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00:06Et pendant ce temps, le secteur bancaire, alors que donc les cours du pétrole repartent à la hausse aujourd'hui,
00:10on est à nouveau à plus de 100 dollars sur le Bren, 101,50 dollars, les taux souverains aussi repartent
00:15à la hausse,
00:15le 10 ans français est à presque 4,6%, on a 4,59 pour ce 10 ans français.
00:19Et pendant ce temps, le secteur bancaire, quel avenir l'attend, nos banques françaises dans ce contexte ?
00:24David Benhamou, elle suit tout cela, c'est l'un des meilleurs spécialistes du secteur, bonjour David.
00:27Bonjour.
00:28Gérant associé d'Axiom Alternative Investments, quelles sont les conséquences des hausses de taux,
00:31on le disait, le 10 ans français est à 4,59 cet après-midi, pour le secteur financier ?
00:35Déjà, les hausses de taux qu'on observe, est-ce qu'elles sont pour vous peut-être temporaires ?
00:39Alors, elles sont temporaires, après, il y a un sujet de savoir jusqu'où va aller la BCE,
00:47est-ce qu'ils vont reproduire la même logique que 2022-2023, à savoir monter au-dessus de 4%
00:58pour ensuite redescendre.
01:00Donc, aujourd'hui, on a une bonne partie de cette hausse qui est pricée sur la partie courte de la
01:07courbe,
01:08à peu près 3,75 à peu près, qui est pricée aujourd'hui.
01:11Mais donc, voilà, il y a quand même un risque que les taux montent encore un petit peu,
01:17pour ensuite, très probablement, redescendre.
01:20Et après, on peut s'attendre, en tout cas, à des mouvements importants,
01:29notamment, clairement, Hormuz, la résolution des questions.
01:34La géopolitique peut avoir un impact important.
01:36Les conséquences de tout ça, des hausses de taux, donc, et de ce que vous nous dites,
01:39ce scénario que vous nous livrez, que vous dessinez pour la suite,
01:41les conséquences à attendre pour les actions en bourse, les actions bancaires en bourse.
01:46Alors, pour les bancaires, qui, dans les sous-secteurs financiers,
01:51et celui qui est le plus simple à dire d'un point de vue taux,
01:55les hausses de taux sont positives, tant qu'elles ne dépassent pas, en fait, un certain niveau.
02:02Le sweet spot, globalement, on va dire, il est entre 2 et 3,5%.
02:10Dès qu'on franchit ces 3,5%, qu'on dépasse les 4%, il ne faut pas que ça dure trop
02:15longtemps.
02:15Pourquoi ? Il y a deux mécaniques.
02:18Les hausses de taux, c'est très bon pour la marge sur les dépôts.
02:21Donc, les banques, c'est 60% de dépôts à vue,
02:25qui sont peu ou pas rémunérés aux déposants.
02:29Donc, c'est une partie importante de la marge nette d'intérêt,
02:31à peu près 40%.
02:32Donc, dès qu'il y a une hausse de taux, mécaniquement, en fait,
02:34la profitabilité du secteur s'améliore.
02:37Sur la partie crédit,
02:39la dynamique, elle est un petit peu inverse.
02:43Plus les taux montent, plus, tout simplement,
02:45ça risque de ralentir, en fait, la production de crédit.
02:48Donc, il y a cet équilibre, en fait,
02:51qui fonctionne très bien.
02:52Mais dès qu'on a des taux qui sont trop élevés,
02:56voilà, on va ralentir, en fait, la production de crédit.
02:58Mais alors, sur l'ensemble du marché obligataire,
02:59quand les taux deviennent déjà élevés,
03:02puis restent élevés sur une dynamique
03:04comme celle qu'on connaît en ce moment,
03:05c'est quoi les implications pour l'ensemble du marché du crédit,
03:09du marché obligataire ?
03:10Alors, quand on est investisseur
03:13et qu'on considère que les taux,
03:16en tout cas, la probabilité que les taux montent,
03:19en fait, est faible,
03:20c'est le moment pour ajouter de la duration, très clairement.
