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  • il y a 3 jours
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00Stéphane Dupont parlait des carburants, en effet, c'est le grand sujet du moment avec la flambée des prix.
00:05Psychologiquement, certains Français ne font plus le plein, ils font un tiers, un quart du plein.
00:10Ils donnent un billet de 20 euros pour remplir la voiture.
00:13Il n'y a pas d'aide supplémentaire à annoncer le gouvernement.
00:15Est-ce que vous avez l'impression d'abandonner là encore les Français ?
00:18Les Français, on a mis en place des aides dédiées, des aides focussées, ciblées,
00:23à la fois sur les entreprises, parce qu'il faut d'abord protéger les entreprises quand même.
00:27La richesse, elle vient des entreprises, donc il faut d'abord penser aux entreprises,
00:31en plus, après, penser aux salariés ou penser aux deux.
00:33Les entreprises les plus touchées, donc les transports, la pêche, l'agriculture,
00:37sont aidées et continueront à être aidées.
00:39Donc là-dessus, on continue.
00:40Si vous baissez la taxe sur l'essence, et dans ce cas-là, vous adressez à tout le monde.
00:44On va parler tout à l'heure de la défaite sociale, c'est pareil, c'est universel.
00:47Alors, je termine et je vous réponds.
00:49Donc voilà, on aide les entreprises qui sont les plus impactées,
00:51parce que c'est celles qui consomment le plus,
00:52avec des réductions pour aller jusqu'à 25 centimes au litre, etc.
00:56Ensuite, les salariés modestes, gros rouleurs, on a un système, on le continue.
01:01Voilà, donc c'est...
01:02Vous avez choisi d'aider certains.
01:04Voilà, c'est ce que je disais.
01:06Je vous laisse continuer si vous voulez,
01:08mais la question c'est pourquoi est-ce que vous avez choisi certains Français
01:12plutôt que s'adresser à tous les Français.
01:13Oui, mais on en revient à ce qu'on disait, c'est quand même un problème aussi.
01:16Vous savez que l'argent, on ne l'a pas.
01:17Quand on demande des aides à l'État,
01:18ce n'est pas comme on le pique sous, on avait des tas de lingots d'or,
01:21on en prenait deux ou trois pour les donner.
01:22On n'a rien.
01:24Quand on nous demande de l'argent, on le met en dépense.
01:26Ça n'a rien, on dépense 1 700 milliards chaque année, Jean-Pierre Farando.
01:29Pourquoi est-ce qu'on ne réduirait pas cette dépense plutôt que cette inquiétude de la recette ?
01:33Là, vous vous adressez à moi, ministre, depuis que je suis là,
01:34je crois que j'ai gagné 3 milliards et demi de dépenses.
01:36J'ai fait passer une loi de lutte contre la fraude sociale,
01:39ça fait gagner 1 milliard et demi.
01:40J'ai incité les partenaires sociaux à négocier un accord sur les ruptures conventionnelles,
01:44ça fait gagner 1 milliard aux unédits.
01:47Je me suis battu au niveau européen pour revenir sur un règlement
01:49qui va faire gagner 800 millions d'euros à l'État français.
01:52Et en plus, dans mon budget, je suis exemplaire.
01:54Cette année, j'ai accepté de participer à l'effort,
01:56parce que l'État doit montrer l'exemple.
01:58Et le ministre doit montrer l'exemple.
01:58Vous économisez 2 milliards sur 40, j'ai vu.
02:01Mais théoriquement, l'État n'est plus en moyen de fournir des aides.
02:04Il le fait parce que les circonstances t'exigent.
02:05Mais ce que je comprends, selon votre logique,
02:08l'État n'a plus les moyens.
02:09Cette politique d'aide, on la maintient presque à bout de souffle.
02:11En tout cas, il faut qu'elle soit ciblée.
02:13Les aides générales, sans aucune limite,
02:17tous azimuts et quoi qu'il se passe,
02:19je pense que ça, c'est terminé.
