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  • il y a 11 mois
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, était l'invitée du Face à Face ce jeudi 2 octobre, nouvelle journée de mobilisation en France à l'appel de l'intersyndicale.

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Transcription
00:00Bonjour Sophie Binet, vous êtes secrétaire générale de la CGT, merci d'abord d'avoir accepté de répondre à nos questions ce matin.
00:07Beaucoup de sujets à voir ensemble, notamment cette lettre que le Premier ministre a adressée à l'ensemble des syndicats hier,
00:13ce budget qui visiblement a déjà été envoyé au Conseil d'État et au Conseil pour les finances publiques,
00:19mais d'abord cette journée de mobilisation, j'ai envie de vous demander quel est le sens de cette mobilisation aujourd'hui,
00:26parce qu'il n'y a pas de gouvernement, il n'y a pas de budget, ni vous ni moi a priori nous savons à quelle sauce fiscale on va être mangé.
00:33C'est quoi aujourd'hui le slogan que vous aurez sur votre pancarte Sophie Binet ?
00:37Eh bien le message c'est de dire que les sacrifices pour le monde du travail ça suffit.
00:42Nous savons que les arbitrages sont en train de se faire actuellement, nous ne voulons pas en rester témoin,
00:47nous ne voulons pas que ça se traduise par des accords politiciens dans le dos des travailleurs et des travailleuses.
00:51C'est pour ça qu'il faut être très nombreux aujourd'hui à manifester et faire grève pour faire entendre nos exigences sociales.
00:57Donc c'est quoi ? C'est une grève ? C'est une mobilisation préventive ?
01:00C'est vrai que c'est la première fois qu'il y a trois journées de grève et de manifestation en un mois sans gouvernement ni budget.
01:05Ça montre le niveau de colère sociale.
01:07Mais pourquoi est-ce que nous manifestons maintenant ?
01:09Parce que nous sentons que c'est maintenant que les arbitrages se font et que nous voulons être entendus.
01:13Mais vous demandez quoi concrètement ?
01:14Nous voulons d'abord que la copie de François Bayrou soit définitivement enterrée,
01:19ce qui n'est pas le cas aujourd'hui parce que le Premier ministre ne nous a toujours pas dit
01:22qu'il ne ferait pas la réforme des retraites, qu'il ne ferait pas d'année blanche.
01:26L'année blanche, je rappelle, c'est une baisse des pensions pour les retraités,
01:29c'est une baisse de toutes les prestations sociales, une baisse du salaire des fonctionnaires.
01:32Il ne nous a pas dit non plus ce qu'il voulait faire en matière de santé
01:35alors que François Bayrou prévoyait de doubler le montant des franchises médicales.
01:38Il ne nous a pas dit ce qu'il souhaitait faire sur les services publics
01:41alors que le budget précédent prévoyait de supprimer 3000 postes de fonctionnaires.
01:45Donc nous voulons que tout ça soit envoyé à la poubelle.
01:48C'est normal d'ailleurs le fait que le budget soit envoyé au Conseil d'État
01:51et même au Conseil des finances publiques et que les organisations syndicales
01:54avec qui il dit vouloir négocier ne connaissent toujours pas le contenu de ce budget ?
01:58Je trouve que c'est un peu choquant, oui, qu'ils nous disent que les arbitrages ne sont pas faits
02:02alors qu'on sait très bien que le budget il est écrit et qu'il l'a envoyé au Conseil des finances publiques.
02:07La moindre des choses serait été de nous dire les choses.
02:09Et le fait qu'il ne nous ait pas dit les choses, ça ne nous rassure pas du tout.
02:13Il aurait pu nous rassurer en nous disant
02:14« Je vous rassure, je ne ferai pas de réforme de l'assurance-chômage ».
02:17Il ne l'a pas dit. Il ne nous a pas dit qu'il ne ferait pas d'année blanche.
02:20Donc nous, ce que nous voulons, c'est qu'il n'y ait pas de recul pour les travailleurs et les travailleuses.
02:24Ça fait 8 ans qu'on passe à la caisse, on n'en peut plus.
02:27Et par contre, pour payer, parce qu'effectivement, il y a une dette qui a augmenté
02:32du fait des cadeaux pour les plus riches et pour les plus grandes entreprises.
02:34Mais la dette et les déficits, il faut quand même les réduire, on est d'accord ?
