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Il a dit non à la primaire de la gauche... mais pas à 2027. Déplacements à répétition, appel à l'union « sacrée des démocrates » ... L'ancien président François Hollande trace sa route. Jusqu'où compte-t-il aller ? Peut-il rassembler avant la présidentielle ? François Hollande est face à Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 15 septembre 2026.
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00:00RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Marc-Olivier Fogier à la 8h16.
00:08Ce matin, Marc-Olivier, vous recevez un ancien président de la République.
00:12Alors que la campagne pour 2027 à Belle est bien démarrée,
00:15il publie un livre, Unir, Nouveau Monde, Nouvelle Gauche.
00:18François Hollande est votre invité.
00:20Bonjour Monsieur le Président.
00:21Bonjour.
00:22Merci d'avoir libéré un peu de temps dans votre emploi du temps de campagne,
00:25puisque ça ressemble beaucoup à la campagne d'un candidat à l'élection présidentielle.
00:28Ce livre, qui est plus proche d'un programme que d'un livre politique,
00:32un débat avec Édouard Philippe le 29 août,
00:35un QG dans le 11e arrondissement, des déplacements à Gogo.
00:38Samedi, vous étiez invité d'honneur à la fête de La Rose à Frangy-en-Bresse.
00:42Pour commencer, pour savoir à qui les auditeurs ont affaire ce matin,
00:46qu'est-ce qui pourrait faire que vous ne soyez pas candidat en fait ?
00:51Moi je suis pour l'instant candidat sur un projet.
00:54C'est-à-dire qu'une campagne présidentielle, je peux en parler d'expérience,
00:58ce n'est pas simplement des figures, elles compteront.
01:01Et le moment venu, les Français choisiront qui pour les représenter,
01:06pour les diriger pour les cinq prochaines années.
01:07Pour le moment, ils ont besoin d'y voir clair sur la situation internationale,
01:11sur ce que sont les enjeux principaux pour notre pays,
01:15et sur les propositions qu'il est nécessaire de faire.
01:18Le livre c'est ça, c'est une proposition très très concrète.
01:21Mais qu'est-ce qu'il pourrait donc faire, maintenant que vous avez posé le projet,
01:25que vous ne soyez pas candidat ?
01:26Que Glucksmann soit haut, par exemple ?
01:28Il se trouve que j'ai déjà été président, vous l'avez rappelé,
01:32j'ai exercé des fonctions dans une période qui était déjà très difficile.
01:36Mais donc je ne suis pas dans l'idée de construire une vie politique,
01:41aujourd'hui, dans les dix ou vingt prochaines années,
01:44je rassure les auditeurs.
01:46Donc si une candidature, vous évoquez ce qui va se passer dans la primaire,
01:50si une candidature émergeait, si elle portait les idées qui sont aujourd'hui celles que j'avance,
01:56mais pourquoi serais-je donc candidat ?
01:58Je n'ai aucune obsession à l'égard du pouvoir, je crois que je l'ai montré suffisamment,
02:02j'ai le sens de l'état.
02:03Il y a juste un recours, quoi, en fait, si jamais personne ne portait vos idées,
02:07ou si la gauche s'effondrait, en fait.
02:08Je pense qu'aujourd'hui, la situation est suffisamment grave
02:12pour qu'à un moment, les Français se posent cette seule question,
02:16au moment où ce sera nécessaire,
02:19qui, pour présider la France, est unir les Français ?
02:21Pourquoi j'ai appelé le livre « Unir » ?
02:23Parce que plus que jamais, face à la discorde, à la division,
02:26et ça ne vaut pas simplement pour la France,
02:28face aux risques majeurs d'éclatement de l'Europe,
02:32et aussi de désordre à l'échelle du monde,
02:34il faut unir.
02:35Et d'abord, unir les Français, c'est ça ma démarche.
02:37Unir sur des propositions.
02:39Juste l'écho de ce livre, avant les sujets qui intéressent les Français,
02:41et notamment le prix de l'essence qui les préoccupe,
02:44un mot sur les chiffres, puisque vous mettez des propositions sur la table,
02:47même si tout ça ne se fait pas au poids,
02:49mais quand on voit les chiffres de ventre la première semaine,
02:531300 exemplaires pour vous,
02:5563 000 pour Sarah Knafow.
