00:04Bonjour Maya, bonjour à tous et bienvenue dans les 4 vérités.
00:06Le gouvernement a débloqué 1 milliard pour aider les agriculteurs touchés par la sécheresse,
00:10mais il va falloir faire des économies ailleurs.
00:12Les syndicats agricoles de leur côté estiment qu'il faudra plus.
00:15Mon invité est donc aujourd'hui Annie Gennevard.
00:16Bonjour Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire.
00:20Les syndicats agricoles estiment donc que les 1,3 milliard, ça précisément,
00:24débloqués par le gouvernement, ce n'est pas assez.
00:26Est-ce que ça veut dire qu'il va y avoir une rallonge ?
00:27D'abord ça traduit leur grande détresse.
00:29Ils ont vécu un été incroyablement difficile.
00:32Ils ont vu des productions perdues, le fruit du travail d'une année quelquefois compromis.
00:38Donc le traumatisme est grand.
00:40Mais l'effort auquel consent le gouvernement est très important.
00:44Le Premier ministre a fait de l'agriculture une priorité.
00:48Moi maintenant, je ne vais plus commenter le plan,
00:50je vais veiller à ce qu'il soit déployé très rapidement.
00:52Alors précisément, justement, c'est intéressant.
00:54Quand arriveront les premières aides ?
00:56Dans quelques jours.
00:57J'ai demandé au préfet qu'une partie de ce plan qui s'appelle le fonds d'urgence,
01:01le fonds de réarmement alimentaire, qui est destiné à éviter que des fermes ne disparaissent
01:06et qu'on puisse relancer la prochaine production,
01:09ce fonds d'urgence, il doit être déployé dans les prochains jours, avant le 1er octobre.
01:13Avant le 1er octobre ?
01:14Enfin, il faut que d'ici à la fin du mois de septembre et début octobre,
01:18on puisse commencer à délivrer les aides d'urgence parce que les agriculteurs en ont vraiment besoin.
01:23Alors vous ne dites pas qu'il y aura une rallonge ou pas parce qu'on n'en est pas
01:25là pour l'instant,
01:26parce que pour l'instant, le gouvernement cherche plutôt à trouver ce milliard pour les agriculteurs.
01:29Je dirais plus précisément que réparer le présent, ça n'empêche pas de préparer l'avenir.
01:34Et ça, ce sera le prochain budget.
01:36Ce sera le prochain budget.
01:37Mais dans les médias, il faut quand même trouver des économies, a dit Sébastien Lecornu.
01:40Et parmi les économies qui sont faites, il y en a sur le budget d'écologie.
01:43500 millions de budgets, de crédits qui sont gelés.
01:46Vous ne craignez pas qu'il y ait encore ce duel entre d'un côté l'écologie et de l
01:51'autre côté l'agriculture ?
01:52Je voudrais dire que l'effort que suppose ce milliard 3, il porte sur l'ensemble des politiques publiques.
01:59Et pour le dégager, puisque le principe, c'est que toute nouvelle dépense doit être gagée par une économie,
02:06ou un gel, ou un surgel, ça dit aux agriculteurs aussi la puissance de l'effort qui est consenti.
02:12J'entends bien. Mais c'est sur le budget de l'écologie.
02:15Pas que.
02:16Essentiellement.
02:16Mais vous savez, j'ai toujours porté la voix qu'opposer environnement et agriculture n'avait aucun sens.
02:23D'accord, mais là ?
02:24Tout le monde, plusieurs ministères vont devoir faire effectivement des efforts pour pouvoir financer,
02:31puisque le Premier ministre a dit la priorité, c'est le soutien à l'agriculture.
02:36Il en va aussi de notre capacité à produire de l'alimentation pour les Français.
02:41Et les Français qui voient l'alimentation augmenter, eux ?
02:44Alors, je voudrais dire que, d'abord, on n'a pas noté une augmentation généralisée de l'alimentation.
02:52Et l'effort qui est demandé, il est demandé à l'ensemble des Français.
02:57Mais chacun doit en prendre sa part.
02:59Les banquiers, les assureurs, la grande distribution, les collectivités territoriales,
03:04et chaque Français dans son acte d'achat.
03:06C'est-à-dire que si ça coûte plus cher, il faut...
03:08Bah tant pis, ça fait partie de l'effort.
03:10Vous savez, j'ai coutume de dire que les agriculteurs, ce sont des centimiers.
03:14Quelquefois, ça se joue à quelques centimes.
03:16Donc cet effort, il peut être modeste pour chaque Français, mais il est fondamental pour les agriculteurs.
03:21Les agriculteurs qui sont confrontés, eux aussi, à l'augmentation des carburants,
03:25y compris le GNR, le gazole non routier.
03:27Le gouvernement a débloqué une aide de 15 centimes par litre.
03:30Est-ce que, de ce point de vue, il pourra y avoir un coup de pouce ?
03:32D'ores et déjà, dans le plan d'urgence que le Premier ministre et moi avons mis en œuvre,
03:39il y a deux mois d'aide supplémentaire pour le gazole non routier.