02:36Oui, et pour ça, il faut aller prendre vers ceux qui sont responsables de ces déficits,
02:41à savoir les plus riches et les plus grandes entreprises,
02:43puisque toutes les études économiques montrent que le déficit a augmenté
02:46parce que les recettes ont baissé.
02:48Et ce n'est pas les dépenses qui ont augmenté, c'est les recettes qui ont baissé.
02:51Et donc l'impôt des plus riches et des plus grandes entreprises.
02:53Le 18 septembre, il y avait 500 000 personnes dans la rue selon le ministère d'Intérieur,
02:561 million selon les organisations syndicales.
02:58Aujourd'hui, le gouvernement dit qu'il table sur 350, peut-être 400 000 personnes dans les rues.
03:04Et vous avez posté une vidéo sur le compte X de la CGT, je vous lis.
03:09Le 2 octobre, nous avons une obligation de réussite, il faut continuer crescendo.
03:12Soyons bien conscients que nous sommes en position de force.
03:15Mais si ce soir, le résultat est moins satisfaisant,
03:18il y a moins de monde dans les rues, moins de grévistes que le 18 septembre,
03:21est-ce que vous serez vraiment en position de force pour aller revoir, rediscuter avec Sébastien Lecornu ?
03:26Oui, bien sûr, parce qu'encore une fois, c'est la première rentrée sociale,
03:31je n'en ai pas vu d'autre, où en un mois de septembre,
03:34il y a trois journées de grève et de manifestation,
03:36avec des centaines de milliers de personnes dans les rues.
03:39Vous êtes d'ailleurs prête à aller jusqu'où pour mettre la pression sur le Premier ministre ?
03:43Il y a déjà dans votre tête de nouvelles journées de mobilisation qui sont prévues ou pas encore ?
03:47On prendra nos décisions en fonction de sa copie.
03:50D'abord, ce qu'on veut savoir, c'est quel sera le gouvernement.
03:53Si ça sera lui le Premier ministre, j'ai cru comprendre qu'il y avait quelques incertitudes.
03:57Et puis, on veut savoir quel sera le budget.
03:58Et donc, en fonction, si dans le budget, il y a des reculs, évidemment qu'on ne laissera pas passer.
04:03Si la mobilisation est moins forte aujourd'hui, on est en droit de se demander,
04:08je suppose que vous vous posez la question de savoir si, au fond, en tardant à présenter son gouvernement,
04:13en tardant à présenter ses options budgétaires,
04:15si Sébastien Lecornu, d'une certaine manière, il n'essaye pas de chloroformer un peu la colère sociale,
04:21de l'anesthésier, d'une certaine manière.
04:23Oui, c'est clairement sa stratégie.
04:24Quand il nous a reçus la semaine dernière, il nous a fait deux heures de langue de bois
04:27et il pensait que, grâce à cela, les organisations syndicales se feraient enfumer
04:32et n'appelleraient pas à une journée de grève et de manifestation.
04:34Eh bien, raté, nous appelons à une nouvelle journée de grève et de manifestation aujourd'hui.
04:38Ce qui est sûr, c'est que la colère sociale, elle est bien là, elle est extrêmement forte.
04:42Et s'il pense pouvoir s'en débarrasser comme ça, il se met le doigt dans l'œil.
04:46Aujourd'hui, il y aura une journée de mobilisation qui va être réussie.
04:50Je ne sais pas si on sera au niveau du 18, peut-être qu'on sera un tout petit peu en dessous,
04:54mais ça sera réussi, ça sera fort.
04:56Et ça sera trois journées de grève et de manifestation très fortes depuis le mois de septembre.
05:00Et donc, il faut le prendre en compte parce que sinon, de toutes les manières,
05:04les mobilisations, elles continueront s'il y a des reculs.
05:06Alors, ça m'a frappé.
05:07À la veille de la manifestation du 18 septembre,
05:10le Premier ministre a annoncé qu'il renonçait définitivement aux deux jours fériés.
05:13Et puis là, hier, donc à la veille de cette manifestation,
05:16on apprend qu'il vous a adressé une lettre,
05:18une lettre dans laquelle il dit notamment qu'il va introduire dans la loi
05:22des améliorations notables pour la retraite des femmes.
05:25Des femmes, vous dites quoi ce matin ?
05:27Que c'est vraiment une bonne nouvelle ou que c'est notoirement insuffisant ?
05:32En fait, c'est du recyclage,
05:33chose qui était dans les cartons depuis le mois de juin.
