00:00On a tous fait appel à eux au moins une fois dans notre vie.
00:03On parle de SOS Médecins ce mercredi, ces médecins qui consultent très rapidement,
00:08sans rendez-vous, qui viennent même à votre domicile quand ça ne va vraiment pas.
00:11SOS Médecins fête ses 60 ans d'existence.
00:16Il se tient en ce moment son congrès national d'ailleurs à Dijon.
00:18Et ce matin, Anne-Laure, vous recevez son président.
00:21Bonjour Philippe Paranque.
00:22Bonjour madame.
00:2360 ans d'existence pour SOS Médecins qui a eu l'idée un jour de créer ses équipes de médecins
00:29qui consultent à toute heure de la semaine, le week-end, les jours fériés.
00:33L'histoire a démarré réellement il y a 60 ans, parce que c'était au mois de juin en 1966.
00:37Un confrère parisien qui a perdu un de ses patients,
00:41parce qu'il n'avait pas trouvé de médecin sur la nuit,
00:43et qui s'est dit qu'il fallait quand même mettre quelque chose en place,
00:45et qui a créé ce concept.
00:47Un médecin doit pouvoir se rendre auprès d'un patient quand il en a besoin à son domicile.
00:51Aujourd'hui, vous êtes présent un peu partout en France.
00:54Combien il y a de médecins dans la fédération ?
00:56Notre fédération regroupe 63 associations sur le territoire,
01:00et ça fait un pool de 1500 médecins titulaires qui travaillent dans nos structures.
01:07On imagine qu'il n'y a pas le même nombre de médecins dans chaque département ?
01:10Vous essayez justement d'uniformiser, d'équilibrer un petit peu tout ça.
01:13En Côte d'Or, on sait combien il y a de médecins à peu près ?
01:15Oui, en Côte d'Or, vous avez une très belle équipe historique.
01:17En réalité, chaque structure gère son association,
01:22donc en fonction des territoires, de l'histoire,
01:23puisque toutes les structures n'ont pas la même ancienneté et du recrutement.
01:27Toutes les régions n'ont pas la chance d'avoir les mêmes potentiels de recrutement.
01:31Et donc, on a à peu près le même ratio de médecins.
01:35Je crois qu'ici, vous avez une trentaine de médecins qui travaillent sur la Côte d'Or.
01:39C'est une moyenne associative avec évidemment les grandes agglomérations qui ont beaucoup plus de médecins.
01:44Est-ce que vous, vous ressentez dans l'exercice de votre métier une certaine pression sur votre organisation du fait
01:50des déserts médicaux ?
01:51On en parle énormément dans notre région.
01:53Alors, on a plusieurs pressions.
01:55On a la pression des populations, qui évidemment expriment le besoin, et on en est bien conscient.
02:01Et puis on a la pression également des politiques, qui eux sont garants de trouver des solutions pour leur territoire.
02:07La problématique, c'est que, historiquement, nous sommes des urbains, principalement pour des questions de disponibilité et de délai d
02:12'intervention.
02:13Puisque c'est quand même l'histoire du début de SOS Médecins, c'est de pouvoir envoyer un médecin très
02:17rapidement s'il y a besoin auprès d'un patient.
02:20Et par définition, on ne peut pas être partout à la fois.
02:22Donc, on essaye d'étendre aujourd'hui nos territoires.
02:25Et c'est un excellent modèle que vous avez ici, puisqu'il y a plusieurs sites de consultation, de points
02:30fixes, comme on appelle, qui ont été répartis dans le territoire.
02:33Oui, surtout dans l'Atene, oui, bien sûr.
02:34Mais le cœur de nos activités, c'est plutôt dans les zones urbaines et périurbaines.
02:39Et pourtant, on a besoin de vous aussi en milieu rural, énormément.
02:42Malheureusement, ça sera très difficile, et on essaye, une fois encore, de répondre au maximum de ce que l'on
02:47peut en fonction de nos effectifs.
02:49Mais on ne pourra pas répondre à toute la problématique démographique qu'il y a sur le territoire aujourd'hui
02:53en région.
02:55Alors, hier, il y a une journée de formation pour les jeunes internes d'Ijeuner qui étaient organisés avant le
03:00Congrès.
03:00Et le but, c'était quoi ? De susciter des vocations chez SOS Médecins en particulier ?
