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  • il y a 23 minutes
Qui représentera la gauche à la présidentielle de 2027 ? L'ancienne candidate socialiste à l'Elysée repart en campagne en passant par la case primaire. Elle affrontera ces prochaines semaines 6 candidats dont le favori des sondages Raphaël Glucksmann. Elle est l'invitée de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 11 septembre 2026.

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Transcription
00:01RTL Matin, Céline Landreau.
00:04Et l'invité d'RTL Matin à 7h42, elle est candidate à la primaire socialiste, assure d'ailleurs avoir obtenu
00:09déjà tous les parrainages nécessaires.
00:11Candidate à la primaire et donc à l'Elysée, après avoir atteint déjà le second tour de la présidentielle, c
00:16'était en 2007.
00:16Bonjour Ségolène Royal.
00:17Bonjour.
00:18La France tranquille, c'est votre slogan qui renvoie à la force tranquille de François Mitterrand.
00:23L'ordre juste, c'était déjà votre mantra il y a 20 ans.
00:26Cette année-là, votre plateforme, c'était désir d'avenir.
00:28Aujourd'hui, dans la tonalité, ça ressemble un petit peu à envie de passer, non ?
00:32Au contraire.
00:34D'abord, ce qu'on vient d'entendre sur la situation économique de la France montre qu'il faut reconstruire
00:38ce désir d'avenir.
00:39Et en particulier pour les jeunes générations.
00:42Et c'est la motivation même de mon engagement dans cette campagne.
00:47Je n'accepte pas que nous laissions à la génération qui vient, aux générations qui viennent, cette dette générationnelle.
00:54La dette climatique, d'abord, on le voit.
00:57La dette financière.
00:58La dette sur le doute, dans le maintien de la qualité du service éducatif en particulier.
01:04La dette morale, d'une certaine façon.
01:07Et cette dette qui se traduit, ce poids que l'on transmet aux nouvelles générations,
01:11se traduit par la diminution accélérée du nombre de naissances en France.
01:16Et ça, je ne veux pas m'y résoudre.
01:18Parce qu'un pays qui commence à perdre confiance en son avenir,
01:21au point que les jeunes ne puissent plus réaliser leur désir d'enfant,
01:25puisqu'il y a un gros écart entre le désir d'enfant et les naissances effectives,
01:29montre que le pays va très mal, qu'il est mal dirigé.
01:32Mais vous pensez pouvoir l'incarner, cet avenir ?
01:34Je voudrais que vous écoutiez ce message que Franck nous a laissé, Franck de Noz, dans l'Orne.
01:39Madame Royal, bonjour.
01:41Ça fait 45 ans que vous faites de la politique.
01:43Est-ce qu'il n'est pas temps de faire valoir vos droits à la retraite politique ?
01:47L'abstention en France peut être aussi parce qu'on en a marre
01:51de toujours voir les mêmes personnes à droite comme à gauche.
01:55Je crois que c'est tout le contraire, monsieur.
01:57Parce qu'aujourd'hui, vu la situation, il faut des gens d'expérience.
02:01Vous savez, moi, je n'ai plus rien à prouver, comme vous venez très justement de le dire.
02:04Je n'ai pas de carrière à faire.
02:05Je suis là pour transmettre à la génération qui viendra,
02:10qui prendra ses responsabilités politiques, en effet,
02:12parce que c'est forcément en candidatant à la magistration.
02:15Les Français ont essayé des gens sortis de nulle part.
02:17Ils ont essayé Macron.
02:18Ils ont essayé Emmanuel Macron.
02:19Regardez ce que ça a donné.
02:21En l'occurrence, il n'est pas candidat à Emmanuel Macron.
02:23Non, mais regardez la situation de la France.
02:25Donc, regardez ce que donnent des gens sans expérience,
02:28qui ne connaissent pas en profondeur le pays.
02:30Alors, bien sûr, l'expérience non plus ne suffit pas, bien évidemment.
