00:00Pays Basque, Ici Matin.
00:02Place à l'invité d'Ici Matin et ce matin, voici là, nous mettons à l'honneur un navigateur du
00:07Pays Basque.
00:08Jean-Baptiste Daramy, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Vous êtes qualifié la semaine dernière pour la route du Rhum.
00:14Vous serez donc au départ de Saint-Malo le 1er novembre en solitaire en catégorie Imoca, bateau de 18 mètres,
00:19avec pour espoir derrière de prétendre pour la première fois au Vendée Globe 2028.
00:24On n'y est pas, mais il y a quand même de fortes chances pour que vous y arriviez.
00:28On fait tout pour, donc déjà de se qualifier pour la route du Rhum c'était important.
00:31J'avais jusqu'au 20 septembre, donc je ne suis pas en avance, mais j'ai récupéré mon bateau le
00:3518 mai.
00:35Donc c'est sûr que c'est un projet un peu en juste à temps pour la route du Rhum,
00:38mais on est dans la bonne dynamique pour le Vendée Globe 2028.
00:41Est-ce que vous avez le sentiment de vivre un tournant dans votre carrière ?
00:44En tout cas, c'est vraiment un rêve de gosse qui devient un projet concret, qui se réalise.
00:50Ça fait une trentaine d'années que j'oriente tout pour faire ce Vendée Globe.
00:53Donc je suis heureux d'y arriver parce que ce n'est vraiment pas évident avec la conjoncture actuelle.
00:58J'oriente tout, c'est-à-dire vous orientez quoi ?
01:00Ma vie professionnelle, ma vie perso, tout.
01:02Comment est-ce que vous jonglez entre tout ça ?
01:04J'ai la grande chance d'être salarié de Composite Adour, qui est un service de l'Estia,
01:08l'école d'ingénieur de Bidard ici, depuis 13 ans, même 14 ans au mois de novembre.
01:13Et vu que nous sommes un centre de recherche,
01:15mais quand on fait des activités, des projets ponctuels pour des grands honneurs d'ordre aéronautique,
01:20une fois que j'ai rendu mes rapports, au lieu d'enchaîner sur d'autres études, je vais faire du
01:22bateau.
01:24Je pense que je suis le seul salarié en France à en faire 7 transats en course,
01:28tout en étant salarié en CDI.
01:30Mais donc vous faites quoi ? Le week-end vous faites ça ?
01:32Non, mon secret ce sont les congés sans solde.
01:35D'accord, donc en fait vous prenez quand même sur votre temps personnel,
01:39vous n'êtes pas payé pendant ces moments-là, ou vous investissez pour la course ?
01:43Voilà, tout à fait. Je ne suis pas encore un skipper professionnel,
01:46je suis un salarié qui fait des grands projets à côté, mais ce n'est pas mon gagne-pain,
01:51je mange grâce à Composite Adour.
01:53Justement sur cette route du Rhum, vous serez le seul non-professionnel de la catégorie IMOCA,
01:58en tout cas, comment est-ce qu'on fait la différence dans ces cas-là ?
02:02On fait la différence déjà par mon expertise technique,
02:06tout ce que j'apprends dans mon quotidien au travail, dans la gestion de projet,
02:09dans la gestion de l'équipe, la gestion des fournisseurs, des bureaux d'études et autres.
02:12Tout ça, je mets ça en pratique.
02:15C'est parce que ça fait longtemps que je fais de la course au large maintenant,
02:17ça fait vraiment 15 ans que j'ai repris des courses en solitaire avec ma première mini-transat en 2011.
02:23C'est un peu aussi le cumul de toute cette expérience.
02:25Comme vous l'avez dit en intro, j'ai 45 ans, donc je commence à avoir un peu d'expérience
02:29au large.
02:30Ça permet d'avoir quand même un projet cohérent sportivement, même si ce n'est pas mon boulot à temps
02:34plein.
02:35Et cette aventure, vous la vivez seul ou accompagné ?
02:38Je suis extrêmement accompagné. Je ne suis pas capable de sortir du port seul avec mon bateau.
02:42Il fait 18 mètres.
02:43Ah oui, c'est compliqué.
02:44C'est compliqué, donc imaginez.
02:46Après, ne vous inquiétez pas, je suis autonome une fois que je suis au large.
02:48Mais j'ai une équipe technique.
02:50J'ai mon ami d'enfance, Horoth Dandaï, avec qui je navigue depuis 30 ans.
02:55J'ai ma femme qui m'aide.
02:56J'ai Loïc qui vient de rentrer dans l'équipe.
02:59On a Juan Carlos, Charlie qui vient de nous aider.
03:02Chomine.
03:02Donc on a vraiment des gens locales qui ont des vraies compétences,
03:05qui nous accompagnent pour que je puisse être vraiment dans de bonnes conditions
03:08au départ de la route du Rhum le 1er novembre.
03:10Et vous disiez en début d'interview que la conjoncture actuelle
03:13fait que ça devient compliqué aujourd'hui quand même de mener cette double vie que vous avez.
03:19À titre d'exemple, il y avait 40 places pour les IMOCA au départ de la route du Rhum.
03:23Nous serons 23.
03:24C'est-à-dire qu'il y a une vingtaine de skippers qui ont des bateaux
03:27qui n'ont pas trouvé de budget de fonctionnement, de sponsors pour être au départ.
03:31Donc je crois que le monde associatif, le monde du sport est très touché en ce moment.
03:35Et ce chiffre-là, oui, moi aussi, je vais être avec vous, le budget n'est pas bouclé,
03:41on n'a pas fini de payer le bateau.
03:42Je dors un peu moins bien depuis que je me suis lancé dans ce projet-là mi-mai,
03:45mais ça fait partie des projets et c'est comme tout entrepreneur,
03:48si tu ne prends pas de risque, tu restes à terre.
03:50Je n'avais vraiment pas envie de faire la route du Rhum sur Virtual Regatta.
03:53Merci à vous Jean-Baptiste Dharami.
03:55Donc je rappelle, le navigateur basque va au départ prochainement
03:59de Saint-Malo pour la route du Rhum.
04:00On rappelle juste qu'on peut venir vous rencontrer demain soir à la Cité de l'Océan,
04:05à Anglette, à 19h pour échanger avec le public.
04:07C'est sur réservation et c'est 5 euros l'entrée.
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