02:58Est-ce que ça ne dit pas finalement que les Français ont un appétit d'autre chose,
03:01et que vos propositions, aussi construites soient-elles,
03:05n'ont pas l'écho que vous souhaitez ?
03:06Non, le chiffre que vous donnez sur les trois premiers jours de vente...
03:09Oui, mais les 63 000, c'est la même chose pour Sarah Knafow.
03:12Je veux dire, par là, il y a un électorat qui est très mobilisé aujourd'hui,
03:16celui de l'extrême droite,
03:18et on le voit bien à travers aussi ce qu'un groupe privé,
03:22et notamment le groupe Bolloré, peut lui apporter,
03:24à la fois en termes de distribution, en termes de production,
03:27et en termes également de mobilisation.
03:29Ça, c'est une chose.
03:30Ça vaut pour l'élection présidentielle ?
03:31Moi, je ne pense pas que le programme de Mme Knafow
03:34puisse être demain un programme pour un président de la République.
03:38Moi, je me place pour une démarche longue,
03:41qui ne va pas durer trois jours, qui ne va pas durer trois semaines,
03:43et qui ne va pas se traduire simplement en chiffres de vente.
03:45Ce que je veux, c'est que les Français s'emparent de propositions
03:49qui ont une cohérence, il ne s'agit pas d'ajouter une mesure à une mesure.
03:52L'enjeu est tellement grand pour notre pays.
03:55Jamais une élection présidentielle, jamais, depuis le début de la Ve République,
03:59n'aura été aussi décisive pour notre propre avenir,
04:03dans les conditions que l'on sait, et avec le monde que l'on connaît.
04:06C'est pour ça que je place l'enjeu au plus haut niveau.
04:09Que les citoyens se disent, c'est pas sûr,
04:10on va en parler, bien sûr, sur tel ou tel dispositif fiscal,
04:16réglementaire, législatif, qu'il faut se déterminer.
04:18C'est une cohérence qui doit être portée.
04:20C'est une vision, c'est une stratégie longue.
04:23Qu'est-ce qu'on fait de la France ?
04:24Pendant combien de temps la France peut-elle reprendre sa place
04:26dans le concert des nations ?
04:29En attendant, les Français ont beaucoup de mal à finir leur fin de mois,
04:33et surtout à mettre de l'essence dans leur voiture.
04:35Est-ce que vous croyez à une mobilisation du 17 octobre ?
04:37Une remobilisation des gilets jaunes ?
04:39Est-ce que vous y croyez, ça vous inquiète ?
04:41C'est toujours un risque,
04:43quand les Français vivent une situation depuis des mois,
04:46aussi délicate, aussi difficile,
04:48avec un prix de l'essence dont on nous annonce qu'il va baisser
04:51et qu'il continue d'augmenter.
04:52Pourquoi il augmente le prix de l'essence ?
04:54Tout simplement parce que Donald Trump s'est lancé
04:56dans une opération au Moyen-Orient,
04:58qui aboutit aujourd'hui à ce que deux détroits,
05:01c'est-à-dire deux lieux de passage pour les cargos,
05:06soient bloqués.
05:07Deuxièmement, il y a quand même un paradoxe,
05:09c'est-à-dire que c'est Donald Trump qui est à l'origine de cette situation,
05:14et ce sont les populistes, pas simplement en France,
05:16partout en Europe,
05:17qui tirent avantage des difficultés.
05:20Mais vous comprenez que les Français descendent dans la rue ?
05:22Donc les Français, ils attendent des mesures.
05:25Lesquelles pour ça ?
05:25Vous proposiez à un moment donné la baisse de la TVA
05:29de peu de points, 3, 4, 5 points,
05:31ce qui ne changerait pas grand-chose et qui coûterait cher d'ailleurs.
05:33Oui, si on est sur simplement une affaire conjoncturelle,
05:37il peut y avoir des baisses de fiscalité.
05:40Si, hélas,
05:41et je pense que jusqu'aux élections de midterme américaines,
05:45on aura une hausse du prix des carburants.
