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Et si l’on réunissait le meilleur de la galerie et de la maison de ventes ? C’est le pari de Sprezzatura, une nouvelle maison de ventes aux enchères fondée par deux professionnels issus de ces deux univers : le commissaire-priseur Loïc Imberti et le galeriste Guillaume Sébastien. Un modèle hybride qui entend repenser la manière de présenter et de vendre les œuvres, en combinant deux approches : certaines seront proposées de gré à gré, d’autres aux enchères.
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00:04Et si on réunissait le meilleur d'une galerie et d'une maison de vente aux enchères ?
00:08C'est le pari de Sprezatoura, une nouvelle maison de vente aux enchères fondée par deux professionnels venus de ces
00:13deux univers.
00:14Un modèle hybride qui peut repenser la manière de sélectionner, de présenter, de vendre les oeuvres.
00:19Pour en parler, je reçois Loïc Imberti. Bonjour.
00:21Enchanté.
00:22Vous êtes commissaire priseur et donc cofondateur de Sprezatoura avec votre autre cofondateur qui est lui, galeriste.
00:28Tout d'abord, sur le nom, Sprezatoura, ça vient d'où ?
00:31C'est vrai que ce n'est pas un nom commun qu'on s'attend pour une maison de vente
00:35aux enchères ?
00:35Oui, traditionnellement, on les associe leur nom respectivement pour former le nom de la maison de vente aux enchères.
00:42On a voulu quelque chose pour un peu se distinguer.
00:47Il y a une petite histoire derrière le nom ?
00:49Bien sûr. Je trouve que ce qui nous intéressait, c'est que c'est un terme un peu polysémique.
00:56À l'origine, il a été créé à l'époque du début du XVIe siècle, à l'époque des courtisans
01:04et de l'art de devenir courtisan, à l'époque de Florence et des Médicis.
01:10Et il exprime son sentiment de distinction aristocratique, de désinvolture.
01:16Et donc, comment accomplir et être un bon courtisan et un bon conseiller du prince, tout en cachant, ou en
01:24tout cas, ne révélant pas tous les efforts qu'il a fallu accomplir pour être aussi proche de ce prince.
01:34Ensuite, il est rentré plus dans le champ, dans le domaine de la mode, comme un synonyme de dandisme.
01:40Et ça, plutôt dans les années 70 et 80.
01:44Et donc, il y a quelque chose aussi...
01:47C'est une tonalité un petit peu, du coup, que vous allez essayer de mettre en avant, dans les œuvres
01:52d'art ?
01:53Ça va être proche de ce genre de mouvement ou pas du tout ?
01:57Là, c'est vraiment juste pour un...
01:58Non, non, c'est une ligne.
02:01Après, c'est plus ce qui nous intéresse, c'est effectivement ce regard, un regard particulier, d'insister sur une
02:08transdisciplinarité.
02:10On revêt un peu ce mot.
02:12Et donc, par exemple, on l'évoquera peut-être ultérieurement, mais sur la vente du 28 septembre,
02:17on a une spécialité, donc une ligne très forte sur le design des années 50 et 60, avec des œuvres
02:24de Charlotte Perriand.
02:25Mais on a aussi de très belles œuvres de jeunes créateurs contemporains.
02:30Et le cœur de la vente, c'est aussi de l'art moderne, avec des œuvres de Maurice Denis,
02:35allant de sa période Naby, donc des années 1890 jusqu'à la fin de sa vie.
02:39On va revenir dessus, effectivement.
02:41Alors, Sprezzatura, c'est quand même l'idée de réunir deux modèles.
02:44Vous avez essayé de montrer, en fait, déjà repartons sur votre parcours en tant que commissaire-priseur.
02:50Est-ce que vous avez travaillé pour différentes maisons de vente ?
02:53Est-ce qu'il y a des éléments que vous trouviez qu'on pouvait peut-être un peu mieux faire
02:57?
02:57Pourquoi vous avez voulu faire ce modèle un petit peu hybride ?
03:00C'est par manque dans votre parcours ?
03:03Est-ce que vous avez vu sur place, sur le terrain ?
03:05Oui, moi j'ai un parcours assez traditionnel de commissaire-priseur,
03:09avec un double cursus d'endroit histoire de l'art, plus un cursus d'endroit management à l'ESSEC.
03:14Donc, avec cette dimension entrepreneuriale, je la trouve vraiment fondamentale
03:18pour une maison de vente qui serait initiée aujourd'hui.
03:23Et je suis passé par des maisons de vente comme Sotheby's, chez Arcurial,
03:28ou différentes maisons de vente à Drô.
03:30Et ce que j'observais, c'est déjà un rapprochement entre galeries et maisons de vente sans enchères.
03:35C'est ce qui se faisait de plus en plus ?
03:37Oui, depuis plus d'une quinzaine d'années, c'est-à-dire le développement des ventes privées
03:42pour les grandes maisons de vente, et le développement de...
03:46Alors, les marchands sont toujours intervenus dans des ventes sans enchères,
03:50soit en tant que sourceurs, acheteurs, soit en tant que vendeurs,
03:53intermédiaires sur des dossiers importants.
