00:00Thomas Poitvin, ce matin vous êtes Philippe Malburet, vous êtes de la maison de la radio qui était déserte ces
00:07deux derniers jours.
00:07C'était la grève, enfin déserte, pas tout à fait. Bonjour Philippe Malburet.
00:11Oui, bonjour Mme Baracolos, bonjour aussi M. Cohen, M. Ceux, Madame, Monsieur.
00:16Donc effectivement je suis Philippe Malburet, responsable adjoint du contrôle d'accès de la maison de la radio.
00:21Je suis notamment en charge de tout ce qui est portique de sécurité, porte A et D.
00:25Ouverture de sacs au point d'entrée, sortie, si vous voulez, moi mon rôle c'est d'empêcher l'introduction
00:30sur site de tout ce qui est armes de poing, fusils d'assaut, dispositifs explosifs, coupes-ongles.
00:36Comme j'écoutume de dire, quand ça fait bip bip, on appelle Philippe.
00:40Moi la maison de la radio, je dirais que c'est un peu aussi ma maison, ça fait des années
00:44que je suis là.
00:44Pour que les auditeurs se rendent compte, la dernière fois que Patrick Cohen m'a dit bonjour, Benjamin Duhamel finissait
00:49son stage de troisième.
00:50Je suis attaché à cette maison quoi.
00:52Et comme vous le suggériez de manière un petit peu expiègle dans votre introduction, madame Paracuelo, c'est donc une
00:59erreur dans le protocole de fermeture samedi soir qui m'a effectivement amené à me retrouver enfermé dans le bâtiment
01:04pendant 48 heures.
01:06D'ailleurs, j'ai toujours pas eu le temps de repasser chez moi, donc si jamais ça commence à sentir
01:10un peu la bolognaise, c'est malheureusement pas la cantine qui a fait des lasagnes.
01:14Donc, seul personnel sur site de surcroît enfermé.
01:17À un moment, j'ai décidé de faire contre mauvaise fortune bon cœur et je me suis mis à explorer
01:21un peu ce bâtiment que je croyais si bien connaître.
01:24Alors, je dis croyais parce qu'effectivement, j'ai fait des découvertes assez particulières.
01:28Lesquelles, Philippe ?
01:29Déjà, je ne savais pas que derrière le poste d'accueil, il y avait une bibliothèque, d'accord, constituée uniquement
01:34de livres d'invités que personne n'a lu.
01:36Et là, on est sur trois étages, personne n'a jamais touché, je vous jure, voir autant d'exemplaires immaculés
01:42du dernier y a de moi que ça apprend à respecter la littérature.
01:46Après, j'ai déambulé un peu dans les étages à la recherche d'un peu de nourriture finalement, mais tous
01:50les frigos étaient vides ou remplis de Tupperware, de houmous marqué Charline septembre.
01:56À force d'exploration, je suis finalement tombé au sous-sol sur la chambre froide de la cantine.
02:01Bon, après enquête, c'était juste le bureau de M. Alain Finkielkraut.
02:05D'ailleurs, le sous-sol, niveau très très étrange, très étrange.
02:08Derrière une porte dérobée, je suis tombé sur une pièce remplie de grands sacs plastiques blancs, d'accord ?
02:14Je me rapproche, j'ouvre le premier, Jean-Marc Jancovici, le deuxième, Benjamin Biolet, le troisième, François Hollande.
02:20Et là, je me suis rendu compte que j'étais tombé sur la réserve des invités de dernière minute.
02:24Du coup, je me suis blotti contre André Manoukian et j'ai dormi le reste du week-end.
02:29Ce matin, j'ai retrouvé les collègues et je peux vous dire qu'ils ne se sont pas privés de
02:33se payer ma tête.
02:34Ah bon ? Directement ?
02:35Ah ben, vous savez, dans le milieu de la sécurité, on n'a pas l'air, mais on manque pas
02:38d'humour.
02:39Comme j'ai coutume de dire, madame Paracuelos, dans la sécurité, il y a sec, mais il y a aussi
02:44riz.
02:44Ah ouais, ça c'est très spirituel.
02:45Il y a thé aussi, mais...
02:47Merci.
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