Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 33 minutes
Il reste 3 semaines pour boucler le budget 2027. Pris en étau entre une dette publique record, l'urgence à financer la transition écologique après un été de canicules, et les menaces de censure au parlement, comment le gouvernement parviendra-t-il à faire passer ce texte ? Qui sera mis à contribution pour les milliards d'économies ? Vivra-t-on le même feuilleton budgétaire qu'en 2025 ? Roland Lescure, ministre de l'Economie, est l'invité de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 07 septembre 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02RTL Matin, c'est lui en trop.
00:057h44, l'invité d'RTL Matin maintenant, il est face à une équation qui peut sembler impossible
00:09et pour laquelle subsiste ce matin de nombreuses inconnues.
00:12Comment réussir à boucler le budget de l'Etat sans faire déraper les comptes publics ?
00:16Bonjour Roland Lescure.
00:16Bonjour.
00:17Ministre de l'économie, je le rappelle, on va revenir dans un instant à ce dossier épineux du budget.
00:22Mais d'abord l'Europe se réveille ce matin après ce séisme politique en Allemagne,
00:26cette victoire de l'AFD aux élections régionales en Saxe-Analte.
00:30Elle vous inquiète cette victoire ?
00:32Bien sûr qu'elle m'inquiète, c'était malheureusement prévu.
00:35Moi j'ai eu l'occasion d'échanger récemment avec des chefs d'entreprise allemands
00:38qui étaient extrêmement préoccupés parce qu'elle était un peu inscrite.
00:42Bon, ils ratent visiblement la majorité absolue de peu,
00:45mais la probabilité quand même que l'extrême droite,
00:47et c'est vraiment de l'extrême droite dur de chez dur,
00:51gouverne un land, donc une région allemande, elle est aujourd'hui réelle.
00:54Ça montre qu'on a un défi majeur face à une vague populiste qui est mondiale aujourd'hui
01:00et face à laquelle on doit résister, mais ce n'est pas facile.
01:04Que l'Allemagne, y compris l'Allemagne de l'Est, tombe aux mains de l'extrême droite,
01:08c'est évidemment un signal très très préoccupant.
01:10Y compris en France.
01:11On va revenir à la situation française.
01:13Justement, il reste trois semaines pour ficeler le projet de loi de finances, le budget 2027.
01:17Et la première question qu'on a envie de vous poser ce matin, Roland Lescure,
01:20c'est où ? Où vous allez chercher les milliards d'économies annoncées ?
01:24Bon, d'abord, il faut être conscient que l'environnement n'est pas facile.
01:27Je ne veux surtout pas décaler, je vais répondre à votre question,
01:30mais d'abord être conscient que la croissance mondiale aujourd'hui est à risque,
01:33les taux d'intérêt sont hausses.
01:35On a des taux d'intérêt dans le monde, en France, mais aussi ailleurs,
01:39aux Etats-Unis et partout ailleurs, qui sont les plus hauts depuis 2008.
01:432008, c'était la crise financière.
01:45Donc, on est aujourd'hui face à une équation macroéconomique mondiale extrêmement risquée.
01:49Moi, je rentre des Etats-Unis, j'étais en Caroline du Nord la semaine dernière
01:52pour le G20 des ministres des Finances.
01:54Les préoccupations sont énormes.
01:56Donc, face à cet environnement, on fait face, vous le dites, à une équation budgétaire difficile.
02:01Je rappelle qu'on a...
02:02Vous avez promis de répondre, hein ?
02:03Oui, oui, on avait... Non, mais pour donner un peu l'ampleur du mur auquel on fait face,
02:07on avait missionné avec David Amiel quatre économistes
02:10pour avoir de manière indépendante un diagnostic.
02:12Si on ne fait rien l'année prochaine, si on ne fait rien,
02:15on sera autour de 6% de déficit budgétaire.
02:18Donc, ça donne une idée de l'ampleur de la marche.
02:20Et l'objectif, c'est 5 ?
02:21L'objectif, c'est, j'allais dire, au pire, 5.
02:25On aimerait être même en dessous de 5 l'année prochaine.
02:28Et donc, vous allez les chercher aussi.
02:29Et donc, il va falloir faire des efforts, j'allais dire, dans toutes les dimensions,
02:32dépenses et recettes, dans tous les agents publics,
02:36que ce soit les collectivités locales qui vont devoir, évidemment,
02:39elles aussi, je dirais, contribuer...
02:40Mais sur le diagnostic, on l'entend, mais l'auditeur qui vous écoute ce matin,
02:43il se demande surtout ce qui va lui en coûter à lui.
02:47Concrètement, vous allez les chercher où, ces économies ?
02:49Écoutez, beaucoup dans les dépenses de fonctionnement de l'État,
02:53des collectivités locales et des administrations de sécurité sociale,
02:57tous les agents publics,
02:58on va essayer de limiter au maximum.
