00:00Stéphane Dupont parlait des carburants, en effet, c'est le grand sujet du moment avec la flambée des prix.
00:05Psychologiquement, certains Français ne font plus le plein, ils font un tiers, un quart du plein.
00:10Ils donnent un billet de 20 euros pour remplir la voiture.
00:13Il n'y a pas d'aide supplémentaire à annoncer le gouvernement.
00:15Est-ce que vous avez l'impression d'abandonner là encore les Français ?
00:18Les Français, on a mis en place des aides dédiées, des aides focussées, ciblées,
00:23à la fois sur les entreprises, parce qu'il faut d'abord protéger les entreprises quand même.
00:27La richesse, elle vient des entreprises, donc il faut d'abord penser aux entreprises,
00:31en plus, après, penser aux salariés ou penser aux deux.
00:33Les entreprises les plus touchées, donc les transports, la pêche, l'agriculture,
00:37sont aidées et continueront à être aidées.
00:39Donc là-dessus, on continue.
00:40Si vous baissez la taxe sur l'essence, et dans ce cas-là, vous adressez à tout le monde.
00:44On va parler tout à l'heure de la défaite sociale, c'est pareil, c'est universel.
00:47Alors, je termine et je vous réponds.
00:49Donc voilà, on aide les entreprises qui sont les plus impactées,
00:51parce que c'est celles qui consomment le plus,
00:52avec des réductions pour aller jusqu'à 25 centimes au litre, etc.
00:56Ensuite, les salariés modestes, gros rouleurs, on a un système, on le continue.
01:01Voilà, donc c'est...
01:02Vous avez choisi d'aider certains.
01:04Voilà, c'est ce que je disais.
01:06Je vous laisse continuer si vous voulez,
01:08mais la question c'est pourquoi est-ce que vous avez choisi certains Français
01:12plutôt que s'adresser à tous les Français.
01:13Oui, mais on en revient à ce qu'on disait, c'est quand même un problème aussi.
01:16Vous savez que l'argent, on ne l'a pas.
01:17Quand on demande des aides à l'État,
01:18ce n'est pas comme on le pique sous, on avait des tas de lingots d'or,
01:21on en prenait deux ou trois pour les donner.
01:22On n'a rien.
01:24Quand on nous demande de l'argent, on le met en dépense.
01:26Ça n'a rien, on dépense 1 700 milliards chaque année, Jean-Pierre Farando.
01:29Pourquoi est-ce qu'on ne réduirait pas cette dépense plutôt que cette inquiétude de la recette ?
01:33Là, vous vous adressez à moi, ministre, depuis que je suis là,
01:34je crois que j'ai gagné 3 milliards et demi de dépenses.
01:36J'ai fait passer une loi de lutte contre la fraude sociale,
01:39ça fait gagner 1 milliard et demi.
01:40J'ai incité les partenaires sociaux à négocier un accord sur les ruptures conventionnelles,
01:44ça fait gagner 1 milliard aux unédits.
01:47Je me suis battu au niveau européen pour revenir sur un règlement
01:49qui va faire gagner 800 millions d'euros à l'État français.
01:52Et en plus, dans mon budget, je suis exemplaire.
01:54Cette année, j'ai accepté de participer à l'effort,
01:56parce que l'État doit montrer l'exemple.
01:58Et le ministre doit montrer l'exemple.
01:58Vous économisez 2 milliards sur 40, j'ai vu.
02:01Mais théoriquement, l'État n'est plus en moyen de fournir des aides.
02:04Il le fait parce que les circonstances t'exigent.
02:05Mais ce que je comprends, selon votre logique,
02:08l'État n'a plus les moyens.
02:09Cette politique d'aide, on la maintient presque à bout de souffle.
02:11En tout cas, il faut qu'elle soit ciblée.
02:13Les aides générales, sans aucune limite,
02:17tous azimuts et quoi qu'il se passe,
02:19je pense que ça, c'est terminé.