05:35C'était les propositions que vous aviez faites,
05:37notamment au moment du conclave,
05:39que les organisations syndicales avaient faites.
05:42Non, puisque toutes les organisations syndicales ont dit
05:46qu'elles soient restées dans le conclave ou qu'elles soient parties,
05:47que ce qu'elles voulaient, c'était la fin des 64 ans.
05:50Moi, je vous avoue que quand j'ai vu cette lettre,
05:52je me suis demandé si ce n'était pas Patrick Martin,
05:53le président du MEDEF, qui l'avait écrite.
05:55Parce qu'en fait, dedans, c'est le SAV de l'agenda patronal
05:59que le patronat veut nous imposer en termes de négociations.
06:02Pardon, Sophie, j'ai regardé avant de vous recevoir ce matin,
06:05il y a 40% des femmes qui partent à la retraite
06:07qui n'ont pas de carrière complète.
06:08Il y a un écart de plus de 40% entre la pension des retraites des hommes
06:12et des femmes.
06:13Donc, annoncer qu'on fait un effort sur la retraite des femmes,
06:16moi, je pensais ce matin que vous alliez vous en féliciter.
06:18Oui, mais en fait, on l'a mesuré, cet effort.
06:21Et cet effort, il reviendrait à quoi ?
06:23D'abord, ça serait, donc pas toutes les femmes,
06:24ça serait à peu près 50% des femmes,
06:26qui, au mieux, auraient une augmentation d'environ 1%
06:29du montant de leur pension.
06:30Quand, dans le même temps, on nous vole deux ans de vie,
06:33notamment aux femmes, qui sont celles qui ont
06:35les carrières les plus incomplètes,
06:37et quand, dans le même temps, on menace de désindexer
06:40les pensions en 2026, ce qui ferait perdre 1%
06:42de pouvoir d'achat pour les retraités.
06:44Donc, on voit bien que c'est un jeu de dupe.
06:46On fait comme si on nous donnait une chose d'une main,
06:48alors qu'on nous en retire beaucoup plus de l'autre.
06:50Le sujet sur les retraites, il est clair.
06:52Nous l'avons dit, nous le martelons.
06:54Il faut revenir sur les 64 ans.
06:56Il faut abroger cette réforme des retraites.
06:58Vous n'êtes pas tous d'accord entre vous.
06:59Vous vous dites abrogation,
07:01l'intersyndicale dit abandon,
07:03je crois que la CFDT dit suspension.
07:05Vous êtes au clair, d'ailleurs, entre vous, sur ce sujet ?
07:07Oui, ce qui rassemble les organisations syndicales,
07:09c'est de dire qu'il faut abandonner les 64 ans,
07:12et donc que ce ne sont pas des mesures cosmétiques.
07:14Donc, ces manifs, c'est un peu le match-retour
07:16des manifs anti-retraite d'il y a 18 mois ?
07:19Évidemment que la situation du pays,
07:22elle est directement déterminée
07:24par ce qui s'est passé pendant la mobilisation
07:26contre les retraites.
07:26On l'avait dit, le fait qu'Emmanuel Macron passe en force,
07:29il le paierait par une profonde crise démocratique.
07:32On est dedans, et si Emmanuel Macron persiste
07:34et refuse de changer de politique,
07:36cette crise démocratique va se transformer
07:37en crise de régime.
07:39Personne n'a raison seul contre tous,
07:41il faut qu'il écoute le pays
07:42et qu'il respecte la démocratie.
07:44Dans la lettre qu'il vous a adressée,
07:45il parle de la retraite des femmes,
07:46mais il dit qu'il est ouvert sur l'assurance chômage,
07:49il vous tend la main sur la protection sociale,
07:51il dit qu'il veut favoriser le dialogue social.
07:54Je vous pose la question,
07:55je suis un peu taquin ce matin,
07:56mais le cornu, à vos yeux, c'est mieux que Bayrou ?
08:00Là, à ce stade, il ne nous en a pas fait la preuve du tout.
08:03À ce stade, il ne nous a pas...
08:04Donc Bayrou et le cornu, pour vous, c'est pareil ?
08:05Pour l'instant, c'est le clone de Bayrou,
08:08et pour l'instant, il n'a pas coupé le cordon
08:10avec le président de la République et avec le patronat.
08:13C'est ça le problème.
08:14On a besoin d'un Premier ministre
08:16qui réponde aux attentes des travailleurs et des travailleuses.
