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Is another SNCF strike necessary? Fabrice Guigon of the CGT Cheminot in Chambéry explains the significant political choice behind the current rail strike, impacting one in three TGV services and heavily disrupting TER travel.

The core issue debated is the opening of regional rail to competition. While proponents suggest potential benefits like lower prices, especially on high-speed lines, concerns are raised about the true cost. Competitors may benefit from favorable access fees and avoid maintenance costs, unlike SNCF, which invests heavily in network upkeep.

This shift could prioritize profitability over public service, potentially leading to decreased travel quality and increased fares for everyday passengers. The debate centers on maintaining the railway as a vital public service and developing it for future needs, especially given the rising popularity of train travel.

The interview also touches on the deteriorating working conditions for railway workers. With years of restructuring and dismantling within SNCF, employees are no longer finding their place. This is exemplified by the changing role of train conductors, whose responsibilities are increasingly narrowed to ticket control, sidelining crucial safety and passenger service duties. This shift raises questions about the future of over 600 different professions within SNCF.

#SNCF #Grève #France #ServicePublic

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Transcription
00:00Ici Pays de Savoie, premier sur l'actu locale en Savoie et Hauts-de-Savoie, ici matin.
00:07C'est la suite d'ici matin, il est 7h46. Anne, notre invitée est en grève ce matin, mais il
00:12est bien là.
00:13Oui, on est avec Fabrice Guigon, bonjour.
00:15Bonjour.
00:15Vous êtes le secrétaire général de la CGT Cheminot à Chambéry.
00:19Une intersyndicale appelle à la grève aujourd'hui à la SNCF.
00:23Un TGV sur trois est annulé et le trafic des TER est fortement perturbé.
00:27On va bien sûr parler des raisons de ce mouvement, mais avant, qu'est-ce que vous dites aux personnes
00:33qui nous écoutent et qui se disent encore une grève à la SNCF ?
00:37Écoutez, si on fait grève, là, pour la peine, ce n'est vraiment pas que pour les intérêts des Cheminots.
00:45Là, on est face à un choix très très important, un choix politique qui est en train d'être mis
00:50en place par la SNCF, mais aussi les pouvoirs publics.
00:53C'est l'ouverture à la concurrence du chemin de fer régional.
00:57Alors, on a déjà connu l'ouverture à la concurrence avec le fret, on voit ce que ça donne, avec
01:01la VRU sur Chambéry, par exemple, qui est surchargée,
01:05et les autoroutes environnantes aussi.
01:07Les voies de droite sont monopolisées par les camions.
01:10C'est parce que, justement, le fret ne fonctionne plus comme il devrait, parce qu'il est passé au privé.
01:15Et bien, c'est ce qui risque de se passer, ce qui va sans doute se passer avec l'ouverture
01:19à la concurrence du voyageur, puisqu'il n'y aura plus de notion de service public,
01:25mais bien des entreprises qui seront là pour faire de la rentabilité, du profit avant tout, au détriment de la
01:32qualité des voyages, et bien sûr, bien sûr, des prix bien plus importants pour les voyageurs au quotidien.
01:38Alors, l'arrivée de la concurrence, ça, c'est pour parler pour les TER, c'est déjà le cas sur
01:43des lignes grande vitesse, par exemple, on peut prendre l'exemple de Tranitalia.
01:47Là, il peut y avoir des effets bénéfiques, non, pour l'usager, avec des prix pour le coup moins chers,
01:52notamment sur, je pense, à la ligne Paris-Lyon,
01:54et peut-être des services aussi de meilleure qualité, ou qui font augmenter les services, en tout cas, pour les
02:00usagers ?
02:01Nous, on souhaiterait qu'il y ait davantage de services dans les TGV, notamment.
02:06Seulement, on est face quand même à une mise en place des entreprises privées, on parlait de Tranitalia,
02:11mais eux, ils ont une arrivée sur le marché qui est favorisée avec des payages moins coûteux.
02:16En plus, ils ne mettent pas la main à la poche pour entretenir le réseau, chose que fait, en contrepartie,
02:22l'ASNCF avec des sommes très, très importantes
02:26et qui nous coûtent cher au quotidien pour entretenir nos... Oui.
02:31Oui, si je ne me trompe pas, vous me dites, aujourd'hui, c'est 60% des bénéfices de l
02:36'ASNCF.
02:36L'ASNCF n'a pas le choix, elle doit s'en servir pour entretenir le réseau, mais par contre, les