03:56Mais là, ce dont on se rend compte, c'est qu'ils font de la valorisation d'artistes sur le
04:02second marché
04:03en s'alliant aux ayants droit, aux héritiers.
04:07On l'a vu, il peut y avoir Kamel Ménour qui le réalise très bien
04:12et qui même propose maintenant des photographies d'Adjet, une redécouverte de Jeanne Carrière.
04:18Ils faisaient du premier marché de l'art contemporain et que maintenant,
04:20ils achètent des estates et ils vont revendre...
04:22Je pense que c'est aussi qu'ils se rendent compte que leurs collectionneurs,
04:26même dans l'art contemporain, et lors de notre preview en juillet,
04:30on avait invité Éric Turquin pour justement nous parler de son regard
04:34et il était très intéressé aussi par le terme de l'asprit de Satoura
04:37et de ce que ça revêt, et il nous évoquait de façon assez étonnante
04:42que beaucoup de collectionneurs d'art ancien étaient des anciens collectionneurs d'art contemporain.
04:46Donc en tout cas, qu'il y a des rapprochements entre professions,
04:50entre galeristes et maisons de vente aux enchères,
04:52mais aussi entre collectionneurs, qui auparavant étaient peut-être un peu plus en silo,
04:58des mondes moins poreux, et qu'aujourd'hui, il y a des passerelles entre ces univers.
05:04Et concrètement, comment ça se répercute dans votre création de Spresatoura ?
05:10On essaye de récupérer, de réunir le meilleur des deux mondes.
05:17En tout cas, on recherche cette hybridité-là, hybridité-là entre galerie et maisons de vente.
05:21Donc par exemple, ce qui va tendre vers une démarche un peu plus proche d'une galerie,
05:26ça va être le temps d'exposition.
05:28On a dix jours d'exposition, on va avoir sept événements.
05:32Donc on a cinq conférences de dîners VIP qu'on organise au sein de la maison de vente,
05:40de Spresatoura, qui se situe à 32 rue de Pintièvre, dans le 8e arrondissement,
05:45près de l'avenue Matignon.
05:46Donc là, on est un peu...
05:47Ce lieu-là est aussi intéressant parce que c'est un lieu de grandes maisons de vente aux enchères
05:51et en même temps de très grandes galeries qui se sont implantées là depuis plus d'une dizaine d'années.
05:58Et donc cette démarche un peu événementielle aussi de narration et de contextualisation,
06:03ça c'est peut-être quelque chose que je trouvais pour les maisons de vente intermédiaires et milieux de gamme
06:08que peut-être c'était assez peu développé.
06:12Et j'estime que, particulièrement pour les nouveaux collectionneurs de ma génération ou de la génération supérieure,
06:18il y a une nécessité d'un peu de retisser le discours.
06:23Et par exemple, comme un artiste sur Maurice Denis, qui est peut-être parfois un peu éclipsé par Vuillard ou
06:30Bonnard,
06:31de réexpliquer son innovation et sa force dans l'histoire de l'art.
06:37Quand vous dites qu'il va y avoir des oeuvres aussi, des ventes en gré à gré,
06:42ça veut dire que dans l'exposition, il y aura à la fois des oeuvres qui pourront être vendues en
06:47vente aux enchères
06:47et des ventes au gré à gré, c'est comme ça que ça va se faire ?
06:51Ou les ventes gré à gré, c'est pour le coup comme des ventes privées classiques de vente aux enchères
06:55?
06:56Non, exactement.
06:57En fait, c'était un peu...
06:59Je trouvais que parfois, ces deux univers, même dans ces maisons de vente internationales,
07:03donc qui développent beaucoup de ventes privées, ne sont pas du tout connectées.
07:07En général, il y a une salle dévelue pour les private sales
07:10et l'exposition qui va être au rez-de-jocée, donc complètement coupée.
07:15Là, ce que je trouvais intéressant, c'est de vraiment reproduire l'atmosphère d'un collectionneur
07:19avec ses différentes spécialités évoquées, du design jusqu'à l'art moderne,
07:24en passant par la tapisserie d'après-guerre.
07:26Et donc là, on présente la majorité des objets à la vente aux enchères,
07:30et c'est le cas des oeuvres de Maurice Denis.
07:33Mais pour certaines, et je pense particulièrement concernant la tapisserie d'après-guerre,
07:38on va avoir une très belle tapisserie de Matégo, une tapisserie de Jean Lursa,
07:43qu'on présente en vente privée,
07:45alors qu'une grande tapisserie de Don Robert sera, elle, intégrée à la vente aux enchères.
07:52Et enfin, peut-être une dernière très belle sculpture qu'on a,
07:55c'est une sculpture de Paul Follot, qui vient de son hôtel particulier
07:59et qui est aujourd'hui la fondation de chaque comédie.
08:01Et donc, artiste passionnant, parce qu'à la charnière de l'art nouveau et de l'art déco.
08:04Et ça, c'est aussi une oeuvre qu'on présente sous la forme de vente agréée et de vente privée.
08:08Puisque notre diagnostic, c'était que la cohérence de la vente est suffisante
08:15pour former ce corpus plein et entier.