08:19On attend autre chose d'un Premier ministre
08:21qu'il nous recycle ce sur quoi le patronat veut nous faire négocier.
08:27Et en matière de protection sociale, par exemple,
08:28dans le courrier, ça ne va pas du tout,
08:31puisque ce qu'il nous explique,
08:32c'est qu'il faut faire baisser les cotisations sociales
08:35qui financent notre protection sociale et notre sécu.
08:38Donc ça, c'est la reprise d'une grosse revendication patronale.
08:40Mais moi, je me souviens,
08:41quand vous étiez sorti de votre dernier rendez-vous
08:43avec Sébastien Lecornu,
08:44vous aviez dit devant les micros
08:46que le Premier ministre vous avait dit
08:49« Je suis le Premier ministre le plus faible de la Ve République ».
08:52J'ai lu ce qu'il a dit.
08:53Il dit « Au fond, ce ne sera pas le budget Lecornu,
08:55ce sera le budget du Parlement ».
08:57Honnêtement, il n'a pas tort.
08:58C'est bien de négocier avec lui.
09:00Mais en fait, tout va se jouer à l'Assemblée et au Sénat.
09:03Oui, sauf qu'il est quand même Premier ministre.
09:05Donc il a quelques petites prérogatives.
09:07Sa première prérogative, c'est de faire une copie initiale.
09:09Et donc nous, on veut savoir ce qu'il y aura
09:11dans la copie initiale et ce qu'il va porter.
09:13Sa deuxième prérogative, c'est que
09:15c'est lui qui donne l'avis du gouvernement
09:17sur les amendements
09:17et c'est lui qui peut bloquer des amendements.
09:19Jusque-là, le gouvernement a toujours bloqué
09:22tous les amendements visant à abroger
09:24la réforme des retraites, par exemple.
09:25Donc là-dessus, il faut qu'il s'exprime.
09:27Est-ce qu'enfin, il va laisser le Parlement
09:30jouer son rôle démocratique
09:31et abroger la réforme des retraites,
09:33sachant qu'il y a une large majorité de députés
09:34qui sont pour l'abrogation de la réforme des retraites ?
09:36Alors il a déjà commencé à faire des choix
09:37puisqu'il a dit qu'il n'y aura pas de taxe Zuckman,
09:39cette taxe sur les hauts patrimoines.
09:42Il n'y aura pas de retour de l'ISF,
09:44de l'impôt sur la fortune,
09:45tel qu'on l'a connu avant.
09:47Est-ce que vous êtes prêts à accepter des alternatives ?
09:50Il y a un certain nombre d'idées
09:51qui commencent à émerger dans le débat.
09:54Est-ce que c'est la taxe Zuckman
09:55et rien d'autre pour vous ?
09:56Ou est-ce que vous êtes prêts à réfléchir
09:58à d'autres façons de faire contribuer
10:00les plus riches à l'effort national ?
10:02Ce que nous voulons, c'est une taxe
10:04qui permette enfin vraiment
10:05de faire contribuer les patrimoines
10:07et les plus riches à l'effort national,
10:09sachant que ça fait des années quand même
10:11qu'on nous a vendu des mesures
10:14qui au final n'ont rien rapporté
10:15parce qu'elles étaient faites
10:16pour ne rien rapporter.
10:17Les promoteurs de la taxe Zuckman
10:19disaient que ça peut rapporter
10:20jusqu'à 15-20 milliards peut-être.
10:22Donc en fait, ce qui vous intéresse,
10:23vous, ce n'est pas la taxe Zuckman
10:24en tant que telle,
10:25c'est qu'on puisse prélever 15 ou 20 milliards.
10:27C'est ça, c'est le montant en fait ?
10:28Exactement, c'est le montant qui nous intéresse,
10:31sachant que 20 milliards, c'est le minimum.
10:33En fait, le gouvernement nous dit
10:35qu'il recherche 40 milliards.
10:37Pour nous, ces 40 milliards doivent être trouvés
10:39en mettant à contribution
10:41les plus riches et les plus grandes entreprises.
10:42Pourquoi ?
10:43Parce qu'Emmanuel Macron a baissé leur fiscalité
10:46de 40 à 50 milliards chaque année.
10:48Donc c'est pour ça qu'on est
10:49dans cette situation de déficit.
10:50C'est là qu'il faut aller chercher
10:52pour rééquilibrer les comptes.
