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  • il y a 17 minutes
Aujourd’hui, 8 enfants et adolescents sur 10 atteints d’un cancer guérissent, grâce aux progrès réalisés ces dernières décennies. Mais certains cancers restent difficiles à traiter, notamment lorsqu’ils résistent aux traitements ou rechutent. Comprendre pourquoi un enfant développe un cancer, imaginer des traitements spécifiquement pédiatriques, accélérer l’accès aux innovations et limiter les séquelles : quels sont les grands défis de la recherche aujourd’hui ? Pour en parler, Iris Pauporté, directrice de la Recherche à la Ligue contre le cancer, et Véronique Minard-Colin, cheffe du comité de pédiatrie à Gustave Roussy.

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Transcription
00:04Bonjour à toutes les deux, bienvenue dans Santé Futur.
00:06Bonjour à tous.
00:07Professeur Véronique Minard-Colin, je commence avec vous.
00:09Qu'est-ce qui différencie fondamentalement un cancer pédiatrique d'un cancer chez l'adulte ?
00:15D'abord, c'est beaucoup plus rare et heureusement,
00:17les cancers de l'enfant représentent moins d'un pour cent de tous les cancers diagnostiqués par an en France,
00:22mais ça reste la première cause de décès par maladie chez l'enfant et l'adolescent.
00:26Ça c'est la première différence, c'est la fréquence.
00:28La deuxième, c'est que ce sont des cancers très différents.
00:31Le pic de cancer pédiatrique, c'est dans les premières années de vie,
00:34les leucémies, les tumeurs cérébrales ou les tumeurs du tout-petit qu'on appelle les neuroblastomes.
00:39Donc des cancers très différents, rien à voir avec un cancer du sein, un cancer du poumon ou un cancer
00:44digestif par exemple.
00:45D'où la nécessité d'une recherche spécifique.
00:48Exactement, une recherche qui est dédiée au cancer pédiatrique.
00:51On sait que chez l'adulte, 40% des cancers sont évitables, alcool, tabac, exposition solaire.
00:56Chez l'enfant, c'est tout à fait une autre histoire.
00:59Iris, vous portez, les cancers pédiatriques, on vient de l'évoquer, représentent moins d'un pourcent de l'ensemble des
01:04cancers en France.
01:05On parle d'environ 2300 nouveaux cas chaque année.
01:08Cette rareté constitue une difficulté pour la recherche ?
01:12Effectivement, ça constitue une difficulté parce que chaque cancer de l'enfant va être presque différent.
01:19Donc aujourd'hui, on reconnaît qu'il y a à peu près 60 types de cancers différents de l'enfant.
01:23Et à l'intérieur même de ces types, il y a des sous-types qui font que cette difficulté va
01:28être encore plus grande
01:30pour pouvoir rechercher exactement qu'est-ce qui va différencier une leucémie qui va être guérie très rapidement
01:38et certains cas de leucémie de l'enfant qui sont aujourd'hui en nécessité pour trouver des traitements qui marchent
01:45réellement.
01:46La Ligue évoque un plafond de verre concernant ces cancers encore incurables.
01:51Pourquoi est-ce que c'est si difficile à dépasser aujourd'hui ?
01:55En fait, pendant des années, il y a eu un travail qui a été fait de collecte de données
02:00et d'une analyse génétique spécifique des tumeurs, pas une analyse du sang du patient, mais de la tumeur,
02:06pour pouvoir réellement comprendre quelles sont les différences.
02:10Et aujourd'hui, grâce à toutes ces données qu'on a cumulées, grâce à un effort collaboratif qui se met
02:15en place,
02:15il y a beaucoup plus d'espoir de trouver réellement des cibles spécifiques
02:21sur lesquelles il va y avoir des médicaments et qui vont pouvoir casser ce plafond de verre.
02:27Professeur, vous générez ce portail, il y a beaucoup plus d'espoir ?
02:30Oui, aujourd'hui, on vit une période pleine d'espoir avec de nouvelles technologies qui sont en développement,
02:36qui permettent d'aller très profondément dans l'ADN de la tumeur, dans l'ADN du sang et du patient,
02:42pour essayer de comprendre s'il y a une cause génétique,
02:45et dans l'ADN des organes où se développe cette tumeur,
02:48pour essayer de voir si, in situ, dans ces organes, il y a une fragilité.