03:22Et aujourd'hui, alors,
03:24les choses, en fait, sont pas si simples
03:27puisqu'on a une courbe de taux.
03:29Donc, aujourd'hui, c'est la partie courbe
03:31de la pente de taux qui risque de continuer à augmenter,
03:34en tout cas, qui peut potentiellement augmenter,
03:36alors que la partie longue,
03:37elle est déjà à un niveau qui est relativement élevé,
03:40et qu'on risque plus, en fait,
03:42un aplatissement de la courbe qu'autre chose.
03:44Donc, autrement dit, aujourd'hui,
03:45dans un portefeuille obligataire,
03:47c'est le moment de commencer à remettre de la duration
03:49puisque probablement, en tout cas sur la partie longue,
03:52on a beaucoup plus de chances que les taux rebesses
03:55qu'ils ne continuent à monter.
03:57Il y a un risque qui est peut-être plus important
03:58sur la partie courte de la courbe.
04:00On est en train d'évoquer tout cela
04:01et donc le potentiel du secteur financier en bourse
04:03qui a cartonné l'an dernier,
04:05qui est pas mal encore cette année,
04:06potentiel, compte tenu, quand même,
04:08de ce contexte de remonter les taux obligataires.
04:10Et puis, il y a un contexte qui va au-delà
04:12des seuls taux obligataires,
04:13le contexte politique ici en France,
04:15beaucoup d'instabilité,
04:17peut-être une crise sociale à venir,
04:18on verra, une élection présidentielle
04:20dans quelques mois.
04:21Est-ce que, oui, le secteur bancaire,
04:24pour le coup, pourrait souffrir
04:25de ce contexte franco-français
04:26qu'on est en train de décrire ?
04:27– Alors, non, je ne pense pas.
04:30Les banques françaises, si vous voulez,
04:32d'abord, ce sont des banques,
04:33il y a deux éléments clés,
04:35ce sont des banques qui sont relativement diversifiées
04:38géographiquement, celles qui sont cotées,
04:40et pour être très clair,
04:41en fait, il y a déjà une décote politique.
04:44Les Françaises, en fait, ont 30% de décote
04:46par rapport au reste du secteur.
04:49– À cause de la politique ?
04:50– Bien sûr.
04:50– Des blocages institutionnels ?
04:52– Absolument.
04:53– Ensuite, si on place les banques françaises
04:57à l'échelle du secteur bancaire,
04:59globalement, les banques françaises,
05:00c'est à peu près 9% de l'indice.
05:02Loin derrière le Royaume-Uni,
05:04qui fait à peu près 30%,
05:05l'Espagne, une vingtaine,
05:07l'Italie, 15-16%.
05:09Donc, ce n'est pas ce qui a fait bouger l'indice
05:12jusque-là, puisque les banques françaises
05:14ont déjà moins performé, contre-performé
05:16par rapport au reste du secteur.
05:18On ne l'a pas vu à travers l'indice bancaire
05:21qui, aujourd'hui, c'est double digit,
05:26encore une fois, ce qui est délivré cette année.
05:28Et quand on se place sur les perspectives,
05:32on a encore des rehaussements d'attentes
05:35de bénéfices à l'issue des résultats
05:37du second trimestre, globalement de 2%.
05:41Et quand on regarde devant nous,
05:43on a encore à peu près 8% de portage
05:47simplement sur le secteur dividendes
05:49et rachats d'actions.
05:50Donc, je dirais que, avant tout,
05:53malheureusement, nos banques françaises
05:55ont été pénalisées, c'est clair.
05:58On a les stigmates de cette situation politique
06:00qui sont déjà dans les cours.
06:02C'est même un peu pareil sur le crédit,
06:05on le voit.
06:06Mais, voilà,
06:08ce n'est pas un événement sectoriel,
06:10entre guillemets.
06:11David Benhamou, merci beaucoup,
06:13gérant associé chez Axiom Alternative Investments
06:15sur le potentiel de secteur bancaire
06:16dans son texte franco-français,
06:17de remonter les taux également.
06:18Bon retour, David.
06:19Et je vous remercie,