10:53Nous avons une autre proposition
10:54dont M. Lecornu ne parle jamais,
10:56c'est de travailler sur les aides publiques
10:58aux entreprises.
11:00211 milliards d'euros chaque année
11:01qui sont consentis sans condition
11:03ni contrepartie.
11:04Le haut commissariat au plan dit 100 milliards.
11:06Donc il y a déjà un débat sur les chiffres.
11:08Qu'est-ce que vous voulez ?
11:09En gros, des conditions sur les aides
11:10accordées aux entreprises ?
11:11Déjà, qu'elles soient remises à place.
11:13C'est le plus gros budget de l'État.
11:14C'est quatre fois le budget
11:15de l'éducation nationale.
11:16C'est colossal.
11:17Et aujourd'hui, ces aides publiques,
11:19elles vont nourrir des entreprises
11:20qui licencient et qui délocalisent.
11:22C'est quand même pas normal.
11:23C'est l'argent de nos impôts.
11:24Sébastien Lecornu dit aussi
11:26qu'il veut rapprocher,
11:27si j'ai bien compris,
11:28le salaire brut du salaire net.
11:31A priori, c'est en supprimant la CSG.
11:34D'abord, est-ce que c'est une idée
11:35que vous pouvez partager ?
11:37Et surtout, par quoi on la remplace ?
11:39C'est ça le problème.
11:39C'est que pour nous, ce qu'il faut,
11:41c'est garantir le financement
11:42de notre sécurité sociale
11:44et donc de nos droits.
11:45Et donc, nous, on n'a jamais été fan
11:47de la CSG.
11:49Si on baisse la CSG,
11:50il faut la remplacer
11:51par des cotisations sociales
11:52et remettre en cause
11:53les 80 milliards d'exonérations
11:55de cotisations sociales
11:56qui sont distribuées chaque année
11:57et qui sont aujourd'hui
11:58des trappes à bas salaire.
11:59Ça a été prouvé
12:00par de nombreux rapports.
12:01Et la hausse de la TVA,
12:01vous êtes contre ?
12:02La hausse de la TVA,
12:03on est tout à fait contre
12:04puisque c'est chacune
12:05et chacun d'entre nous
12:06qui payera.
12:06Donc c'est quoi ?
12:06C'est la hausse de la CSG
12:07par exemple sur les revenus
12:08du capital ?
12:09Ça, oui, c'est quelque chose
12:10qui pourrait être examiné
12:12parce que ça permet de taxer
12:13les revenus du capital.
12:15Mais pour nous, ce qu'il faut,
12:17c'est remettre en cause
12:18les 80 milliards d'exonérations
12:19de cotisations sociales
12:20qui pèsent sur les finances publiques
12:21et qui sont des trappes
12:23à bas salaire.
12:24Deux questions encore.
12:25Vous avez sans doute vu
12:26la droite, les Républicains,
12:29a posé un certain nombre
12:30de conditions
12:31pour intégrer le gouvernement.
12:33Et parmi ces conditions
12:34qu'il fixe au bloc central,
12:36il y en a deux sur lesquelles
12:37je voudrais vous faire réagir.
12:38Il propose de ne pas remplacer
12:39les fonctionnaires
12:40de l'administration
12:42administrante
12:43qui partent à la retraite.
12:45Et il y a une deuxième proposition
12:46qui consiste à aligner
12:47le temps de travail
12:47des fonctionnaires
12:48sur la durée légale
12:49en vigueur,
12:50notamment dans les entreprises privées.
12:53C'est une ligne rouge
12:54pour vous,
12:54ces deux points-là ?
12:55D'abord, sur la question
12:56du temps de travail,
12:57c'est déjà fait depuis longtemps.
12:59Les fonctionnaires sont
12:59aux 1607 heures,
13:00donc aux 35 heures.
13:02Il faut arrêter
13:03de stigmatiser...
13:04Cette proposition laisse entendre
13:05que tout le monde
13:06n'appliquerait pas cette règle.
13:07C'est ça, ça fait encore...
13:08Notamment dans les collectivités
13:09territoriales.
13:10C'est faux,
13:11ça fait longtemps
13:12qu'elle est appliquée
13:13avec en plus
13:14des collectivités
13:15dont l'autonomie
13:16a été remise en cause
13:17de façon très problématique
13:18par la Cour des Comptes
13:19et l'État.