02:52On va pouvoir y revenir.
02:53C'est probablement, en préparant cette émission, vous m'avez dit l'une des questions les plus difficiles pour les
02:57familles,
02:58pourquoi mon enfant ?
03:00Aujourd'hui, que sait-on des causes des cancers pédiatriques ?
03:03En effet, c'est la première question que nous posent les enfants et leurs familles,
03:06c'est pourquoi j'ai ce cancer ? C'est si rare.
03:08On dit que ça touche à peu près un enfant dans une école primaire,
03:11donc c'est en même temps rare et en même temps beaucoup trop fréquent.
03:14La première cause est la cause génétique, une fragilité génétique qu'on identifie sur une prise de sang.
03:19Souvent, il y a un cas déjà d'enfants ou de plusieurs enfants malades dans la famille.
03:23C'est 10 à 15% des cas.
03:25C'est ça, exactement. 10 à 15% des cas sont de causes génétiques identifiées.
03:29On travaille beaucoup aussi, et c'est une vraie préoccupation des familles sur l'environnement,
03:34une préoccupation à juste titre,
03:36assez complexe comme recherche pour identifier les liens entre l'exposition et le développement de cancers.
03:42Et on travaille sur de nouvelles pistes aussi.
03:44J'en parlais avec vous hier, c'est exactement ça.
03:47C'est-à-dire qu'on analyse maintenant des très grandes cohortes d'adultes guéris de cancers durant leur enfance,
03:53de milliers.
03:53C'est rare, donc ce sont des collaborations internationales,
03:57où on regarde ce qu'ils ont développé en Suisse en termes de séquelles,
04:00et malheureusement pour certains d'entre eux, d'autres cancers.
04:02Et on cherche dans ces très grandes cohortes s'il y a de nouveaux gènes de prédisposition,
04:08de fragilité au cancer.
04:10Ça c'est une approche.
04:11Et enfin, je dirais que pour répondre à cette cause origine,
04:15il y a toute la question multifactorielle en fait.
04:17Et aujourd'hui, on connaît des gènes,
04:19mais c'est probablement des combinaisons de gènes qui sont la cause d'une fragilité par rapport au cancer.
04:26Pour revenir sur les interrogations autour du rôle de l'environnement,
04:29que sait-on exactement ?
04:32Malheureusement, on ne sait pas encore grand-chose.
04:34On a des familles qui ont identifié des cas, ce qu'on appelle des clusters,
04:39c'est-à-dire un amas dans l'espace et dans le temps de plusieurs cas de cancer pédiatrique.
04:43Et de la recherche a été développée, soutenue par l'Institut National du Cancer,
04:47avec un consortium qui s'appelle Pédiac,
04:50qui travaille vraiment avec les chercheurs au laboratoire,
04:53évaluant les expositions potentielles et leurs conséquences sur les cellules sur le développement de cancers.
05:00Et on est encore en train de développer cette recherche.
05:03On sait que les enfants d'agriculteurs, par exemple, sont plus à risque de développer des cancers,
05:08avec malgré tout un risque qui est faiblement plus important de l'ordre de 1 à 1,5 par rapport
05:14à un enfant qui n'est pas exposé.
05:16Iris, la Ligue parle de guérir plus, mais aussi guérir mieux,
05:21parce qu'un enfant guéri peut conserver des séquelles,
05:25parfois plusieurs décennies après son traitement.
05:27Quelles sont aujourd'hui ses conséquences les plus préoccupantes ?
05:31Grâce à ce financement de la Ligue de plusieurs cohortes françaises,
05:34donc Véronique parlait de cohortes internationales,
05:36mais il y a également des cohortes mises en place en France,
05:39ce qu'on appelle le suivi à long terme d'enfants qui ont eu une leucémie ou dans l'adolescence.
05:46Donc, sur ces cohortes qui sont très difficiles à financer,
05:49parce qu'effectivement, ça nécessite un travail jusque-là assez minutieux.
05:54Peut-être qu'avec l'IA, ça va changer, on va pouvoir peut-être aller chercher dans les dossiers,
05:58mais ce qu'il faut surtout, c'est suivre les personnes.
06:00Et très souvent, ces personnes vont avoir un peu de mal,
06:04une fois qu'elles ont eu ce cancer dans l'enfance,
06:06de revenir dans l'établissement de soins où ils ont été traités 20 à 30 ans plus tard,
06:11puisque la vie fait qu'on peut avoir envie de tourner la page,
06:15et on peut aussi déménager.