03:06Alors, en partie, ça fait partie de ça, bien entendu.
03:09Nous avions eu la chance de partager avec ces jeunes médecins sur un précédent congrès qui s'était passé également
03:14à Dijon,
03:15qui était le Congrès des internes de médecine générale.
03:18Et hier, effectivement, nous avons reçu plus de 60 internes qui sont venus nous rencontrer,
03:23à qui on a pu faire de la formation, de l'information, avec évidemment pour nous cet objectif de leur
03:28faire connaître,
03:28parce qu'en réalité, SOS Médecins n'est pas tant connu que ça dans les facultés,
03:32et qu'on a évidemment une attention particulière au recrutement.
03:37L'avenir de nos structures, c'est quand même les jeunes générations qui arrivent derrière.
03:40Et voilà, parce que dans votre profession, évidemment, et ça on le sait,
03:43vous êtes confronté aussi au départ à la retraite, difficilement remplaçable parfois.
03:47Aujourd'hui encore, c'est difficile de vous remplacer quand certains de vos confrères partent à la retraite.
03:52Alors, on a les mêmes problématiques que la démographie, que les confrères en ville, bien entendu.
03:56On a notre pyramide d'âge qui est à peu près la même,
03:58c'est-à-dire qu'on a effectivement pas mal de départs à la retraite.
04:01On a un profil d'activité qui probablement ne répond plus tout à fait aux mêmes appétences
04:06que ce qu'il y existait il y a 30 ans.
04:09Faire des nuits, des week-ends, aujourd'hui, c'est pas toujours très entendable,
04:13même si cette activité est finalement une activité qui s'adapte,
04:17puisque quand on fait des nuits, on n'est plus obligé de faire des journées.
04:19Enfin, tout ça, c'est beaucoup amélioré aussi.
04:21Mais ça peut faire peur, a priori, au départ.
04:24Et en fait, on sait très bien que tous les jeunes, et c'était l'enjeu de la journée d
04:26'hier,
04:27tous les jeunes qui viennent nous voir, qui expérimentent éventuellement quelques heures avec nous,
04:33généralement accrochent au système et se rendent compte que c'est très très riche.
04:36On voit des patients de tout milieu, avec des pathologies très différentes,
04:41et puis on est dans une autonomie d'exercice finalement,
04:44et le médecin doit répondre à des tas de sujets qu'il verra probablement beaucoup moins après
04:48dans son exercice traditionnel du cabinet.
04:50Très rapidement, Philippe Parent, on parlait des déserts médicaux,
04:53vous faites partie de ces généralistes à encore faire des visites à domicile,
04:56notamment chez les personnes âgées, qui ne peuvent pas toujours se déplacer en voiture,
05:00qui veulent se maintenir aussi à domicile.
05:01Est-ce que ça aussi c'est le rôle des SOS Médecins, de continuer d'aller dans ces zones rurales,
05:06dans ces campagnes ?
05:08Alors, il y a deux questions, si vous me permettez,
05:11c'est-à-dire qu'il y a le fait d'aller à domicile et de pouvoir maintenir ce service
05:14d'aller au domicile.
05:15Et en particulier pour les personnes âgées, vous savez qu'on est confronté à ce vieillissement de population
05:21avec 3 millions dans les 10 ans qui viennent, de seigneurs en plus,
05:26il va bien falloir trouver un moyen pour les maintenir au domicile le plus possible,
05:29éviter qu'ils passent aux urgences quand il n'y a pas besoin,
05:33et donc tout ça, ça demande des professionnels de santé qui vont pouvoir aller au domicile.
05:36Et donc c'est un gros challenge pour les SOS Médecins que de pouvoir répondre à ce besoin.
05:40Après, il y a la problématique des campagnes, et on en parlait tout à l'heure,
05:43on essaye d'élargir au plus possible, on ne pourra pas couvrir toutes les campagnes,
05:46mais en tout cas, les seigneurs seront aussi en ville, et nous sommes là.
05:49Eh bien, merci beaucoup Philippe Parang d'avoir été avec nous ce matin,
05:52président de SOS Médecins, qui fête ses 60 ans d'existence cette année,
05:57et qui tient son congrès national jusqu'à vendredi à Dijon.
06:00Merci, bonne journée.
06:01Merci à vous.
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