00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Vous écoutez Europe 1, il est 19h47, je suis toujours accompagnée de mes débattateurs Gilles Boutin et Vincent Roy.
00:10Alors je voulais évoquer un sujet plus politique, la rentrée du parti socialiste à Blois.
00:16Ça a commencé aujourd'hui, ça se termine demain.
00:18Et j'aimerais avec vous qu'on essaye d'y voir un petit peu plus clair, parce que quand on
00:21s'y plonge, eh bien on s'y perd.
00:24Jouvet appelle Hollande à participer à la primaire.
00:27Donc à ce stade, qui participe à la primaire ? Vous avez Raphaël Glucksmann qui est favori, qui est soutenu
00:31lui-même par Boris Vallaud.
00:33Qui d'autres participent à la primaire ? Jérôme Gage, Philippe Brun, Ségolène Royal, le grand retour.
00:38Olivier Faure, on ne sait pas. François Hollande, c'est non.
00:41Karim Boimbrad, le maire de Saint-Ouen, c'est non.
00:43Bernard Cazeneuve, c'est non. Part de participation à la primaire, Vincent Roy, qu'est-ce que fait le parti
00:50socialiste ?
00:51Mais ça existe encore ?
00:53Il faut croire, ils ont des universités d'été à Blois, donc manifestement oui.
00:57Vous avez 15 euros pour participer à la primaire ?
00:59Non mais, attendez, la gauche, c'est Mélenchon.
01:03Alors vous avez maintenant des ersatz, sauf à penser effectivement à François Hollande, qui se présenterait hors primaire.
01:11Tout ça est du plus parfait ridicule. Voyez la confusion qui règne.
01:14Vous avez, je veux dire, ils veulent tous y aller, y compris Ségolène Royal.
01:21Mais Raphaël Luxman, pour le coup, quand on regarde dans les sondages, il est 4ème.
01:24Alors oui, il est derrière Jean-Luc Mélenchon, mais le score n'est pas si petit que ça.
01:28Oui, attendez de voir ce qui va se passer par la suite.
01:30On n'est pas certain qu'il reste à cette hauteur, on n'en sait rien.
01:36Mais pour l'instant, vous voyez bien que c'est n'importe quoi.
01:39Vous avez, je ne sais combien de candidats, ils sont un du monde.
01:42Alors même au sein du PS, il y a ceux, dans ces candidats même,
01:47il y a ceux qui vont retourner à la soupe de Mélenchon,
01:51parce que la Mélenchonite est une maladie quasiment incurable.
01:55Vous allez le constater dans les semaines à venir.
01:57Et puis, vous avez ceux, je pense à Raphaël Luxman,
02:01qui, pour une fois, pour une fois, est très clair.
02:04Non, on ne fait rien.
02:05D'accord, il était très clair la dernière fois aussi, vous y croyez vous ?
02:08Oui, attendez, justement, ce que j'allais vous dire.
02:10Il est aujourd'hui très clair, voyons la suite,
02:13puisque lui aussi a pris de belles cuillerées de cette soupe par le passé.
02:18Donc là, a priori, il nous explique qu'il a compris et qu'il ne veut plus en boire.
02:23s'en sustenter, mais enfin, l'avenir nous le dira.
02:26Mais là, c'est du plus parfait, pour moi, c'est du plus parfait ridicule
02:29et ça montre bien qu'il n'y a plus de cohérence dans ce parti,
02:32qu'il a été siphonné par Jean-Luc Mélenchon.
02:36Jean-Luc Mélenchon a eu la peau du Parti communiste
02:40et qui n'a pas vu le danger de s'allier avec lui.
02:42Le Parti communiste, terminé.
02:44Et puis là, il est en train d'avoir la peau du Parti socialiste, c'est tout.
02:47Gilles Boutin, est-ce que vous avez le sentiment que ces universités,
02:50cette rentrée du PS, elle intéresse également les Français ?
02:53Parce que dans tous les noms que j'ai cités, je me disais,
02:55est-ce que nos auditeurs savent qui sont ces personnes ?