08:19Mais par contre, il est vrai que pour un vendeur ou pour une oeuvre particulière,
08:23elle ne se prête pas forcément au feu des enchères.
08:26Oui, et puis aussi, moi j'avais l'impression que s'il y avait des ventes privées
08:30et qui se faisaient un petit peu à l'écart, c'est parce qu'il y avait une certaine discrétion
08:33qu'il fallait maintenir.
08:34Du coup, là, ça le sera moins dans votre cas, dans le sens où l'oeuvre sera au vu de
08:38tous
08:39et qu'on saura que cette oeuvre-là est en vente.
08:42Oui, alors la discrétion sur des private sales, c'est du cas par cas, je pense.
08:48Quand on se rend compte que chez Crisis House vise une oeuvre,
08:51et pendant huit mois, dans la salle des private sales, il y a un showroom,
08:54on imagine que le portefeuille de ces maisons de vente respectives a été quand même assez labouré
09:00pour trouver des acheteurs.
09:02Donc là, c'est vrai que nous, on en fait plutôt, oui, vraiment publicité.
09:07C'est quelque chose, on n'insiste pas sur forcément la discrétion de ces ventes.
09:12Et le lieu, vous avez trouvé facilement ?
09:14Alors, c'était ce lieu-là, parce que c'est vrai que des...
09:17Alors, du coup, j'ai...
09:18Ce sera le lieu des ventes aux enchères.
09:20Oui, donc Guillaume Sébastien, mon associé, a créé cette galerie il y a 22 ans.
09:25Oui.
09:27Et a installé-la depuis plus d'une quinzaine d'années.
09:31Et donc, en fait, aujourd'hui, de plus en plus, les maisons de vente aux enchères sont un peu,
09:37on va dire, des lieux un peu nomades, vont pouvoir aussi bien, parfois, vendre à Drouot,
09:43selon l'importance de la collection ou le volume.
09:46C'est vrai que souvent, les premières ventes aux enchères,
09:47enfin, les jeunes ventes aux enchères qui viennent se créer, se rattachent à Drouot.
09:52Bien sûr.
09:52C'est toujours plus difficile de trouver un lieu, l'espace parisien qu'on a.
09:56Mais de plus en plus, ça peut être aussi un hall d'hôtel,
09:59il y a des ventes qui se sont faites au Bristol, ça peut être un théâtre.
10:02Et ces lieux-là sont des lieux qui nous intéressent.
10:06En fait, ce qui nous intéresse vraiment, véritablement, c'est quand même la flexibilité,
10:10cette possibilité d'organiser un événementiel, des événements sur mesure.
10:15Et ça, c'est vrai qu'un lieu comme Drouot a ses règles qui lui sont propres.
10:20Il est plus difficile de fixer nos conditions.
10:24Donc, c'est vrai que ce lieu à la galerie, au 32 rue Pintièvre,
10:27on a vraiment une liberté d'action qui est immense.
10:30Donc là, première vente, 28 septembre prochain.
10:34C'est ça, 28 septembre à 20h.
10:35Ça s'est fait parce que là, il y a des œuvres, vous avez du design,
10:39Charlotte Périan, Maurice Denis.
10:41Comment est-ce que vous avez réussi à rassembler tout cet ensemble d'œuvres ?
10:47Ce qui est beau sur une vente, c'est que, en tout cas sur sa première vente aux enchères,
10:50c'est un peu le fruit de rencontres et dans sa carrière.
10:54Donc, ça a pu être des collectionneurs, pour la partie années 50-60,
11:00la rencontre avec des créateurs et une personne qui nous conseille sur la partie design contemporain.
11:07Et ensuite, on a eu beaucoup de chance sur l'ensemble de Maurice Denis,
11:12qui est vraiment...
11:13Donc, on a 24 œuvres et c'est vraiment un ensemble très rare sur le marché.
11:18Et là, c'est auprès de la famille.
11:21Donc, c'est des œuvres inédites sur le marché,
11:24qui sont des petits-enfants et arrière-petits-enfants de Maurice Denis.
11:31Et donc, c'est le fruit de rencontres successives.
11:34Vous savez déjà quelle régularité vous voulez avoir en termes de vente ?
11:39Oui, alors, on vise entre 4 et 6 ventes par an.
11:47Le principe, nous, c'est plutôt de faire des ventes resserrées.
11:51Là, on a uniquement 80 lots,
11:53avec des estimations peut-être un peu plus élevées qu'un cadre où les seuils sont un peu plus bas.
12:01Et toujours d'avoir un peu une ligne, on va dire, un peu curatée,
12:03un peu curatoriale, d'avoir un angle assez fort sur chaque vente.
12:08Bien, super. Merci beaucoup, Loïc Inverti.
12:10Je rappelle que vous êtes commissaire priseur et donc cofondateur de Spreads Atoura,
12:13dont la première vente sera la semaine prochaine.
12:16Merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
12:18C'était Arrémarché.
12:18Arrémarché.
12:21Arrémarché.
12:24Arrémarché.
12:25Arrémarché.
12:28Arrémarché.
12:30Arrémarché.
12:30Arrémarché.
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