02:20Oui, vous dites que c'est terminé, mais pour beaucoup de Français,
02:22la situation est très difficile.
02:24Est-ce que vous ne craignez pas qu'il y ait de nouveau
02:27une forme d'éruption sociale,
02:29un nouveau mouvement des Gilets jaunes ?
02:31Il y a certains leaders politiques,
02:32je pense à Fabien Roussel, hier à la fête de l'Huma,
02:34vous y étiez, qui appellent les gens à descendre dans la rue
02:37et de nouveau à bloquer les ronds-points.
02:38Est-ce que vous craignez un mouvement de cette...
02:41Sachant que les prix des carburants aujourd'hui
02:42sont beaucoup plus élevés qu'à l'époque des Gilets jaunes ?
02:44Est-ce que vous craignez ce genre de mouvement ?
02:45D'abord, je veux dire que je comprends les Français.
02:47Je veux dire, là encore, je pense être resté encore un peu connecté.
02:50Encore moins de deux ans, j'étais en entreprise,
02:52je voyais des cheminots travailler.
02:54C'est le tribunage de ne pas avoir fait carrière en politique.
02:56En tout cas, c'est une caractéristique que je trouve intéressante
02:58parce qu'elle me permet d'avoir un vécu,
03:00un vécu de la vraie vie, j'allais dire.
03:02Pas que d'être dans la vie politique pure
03:04où le sujet de la connexion ou déconnexion peut se poser.
03:07Et je veille à continuer d'ailleurs, je vais souvent sur le terrain,
03:09j'ai mon petit point de chute dans le sud
03:11où je rencontre des gens dans une petite ville
03:14qui me rappellent aussi aux réalités du quotidien.
03:15Donc je comprends les Français, c'est dur pour les Français.
03:18C'est dur, on ne va pas dire le contraire.
03:19Quand les gens le disent, voilà.
03:21Mais on ne peut plus vous aider.
03:23C'est-à-dire,
03:26les aider de la manière, comme on disait,
03:28la plus large, la plus ouverte, la plus sans limite,
03:30ce n'est pas possible, on n'a pas l'argent.
03:32Est-ce qu'il n'y a pas une forme de modèle social
03:34qui ne fonctionne plus tout simplement ?
03:36C'est-à-dire, on a dépensé beaucoup plus
03:38quand on en avait les moyens,
03:39on a poussé ça très très loin,
03:40arrive le moment où la dette nous écrase,
03:42où le déficit nous écrase,
03:43donc finalement, on cherche à sauver les gens un peu
03:45sur le mode du cadeau de sauvetage,
03:47mais le modèle lui-même ne fonctionne plus.
03:49Oui, je pense qu'effectivement,
03:50on est au bout d'un système.
03:51On parlait de la sécurité sociale pour démarrer.
03:53Elle a plus de 80 ans.
03:54Elle a été créée en 1945.
03:55Quelques chiffres pour vous dire
03:56pourquoi ça a changé.
03:58En 1945, est-ce que vous avez une idée
04:00de telles cotisations sociales ?
04:02A combien s'est levée les cotisations sociales
04:04pour les salariés ?
04:044 %, 20 % maintenant.
04:06Les cotisations patronales, 12 %,
04:0940 % maintenant.
04:10Et vous rajoutez la CIG.
04:12Donc on voit bien que...
04:12Et en plus, les cotisations, elles ne suffisent pas.
04:14Vous voyez bien que le problème, effectivement,
04:15on est au bout d'un système.
04:16Il faut des réformes, bien évidemment.
04:18Il faudra des réformes pour les retraites.
04:20Il faudra des réformes pour la santé.
04:21On en a évoqué quelques-unes.
04:22Il faudra des réformes, certainement,
04:23pour notre système d'aide.
04:25Oui, il faut des réformes, c'est sûr.
04:26Il faut des réformes, c'est sûr.
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