05:48Donc qu'est-ce qu'il faut faire ?
05:49Il faut cibler les mesures aux bénéfices,
05:53d'abord des professionnels,
05:55vous avez vu,
05:55les pêcheurs,
05:56les agriculteurs,
05:57les transporteurs,
05:58tous ceux qui ont besoin pour leur travail,
06:01d'avoir du carburant.
06:02Donc c'est vers cela et vite qu'il faut le faire.
06:04Si on veut éviter précisément qu'il y ait des blocages,
06:07ils peuvent commencer les blocages,
06:08les blocages de dépôt,
06:09il faut que le gouvernement aille très vite
06:12pour mettre à disposition des professionnels
06:14les moyens pour tout simplement faire leur travail et vivre.
06:18Ensuite, pour les particuliers,
06:20eh bien ceux qui utilisent,
06:21qui sont obligés d'utiliser leur voiture,
06:23doivent avoir un chèque qui leur permette
06:25de compenser le coût des carburants.
06:27Et là aussi, il faut que ça aille vite.
06:28Et là, ce qu'avait fait le gouvernement au printemps
06:31a été tellement long,
06:32tellement lourd,
06:33qu'il faut aller très vite dans ces moments-là.
06:36Un gouvernement qui doit boucler son budget
06:38et notamment qui vise les retraités.
06:40Vous aussi, dans le livre,
06:40vous proposez de limiter la revalorisation des pensions
06:43à 1% par an pendant 5 ans.
06:45Concrètement, si les prix augmentent plus vite,
06:46un retraité qui coûte entre 1300 et 1500 euros par mois
06:49va y perdre du pouvoir d'achat.
06:50Vous comprenez donc qu'on vise les retraités ?
06:53Dans un plan de redressement,
06:55car nous en sommes là,
06:57compte tenu de ce qu'est la dette
06:58et sa progression depuis 10 ans.
07:01Compte tenu de ce que sont les taux d'intérêt aujourd'hui
07:03qui ne cessent aussi de progresser
07:05et qui nous mettent en difficulté.
07:06Il ne faut pas une mesure plus une mesure.
07:09Parce qu'aucune n'est acceptable.
07:11Il faut une cohérence.
07:13Et donc, quand on fait une cohérence,
07:16on prend aux plus favorisés,
07:18donc des mesures sur les revenus du capital,
07:20on prend aux entreprises,
07:22parce que quand elles ont fait du profit,
07:24c'est légitime qu'elles en redistribuent une partie
07:27pour la solidarité,
07:28et on prend l'ensemble des citoyens
07:31au fur et à mesure de leurs revenus.
07:33Pour les retraités aujourd'hui,
07:35seuls les retraités qui sont au-dessus
07:37d'un certain niveau de revenus
07:38doivent être appelés à la solidarité.
07:41Vous parliez tout à l'heure
07:42de la situation internationale,
07:43l'Iran, l'Ukraine,
07:45évidemment, on a vu encore ce matin
07:47des drones russes
07:48qui touchent pas loin la Lituanie.
07:50Est-ce que vous craignez
07:50qu'à un moment donné,
07:51Vladimir Poutine aille plus loin
07:52et franchisse la ligne rouge,
07:54vous, M. le Président ?
07:55Je connais Vladimir Poutine.
07:58Hélas, je l'ai fréquenté,
08:00si je puis dire.
08:02Mais qu'est-ce que veut Vladimir Poutine ?
08:03Il veut nous déstabiliser,
08:05nous désorganiser.
08:07Il veut que l'Europe ait peur,
08:09et elle a peur,
08:10et qu'elle se divise.
08:12Donc, il mène des pressions.
08:15Mais là, il est près de la frontière.
08:17Est-ce que vous craignez qu'il y a des passées ?
08:19Non, il essaye de nous faire comprendre
08:21qu'il peut le faire.
08:22Et d'une certaine façon,
08:24il y a des précédents.
08:25Et donc, il crée ce phénomène de peur
08:27pour que les Européens se disent,
08:29finalement, acceptons n'importe quelle négociation
08:32avec Poutine pour l'Ukraine,
08:36débarrassons-nous de ce problème-là,
08:37et nous n'en en parlerons plus.
