00:00Xavier, Monsieur Culture, nous partons aux Etats-Unis, une fille et son père se livrent
00:05une bataille médiatique acharnée via la pub.
00:08Quelque part entre une tragédie antique pour une lutte vipérine sur fond de détestation
00:13d'une enfant pour son géniteur, le film Metropolis de Fritzland, on n'est pas loin
00:17effectivement du film de Charlot, et un épisode de dynastie pour les koubas et un soupçon
00:21de mauvais goût et de vulgarité, bref, tout ce que j'adore.
00:25Retour sur les faits, tout commence lorsque Elon Musk, vous savez le billionnaire qui
00:29faisait des saluts nazis pour célébrer la victoire de son pote Donald Trump et prénomme
00:33ses enfants d'une combinaison impossible à prononcer de chiffres et de lettres en minuscules
00:37et en majuscules, annonce vouloir commercialiser dans un futur proche des robots domestiques.
00:43Lui qui a déjà révolutionné la voiture électrique et mis un pied dans la conquête
00:46spatiale a créé un humanoïde dénommé Optimus, sorte d'esclave moderne de tôle et de boulons
00:52destinée à améliorer notre quotidien et pour promouvoir cette très douteuse avancée
00:57sociétale. Musk a mis en ligne une publicité où l'on voit sa créature lancer les cifs,
01:02tailler les haies du jardin, jouer avec les enfants ou encore faire des selfies avec
01:05une famille très très bagueuse.
01:19Voilà, petite vie de famille nettement améliorée par la présence d'opimus à l'image, ça
01:24ressemble plutôt à un mauvais feuilleton de science-fiction où les robots finissent par
01:26se révolter contre nous et renverser l'échelle hiérarchique en nous asservissant avant de nous
01:31éliminer. En même temps, quand je vois cette tablée, je me dis que ça peut pas être pire.
01:35Il faut aussi préciser que le coût modique d'Optimus est annoncé autour de 20 ou 30 000 dollars.
01:45Pour ce prix-là, vous pouvez peut-être créer un emploi plutôt que d'en détruire.
01:48Bref, le futur selon Musk ressemble furieusement à 1984 et son Big Brother.
02:13Je les briserai un par un à chanter la sublime Manille Hénox dans ce tube de 1984, personne ne suit,
02:21c'est bon à savoir.
02:22Cette petite phrase, c'était pourtant pas très difficile, qui a inspiré notre héroïne du jour.
02:28Mais enfin briser ce suspense intenable ! Qui est-elle ? De qui parlons-nous ?
02:32Mais qu'est-ce que vous le faites bien, premier prix du conservatoire !
02:36Célébrons ici aujourd'hui Viviane, Jenna, Wilson, force inouïe de résistance aux injonctions de Musk,
02:42et particulièrement bien placée pour connaître et redouter les dérives de ce dernier puisqu'elle n'est autre que sa
02:47fille.
02:48Une mannequin femme trans, répudiée par son père, pour avoir été, je le cite, tuée par le virus de la
02:54pensée woke.
02:55Mais qui est quand même un fou furieux.
02:57Elle a décidé de se payer la tête de son paternel en complicité assumée avec une marque espagnole de vêtements
03:02bigarrés, des éguales.
03:04L'antithèse du design de Cafardeux, tout en blanc et noir, d'Optimus, et le résultat est juste salutaire autant
03:10que réjouissant.
03:11Et alors, décrivez-nous ce petit truc ?
03:13Un premier plan de la pub, Viviane, Jenna, Wilson est assise à une table du jardin, sirotant un cocktail.
03:18Bah, il était là au bureau par exemple. Tandis que derrière elle, un ersatz…
03:21Après le bureau aussi hein.
03:23Pendant aussi, des robots de papa, dénommés Daisy 84, ça ne s'invente pas, c'est sûr d'attendre le
03:29gazon.
03:30Patatras, il s'effronte au bout de deux mètres et finit incapable de se relever, les jambes mécaniques battant dans
03:34le vide.
03:35« Loser » pour reprendre l'expression préférée de Trump. Et le reste du clip commercial est à l'avenant,
03:39elle humilie son robot en le promenant comme un toutou.
03:42Bon, ça, est-ce que c'est vraiment de l'humiliation ?
03:43Le démembre avec un club de golf, le transforme en sextoy, visiblement totalement incompétent.
03:53Il y a des choses qui ne se réparent pas, je pense qu'il y a un double sens évidemment.
03:58« Je suis né pour désobéir », affirme le mannequin en conclusion avant de préciser face caméra, que donc les
04:05choses ne se réparent pas toujours.
04:07« Mille fois merci donc à cette doll », c'est le surnom affictueux utilisé par la communauté trans ainsi
04:12que par celles et ceux qui les soutiennent,
04:14contre les vents réactionnaires dosés, épaulés par une grande marque de fringues, affrontés à un symbole de l'hégémonie du
04:22capitalisme.
04:23Vive la désobéissance !
04:25« C'est très beau ça, et aussi un peu le marketing, mais vive la désobéissance d'abord ! »
04:30« Mais tant mieux, c'est tant mieux, marketing contre marketing ! »
04:32« L'un sert l'autre, absolument ! »
04:33« Moi j'adore ça, et vive Viviane Tjena Welford ! »
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