13:20Il faut arrêter
13:21de faire comme si
13:21les fonctionnaires
13:22étaient des fainéants.
13:23Aujourd'hui,
13:24notre pays,
13:25il tourne grâce
13:26au dévouement des fonctionnaires
13:27qui font tourner
13:27nos écoles,
13:28nos hôpitaux,
13:29nos universités,
13:30nos pompiers,
13:31etc.
13:31Il faut arrêter
13:31de les stigmatiser.
13:33Le MEDEF,
13:33par exemple,
13:34sur vous,
13:34ça devrait vous faire plaisir.
13:36Ils vont manifester,
13:37alors pas dans la rue,
13:37mais ils vont faire
13:38un grand meeting,
13:39visiblement à l'Accor Arena,
13:41juste en face
13:41de Bercy.
13:43Qu'est-ce que vous dites ?
13:43Que c'est au fond
13:44le jeu syndical normal
13:46ou que c'est indécent ?
13:48C'est totalement indécent.
13:50C'est totalement indécent
13:51parce qu'on a un MEDEF
13:53qui, au lieu de défendre
13:55les entreprises,
13:56défend les plus riches...
13:56Mais vous défendez
13:57les travailleurs,
13:58le MEDEF a le droit
13:58de défendre les patrons ?
14:00Là, effectivement.
14:01En l'occurrence,
14:01c'est bal et masque.
14:02Ils ne défendent pas
14:03les entreprises,
14:03ils défendent les patrons
14:04et les patrons les plus riches
14:05puisqu'en fait,
14:07ils s'opposent
14:07à la taxe Zuckman
14:08qui concernerait
14:091800 personnes
14:10qui ont plus de 100 millions
14:11d'euros de patrimoine.
14:13Donc,
14:13ce n'est pas tout le monde.
14:15Et le problème aujourd'hui
14:16de notre économie,
14:16c'est que ces plus riches
14:18et ces plus grandes entreprises
14:19captent toutes les richesses.
14:21Il y a une étude de l'INSEE
14:22qui est sortie avant-hier
14:23qui montre que,
14:24depuis 10 ans,
14:25les petites entreprises
14:26ont créé quasiment
14:282 millions d'emplois
14:28en France
14:29et que les entreprises
14:30du CAC 40
14:30en ont supprimé
14:31170 000.
14:33Le problème,
14:34il est là
14:34parce que c'est
14:34ces mêmes entreprises
14:35qui distribuent,
14:37qui concentrent
14:3960% des bénéfices
14:40et qui distribuent
14:41tout aux actionnaires
14:42et qui captent
14:43les aides publiques.
14:43Du côté des patrons,
14:44il n'y a pas d'unité syndicale
14:45parce qu'il y a au moins
14:45deux syndicats
14:47qui ne sont pas alignés
14:48sur le MEDEF.
14:51En gros,
14:51ils disent
14:51qu'il ne faut pas opposer
14:52le monde de la finance
14:53et le monde du travail.
14:54Il faut choisir son camp
14:55d'une certaine manière.
14:56Oui,
14:56je trouve que c'est très bien
14:57qu'il y ait cette clarification
14:59et qu'il y ait ce débat
15:00dans le monde patronal.
15:01Ce n'est pas la même chose.
15:02Les grands patrons,
15:03les grandes entreprises
15:04et les petites,
15:05les problématiques
15:05des petites entreprises,
15:06par exemple,
15:07c'est les délais de paiement
15:08des multinationales
15:09qui ne respectent pas la loi
15:11et qui optimisent
15:12leur trésorerie
15:13en payant extrêmement tard
15:15et mal leurs prestataires
15:16et ça fait mourir
15:17des entreprises.
15:18Je voudrais qu'on fasse
15:18deux pas de côté ce matin.
15:20D'abord,
15:20la condamnation de Nicolas Sarkozy
15:22à cinq ans de prison
15:23avec mandat de dépôt différé
15:25et exécution provisoire.
15:28Je ne vais évidemment pas
15:28vous faire commenter
15:29ce jugement,
15:30mais en revanche,
15:31je voudrais votre avis.
15:31Un certain nombre de gens
15:32au moment de cette condamnation
15:34ont dit
15:34mais au fond,
15:35pour qu'il n'y ait pas de débat
15:36sur la justice,
15:37on devrait interdire
15:38aux magistrats
15:38de se syndiquer.
15:40Qu'est-ce que vous pensez
15:41de cette idée ?