02:41concurrents, eux, ils ne payent pas, là ?
02:43Eux, ils ne payent pas, et l'autre problème, c'est que le réseau, ce n'est pas l'ASNCF
02:47de l'entretenir, c'est à l'État.
02:49Le réseau appartient à l'État, donc l'ASNCF ne devrait pas mettre un copec pour l'entretien du réseau.
02:55Et on sait combien cette partie-là est très, très importante, non seulement pour entretenir ce qu'il y a
03:01aujourd'hui,
03:01mais pour aussi développer demain de nouvelles lignes, parce que c'est ça qui est important aussi.
03:05On doit voir à long terme et on doit développer le chemin de fer.
03:08On voit l'importance aujourd'hui qu'il y a de se déplacer en train, notamment avec le prix à
03:13la pompe qui a explosé.
03:15Les trains n'ont jamais été autant chargés.
03:18Il y a beaucoup plus de monde aujourd'hui qu'avant le Covid, donc c'est pour dire.
03:22Donc le train a beaucoup de succès au quotidien, donc on doit développer ça.
03:26Mais pour ça, il faut des moyens, mais il faut des moyens pour les services publics.
03:29Et l'arrivée du privé n'est pas une solution.
03:34Au contraire, ça va pénaliser le voyageur au quotidien.
03:38Nous, en tant que cheminots, on a l'habitude du service public.
03:42On a l'habitude de faire fonctionner cette machine.
03:44Or, ça fait des années qu'il ne cesse de démanteler cette entreprise, de la déstructurer.
03:48Et aujourd'hui, les cheminots ne s'y retrouvent plus.
03:51Et c'est pourquoi on se retrouve aujourd'hui ici.
03:53Fabrice Guigon, secrétaire générale de la CGT Cheminot à Chambéry, notre invité ce matin.
03:58Vous faites cette grève également pour dénoncer des conditions de travail qui se détériorent.
04:03Qu'est-ce qui fait que là, ça change en ce moment ?
04:05Justement, c'est ce que je viens de dire.
04:07Avec ces déstructurations, bien sûr, le quotidien des cheminots se retrouve totalement changé.
04:14Est-ce que vous avez un exemple concret qu'on comprenne sur un poste ?
04:17Alors, par exemple, les missions des contrôleurs, vous savez, à bord des trains.
04:24Jusqu'à présent, ils assuraient un certain nombre de missions.
04:26Et la mission d'un contrôleur à bord des trains, ce n'est pas uniquement de contrôler les billets et
04:30de mettre des contredenses.
04:33C'est aussi d'assurer la sécurité des voyageurs, la sûreté à bord des trains.
04:38Et une notion de service aussi auprès des voyageurs quand il y a des retards, quand il y a des
04:44correspondances, etc.
04:45Ils sont là aussi pour renseigner avant tout.
04:48La partie contrôle, c'est vraiment une partie infime.
04:50Or, aujourd'hui, on leur demande de ne faire que du contrôle et d'oublier toutes les autres notions.
04:56C'est-à-dire que là, on ne cherche vraiment que la rentabilité de la part des contrôleurs.
05:01Et ils ne se retrouvent plus dans ce métier-là.
05:03Et c'est le cas de beaucoup de métiers à l'SNCF où on nous enlève ces tâches de sécurité
05:09qui faisaient quand même la richesse de nos métiers.
05:11Je peux vous en citer des dizaines et des dizaines parce que l'SNCF, c'est plus de 600 métiers différents
05:16qui fonctionnaient ensemble.
05:18Et tous ces métiers-là, en ce moment, sont en train d'être bouleversés.
05:21Et c'est pourquoi, aujourd'hui, les cheminots ont du mal.
05:24Et ça crée un malaise au sein de l'SNCF.
05:26Juste en deux mots, est-ce que vous avez déjà des chiffres sur la mobilisation du jour ?
05:30Alors, des chiffres précis, je ne m'avancerai pas pour le moment
05:33parce qu'on sait que ça va tomber au fur et à mesure de la journée.
05:36En tout cas, la plupart des services, là où il y a eu les intentions,
05:40parce que vous savez que nous, on doit déposer nos intentions de grève 48 heures à l'avance,
05:45on dépasse largement les 50% de tous les services confondus.
05:49Donc, on est sur un grand succès aujourd'hui.
05:51Merci beaucoup Fabrice Guigon, secrétaire générale de la CGT Cheminot à Chambéry,
05:55d'avoir été notre invité ce matin pour nous parler de cette journée de grève à la SNCF.
06:00Et je rappelle que le trafic des TER chez nous, notamment, est fortement perturbé
06:05et qu'il y a aussi un TGV sur trois qui est annulé.
06:07Donc, renseignez-vous bien si vous prenez le train aujourd'hui.
06:09Et en particulier sur l'application SNCF Connect, où on a toutes les informations.
06:13Merci à vous d'être là avec nous ce matin, ici Pays de Savoie.
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