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  • il y a 9 minutes
Aides pour les « gros rouleurs » élargie à 5,5 millions de personnes, plafond de la prime carburant rehaussé à 1 000 euros pour les salariés : les nouvelles annonces du gouvernement suffiront-elles à apaiser la colère sociale ? A quelques jours de la présentation du budget 2027, elle a promis une « journée noire » de mobilisation le 29 septembre : Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est l'invitée de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 23 septembre 2026.

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Transcription
00:00Au revoir !
00:02RTL Matin, c'est Lille Landreau.
00:05Et l'invité d'RTL Matin à 7h44.
00:07Face à la flambée des prix du carburant, un gazole à plus de 2,40 euros le litre,
00:11le gouvernement a fini par sortir son carnet de chèques hier soir.
00:14Bonjour Sophie Binet.
00:15Bonjour.
00:16Secrétaire générale de la CGT, merci d'être avec nous ce matin.
00:19Six ministres étaient réunis hier en fin d'après-midi pour annoncer 450 millions d'euros d'aides au total.
00:25Il était temps ?
00:26Oui, mais le problème c'est que ça ne répond absolument pas au problème.
00:29D'abord parce que c'est une usine à gaz, c'est très compliqué de faire cette demande.
00:33La preuve c'est que la moitié des personnes qui pourraient y avoir accès ne font pas la demande.
00:37Alors c'est simplifié et les personnes qui ont déjà touché la première aide, le premier chèque de 100 euros,
00:41vont recevoir le deuxième automatiquement ?
00:43Oui, et ensuite le deuxième problème c'est que c'est une goutte d'eau,
00:45puisque c'est 100 euros en une fois, or 100 euros c'est un plan.
00:49Et pour les gros rulleurs vers qui se tourne cette aide,
00:51ce n'est pas 100 euros de plus par mois, c'est 300, 400, 500 euros.
00:56Je pense aux infirmières, aux aides à domicile par exemple.
00:57Ça ne couvre absolument pas l'explosion des prix de l'essence.
01:01Le problème c'est que, encore une fois...
01:04C'était possible de faire plus dans le contexte budgétaire qu'on connaît ?
01:06Bien sûr, il y a une proposition toute simple, qui ne coûte rien,
01:10qui consiste à bloquer les prix et à bloquer les marges des pétroliers.
01:15J'ai regardé, depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie,
01:20Total a dégagé 120 milliards de profits en 5 ans.
01:24C'est la même chose pour les 5 majors du pétrole dans le monde.
01:27Il y a des profiteurs de guerre, et le problème c'est que le gouvernement
01:30ne veut pas s'attaquer à ce problème-là, qui est le problème central,
01:34en bloquant les marges et en bloquant les prix.
01:36Ça ne coûte rien aux finances publiques, et ça permettrait d'empêcher...
01:40Mais c'est le risque d'une pénurie, parce qu'on le répète à chaque fois,
01:42la France n'est plus autonome en termes de raffinage,
01:44on importe la moitié...
01:45Oui, alors d'abord, la faute à qui ?
01:47La faute aux gouvernements qui ont laissé les fermetures de raffineries,
01:50alors que nous nous mobilisions et nous disions que ça serait une catastrophe.
01:53Donc encore une fois, on en a la confirmation.
01:56Et par ailleurs, Total est une multinationale,
01:59et donc ces raffineries ne sont plus en France mais à l'étranger,
02:01mais c'est quand même des raffineries qui travaillent pour Total.
02:04Donc ça, c'est un argument qui ne tient pas la route.
02:07Profiteurs de guerre, Total ?
02:08Profiteurs de guerre, tout à fait.
02:10Sur le dos des Françaises et des Français,
02:12qui aujourd'hui sont asphyxiés et sont obligés de choisir
02:14entre remplir leur frigo et faire le plein.
02:16La situation, elle est très grave.
02:18Il y a quelques jours, vous préveniez d'ailleurs,
02:20que si le gouvernement n'entend pas la colère,
02:22l'hiver va mal se passer.