02:35Mais quand même, elle est là quand on a exercé des responsabilités dans l'appareil d'État.
02:40C'est quand même mieux que de ne pas du tout, puisqu'il faut remettre de l'ordre dans l
02:44'État.
02:44Alors justement, puisque vous voulez remettre de l'ordre,
02:47les Français qui font le plein régulièrement constatent que les prix des carburants flambent.
02:50On en parlait aussi il y a quelques minutes.
02:52Hier, on a encore appris que le prix du gaz allait augmenter de 6% le mois prochain pour 6
02:55millions de ménages.
02:56Vous promettez, vous, présidente, de baisser les prix de l'énergie.
02:59Vous allez faire comment ?
03:00Je baisse les taxes, immédiatement.
03:03D'ailleurs, ça devrait être fait de...
03:04Quelle taxe ? Sur le carburant ? Vous baissez quoi ?
03:06Vous baissez la TVA, ça nous rapporte 10 milliards d'euros par an.
03:08On peut s'en passer ?
03:09Oui, parce que ça rapporte, figurez-vous, d'empêcher les faillites d'entreprises.
03:13Parce que là, on est dans un cercle vicieux.
03:16C'est-à-dire que le gouvernement ne veut pas baisser les taxes.
03:18Résultat, il y a même des gens qui ne se déplacent plus pour aller travailler.
03:21Les entreprises ferment, les bourses-centres se dévitalisent.
03:24Et donc, ça nourrit la décroissance...
03:26La dévitalisation des centres-bourgs, elle ne date pas de la crise au Moyen-Orient
03:30et de la montée récente des prix du létrole.
03:32C'est un dossier très ancien.
03:33Ah, c'est pas vrai !
03:33Interroger les boulangers, les artisans, les restaurateurs,
03:37tout ce qui fait la vitalité des centres-bourgs,
03:39c'est le coût de l'énergie, bien évidemment, qui les met sur la paille.
03:42Enfin, ça fait des années qu'on parle de ce problème dans le pays.
03:44Non, mais pas au niveau que nous subissons aujourd'hui.
03:48Il y a 60% de taxes sur le prix du litre d'essence.
03:51Moi, je pense qu'un litre d'essence ne doit pas dépasser 1,70€.
03:56Donc, vous baissez la TVA ?
03:58Je plafonnerai et je baisserai...
03:59Mais bien sûr !
04:00Et deuxièmement, aujourd'hui, quand on voit la structure...
04:02Les règles européennes font qu'on ne peut pas la baisser en dessous de 5% ?
04:05Les règles européennes, on les change.
04:06Ça suffit, à un moment.
04:08Et deuxièmement, quand on voit sur le processus de construction du prix de l'énergie,
04:12il y a aussi des interventions au niveau de la diplomatie internationale à faire
04:16et de la réglementation internationale.
04:18Puisque chaque fois que le prix du Brent augmente,
04:20il a augmenté de 30% depuis le mois d'août...
04:22En les dollars, le baril ce matin.
04:23Voilà, vous avez ensuite, en pourcentage, l'augmentation des marges du raffinage,
04:29qui n'a jamais autant gagné d'argent qu'aujourd'hui.
04:31Donc, ça, c'est ça qui choque les gens.
04:33C'est que sur la filière de construction du prix de l'énergie jusqu'au consommateur,
04:38il y en a qui s'enrichissent.
04:40C'est ça qui ne va pas.
04:41Or, comment se fait-il ?
04:42Puisque, en effet, ça frappe l'économie mondiale,
04:45qu'il n'y ait pas de décision internationale disant,
04:47nous allons aussi bloquer la marge des raffineurs,
04:51bloquer la marge des transporteurs,
04:53bloquer la marge des distributeurs.
04:54Vous baissez la TVA.
04:56La difficulté, c'est qu'on ne sait pas combien de temps cette crise au Moyen-Orient va durer.