03:44Donc jusqu'à fin octobre.
03:46Après, les travaux des champs vont s'espacer.
03:48Vous le savez, l'hiver est une saison qui est beaucoup plus calme en ce qui concerne les travaux des
03:56champs.
03:56Mais en tout cas, jusqu'à fin octobre, l'aide est garantie.
04:00C'est près de 106 millions d'euros supplémentaires.
04:04Et ça, c'est de l'argent réel qui va être...
04:07Est-ce qu'au-delà de ça, il peut y avoir des aides ponctuelles dans certains secteurs ?
04:11Ah mais bien sûr, le fond d'urgence, il va se concentrer sur les secteurs
04:15qui ont été les plus abîmés par la canicule et la sécheresse.
04:17C'est le maraîchage de plein champ.
04:19C'est la production de fourrage pour l'élevage.
04:22Ce sont les céréales de printemps, par exemple le maïs.
04:26Mais tous les secteurs ont plus ou moins souffert dans des proportions différentes.
04:30Alors est-ce que, par exemple, pour les engrais, il peut y avoir des choses nouvelles ?
04:33Alors, j'ai fait une annonce à Terre de Jim ce week-end,
04:36qui est la grande manifestation agricole des jeunes agriculteurs.
04:39J'ai abaissé le plancher qui permet d'élargir la cible des éligibles au plan engrais.
04:46Les engrais avec le conflit dans le détroit d'Ormousse ont beaucoup augmenté.
04:52Or, s'il faut des engrais pour la production agricole,
04:58donc là, le plancher a été abaissé à 350 euros d'aide.
05:03Donc, ça permettra de rendre éligible un plus grand nombre d'agriculteurs.
05:09Vous avez vu qu'il y a des appels à manifester qui apparaissent sur les réseaux sociaux
05:12autour des gilets jaunes le 17 octobre.
05:14Vous ne craignez pas que les agriculteurs rejoignent ce mouvement ?
05:18Alors, pour l'instant, les agriculteurs sont concentrés sur…
05:22Il reste beaucoup de travail dans les exploitations.
05:24C'est la fin des ensillages.
05:25Et puis, il faut aussi que ce 1,3 milliard, il se déploie dans les cours de ferme.
05:33Il faut en voir la traduction et puis qu'on leur donne aussi des perspectives.
05:38C'est pour ça que…
05:39Mais vous ne craignez pas qu'ils rejoignent les mouvements de contestation ?
05:42Nous verrons bien.
05:43On sait que le monde agricole est un monde qui a une capacité à se mobiliser.
05:47Mais là, l'urgence, c'est de sauver nos fermes, sauver la production
05:51et puis aussi de redonner de l'espoir.
05:53Nos lycées agricoles sont pleins de jeunes.
05:55Qui sont pleins d'enthousiasme et d'attrait pour ces métiers du vivant.
06:01Il ne faut pas les décourager en leur laissant à penser que tout est foutu.
06:04Une question sur le Mercosur.
06:05Il est mis en place depuis 4 mois et demi.
06:07Et puis, 4 mois et demi après, ça y est,
06:08les importations de viande brésilienne ou de volaille brésilienne
06:11sont à l'arrêt parce qu'il y a trop d'antibiotiques dedans.
06:14Ce qu'avaient déjà dit les anti-Mercosur.
06:16Est-ce que c'est l'échec du Mercosur ?
06:18Pourquoi croyez-vous que la France a voté contre le Mercosur ?
06:21C'est précisément parce qu'elle estimait
06:23qu'il n'y avait pas suffisamment de garantie
06:25sur le respect de nos propres façons d'élever et de produire en France.
06:30Vous estimez que ces mesures de...
06:32L'Union européenne a pris une mesure que je pense juste et salutaire
06:36parce qu'il en va aussi des conditions d'une concurrence loyale.
06:39Mais qui devra se prolonger.
06:40Les éleveurs brésiliens utilisent des antibiotiques de croissance,
06:45des substances qui sont interdites sur notre sol européen.
06:50Il n'y a aucune raison qu'on les tolère chez eux alors qu'on les interdit chez nous.
06:53Mais c'est suspendu pour l'instant.
06:54Vous pensez qu'éventuellement, il faudra prolonger ?
06:55Il faut prolonger tant que le Brésil, tant que les pays du Mercosur
06:59n'auront pas donné la démonstration qu'ils respectent nos propres normes.
07:02Et ça peut durer longtemps.
07:03C'est une question de justice.
07:04Ça peut durer longtemps.
07:05On nous verra bien.
07:07Merci Annie Gennevard d'avoir accepté notre avisation
07:09dans les cas de vérité avant votre visite demain
07:11au SPAS au Salon d'élevage de Rennes.
07:13On verra comment vous serez accueillis,
07:14comment les agriculteurs réagissent,
07:15notamment à l'annonce que vous avez faite sur les aides aux engrais.
07:17Merci, à demain pour les cas de vérité.
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