00:00Le département des Pyrénées-Atlantiques va consacrer une aide de 2 millions d'euros pour les agriculteurs
00:05victimes de la canicule sur notre territoire.
00:08C'est l'une des priorités de la rentrée affichée par le président du conseil départemental
00:12qui est notre invité ce matin, Thibaut Vincent.
00:14Bonjour Jean-Jacques Lasserre.
00:15Bonjour.
00:16Avant de parler de vos priorités, le département a dû faire de gros efforts d'économie sur son budget ces
00:21dernières années.
00:23Est-ce que la période de vache maigre est terminée ?
00:26Malheureusement, je ne pense pas que ce soit dans l'air du temps.
00:30On comptait beaucoup sur une éventuelle nouvelle loi de décentralisation pour essayer de rectifier un peu les erreurs commises
00:35durant les années passées, lorsqu'on regarde les débatations non, la situation de la France.
00:40Et ça, ce n'est pas du flanc, c'est la vérité.
00:43On se rend compte que le temps des largesses, malheureusement, et même le temps des compensations logiques,
00:49des rééquilibrages logiques, ce temps-là malheureusement est révolu,
00:52d'autant que les présidentielles se profilent et là on est pratiquement...
00:55Et qu'hier, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a annoncé un budget de l'État qui s'annonce très
01:01contraint,
01:0254 milliards d'économies, et de nouveaux efforts a priori pour les collectivités, donc sans doute les départements.
01:07Oui, mais ça c'est totalement illogique.
01:11Je pense vraiment que ce gouvernement, et mon Dieu, sa réussite ne m'aurait pas dérangé, politiquement.
01:19Je trouve que ce gouvernement, tout de même, ne joue pas juste dans certains domaines,
01:24et notamment par rapport aux collectivités.
01:25Déjà les collectivités, d'une façon inégale.
01:28Inégale, je ne l'ai pas oublié, les décisions de l'an dernier,
01:32où les prélèvements aux collectivités avaient été supprimés pour les communes et maintenus par les départements.
01:37Nos parlementaires en sont responsables.
01:38On rappelle que les départements sont notamment en charge de la solidarité, de l'aide sociale.
01:44Justement, vous avez donc annoncé 2 millions d'euros confirmés,
01:482 millions d'euros pour les agriculteurs qui ont souffert de la canicule cet été.
01:52Certains agriculteurs, en tout cas ceux qui ont souffert le plus, notamment les jeunes.
01:56Également pour les collèges, pour s'équiper face aux canicules.
01:5925 millions d'euros aussi pour le logement social.
02:01Ça veut dire quoi ?
02:02Ça veut dire que dans ce contexte très contraint, on l'a dit, des budgets restreints,
02:08d'autres secteurs vont trinquer ?
02:11Ça veut dire, écoutez, depuis maintenant 3 ans que nous avons des difficultés,
02:17on s'est dit, essayons d'être rigides, d'être économes dans des domaines,
02:23dans des secteurs qui pourraient le supporter.
02:26Après un regard très attentif et gardons-nous la possibilité d'intervenir dans des domaines qui sont soit urgents,
02:34soit déterminants et sur des actions qui peuvent être déclenchantes.
02:37Le logement, on n'est pas seul à financer le logement bien entendu,
02:39mais souvent, notre attitude a un rôle de déclenchement ou d'autorisation possible
02:46de beaucoup d'opérations.
02:48Et quand on connaît la situation, notamment en Pays Basque, mais pas que, en Berne également,
02:53on ne peut pas se désengager du logement et nous essayons de le faire
02:56d'une façon lucide, concrète et pragmatique.
02:59Quel secteur, du coup, sont, on va dire, doivent faire un peu ceinture ?
03:04Les secteurs qui doivent faire un ceinture, on a tout de même, voilà, la ligne du sport, par exemple.
03:12Auparavant, on avait suspendu l'aide aux communes.
03:16Rendez-vous compte, quand on connaît le partenariat historique entre les communes et les départements,
03:22ça a été terrible.
03:23On a suspendu parce que nous avions des files d'attente, des engagements à terme très importants.