02:20Oui, vous dites que c'est terminé, mais pour beaucoup de Français,
02:22la situation est très difficile.
02:24Est-ce que vous ne craignez pas qu'il y ait de nouveau
02:27une forme d'éruption sociale,
02:29un nouveau mouvement des Gilets jaunes ?
02:31Il y a certains leaders politiques,
02:32je pense à Fabien Roussel, hier à la fête de l'Huma,
02:34vous y étiez, qui appellent les gens à descendre dans la rue
02:37et de nouveau à bloquer les ronds-points.
02:38Est-ce que vous craignez un mouvement de cette...
02:41Sachant que les prix des carburants aujourd'hui
02:42sont beaucoup plus élevés qu'à l'époque des Gilets jaunes ?
02:44Est-ce que vous craignez ce genre de mouvement ?
02:45D'abord, je veux dire que je comprends les Français.
02:47Je veux dire, là encore, je pense être resté encore un peu connecté.
02:50Encore moins de deux ans, j'étais en entreprise,
02:52je voyais des cheminots travailler.
02:54C'est le tribunage de ne pas avoir fait carrière en politique.
02:56En tout cas, c'est une caractéristique que je trouve intéressante
02:58parce qu'elle me permet d'avoir un vécu,
03:00un vécu de la vraie vie, j'allais dire.
03:02Pas que d'être dans la vie politique pure
03:04où le sujet de la connexion ou déconnexion peut se poser.
03:07Et je veille à continuer d'ailleurs, je vais souvent sur le terrain,
03:09j'ai mon petit point de chute dans le sud
03:11où je rencontre des gens dans une petite ville
03:14qui me rappellent aussi aux réalités du quotidien.
03:15Donc je comprends les Français, c'est dur pour les Français.
03:18C'est dur, on ne va pas dire le contraire.
03:19Quand les gens le disent, voilà.
03:21Mais on ne peut plus vous aider.
03:23C'est-à-dire,
03:26les aider de la manière, comme on disait,
03:28la plus large, la plus ouverte, la plus sans limite,
03:30ce n'est pas possible, on n'a pas l'argent.
03:32Est-ce qu'il n'y a pas une forme de modèle social
03:34qui ne fonctionne plus tout simplement ?
03:36C'est-à-dire, on a dépensé beaucoup plus
03:38quand on en avait les moyens,
03:39on a poussé ça très très loin,
03:40arrive le moment où la dette nous écrase,
03:42où le déficit nous écrase,
03:43donc finalement, on cherche à sauver les gens un peu
03:45sur le mode du cadeau de sauvetage,
03:47mais le modèle lui-même ne fonctionne plus.
03:49Oui, je pense qu'effectivement,
03:50on est au bout d'un système.
03:51On parlait de la sécurité sociale pour démarrer.
03:53Elle a plus de 80 ans.
03:54Elle a été créée en 1945.
03:55Quelques chiffres pour vous dire
03:56pourquoi ça a changé.
03:58En 1945, est-ce que vous avez une idée
04:00de telles cotisations sociales ?
04:02A combien s'est levée les cotisations sociales
04:04pour les salariés ?
04:044 %, 20 % maintenant.
04:06Les cotisations patronales, 12 %,
04:0940 % maintenant.
04:10Et vous rajoutez la CIG.
04:12Donc on voit bien que...
04:12Et en plus, les cotisations, elles ne suffisent pas.
04:14Vous voyez bien que le problème, effectivement,
04:15on est au bout d'un système.
04:16Il faut des réformes, bien évidemment.
04:18Il faudra des réformes pour les retraites.
04:20Il faudra des réformes pour la santé.
04:21On en a évoqué quelques-unes.
04:22Il faudra des réformes, certainement,
04:23pour notre système d'aide.
04:25Oui, il faut des réformes, c'est sûr.
04:26Il faut des réformes, c'est sûr.
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