrimination évidente à ce que ceux qui sont de jeunes
00:26majeurs au moment des faits puissent être privés de leur famille tout le long de ce procès
00:31alors que les mineurs vont bénéficier du soutien d'une mère, du soutien d'une soeur, que
00:37sais-je. Il est quelque chose de fondamental, c'est le procès équitable. Or là le procès
00:45devient inéquitable. Ils sont démunis de tout, ils comparaissent devant une cour d'assises
00:52pour répondre de faits graves au moins qu'on leur permette le soutien de leur famille.
00:56Ça c'est le premier point. Le second point, c'est que la presse est là, elle est au
01:02courant. Elle parle de cette affaire depuis plus de trois ans et il me paraît évident
01:09qu'il faut permettre aux journalistes d'avoir un point de vue de l'audience pour le restituer
01:14plutôt que chacun se livre à un exercice hasardeux au hasard d'un couloir de donner son point
01:22de vue à travers le prisme de sa propre réalité de ce que la vérité judiciaire est
01:27en train de se dire au moment où on parlera. Et donc on met tout sur la table, on le
01:33fait
01:33de façon publique de telle sorte que tout le monde puisse être armé de la même façon
01:39et je ne vois pas en quoi les éléments que nous avons soulevés, nous les avocats des
01:45jeunes majeurs peuvent porter atteinte aux éléments qu'entend développer la défense
01:51de ceux qui sont devenus majeurs aujourd'hui et c'est pour ça qu'on peut le demander
01:55et qui étaient mineurs à l'époque. Je ne comprends pas. Au contraire, ça permettrait
02:01de rééquilibrer les choses et de ne pas se plaindre de tel ou tel point de vue distillé
02:07ou dans la presse ou dans les réseaux sociaux quand on n'a pas soi-même parlé et que le
02:13point de vue qui est retranscrit n'est qu'une analyse parmi d'autres. Donc il me semble
02:18que les familles, la presse, une audience publique met tout le monde à égalité et que ce procès
02:23peut se jouer de cette façon-là sans que la sérénité ou l'ordre public ne soit du
02:28tout altéré. Loin de là.
02:30Vous parlez de nous, journalistes, comme vous d'ailleurs, avocats. Nous avons une
02:34déontologie. Nous la respectons et justement, nous suivons les procès parce qu'il y a du
02:40contradictoire dans ces procès. Toutes les parties sont là. Donc la vérité peut en
02:44sortir.
02:45La vérité peut en sortir et en tout cas, vous avez l'occasion d'assister à l'émergence
02:53d'une vérité judiciaire, à entendre tous les points de vue et à les restituer tels que
02:59vous les avez entendus et pas de la façon dont on les chopperait dans un couloir avec
03:05un micro parce qu'il y aurait X, Y ou Z qui donnerait une interview. C'était le sens
03:10de notre propos et du propos de Madame l'Avocat Générale aussi.
03:17Bâtonnier, vous, vous étiez pour qu'on garde cette publicité restreinte.
03:21Oui, absolument. Parce que Thomas Paturo, c'est un jeune qui avait 16 ans au moment
03:27d'effet et que, même si aujourd'hui il est majeur, il me semble que l'accord d'assistance
03:33des mineurs est fait pour protéger les mineurs. Qu'il y ait des majeurs qui soient dans cette
03:37affaire avec leur stratégie, je peux bien l'entendre. Mais je souhaite que quand même
03:43la Cour se souvienne qu'on est devant une juridiction des mineurs.
03:47Vous savez bien aussi que nous, journalistes, avons une déontologie comme vous, avocats,
03:51et que nous relatons des débats comme ceux-ci puisqu'il y a le contradictoire et que la
03:57vérité doit en sortir. Donc c'est important quand même de pouvoir restituer cette vérité
04:01du procès.
04:01Oui, mais si cette publicité restreinte a été envisagée par le législateur, c'est
04:08pas contre les journalistes ni contre qui que ce soit. Là, nous sommes dans une affaire
04:13où, en fait, la Cour d'assistance des mineurs profite aux majeurs, même de façon récurrente,
04:21parce que vous avez une juridiction qui, elle-même, n'est pas une juridiction de droit
04:28commun concernant des majeurs. Cette juridiction, telle qu'elle est, la dévoyer, c'est une erreur,
04:35à mon sens, de nature stratégique. La juridiction des mineurs est censée être quand même plus
04:42à l'écoute de l'ensemble des faits qui sont reprochés aux majeurs et aux mineurs,
04:47de la même manière. Elle ne va pas distinguer qui est qui par rapport à son âge. D'ailleurs,
04:53tout le monde est majeur aujourd'hui. Donc cette juridiction, vouloir la dévoyer pour
04:58en faire une juridiction de droit commun des majeurs, à mon sens, c'est une erreur.
05:02Oui, parce que justement, nous sommes devant la Cour d'assistance des mineurs, puisque deux
05:06d'entre eux qui sont aujourd'hui présents étaient mineurs au moment des faits, dont votre client.
05:11Oui. Mais lorsqu'ils ont été interrogés, ils n'ont pas vu le problème de cette...
05:16On ne peut pas... Ils n'ont pas vu le problème parce qu'on ne peut pas demander à des
05:20jeunes
05:20ou à des justiciables de faire du droit. Ce n'est pas leur rôle. Les justiciables,
05:25ils sont là pour rendre des comptes à la justice. Ils ont des avocats pour défendre leurs intérêts,
05:31notamment d'un point de vue juridique. Votre confrère de la Défense, Maître Édouard Lantier,
05:36a dit pour vivre bien, vivre caché. La citation... Vous l'a partagé également, cette citation ?
05:42Alors, c'est... En fait, c'est une pirouette. Sans dire que... Ce n'est pas ce que dit le
05:48législateur.
05:48Il dit, lui, que ce que l'on cache au public, ce ne sont pas des secrets inavouables. Ce sont
05:55des choses
05:56qui permettent de donner aux mineurs sa chance de pouvoir s'en sortir par la suite,
06:03c'est-à-dire que sa vie ne s'arrête pas là, qu'il faudra bien qu'elle se poursuive
06:07et qu'on ne pourra pas faire du bashing avec...
06:11On en prend le chemin. C'est-à-dire que, vous avez vu, dans la salle d'audience,
06:15il y a une espèce de ligne de démarcation entre les majeurs qui sont tous détenus et deux mineurs qui
06:21sont libres.
06:22Et l'idée, c'est que, est-ce qu'on va faire un combat de surreprésentation entre ces accusés-là
06:31et les autres ?
06:31À mon avis, c'est à mon sens. Mais après, ce n'est pas moi qui juge, c'est la
06:36Cour.
06:36C'est une erreur d'appréciation et ça porte atteinte à l'économie de la Cour d'Assise.
06:52C'est une erreur d'appréciation.
06:54Merci.