05:00Ça veut dire qu'on fait un Paris et qu'on est prêt à perdre des recettes fiscales
05:04sans savoir jusqu'à quel montant, jusqu'à quand.
05:06Ça veut dire qu'il faut aussi que la diplomatie se bouge pour arrêter cette guerre.
05:09Mais ça, personne n'ose le dire.
05:11Eh bien oui, mais c'est ça la politique.
05:13C'est d'avoir des gens qui sont capables d'agir.
05:15Vous avez aujourd'hui des gens inertes.
05:17Où sont les efforts de...
05:20Vous avez l'impression qu'Emmanuel Macron n'y agit pas sur le plan international aujourd'hui ?
05:22Où sont les efforts de...
05:23Vous avez entendu la France dire qu'il faut arrêter les guerres ?
05:25J'ai pas entendu en tout cas Emmanuel Macron dire qu'il faut faire des guerres.
05:28Non, mais vous n'avez pas entendu non plus.
05:30Les guerres sont là.
05:30Il faut les arrêter.
05:31C'est insupportable.
05:33Il y a déjà tellement de défis à relever
05:34qu'en plus on a des guerres qui sont déclenchées par d'autres que nous
05:38et qu'on n'est pas capable d'intervenir et de peser sur le plan diplomatique
05:42pour arrêter ces guerres, pour demander des comptes.
05:45Mais qu'est-ce qui se passe ?
05:46Mais on pèse comment aujourd'hui ?
05:47Comment vous allez peser, vous, demain ?
05:48Mais par la diplomatie.
05:50Vous avez entendu l'Europe dire qu'il faut arrêter cette guerre,
05:53demander des comptes à Donald Trump
05:54qui déclenche des guerres sans avoir la solution politique.
05:57Mais est-ce qu'on a encore les moyens de demander des comptes aux Etats-Unis
06:01dans la situation qui est celle de la France aujourd'hui,
06:03dans la situation de déclin européen ?
06:05On en parlait avec le prix Nobel d'économie, Jean Tirole,
06:07ici, même hier.
06:08On n'a plus les moyens de peser.
06:09Vous avez raison.
06:10Moralement, on n'a plus beaucoup de moyens
06:12dans la mesure où un pays qui a 6 000 milliards de dettes,
06:17effectivement, ne pèse plus beaucoup sur la scène internationale.
06:21Ça, c'est vrai.
06:22Eh bien, il faut quand même essayer, si vous voulez.
06:24Quand on n'essaye même pas.
06:25Vous savez, ce n'est pas parce que c'est impossible que nous ne le faisons pas.
06:30C'est parce que nous ne le faisons pas que c'est impossible.
06:32Vous connaissez cette belle phrase de Nelson Mandela ?
06:35On y est.
06:35C'est parce que nous n'essayons pas que c'est impossible.
06:38Eh bien, il faut essayer.
06:39Il n'y a jamais d'impasse pour la volonté politique et pour la volonté humaine.
06:44Parce que là, il faut remettre de l'humain dans la politique aussi.
06:47Vous voyez, il faut remettre...
06:48Parce que là, on souffre énormément de cela.
06:50Et en plus, comme on est déjà un pays affaibli par la dette,
06:53affaibli par la désindustrialisation,
06:55parce que rien n'a été fait pour saisir les opportunités de la crise climatique,
07:01et le levier essentiel aujourd'hui pour remonter la pente,
07:03c'est de relever la crise climatique,
07:05parce que c'est là où il y a des opportunités industrielles.
07:08Parliez de la dette, Ségolène Royal.
07:10C'est vrai que c'est une question cruciale
07:11qui va s'imposer à tous les candidats à la présidentielle dont vous faites partie.
07:14Dans ce débat, la question des retraites, elle sera cruciale.
07:17Le Haut-Commissariat au plan préconisait hier
07:18d'allonger la durée du temps de travail,
07:203, 4 ans de plus.
