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  • il y a 1 heure
C'est l'une des infos de France-Antilles qui a été largement suivie par les internautes. Une prévenue, policière de son état, a été condamné tard hier soir par le tribunal correctionnel à un an d’emprisonnement ferme, pour avoir prêter, ou pour s’être vu emprunté son arme de service par son compagnon. Ce dernier, encagoulé et ainsi armé, s’était rendu avec un comparse également prévenu chez un tiers pour le menacer. C’est ce concubin qui était malencontreusement mort d’une balle tirée par le fameux pistolet. Reportage de -Richard GARNIER- avec les propos de -Maître Jenny MORVAN-, avocate de la partie civile et de -Maître Olivier CHIPAN-, avocat de la défense.

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Transcription
00:07J'ai indiqué que c'était une affaire inédite. Et pourquoi justement ? Parce qu'il y a une
00:12policière qui est mise en place ? Oui, il est très rare de retrouver sur les
00:19ponts des prévenus une policière, un gardien de la paix. Alors vous, vous avez insisté sur votre
00:28client, la victime, a toujours dit la même chose ? C'est la vérité ? C'est sa vérité en
00:35tout cas. Il est important de noter que dans ce dossier également, le second aspect inédit de
00:42ce dossier, c'est que c'est un dossier qui est à la fois en instruction avec une ouverture
00:46d'information pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. C'est le
00:51qualificatif de mise en examen de mon client. Et le fait de retrouver mon client aujourd'hui en
00:57qualité de victime, totalement. Donc c'est relativement inédit puisque n'oublions pas
01:02qu'en matière d'instruction, il est formellement interdit de violer le secret de l'instruction.
01:08Or, et je me suis gardée quand même d'entrer dans les détails, je pense que vous l'avez
01:12constaté, les détails de, je dirais, de la situation et les faits, puisque je ne pouvais
01:16pas entrer dans les détails concernant la défense, je dirais, le soutien des intérêts
01:20de mon client parce que je ne pouvais pas aller au-delà de ce que je pouvais dire, si
01:23ne ce n'est que de le recevoir dans sa qualité de partie civile pour ne pas déflorer l'instruction
01:27et ne pas violer ce secret.
01:29Oui, parce que justement l'instruction n'est pas terminée.
01:31Mais pas du tout. L'instruction a été ouverte justement le 18 juillet pour, je pense,
01:36un minima de deux ans. C'est le minimum qu'on puisse demander à une instruction dans
01:42un tel dossier.
01:43Oui, parce que même à la sortie de cette audience, on a quand même du mal à appréhender
01:47la vérité, justement.
01:49C'est un dossier qui est compliqué. Comme je vous le disais, en fait, c'est la passion
01:52et la déraison d'un côté. De l'autre côté de la barre, vous avez aussi la totale, je
01:58dirais, le manque d'investigation et le manque d'empathie. Et la difficulté de ce dossier,
02:03c'est justement se dire, oui, il y a un manquement professionnel vis-à-vis d'un des prévenus,
02:10mais il y a aussi, je dirais, une forte immoralité sur l'utilisation de son outil de travail,
02:17appelons un chat, il s'agit de son arme de fonction et de l'intérêt, c'est-à-dire
02:23l'utilisation à défaut de celle-ci et son implication ou non. Il s'agira pour ce
02:28tribunal, à la sortie de cette audience qui a été relativement longue, de se dire
02:33si effectivement cette personne, elle est coupable des faits qui lui sont reprochés
02:37de complicité, ça va jusque-là, et à quelle limite et à quel niveau, effectivement, il
02:42faudra l'impliquer et la juger. Et de ce fait, lui infliger une peine.
02:46C'est une peine qu'on demande contre les grands délinquants, contre les criminels
02:52correctionnalisés. C'est une peine, voilà, délirant, c'est le mot très exact que j'ai
02:57prononcé et que je pense.
02:59Vous avez l'impression qu'on veut faire un exemple de votre cliente pour dire que de
03:03temps en temps, il faut condamner fermement un policier ou un membre des fauteurs.
03:08Voilà. Ce que j'ai expliqué, c'est qu'on a affaire à une personne qui s'est
03:12dévouée depuis ses premiers diplômes au service de la nation. Le métier de policier
03:17est un métier très difficile. Je le dis en toute objectivité, puisqu'il m'arrive
03:20de taper aussi sur la police quand la police fait n'importe quoi. C'est un métier
03:23difficile. On ramasse des suicidés, des gens qui sont accidentés de la route, qui
03:27sont tués. Un métier très, très stressant. Et de voir comment le ministère
03:32public est capable de traiter l'un de ces policiers comme le pire des délinquants,
03:39c'est inacceptable.
03:40Dès le début de sa guerre d'avion, on lui a clairement expliqué qu'elle ne serait
03:43plus jamais policière.
03:45Déjà, c'est sûr qu'elle va perdre cette qualité de policier. Vous avez quelqu'un
03:49dont la vie perd de son sens, puisqu'elle a fait des efforts pour devenir policière.
03:55Elle sait qu'elle ne le sera plus. Ce n'est pas suffisant déjà, à titre de punition.
04:00Elle s'occupe d'un enfant handicapé qui a 14 ans. Le père a disparu. C'est elle
04:05qui s'en occupe. Il faut mettre cette personne-là en prison, comme je le disais, avec des personnes
04:10qu'elle a peut-être contribué à faire condamnées. C'est ça la justice en 2026
04:15en Guadeloupe.
04:17Vous soutenez la thèse qu'on lui aurait volé son arme. Elle ne lui l'a pas fièrement
04:21prêtée et surtout, elle ne savait pas ce qui allait se passer après.
04:24Chaque semaine, je suis dans cette salle d'audience et j'entends la caricature des
04:30violences conjugales parce qu'on est souvent dans la caricature. Bien sûr qu'il y a des
04:34violences conjugales et qu'il faut les réprimer sérieusement, mais il ne faut pas tomber
04:38dans la caricature. On est souvent dans la caricature. Et là, aujourd'hui, quand vous
04:42avez quelqu'un qui explique que j'étais seul, j'étais un peu déprimé, j'ai rencontré
04:47cette personne. Il était gentil. Il était soutenant. Et donc, je lui ai fait confiance.
04:53J'avais du mal à lui refuser peut-être des choses. Il était vraiment là pour moi.
04:58Alors qu'elle apprend après qu'il avait trois ou quatre femmes différentes, que souvent,
05:01elle l'amenait sans le savoir chez sa maîtresse officielle. Et donc ça, on ne peut pas comprendre
05:06ça. On ne peut pas comprendre que cette personne ait pu avoir de l'emprise sur elle.
05:10Voilà. C'est pour ça que je dis qu'il faut de la mesure.
05:12Oui, parce que l'accusation, elle, a dit qu'elle pensait qu'elle savait ce qui
05:16allait se passer en prêtant cette arme. Elle savait qu'il y aurait peut-être un mort
05:21à la fin. Où est la démonstration ? Il ne s'agit pas d'imaginer. On est devant
05:25un tribunal. Lorsqu'on accuse quelqu'un, il faut démontrer. Là, vous avez zéro
05:29démonstration.

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