06:17Néanmoins, le fait est que ce suivi a démontré certaines choses qui sont assez intéressantes à savoir,
06:24notamment les séquelles sur la fertilité, qui ont été assez étudiées,
06:28et ce qui a été démontré, par exemple, qu'il y a non seulement une insuffisance gonadique,
06:35mais il y a également, c'est-à-dire moins de fonctions ovariennes,
06:39pour parler en termes plus compréhensibles,
06:42mais il y a également une taille de l'utérus chez les femmes qui ont été traitées par des traitements
06:47lourds dans l'enfance,
06:48qui fait que c'est très difficile derrière de pouvoir porter un enfant.
06:52Donc, il y a d'autres études qui ont démontré des choses intéressantes,
06:56c'est que des personnes qui ont eu ces traitements lourds dans l'enfance
06:59peuvent avoir aussi des maladies, ce qu'on appelle le syndrome métabolique,
07:03de présenter des formes de diabète ou de maladies cardiovasculaires
07:08comme si ces personnes étaient en surpoids très important.
07:12Alors que, physiquement, ces personnes, rien ne laisseraient penser qu'elles auraient eu ça, en fait.
07:19Donc, on a vu, par exemple, le témoignage, quand on a fait les 20 ans de cette cohorte,
07:24d'une personne qui a dit que si je n'avais pas eu ce suivi,
07:26je n'aurais pas été faire le suivi chez le cardiologue,
07:29et je ne serais plus en vie aujourd'hui à 45 ans pour vous parler.
07:32D'où l'importance du suivi des séquelles à long terme.
07:36Et la deuxième raison pour laquelle on fait, c'est, premièrement,
07:39effectivement, pour mieux prendre en charge les adultes d'aujourd'hui,
07:42qui ont souffert de ça dans l'enfance,
07:44mais aussi pour trouver des moyens d'éviter ça aux enfants qui sont traités aujourd'hui.
07:50Donc, avec des thérapeutiques, ils vont être moins, qu'on espère,
07:55avoir beaucoup moins de séquelles et moins évalidantes
07:58que celles qui ont été utilisées il y a 30 ans.
08:02Professeur, des médicaments innovants,
08:04on en parlait aussi en préparant cette émission,
08:07existent parfois déjà chez l'adulte,
08:09mais restent difficiles d'accès pour les enfants ou les adolescents.
08:12Comment l'explique-t-on ?
08:13Ça, c'est un sujet, c'est un combat pour nous
08:15d'avoir accès à ces médicaments.
08:18Il y a, je dirais, deux grandes catégories de médicaments
08:20si on parle des cancers pédiatriques.
08:22Il y a ceux qui existent chez l'adulte
08:24et qui peuvent avoir les mêmes cibles dans les cancers pédiatriques
08:26et pour lesquels on souhaite avoir accès à ces médicaments.
08:29Et puis, il y a ceux qui sont spécifiques des tumeurs pédiatriques.
08:32Pour ceux qui existent chez l'adulte,
08:34il y a une notion aussi de discussion avec les industriels
08:38sur le marché que représentent les cancers pédiatriques.
08:40On comprend parfaitement la logique industrielle
08:43qui est les cancers pédiatriques.
08:44C'est un tout petit marché.
08:46Et puis, il y a aussi la peur de développer des essais
08:48chez les enfants qui sont considérés
08:50comme des populations plus fragiles
08:52alors qu'en réalité, ça, c'est vraiment moi, pédiatre,
08:55qui l'affirme.
08:56Les enfants sont bien plus résistants
08:58à l'ensemble des traitements le plus souvent
08:59si on compare par rapport à un adulte de 50, 60 ans
09:03qui a d'autres pathologies avec lui.
09:05Donc, on essaie d'activer les différents leviers.
09:09Il y a des mécanismes européens
09:11qui imposent à un industriel de développer chez l'enfant
09:14quand il va avoir une autorisation pour un médicament.
09:17Ça, c'est un levier très intéressant
09:18qu'on appelle un plan d'investigation pédiatrique.
09:21« J'ai un médicament très actif dans le cancer du poumon.