03:00Le Premier ministre l'a dit, il ne souhaite pas de nouveaux impôts,
03:03de nouvelles impôts, de hausse d'impôts supplémentaires.
03:05Donc, évidemment, ça veut dire que nos concitoyens vont être directement plutôt épargnés.
03:11Mais évidemment, derrière chaque dépense publique...
03:13On a parlé de la désindexation, par exemple, des retraites les plus importantes.
03:18Est-ce que ça y est, vous avez enfin arrêté le seuil ?
03:20Est-ce qu'on va arrêter d'indexer les pensions à partir de 2 000, de 3 000 euros ?
03:24Non, et puis évidemment, je comprends les frustrations que ça peut engendrer,
03:27parce que derrière chaque mesure, chacun a son avis, chacun a son idée,
03:30du seuil, de ce qu'il faut faire, de ce qu'il ne faut pas faire.
03:32Oui, mais à la fin, la décision, c'est vous qui allez la prendre.
03:34Exactement. Et l'idée d'un budget, c'est de présenter, j'allais dire, une maison entière,
03:38bien construite, aussi bien construite que possible.
03:40Vous l'avez dit d'ici quelques semaines, début octobre au plus tard.
03:43Et en attendant, on calibre toutes les mesures.
03:46Alors, j'entends les préventions des uns et des autres, par exemple,
03:50sur est-ce qu'il faut que les retraités fassent un effort.
03:53J'ai envie de retourner la question.
03:54Est-ce qu'il y a des raisons pour que tout le monde fasse des efforts,
03:57sauf les retraités, qui pour certains d'entre eux, en tout cas,
04:00sont dans une situation, je dirais, de revenus relativement favorable ?
04:03La réponse est évidemment non.
04:04Il faut tous qu'on fasse...
04:05Mais quel effort ?
04:06Est-ce que c'est la désindexation des pensions les plus élevées ?
04:08Est-ce que c'est la suppression de l'abattement fiscal de 10%
04:11qui était aussi sur la table ?
04:12L'un ou l'autre, en tout cas, on regarde les deux.
04:13Et l'un ou l'autre ?
04:14Il y aura forcément quelque chose ?
04:15Non, mais on voit bien que l'un et l'autre ont du sens.
04:17Aujourd'hui, vous savez qu'en moyenne,
04:20les retraites sont plus élevées que les rémunérations du travail en France.
04:23C'est le modèle social, je dirais, à son meilleur,
04:26mais qui coûte beaucoup d'argent.
04:27Donc, la question de savoir si on augmente moins les retraites
04:33que ce que l'inflation prévoirait.
04:35On n'est pas en train de baisser les retraites comme ça a été fait.
04:37Non, mais c'est souvent une baisse de pouvoir d'achat.
04:39Oui, mais il faut quand même avoir en tête
04:40ce que d'autres pays ont eu à faire face à des murs financiers
04:45parce qu'ils n'avaient pas fait les mesures nécessaires en temps et en heure.
04:49Donc, on peut dire, ça serait facile pour nous.
04:51Donc, les retraités ne seront pas épargnés,
04:53mais l'arbitrage n'est pas encore fait.
04:54En tout cas, vous n'allez pas le communiquer.
04:55Vous le savez, nous, on gouverne pour quelques mois
04:57et dans la foulée, un certain nombre de candidats
04:59souhaitent présider la France.
05:01Ça serait bien plus facile pour nous de dire
05:03franchement, on laisse la note au suivant.
05:05Nous, on souhaite effectivement, je dirais,
05:07laisser une note pas trop salée
05:09de manière à ce que les suivants puissent gouverner la France.
05:11Et pour ça, vous avez apparemment pas mal d'idées.
05:13On a pu lire dans les échos hier
05:15que le gouvernement réfléchissait aussi à taxer davantage l'épargne salariale.
05:18Est-ce que ça aussi, c'est une piste sur la table ?
05:20Est-ce que vous le confirmez ?
05:21Non, mais j'entends bien.
05:22Ça fait partie des pistes qu'on regarde.
05:23Comme d'autres, il n'y a rien d'acquis aujourd'hui.
05:25Mais j'entends bien que...
05:27Et c'est pour ça que je suis un peu gêné par ces mesures
05:28ou ces idées de mesures qui sont égrenées
05:30les unes après les autres.
05:32Derrière chaque mesure,
05:33il y a une bonne raison de ne pas la faire.
05:35Mais la réalité, c'est que si on ne fait rien,
05:37on va dans le mur.
05:38Donc, moi, je souhaite pouvoir présenter un budget global,
05:41équilibré.
05:42Je dirais aussi juste que possible.
05:44Et j'entends bien,
05:44j'étais rapporteur général de la loi PACTE.
05:47Quand j'entends Bruno Le Maire dire
05:48« il ne faut pas faire ça »,
05:49je l'entends.
