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  • il y a 19 minutes
En 2009, Margot a 15 ans lorsqu’on lui diagnostique une tumeur cérébrale grave. Elle décède trois ans plus tard, à l’âge de 18 ans. Sa mère, Muriel Hattab, décide alors de poursuivre son combat en créant l’association Princesse Margot. Depuis 2012, elle accompagne les enfants et adolescents atteints de cancer et leurs familles.

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Transcription
00:04Et aujourd'hui, notre pépite santé n'est pas une start-up, c'est une association née de l'histoire
00:09d'une mère et de sa fille.
00:11En 2009, Margot a 15 ans lorsqu'on lui diagnostique une tumeur cérébrale grave.
00:17Elle décède 3 ans plus tard, à l'âge de 18 ans.
00:20Muriel Attab décide alors de poursuivre son combat en créant l'association Princesse Margot.
00:25Depuis 2012, elle accompagne les enfants et adolescents atteints de cancer et leurs familles,
00:31avec un autre volet, le soutien à la recherche et à l'innovation.
00:35Muriel Attab, bonjour et bienvenue dans Santé Futur, je suis ravie de vous recevoir.
00:40On vient de parler avec nos invités des progrès de la recherche et des traitements,
00:45mais la prise en charge d'un cancer pédiatrique ne s'arrête évidemment pas au traitement de la maladie.
00:50C'est précisément là qu'intervient Princesse Margot ?
00:54Tout à fait. Princesse Margot, depuis presque 15 ans maintenant,
00:58effectivement, quand j'ai perdu ma fille, a pour mission d'accompagner la famille entière,
01:05parce que, comme on se l'imagine, quand il y a un cancer pédiatrique d'un enfant,
01:12le monde s'écroule.
01:14C'est terrible pour les parents d'accompagner son enfant dans ces traitements
01:19qui sont extrêmement longs et lourds.
01:22Donc, la famille est totalement déséquilibrée.
01:25Et l'objectif de l'association, effectivement, c'est de les accompagner,
01:30de les soutenir, alors que ce soit à l'hôpital, pour améliorer l'hospitalisation,
01:35parce que certains enfants restent très longtemps hospitalisés.
01:39Donc, l'objectif de l'association, c'est d'y apporter de la vie, de l'espoir, de la magie,
01:45des rires surtout, beaucoup.
01:48Et également, en dehors, où on organise des soirées, des réalisations de rêves,
01:53des soirées destinées au papa, des journées destinées aux mamans.
01:57Enfin, énormément de choses qui font qu'on est en lien direct et très proche de ces familles
02:03pour les accompagner à traverser cette épreuve.
02:06Parce que, quand Margot tombe malade, qu'est-ce que vous découvrez des besoins
02:10auxquels le système de santé ne répond pas forcément ?
02:14C'est de l'humain.
02:15C'est ça qui manque, en fait.
02:17C'est-à-dire qu'on se sent...
02:19Chaque famille est différente.
02:20Il y a des familles monoparentales.
02:22Il y a des familles qui ont des problèmes financiers.
02:24Il y a des familles qui sont éloignées géographiquement.
02:27Et puis, il y a l'impact sur les frères et sœurs, la scolarité.
02:29Exactement, la fratrie, la scolarité, la désociabilisation.
02:32Donc, il y a énormément d'impact.
02:35Et l'objectif aussi de l'association, c'est de réunir ces familles.
02:38C'est-à-dire de savoir qu'on n'est pas seul dans ce combat.
02:42Et c'est vrai qu'il n'y a pas très longtemps, on est parti...
02:45On a emmené des familles à Lausanne.
02:46Et il y a une maman qui m'a dit,
02:48« Mais regarde ce que fait Princesse Margot.
02:49Ça crée des liens entre les enfants.
02:51Ça crée des liens entre les mamans.
02:53C'est une deuxième famille. »
02:55Et je pense que c'est ça, une des plus belles fiertés
02:58que je peux avoir, ce lien, ce soutien que les familles ont entre elles.