09:23Pour avoir l'autorisation, je dois développer un essai
09:26si la cible fait sens dans les cancers pédiatriques chez l'enfant. »
09:30Donc, ça, c'est un levier remarquable.
09:32Mais il y a aussi les médicaments qui sont déjà autorisés,
09:34qui sont presque des vieux médicaments chez l'adulte.
09:36Je pense à un type d'immunothérapie
09:39qui est une vraie révolution dans les lymphomes pédiatriques
09:43et pour lequel on essaye vraiment d'avoir accès
09:46pour développer des nouveaux essais thérapeutiques.
09:48Et qu'est-ce qui bloque aujourd'hui fondamentalement ?
09:50Eh bien, ça bloque parce que la discussion avec les industriels
09:54fait qu'il est risqué pour eux,
09:56en tout cas, ils considèrent que c'est risqué pour eux
09:58de le développer chez l'enfant.
10:00Je pense qu'il y a avant tout une peur
10:02de la fragilité potentielle des enfants,
10:04c'est ce que je disais.
10:05Et puis, il y a la question éventuelle
10:06de l'intérêt pour l'industriel.
10:08Iris, la Ligue a consacré près de 7 millions d'euros en 2025
10:12à la recherche sur les cancers pédiatriques.
10:16Comment est-ce que vous choisissez les recherches
10:18qu'il faut soutenir en priorité ?
10:20C'est un sujet qu'on vient d'aborder justement avec Véronique
10:23pendant qu'on préparait cette émission.
10:25Toute la sélection des projets se fait à l'aide d'experts.
10:30Les personnes qui ont un projet le déposent
10:33sous un format spécifique.
10:35Et ensuite, il y a des experts qui sont réunis
10:38et qui vont classer les dossiers.
10:39S'il y a des dossiers qui sont vraiment à financer
10:41ou d'autres dossiers qui nécessitent d'être améliorés
10:44en vue d'un financement.
10:45Donc, c'est un processus qui est vraiment très sélectif.
10:49Et nous, à la Ligue, on a mis une priorité
10:52sur la recherche sur les cancers de l'enfant
10:54parce que c'est grâce à la recherche
10:56qu'on a pu avoir les progrès dont on vient de parler.
10:58Donc ça, on est convaincus tous.
10:59Les Français qui donnent à la Ligue,
11:03ils ont aussi cette conviction
11:05que c'est grâce à la recherche
11:06que les progrès vont pouvoir arriver.
11:08et ça nous permet de dégager des financements
11:11qui sont largement supérieurs
11:14à ce qu'on peut avoir
11:17pour d'autres types de cancers.
11:20Mais je veux dire,
11:22ce n'est pas seulement parce qu'on a cette priorité,
11:24mais aussi parce que les chercheurs
11:26qui travaillent sur les cancers de l'enfant
11:27travaillent en réseau,
11:29travaillent en collaboration, en consortium.
11:31Et ils réussissent à monter des projets
11:33vraiment ambitieux
11:34qui nécessitent des moyens importants.
11:36Aujourd'hui, un projet coûte trois fois plus cher
11:39qu'il y a dix ans.
11:40Ça, c'est un fait.
11:41Donc nous, ce qu'on a pu faire,
11:43c'est augmenter nos budgets
11:44pour qu'on puisse suivre cette augmentation.
11:47Et c'est dû notamment au progrès technologique
11:49et aux énormes banques de données
11:52qui vont venir là.
11:53Mais je vais revenir sur un exemple très concret
11:55de comment la recherche qu'on fait par ailleurs
11:57peut aider les traitements de demain.
12:00Donc il y a quelques années,
12:02la Ligue avait financé un doctorant
12:03qui travaille à Gustave Roussy aujourd'hui
12:06Julien Vibère,
12:07qui a réussi, lui, à trouver,
12:09grâce à l'IA, avant l'IA,
12:11avant que ce mot soit utilisé communément,
12:14des fragilités spécifiques
12:15dans les cancers de l'enfant.
12:17Et aujourd'hui,
12:18il y a un essai clinique international
12:20qui vient d'être mis en place
12:22grâce à cette découverte
12:23qui a été faite en laboratoire
12:25il y a 5-6 ans
12:27pour pouvoir tester des immunothérapies,
12:30ce qui, pour l'instant,
12:31n'était encore pas tout à fait le cas
12:33dans les cancers de l'enfant.