02:58Est-ce que nos auditeurs savent, et j'espère ne pas leur faire ombrage,
03:00mais est-ce que nos auditeurs savent qu'il y ait Karim Bouamran,
03:03qu'il y ait Philippe Brun, qu'il y ait Ségolène Royal et François Hollande, je pense que oui.
03:06Mais c'est vrai, est-ce que vous pensez que les Français même s'intéressent
03:10à ces universités d'été du PS ou alors pas du tout ?
03:13Je ne pense pas à ces universités, c'est toujours quelque chose qui concerne
03:16les militants, l'appareil politique, parce que c'est l'occasion de réunir des gens
03:22qui ne s'aiment pas forcément d'ailleurs, qui font mine de s'apprécier.
03:26Mais c'est une façon de se jauger et de voir où on en est.
03:31Mais pour revenir aux primaires, puisque c'est à la primaire de la gauche...
03:35La primaire fermée, il faut payer 15 euros.
03:37Moi je me demande toujours, qui sont ces Français qui vont payer 15 euros
03:40pour pouvoir voter dans une primaire, où vous n'avez même pas forcément
03:42la possibilité de voter, peut-être pour votre candidat,
03:45comme François Hollande ou comme quelqu'un d'autre.
03:46C'est aussi le signe d'un parti aux abois,
03:48un parti crépusculaire, faible, qui n'a plus de moyens.
03:52Et la multiplicité des candidatures, c'est aussi le révélateur de cette faiblesse.
03:56Mais je trouve que ce spectacle de la primaire,
03:59ça offre toujours quelque chose d'assez tragique en fait,
04:01parce que ça donne un accès égal,
04:05à une médiatisation, à toutes sortes de candidats.
04:08Alors que c'est quand même beaucoup plus simple
04:11quand le secrétaire général d'un parti
04:13devient naturellement le candidat de son groupe politique
04:18et que ça ne pose pas cette question.
04:21Là, avec cette primaire, vous avez le premier secrétaire,
04:23qui en l'occurrence est Olivier Faure,
04:24qui est complètement lui-même démonétisé,
04:26qui va se retrouver en randonnion avec Raphaël Guixman,
04:30qui lui, pour le coup, est le favori des sondages,
04:32et à côté, une revenante qui est Ségolène Royal.
04:36Effectivement, Jérôme Guix, avec toutes ses qualités,
04:38c'est quand même quelqu'un d'assez irréprochable sur les questions sociétales,
04:41sans ambiguïté vis-à-vis de LFI, exigeant sur la laïcité,
04:45personne ne le connaît.
04:47M. Brun, voilà,
04:49il connaît les questions économiques à l'Assemblée nationale.
04:52Ça n'imprime pas pourquoi on donne...
04:55Ça pose une vraie question,
04:57c'est pourquoi on donne cet accès à ces personnes-là.
04:59J'y vois plus une manière de se faire valoir,
05:01d'acheter des postes futurs,
05:04que ce soit au sein du parti ou dans un éventuel gouvernement,
05:07mais on leur souhaite bien du courage.
05:10Donc voilà, c'est vraiment toujours triste,
05:12mais ça vaut pour tous les partis,
05:13ça vaut pour la droite comme pour la gauche.
05:15Alors là, vous allez avoir la primaire du Parti Socialiste,
05:18au mois d'octobre, je crois.
05:19Et ensuite, certains réclament...
05:22Prévère de la gauche, après.
05:23Attendez, certains réclament la primaire du bloc central.
05:27Vous avez écouté M. Bayrou ?
05:29Alors, pour lui, le bloc central va de M. Glucksmann
05:34à M. Retailleau.
05:36C'est très large, le bloc central.
05:38Vous vous souvenez de la formule de François Mitterrand ?
05:42Le centre n'est ni de gauche, ni de gauche.
05:46C'est toujours excellent à méditer.
05:48Et puis alors, vous avez quelqu'un comme M. Maillard,
05:52avec lequel j'étais hier soir,
05:54qui lui, veut une primaire du bloc central aussi,
05:59mais alors surtout pas à partir de Glucksmann.
06:02Non, non.