03:29Ce dispositif, on le remet en route cette année parce que, précisément,
03:33il y a une légère embellie des droits de mutation.
03:36Et donc, nous allons revenir à un dispositif d'aide aux communes qui en ont besoin quand même.
03:41Et puis, nous avons fait des efforts internes et notamment au niveau des frais de fonctionnement.
03:45Le drame de beaucoup de collectivités, c'est que dans des périodes peut-être assurément plus fastes,
03:52des étourderies, des fautes d'inattention ou des choix non pertinents ont été faits,
03:56notamment sur le fonctionnement.
03:57Et c'est terrible.
03:58Vous avez la fameuse formule « quoi qu'il en coûte »,
04:00ce n'est pas l'apanage de la Macronie, c'est pratiqué malheureusement en France depuis trop longtemps.
04:06Et en fonctionnement, toutes les collectivités qui ont commis des étourderies le payent
04:10parce que souvent, les engagements de financement dans certains domaines
04:13ne sont pas rectifiables, si je puis dire, du jour au lendemain.
04:16Et donc, Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental,
04:19parmi vos priorités, l'agriculture notamment, et déjà ceux qui ont souffert,
04:24les agriculteurs qui ont souffert cet été de l'agriculture.
04:26Bien sûr.
04:27Et je dirais, les agriculteurs, mais pas que, mais s'agissant de l'agriculture, c'est dramatique,
04:31ce qui peut se produire, ce qui peut se passer, c'est une désaffection accentuée de ces métiers
04:36qui existent déjà.
04:37Et lorsqu'il n'y a pas de renouvellement au niveau des installations,
04:40ou lorsqu'une exploitation s'arrête,
04:42on ne redémarre pas du jour au lendemain sur un claquement de doigts.
04:45Ce sont des cycles qui sont lents, qui sont lourds, dont nous voulons apporter notre contribution
04:52aux problèmes que nous connaissons.
04:54Alors, ce qui caractérise les situations, c'est qu'elles sont diverses et variées.
04:58Dans notre seul département, et même au niveau du Pays-Bas, qui est à l'intérieur du Berne,
05:02il y a eu des chutes de pluie totalement différentes.
05:04Vous avez des endroits où il y a eu 15-20 millimètres,
05:07d'autres endroits où il y a eu 100 millimètres, dont les situations sont différentes.
05:11Vous pouvez aller regarder cas par cas, et ça, ça prend du temps.
05:13Le parti que nous avons pris, c'est de dire,
05:15plutôt que de regarder telle ou telle production,
05:18on parle beaucoup de l'élevage, mais les céréaliers, les arboriculteurs ont souffert,
05:23nous allons essayer de discerner celles des situations qui sont les plus délicates,
05:27les plus difficiles, et nous allons travailler quasiment en cas par cas.
05:31On va relancer, assouplir les conditions provisoires d'accès au RSA,
05:36et on va se livrer à un travail extrêmement minutieux,
05:39de détection, si j'ai pu dire, des situations dramatiques.
05:41En deux mots, mais vraiment en deux mots, Jean-Jacques Lassert,
05:43parce qu'on arrive au bout du temps, et que je vais faire taper sur les doigts,
05:46est-ce que le département a la possibilité d'agir pour ceux qui souffrent aujourd'hui
05:50de la montée, de la flambée des prix de l'essence ?
05:55Malheureusement non.
05:57Un grand débat politique a lieu, doit avoir lieu.
06:01Moi, je reste convaincu que dans la configuration définitive du prix de vente,
06:05il y aurait des domaines sur lesquels on pourrait regarder,
06:07et notamment la fiscalité.
06:09Vous savez, le prix du baril a bon nom,
06:11mais il n'y a pas que le prix du baril qui configure le prix de l'essence livrée au
06:15consommateur.
06:15Et on renvoie ça évidemment du côté de l'État.
06:17Merci beaucoup Jean-Jacques Lassert,
06:18président du Conseil départemental des Pyrénées Atlantiques,
06:20d'avoir été notre invité ce matin.
06:21Merci beaucoup.
06:21Sous-titrage FR ?
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