05:50Mais si on ne fait rien,
05:51on va dans le mur.
05:52Et moi, je souhaite que la France
05:54reste sur les rails de la croissance
05:56et de la soutenabilité budgétaire.
05:58C'est ma responsabilité.
05:59Enfin, ce budget, il faut qu'il soit adopté.
06:01Pour ça, les insoumis, les écologistes,
06:03les socialistes menacent déjà de censure.
06:05Le RN laisse pour l'instant planer le doute.
06:07Il existe vraiment le chemin de crête
06:09pour essayer de le faire passer, ce budget ?
06:11J'allais dire, ça ne dépend pas de moi,
06:13mais je les appelle à leur responsabilité.
06:15C'est facile aujourd'hui de dire
06:17« franchement, ce budget, il ne me plaît pas,
06:18je le censure ».
06:19C'est plus compliqué de dire
06:21« ce budget, puisque je veux présider la France,
06:24je vais peut-être en hériter,
06:25je serai capable de le corriger,
06:27parce qu'on sait bien qu'un président
06:29qui arrive avec un nouvel gouvernement
06:31peut corriger le budget adopté ».
06:34L'alternative,
06:35parce qu'il se refile toute la responsabilité
06:37les uns les autres en disant
06:38« moi, je vais censurer,
06:40on verra si les autres le font »,
06:41c'est qu'on n'a pas de budget.
06:42Et si on n'a pas de budget,
06:44là, le mur, on le frappera
06:45et on le frappera fort.
06:46Pour les gens qui nous écoutent,
06:48ça veut dire quoi,
06:48pas de budget concrètement dans leur vie demain ?
06:50Ça veut dire des taux d'intérêt
06:51qui montent de manière très forte.
06:53Parce qu'aujourd'hui,
06:54on est regardé par les marchés financiers
06:55qui disent « franchement,
06:57on a un gouvernement qui… »
06:58Et des taux d'intérêt qui montent,
06:59pardon, mais dans ma vie,
07:00ça change quoi ?
07:01Ça veut dire des crédits à la consommation
07:02plus difficiles à avoir,
07:03ça veut dire une inflation sans doute qui monte,
07:06ça veut dire des crédits immobiliers
07:07pour les futurs acheteurs
07:08qui vont être plus élevés,
07:10ça veut dire malheureusement
07:11le taux du découvert qui peut monter.
07:13De manière très concrète,
07:15si, j'ai entendu que certains
07:17veulent annuler la dette,
07:18si on perd la confiance
07:20de ceux qui nous prêtent
07:21pour faire tourner la France,
07:23la France ne tournera plus.
07:24Et on l'a vu,
07:26je ne veux pas donner l'impression
07:27que j'affole sans raison.
07:29On l'a vu en Grèce,
07:30on l'a vu en Espagne,
07:31on l'a vu en Portugal.
07:33quand les prêteurs
07:34perdent confiance,
07:35les efforts qu'on doit faire
07:37sont là des vrais sacrifices.
07:38Alors, vous parlez de sacrifices,
07:41on vient de parler du budget 2027,
07:43il y a le 2026 à boucler,
07:44vous avez annoncé
07:45un milliard d'aides supplémentaires
07:46pour les agriculteurs,
07:48vous allez les trouver où ?
07:49Qui va se sacrifier
07:50pour les agriculteurs ?
07:51Alors, là,
07:51on n'est pas dans le sacrifice,
07:53on est dans la réduction des dépenses
07:55de tous les ministères,
07:55en gros,
07:56à du concurrence
07:57qui vont devoir contribuer.
07:58Pourquoi ?
07:59Parce que, un,
08:00l'agriculture a pris un choc
08:01énorme cette année,
08:02la production agricole va baisser.
08:04D'accord, mais qui va payer
08:04pour les agriculteurs ?
08:05Vous sabrez quoi ?
08:06C'est une prison qui ne va pas,
08:07un chantier qui ne va pas
08:08être lancé tout de suite ?
08:08On va devoir faire des efforts
08:10dans tous les ministères
08:11et chaque ministère
08:12va devoir nous faire
08:12des propositions
08:13pour dire,
08:14effectivement,
08:14on contribue tous
08:16à l'appui d'une profession
08:18qui a souffert
08:19de manière historique
08:20cet été.
08:21Donc,
08:21chaque ministère
08:22va devoir faire
08:23un petit effort.
08:24Un milliard,
08:25c'est beaucoup.
08:25Un milliard sur le budget
08:27de l'État
08:27qui représente
08:29des centaines de milliards d'euros,
08:30évidemment,
08:30c'est beaucoup moins.
08:31Roland Liscueur,
08:32vous restez avec nous.
08:32Philippe Cavré-Vière arrive
08:33dans un instant.
08:35Bonne journée
08:36sur RT.
Commentaires

Recommandations