12:34Donc, en fait, il y a ce va-et-vient
12:36entre la recherche en laboratoire,
12:38la recherche en ordinateur,
12:39avec l'IA notamment aujourd'hui,
12:42et la recherche clinique
12:43près du patient dans l'île d'hôpital
12:44qui est vraiment très importante à soutenir
12:47parce qu'on ne peut pas avancer
12:48si toute la chaîne n'est pas impliquée.
12:51Professeur,
12:51s'agissant de vos dernières recherches
12:53à Gustave Roussy,
12:54vous développez notamment
12:55ce qu'on appelle des immuno-organoïdes.
12:57L'idée, c'est de recréer en laboratoire
12:59des interactions entre la tumeur
13:02et le système immunitaire.
13:03Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
13:04Oui, alors,
13:05le principe est de biopsier la tumeur
13:08et de prendre en même temps que la biopsie
13:10un tout petit fragment de peau
13:11sur le trajet de l'aiguille.
13:13On a la tumeur au laboratoire
13:15et à partir des cellules de la peau,
13:16on est capable de les reprogrammer
13:19pour faire des mini-organes.
13:21Donc, on les expose
13:22à différents produits au laboratoire
13:24et elles font un mini-poumon,
13:25un mini-rein,
13:26un mini-cerveau.
13:27Ça n'a rien à voir, bien sûr,
13:28avec le cerveau normal,
13:29c'est vraiment le concept,
13:30mais en tout cas,
13:31ça crée tout le micro-environnement
13:33de la tumeur.
13:33Et on est aussi capable
13:35de reprogrammer ces cellules
13:36pour faire des cellules immunitaires.
13:38Et donc, on recrée au laboratoire,
13:40c'est assez fascinant de voir ça,
13:42je vous inviterai volontiers
13:43pour le voir,
13:44eh bien,
13:45l'organe,
13:46le mini-organe,
13:47disons,
13:47la tumeur
13:48et le système immunitaire
13:49et ça nous permet
13:50de comprendre les liens
13:51entre l'environnement
13:52et le développement de la tumeur,
13:54l'environnement tumoral
13:55et notamment
13:56le système immunitaire.
13:57Et grâce à cela,
13:58je dirais qu'il y a
13:59deux axes de recherche
14:00qui se développent
14:01avec ces immunorganoïdes.
14:02Le premier,
14:03c'est de découvrir
14:03de nouvelles immunothérapies.
14:05Donc, on teste
14:06des immunothérapies
14:07pour voir dans quelle mesure
14:08elles stoppent la tumeur.
14:09Et c'est assez incroyable
14:10de voir une croissance tumorale
14:12qui s'arrête
14:12avec une immunothérapie.
14:14On a de belles pistes
14:15en développement.
14:16Et la deuxième piste
14:17avec ces immunorganoïdes,
14:18c'est de comprendre
14:19comment la tumeur
14:20endort le système immunitaire
14:22pour pouvoir grandir.
14:24Et ça,
14:25notamment,
14:26il y a des cellules immunitaires
14:27qu'on appelle des macrophages.
14:28C'est une catégorie
14:29de cellules immunitaires
14:30très importante
14:31dans les cancers pédiatriques.
14:33Et en fait,
14:33ces macrophages
14:34ont le signal
14:35de la tumeur
14:36de dire
14:36je ressemble à une tumeur
14:38comme à un tissu normal
14:40du fœtus,
14:40de l'embryon.
14:41Je veux grandir.
14:42Et donc,
14:43le système immunitaire
14:43dit très bien,
14:44ça ressemble à un fœtus,
14:46un embryon.
14:47Laissons-le grandir.
14:48Et donc,
14:48cette interaction
14:49entre la tumeur
14:50et le système immunitaire,
14:52il faut qu'on arrive
14:52à la manipuler
14:53pour bloquer la tumeur.
14:55Merci beaucoup.
14:56Merci beaucoup,
14:57mesdames.
14:57Ça aurait pu durer
14:58beaucoup plus longtemps.
14:59Restez avec nous.
15:00En revanche,
15:00c'est l'heure du reportage
15:02de Camille Rewal
15:03qui va venir nous le présenter
15:04en plateau.
15:05Elle s'est rendue
15:05au cœur
15:06d'un service
15:07d'oncologie pédiatrique
15:08à l'Institut Curie.
15:10de Camille Rewal
15:10de Camille Rewal
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