02:23Est-ce que vous craignez vraiment une explosion ?
02:25Ou est-ce que vous agitez un peu les peurs ?
02:27Non, je pense que cette mobilisation, elle est indispensable.
02:31Le point positif des annonces sur le carburant,
02:33c'est que ça confirme que le gouvernement est fébrile
02:35et qu'il a peur d'une mobilisation.
02:37Donc moi, je suis venue passer un message.
02:39Ne nous laissons pas faire.
02:41Mobilisons-nous.
02:42Le 29 septembre, c'est une grande journée de grève
02:45pour nos services publics et pour nos salaires.
02:47Il faut que nous soyons nombreux et nombreuses à être mobilisés.
02:50On ne peut pas baisser la tête et se laisser faire.
02:52C'est une honte ce qui se passe.
02:53Avant cette mobilisation à laquelle vous appelez
02:55et sur laquelle on va revenir,
02:57Emmanuel Macron doit prendre la parole.
02:58Lui, demain soir, on comprend que vous avez été déçu
03:00par ses ministres hier.
03:01Vous attendez quoi du président ?
03:03J'attends qu'il annonce qu'il bloque les prix des pétroliers
03:07et qu'il va enfin chercher l'argent là où il est.
03:09C'est-à-dire dans les marges des pétroliers et des grands groupes.
03:12Alors que les Françaises et les Français
03:14vivent la rentrée du déclassement,
03:17ce n'est pas le déclassement pour les actionnaires.
03:18Jamais il n'y a eu autant de dividendes dans notre pays.
03:21La France est deuxième sur le podium mondial.
03:25Moi, je préférerais qu'on soit les champions du monde
03:26en termes de salaires et de droits sociaux.
03:28Ça n'est plus le cas aujourd'hui.
03:29Donc l'appel à une meilleure réponse à la crise des carburants,
03:31ça va devenir aussi un mot d'ordre
03:33pour cette mobilisation du 29 septembre que vous appelez ?
03:35Le mot d'ordre pour le 29 septembre,
03:37c'est les salaires et les services publics.
03:39Parce que cet été, pendant les incendies, les canicules, etc.
03:44Qui était au front pour sauver des vies ?
03:46Les agents publics.
03:48Et voilà comment ils sont remerciés.
03:49Le gouvernement leur annonce encore un blocage des salaires.
03:53C'est un crachat à la figure des agents publics.
03:56C'est indécent.
03:57En dix ans de macronisme,
03:59les agents publics ont perdu 20% de pouvoir d'achat.
04:02Donc c'est la raison pour laquelle il faut,
04:04le 29 septembre,
04:06être nombreux en grève et en manifestation.
04:07Il y a plus de 150 manifestations qui sont déjà annoncées,
04:10qui sont sur CGT.fr.
04:13Il faut que ça soit une journée noire dans les services publics.
04:15Une journée noire dans les services publics.
04:17Mais la porte, j'allais dire,
04:18est déjà fermée de la part du gouvernement.
04:20Se gèle du point d'indice.
04:21Il est déjà dans le projet de budget,
04:22dans lequel il faut faire 54 milliards d'euros d'économie.
04:25C'est un barreau de donneur, cette manifestation ?
04:27Non, pas du tout,
04:27puisque les mobilisations font bouger
04:29et font reculer le gouvernement.
04:31Moi, je me souviens très bien
04:32de la dernière grande grève des fonctionnaires,
04:34le 5 décembre 2024.
04:36Alors que le gouvernement voulait imposer
04:37des jours de carence
04:38pour les arrêts maladie des fonctionnaires,
04:40le gouvernement, au lendemain de cette grève
04:42qui a été très réussie,
04:43a été obligé de reculer.
04:44Donc là, ce que l'on voit,
04:46c'est que le gouvernement est fébrile et fragile.
04:48Il ne sait pas comment faire passer son budget.
04:50C'est le moment de se mobiliser
04:52pour le faire reculer.
04:53Ce budget est dangereux pour le pays.