03:05Vous intervenez directement à l'hôpital,
03:08mais vous avez aussi créé la Maison Princesse Margot à Saint-Mondé dans le 94.
03:13Quelle place une association comme la vôtre vient-elle occuper
03:16aux côtés des équipes soignantes d'abord ?
03:19Alors, aux côtés des équipes soignantes,
03:21on travaille vraiment de manière extrêmement proche
03:24parce que l'objectif de l'association,
03:25c'est de répondre aux besoins des équipes hospitalières.
03:28Ce n'est pas d'arriver.
03:29C'est très compliqué d'envoyer des bénévoles.
03:32Nous, nos bénévoles sont formés.
03:33Donc, c'est déjà de travailler ensemble
03:35pour savoir quels sont leurs besoins
03:36et essayer d'y répondre.
03:38Et puis maintenant, ils sont habitués depuis 14 ans.
03:40Il y a certains services,
03:42d'ailleurs la majorité,
03:43on y est toutes les semaines,
03:45voire plusieurs fois par semaine.
03:46Donc, on est intégré, on va dire,
03:50à ces services.
03:51Et on travaille effectivement main dans la main.
03:54Et au sein de cette maison,
03:56Princesse Margot,
03:57vous avez mis en place les séjours de répit
03:59il y a un an, je crois.
04:00Un an et demi.
04:01Un an et demi.
04:02En quoi est-ce que ça consiste ?
04:05Alors, comme je disais,
04:06depuis presque 15 ans,
04:08on accompagne ces familles.
04:10Et puis, malheureusement,
04:13vous connaissez les statistiques,
04:14sur 2500 enfants,
04:16malheureusement, 20% ne guériront pas,
04:18comme Margot.
04:20et il y a derrière des familles endeuillées
04:22qui doivent apprendre à vivre sans leur enfant,
04:26ce qui est le pire qu'on puisse vivre dans la vie.
04:30Et moi, en tout cas, en tant que maman,
04:32j'étais très frustrée de ne pas les accompagner,
04:35de ne plus les accompagner à ce moment-là,
04:36parce que ce n'était pas l'objectif de l'association.
04:39Et donc, j'avais ça en tête depuis plusieurs années.
04:42Et on a, avec mes équipes,
04:44construit ces séjours de répit,
04:45qu'on appelle cœur de maman,
04:46qui sont à destination de ces mamans.
04:49C'est un séjour où elles dorment ensemble,
04:52où elles sont prises en charge totalement par l'association,
04:54et où il se passe des choses incroyables.
04:57Beaucoup de pleurs, évidemment,
04:58mais beaucoup de rires aussi.
05:00Et puis, ensuite, je crée un groupe WhatsApp,
05:03parce qu'elles rentrent dans cette communauté
05:05de maman endeuillée,
05:06et elles se disent, en fait,
05:07il n'y a qu'une maman qui a vécu la même chose
05:10que nous, qui peuvent comprendre.
05:12Même si les autres disent, je te comprends.
05:14Non, jamais.
05:15On ne peut pas comprendre sans l'avoir vécu.
05:17Et en fait, aujourd'hui, c'est une très jolie communauté
05:19qui se soutient, qui est extrêmement bienveillante.
05:21Et il y a des prêts de santé qui interviennent,
05:22des psychologues ?
05:23Alors, pendant ces séjours,
05:24il y a effectivement des psychologues,
05:26et il y a aussi des soins de support,
05:28des arts thérapeutes,
05:30alors que ce sont des psychologues aussi,
05:32mais socio-esthéticiennes,
05:34sophrologues, même de la boxe.
05:38des moyens,
05:39on leur met à disposition des moyens
05:40pour se reconnecter à ce qu'elles ont vécu
05:44et à leur donner tous les outils
05:46pour continuer à vivre malgré tout.
05:49Merci beaucoup.
05:50Merci, Marie-Hélène Tape,
05:51présidente fondatrice de l'association Princesse Margot.
05:54Merci à Camille Rewal.
05:56A bientôt sur Bsmart for Change.
06:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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