06:03Il veut remonter jusqu'à Retailleau,
06:05mais sans partir de Glucksmann.
06:08Donc on peut se retrouver,
06:10si on pousse le raisonnement très loin,
06:12à avoir la primaire de la primaire.
06:14Vous voyez ? Non mais c'est totalement absurde.
06:16C'est totalement absurde.
06:17C'est vrai que c'est un peu compliqué.
06:18À noyer comme ça les frontières entre tendances politiques,
06:23on a un tel dégradé,
06:24qu'effectivement, en fonction des combinaisons,
06:27vous avez...
06:27Le dégradé de couleur au Parti Socialiste est pas mal.
06:29Regardez M. Attal maintenant,
06:31qui vient du Parti Socialiste.
06:32Il n'a plus grand-chose de socialiste dans son discours.
06:35M. Macron s'est revendiqué venant du Parti Socialiste.
06:39J'espère que vous avez écouté l'excellent Laurent Tessier
06:41ce matin dans sa chronique,
06:42qui justement avait ressorti deux extraits d'Emmanuel Macron,
06:45où il expliquait qu'il était socialiste,
06:47bien sûr, quand il était en 2014
06:48dans le gouvernement de François Hollande,
06:50et qui après, au puits du fond, en 2016,
06:51en pleine campagne présidentielle,
06:53dit « Ah non, mais pas du tout,
06:54je n'ai rien d'en socialiste,
06:55et je vais vous expliquer pourquoi. »
06:56Oui, d'accord.
06:57Et ajouter à ça un précurseur, on va dire,
06:59cet Emmanuel Macron,
07:01parce qu'aujourd'hui,
07:02on n'y comprend plus rien.
07:03C'est-à-dire que François Hollande,
07:06son programme, tel qu'il est présenté,
07:08son ébauche en tout cas,
07:09on a du mal à le différencier de celui d'Edouard Philippe.
07:12Mais oui, parce qu'ils ont tous,
07:14et notamment François Hollande,
07:15vous faites bien de le citer,
07:17à la lecture de son programme,
07:19ils ont tous un problème de colonne vertébrale politique.
07:21C'est-à-dire qu'ils sont tous en leur dose.
07:24Ça devient dramatique.
07:25J'allais dire à ce sujet
07:26qu'au moins Edouard Philippe,
07:28non, pardon, François Hollande,
07:30a été dégauchisé par l'exercice du pouvoir.
07:33C'est-à-dire qu'il se différencie des autres
07:35dans le fait qu'il ne prône pas le tout à l'impôt,
07:38qu'il a conscience de certaines réalités.
07:40Par exemple, la retraite à 63 ans,
07:41on dit qu'on va peut-être la garder,
07:43ce ne serait pas bête.
07:44La TVA sociale, il était contre
07:45quand il était candidat.
07:47Et il a regretté, finalement,
07:49de l'avoir supprimé.
07:50Et donc là, il est pour l'augmenter,
07:51augmenter la TVA de 4 points.
07:54Il se prononcera en décembre,
07:55vous avez vu, c'est-à-dire qu'en plus,
07:56on aura des réponses très, très tard.
07:58Oui, et puis en fait, il attend quoi ?
07:59Il attend que la candidature de Raphaël Glucksmann,
08:02si c'est lui qui emporte la primaire,
08:04ne décolle pas dans les sondages
08:06pour se présenter comme l'homme providentiel.
08:08Et donc, Glucksmann serait obligé
08:13de courber les Chines une deuxième fois.
08:15De lui emboîter le pas.
08:16Et donc, ah oui.
08:18Mais ce serait l'éternel perdant.
08:19Alors, il y a socialistes et socialistes.
08:20On ne pourra pas s'ennuyer.
08:21Alors, il y a socialistes et socialistes.
08:22Alors, pour le coup,
08:24à quoi aura servi cette...
08:26Non, mais voyez que c'est une mascarade.
08:27À quoi aura servi cette primaire ?
08:29Bon, on ne va pas s'ennuyer,
08:30en tout cas, dans les prochains mois.
08:31Je vous remercie.