08:39Eh bien non.
08:40si nous cédions,
08:41si l'Europe ne se défendait pas,
08:43alors là,
08:44Poutine pourrait continuer.
08:45Alors, il n'ira pas forcément vers l'Apologne,
08:47il ira vers les Pays-Bas,
08:49il ira vers les pays qui sont les plus fragiles,
08:51mais ce qu'il veut,
08:52et il n'est pas le seul à le vouloir,
08:53Donald Trump,
08:54est également sur cette position.
08:55C'est qu'il n'y ait plus d'Europe.
08:57Quand je dis plus d'Europe,
08:58la géographie est là.
08:59Non, plus d'Europe politique,
09:00plus d'Europe de la défense.
09:01Mais on fait croire concrètement,
09:02parce que Ségolène Royal,
09:03qui était à votre place la semaine dernière
09:04au micro de Céline Lambreau,
09:05disait simplement,
09:09on ne veut pas la guerre.
09:10Ça nous semblait un peu simpliste
09:12comme façon de riposter à Poutine.
09:14Il faut lui dire que toute action,
09:18qu'elle soit d'ailleurs une action
09:20de déstabilisation,
09:21d'ingérence,
09:22de manipulation,
09:24y compris des élections,
09:26il l'a montré,
09:27que toute action,
09:28alors de pénétration sur un territoire,
09:30sera immédiatement suivie
09:32d'une réaction.
09:33Et d'une réaction européenne.
09:35Parce que si nous attendions maintenant
09:37que les Etats-Unis viennent
09:38à notre secours,
09:40c'est terminé.
09:41Il faut que chacun le comprenne.
09:43Ici, l'allié américain,
09:44tant que Donald Trump est à la Maison Blanche,
09:47ne sera pas solidaire de l'Europe.
09:50Donc, qu'est-ce qu'il doit être fait ?
09:52Eh bien, une Europe de la défense,
09:53elle commence à être bâtie,
09:55et une Europe solide,
09:57une Europe robuste,
09:58une Europe capable,
09:59à la fois de répondre
10:00à l'agression russe,
10:01capable de répondre
10:02aux actions commerciales de Trump,
10:05les droits de douane, etc.
10:06est capable aussi de résister
10:08aux produits chinois.
10:09Eh bien, c'est ça l'enjeu
10:10de l'élection présidentielle.
10:11Vous me disiez,
10:11à quoi ça sert une élection présidentielle ?
10:13À faire que la France
10:14puisse être guidée et relevée,
10:16mais à faire aussi
10:17que l'Europe soit demain
10:18notre protection.
10:20Tout ça est dans le livre
10:21Unir, nouveau monde,
10:22nouvelle gauche,
10:23unir.
10:24Donc, Olivier Faure disait
10:25que vous étiez un homme de droite,
10:27maintenant que votre programme
10:28est un programme de François Fillon.
10:29Il reste 20 secondes.
10:30Je laisse ses propos.
10:31Mais unir,
10:32je vais lui donner à lui
10:34comme à d'autres une leçon.
10:36Pour gagner une élection présidentielle,
10:38il faut non seulement unir son camp.
10:41Pour la gauche,
10:41c'est quand même pas si facile.
10:43Mais il faut surtout unir les Français.
10:45Il faut faire plus de 50% des voix.
10:47On n'est pas élu président de la République
10:49avec 20, 30.
10:50Eh bien oui,
10:50il y a des électeurs
10:51qui doivent se dire
10:52qu'est-ce qu'on va choisir
10:53comme président de la République
10:54et on ne va pas leur dire
10:55mais parce que vous avez voté
10:56Macron hier
10:57ou à droite avant-hier,
10:58eh bien on ne veut pas de vous.
10:59Si, si, on veut de tout le monde
11:00pour faire une majorité
11:01et pour redresser la France.
11:03Merci François Hollande.
11:04Donc votre livre
11:05chez Robert Laffont.
11:05Merci à vous.
11:06Merci à vous.
11:06Merci à vous.
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