15:42Je trouve que c'est hyper grave.
15:43En fait,
15:44ça fait partie
15:45des libertés fondamentales,
15:46la liberté d'expression,
15:47le droit de se syndiquer
15:49et c'est faire comme si
15:51on avait une justice politique
15:52en France.
15:53Là,
15:54cette décision de justice,
15:56elle est le fruit
15:57d'années d'enquêtes
15:59et de procédures pénales,
16:01d'une décision collective
16:02et collégiale
16:03et ça n'est absolument pas
16:05un procès politique.
16:06Il y a des faits
16:07qui sont d'une extrême gravité
16:09qui le justifient.
16:10Mais par exemple,
16:11quand vous voyez que
16:12la présidente du tribunal,
16:14elle n'était pas seule,
16:15ils étaient trois,
16:15mais la présidente du tribunal
16:16qui avait manifesté en 2011
16:18contre la politique pénale
16:19de Nicolas Sarkozy.
16:21Vous comprenez
16:22que ça puisse interroger,
16:23que ça puisse poser des questions ?
16:25Est-ce qu'elle n'aurait pas dû
16:26d'une certaine manière
16:26se déporter en disant
16:27non, je ne peux pas
16:28traiter le sujet ?
16:29Ça n'a aucun sens.
16:30Elle a manifesté
16:31avec tous ses collègues
16:32magistrats et magistrates
16:33pour défendre ses droits
16:34parce qu'aujourd'hui,
16:36la justice est étouffée
16:37et n'a plus de moyens
16:38de travailler.
16:39C'est terrible.
16:40Ça fait partie
16:40des gros problèmes
16:41de la fonction publique.
16:42L'asphyxie budgétaire
16:44de notre justice
16:44qui n'a plus les moyens.
16:46Je salue d'ailleurs
16:47tout le travail
16:48qui a été leur
16:48et c'est quand même
16:49la moindre des choses
16:50que les juges,
16:51les greffiers
16:51et tout le monde
16:52de la justice
16:52puissent se mobiliser
16:53pour exiger des moyens
16:54pour la justice.
16:55Sophie Binet,
16:55est-ce qu'il vous arrive
16:56de faire vos courses
16:57sur Internet ?
16:58Oui.
16:59Ça vous arrive ?
17:00Je vous pose la question
17:01parce que Xi'in,
17:02vous en avez entendu parler,
17:03le géant de la fast fashion chinois,
17:06va s'installer en France
17:08mais va s'installer
17:09dans des boutiques en physique,
17:10notamment au BHV à Paris,
17:12dans des galeries Lafayette
17:13à Dijon, Grenoble,
17:15Limoges, Angers.
17:18J'imagine qu'il doit y avoir
17:19des salariés syndiqués
17:20dans ces magasins.
17:21Qu'est-ce que va dire la CGT ?
17:22On laisse faire,
17:23c'est trop tard
17:24ou au contraire
17:24il faut absolument empêcher ça ?
17:26Je n'ai pas eu encore
17:27de contact avec eux.
17:29Ce qui est sûr,
17:30c'est que Xi'in a une pratique
17:31de dumping social, fiscal,
17:34environnemental
17:34qui est extrêmement violente,
17:36qui participe à la difficulté
17:39du secteur de l'habillement
17:40et qu'il faudrait
17:41une réponse claire et forte
17:43à la fois des pouvoirs publics
17:44et à la fois des employeurs.
17:45Et ce qu'on constate,
17:46c'est que, encore une fois,
17:48on ne fait rien
17:48et qu'on laisse nos emplois partir
17:50et le dumping se généraliser.
17:52Et eux répondent
17:53que ça va créer
17:54200 emplois en France.
17:56200 emplois,
17:56c'est rien du tout.
17:57Par rapport au nombre
17:58d'emplois supprimés,
17:59c'est rien du tout.
18:01Et donc, il y a besoin
18:02de protéger notre industrie
18:04en mettant en place
18:05des taxes douanières
18:07en fonction des normes fiscales,
18:08sociales et environnementales
18:10pour mettre fin
18:10à ce dumping
18:11qui est catastrophique
18:12pour l'Europe
18:13et pour la planète.
18:13Donc vous,
18:14vous n'achez pas sur Chine,
18:15sur Internet ?
18:16Non.
18:17Bon, merci Sophie Binet.
18:18Merci infiniment
18:19d'avoir répondu
18:20à mes questions.
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