04:55Il n'y a rien qui trouve,
04:56grâce à vos yeux, dans ce projet de budget ?
04:57Non.
04:58C'est un budget qui est très grave,
05:00qui est dangereux pour le pays.
05:01Je suis très inquiète
05:02parce qu'il nous fait foncer
05:04à 200 km heure dans le mur de la récession.
05:07Mais sinon, c'est le mur de la dette.
05:09En fait, pour éviter le mur de la dette,
05:11il faut tout simplement prendre l'argent là où il est,
05:14aller taxer les patrimoines,
05:16aller taxer les dividendes,
05:17aller taxer les profits,
05:19ce que le gouvernement refuse de faire.
05:20Et donc là, la situation, elle est grave
05:22parce que non seulement les prix sont à un niveau record,
05:26mais au lieu de bloquer les prix,
05:28le gouvernement fait les poches des travailleurs et des travailleuses
05:30et baisse les revenus des fonctionnaires,
05:32des retraités, des malades, des locataires.
05:34Et donc ça, c'est violent socialement,
05:36mais c'est aussi catastrophique économiquement
05:38avec un risque de récession majeur.
05:40Pour ne pas voir les comptes publics plonger encore un peu plus,
05:43on a appris dans le journal Les Echos
05:44que le gouvernement va vous demander à vous,
05:45les partenaires sociaux,
05:47de trouver au moins 600 millions d'euros d'économies
05:49sur les arrêts maladie.
05:50On rappelle que leur coût a flambé
05:51depuis la période du Covid, plus 45%.
05:55Vous allez aller les chercher où ?
05:57Nous, on a une proposition toute simple qui ne coûte rien.
05:59C'est de rétablir les CHSCT,
06:01les comités Hygiène, Santé, Sécurité au Travail
06:04qui permettent de généraliser la prévention.
06:07Ces comités, ils ont été supprimés il y a 10 ans
06:09depuis les accidents du travail,
06:11les morts au travail,
06:12les maladies professionnelles explosent.
06:14Cette année, il y a eu plus de 1350 personnes
06:18qui sont mortes au travail
06:20ou du fait de leur travail.
06:21C'est un record historique.
06:23Ça n'a jamais été aussi élevé
06:24à cause de la suppression des CHSCT.
06:27Donc la première mesure à mettre en place,
06:28c'est celle-là.
06:29Le MEDEF lui propose de ne plus rembourser
06:30les arrêts maladiers de courte durée
06:32en expliquant que ça pourrait avoir
06:33un effet comportemental chez les Français.
06:36On est dans un pays de salariés
06:37qui abusent aujourd'hui ?
06:39Non, cette proposition,
06:40elle est juste indécente
06:41puisque ce sont les mêmes
06:42qui proposent de taxer les malades
06:44et de laisser les malades sans revenus
06:46qui se battent pour préserver
06:48les profits des milliardaires.
06:49C'est un mensonge.
06:50On a eu l'expérience des jours de carence
06:52justement dans la fonction publique
06:54où un jour de carence a été institué.
06:55Il y a plein d'études qui ont montré
06:57que les arrêts maladie n'ont pas baissé
06:58puisqu'on ne choisit pas d'être malade.
07:01Il n'y a pas...
07:02Aucun travailleur-travailleuse
07:03ne choisit d'être malade.
07:05Et d'ailleurs, c'est une mesure
07:06de santé publique
07:07que de permettre aux travailleurs-travailleuses
07:08de ne pas aller travailler
07:09quand ils sont malades
07:10pour éviter qu'ils contaminent leurs collègues.
07:12Mais vous allez aller y participer
07:13à cette discussion.
07:14Il n'y a pas de boycott envisagé.
07:15Pour l'instant,
07:16je n'en suis pas au courant.
07:17Nous n'avons pas reçu de convocation
07:18et donc nous déciderons quand nous l'aurons.
07:21Merci Sophie Binet,
07:22secrétaire générale de la CGT.
07:23Restez avec nous s'il vous plaît.
07:24Philippe Cavre-Rivière.
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