07:21Pour être très clair,
07:22quelqu'un qui entre dans la vie active à 23, 24 ans,
07:25ça voudrait dire travailler jusqu'à 70 ans.
07:27Vous proposez quoi, vous, sur cette question des retraites ?
07:29Je propose d'arrêter de faire peur aux Français
07:31en les menaçant sur les retraites.
07:34Vous voyez, il y a déjà tellement à faire.
07:35Ce n'est pas les retraits qui ont creusé
07:36les 1 500 milliards de déficits supplémentaires
07:39que Macron a creusés.
07:40Sauf que si on ne change rien,
07:41tous les économistes vous disent que le système des retraites...
07:43Non, il faut relancer la croissance et l'activité économique.
07:46Et comment on décrète de relancer la croissance,
07:49Mme Royal-Claude ?
07:49On le fait...
07:50Écoutez, je ne vous écoutais pas ce que je vous disais.
07:52J'essaye, si, je vous assure.
07:53Si, on relance l'industrie,
07:55comme on relance l'industrie par les opportunités industrielles.
07:57Où sont les opportunités industrielles ?
08:00C'est dans la lutte contre le dérèglement climatique.
08:02Exemple, la filière aéronautique,
08:04c'est une filière puissante en France.
08:06C'est une filière qui avait mis au point
08:08un prototype d'avion pour arrêter les incendies,
08:10pour éteindre les incendies.
08:11Vous ne croyez pas que ça aurait été malin,
08:13il y a 4 ans,
08:13de lancer des appels d'offres
08:15pour que cette industrie aéronautique
08:17puisse construire des avions ?
08:18Il y a un marché mondial sur le problème des incendies.
08:21Tout le monde semble que découvre les incendies.
08:23Mais on l'avait dit à la COP21,
08:25que j'ai présidée,
08:26la conférence de Paris sur le climat.
08:27On avait dit, attention,
08:28les incendies vont devenir de plus en plus violents,
08:31attention, les inondations vont devenir
08:32de plus en plus violentes.
08:34Il y a dans le défi climatique
08:36les opportunités de relance économique.
08:39Et c'est cela qui doit devenir
08:41la colonne vertébrale de la reconquête
08:44industrielle de la France.
08:45Donc, vous ne touchez pas aux retraites,
08:47vous ne dites pas aux Français
08:48qu'il faudra travailler plus longtemps ?
08:50Non, parce que chaque fois qu'il y a un problème,
08:52on s'en prend.
08:53Ça fait 4 ou 5 fois qu'ils nous font
08:54une réforme de retraite.
08:55À chaque fois, en nous disant que c'est...
08:57Peut-être parce qu'on ne va pas assez loin.
08:58Mais où sont les marges d'action ?
09:00Si vous frappez les retraités, là,
09:02même ce discours qui consiste à dire
09:04que la solution miracle idéologique de droite,
09:08c'est de toucher aux retraites.
09:09Ça suffit.
09:10Parce que, du coup, ça fige la consommation.
09:14Donc, ça creuse encore le ralentissement économique.
09:17Ça fait peur aux gens.
09:19La retraite, c'est le patrimoine
09:21de ceux qui n'en ont pas.
09:22C'est la solidarité intergénérationnelle.
09:25C'est la sécurisation de la consommation.
09:27Et donc, si vous fragilisez encore la famille,
09:30d'une certaine façon,
09:31vous fragilisez les fondements d'une société.
09:34Et donc, vous, présidente,
09:35vous ne touchez pas aux retraites.
09:37Je ne touche pas aux retraites
09:38tant que je n'ai pas réindustrialisé le pays.
09:40Et je pense que c'est possible.
09:41Merci beaucoup, Ségolène Royal.
09:42Restez avec nous, s'il vous plaît.
09:43Regardez Alex Vizorik vient de s'installer en studio.
09:46Et dans un instant, c'est à lui.
09:49Participez à RTL Matin.
09:51Laissez un message vocal sur l'application RTL.
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